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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 10:40

Jim

Il y a 40 ans s'éteignait, à Paris, Jim Morrison arrivé au terme d'une trop courte vie d'excès.

 

jim.jpgPoète maudit, Ange de la provocation, Apôtre de l'autodestruction tel était Jim Morrison. Fils spirituel de Rimbaud, imbibé d'alcool mais aussi, et surtout, imprégné d'Aldous Huxley, de William Blake et de Plutarque. Sur une scène américaine dominée, en cette moitié des années soixante, par des groupes comme Canned Heat, Grateful Dead, Mamas & Papas ou encore Jefferson Airplanes et le prometteur Bob Dylan, la formation musicale formée par Morrison et Manzarek va se démarquer rapidement. The Doors fusionnent ésotérisme et textes mystiques dans une ambiance sensuelle et sexuelle… Dans un contexte fait de censure puritaine, de révolte et de guerre du Vietnam, Jim Morrison se découvre rapidement une voie royale vers la postérité; la provocation ! Malheureusement, c'est surtout la provocation que l'on retiendra de ce véritable poète. Le film d'Olivier Stone, en 1991, entretient d'ailleurs cette image de provocateur auprès de ceux qui ne connaissent Morrison qu'au travers de la caméra du réalisateur de "Platoon"…

Mais Jim Morrison c'était aussi la rage puissante d'un écorché vif marqué par une enfance et une adolescence aussi bourgeoise que malmenée par des relations tendues avec son Marine de père. Disciple du mythique triptyque "Sex, Drugs & Rock'n Roll", il a ajouté à ce cocktail détonant une forte dose d'alcool… Alcool qui fut autant sa muse que son fossoyeur ! Clown triste témoin de son époque, Morrison savait qu'il allait parfois trop loin. "Je suis un être humain, sensible, intelligent, affligé de l'âme d'un clown qui me force toujours à tout gâcher aux moments les plus importants..." se plaisait-il à dire. C'était, probablement, déjà un prémices de cette autodestruction latente. Il était connu et reconnu, cela l'embêtait et le rassurait en même temps… Paradoxe morrisonien !

Si l'on se souvient souvent de Morrison comme le chanteur des Doors, on oublie parfois qu'il est aussi l'auteur de plusieurs recueil de poésie parmi lesquels le plus connu est, sans doute, "An American Prayer" qui fut, d'ailleurs, mis en musique par les trois autres membres des Doors 7 ans après la mort de Jim Morrison. "Far Arden", "The American Night" et "Wilderness" sont autant de spicilèges publiés par Jim ! 32 ans après sa disparition, Morrison reste un mythe mais beaucoup ignorent ses vers. Qui serait capable aujourd'hui de citer tout ou partie d'un texte de Jim Morrison ? Je sais, heureusement, qu'il en reste… Surtout depuis 1991 ! Si le film d'Oliver Stone n'a servi qu'à cela, c'est déjà un bon film !

Allez Jim, reposes-toi tout près de Chopin, de Desproges, de Sarah Bernhardt et de tous les autres, illustres ou obscurs, qui dorment au Père Lachaise…

"Les gens sont terrorisés par la liberté. Ils créent eux-mêmes leurs chaînes. Ils luttent justement contre ceux qui cherchent à les rompre. C'est leur sécurité. Ils craignent la liberté parce que l'inconnu leur fait peur. Ils ont perdu l'habitude de ressentir au plus profond d'eux-mêmes les choses de la vie. Ils ont remplacé l'action par le masque d'inertie. Impossible donc de voir venir une révolution : la révolution personnelle de chaque individu ne s'est pas opérée" (Jim Morrison).

"La poésie est si éternelle.. Tant qu'il y aura des hommes, ils pourront se souvenir des mots et de leurs combinaisons, seules la poésie et les chansons peuvent survivre d'un holocauste. Personne ne peux mémoriser un roman entier, un film, une sculpture ou une peinture. Si ma poésie a un but, c'est de libérer les gens de leurs oeillères, de démultiplier les sens". (Jim Morrison)

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 12:11

Compay Segundo, chanteur, guitariste populaire cubain et fondateur du Buena Vista Social Club, aura du attendre 90 ans pour trouver une reconnaissance qu’il méritait pourtant par-dessus tout...

compay-segundo.jpg«Je suis un Travailleur de la culture, ce que j’aime c’est donner du plaisir aux gens» se plaisait-il à répéter, son Havane vissé au coin des lèvres... Compay Segundo est une figue marquante de la musique sud-américaine du 20è siècle. Lorsqu’il est mort, à 95 ans, en 2003, cela faisait 80 ans qu’il grattait sa guitare et poussait sa complainte aux accents d’amour, de joie et de liberté. Même s’il n’avait acquis la reconnaissance internationale que très tard, c’est dans les années 20 qu’il a quitté Santiago de Cuba, sa ville natale, pour rejoindre La Havane où il espérait pouvoir laisser s’exprimer son talent musical. En 1934, celui qui ne s’appelle encore que Maximo Francisco Repilado Munoz rencontre «El Salsero Mayor», le Maître de la Salsa, Beny Moré qui lui permet d’enregistrer, au Mexique, un premier 78 tours... La longue carrière de Compay Segundo est lancée. Elle va vivoter pendant vingt-cinq ans mais l’arrivée mouvementée au pouvoir cubain d’un certain Fidel Castro va remettre en question, vers la fin des années 50, la carrière musicale - peu stable, il est vrai - de Compay Segundo. Pour subsister, et nourrir sa famille, il est contraint de faire plusieurs métiers : ouvrier dans une fabrique de cigares, coiffeur, ouvrier agricole et même peintre d’intérieur...

Compay Segundo continue cependant à composer, à chanter et à défendre la chanson populaire traditionnelle cubaine. Il lui adjoint des rythmes espagnols, africains et une pointe de jazz pour lui conférer cette sonorité si particulière. En outre, pour mettre plus en valeur encore cette musique qu’il appelle le «Son», Compay Segundo invente un instrument, «l’Harmonico», une guitare à sept cordes. Malgré l’apparition d’autres rythmes comme le rock, le swing ou le chant poétique et révolutionnaire cubain, Compay Segundo est resté le plus farouche défenseur de cette musique qui lui collait à la peau parce qu’elle parlait, avant tout, de vie, d’amour et de femmes. En 1987, avec une bande de joyeux drilles, mais tous musiciens hors pair, Compay Segundo enregistre son plus gros succès : l’album «Buena Vista Social Club». Grâce à la chanson «Chan Chan», il devient, enfin, à 80 ans, une vedette dans son pays et en Amérique du Sud. Onze ans plus tard, en 1998, le guitariste américain Ry Cooder travaille sur un projet personnel à La Havane lorsqu’il découvre cet album. Cooder part à la rencontre de Segundo et de sa bande ; Ibrahim Ferrer, Ruben Gonzalez, Eliades Ochoa, Omara Portuonde, et les autres... Il est surpris de voir qu’il s’agit de personnes que l’on dit pudiquement du troisième âge... Sous le charme de la musique de ses amis cubains, Ry Cooder fait appel à son complice de toujours, le cinéaste allemand Wim Wenders. De cette rencontre hasardeuse naîtra, en 1999, le film «Buena Vista Social Club» qui offrira la renommée internationale à Compay Segundo... A 91 ans, Compay Segundo devient une vedette que l’on s’arrache. Il se produira dans les plus grandes salles comme le Carneggie Hall, à New York, ou l’Olympia, à Paris. Lorsqu’il s’éteint, le 14 juillet 2003, c’est avec des projets plein la tête. «Il reste pourtant plusieurs pays qui m’attendent» disait-il quelques temps avant sa mort. Ses pays auront du se contenter des multiples albums qu’il laisse derrière lui, digne héritage d’une musique intacte qui sent bon le rhum, le Havane et la canne à sucre...

C’est en m’attardant, un jour par hasard, sur une version live du classique «Malagueña Salerosa» que j’ai découvert Compay Segundo. Pourtant, cette chanson, comme tant d’autres chants hispaniques, avait bercé toute mon enfance sans jamais réellement m’émouvoir... Puis, soudainement, Compay Segundo lui a insufflé une âme différente, une âme qui restera gravée à jamais dans ma mémoire, mieux que sur n’importe quel CD ! C’était en 1998, je venais de faire connaissance d’un vieux monsieur de 90 ans aux doigts d’or qui glissaient de façon exceptionnelle sur les cordes d’une guitare. Un moment magique…

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:32

Par une belle après-midi du mois de juin 1986, au retour d'une balade à moto, Coluche mourrait après avoir percuté un camion. C'est l'histoire d'un mec qui avait du talent mais aussi du cœur !


coluche.jpgIl fait chaud cette après-midi du 19 juin 1986. Les diverses radios de l'Hexagone reprennent la même information : Coluche est mort ! Un accident de moto… dans le sud de la France.
"Putain, c'est trop con ce putain d'camion,
Mais qu'est qu'il foutait là…
Putain de vie d'merde, t'as roulé dans l'herbe
Et nous tu nous plantes là…
J'espère, au moins qu'là-haut,
Y a beaucoup moins d'salauds…
"(1)


Coluche était né Michel Gérard (tiens donc…) Colucci, le 28 octobre 1944. Au terme d'une enfance et d'une adolescence malaisée - son père est mort alors que Coluche était minot -, dans la cité ouvrière "Solidarité" de Montrouge, Coluche se jette rapidement dans le monde du travail car le seul salaire de sa maman ne permet pas de faire vivre toute la famille (Coluche à une sœur, Danielle). Tour à tour, il sera télégraphiste aux Poste et Télégraphe, garçon de café, apprenti-fleuriste, marchand de légumes et manutentionnaire en usine. Le soir, après sa journée de travail, Michel traîne du côté de la Contrescarpe, dans le 5è arrondissement de Paris, où se retrouvent les musiciens amateurs. Il apprend quelques notes de musique et se procure une guitare. Aussitôt, il franchit la barrière qui le sépare de la vie d'artiste. Il commence à chanter dans les bars et les restaurants parisiens, notamment "Au Vieux Bistrot" sur l'Ile de la Cité. Son répertoire est composé de chansons d'Aristide Bruant, de Boris Vian, de Bobby Lapointe, de Léo Ferré… Ses potes commence à le surnommer Coluche.

Fin des années '60, il rencontre Romain Bouteille. Pour l'anecdote, Coluche passe au travers des événements de Mai '68. Il ne se sent pas concerné, pour tout dire… il s'en fout ! En 1970, il fonde, avec Bouteille, Dewaere, Miou-Miou et Sotha le "Café de la Gare" où se produira une kyrielle d'artistes en devenir. L'année suivante, Coluche se lance avec des amis dans l'aventure du "Vrai Chic Parisien", un cabaret qui ne durera que le temps de trois spectacles. Coluche décide alors de faire cavalier seul ! En 1970, il goûte pour la première fois au cinéma dans "Le Pistonné", de Claude Berri, avec Guy Bedos. Jusqu'en 1974, Coluche court le cacheton avec plus ou moins de bonheur… Au mois de mars de cette même année, il se produit au "Caf'Conc'" avec un spectacle intitulé "Mes adieux au music hall". Ce jour là, pour la première fois, il porte une salopette rayée et un t-shirt jaune... Rémo Forlani, un célèbre journaliste de RTL, a ce mot, au lendemain de la première : "Coluche est une super star du café-théâtre. Il est le Jean Yanne de l'underground parisien, le Woody Allen de Montparnasse…". C'est probablement la meilleure critique qu'on pouvait lui faire. Le producteur Paul Ledermann est séduit et l'engage dans son écurie, c'est le début de la reconnaissance !

La carrière de Coluche est lancée. De cabarets parisiens en tournées provinciales, de télévisions en scènes hors des frontières françaises, Coluche devient réellement une super star. Mais les critiques s'abattent aussi sur lui; il est taxé de vulgarité, de cruauté, d'insolence ou d'inhumanité… En fait, Coluche n'est que le reflet d'une société triste et vulgaire, d'un monde miséreux. Le paradoxe est que plus on le critique, plus il vend ! En 1975, le désormais mythique "Schmilblick" sera le tube de l'été, il se vendra à plus d'un million d'exemplaires. Le cinéma lui ouvre à nouveau les portes. Durant sa carrière, il tournera avec les plus grands réalisateurs français de son époque, Zidi, Lecomte, Oury, Blier, et cetera. Il recevra même le César du meilleur acteur, en 1984, pour "Tchao Pantin", de Claude Berri. La radio également lui fait une haie d'honneur. Sur Europe 1, il anime "On n'est pas là pour se faire engueuler" (d'après le titre d'une chanson de Boris Vian). Pierre Desproges, grand homme de radio s'il en est, dira de Coluche : "Coluche a institué la première forme nouvelle de radio depuis la Libération, ce qui, fatalement, a fait pas mal de jaloux. A commencer par tous ceux qui n'ont jamais su sortir de l'ornière de la routine. La vraie grossièreté, celle qui nous agresse, c'est la sottise".

Un engagement citoyen davantage que politique


Dans la seconde partie des années '70, Coluche a trouvé le chemin de la notoriété. Il ramasse l'argent à la pelle. Loin de thésauriser, Coluche est plutôt cigale que fourmi. Tous les soirs, c'est la fête dans sa maison parisienne où des dizaines de potes, vrais ou faux, viennent se rincer la dalle et bâfrer aux frais du Bouffon de la République. "Je suis au top" répétait-il, "Avec ma situation, mon fric si je peux en faire profiter les autres, qu'est-ce que j'ai à y perdre ?". Le 26 octobre 1980, Coluche surprend tout le monde. Alors qu'il est en spectacle au Gymnase Marie-Bell, à Paris, il convoque la presse et, dans sa loge, devant une caméra, il annonce son intention de se présenter à l'élection présidentielle du mois de mai 1981. Il veut faire de son ambition un réel combat civique. "Je veux être le candidat des minorités ! Et les minorités ajoutées les unes aux autres, cela fait une majorité…". Coluche veut rassembler les gens qui ne votent habituellement pas sous sa bannière. Et cela semble marcher, au fil des sondages, le Candidat Nul – ainsi s’est-il surnommé - grimpe dans les sondages jusqu'à 16% des intentions de vote. Dans le monde politique, on s'inquiète évidemment de cette popularité. Alors, on boycotte Coluche, on ne l'invite pas aux débats… Malgré le soutien que lui portent les hebdomadaires satiriques Hara-Kiri et Charly-Hebdo, Coluche est marqué par le boycott dont il est victime. Les pressions pour qu'il retire sa candidature se font légion. En outre, l'assassinat de son régisseur et ami, René Gorlin, ajoute encore à la pression (ndlr on apprendra plus tard que Gorlin a été victime d'un crime passionnel). A quelques semaines de l'échéance électorale, Coluche abdique…


Désormais, Coluche veut profiter de la vie, s'éloigner du milieu du showbiz, s'éloigner de la France. Il embarque sur un yacht de rêve vers les îles lointaines. Son nouveau credo : se la couler douce et faire un film de temps en temps pour faire rentrer l'argent ! Passionné de moto et de vitesse, il a tout le temps pour s'adonner à cet amour mécanique. Le seul véritable qu'il lui reste car Véronique, sa femme, l'a quitté ! Le 29 septembre 1985, quatre jours après avoir épousé Thierry Le Luron pour le meilleur et pour le rire et pour railler le mariage médiatique du journaliste Yves Morousi, il établira d'ailleurs le record du monde de vitesse du kilomètres lancé à moto : 252,08 km/h… Mais Coluche tourne plus de films qu'il ne pensait; de l'excellent "Maître d'école", en 1981, au bide du "Fou de Guerre" quatre ans plus tard, il joue dans onze films avec les plus grands réalisateurs, Claude Berry, Jean Yanne, Dino Risi, Claude Zidi ou encore Gérard Oury. Il est récompensé, en 1984, du César du meilleur acteur pour "Tchao Pantin".

Vers la moitié des années '80, Coluche est le premier à arborer le fameux badge "Touche pas à mon pote" de SOS Racisme. La montée de l'Extrême-droite le choque alors il faut réagir. Ce qui le gène aussi c'est que l'hémisphère nord des gens meurent de trop bouffer alors que dans l'hémisphère sud d'autres meurent de ne rien avoir à se mettre sous la dent. Il participe activement, avec Renaud et d'autres, au concert des Chanteurs sans Frontières pour combattre la famine en Ethiopie(2). Rapidement Coluche se rend compte que la misère et la faim sont aussi aux portes de Paris, en plein 20è siècle ! Quotidiennement, il reçoit des dizaines de lettres de gens qui lui demande de l'aide pour pouvoir manger… Alors, avec une trentaine de bénévoles, il crée les Restos du Cœur. "Donner un billet, c'est vrai que ça dépanne un moment mais ça ne fait pas bouffer le reste de la semaine" dit-il, "Alors, je vais faire un truc pas possible; faire manger ceux qui n'ont rien". En novembre 1985, le premier Resto du Cœur ouvre ses portes, rapidement suivi de beaucoup d'autres dans les grandes villes françaises. Fin décembre, 60.000 repas ont été offerts ! Cette entreprise humaine nécessite des fonds. Puisque les pouvoirs publics sont lents à réagir, Coluche ira chercher l'argent ailleurs. Collectes, appels radiophoniques et télévisuels, Coluche sensibilise la population, lui explique qu'à quelques mètres, il y des gens qui crèvent de faim dans la rue… Le 26 janvier 1986, sur TF1 (pas encore privatisée), il organise une journée "Spéciale Restos". Il récolte 26 millions de francs français (± 4.225.000 euros). Les Restos du Cœurs sont lancés et aujourd'hui encore, ils distribuent plusieurs milliers de repas chaque hiver, en France, en Belgique…

Coluche est à nouveau repris par le virus du show business. La télévision et la radio lui font à nouveau les yeux doux. Canal + lui offre l'émission quotidienne "Coluche 1-faux". Simultanément, il est de retour sur Europe 1 avec "Y'en aura pour tout le monde"… C'est décidé, Coluche veut remonter sur scène aussi. Il prépare son spectacle de retour… Pour travailler plus sereinement, il décide de s'exiler dans le sud de la France, à Opio, dans les Alpes-Maritimes. Nous sommes en juin 1986 ! Le 19, il fait un temps radieux, idéal pour une balade à moto. Au détour d'un virage, abordé lentement car la route est dangereuse, il y a un camion qui fait une manœuvre. Bang, trou noir…Baisser de rideau !

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(1) "Putain d'Camion", Renaud, 1988

 (2) Souvenez-vous : "Loin du cœur et loin des yeux, de nos villes de nos banlieues, l'Ethiopie meurt peu à peu…" paroles de Renaud, musique de Franck Langolff



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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 12:21

Une nouvelle rubrique faite de portraits de personnalités qui font l'actualité ou simplement qui m'ont marqué d'une façon ou d'une autre...

portraits.jpgLorsqu'en février dernier Webzinemaker, l'ancien hébergeur d'Acta Diurna, annonçait la disparition de son gratuit, cela signifiait aussi la fin de l'espace Archives du site. Dans cet espace étaient conservés tous les articles écrits depuis le début, en 2003. Après avoir passé des heures à récupérer certains de ces articles que je ne voulais pas voir sombrer dans les abysses insondables du net avec la fin de Webzinemaker, un énorme travail de réinsertion chronologique de ces textes dans le présent site m'attend cet été, pendant les vacances. Mais, la disparition de l'espace Archives ouvrait aussi - voyons le côté positif des choses ! - la possibilité d'une nouvelle rubrique pour Acta Diurna. Cette rubrique ce sera, dès aujourd'hui, Les Portraits d'Acta Diurna. Ainsi donc vous allez pouvoir retrouver dans ces pages, brossés en quelques lignes, la présentation de personnalités qui me touchent, qui m'ont marqué ou qui font l'actualité. Une petite quinzaine de portraits ont déja pris place dans cette rubrique, bien d'autres suivront et notamment dans les articles d'archives que j'ai récupéré.

Vous pouvez, d'ores et déja, lire les portraits aussi divers que variés d'Agatha Christie, de Michelle Obama, des Marx Brothers, de Stanley Kubrick ou de François Ravachol pour n'en citer que quelques-uns...

Bonne lecture !

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 12:01

Dans leur quête d’un idéal, il est des hommes qui peuvent devenir des assassins… François Ravachol était de ceux-là !

ravachol.jpgDeuxième moitié du XIXè siècle, jeune ouvrier teinturier de la région de Saint-Etienne, François Ravachol était de condition plus que modeste. Sur son maigre salaire, il faisait (sur)vivre une famille de cinq personne. Son père, un Hollandais du nom de Koëningstein est absent ; l’histoire ne nous dit pas pourquoi… Mais on peut imaginer qu’il abandonna les siens car très tôt François adaptera le patronyme maternel de Ravachol. Ainsi donc, sur sa paie d’ouvrier vivent François, sa mère, sa sœur, son frère et un neveu… Alors pour mettre une lichette de beurre dans les quelques épinards qu’ils peuvent s’offrir, François joue de l’accordéon dans les bals de quartier dès qu’il le peut. A la recherche de moyens de subsistance dès l’âge de huit ans, il erre dans les bas-quartiers stéphanois où il commet quelques larcins avant d’entrer à l’usine à 14 ans. Très tôt, il adopte la pensée anarchiste qui se revendique d’une conception politique qui a pour but de développer une société sans domination, où les individus coopèrent librement. Mais, sa rémunération ouvrière et les quelques sous qu’il gagne grâce à la musique ne suffisent toujours pas à entretenir la famille. Les fins de mois sont dures… Surtout les 30 derniers jours comme dira Coluche quelques décennies plus tard ! Alors, Ravachol intensifie ses larcins ; un jour il tente de fracturer la tombe d’une comtesse dont il espère récupérer les bijoux avec lesquels elle avait été ensevelie… Mais il est surpris et condamné à une légère peine de prison. Là, il rencontre des marauds, des pauvres hères que la vie a transformés en fripouilles, en voleurs et en meurtriers…

Quelques temps plus tard, Ravachol va sombrer à son tour dans la grande criminalité. En effet, ces larcins ne rapportent que des miettes, il doit en commettre plusieurs pour amasser une somme utile… et pour les commettre il doit y consacrer de plus en plus de temps, au détriment de son travail de teinturier. Il a mis le pied sur une voie sans retour ! Face à un vieil homme qui exhibe ses liasses, François Ravachol perd le sens des réalités et commet l’irréparable, il l’étrangle et s’empare de l’argent. Désormais, Ravachol est un assassin ! Le 1er mai 1891, deux événements vont précipiter le destin de Ravachol… Des ouvriers manifestent à Fourmies pour obtenir la journée de travail de huit heures. Alors que les manifestants scandent des slogans contre le gouvernement, la police ouvre le feu sur le cortège. Neuf manifestants, dont deux femmes et un enfant, meurent sous les balles de la police. Le même jour, à Clichy, la police arrête trois anarchistes et les emprisonnent après interrogatoires violents… Cette triple arrestation, connue sous le nom de l’Affaire de Clichy débouchera sur un procès inique qui se soldera par la condamnation à mort de deux des trois anarchistes. Ecœuré par une société où le capital prime sur l’homme, Ravachol s’enfonce dans ses convictions anarchistes et, pour imposer l’anarchisme, il opte pour une méthode expéditive : puisque la société est mauvaise et qu’il faut la changer, employons les grands moyens ! Recherché par la police pour meurtre, il n’a plus rien à perdre ; la guillotine l’attend au bout du chemin, il le sait…

Alors, Ravachol impose la terreur aux notables en place. Il commence par poser une bombe, le 11 mars 1892, dans l’immeuble du Juge Benoît qui présidait les assises lors du procès de l’Affaire de Clichy, celui-ci échappe à la mort. Deux jours plus tard c’est au tout du Procureur général Bulot, en charge du Ministère de la Justice - Ministère de l’Injustice selon Ravachol – d’être la cible d’un attentat à la dynamite ! François Ravachol est pourtant rapidement dénoncé par un employé de restaurant en qui il avait mal placé sa confiance. Arrêté le 30 mars 1892, Ravachol est, à nouveau, emprisonné. Son procès débute le 26 avril alors que, la veille, une bombe avait détruit le restaurant où travaillait l’homme qui l’a vendu à la maréchaussée. François Ravachol est reconnu coupable de terrorisme et de meurtres ; il est condamné à mort et sera exécuté le 11 juillet 1892… Pour sa défense, Ravachol avança, au tribunal, que son action, et celle de tout anarchiste, n’a pour but que d’éliminer la source des inégalités car l’inégalité est la mère de tous les crimes ! En éliminant la richesse et le pouvoir, Ravachol entendait éliminer le crime… Il soignait le mal par le mal, sommes toutes ! «C’est la société qui fait les criminels, et vous jurés, au lieu de les frapper, vous devriez employer votre intelligence et vos forces à transformer la société. Du coup, vous supprimeriez tous les crimes ; et votre œuvre, en s'attaquant aux causes, serait plus grande et plus féconde que n'est votre justice qui s'amoindrit à punir les effets» déclara-t-il… Et dans sa diatribe finale, devant le juge et les jurés François Ravachol s’en ira d’une tirade réaliste à l’encontre de la société du Capital : «J'ai travaillé pour vivre et faire vivre les miens; tant que ni moi ni les miens n'avons trop souffert, je suis resté ce que vous appelez honnête. Puis le travail a manqué, et avec le chômage est venue la faim. C'est alors que cette grande loi de la nature, cette voix impérieuse qui n'admet pas de réplique : l'instinct de la conservation, me poussa à commettre certains des crimes et délits que vous me reprochez et dont je reconnais être l'auteur. J'aurais pu mendier : c'est dégradant et lâche et même puni par vos lois qui font un délit de la misère. Si tous les nécessiteux, au lieu d'attendre, prenaient où il y a et par n'importe quel moyen, les satisfaits comprendraient peut-être plus vite qu'il y a danger à vouloir consacrer l'état social actuel, où l'inquiétude est permanente et la vie menacée à chaque instant. Jugez-moi, messieurs les jurés, mais si vous m'avez compris, en me jugeant jugez tous les malheureux dont la misère, alliée à la fierté naturelle, a fait des criminels, et dont la richesse, dont l'aisance même aurait fait des honnêtes gens !»… Dès le lendemain de son éxécution François Ravachol se transforma en mythe pour tous les anarchistes du monde ! Le 9 décembre 1893, Auguste Vaillant, un jeune anarchiste activiste, jette une bombe à la Chambre des Députés pour venger Ravachol…

Pour assumer ses convictions et son envie d’une société plus juste, plus équitable, François Ravachol devint donc un assassin… Oh, il ne s’agissait pas de frapper par simple vengeance contre la bourgeoisie mais bien de viser les premiers responsables des inégalités sociales !

En 1974, Renaud consacrera une chanson éponyme à Ravachol ; les Beruriers Noirs l’évoquent aussi dans un de leurs textes (Salut à Toi, 1985) mais les premiers à faire allusion au martyr anarchiste furent, à la fin du XIXè siècle, l’anarchiste Sébastien Faure qui écrit la chanson La Ravachole, sur l’air de La Carmagnole, et l’écrivain Paul Adam dans son texte L’éloge de Ravachol… Dans les années ’70, une partie de la tête de François Ravachol, qui était conservée dans du formol à l’école de médecine de Paris, a été volée pour être déposée à l’entrée du Panthéon… cet endroit où l’on enterre les Grands Hommes de France !

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 08:36

Portrait de la personnalité politique préférée des Américains

Miss-O-jpgSelon une récente enquête menée par l’Institut de Sondage de l’Université de Quinnipiac (Connecticut), Michelle Obama est la personnalité politique préférée des Américains. Elle devance l’ancien Président Bill Clinton et le Gouverneur du New Jersey, Christopher Christie. Barack Obama ne pointe qu’en quatrième position de ce classement. Michelle Obama est déjà entrée dans l’Histoire américaine, en même temps que son époux, en devenant la première FLOTUS noire. FLOTUS… qu’est ce que c’est que ça ? First Lady Of The United States, la Première Dame des Etats-Unis ! Depuis Martha Washington, en 1789, les épouses des Présidents ont toujours eu une importance capitale dans la politique américaine, ne fut-ce que par le rôle de soutien et de conseiller qu’elle ne manque pas de jouer auprès de leur époux. Il semble donc opportun de mieux connaître celle qui a lancé la carrière politique de Barack Obama et qui est la locataire de la Maison-Blanche pour encore un an et demi… au moins.

Michelle Obama est née Robinson, en janvier 1964 à Chicago, dans le quartier communautaire noir et pauvre de South Shore où elle passera toute son enfance et son adolescence. Elle quitte Chicago pour le New Jersey dans les années ’80 afin d’aller étudier le droit à la prestigieuse université de Princeton. Elle termine son cursus à Harvard où elle se spécialise dans le marketing et la propriété intellectuelle et développe une thèse sur la division raciale intitulée «Comment les étudiants noirs s'imprègnent de la structure sociale et culturelle blanche» avant d’intégrer le cabinet d’avocats chicagolais Sidley Austin, l’un des plus importants des Etats-Unis, et de devenir assistante du Maire démocrate de la Cité des Vents, Richard Daley. Ce sont les premiers pas de Michelle Robinson dans l’univers de la politique. Elle s’implique fortement dans la défense et le respect des droits civiques et devient la principale conseillère de Daley en la matière. A cette époque, à l’aube des années ’90, le cabinet Austin ne compte que deux avocats noirs, Michelle Robinson qui est bien installée (ndlr elle est devenue associée et non plus appointée) et un jeune avocat qui enseigne le droit à l’université de Chicago, un certain Barack Obama, lui aussi très concerné par la question des droits civiques. Naturellement, les deux avocats se rapprochent que se soit sur le plan professionnel – Michelle Robinson sert de mentor à Barack Obama – ou sur le plan privé.

Après un mariage à l’automne 1992, Michelle Robinson devenue Obama, figure importante du Parti Démocrate de Chicago, toujours très proche du Maire, permet à son mari de mettre le pied à l’étrier politique. Jusqu’alors, Barack Obama s’était plutôt consacré aux affaires sociales – il a notamment été animateur social dans le quartier noir défavorisé du South Side – qu’à la chose politique. Sa seule réelle activité politique est d’avoir soutenu la campagne présidentielle de Bill Clinton en cette même année 1992.

En parallèle à l’ascension politique (de Conseiller Municipal à Sénateur entre 1994 et 2002) de son mari, Michelle Obama s’engage socialement. C’est un peu comme si les rôles s’étaient inversé dans le couple Obama, il était social et elle politique, leur mariage aura fait de lui un politique et d’elle une sociale… Michelle Obama eut, en effet, tôt fait de remarquer l’envergure politique de son mari et de savoir qu’il mènerait une brillante carrière. Elle devient, dans un premier temps, Directrice du Chicago Office of Public Allies qui tente de réinsérer les jeunes dans le milieu professionnel via des associations sans but lucratif, avant de rejoindre l’Université de Chicago ou elle prend en main et développe le Centre de Services Communautaire qui permet aux étudiants d’obtenir des avantages sociaux. En 2002, alors que son mari annonce son ambition sénatoriale, Michelle Obama accède à un poste de direction de l’hôpital de l’Université de Chicago avec des compétences en matières communautaire et sociale.

Super Woman, Michelle Obama mène trois carrières de front, elle est deux fois maman, elle est Directrice d’hôpital et elle est le principal soutien à son mari qui brigue le poste de Sénateur pour 2004… Si Martha Washington, Mary Lincoln, Anna Eleanor Roosevelt, Jackie Kennedy ou Hillary Clinton ont assurément joué un rôle important dans la vie politique et présidentielle de leur époux, Michelle Obama a, pour sa part, lancé son mari en politique. Si elle ne l’avait pas introduit dans les cénacles démocrates, probablement ne serait-il jamais devenu Président des Etats-Unis. On peut le dire, Michelle Obama a joué un rôle capital dans l’Histoire américaine, elle a servi de détonateur à l’explosion du premier président noir des Etats-Unis ! Avant même d’avoir assuré son rôle de First Lady, Michelle Obama est un modèle pour la communauté noire des Etats-Unis, elle est aussi un modèle exceptionnel pour les femmes en politique, preuve vivante que la compétence n’a pas de sexe et que la parité homme/femme en politique est une hérésie, les femmes compétentes n’en n’ont pas besoin pour s’imposer !

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 13:09

Coup de projecteur sur une famille d’acteurs à l’humour déjanté : les Marx Brothers !


marxbrothers.jpgDès son origine, le cinéma a été un support formidable pour le «comique» ; ainsi dès la fin de l’année 1895, alors que le cinéma n’est vieux que de quelques semaines, les frère Lumière proposent un court métrage de 49 secondes intitulé «L’Arroseur arrosé» qui est considéré comme le premier film comique de tous les temps. L’aube du 20è siècle est synonyme d’éclosion du burlesque. La magie de l’écran reste muette et l’humour tarte à la crème est idéal car il n’a nul besoin de dialogue pour attirer le public. Quelques panneaux de textes insérés entre les images font l’affaire… Le Burlesque se divise en deux écoles, celle du King of Comedy Mack Sennett, qui abrita notamment Charlie Chaplin, Buster Keaton, Harry Langdon ou Mabel Normand, et celle de Hal Roach, qui lança notamment Harold Lloyd ainsi que l’exceptionnel duo Laurel & Hardy… En France, le comique de cinéma repose quasi uniquement sur les épaules de Max Linder ! Héritiers de ses pionniers de l’humour sur grand écran, les Marx Brothers ont su capitaliser un événement important du cinéma : le passage au parlant. Beaucoup étaient d’avis que cette innovation technique, née en 1927 avec la projection du premier film avec bande sonore – «Le Chanteur de Jazz» -, allait ruiner l’avenir du comique. A l’affiche dans un cabaret de Broadway, depuis 1926, avec leur spectacle musical «Coconuts» les frères Marx, forts de leur renommé dans le milieu du music hall, transposent ce succès au cinéma en 1929. La réussite est totale et Harpo, Chico, Zeppo et Groucho entrent de plain-pied dans la légende du comique…

Peu le savent, mais c’est en France, dans le quartier juif de Strasbourg, que naît en 1861 Simon Marrix, le père des futurs Marx Brothers. Mais la guerre franco-allemande éclate neuf ans plus tard et l’occupation de l’Alsace-Lorraine, devenue Reichsland de l’Empire prussien, pousse beaucoup d’autochtones à s’exiler vers la France et l’Afrique du Nord. Simon Marrix patiente jusqu’à ses 17 ans pour, à son tour, choisir de quitter sa terre natale. Les Etats-Unis seront sa destination ! Après avoir américanisé son nom en Marx, il entre chez un tailleur pour apprendre le métier. Il donne parallèlement quelques cours de danse aussi… En 1884, il épouse Minnie Schoenberg, une immigrée juive allemande. De cette union naîtront cinq garçons : Léonardo (1887), Adolph (1888), Julius (1890), Milton (1893) et Herbert (1901) qui, dès leur plus jeune âge, seront incité par les parents Marx à s’engager dans la voix musicale.

Dès 1909, les cinq frangins accompagnés de leur mère et de leur tante se produisent dans les cabarets de Manhattan, qui n’est pas encore le haut-lieu de la finance et des affaires que l’on connait aujourd’hui. Associant comédie et musique, la petite troupe familiale se lance dans des spectacles plus complets et rapidement acquiert une petite reconnaissance. Repérés par un producteur, les Marx tournent à travers les Etats-Unis… Absorbées par d’autres occupations, Minnie Marx et sa sœur ne peuvent pas suivre la tournée, Herbert n’a pas vraiment la vocation. Les frères restent donc à quatre et prennent pour nom The Four Nightingales. Au début des années ’20, ils sont déjà routiniers du music hall, ils se sont produits dans toutes les grandes villes américaines avec plus ou moins de succès. Ils montent la comédie musicale «Coconuts» qui rencontre un immense succès partout à travers le pays. Elle restera trois ans à l’affiche à Broadway. Dans ce spectacle, nos quatre lurons définissent des traits de caractères qui ne les quitteront plus. Ainsi, Chico adopte le costume de velours et le chapeau feutre en s’exprimant avec un accent italien à couper au couteau ; Harpo revêt le long imperméable toujours bourrés de gadgets divers, prend un air un peu benêt et ne s’exprime plus que par pantomime (ndlr peut-être la nostalgie du cinéma muet ?) ; Zeppo est plutôt élégant et distingué ; Groucho enfin, leader de la troupe, accumule les jeux de mots caustiques s’abritant derrière une moustache énorme, des lunettes d’acier et une redingote à queue de pie… Ils optent pour le nom des Marx Brothers afin de mieux mettre en évidence le lien familial qui les unit. Le cinéma les appelle ! La transposition de «Coconuts» (1929) achève d’asseoir leur renommée. Les films à succès s’enchaînent : «L’explorateur en folie» (1930), «Monnaie de singe» (1931), «Plume de cheval» (1932) et l’extraordinaire «Soupe au canard» (1933) font partie de la légende d’Hollywood. Mais ce fameux «Chicken Soup» marque aussi un tournant ; Zeppo n’a pas le feu sacré comme ses frères et décide de se retirer du quatuor.

Qu’à cela ne tienne, Chico, Harpo et Groucho poursuive dans la veine qu’ils ont ouverte. Ils signent trois nouveaux Opus qui prennent place dans l’histoire du cinéma américain ; «Une nuit à l’Opéra» (1935), «Un jour aux courses» (1937) et «Panique à l’hôtel» (1938). Mais la concurrence est rude car si Buster Keaton, surtout, et Harold Lloyd n’ont pas bien négocié le passage au parlant, Charlie Chaplin et Laurel & Hardy se sont rués avec beaucoup de bonheur et de talent dedans… Chaplin réalisera même quelques-uns des ces chefs d’œuvres à cette période comme «Les temps modernes» (1936) ou «Le Dictateur» (1940). La fin des années ’40 marquera aussi le terme de la collaboration des frères Marx. Les films qu’ils tournent ensemble se font plus rares, chacun tentant un peu sa chance de son côté. Ils se réuniront pour l’ultime épisode des aventures des Marx Brothers ; «La pèche au trésor» qui offre un rôle à une actrice débutante, Marilyn Monroe… Après ce dernier succès, les trois frères se retirent du cinéma. Groucho se laisse séduire par un média qui entre dans les foyers américains ; la télévision. Il présente pendant quelques années l’émission «You bet your life» avant d’écrire quelques livres et de publier ses mémoires. En 1974, les Marx Brothers reçoivent un Oscar pour l’ensemble de leur œuvre ! Groucho va réceptionner le prix car pour Chico et Harpo, cet hommage est à titre posthume…

 

Quelques répliques ou pensées célèbres de Groucho Marx

 

groucho.jpgCôté humour, je me revendique, sans hésiter, Marxiste… tendance Groucho évidemment ! En effet, Groucho Marx avait un humour aussi flegmatique qu’acerbe. On lui doit une quantité phénoménale de bons mots, de traits d’esprits ou de jeux de mots. En voici quelques-uns qui m’amusent particulièrement.

 

Le saumon vit dans des boîtes en fer-blanc, d'où il ne sort que le dimanche soir quand des amis arrivent à l'improviste


Ce monde serait meilleur pour les enfants si c’était les parents qui étaient obligés de mangers des épinards.

Il est préférable de rester muet et de passer pour un fou plutôt que de l’ouvrir et de ne laisser aucun doute à ce sujet.


J’ai passé une excellente soirée… Mais ce n’était pas celle-ci !


Je n’oublie jamais un visage, mais pour vous je ferai une exception…


Le meilleur moyen d'éviter la chute des cheveux, c'est de faire un pas de côté !

Elle avait un nez superbe, qu'elle tenait de son père… chirurgien esthétique


Je vous céderais bien ma place, mais elle est occupée.

 

Je veux être incinéré et je veux que 10% soit versé à mon imprésario, comme il est écrit dans mon contrat. 

 

En médecine, la mode change aussi souvent qu'en haute couture. Le médicament miracle d'aujourd'hui sera le poison mortel de demain.

 

Ma femme, je la laisse croire qu’elle peut faire ce qu’elle veut… Et puis, je la laisse faire !

 

Tout homme qui se remarie ne mérite pas la chance qu’il a eut de perdre sa première femme !


La télévision est très favorable à la culture, chez moi dès que quelqu’un l’allume, je vais dans la pièce à côté et je lis…


La politique est l’art de chercher les problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer et ensuite d’appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes !

 

Et pour conclure celle-ci que je trouve tellement juste : Les gens ne mangeraient pas de caviar s’il était bon marché !

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 12:28

Le violoniste liégeois est l’un des Cent Wallons du 20è Siècle.

ysaye.jpgLiège est terre de grands musiciens ! Qu’ils soient compositeurs, instrumentistes ou chef d’orchestre, la Cité Ardente a enfanté des serviteurs de la musique comme André-Modeste Grétry, César Franck, Henry Vieuxtemps, Guillaume Lekeu ou, plus proches chronologiquement de nous, Luc Baiwir et le trop méconnu bluesman François Monseur. Et puis, il y a bien entendu la famille Ysaÿe, Nicolas, le père, Théo et surtout Eugène…

Eugène Ysaÿe est tombé dans la musique dès la naissance, son père Nicolas est chef d’orchestre du Pavillon de Flore, à Liège, où Eugène vit le jour le 16 juillet 1858. Nicolas Ysaÿe initie très tôt ses enfants à la musique et Eugène découvre le violon à l’âge de cinq ans. Son frère cadet Théo se dirigera, pour sa part, vers le piano. En Septembre 1865, à peine âgé de sept ans, Eugène Ysaÿe intègre le conservatoire de Liège où il évolue dans un milieu trop stéréotypé pour lui. Il y reste quatre années avant de s’en faire exclure pour avoir critiqué, une fois de trop, les cours qui y sont donnés et qui ne vont pas dans un sens suffisamment artistique à son gré. Mais le violoniste chevronné Henry Vieuxtemps, qui a immédiatement décelé l’énorme potentiel de celui qui devient alors son protégé, parvient à le faire réintégrer au Conservatoire d’où il sera diplômé en 1873.

Quelques semaines après qu’Ysaÿe ait décroché ce sésame, Vieuxtemps est victime d’une attaque cérébrale qui le laisse paralysé d’un bras. Il est contraint d’abandonner son poste de professeur au Conservatoire de Bruxelles mais parvient à décrocher une bourse pour qu’Eugène Ysaÿe puisse y étudier avec le prestigieux violoniste polonais Henryk Wieniawski, formé à Paris, qui a remplacé Vieuxtemps exilé à Paris pour se consacrer uniquement à la composition. Ysaÿe cependant ne tarde pas à quitter la capitale belge pour rejoindre son mentor à Paris. Il y travaille en sa compagnie et y fait quelques rencontres qui vont influencer sa vie et sa carrière ; le pianiste hongrois Franz Liszt et le compositeur russe Anton Rubinstein notamment. Une amitié naît entre ses trois hommes ; Liszt et Rubinstein sont émerveillés par le talent pur du Liégeois qu’il baptise Der Famöse Kerl (Le Fameux Type).

Au printemps 1879, la santé de Vieuxtemps décline et il est contraint de rejoindre le sanatorium de Mustapha, à Alger, où travaille sa fille. Il y finira ses jours. Ysaÿe à 21 ans et Vieuxtemps le recommande à son ami violoniste autrichien Joseph Joachim, élève de Mendelssohn et membre de l’orchestre de Cologne. Ysaÿe rejoint cet orchestre où il ne reste que quelques mois avant d’être intégré à l’Orchestre Promenade de Berlin, dirigé par Benjamin Bilse, où il devient premier violon grâce à sa dextérité prodigieuse. Cet orchestre donnera naissance, en 1882, à l’Orchestre Philharmonique de Berlin aujourd’hui parmi les plus réputés au monde… La carrière d’Eugène Ysaÿe est lancée et il entame des tournées à travers l’Europe avec son ami Anton Rubinstein. Saint-Pétersbourg, Oslo et Paris sont les premières villes où il se produit avec brio. Dans la Ville Lumière, il rencontre un Liégeois naturalisé français et installé à Paris depuis 1835, César Franck qui devient son second mentor après Vieuxtemps.

La décennie ’80 du 19è siècle est bien entamée et Eugène Ysaÿe est désormais un musicien reconnu par ses pairs comme un virtuose exceptionnel. César Franck lui offre, en guise de cadeau de mariage, une sonate pour violon et piano en la majeur. Bientôt, les plus grands compositeurs décident de faire pareil et se mettent à écrire pour Ysaÿe : Ernest Chausson lui offre un concerto, Claude Debussy lui écrit un quatuor, Gabriel Fauré un quintette et Camille Saint-Saëns une sonate…

A l’origine du Concours Reine Elisabeth

Ysaÿe joue encore à Bordeaux, à Salzbourg et à Vienne avant de revenir à Bruxelles où il devient professeur au Conservatoire. Il crée, en 1894, le Quatuor à Cordes Ysaÿe et propose les premiers Concerts Ysaÿe qui attirent immédiatement la grande foule. Désormais, les Etats-Unis le réclament… Il se produit donc à Boston, Chicago et New York mais revient systématiquement en Belgique pour s’occuper d’élèves comme William Primrose, Josef Gingold ou Matthieu Crickboom qui rejoint rapidement le quatuor de son maître. Ysaÿe est sollicité par la Reine Elisabeth de Belgique, épouse du Roi Albert 1er et excellente violoniste, pour laquelle il devient conseiller musical. La Reine nourrit le projet d’un grand concours musical et Ysaÿe travaille largement sur le projet avant d’être appelé aux Etats-Unis où il accepte, en 1918, le poste de Chef de l’Orchestre de Cincinnati. Il reste quatre ans dans l’Ohio avant de revenir en Belgique pour poursuivre le projet de Concours initié par la Reine Elisabeth mais celle-ci choisit de voyager et de découvrir le monde. Elle assiste, notamment, à l’ouverture du tombeau de Toutankhamon (1922) et se prend de passion pour l’égyptologie. Elle reporte donc son intérêt sur la création d’une fondation égyptologique à son nom. Infirmière pendant la Première Guerre Mondiale, la Reine a côtoyé la mort et la maladie aussi souhaite-t-elle, à la fin des années ’20, venir en aide aux malades et aux indigents et initie aussi Fondation médicale Reine Élisabeth.

Avec tout ça, Eugène Ysaÿe et son projet de concours sont laissés de côté. Alors, le musicien liégeois imagine un opéra en wallon et le compose. Intitulé Pierre li Houyeu (Pierre le Mineur), il est achevé en 1930. Souffrant de diabète, Eugène Ysaÿe doit se ménager mais il entame malgré tout un second opéra en dialecte liégeois qu’il titre L’avierge di pièr (La Vierge de Pierre) ; la maladie le contraint à mettre un frein à cet opus. En mai 1931, Pierre li Houyeu est présenté en avant-première au Théâtre Royal de Liège (ndlr qui deviendra plus tard l’Opéra Royal de Wallonie) ; Ysaÿe ne peut y assister car il est hospitalisé à Bruxelles. Cependant, grâce à la Reine Elisabeth, un système exceptionnel pour l’époque de duplex radio est mis en place et Ysaÿe peut prononcer quelques mots à l’attention du public tandis que son portrait est projeté sur un grand écran dans la salle. Le 12 mai 1931, Eugène Ysaÿe s’éteint des suites de son diabète sans avoir pu achever son second opéra en wallon.

A la fin des années ’30, la Reine instaure enfin ce fameux concours qu’elle nomme Concours Musical International Eugène Ysaÿe en hommage au musicien et à son travail pour la réalisation de ce projet. Le concours sera rebaptisé Concours Musical International Reine Elisabeth, en 1951.

Eugène Ysaÿe est désigné, en 1995, comme faisant partie des 100 Wallons du 20è Siècle au même titre que des gens comme Georges Simenon, les hommes politique Léon-Eli Troclet, Jean Gol, Julien Lahaut, Edmond Leburton, la comédienne cherattoise Berthe Bovy, le grammairien Maurice Grévisse ou encore l’historien Godefroid Kurth et l’industriel Ernest Solvay.

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 15:12

Quelques mots sur un quotidien extraordinaire : le New York Times

nyt111.jpgJ’aime assez lire le New York Times sur le net ! D’abord parce que cela me permet de travailler ma compréhension écrite de la langue anglaise mais aussi parce que la pertinence des informations que l’on y trouve, tant au niveau américain qu’international, a de quoi laisser rêveur bien des journalistes qui foisonnent dans les rédactions européennes. Fréquemment, je me laisse glisser sur le site du NYT où je sélectionne quelques articles qui me paraissent importants et je prends le temps de les lire. C’est important, je trouve, de lire la presse d’autres pays car il y a une manière forcément différente de présenter l’actualité. Aussi avant de me faire une opinion, j’aime à m’abreuver à diverses sources d’informations…

Le New York Times est un vieux quotidien qui fut fondé, en 1851, par Henry Jarvis Raymond qui créa aussi, cinq ans plus tard l’agence de presse Associated Press. Il proposa une édition dominicale dès la fin de la Guerre de Sécession, en 1865, pour ainsi être publié tous les jours. Il fut exporté vers le continent européen, vers l’Angleterre en l’occurrence, à partir de 1919 et fut le premier quotidien à recevoir le prestigieux Prix Pulitzer pour sa couverture du premier conflit mondial. Aujourd’hui, le NY Times est l’un des plus grands quotidiens du monde ; il emploie quelque 1200 journalistes à travers le monde et tire, chaque jour, à près d’un million et demi d’exemplaires… En complément des ses célèbres éditoriaux, reflets d’une gauche libérale à laquelle le New York Times s’identifie clairement (ndlr le NYT a apporté son soutien au candidat Démocrate lors des six dernières élections présidentielle), le quotidien new-yorkais a introduit, en 1970, une rubrique intitulée Op-Ed qui permet à ses journalistes de signer, eux aussi, des éditoriaux sur les thèmes les plus forts de l’actualité. Par la mise en place de cette rubrique, diverses sensibilités, pas forcément dans le sens de la ligne d’édition, peuvent transparaître dans les colonnes, l’éditorial n’étant plus l’apanage des éditorialistes ; d’autant plus que, depuis quelques années, le NYT publie également chaque jour des articles d’écrivains ou de journalistes indépendant. Bref, on peut retrouver dans ce quotidien divers courants de pensées qui sont une réelle source d’enrichissement pour le lecteur. L’un des gages de qualité du NYT est qu’il n’est pas passé de mains en mains au fil des années. Arthur O. Sulzberger, à la tête du quotidien new-yorkais et qui lui donne sa ligne éditoriale de base, appartient à la famille qui dirige le New York Times depuis 1896…

Surnommé The Gray Lady (La Dame en Gris) à cause de sa présentation sobre et sa mise en page, le New York Times est, à mes yeux, indiscutablement le meilleur journal au monde. Il propose une ligne éditoriale ouverte et une qualité d’information sans égale grâce à son impressionnante armada de journalistes. N’hésitant pas à prendre position régulièrement, il peut aussi parfois commettre des bévues de taille mais sait les reconnaître se donnant ainsi un côté humain qui n’est pas pour me déplaire. Parmi ces bévues, citons-en deux qui ont marqué ce début de 21è siècle :

- en 2003, le NYT publiait plusieurs articles de son journaliste Jayson Blair, ces articles étaient totalement inventés par un auteur sans trop de scrupules qui fut licencié dès que le pot aux roses fut découvert, entraînant avec lui deux rédacteurs en chef trop laxistes…

- l’année suivante, le quotidien publiait une série de cinq articles relatifs au conflit irakien qui contenaient plusieurs informations fausses (livrée par l’administration Bush) qui n’ont pas été vérifiées par la rédaction…

Politique nationale et internationale, pages d’opinions, sport, économie, technologie, santé, infos spécifiques à la Big Apple… le NYT s’attarde sur les domaines d’actualité les plus variés mais, et cela me touche au plus haut point, réserve une grande part de ses colonnes à la culture et aux arts. Il faut concéder que dans une ville comme New York, probablement la plus culturelle du monde, il est impossible de ne pas se référer à ces matières… Enfin, la version électronique de New York Times, en ligne depuis 1996, et totalement gratuite depuis septembre 2007 (lire à ce propos Un accès libre au NYT) met à disposition des internautes des archives du journal depuis 1981. Quant à la version papier elle comprend une multitude de suppléments bien ficelés qui portent, selon les jours, sur la culture, la gastronomie, la vie à New York, les voyages ou la littérature. Le dimanche, en plus de son édition du jour, le New York Times publie Week in Revue, une revue de la semaine écoulée, et NY Times Best Sellers List, un catalogue des ouvrages littéraires les plus vendus mis à jour hebdomadairement… Bref, le NYT est le parfait reflet de la ville la plus dynamique du monde. Il fait partie de la vie des New-Yorkais qui, s’ils sont plus d’un million à l’acheter tous les jours sont, au moins, 2,5 à 3 millions à le lire tous les jours…

Preuve de sa qualité unanimement reconnue, le New York Times a récolté 98 Prix Pulitzer depuis 1918, dont sept rien que pour l’année 2002 et trois (1983, 1988 et 2002) pour le journaliste spécialisé dans le conflit Israélo-palestinien et le terrorisme Thomas L. Friedman. Maureen Dowd, éditorialiste du NYT, reçut également le Pulitzer en 1999 pour sa vision de l’affaire Clinton/Lewinsky l’année précédente.

En France, et bien que le New York Times soit disponible dans la plupart des grandes villes, les quotidiens Le Monde et Le Figaropublient chaque semaine une sélection d’articles en version originale de leur confrère new-yorkais.

nyt-on-web.jpg

 

 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 07:00

S’il est un homme de gauche pour lequel j’ai toujours eu le plus grand des respects et la plus grande des estime, c’est assurément François Mitterrand !

mitterrandPersonnalité controversées, le Président Mitterrand s’éteignait le 8 janvier 1996, voici 15 ans ! Beaucoup lui ont reproché certaines amitiés ou relations et quelques actes posés durant son double septennat… Et pourtant, aujourd’hui, le peuple français le considère comme le plus grand Président de la République(1) de ses cinquante dernières années… devant le Général de Gaulle ! Ces derniers jours, les médias ont largement commenté la vie de François Mitterrand remettant parfois en avant ce que beaucoup ont appelés «ses coups fourrés» ou ses «magouilles politiciennes». Bien entendu, les affaires des écoutes téléphoniques, du Rainbow Warrior ou Mazarine sont remontées à la surface tout comme ses relations avec René Bousquet, chef de la Police de Vichy pendant la seconde guerre mondiale, voire son implication dans le Gouvernement Pétain à la même période… Soyons clair : François Mitterrand a eu des cadavres dans ses placards ! Mais ceux qui les lui reprochent n’ont-ils pas tendances à oublier de visiter les penderies de ses prédécesseurs et de ses successeurs ? Un petit rappel s’impose peut-être :

- Nicolas Sarkozy => opérations immobilières délicates à Neuilly avec le groupe Lasserre, Clearstream, amitiés déplacées avec des hommes d’affaires (Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère, Edouard de Rothschild, Bernard Arnault…), ingérence dans les médias français ayant entrainé le licenciement de journalistes…

- Jacques Chirac => essais nucléaires dans le Pacifique, avantages en natures de la Mairie de Paris, emplois fictifs, fichage par les RG de certains magistrats, voyages offerts par Pierre Botton, amitiés avec les dictateurs africains Bongo (Gabon), Deby (Tchad) et Sassou (Congo-Brazzaville) , … ;
- Valéry Giscard d’Estaing :=> assassinat du Prince de Broglie, diamants de Bokassa… ;
- Georges Pompidou => mensonges sur sa maladie ;
- Charles de Gaulle =>répression des Pied-Noirs en Algérie qui déclencha une vague terroriste menée par l’OAS, enlèvement de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka sur le territoire français avec le concours de policiers français, massacre de nombreux Harkis (des Algériens combattant dans le camp français durant la guerre d’Algérie et qui n’ont pas été rapatriés en France à l’issue du conflit) par le FLN, échec commercial du Concorde imposé par le Général à grands coups de millions de francs…

Social et culture… Les deux mamelles de Tonton !

Mitterrand a fait des erreurs, des mauvais choix et des actes répréhensibles ; cela on ne pourra pas l’ôter de son passif. Mais par delà cet aspect négatif, il y a l’homme politique qui a travaillé pour la nation française et son peuple et puis il y a aussi, et surtout, l’homme doté d’une grande culture et d’un savoir incommensurable ; un homme que beaucoup de ceux qui l’ont côtoyé – quelle que soit leur couleur politique – se complaisent à décrire comme attachant. Il existe bel et bien un contraste à propos de François Mitterrand.

 

Son règne aura accouché de plusieurs grandes décisions en faveur du peuple et de la solidarité ; je citerai sans être exhaustif : l’augmentation du SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), l’abolition de la peine de mort, l’autorisation des radios privées (qui ne sont plus dites, dès lors, pirates), la régularisation de tous les immigrés sans-papiers qui exercent un métier, la création de l’impôt sur les grandes fortunes, la 5è semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, la création des ZEP (Zone d’Education Prioritaires), l’égalité salariale hommes/femmes en entreprises (loi Roudy), la création du RMI (Revenu Minimum d’Insertion), l’augmentation des crédits alloués à l’éducation nationale et l’augmentation du nombre d’université (loi Jospin), la CSG (Contribution Sociale Généralisée) un impôt qui a été affecté à la protection sociale de tout un chacun, la loi sur le financement des partis politique et augmentation de la lutte contre la corruption politique (loi Sapin),…

Par ailleurs, François Mitterrand était un homme de culture, il aimait la culture et, à mon sens, pas un homme politique n’a fait davantage que lui pour la culture et sa diffusion. Ainsi, en 1982, il doublait les crédits alloués par l’Etat au Ministère de la Culture. Là où tous ses prédécesseurs avaient donné un franc pour la culture, Tonton en donna deux… Car il savait que la culture aide au développement intellectuel, à l’ouverture de l’esprit et, par là même, à la tolérance ! Par delà cette augmentation des budgets dédiés à la culture et à sa propagation, Mitterrand fut aussi le Président qui inaugura le Musée d’Orsay (même si l’idée de transformer l’ancienne gare en musée revient à Giscard d’Estaing), l’Institut du Monde Arabe, la Pyramide du Louvre, l’Opéra Bastille, le Grand Louvre, la Bibliothèque nationale de France autant de grands travaux voulus par le Président Mitterrand durant ses deux mandats afin d’apporter la culture au plus grand nombre. Mitterrand fit aussi voter, en 1990, une loi favorisant la philanthropie culturelle…

Un homme avec un grand H !

A l’heure où le PS français se cherche – mais depuis le temps qu’il se cherche, l’on est en droit de se demander s’il y a quelque chose ou quelqu’un à trouver ? – François Mitterrand manque au paysage politique hexagonal. C’était un humaniste et un passionné mais d’aucuns ont essayé de ne mettre en avant que ses mauvaises facettes. Bien plus que son passé vichyssois - car si Mitterrand travailla bel et bien pour le Gouvernement de Vichy, il s’engagea dans la Résistance dès 1942 avec trois compagnons d’évasion du stalag dans lequel il avait été détenu de juin 1940 à décembre 1941 – ou que ses amours adultérines ; bien plus que le mensonge lié à sa maladie, il n’y a qu’un seul acte que je puisse reprocher à Tonton : l’instauration en 1986 du scrutin proportionnel ! Sentant le risque pour la gauche française de perdre les législatives grandir de jour en jour, Mitterrand instaura cette méthode de scrutin. La droite ne triomphera pas mais l’extrême droite de JMLP profitera de cette modification électorale pour s’incruster de façon permanente sur l’échiquier politique français… Ce coup politique dessiné par Tonton fut une réussite si l’on considère que son objectif d’écarté la droite traditionnelle du pouvoir fut atteint. Mais Mitterrand avait négligé les dommages collatéraux engendrés par son geste : l’avènement de peste noire politique !

Mais n’est-ce pas là le propre de tous les hommes que de commettre des erreurs ? Mitterrand en a fait, comme vous et comme moi ! A l’heure des bilans, force fut pourtant de constater que le positif l’emportait largement sur le négatif. Aujourd’hui, la population française s’est rendu compte devant le parterre de nains qui composent son horizon politique que Tonton était bien un grand Président et même un grand Homme ! Il s’en trouve même pour dire que s’il se présentait en 2012, François Mitterrand serait, à nouveau, élu Président de la République.

J’avais envie, aujourd’hui, de lui rendre hommage…


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(1) Selon un sondage CSA commandé et publié par le quotidien Libération

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