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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 10:34

Fin octobre 1929, le krach boursier de New York.

wallstreet_1014938c.jpgLes années '20 marquent une forte expansion économique aux Etats-Unis. Sur cette décennie, la production industrielle nationale connait une croissance de 50%. Evidemment, les bourses américaines suivent une courbe d'évolution assez similaire; on note, pour la bourse de New York, une hausse annuelle de 18% entre 1921 et 1929. En 1926, Wall Street met en place un nouveau système d'achat à crédit d'actions boursières, les investisseurs peuvent ainsi acheter des titres et des valeurs avec une couverture de seulement 10%. C'est à dire que pour un achat de mille dollars d'actions, ils ne déposent réellement que cent dollars. Rapidement se crée une bulle spéculative autour de ce système d'achats à crédit; beaucoup d'Américains se ruent sur les titres boursiers. Cette ruée entraine une augmentation des cours boursiers mais les actions augmentent beaucoup plus vite que le profit des entreprises qui les génèrent. La production industrielle, pourtant en croissance, grimpe moins vite que les actions quant aux salaires, ils ne suivent pas la courbe ascendante. L'achat d'action à crédit semble, pour beaucoup, un moyen intéressant de compenser la non-indexation salariale... L'idée majeure est de revendre rapidement ces actions avec une forte plus-value (ndlr on imagine pas le contraire dans cette période économiquement forte). A l'aube de l'année 1928, pressentant un fort ralentissement de l'économie, le financier Charles Merrill recommande que cessent les achats d'actions à crédit. Cette recommandation concernent les particuliers qui s'endettent pour spéculer mais aussi les entreprises qui distillent les capitaux davantage vers la bourse plutôt que vers l'économie réelle, avec un risque sérieux d'asphyxie. La bourse de New York plafonne à 120% et l'indice Dow Jones culmine, début septembre, à 381.17 points son plus haut niveau alors jamais atteint (ndlr il était à peine à 300 points en janvier 1929). Le décor est planté pour le krach !

Sensibilisés à un éventuel ralentissement économique par Merrill, les possesseurs d'actions à crédit entament une vente massive entre le 18 et le 23 octobre. Au début, il se trouve des acheteurs et les premiers à vendre peuvent engendrer des bénéfices mais rapidement devant l'offre pléthorique d'actions à la vente, les cours baissent. Le jeudi 24 octobre 1929, en matinée il n'y a presque pas d'acheteurs malgré que les les cours soient très bas. Alors, les cours s'effondrent ! L'indice Dow Jones dégringole, avant midi il a perdu 22% de sa valeur de la veille. Les actionnaires effrayés tentent d'entrer massivement dans la bourse mais les forces de police qui avaient été placées là par mesure de sécurité les empêchent d'entrer. Cela tourne à l'émeute et les rumeurs sur le suicide de plusieurs traders commencent à circuler. Le mouvement s'amplifie à travers les Etats-Unis; les bourses de Chicago et de Buffalo ferment les premières, New York suit... Les banquiers New Yorkais, réunis en urgence à la banque Morgan, tentent de minimiser l'ampleur des dégats et affirmant que les cotations en chute ne représentent pas la situation réelle. Ils annoncent aussi que les banques vont soutenir les cours boursier. En effet, plusieurs banques achètent massivement des parts sur le marché de l'acier ce qui relance les cours. En fin de journée, Wall Street clôture sur une perte limitée à deux pourcents. Le vendredi 25 octobre et le samedi 26 octobre, le marché est stable, le plus dur est passé se dit-on. Mais les très nombreux actionnaires qui ont emprunté de l'argent pour spéculer se disent qu'ils doivent se débarasser au plus vite de leurs titres et parts divers pour éviter la faillite personnelle. Le lundi 28 octobre 1929, dès l'ouverture de la bourse c'est un déchainement de ventes. Sur cette journée, qui prendra le nom de Black Monday (Lundi Noir), ce sont 9.250.000 de titres qui circulent sur le marché américain. L'offre est importante, la demande est faible... les cours, selon les lois du marché, partent à la baisse. Le Dow Jones chute à nouveau sous la barre de 261 points. En moins de deux mois, il a perdu 31,5% de sa valeur passant de 381.17 points à 260.64 points. Les titres de société ayant pignon sur rue comme General Electric, Eastman Kodak, Westinghouse, Montgomery Ward et US Steels perdent quasiment l'ensemble de leur valeur. Cette fois, les banques américaines n'interviennent pas, misant peut-être sur une autorégulation. Le lendemain - Black Tuesday - le volume de titres échangés dépasse les 16 millions. Le Dow Jones tombe à 230.07 et les bourses américaines perdent, en une seule journée, l'équivalent d'une année de gains... Ce mardi 29 octobre 1929 est considéré comme le jour le plus dévastateur de l'Histoire des bourses. La situation boursière reste tendue jusqu'à la mi-novembre; entre le 24 octobre et le 13 novembre 1929, soit sur la durée du krach, l'indice Dow Jones passe de 326.51 à 198.69 points soit une chute de 39% qui correspond à une perte financière de 30 milliards de dollars... dix fois le budget national américain de l'époque !!!

Le krach de 1929 engendre une déflation telle que les Etats-Unis n'en n'ont jamais connu. Cette déflation entraine une chute drastique de la consommation mais aussi une chute des investissements. Pas de consommation et pas d'investissements, les Etats-Unis entre dans une époque de Grande Dépression qui se prolongera jusqu'à la seconde guerre mondiale. La crise boursière est devenue bancaire, les banques font faillite les unes après les autres (773 au total entre 1930 et 1932) et les entreprises qui n'ont plus d'appui financier et qui ont vu leur avoirs bancaires disparaitre doivent aussi mettre la clé sous le paillasson laissant sans travail des millions de travailleurs dans tous le pays. Après l'effondrement du système bancaire, en 1932, le pays est exsangue et sans liquidité. L'année suivante, le pays compte un taux de chômage de 24,9%, un Américain actif sur quatre (soit 13 millions de personnes) est sans travail. On recense aussi quelque deux millions de sans-abris... Les grèves et les manifestations éclatent, elles sont souvent violentes mais le peuple à faim. Le secteur textile est à l'arrêt tandis que la grande sécheresse et les tempêtes de poussière ravagent le secteur agricole. La misère s'installe rapidement sur les Etats-Unis... Franlkin D. Roosevelt tente de relancer l'économie par son fameux New Deal, un programme d'aide et de soutien aux couches les plus défavorisées de la population. S'il y a un léger mieux, il faudra attendre l'entre des Etats-Unis dans le second conflit mondial pour relancer solidement l'économie du pays. Ce n'est que le 23 novembre 1954, soit 25 ans après le krach, que l'indice Dow Jones remonte au dessus de sa valeur d'avant le krach...

 Hitler, un effet papillon du krach de Wall Street ?

Les banques américaines ont énormément d'intérêts dans les banques et les bourses européennes. La répercution est donc inévitable. Les échanges économiques internationaux avec les USA sont en baisse et les banques européennes perdent de l'argent. C'est, en fait, le système économique mondial qui est frappé par le krach de Wall Street. La France, l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne sont les nations européenens les plus durement touchées. En Allemagne, le taux de chômage atteint aussi 25% à cause de la crise financière et la déflation laisse la population au bord du précipice. Adolf Hitler profite de la situation économique catastrophique pour se faire élire le plus naturellement du monde à la tête de l'Allemagne. Il promettait dans sa campagne électorale de venir à bout de la crise ! Le pire criminel de tous les temps serait-il arrivé au pouvoir si l'Allemagne n'avait pas connu une crise liée au krach de Wall Street ?

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 10:02

Dans la série des patrons-crétins, celui-ci incite ses employés à parier sur lequel d'entre-eux sera le prochain à être viré...

asasa.jpgL'histoire nous vient des Etats-Unis et elle est rapportée par le quotidien USA Today(1) dans son édition de lundi dernier. Il y a une différence fondamentale entre motivation des troupes et terrorisme mental que l'on fait subir à ses travailleurs. William Ernst, le patron d'une franchise de magasins d'aménagement intérieur qui compte des points de vente dans l'Iowa et l'Illinois, semble pourtant confondre les deux. Il a en effet imaginé un jeu pervers dont l'objectif était de renforcer la motivation et le comportement de ses employés en agitant le spectre du licenciement sous leur nez. La perversité de l'idée réside dans le fait qu'elle a pris la forme d'un jeu de paris ! Parce qu'il estimait que son personnel était trop indolent et négligent, Ernst a initié, en mars dernier, un jeu censé casser cette indolence et renforcer la motivation de son équipe. Par le biais d'un mémo interne, il a incité (et même fortement conseillé) ses employés à participer au jeu qui consiste à désigner par écrit l'un d'entre-eux qui pourrait être le prochain licencié pour manquement au règlement interne de travail. Chaque employé a donc du désigner son "favori" pour un éventuel licenciement. Le mémo transmis à chaque employé précisait, en outre, que des "faux-clients" se glisseraient à n'importe quel moment dans le magasin afin de vérifier que les employés respectent bien le règlement de travail, qu'ils ne donnent pas de coups de fil personnels (y compris avec leur portable) pendant les heures ouvrables, qu'ils portent bien la tenue officielle de travail, qu'ils ne draguent pas les client(e)s, qu'ils garent leur voiture en dehors du parking client, qu'ils respectent les pauses café et/ou cigarettes, qu'ils ne trainent pas avec les clients aux caisses... Ces faux-clients font, depuis mars, régulièrement des rapports au patron avec pour conséquence que l'employé qui serait pris en "flagrant-délit" de non-respect du règlement par l'un de ces Oeils-de-Moscou serait licencié. Quant à celui ou ceux qui auront parié sur le nom de la personne licénciée, ils recevront... dix dollars !

Estimant que ses employés étaient avertis, par le mémo, de ce qu'ils ne pouvaient pas faire, William Ernst a donc trouvé naturel de les faire espionner créant ainsi une ambiance de travail détestable où la paranoïa s'est installée. Jusqu'à présent, aucun employé n'a été licencié suite à ce petit jeu mais plusieurs sont au bord de la crise de nerf. Une caissière d'un magasin de l'Iowa a décidé de rendre son tablier, exténuée qu'elle était par ce stress de toujours bien faire, de rester dans le balisage et d'être surveillée à son insu en permanence par un Patron venu de l'Enfer (A Boss from Hell), comme elle surnomme William Ernst. Pour la caissière, cesser ses activités au sein de la chaine était synonyme de mieux-être, elle ne se sentait pas l'âme d'une pourfendeuse de patron mal-emboûché mais voila, William Ernst a refusé de lui verser les indemnités de départ qu'elle escomptait arguant du fait qu'elle était partie de son plein gré. Alors, la caissière a décidé d'aller en justice pour réclamer des indemnités ce qui a permis de dévoiler la situation de travail au sein de la chaine de magasins. Lors de l'audience, William Ernst et une Responsable nationale de la chaine de magasins ont argumenté en disant que ce "jeu" avait été mis en place parce que les employés ne respectaient pas le règlement malgré plusieurs remarques. Cependant, le juge de Bettendorf dans l'Iowa, a estimé que la situation était malsaine et que cette situation avait amené la caissière à démissionner. Il a donc condamné Ernst au versement des indemnités de départ qu'elle réclamait. Certes, le jeu de paris mis en place par William Ernst n'a pas été légalement remis en cause mais le jugement rendu devrait amener l'amener à mettre fin à ce système pervers sinon il risque de voir ses employés le quitter un par un en réclamant des indemnités de départ... Sans réellement le vouloir, la caissière est à l'origine d'un précédent juridique qui mettra un terme à l'espionnage des employés par son ex-patron.

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(1) Judge rips firing contest of convenience store chain's owner, par Clark Kauffmann, in USA Today, 3 octobre 2011

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 13:07

Une équipe de neurochirurgiens allemands a dressé le bilan des coups reçus par les personnages d'Astérix...

asterix.jpegVoici quelques années certains "spécialistes" s'étaient penchés sur les Aventures d'Astérix afin de déterminer s'il était, politiquement, de gauche ou de droite. Sans grand résultat, il faut le souligner... tout juste avaient-ils pu mettre en évidence que l'on retrouvait, au fil des albums, des éléments politiques de droite, comme le fait que les ennuis du héros viennent toujours des étrangers (Goths, Ibères, Normands ou Romains évidemment), et d'autres plutôt orientés à gauche, comme la solidarité entre les habitants du village ou le rejet du libéralisme (Astérix et Obélix ne chassent que pour se nourrir et jamais pour vendre le produit de leur chasse). Mais globalement, cette étude inutile n'avait rien apporté ni aux lecteurs d'Astérix ni aux autres... Aujourd'hui, ce sont d'éminents médecins allemands qui se penchent sur les pérégrinations du petit Gaulois. En effet, une équipe de neurochirurgiens de la région de Düsselorf a analysé tous les albums pour recenser chaque coup porté à un personnage, chaque hématome, chaque plaie, chaque strangulation... et les conséquences qui en résultent. De leur très sérieuse étude, qui a d'ailleurs été publiée dans le numéro de juin 2011 de la non-moins sérieuse revue Acta Neurochirugica - excellent titre ! - il ressort qu'aucun décès et aucun cas de déficit neurologique permanent n'est à déplorer parmi les 704 traumatismes crâniens ou cérébraux répertoriés. La moitié des cas est pourtant qualifiée de "sévère" mais seuls 188 parésies hypoglosses (perte partielle de l'usage des nerfs liés aux muscles de la langue) sont à noter. Les auteurs de cette études pointent aussi le fait que 70,5% des victimes de coups portaient un casque qui a pu les protéger même si très souvent ce casque tombait avec le premier coup. Ils retiennent aussi que 83% des coups donnés dans les aventures d'Astérix le sont sous l'influence d'un produit dopant, la potion magique en l'occurence... On peut donc en déduire que les personnes sous influence risquent davantage de développer des comportements violents. Fallait-il une analyse des albums d'Astérix pour le savoir ?

Voila une étude inutile pour laquelle a été dépensée du temps et de l'argent alors que parallèlement, l'Observatoire des Inégalités nous apprend que 15% de la Population allemande vit sous le seuil de la pauvreté(1) et n'a donc que très difficilement accès aux soins de santé...

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(1) La pauvreté en Europe, on inégalités.fr, 26 janvier 2010

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 11:32

Chaque semaine ce sont quelque 25 pubs qui disparaissent à cause de la chute de fréquentation...

pub.jpgLe pub est une institution en Grande Bretagne. Anglais, Ecossais et Irlandais s'y précipitent souvent après journée pour boire une pinte entre amis ou grignoter un petit repas sans prétention mais roboratif. Lieu de convivialité et de rencontre, le pub (contraction de Public House, l'appellation originelle) est une tradition séculaire. On trouve la trace des premières Maisons Publiques dès le 9è siècle et leur expansion est si rapide et si importante que le Roi Edgard sera contraint, moins d'un siècle plus tard, de décréter une limitation des pubs. Une distance minimale est ordonnée entre deux pubs de telle sorte qu'il ne puisse plus y avoir qu'un seul de ces établissement par village. A l'origine, les pubs sont des brasseries de bière de type ale, c'est à dire à haute fermentation. On fabrique ce type de bière depuis, au moins, le 10è siècle avant Jésus-Christ en terre britannique. Avec la conquète romaine, en 43 de notre ère par l'Empereur Claude, la Britannia voit son réseau routier se développer très rapidement. Les voies de communication engendrent forcément la création d'auberges qui permettaient aux voyageurs de trouver gîte et couvert. Rapidement, les aubergistes ont commencé à fabriquer leur ale et à la servir aux voyageurs de passage. Il ne faudra évidemment que très peu de temps aux villageois riverains des auberges pour découvrir les joies de l'ale. On se retrouvait dans les auberges à la tombée de la nuit pour boire et discuter, des spectacles y furent organisés... De vraies Maisons du Peuple avant l'heure ! Alors, les auberges sont devenues des Public Houses accessibles à tous.

Le pub est tellement ancré dans les mentalités britanniques qu'il fut accusé dans la seconde moitié du 19è siècle de concourir à l'augmentation de l'alcoolisme des masses populaires. Pour quelques pences, les Anglais qui émargeaient à la classe prolétaire pouvaient oublier leur misère dans une pinte. Aussi, le gouvernement décida à l'aube du 20è siècle d'imposer la fermeture des pubs à 23h00. Cette obligation légale donna naissance à une tradition, celle de la cloche. En effet, à 22h50, le barman faisait tinter une cloche pour annoncer la dernière tournée. Chacun se précipitait alors au comptoir pour commander son ultime pinte et la boire à toute vitesse avant la fermeture. La cloche s'est rapidement étendue à l'ensemble des pubs sur le sol britannique tandis que la loi sur la fermeture fut abandonnée en 2005... Mais, depuis quelques années, les campagnes de prévention contre la consommation d'alcool, amplifiées par la crise économique, ont eu pour conséquence de diminuer la fréquentation des pubs en Angleterre. Aujourd'hui, la British Beer & Pub Association (BBPA - Association pour  la Bière et le Pub Britannique) tire la sonnette d'alarme, les citoyens de sa Très Gracieuse Majesté consomment autant de bière chez eux que dans les pubs. Dans les années septante, 90% de la bière consommée en Grande-Bretagne l'étaient dans les pubs; aujourd'hui seuls 50,9% sont consommés dans les pubs. 49,1% de la bière bue sont désormais achetés en supermarché pour une consommation personnelle et à domicile... Par ailleurs, selon la BBPA(1), la fréquentation moyenne diminue aussi très fortement passant de 5,3 visites mensuelles par client à 4,3. Ajoutons encore que chaque client dépense 16% en moins à chaque visite (15,08£ au lieu de 17,88£ entre 2010 et 2009). Cela se ressent évidemment sur le chiffre d'affaires des pubs ! Chaque semaine ce sont, en moyenne, 25 pubs qui ferment au Royaume-Uni et ce chiffre ira sans cesse à la hausse. La BBPA entrevoit deux causes majeures à ce désamour des pubs :
1° les supermarchés qui proposent, de plus en plus souvent, de la bière à bon marché en guise de produit d'appel;
2° l'augmentation de la taxe sur la vente d'alcool (patente) pour les débits de boissons qui est la seconde plus élevée de l'Union Européenne (à titre de comparaison, elle est huit foisplus élevée en Grande-Bretagne qu'en France). Cette taxe élevée se répercute évidemment sur le prix de la pinte dans les pubs.

Depuis quelques années, les pubs anglais fleurissent en dehors des pays anglo-saxons; la Belgique, la France, les pays scandinaves, la Pologne, la République Tchèque ou même des pays plus orientaux comme la Turquie ou l'Inde voient leur nombre de pubs anglais partir à la hausse ces dix dernières années. Paradoxalement, l'Angleterre et l'Irlande connaissent le phénomène inverse...

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(1) Drinkers snub the pub for a cheaper pint from the supemarket, par Emily Allen, in the Daily Mail, 12 septembre 2011

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 14:34

Des attentats qui ont eu un effet sur les mentalités américaines, pas sur la face du monde.

11.09.jpgLentement, Ground Zero reprend vie, le projet extravagant d'une tour de métal et de verre haute de 540 mètres (soit 1776 pieds... 1776 comme l'année de l'Indépendance des Etats-Unis, décidément les symboles ont la vie dure outre-Atlantique) devrait être achevé pour 2014, le chantier est en cours et la fameuse tour gagne un étage par semaine, semble-t-il. Mais, dix ans plus tard, New York porte toujours les stigmates des attentats du 11 septembre. Stigmates visibles au coeur de la ville, stigmates invisibles mais profondément ancrés aux coeurs des Hommes. Les absences se font encore sentir; tous les New-Yorkais ont perdu un parent, un ami ou une connaissance dans les Twins Towers. Paradoxalement pourtant, les théories du complot sont encore vivaces, y compris à l'intérieur même des Etats-Unis où d'aucuns sont toujours persuadés que ces attentats sont un inside job, un boulot fait depuis l'intérieur, c'est à dire non attribuable à des extrémistes musulmans(1). En 2006, cinq ans après les attentats, un Américain sur trois n'était plus capable de dire en quelle années ces attentats avaient eu lieu(2)... On compte aujourd'hui quelque 60.000 habitants dans le quartier qui fut ravagé par la chute des tours, soit le double d'avant 2001. Ce quartier subit, depuis quelques années, l'un des plus fort développement de la ville... Et même le cinéma s'est emparé du 11 septembre avec, notamment, Vol 93 (Paul Greengrass, 2005) ou World Trade Center (Oliver Stone, 2006), il faut bien rentabiliser le malheur ! Il faut dire aussi que ces attentats étaient à la hauteur des "meilleurs" scénarios qu'Hollywood aurait pu imaginer. Oui, la vie a repris ses droits, elle continue, même si New York n'oublie pas.

Mais alors, globalement, qu'est ce qui a changé après ce fameux 11 Septembre ? Fondamentalement, cette triste page n'a pas modifié le grand livre des relations internationales, qu'elles soient politiques ou économique. Aucun Nouveau Monde n'est né après la chute des tours du WTC comme ce fut le cas, par exemple, après la chute du Mur de Berlin. Certes, les deux événements ne sont pas comparables sur le fond mais ils constituent deux tournants marquants de l'Histoire contemporaine. Encore qu'on ne m'ôtera pas de l'idée qu'avec la Chute du Mur de Berlin et du bloc communiste, les USA perdaient leur seul véritable ennemi et qu'il fallait en trouver un autre... Les Etats-Unis ont donc profondément été marqués, comme l'avait été le Bloc de l'Est en 1989, mais les structures du pays n'ont pas changé et l'Oncle Sam n'a pas été affaibli par rapport aux autres grandes nations mondiales. Finalement, c'est pour les citoyens américains que le changement à été le plus visible; leurs libertés individuelles ont été revues à la baisse au nom du sacro-saint principe sécuritaire qui fut cher à George Bush et d'une instrumentalisation de la peur : scanner corporels dans les aéroports, écoutes téléphoniques, surveillance des e-mails, contrôle des lectures dans les bibliothèques, Patriot Act... sans même trop évoquer les détentions arbitraires ou illégales et la légitimation de la torture dans certains cas. Plutôt paradoxal pour un pays qui érige la liberté en valeur majeure. L'ancien Président utilisa aussi le prétexte du 11 Septembre pour justifier des conflits en Irak et en Afghanistan et augmenter de façon déraisonnable les budgets militaires et du Renseignement. Les mentalités américaines ont changé, elles ont migrés vers des comportements davantage méfiants à l'égard des autres débouchant ainsi sur un autre changement notoire, celui du comportement à l'égard des musulmans. Une véritable islamophobie s'est mise en place et elle repose sur un amalgame honteux qui assimile l'Islam au fanatisme intégriste. Mais il serait erroné de croire que les Attentats du 11 Septembre ont fondamentalement changé la face du monde, ils ont concrétisé des tendances qui étaient déja bien présentes aux Etats-Unis - à savoir une envie de sécurité accrue, une islamophobie latente et une propension à la guerre bien réelle - sans altérer les relations socio-économico-politiques internationales.

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(1) source : www.reopen911.info
(2) source : Quelle année le 11 septembre ? 30% des Américains ne savent plus. AFP, 9 août 2006

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 09:02

A l'heure où l'on envoie des hommes dans l'espace et où l'on communique d'un bout à l'autre de la planète en 10 secondes, il y a encore 875 millions d'adultes analphabètes de par le monde !

analpha.jpgLe 8 septembre est, traditionnellement, la Journée Mondiale de la lutte contre l'analphabétisme. Phénomène suranné diront certains… Et bien non, il y a à l'heure actuelle quelque 875 millions d'adultes qui sont illettrés sur la terre ! Et ce chiffre ne va pas aller vers la baisse puisqu'il y a également 100 millions d'enfants qui n'ont pas accès à l'enseignement(1). L'analphabète est, selon l'UNESCO, celui qui "ne peut lire et écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec sa vie quotidienne". Et ces personnes illettrées sont proches de nous ! Il ne s'agit pas de ressortissant d'une quelconque tribu perdue au fin fond de l'Amazonie qui n'a pas accès à la civilisation et à la culture… Non, il s'agit bel et bien du voisin, du cousin, parfois même du collègue ! Plusieurs enquêtes menées dans plusieurs pays industrialisés, dont la Belgique, démontrent que 10 à 25% des adultes ne savent ni lire ni écrire. Au niveau de la Communauté française de Belgique, le chiffre est de 400.000 analphabètes(2), soit à peu près 10% de la population ! Si l'on considère - et c'est là le nombre usuellement accepté - que notre entourage proche (famille, amis, collègue, connaissances,…) est de ± 50 personnes, cela signifie que nous connaissons, tous, en moyenne cinq adultes qui ne savent pas lire et écrire

En Belgique, on a réellement pris conscience de ce phénomène au début des années '80. Mais, malgré la création de diverses associations de lutte contre l'analphabétisme, le chiffre est en évolution constante. Ainsi, en 2002, le nombre de personnes ayant fait l'effort d'apprendre à lire et à écrire auprès d'une de ces associations a augmenté de 13.000 unités par rapport à l'année précédente ! Il appert, en outre, que deux tiers des analphabètes de Belgique sont des femmes, issues pour la majorité, de l'immigration.

Quelles sont les raisons de ces chiffres alarmants ?

Dans certains pays, le taux d'analphabétisme s'explique, évidemment, par la pauvreté. Ainsi, au Bengladesh, seuls 35% de la population sont alphabétisés. Mais, dans nos contrées industrialisées, comment en est-on arrivé là ? Selon une enquête menée, en 2003, par l'asbl Lire et Ecrire, l'opérateur le plus important de la Communauté française de Belgique en terme d'alphabétisation, cela s'explique par divers facteurs (ndlr souvent combinés) :

La précarité : La plus grande part des apprenants en alphabétisation (43 %) ne disposent pas d’un revenu propre, 29 % bénéficient de l’aide d’un CPAS et 14 % sont chômeurs indemnisés. Seuls 8 % des apprenants ont un travail,

Le degré de scolarisation : 45 % des apprenants n’ont pas l’équivalent du certificat d’études de base (niveau primaire);

L'immigration : les trois quarts des apprenants sont d’origine étrangère (67 % en Région Wallonne, 87 % à Bruxelles). Les candidats réfugiés représentent 18,5 % du nombre total des apprenants, certains ayant pourtant un niveau de formation élevé dans leur langue maternelle.

J’ajoute, à titre personnel, que les phénomènes blogs et SMS contribuent à entretenir une forme certaine d’analphabétisme… Abréviations tronquées, orthographe déplorables, mots inexistants, syntaxe absente, tout ça contribue à la dés-instruction latente et donc à l’attisement de l’analphabétisme. On insistera donc jamais assez sur l'importance d'une bonne scolarisation et, surtout, d'une scolarisation accessible à tous sans distinction de revenus et de nationalité. Peut-être est-il important de rappeler que la connaissance, la pratique et la maîtrise de l’écriture et de la lecture sont des éléments de base de l’exercice de la citoyenneté et de la démocratie. Une société n’a pas atteint la plénitude de son potentiel démocratique tant qu’elle génère ou laisse subsister de l’analphabétisme !

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(1) Chiffres fournis par le journal L'Essentiel (www.journalessentiel.be)
(2) in L’Observatoire n° 20 – Illettrisme et analphabétisme

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 20:03

Le métier de journaliste n'est pas toujours aisé, on n'est pas à l'abri d'un lapsus malencontreux...

duthoo.jpgCe matin, le Négociateur Elio Di Rupo a du quitter la table des négociations suite au décès de son frère ainé. Après quelques heures d'une absence on en peut plus compréhensible, Di Rupo a repris le travail. Une information triste, certes, mais tout à fait banale qu'un journaliste de RTL-TVI a transformée en gaffe. En effet, le néanmoins très bon journaliste Benoît Duthoo qui évoquait la situation a déclaré, face caméra devant les centaines de milliers de personnes qui regardaient le JT, que "En principe de le décès d'Elio Di Rupo ne devait pas avoir d'influence sur l'agenda des négociations gouvernementales". Plutôt embêtant que d'annoncer le décès du Négociateur alors que le pays s'emmêle dans d'inextricables négociations politiques depuis 15 mois... C'est d'autant plus embêtant lorsque le Négociateur est toujours bel et bien vivant !

Voir le lapsus de Benoît Duthoo lors du JT du 7 septembre 2011 sur RTL-TVI

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 03:10

Pendant 28 ans, il a symbolisé la Guerre Froide et la séparation entre le bloc de l'Est et le bloc occidental...

mur02.jpgIl y a cinquante ans, la RDA (République Démocratique Allemande ou Allemagne de l'Est) faisait ériger ce que ses dirigeants nommait alors Mur de Protection Antifasciste et qui est rapidement devenu Mur de la Honte. Le Mur de Berlin fait partie de l'Histoire du 20è siècle, sa construction a débuté dans la nuit du 12 au 13 août 1961 par la pose de fils de fer barbelés et se terminera quelques semaines plus tard par un véritable dispositif militaire composé de deux murs haut de trois mètres cinquante jonchés de 302 miradors, d'un chemin de ronde gardé en permanence, sur toute sa longueur, soit 155 kilomètres, par 14.000 soldats et 600 chiens. Cette barrière quasiment infranchissable qui séparait physiquement la partie orientale et la partie occidentale de Berlin perdura jusqu'en novembre 1989...

Comment en est-on arrivé là ?

Après sa capitulation, en mai 1945, l'Allemagne est divisée, par les Accords de Yalta, en quatre zones d'administrations réparties entre la France, les Etats-Unis, l'Angleterre et l'URSS. Berlin, plus grande ville d'Allemagne et ancienne capitale du régime nazi, après avoir été laissée sous contrôle soviétique, est également divisée en quatre zones. C'est que les Etats-Unis se méfient de plus en plus de l'URSS... Celle-ci accepte (stratégiquement ?) de diviser Berlin en quatre zones à condition de pouvoir conserver tout le secteur est de la ville (soit 45% du territoire); le reste, soit la partie ouest, est divisé en un secteur français (nord-ouest), un secteur britannique (centre-ouest) et un secteur américain (sud-ouest). Berlin devient une zone démilitarisée, administrée par les quatre nations et totalement indépendante des deux Allemagnes, celle de l'ouest et celle de l'est. Cette répartition permet cependant à l'Union Soviétique d'encercler dans sa zone d'occupation de l'Allemagne les trois secteurs de Berlin qui ne lui appartiennent pas. En effet, aussi bizarre que cela puisse paraître, la France, l'Angleterre et les Etats-Unis ont accepté des territoires berlinois totalement enclavés dans la partie soviétique de l'Allemagne. La coopération entre les quatre nations pour le contrôle de Berlin prend fin en mars 1948, au début de la Guerre Froide, lorsque l'URSS se retire du Conseil de Contrôle des Alliés et du Commandement Interallié. A partir de ce moment, les Russes vont tenter de perturber les communications entre les pays occidentaux et leur enclave de Berlin-Ouest. Le but est, évidemment, de forcer les Alliés à abandonner Berlin. La perturbation des voies de communication, y compris fluviales et terrestres, débouchent sur un véritable blocus et engendre une première crise diplomatique grave entre les blocs est et ouest. Il faut un pont aérien orchestré par les Etats-Unis pour contourner le blocus soviétique... Pour marquer l'opposition entre ces deux blocs, sont créées officiellement en 1949, la République Fédérale d'Allemagne (RFA), dans la zone administrée par les USA, la France et le Royaume-Uni, et la République Démocratique Allemande (RDA) qui prend place dans la zone gérée par l'URSS. Plus que jamais, Berlin est devenue zone tampon entre l'Est et l'Ouest, d'ailleurs une frontière est installée, elle sépare officiellement la RFA et la RDA mais, plus symboliquement, elle est marque surtout la séparation entre les pays occidentaux et les pays de l'Est; entre le capitalisme et le communisme.

Malgré sa neutralité qui a été fixée à la fin du conflit mondial, Berlin est faite capitale de la RDA par les dirigeants communistes. En novembre 1958, Nikita Khrouchtchev, alors n° 1 du communisme, tente de revoir le statut de Berlin mais sa proposition est rejetée par les trois autres nations qui y voient un rapprochement clair entre Berlin et la RDA, c'est à dire le bloc de l'est... Et pourtant, depuis une dizaine d'années, la RDA voit ses ressortissants fuir le pays et passer à l'ouest par Berlin. Malgré l'instauration de la frontière, les zones de passages sont nombreuses et, dès lors, les etats-membres du Pacte de Varsovie commencent à réfléchir à un moyen de freiner cet exode massif. Entre 1949, date de création de la RDA, et 1961 ce sont quelque trois millions d'Est-Allemands qui ont fuit leur pays. ce sont surtout des jeunes gens de moins de 25 ans et cela fragilise le pays économiquement. La réaction doit être rapide et efficace ! Mais Moscou subit un nouveau revers au mois de décembre 1958; des élections municipales sont prévues le 7 décembre et l'URSS envisage une victoire du Parti Communiste. Si le communisme l'emporte, cela signifiera que Berlin est une ville communiste et qu'il n'y aura plus aucune raison de conserver  le statut fractionné de la ville. Mais Willy Brant, le Maire sortant de Berlin-Ouest, et Konrad Adenauer, le Chancelier ouest-allemand, font une campagne anti-communiste de grande ampleur et Brandt est reconduit. Forts de cette victoire de Willy Brandt, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la RFA déclarent de concert que Berlin conservera le statut qui lui a été conféré par les Accords de Yalta.

Khrouchtchev rumine sa vengeance pendant plusieurs mois et, le 12 août 1961, le gouvernement de la RDA annonce un renforcement des contrôles à la frontière de Berlin. L'exode se poursuit d'autant plus que beaucoup de travailleurs sont transfrontaliers et de plus en plus profitent de ce statut pour ne pas rentrer à Berlin-Est. Lorsqu'ils se réveillent le 13 août au matin, les Berlinois de l'est et de l'ouest découvrent la réalité du renforcement annoncé la veille par la RDA. Des grillages et des barbelés ont été posés tout autour de de Berlin-Ouest qui est isolée, au propre comme au figuré, dans les territoires de l'Est. Toutes les rues et les voies ferrées menant de l'est à l'ouest de Berlin sont bloquées et gardées par des militaires (14.500 soldats, y compris des russes, sont déployés autour de la frontière. En quelques semaines, un mur parsemé de miradors est contruit à la place des grillages et isole physiquement Berlin-Ouest du reste de monde occidental.
mur01.jpg

De façon surprenant, seul Willy Brandt émet une protestation vive contre l'emmurement de Berlin-Ouest. Avec l'aide des autorités politiques de la RFA, Brandt met en place un centre de documentation dont l'objet est de recensé toutes les formes de violation de Droits de l'Homme commises par la RDA. La réaction officielle des Etats-Unis, de la France et de l'Angleterre ne vient que le 15 août, soit deux jours après l'encerclement. Toutes les protestations occidentales resteront plutôt molles, seule une altercation vive entre militaires soviétiques et militaires américains a lieu, fin octobre 1961, au fameux Checkpoint Charlie, le point de passage de la frontière pour le personnel diplomatique et lieu d'échange de prisonniers de la Guerre Froide. A la fin de l'année 1961, le Mur de Berlin n'est plus franchissable qu'en sept points, tous scrupuleusement surveillés par l'armée est-allemande. Devenu le symbole malheureux de la Guerre Froide, le Mur de Berlin a aussi des conséquences économiques catastrophiques pour des milliers de Berlinois de l'est. En effet, 63.000 d'entre-eux travaillaient à l'ouest et perdent leur emploi. Le mur donne aussi aux yeux du monde entier l'image négative du communisme, de sa vision économique et politique. Après la visite de John Fitzgerald Kennedy, en juin 1963, les premiers accords d'assouplissement voient le jour. Le nombre de points de passages est porté à dix et les Berlinois de l'ouest qui ont de la famille de l'autre côté du Mur reçoivent des laissers-passer de visite. A noter que ceux de l'est n'en reçoivent pas, par crainte qu'ils ne reviennent pas après leur visite familiale à l'ouest...

A la fin des années quatre-vingt, la situation géopolitique internationale évolue. Mikhail Gorbatchov a lancé, en 1985, sa fameuse Perestroïka, réforme économique et sociale de l'Union Soviétique. Au printemps 1989, la Hongrie est le premier pays à briser le Rideau de Fer du Communisme, la Pologne suit le mouvement et l'on perçoit un premier vent de changement aussi en Allemagne de l'Est. Les frontières s'ouvrent plus facilement et les Est-allemands peuvent voyager dans d'autres pays du bloc communiste qui se sont ouvert (la Hongrie surtout). Plusieurs milliers d'entre-eux profitent de cette assouplissement pour fuir à l'ouest mais à Berlin-est, le changement pointe à l'horizon. Les Berlinois sont dans la rue pour réclamer plus de liberté et lors de sa venue à Berlin-est, le 3 octobre 1989, pour la commémoration du 40è anniversaire de l'Etat, Gorbatchov annonce clairement qu'il n'y aura pas de répression contre les manifestants... Le 9 novembre 1989, le Gouvernement de la RDA annonce officiellement que la liberté de voyager est entrée en vigueur et donc, par conséquent, que le Mur est ouvert. De nombreux Berlinois se pressent à divers endroits pour franchir le Mur et les militaires, qui n'ont pas encore été prévenus de la liberté de voyager instaurée par le Gouvernement, doivent faire face à une marée humaine. Dépassés, ils laissent les Allemands de l'Est démonter certaines parties de mur pour pratiquer des ouvertures vers l'ouest... Le Mur de Berlin est tombé ! Il aura tenu debout, véritable rempart entre l'est et l'ouest, pendant 28 ans symbolisant parfaitement les relations est-ouest. Sa chute aura pour conséquence la fin du communisme et, dans les années qui suivent, l'accession de plusieurs pays de l'ancien bloc de l'est à l'Union Européenne. Aujourd'hui, divers mémoriaux ont été construits en souvenir du Mur et de son histoire; au sol, une double rangée de pavés et de plaque en en fonte marque le tracé du Mur et, s'il est presque totalement détruit, il laisse des cicatrices indélébiles dans le paysage du Berlin actuel...

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 12:57

Le 8 août 1956… le Bois du Cazier !

Tutti cadaveri

On commémore aujourd’hui un événement tragique de l’histoire belge. La tragédie du charbonnage du Bois du Cazier, à Marcinelle près de Charleroi, est en effet l’un des jours les plus noirs du 20è siècle en Belgique… Mercredi 8 août 1956, une erreur humaine plonge la mine du Bois du Cazier dans le chaos le plus total. Rapidement, un incendie gagne les galeries de mine... 262 hommes de 12 nationalités différentes (avec une majorité d'Italiens, 136 au total) y perdront la vie ! Ce sont deux wagonnets mal positionné sur l’élévateur qui permet de remonter le charbon à la surface qui déclenchent la catastrophe. Dépassant de chaque côté, un des wagonnet frappe, durant la remontée, une poutrelle qui, à cause du choc, bouge violemment et arrache les câbles du téléphone, un câble à haute-tension et un tuyau d’air comprimé…
Un arc électrique s’échappe du câble à haute-tension ;
il enflamme de l’huile ;
l’air comprimé active les flammes ;
le feu est aspiré, à cause du système de ventilation, vers le fond et se propage dans les galeries…

C’est ainsi que bientôt, les entrailles de la terre carolo sont en flamme, une épaisse fumée monte vers le ciel et l’air libre, elle témoigne de l’importance du drame qui se déroule en dessous du carreau ! Une poignée d’hommes a pu sortir, six dans un premier temps ! Mais déjà la foule se presse sur les lieux ; il faut dire que le Bois du Cazier fait vivre une grande part des familles de la région, toutes veulent avoir des nouvelles d’un père, d’un frère, d’un oncle, d’un cousin ou d’un ami… Parmi les 275 mineurs qui descendent tous les jours, bon nombre d’italiens qui proviennent du même village (Manopello, dans les Abruzzes où une stèle commémorative a été érigée) et qui sont venus en Belgique échanger leur maigre condition contre ce qu’ils espèrent être un eldorado minier… Les secours tentent de se frayer un passage et d’accéder à la mine mais ils ne peuvent s’enfoncer que de 200 mètres car la chaleur est trop forte. A cet instant précis, ils savent que l’espoir de remonter des survivants est infime ! Des ingénieurs imaginent alors passer par un puits en construction. Las, ils tombent sur un mur de brique qui empêchent l’accès à un niveau où, selon les registres et les plans de la mine, il devrait y avoir une trentaine d’hommes qui travaillait et qui pourrait avoir échappé à a fournaise. Qu’à cela ne tienne, on perce le mur pour accéder à ce niveau… De fait, il reste quelques survivants ; six encore… L’entreprise de sauvetage se poursuit toute la journée et toute la nuit suivante. Il fait nuit noire lorsqu’un dernier homme est remonté ; il est vivant mais décédera quelques heures plus tard à l’hôpital. Ce matin là, 275 mineurs sont descendus, seuls 13 sont remontés…

Aujourd'hui, le site est devenu un lieu de souvenir où viennent encore se recueillir des centaines de personnes. Un musée de l'Industrie a ouvert ses portes et un "Espace 8 Août 1956" propose au visiteur de se rendre compte de la catastrophe grâce à des films d'actualité de l'époque, des témoignages photographiques et humains... Heure par heure, jour par jour, le visiteur peut suivre l'évolution de la tragédie jusqu'à son épilogue et la fameuse phrase d'un sauveteur remontant de l'Enfer : "Tutti cadaveri" qui, tel un couperet, tomba net signifiant la fin de l'espoir pour plusieurs dizaines de femmes, devenues à cet instant veuves, et d'enfants...

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 10:06

A l'heure des vacances, je vous propose dix questions que je me pose souvent… Elles sont le reflet de comportements que je ne parviens pas à appréhender.

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1° Pourquoi certains veulent-ils un cyclisme éthique dans une société qui ne l’est pas ?

2° Pourquoi les cyclistes s’autorisent-ils tout ce qui leur chante, au mépris de l’intelligence, au centre ville ?

3° Pourquoi les ados payent-ils, souvent cher d’ailleurs, pour avoir des coiffures hideuses ?

4° Pourquoi certains demandent-ils au chauffeur du bus s’il va à la Place Saint-Lambert alors qu’il est écrit devant, derrière et sur le côté du bus «Place Saint-Lambert» ?

5° Pourquoi RTL-TVI interrompt-il sans cesse ses spots publicitaires par des séries américaines ?

6° Pourquoi certains sont-ils amis sur des réseaux sociaux virtuels avec des gens qu’ils ne côtoieraient pas dans la vie réelle ?

7° Pourquoi les vingt familles les plus riches de Belgique ont-elles plus d’argent que les neuf millions et demi de Belges qui n’ont pas l’heur de faire partie de ces familles ?

8° Pourquoi ces abrutis sont-ils obligés de pousser le son de leur MP4 à fond dans le bus offrant ainsi, à des usagers qui n’en n’ont rien à foutre, la cacophonie infâme de leurs musiques aussi différentes que nulles ?

9° Pourquoi la Ville de Liège sanctionnent-elles les propriétaires de chiens qui font leur besoin dans la rue alors qu’elle laisse librement pisser des andouilles contre les murs ou le pignon d’une maison ?

10° Pourquoi certains essaient-ils de s’engouffrer de force dans l’ascenseur ou le métro avant de laisser ceux qui doivent en sortir ?

En fait de questions, vous l’aurez compris, il s’agit surtout de réflexions à peine voilées sur la médiocrité au quotidien. Mais, si vous avez des réponses amusantes ou profondes à ces questions existentielles, n’hésitez pas à y répondre dans les commentaires…

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