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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 16:07

En octobre prochain, la population terrestre franchira le cap des sept milliards d'individus !

surpopulation.jpg

C'est le Daily Mail qui donne l'information, à raison de cinq naissances à la seconde - soit quelque 432.000 naissances par jour à travers le monde - et compte tenu des quelque 144.000 décès quotidiens moyens enregistrés, nous devrions atteindre le cap des 7.000.000.000 d'êtres humains dans le courant du mois d'octobre 2011. Depuis la moitié du 20è siècle, la démographie humaine explose. Il a fallu 130 ans (entre 1800 et 1930) pour passer d'un à deux milliards d'habitants sur notre planètre, il n'aura fallu que 80 ans pour passer de deux à sept milliards !


Cette surpopulation entraine des risques évidents et des dangers réels. Une simple question : comment va-t-on faire pour nourir les neuf milliards d'êtres humains estimés en 2050 alors qu'aujourd'hui déja, 925 millions de personnes à travers le monde ne mangent pas à leur faim ?

A lire : Comment nourir l'humanité en 2050 ?

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 13:28

Le destin croisé et similaire de cinq des plus grandes icônes du rock toutes mortes à 27 ans…

forever27.jpgIl est parfois étonnant de constater comme certains destins peuvent être ironiquement et intimement lié entre eux… Ainsi, si l’on choisit de s’attarder quelques minutes sur la destinée de cinq icônes du rock - Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Brian Jones et Kurt Cobain - on s’aperçoit que, sous la forme d’une mort aussi brutale qu’inopinée, le destin les a frappés à sa façon… Ils ont marqué l’histoire du rock, leur empreinte est indélébile et leur image restera à jamais associée à la jeunesse puisqu’ils n’auront pas eu le temps de vieillir. Aujourd’hui encore lorsque l’on pense à Jim Morrison, à Janis Joplin ou à Kurt Cobain, c’est leur visage à peine adulte que l’on entrevoit, forcément ils n’ont pas connu le temps des rides… leurs abus en tous genre ne leur en n’ont pas laissé le temps !

 

jim-copie-1.jpgJim Morrison, né en décembre 1943, est probablement la personnalité la plus mythique des cinq étoiles que je veux évoquer. Le leader charismatique des Doors est un génie à l’état pur. Poète maudit à la gueule d’ange, rebelle et figure de proue de la protest song, il fonde les Doors en juillet 1965 avec Ray Manzarek et rencontre immédiatement le succès avec Light My Fire, Break on through, Alabama song et The End sur le premier album des Doors. Malgré, ou grâce, au comportement destructeur de Jim Morrison, le succès n’abandonnera jamais le groupe sauf, peut-être, lorsqu’il ne sera pas repris par les organisateurs de Woodstock. En six albums entre 1965 et 1971, Morrison éclaboussera le rock de son talent inimitable et inégalé. Exilé à Paris, il meurt le 3 juillet 1971… Il est âgé de 27 ans !

joplin.jpgJanis Joplin, née en janvier 1943, elle rejoint la communauté hippie de Frisco en 1966. Sa voix très blues séduit le Big Brother and The Holding Company, le groupe de Sam Andrews et James Hurley avec lequel elle participe au Festival pop de Monterey. En 1969, elle fonde, avec Sam Andrew, le Kozmic Blues Band qui participe au festival de Woodstock où, devant 450.000 personnes (alors que les organisateurs en espéraient 50.000 !) Janis Joplin éclate et devient une idole de la jeunesse protestataire américaine grâce, notamment, à sa chanson (à capella) Mercedes-Benz, véritable diatribe sociale… A l’automne 1970, alors qu’elle enregistre l’album Pearl, à Los Angeles, elle succombe à une overdose d’héroïne… Elle est âgée de 27 ans !

jimiJimi Hendrix, né en novembre 1942, il est une référence du blues et du rock grâce à sa dextérité à la guitare. Il devient rapidement célèbre pour ses innovations musicales lors de la période psychédélique, qui en feront une tête de file des artistes psychédéliques de la fin des années 1960. Gaucher, il utilisait une guitare pour droitier, inversant ainsi la position des cordes ce qui lui permettait d’obtenir un son unique. Ses titres Hey Joe (qui est en fait la reprise d’une chanson traditionnelle américaine), Purple Haze, Red House (un blues à faire baver les plus grands du genre…), Voodoo Child, un morceau interminable de plus de 15 minutes avec des riffs inouïs ou All along the Watchtower, reprise du standard de Bob Dylan… font de lui une référence incontournable en matière de guitare. Le 18 septembre 1970, après un mélange fatal d’alcool et de somnifère, Hendrix meurt étouffé dans ses régurgitations à Londres… Il était âgé de 27 ans !

jones.jpgBrian Jones, né en février 1942, fonde avec Mick Jagger et Keith Richards les Rolling Stones en 1962. On lui doit les arrangements musicaux exceptionnels de Paint it Black, Ruby Tuesday, Lady Jane ou 2000 light years from home. Jones est accro au LSD et sa vie privée est chaotique. La police londonienne le poursuit inlassablement suite à sa consommation énorme de drogue et d’alcool. Son physique et son esprit se dégradent rapidement et il est exclu des Stones en juin 1969. Le mois suivant on le retrouve noyé dans la piscine de sa villa du Sussex… Accident, suicide ou meurtre, les trois thèses ont été évoquées sans que l’on ne sache aujourd’hui quelle est finalement la vraie… Il était âgé de 27 ans !

cobain.jpgKurt Cobain, né en février 1967, est souvent considéré comme l’héritier de Morrison et d’Hendrix de par ses tendances autodestructrices. Il fonde, en 1987, avec Chris Novoselic, le groupe Nirvana avec lequel il donne ses lettres de noblesse au grunge, un mouvement largement inspiré du rock psychédélique des Doors et de Jimi Hendrix. En 1991, Smell like teen spirit apporte la gloire à Nirvana et à son leader. Suivent Come as you are et About a girl qui achèvent d’asseoir la célébrité de Cobain. Un sublime concert Unplugged sur MTV ponctue la courte carrière de Nirvana… Car Cobain est mal dans sa peau, abuse de drogues et fait vivre un enfer à son épouse, la chanteuse et actrice Courtney Love (elle aussi très accro aux substances illicites) et à sa gosse Frances… Le 4 mars 1994, à l’issue d’un concert à Rome, Kurt Cobain est hospitalisé suite à une overdose. Il est sauvé de justesse par les médecins-urgentistes romains. Fin mars, il entre en cure de désintoxication mais le 1er avril il s’enfuit du centre Exodus Recovery où il est soigné… On retrouve son cadavre le 8 avril 1994 dans la véranda de sa maison de Seattle. Selon la version officielle de la police, il s’est suicidé par balle après une forte prise d’héroïne. Mais le doute subsiste car il n’y avait aucune empreinte sur l’arme et la dose d’héroïne retrouvée dans son sang l’aurait assommé au point de ne pas pouvoir utiliser l’arme ; par ailleurs quelques jours avant de mourir de façon brutale (écrasé par un train) un membre du Gang El Duce affirma avoir reçu 50.000 dollars de Courtney Cox pour abattre Cobain… Cela ne sera jamais prouvé. Quoi qu’il en soit, Kurt Cobain meurt en pleine gloire… Il était âgé de 27 ans !

Cinq icônes du rock à la carrière fulgurante, à la mort prématurée et brutale à l’âge de 27 ans… A noter pour les amateurs de coïncidence que Jim Morrison et Brian Jones sont tous deux morts un 3 juillet.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 12:18

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont libres ! C'est une excellente nouvelle, n'en n'oublions pas pour autant les 148 journalistes qui restent emprisonnés à travers le monde...

rsf01Au bout de 547 jours de détention en Afghanistan, les deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ont été libérés hier; ils sont rentrés en France, apparemment en bonne santé, ce matin. Les deux hommes avaient été enlevés, avec leurs accompagnateurs, le 29 décembre 2009 alors qu'ils travaillaient sur la réalisation d'un reportage pour la télévision publique française. Depuis, une mobilisation importante des médias, du politique et même de privés s'était mise en place pour obtenir leur libération. Elle est aujourd'hui effective, c'est une formidable nouvelle ! La libération de Ghesquière et de Taponier nous rappelle, si besoin en était, que le métier de journaliste peut être un job à hauts risques et que la liberté de la presse est un concept qui reste bien nébuleux dans bien des endroits de la terre. Il s'agit pourtant d'un des piliers fondamentaux de la démocratie, ce qui tend à démontrer qu'en ce début de 21è siècle, la démocratie est toujours une utopie et pas seulement dans des pays lointains...  Des pays européens comme la Roumanie (52è), la Bulgarie (70è), la Grèce (70è ex-aequo) ou la Serbie (85è) ne cessent de reculer dans le classement des pays les plus liberticides pour la presse selon le classement établi par Reporters Sans Frontières. Même la France, désormais 44è sur 178 pays et l'Italie, 49è, ne sont plus des pays où la liberté de la presse est optimale. Et que dire de la Turquie qui frappe à la porte de l'Union Européenne et où, pourtant, cinq journalistes(1) sont emprisonnés, c'est à dire plus qu'au Pakistan, au Laos, aux Philippines et au Yemen réunis ? Comme le souligne très justement RSFsur son site internet, l'Europe est en passe de perdre son statut de leader mondial dans le respect des Droits de l'Homme. "Comment pourra-t-elle alors se montrer convaincante lorsqu'elle demandera aux régimes autoritaires de procéder à des améliorations ?"(2) s'interroge Reporters Sans Frontières.

Car la liberté recouvrée d'Hervé Ghesquière et de Stéphane Taponier ne doit pas nous faire perdre de vue qu'il y a encore, à l'instant d'écrire ces lignes, 148 journalistes prisonniers à travers le monde. La Chine (30) et l'Erythrée (29) détiennent le plus de journalistes captifs; plus d'un tiers des journalistes emprisonnés dans le monde le sont dans un de ces deux pays... Lin Youping, qui travaillait pour le quotidien chinois Ziyou Bao, est même embastillé dans son pays depuis 1983; il n'est pas rare de trouver des journalistes incarcérés arbitrairement depuis 10, 15 voire 20 ans !

rsf.jpg

Liste des journalistes actuellement emprisonnés à travers le monde

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(1) ndlr si l'on ajoute les blogeurs et autres journalistes-citoyens, ce chiffre monte au-delà des 50
(2) L'Europe tombe du piédestal, pas de répit dans les dictatures, on fr.rsf.org, consulté le 30 juin 2011.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 10:04

Le test de français "obligatoire" pour les nouveaux étudiants de l'ULg le confirme... beaucoup trop d'entre eux présentent des lacunes,  la moyenne générale est de 11/20 !

ULG01.jpgIl y a un an nous évoquions ici le grave déficit d'une kyrielle d'étudiants de l'Université de Liège (ULg) en français (lire à ce propos Pas la moyenne en français !); la situation était dramatique, comment des étudiants - dont le français est la langue maternelle - peuvent-ils frapper à la porte de l'université sans avoir une maîtrise correcte de la langue française ? Faut-il s'étonner que les Wallons ne parlent pas, au grand dam de certains Flamands, le néerlandais s'ils sont incapables d'être à niveau dans leur langue maternelle ? Le problème majeur se situe dans la compréhension de la langue écrite. Pour remédier à cette situation, l'ULg entendait mettre en place un test de français obligatoire pour les étudiants bacheliers de la rentrée académique 2010-2011. Ca a été fait ! Les quelque 5000 nouveaux étudiants de l'université liégeoise ont reçu ce test obligatoire, tout comme ceux qui entraient dans les trois Hautes Ecoles de la Province de Liège. Encore faut-il s'entendre sur le sens du terme "obligatoire" car pour l'ULg test obligatoire signifie que les étudiants ne sont pas obligés d'y répondre mais bien de signaler qu'ils ont vu que ce test existe, comme l'explique une Responsable de l'Institut Supérieur des Langues Vivantes au quotidien Liégeois La Meuse(1). Je n'ai pas tout à fait la même notion du mot obligatoire qui, pour moi signifie que l'on ne peut pas y échapper. Cependant, il convient de préciser que malgré que ce test obligatoire ne l'était, finalement, pas vraiment, ce sont quand même 3757 étudiants l'ULg qui l'ont rempli ainsi que 2268 étudiants des Hautes Ecoles.

La moyenne de ce test de français, pour les étudiants de l'ULg, est de 11/20 c'est à dire que, comme l'indique la pondération des notes pour les critères de délibération, cette moyenne situe les étudiants en échec...
ULG02
Les pires scores réalisés par les nouveaux étudiants de l'ULg l'ont été en compréhension de textes où la moyenne est de 9,6/10 et encore le texte qui leur a été proposé évoquait Facebook, un sujet qui est censé les toucher voire les intéresser. Je n'ose imaginer, si cette compréhension de texte avait porté sur un extrait de A l'ombre des Jeunes filles en fleurs, de Proust, de La ballade des Pendus, de Villon, ou de L'Assomoir de Zola, ce qu'auraient été les résultats.

La moyenne en français des nouveaux étudiants de l'ULg est donc sous la barre de l'acceptable cette année. Pour près d'un quart d'entre-eux, la situation s'apparente même à un échec grave, c'est à dire moins de 8/20 ! Lorsque je lis dans la presse de ce matin que le taux de réussite du Certificat d'Etudes de Base (CEB) est au-delà de 91%, je me dis qu'il y a un gros problème en cours de chemin. Comment se fait-il que neuf élèves sur dix sortent aisément de leurs études primaires et que ceux qui entrent à l'université ne maitrisent pas suffisamment leur langue maternelle ? Cela signifie-t-il que le niveau primaire est trop faible ou bien que ce qu'il y a entre les deux - c'est à dire les études secondaires - ne sont pas efficaces ? On peut raisonnablement le penser ! Clairement, à tous les niveaux du système scolaire belge, les critères d'exigence sont à revoir... Il ne devrait pas être permis de sortir du secondaire avec des lacunes en orthographe, en grammaire ou en compréhension de texte; tout comme l'université ne devrait pas autoriser l'entrée d'étudiants qui présentent un test de français sous la moyenne ! Mais l'ULg a proposé des solutions à ses étudiants qui n'avaient pas obtenu la moyenne à ce faux test obligatoire... Trois solutions : l'autoformation (en clair vous n'êtes pas capables, démerdez-vous !), un cours sur internet et un cours du soir de remédiation de deux heures par semaine durant un quadrimestre. Qu'en est-il advenu ? Pour ceux qui ont opté pour l'autoformation, on n'a forcément pas de nouvelle mais on sait que seuls trois étudiants se sont inscrits aux cours en ligne et qu'une seule était présente à la séance informative des cours du soir qui n'ont, évidemment, pas eu lieu !

Faut-il rappeler qu'un quart des étudiants - soit plus de 850 - étaient en échec grave ?
L'ULg a donc laissé une quantité importante d'étudiants qui ne maitrisent pas le français - la langue dans laquelle sont donnés les cours ! - suivre leur cursus. C'est irrationnel ! C'est une hérésie... c'est même une connerie ! Il me semble tellement plus intelligent de contraindre les étudiants qui n'avaient pas la moyenne en français à suivre une remédiation plutôt que de leur laisser le choix. Pour ceux-là, ç'aurait du être la remédiation ou pas d'entrée à l'université. A l'heure actuelle, il est impensable de confier un poste à responsabilités à un non-universitaire - quelle erreur ! -, dans quelques années ce sont donc ces handicapés de la langue française à qui l'on confiera donc des postes à responsabilités. C'est une forme de nivellement par la bas !

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(1) Moyenne du test de français à l'ULg : 11/20, par Luc Gochel, in La Meuse, 30 juin 2011, p. 6

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:43

Un Américain braque une banque pour pouvoir se faire soigner...

verone.jpgLe monde évolue chaque jour un peu plus vers une dualité riches/pauvres prononcée. Au fil du temps, la classe moyenne intermédiaire tend à s'effacer et le fossé entre ceux qui ont des moyens et ceux qui n'en n'ont pas grandit. Les Etats-Unis n'échappent pas à cette tendance, bien au contraire elle se marque nettement. Selon une étude de l'Economic Policy Institute (EPI) de Washington, menée en 2010, un pourcent de la population américaine possède une fortune moyenne 225 fois supérieure aux ménages moyens et la fortune de ces mêmes ménages moyens est en baisse de 41% par rapport à la même étude menée en 2007(1)... Pareillement, les salaires ne suivent pas la même courbe d'évolution. Ainsi, si en 20 ans (de 1979 à 2009) le salaire médian à évolué de 0,8% tandis que les salaires les plus élevés ont augmenté de près de 2%... Le constat est clair à poser, les riches sont de plus en plus riches, les pauvres sont de plus en plus pauvres. D'ici quelques années le fossée sera si large qu'il n'y aura plus de place que pour deux catégories sociales aux Etats-Unis, les très riches et les très pauvres. Certains présentent l'évolution de la dualité riches/pauvres ainsi au Pays de l'Oncle Sam :

uspoor.jpg

Je partage assez cette vision ! Mais attention, pour autant pessimiste qu'elle soit, cette projection n'est pas exclusive aux Etats-Unis; non elle s'appliquera, tôt ou tard, à l'Europe également.

Prêt à tout pour se faire soigner...


La Réforme des Soins de Santé que Barack Obama a réussi à imposer est un énorme pas en avant au niveau social mais elle n'est pas encore la panacée, il reste en effet des milliers d'Américains qui n'ont toujours pas les moyens de se soigner. En effet, il faudra quelque trois ans pour que la Réforme soit totalement mise en place et, pendant ce temps, de nombreux Américains souffriront encore de n'avoir pas les moyens d'accéder aux soins. C'est le cas de James Verone qui, à 59 ans, souffre de deux disques vertébraux fracturés, de douleurs récurrentes au pied gauche et d'une excroissance dont il ignore la cause à la poitrine. Verone n'a pas d'emploi, pas de ressources et donc pas de couverture sociale et médicale. Il apprend fortuitement que dans l'Etat de Caroline du Nord, ou il (sur)vit, le règlement pénitentiaire précise qu'aucun détenu ne pourra se voir refuser des soins de santé, qu'il ait de l'argent ou pas ! Dès lors germe dans l'esprit de Verone un plan aussi audacieux que désespéré pour se faire soigner : il va braquer une banque, se laisser arrêter afin d'être incarcéré dans un pénitentier de Caroline du Nord... L'idée est simple, si son braquage se fait sans violence, sans arme et comme il n'a aucun antécédent judiciaire, il n'écopera que d'une peine légère; trois ans de réclusion table-t-il. Le temps de se faire soigner et de bénéficier, à sa sortie, de la couverture sociale qui sera totalement installée et accessible à tous à ce moment-là...

James Verone a mis son plan a éxécution, le 9 juin dernier il s'est présenté dans une banque de la petite ville de Gastonia et a tendu à la préposée un billet manuscrit sur lequel elle a pu lire : "C'est un hold-up, s'il vous plait remettez-moi un dollar"(2). On peut lire dans ce message laconique tout le désespoir d'un homme qui souffre dans sa chair. Il aurait pu commettre un "vrai" braquage, tenter de filer avec une belle somme d'argent mais, au contraire, il braque un dollar, juste pour se faire arrêter et emprisonner... Vérone s'est assis et a attendu l'arrivée de la police qui l'a conduit directement à la prison du Comté de Gaston. Désormais, James Verone attend sa comparution, où il plaidera évidemment coupable, et espère trois années d'incarcération. Mais, le médecin de la prison accuse Verone de manipulation (ndlr ce qui n'est pas faut !) et plaidera lors de la comparution pour la requalification du délit de braquage en vol qualifié ce qui aurait pour conséquence d'alléger la peine de prison à quelques mois. Pas suffisamment que pour attendre, à l'abri, la mise en place de la Réforme des soins de santé.

Verone n'est pas fier de son acte, il le confesse dans une interview donnée depuis le parloir de la prison de Gaston à WCNC(3) mais concède aussi qu'il n'avait pas d'autre choix possible et qu'il ne conseille à personne de suivre son exemple. Reste à voir si ce plan dont il n'est pas fier portera ses fruits ou si, au contraire, il ne sera qu'une emplâtre sur la jambe de bois de ses malheurs...

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(1) Le fossé entre riches et pauvres s'agrandit aux USA, on 7sur7.be, 24 décembre 2010
(2) James Verone robs bank for jail health care, on huffingtonpost.com, 21 juin 2011
(3) Man seeking health care robs a bank for $1, on wcnc.com, 21 juin 2011

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 13:56

Après avoir été encensé par les médias, le régime Dukan est maintenant pointé du doigt...

Dukon.jpgDans l'excellente émission de La Cinq, Médias, Le Magazine, ce midi, le Dr Marina Carrère d'Encausse, médecin et animatrice d'une émission santé, constatait amèrement qu'un magazine féminin qui, au mois de mai, ne fait pas sa une sur l'un ou l'autre régime ne vend pas ! A l'approche de l'été, la presse féminine - la presse masculine de plus en plus aussi d'ailleurs ! - est obligée commercialement de s'adresser à ses lectrices en pointant les quelques kilos qu'elles ont à perdre avant d'enfiler leur maillot de bain. Depuis deux ans, la méthode de Pierre Dukan est encensée par les médias, avant l'été 2010, ne pas en parler aurait même été considéré comme une faute professionnelle précisait une journaliste française toujours dans l'émission Médias, Le magazine, qui consacrait un sujet au Régime Dukan, à nouveau sous les feux de l'actualité suite à un procès en justice qui oppose son créateur à un autre nutritionniste français. Voici donc trois ou quatre semestres qu'il est de bon ton d'encenser le Régime Dukan d'autant plus que quelques peoples ont testé la méthode et on perdu du poids. Mais voila, désormais, suite à la réaction de plusieurs médecins qui mettent en avant l'approche déséquilibrée de ce régime, les médias se rendent compte que ce régime n'est peut-être pas aussi efficace qu'ils ne l'ont cru... Le Régime Dukan est une méthode de diète protal, c'est à dire axée sur les protéines et l'alternance. Il s'agit de favoriser les protéines par rapport aux glucides et aux lipides. Evidemment, lorsque l'on élimine les lipides (les graisses) de son alimentation, on perd du poids à court terme, à fortiori lorsque le régime est largement hypocalorique. Comme tous les régimes commerciaux et best-sellers, cette méthode repose sur un argument marketing qui consiste à dire au client qu'il va perdre du poids rapidement.  Mais en termes nutritionnels, l'on est en droit de se demander si une diète aussi déséquilibrée est raisonnable ? En fait, poser la question s'est y répondre ! Amputer son alimentation des lipides et des glucides est risqué. Pas besoin d'être médecin pour savoir que ce sont les lipides qui apportent les élements nutritifs essentiels au bon fonctionnement du corps, qu'ils fournissent l'énergie au corps. Quant aux glucides, ou hydrates de carbone, ils permettent de stocker de l'énergie à long terme. En fait, le corps humain est essentiellement composé de protéines, de glucides et de lipides... se priver de deux des ces trois éléments est aussi stupide que risqué à mon sens !

Il ne m'appartient pas de condamner le Régime Dukan, chacun est libre, finalement, de faire ce qu'il veut, de le suivre, d'en privilégier un autre ou de conserver ses quelques kilos en trop (ndlr tant que l'obésité n'est pas morbide, mais pour cela c'est un vrai suivi médical qui s'impose et non pas une méthode quelle qu'elle soit à suivre chez soi), mais il convient aussi de rappeler que cette méthode, comme toutes les autres, ne fonctionne pas pour tout le monde. Il suffit de surfer sur différents forums pour se rendre compte qu'il se trouve, par dizaines, des personnes qui disent que le Régime Dukan n'a pas fonctionné sur eux... A l'image de tous les régimes, de toutes façons, celui de Pierre Dukan ne peut pas garantir la durabilité de la perte de poids. Le fameux effet yo-yo est souvent au bout du compte ! L'effet yo-yo, c'était justement le thème de la Journée Européenne de l'Obésité qui a eu lieu récemment. L'ennemi majeur de l'obésité est ce fameux effet yo-yo car ces pertes de poids combinées à des reprises de poids à l'arrêt du régime entrainent très souvent une reprise de poids supérieure à la perte... Cet effet yo-yo devient vite une spirale infernale au gré des divers régime que l'on suit et débouche sur une prise de poids souvent importante au final !

Je discutais à bâtons rompus, voici quelques jours, avec un cardiologue de mes connaissances qui me disait que toute forme d'hyperprotéination - comme le Régime Dukan par exemple mais aussi les compléments dits diététiques utilisés dans les salles de musculation - est dangereuse car elle entraine une fatigue rénale et hépatique. Les protéines travaillent fortement sur les reins et le foie. Les régimes hyperprotéinés sont donc un risque réel d'insuffisance rénale qui, ont le sait, peut déboucher sur des problèmes cardiaques. Les régimes hyperprotéinés sont donc totalement à bannir pour les personnes qui présentent des problèmes rénaux, hépatiques ou cardiaques ! Les diabétiques et les femmes enceintes sont aussi exclus de ce type de diète totalement déséquilibrée... Par ailleurs, et ce n'est pas la moindre des abbérations de la méthode Dukan, en privilégiant les protéines aux autres nutriments, il n'y a pas d'éducation à une meilleure hygiène alimentaire, on n'efface pas les mauvaises habitudes alimentaires et le déséquilibre alimentaire... cela contribue aussi à l'effet yo-yo tant redouté des diététiciens.

Il y a quelques mois, les médias ont, je pense, commis une erreur en faisant la promotion du Régime Dukan qui n'est pas meilleur ou plus efficace qu'un autre. Aujourd'hui, il est temps pour eux de racheter cette erreur en rappellant au grand public le danger potentiel de tous les régimes commerciaux, quels qu'ils soient. Une perte de poids durable doit se faire dans un cadre médical, être encadrée par un diététicien avec un suivi hebdomadaire ou bimensuel, dans certains cas, il convient même de suivre un régime par le biais d'une clinique de la nutrition. Et s'il s'agit de perdre un ou deux kilos esthétiques plutôt que sanitaires, et bien il suffit de manger un peu moins... manger de tout, se faire plaisir mais manger moins, tout simplement !

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 15:34

Ou le syndrome «pas dans mon jardin»…

 

nimby.jpgPour prospérer, une société (ndlr entendez par l’organisation humaine dans sons sens général et non pas particulièrement l’entreprise bien que le propos puisse aussi s’y étendre) doit s’agrandir, faire face à la situation économique, créer des emplois tout en protégeant l’aspect social,… bref évoluer ! Nous sommes – ou nous devrions l’être – tous conscients que cela passe par un développement économique important. Ce développement engendre aussi un surplus de consommation et donc de déchets… Mais où veut-il en venir, en entends-je certains s’interroger. Simplement au fait que nous savons pertinemment bien, même si certains préfèrent se voiler la face et pensent que l’on pourrait faire sans, que nous avons besoin d’aéroports, de ports, de zoning industriels et/ou commerciaux, d’une gare TGV, d’usines, d’antennes GSM, de centres de traitement des déchets, et cetera… à condition, bien entendu, que tout cela ne se fasse pas sous nos fenêtres ! On appelle cela l’effet Nimby…

Qu’est ce que le syndrome Nimby ? Il s’agit, selon la Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement de Wallonie(1), de «l’opposition de populations riveraines à l’implantation ou l’extension d’une nouvelle installation». Nimby est l’acronyme de Not In My BackYard, que l’on traduit par pas dans mon jardin. Le phénomène est né dans les années 60(2), aux Etats-Unis, de l’opposition de certains groupes défendant le poids du droit individuel et de certaines collectivités locales face à l’état. Depuis, l’effet Nimby s’est étendu à tous les pays industrialisés et peut se résumer ainsi : construisez votre activité de développement, oui mais pas devant chez moi ! Le problème est que quoi que l’on entreprenne, cela se passe toujours sous les fenêtres de quelqu’un…

Le réflexe est humain, on entend protéger son cadre de vie, sa qualité d’existence alors, on se bat pour renvoyer le projet vers d’autres lieux où d’autres personnes crieront «pas dans mon jardin !» et se battront pour renvoyer le projet vers d’autres lieux ou d’autres personnes… c’est un cercle vicieux ! Et pourtant, l’usine il faut bien la construire et l’aéroport il faut bien l’étendre si l’on veut perpétuer le développement économique d’une région et éviter ainsi qu’elle périclite. Liège est un exemple assez parlant à ce propos ; à quelques kilomètres des Pays-Bas et de l’Allemagne, à trois heures de Paris, dotée d’un réseau autoroutier important, d’un aéroport régional qui tourne correctement, d’une gare TGV flambant neuve, possédant un des premiers ports fluviaux d’Europe, reliée à la mer du nord par le biais du canal Albert, … Tout semble donc aller pour le mieux et cela irait ainsi si ce n’était l’effet Nimby qui pèse sur toutes ses activités.

Non à l’extension de l’aéroport ont hurlé en cœur les riverains de Bierset - sauf mon copain Marc qui est bien trop heureux d’avoir enfin, grâce à cette extension, trouver un emploi dans une société de fret aérien installée sur place - ; non à l’extension du port autonome scandent d’autres ; non au tracé du TGV tel quel ajoute la population qui borde la voie ; non à la plateforme multimodale (Trilogiport) de Hermalle-sous-Argenteau scandent les riverains… Et finalement non à la Belgique décideront les entreprises qui auraient pu s’installer sur notre territoire, lassées par tant de discordes elles iront à Francfort ou à Eindhoven, derrière nos frontières mais à quelques encablures finalement des infrastructures liégeoises citées plus haut. Et nos amis allemands et hollandais pourront, eux, se frotter les mains d’avoir accueilli ces entreprises et créé de l’emploi !

Mais n’est-il pas logique de se dire que si l‘on s’installe à proximité d’un aéroport celui-ci finira, un jour ou l’autre, par développer ses activités ; que si l’on bâtit sa maison au bord d’un canal, et qu’à fortiori celui-ci a été porté au gabarit européen il finira bien par accueillir des activités industrielles et/ou commerciales ; que si l’on succombe à la folie smartphonique ambiante qui nous permet d’être connectés et joignables partout il faut plus de relais pour assurer une couverture convenable ; que si on achète un lopin de terre bordé par une voie ferrée, celle-ci connaîtra tôt ou tard, un développement de son utilisation, que si l’on veut faire baisser notre empreinte écologique il faille construire de éoliennes, et cetera. Lorsque j’habitais à Cheratte, un village qui avait accueilli plusieurs vagues d’immigrations, j’ai entendu un jour un type dire, le plus sérieusement du monde, à un autre : «si on n’aime pas trop les arabes, on ne s’installe pas dans un village où il y a une concentration de ces immigrés !»… Si, je vous assure, je l’ai entendue prononcée telle quelle. Mais ce qui m’amuse, c’est que l’auteur de cette pensée profonde, riverain de l’aéroport de Bierset, se plaignait aussi parce qu’il est gêné par les avions qui atterrissent et décollent… J’ai, à mon tour, envie de lui dire : «quand on n’aime pas trop les avions, on ne s’installe pas à proximité d’un aéroport !»…

 

Nimby est donc une forme de résistance au changement et à l’évolution économique utile à toute société. Il s’agit quelque part d’une forme de repli sur soi, sur son confort matériel et sa tranquillité au détriment du besoin ou de l’intérêt collectif. Mais à trop être NIMBY on tombe dans le BANANA (Build Absolutely Nothing Anywhere Near Anything ou Ne construisez rien nulle part près de quoi que ce soit) et la société, le groupe humain, part à vau-l’eau…


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(1) http://environnement.wallonie.be/

(2) par contre l’appellation Nimby a été utilisée pour la première fois en 1980

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 10:44

Le CSA interdit de citer nomminativement les réseaux sociaux à la télévision...

cas.jpgDésormais, les réseaux sociaux font partie intégrante de notre vie quotidienne, on s'en sert aussi automatiquement que lorsque l'on ouvrait le bottin pour trouver un numéro de téléphone, que l'on prend de l'eau dans son frigidaire, que l'on attend le 37 sous l'abribus, que l'on utilise un escalator dans une galerie commerciale ou que l'on allume son PC... Pour beaucoup d'entre-nous, utiliser un réseau social chaque jour est un geste aussi banal que de lire Le Soir, Le Monde ou Libération ! Bref, Twitter, Viadeo, LinkedIn, Facebook et tous les autres sont des choses aussi ordinaires qu'une tasse, un fauteuil ou une voiture, on les utilise "normalement", "naturellement", sans même plus y prêter une attention exacerbée. Les médias ont inclus les réseaux sociaux à leur façon de fonctionner, ils informent par le biais de ces réseaux et n'hésitent pas à renvoyer leurs lecteurs ou leurs auditeurs vers des pages Facebook et Twitter. Cela dérange le Conseil Supérieur de l'Audivisuel français (CSA) car ces réseaux sociaux sont aussi des marques; dès lors les citer équivaut à leur faire de la publicité ce qui va à l'encontre du décret du 27 mars 1982 interdisant la publicité clandestine dans les médias. Pour le CSA, évoquer Twitter ou Facebook revient donc à leur faire de la publicité ! Certes, mais alors le CSA ne devrait-il pas aussi monter au créneau lorsque les journalistes, les animateurs ou les intervenants évoquent dans une émission ou un reportage les contrôles alcootests réalisés à gauche ou à droite, des tirs de Kalaschnivov dans un village tchétchène, les bateaux-mouches qui sillonnent la Seine avec le retour des beaux jours, le vandalisme sur les abribus dans les banlieues sensibles, la nouvelle installation dolby d'un cinéma de quartier, l'impact des textos sur la qualité de l'orthographe des adolescents ou les nouveaux scyalitiques au LED d'un hôpital... tous ces mots en italliques qui sont autant de marques et qui ont été évoqués récemment à la télévision, dans des émissions ou des journaux télévisés français que j'ai vu ! Des marques qui sont passées dans le langage courant diront certains... Certes mais aujourd'hui, Facebook, Twitter ou Linkedin sont aussi des marques passées dans le langage courant du plus grand nombre, il n'y a pas plus de raisons, je pense, de les fustiger que de s'indigner parce que l'on évoque un taser, un restoroute ou une mobylette !

Une fois encore le CSA français se trompe de combat montrant par là-même qu'il est un organe inutile dans son rôle actuel. Plutôt que de meugler sottement sur l'emploi de certains termes commerciaux à la télévision, il ferait bien de revoir le contenu vulgaire et médiocre de certaines émissions diffusées lors des heures de grande écoute. Que le CSA laisse passer des émissions comme Secret Story, Qui veut épouser mon fils ?, L'amour est aveugle ou Les anges de la télé réalité, pour n'en citer que quelques-unes, est nettement plus heurtant. Ces émissions suintent de vulgarité et participent à l'abrutissement des masses; en les laissant passer à l'antenne, le CSA manque au moins à l'une de ses missions fondamentales à savoir la protection du jeune public dont ces émissions nauséabondes polluent les cerveaux... Désormais donc, à la télévision, les journalistes et les animateurs vont devoir faire preuve d'imagination pour renvoyer les téléspectateurs vers Facebook ou Twitter sans les nommer. Par contre, ils pourront toujours continuer à évoquer un article paru dans Libération, dans Le Monde voire une source en provenance de Wikipedia, et pourtant, Libération ou Le monde ne sont pas moins des marques commerciales que Twitter ou Facebook ! Et dans son 13h00, Pernaut pourra encore et toujours parler de la fabrication des Opinels en Savoie ou de l'opportunité d'installer des sanisettes à Morzy-les-Roubignolles sur Lot... Vraiment, le CSA est à la masse !

NDLR : en Belgique, le CSA ne prohibe pas ce genre de comportement; les allusions aux réseaux sociaux (et autres autres marques passées dans la langage courant) ne sont donc pas interdite et ne le seront pas, dixit Marc Janssen, le Président du CSA belge , sur les ondes de la RTBF.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 10:22

4% des étudiants berlinois ont tarifé leurs charmes pour financer leurs études... En Europe beaucoup d'autres y pensent sérieusement !

ooo.jpgLa prostitution des étudiants n'est pas un phénomène rare ou isolé, elle existe dans plusieurs pays d'Europe, en Angleterre ce seraient même quelque dix pourcents(1) des étudiants qui y auraient eu recours... Alors que certains financent leurs études en travaillant dans des cafés, des restaurants ou dans des grandes surfaces, d'autres se font escort girls ou vendent leurs corps dans la rue et via internet. Ce phénomène touchent une grande majorité de filles mais concerne aussi les garçons. Entre le coût des études (syllabus, photocopies, droits d'entrées,...), le loyer d'un kot ou d'un studio, la nourriture et l'argent de poche pour les loisirs, la vie d'étudiant devient de plus en plus chère. Pour y faire face, un nombre croissant d'entre-eux franchissent le pas du sexe tarifé. Il n'y a pas de chiffres officiels, en France, sur la prostitution étudiante mais selon le syndicat SUD-Etudiants, il y aurait environ 40.000 étudiants français qui se prostitueraient(2), cela équivaudrait à une proportion d'un étudiant sur 57, soit 1,75%. Cependant, selon une étude menée par le Centre d'Etudes de Berlin, à Paris ce sont 29% des étudiants qui seraient prêts à recourir au sexe tarifé pour financer leurs études... Toujours selon cette étude, à Berlin, le chiffre serait même de 33%. On est dans l'hypothétique là, mais l'enquête montre aussi que 4% des étudiants berlinois ont d'ores et déja franchi le pas !

L'Observatoire de la Vie Etudiante (OVE) confirme la paupérisation des étudiants français; 45.000 vivent dans une situation de grande pauvreté, 225.000 peinent à financer leurs cours(2). L'argent est le moteur essentiel du chemin vers la prostitution. Dans son livre "Mes chères études..."(3), Laura D. explique que cela peut ramener jusqu'à 300 euros par heure de "travail"... Cela constitute, effectivement, une force motrice puissante pour un(e) étudiant(e) dans la dèche. Par ailleurs, internet a dopé la prostitution, en général, et facilite la recherche de clients pour des étudiants qui n'ont pas forcément besoin de tapiner. Cela constitue aussi une garantie d'anonymat par rapport aux condisciples.

Le sexe est devenu, de façon générale, une façon de financer des études car, par delà la prostitution, il se développe d'autres activités lucratives. Ainsi, remarque-t-on de plus en plus d'étudiants qui se laissent tenter par les photos de charmes, par le strip-tease, les spectacles chauds par webcam interposée ou encore par la vente, vie la net, de sous-vêtements portés... Et le créneau semble porteur car s'il y a une offre c'est parce qu'il y a une demande ! Encore que dans ce cas précis, ce soit plutôt l'offre qui ait créé la demande... Evidemment, les arnaques n'ont pas tardé à fleurir sur le net avec la mise en place de faux-sites d'étudiantes où l'on trouve des femmes qui se font passer pour des étudiantes afin de séduire la clientèle masculine. Plusieurs réseaux de prostitution professionnelle ont déja été ainsi démantelés par la Brigade de Répression du Proxénétisme...

Eva Clouet, qui avait axé sa thèse universitaire sur la prostitution estudiantine, explique dans un excellent ouvrage adapté de sa thèse(4) que, comme dans le cas de la prostitution classique, les étudiants qui ont suivi un parcours de rupture familiale restent davantage enclin à se tourner vers le sexe pour payer leurs études. Elle constate aussi que la majorité des étudiants vivent cette situation plutôt positivement, voire même être épanouis, mais que cela ne constitue pas une garantie de sécurité pour l'avenir... En clair, certain(e)s étudiant(e)s risque fort de rester dans le commerce du sexe au terme de leurs études si les revenus que cela génère est lucratif.

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(1) Student Prostitution, par Fritzie Franchette Ramos & Maricar Gay Savella, 2001.
(2) La prostitution gagne les bancs de la fac, on lefigaro.fr, 29 octobre 2006
(3) Mes chères études. Etudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée, par Laura D., Ed. Max Milo, 2008
(4) La prostitution étudiante à l'heure des nouvelles technologies de la communication, par Eva Clouet, Ed. Max Milo, 2008

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 14:49

Un club de foot néerlandais signe un contrat avec un joueur de… 18 mois !

 

foot01.jpgLe football ne cessera jamais de me surprendre, chaque fois que je pense qu’il ne pourra pas tomber plus bas, il y parvient. Racisme sur le terrain et dans les stades, violence et sommes indécentes sont devenus les piliers d’un sport qui n’a plus rien de populaire. Je lisais, voici quelques temps déjà, sur le forum du quotidien La Meuseun type qui envisageait une définition du football moderne en disant que c’est un jeu où 22 millionnaires se donnent en spectacle pour le plaisir de milliers d’assistés. L’image est, peut-être, un peu exagérée mais elle est loin d’être fausse. A l’heure où la crise financière frappe de plein fouet le pouvoir d’achat, les footeux, eux, amassent de plus en plus d’argent. Ainsi, en France le salaire mensuel moyen d’un joueur de Ligue 1 a fait un bon de 16% en une année(1). Un peu partout en Europe, le salaire moyen des joueurs de foot relève de l’indécence par rapport au salaire moyen :
- En France : 47.700€(1) soit à peu près 30 fois le salaire moyen d’un travailleur ;
- En Belgique, bien que l’on soit plutôt frileux à donner ce genre de chiffre il semblerait que ce soit de l’ordre de 12.500€, soit huit fois plus qu’un salaire moyen de travailleur ;
- De l’autre coté de la Manche, en Premier League, le salaire mensuel moyen est de 130.000€(2) c’est à dire 85 fois celui d’un travailleur…

C’est pareil dans tous les championnats, inutiles de les passer en revue dans l’espoir d’en trouver un où le salaire moyen serait décent. Et encore, nous parlons bien de salaire moyen, c’est à dire que les vedettes gagnent encore bien plus ! Messi, du FC Barcelone, perçoit un salaire annuel de 33 millions d’euros(3), soit 2.750.000 euros par mois, c’est à dire qu’il gagne à peu près 1833 fois plus que le pauvre type qui va scander son nom chaque dimanche au Nou Camp… Ce n’est même plus indécent, c’est immonde ! Les contrats dans le milieu du foot sont impudents, je ne peux appréhender l’idée de payer un, cinq, dix, quinze, vingt ou cent millions d’euros pour acheter un homme pas plus que d’offrir à cet homme un salaire qui soit 500 supérieur à la norme. Personne ne vaut ce prix là, personne ne mérite ce salaire là. Alors on me dit que les footeux entrent dans un système, qu’ils génèrent et rapportent bien plus d’argents qu’ils n’en coûtent, qu’ils font tourner des entreprises rentables… Le Real Madrid (327 millions d’euros de dettes), le FC Barcelone (442 millions d’euros de dettes) ou Manchester United (826 millions d’euros de dettes) sont-elles des entreprises rentables ? Dans n’importe quel autre secteur économique, une entreprise qui présenterait un passif de 327 millions de dettes devrait déposer le bilan et mettre la clé sous le paillasson !

 

Le football peut-il aller plus loin dans la bêtise ?

 

Je réponds oui sans hésiter à cette question ! Et j’étaye mon affirmation par quatre exemples concrets :

 

foot02.jpgExemple 1 - Connaissez-vous Greg Akcelrod ? Un nom qui claque pour un joueur français qui a transité par le Paris Saint-Germain avant d’aboutir à River Plate, en première division argentine. Fin de saison 2008-2009, Akcelrod aurait du bénéficier d’un transfert juteux vers le Sultanat de Brunei mais pour des raisons administratives, le transfert a capoté et il s’est retrouvé sans club. Alors, il a postulé au club du CSKA Sofia, un club de première division bulgare encore champion national en 2005 et 2008, habitué des premiers tours de la Ligue des Champions et où ont joué, par le passé des gars comme Hristo Stoichkov, Krasimir Balakov, Yordan Letchkov ou Dimitar Penev, tous des joueurs reconnus et plusieurs fois internationaux. Akcelrod a envoyé son CV et la copie d’un reportage télévisé lui consacré et cela a marché, le club bulgare, à la recherche d’un attaquant, l’a embauché. Il a rejoint, fin juin 2009, l’équipe fanion et a débuté les entrainements avec le CSKA pour la nouvelle saison. Belle histoire pour ce footballeur talentueux qui a failli se retrouver sans club… Mais voila, Greg Akcelrod n’est pas un footballeur professionnel ! C’est un gars qui s’est inventé un passé, l’a gonflé au maximum, l’a appuyé avec un reportage bidouillé même pas bien fait et un faux site internet. Et les dirigeants du CSKA Sofia n’y ont vu que du feu, ils l’ont embauché sans même le connaitre ou se renseigner. Il aura fallu la vigilance d’un supporter, qui a cherché sur le net des infos relatives à la carrière du nouvel attaquant de son club favori – infos qu’il n’a pas trouvé forcément - pour mettre à jour la supercherie. Cela témoigne à souhait de l’incompétence de certains dirigeants du foot actuel. Il ne faut pas faire une généralité, je sais, mais les lois du marché footballistiques veulent désormais que les clubs soient prêts à n’importe quoi pour acquérir un joueur à n’importe quelles conditions, y compris apparemment si ce joueur n’en n’est pas un !

 

foot03-copie-1.jpgExemple 2 - Le 21 juillet 2006, France Football annonçait que l’AS Saint-Etienne, club de première division, était sur la piste de Borisio Ferrara, un milieu de terrain italien, qui pourrait venir renforcer la ligne médiane des Verts. Un problème de taille se posait pourtant dans les tractations stéphanoises pour acquérir le joueur : Borisio Ferrara n’existe pas ! Il n’a jamais existé ailleurs que dans l’imagination de deux jeunes gens qui avaient eu envie de s’amuser un peu… Tout commença suite à une discussion entre ces deux jeunes gens qui décidèrent de fêter la victoire de la Squadra Azzura à la Coupe du Monde 2006 d'une manière assez originale : inventer un joueur de toute pièce et lancer la rumeur de son arrivée à l'ASSE sur l'un des forums consacrés au football parmi les plus fréquentés. En quelques minutes, les deux compères imaginent un joueur : Borisio Ferrara, un milieu défensif qui ne lâche rien, ayant comme modèle Lucarelli et donc perpétuant le geste politique de ce dernier, à savoir porter un tee-shirt du Che sous son maillot. Mais cette plaisanterie va prendre des proportions insoupçonnées. Sur le forum en question, l’information est assez vite remise en questions par les internautes car aucune preuve tangible de cet éventuel transfert n’existe ! Alors, sans doute pris au jeu, les deux plaisantins sollicitent une aide extérieure pour crédibiliser leur info. Avec cette aide, ils rédigent un article, le traduisent en italien et le postent sur le forum en tant qu’émanation de la très sérieuse Gazetta dello Sport. Cet appui créé de toute pièce apporte la crédibilité qu’ils souhaitaient à leur fausse info. Et voilà nos deux trublions bien heureux d’avoir eu les membres d’un forum… Pour eux, l’histoire s’arrête là, sur cette «victoire» ! Mais, quelle n’est pas leur surprise de voir, alors qu’ils surfent sur un autre forum du net, l’info suivante : «L'ASSE s'intéresserait au milieu de terrain italien de Livourne, Borisio Ferrara. Agé de 20 ans, il correspondrait d'autant plus aux besoins des Verts que Loic Perrin s'est blessé»… Ils retrouvent encore l’info sur un troisième forum et s’extasient sur le fait que leur canular fasse boule de neige. Mais où le bât blesse c’est qu’ils peuvent lire que sur ce forum que l’information émane de France Football, un journal qui se présente comme la Bible du football. Alors, ils achètent l’édition du jour et tombe sur l’article repris en illustration et qui stipule bel et bien que l’AS Saint-Etienne pourrait enrôler le fameux Borisio Ferrara… «Totalement hallucinant, France Foot, qui décerne chaque année le Ballon d’Or et qui est acheté par des millions de personnes, diffusent une info sur un joueur qui n’existe même pas» commente l’un des deux jeunes sur son site

 

foot04.jpgExemple 3 - En octobre 2006, le club espagnol de l’Atletico Madrid proposait un contrat à un joueur qui devait naître en février de l’année suivante… Le joueur en question était le fils de Sergio Kun Aguero et de la fille cadette de Maradona. Dès lors, le postulat imaginé par les dirigeants de l’Atletico Madrid était qu’un gamin qui sera le fils d’Aguero et le petit-fils de Maradona ne pourra être qu’un footballeur exceptionnel… autant le faire signer un contrat rapidement, et si possible, avant qu’il naisse pour être sûr de ne pas se le faire piquer par un autre club. Le talent n’est pas héréditaire ! Diego Jr, le fils de Maradona n’a jamais contredit cette affirmation, lui qui végéta dans un petit club italien qui évolue au niveau d’une sixième division avant d’échouer à River Plate et de se rabattre sur le beach soccer. Mais si le talent n’est pas héréditaire, l’envie l’est encore moins. Le fils de Kun Aguero, avant de naître, était d’ores et déjà contraint de jouer au football avant d’avoir poussé son premier cri. Je pense que finalement ce contrat ne fut jamais signé… heureusement !

 

foot05.jpgExemple 4 - Le dernier exemple est d’actualité, il est même à l’origine de la rédaction de cet article. Depuis quelques temps circule sur You Tube la vidéo d’un bambin de 18 mois qui jongle avec un ballon de façon plutôt exceptionnelle et qui fait preuve d’une précision hors du commun avec son petit ballon. Ce qui n’est qu’un buzz de plus parmi tant d’autres vient de dégénérer dans le pire des scénarios possibles : un club de foot vient de lui faire signer un contrat d’une durée de 10 ans ! Le Venlo VV, un club de la première division hollandaise, a effectivement fait signer un contrat à ce gamin de 18 mois qui est à peine capable de marcher. Pour le club, c’est un pari sur l’avenir… un pari plus qu’aléatoire ! De nouveau, ce gamin aura-t-il envie de jouer au foot plus tard ou sera-t-il obligé de jouer au foot parce que ses parents ont signé ce contrat dans un esprit davantage mercantile que dans l’intérêt du gamin ?

 

A travers ces quatre exemples, il est permit d’affirmer aujourd’hui que si le monde est fou, le foot devient con ! Le football est devenu un business écœurant, sans autre intérêt que de divertir les masses. Ce spectacle s’apparente à celui des gladiateurs de la Rome Antique. A l’origine, les combats de gladiateurs reposaient sur une vocation religieuse et sacrée mais ont évolué, au fil du temps, vers une simple activité de délassement pour les masses. Panem, vinum, circenses ! Si la foule a du pain, du vin et des jeux, elle se tient tranquille…

 

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(1) Les salaires de joueurs en hausse sur Sport 24, le 5 septembre 2008
(2) Premier league : les Dieux s’habillent en Prada, par Arnaud Brely, Le Petit Journal, 7 avril 2008

(3) Finance salaire : classement des footballeurs les mieux payés en 2010, on pubfoot.com, 23 mars 2010

 

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