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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 12:39

L'Eurogroupe lance un nouveau plan de sauvetage pour sortir la Grèce de la spirale du surendettement. Nouvelles mesures d'austérité en perspective pour une population déja étranglée...

Carte_Grece_moderne.jpgIl aura fallu presque toute une nuit de négociations entre les Ministres des Finances de l'Union Européenne mais un accord est tombé pour un nouveau plan de sauvetage de la Grèce. Ce plan prévoit une aide de 130 milliards d'euros sous forme de prêts; une manne financière qui vient compléter celle de 110 milliards avancée en 2010. N'est-ce pas surréaliste que de proposer un prêt de 130 milliards à une nation qui se bat pour sortir de son surendettement ? Le risque n'est-il pas réel de permettre à la Grèce d'effacer une partie important de sa dette privée pour l'enliser dans une autre dette publique vis à vis de l'Europe ? Quoi qu'il en soit, pour éviter de se trouver en situation de défaut de paiement d'ici le 20 mars, date d'échéance d'un remboursement de 14,5 milliards d'euros à des créanciers privés, le pays de Socrate, Aristote et Platon doit en passer par là... Selon Jean-Claude Juncker, le big boss de l'Eurogroupe, cet accord doit permettre à la Grèce de faire face à ses échéances à court terme mais aussi de garantir sa présence dans la Zone Euro sur le plus long terme. Avec aussi un effort notable des privés (ndlr un effacement de 107 milliards d'euros quand même !), le plan devrait permettre d'ici l'horizon 2020 de réduire l'endettement grec de quelque 160% pour le ramener au niveau de celui de pays comme l'Allemagne ou des Pays-Bas. Bien entendu, ce plan d'aide s'assorti de conditions drastiques imposées à la Grèce. Ainsi, elle devra inscrire dans sa Constitution que le traitement de sa dette sera prioritaire et qu'une provision devra être constituée pour y faire face. Par ailleurs, la gestion du pays sera davantage surveillée tant par l'UE que par le Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International. Enfin, le Gouvernement grec devra poursuivre, voire renforcer, sa politique d'austérité qui serre pourtant déja à la gorge la population et les différents partis politiques se sont engagés à ce que le Gouvernement qui sortira des urnes en avril prochain poursuivent cette austérité.

Pour éviter la sortie de la Zone Euro de la Grèce, la population devra donc encore avaler de l'austérité et serrer d'un cran supplémentaire sa ceinture. Finalement, la sortie de la Zone Euro ne serait-elle pas une meilleure solution pour ce pays ? Et bien non, car la situation est telle (ndlr on la laissé aller à un tel point) qu'une sortie de la Zone Euro risquerait d'appauvrir encore un peu plus le pays. Selon l'économiste Jesus Castillo, le retour à la drachme, l'ancienne monnaie grecque, s'accompagnerait automatiquement d'une dévaluation dite de compétitivité. Dès l'annonce de cette dévaluation, la population qui dispose de quelques économies se précipiterait évidemment dans les banques pour retirer son argent en euros plutôt que de le conserver en drachmes dévaluées ce qui engendrerait un chaos bancaire important. Par ailleurs pour tous ceux qui sont endettés - état, entreprises et particuliers - la dévalutation liée à un retour à la drachme rendrait encore plus difficile le remboursement créant ainsi des faillites d'entreprises, des licenciements et des déroutes sociales supplémentaires. Le retour à la drachme serait synonyme d'appauvrissement d'un pays et d'une population déja très mal en point... Ce matin sur les ondes de la RTBF, Guy Verhofstadt, ancien Premier Ministre belge et actuel Député européen, déclarait que la sortie de la Zone Euro ne serait pas une solution d'autant moins qu'elle risquerait de provoquer un effet boule de neige avec d'autres pays comme l'Espagne ou le Portugal. Pour Verhofstadt, la Grèce devrait mettre en place un Gouvernement de Technocrates ou de Techniciens comme l'Italie l'a fait avec le Gouvernement de Mario Monti. "Afin de faire les réformes nécessaires"(1) précise le Député européen libéral...

Ca marche... ou pas !

La Grèce se trouve donc à la croisée de chemins et son avenir est loin d'être rose ! Le plan de sauvetage européen doit garantir cet avenir. Dans le meilleur des cas, grâce au plan de sauvetage la Grèce s'octroie un sérieux ballon d'oxygène en faisant face à son remboursement du 20 mars et évite ainsi le défaut de paiement. Ensuite, le Gouvernement qui sortira des urnes en avril axe son travail sur le désendettement du pays, entame une réforme des administrations publiques, freine encore un peu plus les dépenses publiques et intensifie la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales très présentes en Grèce. Pour y parvenir, il est clair que ce gouvernement devra à nouveau diminuer les salaires et les retraites, qu'il devra diminuer le nombre important des fonctionnaires (en restructurant les administrations et en revendant certaines entreprises publiques au privé, notamment), et qu'il devra revoir son système de taxation ultracomplexe. Cela demandera des efforts supplémentaires à la population mais si cela fonctionne, au bout de quelques années d'efforts, la Grèce pourrait voir son économie se relancer et ainsi voir revenir des investisseurs privés qui créeraient de l'emploi. Ca c'est le scénario le plus optimiste... Si cela fonctionne !!! Le conditionnel est évidemment de rigueur car la plus ardue des tâches sera de faire comprendre au citoyen lambda que pour en arriver là il faudra(it) des années d'austérité et de privations. Ce serait quasiment une génération de sacrifiée sur l'autel de la survie du pays. Convaincre cette génération que l'austérité est LA solution ne sera pas évident; et pourtant pour mettre en place ce scénario il est essentiel que le futur Gouvernement grec emmène avec lui sa population entière ! Ce n'est pas gagné...

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(1) G. Verhofstadt : "La sortie de la Grèce de la Zone Euro n'est pas une solution", Par A.L. avec O. Nederlandt, on rtbf.be, 21 février 2012.

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 17:07

Le 16 février 1899, le Président Faure mourrait des suites d'une gâterie prodiguée par sa maitresse à l'Elysée.

faure.jpg1899, la France s'enlise dans l'Affaire Dreyfuss qui divise le pays. Félix Faure, qui a été élu en janvier 1895, est un Président de la République tracassé. A 58 ans, il sort d'une longue campagne de négociations pour le rapprochement franco-russe et la Crise de Fachoda (1898) laisse les relations diplomatiques entre la France et l'Angleterre très tendues. A l'image de beaucoup d'hommes en vue de l'époque, Félix Faure a une maitresse, il s'agit de Marguerite Steinheil, la femme du peintre Adolphe Steinheil que le Président à rencontré lors des séances de pauses pour un portrait commandé à l'artiste. Au fil de ses séances, Faure et Marguerite se sont rapprochés au point de devenir amants. Fréquemment, ils se rencontrent à l'Elysée où Félix Faure n'hésite pas à la faire venir en fin de journée. C'est le cas ce 16 février 1899, où Marguerite est "convoquée" à l'Elysée à 17h00. A peine est-elle introduite dans le bureau de Félix Faure qu'elle se déshabille et lui offre, semble-t-il, une petite gâterie apéritive. Mais rapidement, Félix Faure se sent mal et demande à Marguerite Steinheil d'aller chercher de l'aide, il étouffe et semble perdre la vue. Elle sonne les domestiques et se rhabille en vitesse pour s'éclipser... En entrant dans le bureau, les domestiques découvrent un tableau plutôt ahurissant : le Président Faure étouffant, probablement avec le pantalon sur les chevilles, et Madame Steinheil rajustant son corsage. Cette dernière file par une porte camouflée et parcourt quelques rues pour s'éloigner de l'Elysée avant de héler un fiacre. Dans le bureau présidentiel, des médecins sont appelés au chevet de Félix Faure mais sont totalement impuissant à le sauver. Vers 22h00 la mort du Président de la République est officiellement annoncée; il est décédé d'une congestion cérébrale.

Bientôt la nouvelle circula dans Paris, une fuite laissa entendre que la mort du Président était survenue lors d'une fellation et la moquerie prit le pas sur la tragédie. Le lendemain, plusieurs journaux font leur une sur cet événement tragicomique tandis que les chansonniers sans donnent à coeur-joie. La pauvre Marguerite Steinheil - dont la liaison avec le Président ne fut que secret de polichinelle - fut surnommée "La Pompe Funèbre" eut égard à cette gâterie mortelle tandis que Georges Clémenceau, futur Président du Conseil, qui ne portait pas Faure dans son coeur laissa échapper ce bon mot à double sens : "Il voulut être César, il ne fut que Pompé(e)", jouant sur le goût prononcé du Président pour ce genre de gâteries autant que sur le rôle de sous-fifre de Pompée par rapport à Jules César. Quelques jours plus tard, ce même Clémenceau lâcha cette autre mot reprit par L'Aurore, le quotidien partisan de Dreyfus dans lequel Emile Zola publia son célèbre "J'accuse... !" : "En entrant dans le néant il a du se sentir chez lui". Félix Faure, qui fut pourtant l'artisan du rapprochement de la France et de la Russie, laissa à la postérité les circonstances de sa mort davantage que son action politique; on retient effectivement de lui qu'il fut plus célèbre pour sa mort que pour sa vie... Il est d'ailleurs à ce jour le seul Président de la République mort en fonction dans l'enceinte de l'Elysée.

Le 23 février 1899, l'enterrement de Félix Faure déboucha sur... une tentative de coup d'état menée par le nationaliste Paul Déroulède qui, avec sa Ligue des Patriotes, essaie de renverser la IIIè République décapitée de son Chef suprême. Quant à Marguerite Steinheil, sa réputation sulfureuse lui valut quelques relations intéressées, notamment avec Aristide Briand, un autre futur Président du Conseil, avant de se retrouver devant un tribunal pour le meurtre de son mari et de sa belle-mère... Faute de preuves, elle fut acquittée et émigra vers l'Angleterre. Elle s'installa à Londres où elle rencontra le Baron Abinger qu'elle épousera en 1917. Marguerite Steinheil, Baronne Abinger, meurt en 1954 à Hove... dans le Sussex, ça ne s'invente pas !

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 14:27

Le 14 février 1929, Al Capone élimine tout un gang rival dans un garage de Chicago.

valentine.jpgSaviez-vous qu’il existe non pas un mais bien trois massacres dits de la Saint-Valentin. En 1349, à Strasbourg, sur ordre des notables de la ville, un pogrom coûta la vie à 2000 Juifs accusés de favoriser la transmission de la peste bubonique. En 1952, en Guadeloupe, les forces de l’ordre françaises reçurent l’ordre de tirer sur des grévistes qui revendiquaient une hausse salariale. Entre les deux, en 1929, à Chicago, Al Capone commanditait l’élimination d’un gang rival. Ce dernier massacre est probablement le plus ancré dans la mémoire collective. Revenons-y quelques instants… Depuis 1919, le 18è amendement de la Constitution américaine interdit la vente et la consommation d’alcools forts. Un paragraphe autorise la consommation d’alcools légers ne tirant pas à plus de 3,2%, seules certaines bières entrent donc dans le cadre d’une consommation légale. La prohibition de l’alcool était réclamée par les pasteurs et les ligues chrétiennes qui voulaient moraliser la vie des plus pauvres mais aussi par des ligues féministes qui associaient alcoolisme et violences conjugales. Evidemment, rapidement, la production d’alcool se fit dans la clandestinité et tomba, dans les grandes villes, aux mains de la pègre :
- A New York, Al Capone, Lucky Luciano, Vito Genovese, Meyer Lansky et Bugsy Siegel se partagent les affaires. Ils sont aussi très actifs en Floride avant de s’approprier Las Vegas dans les années ‘40 ;
- la Famille Patriarca domine le Massachussetts ;
- Salvatore Sabella dispose d’un territoire qui englobe Philadelphie, le Delaware et, surtout, Atlantic City capitale du jeu de la côte est ;
- Vito di Giorgio, Jack Dragna et Joseph Ardizzone s’occupent de la côte ouest ;
- L’Outfit d’Al Capone et Frank Nitti dirige Chicago.

La contrebande d’alcool sert à asseoir la puissance de la mafia italo-américaine à travers les Etats-Unis. Le gouvernement perd le contrôle de l’alcool à cause de la Prohibition ; ce qui devait être un acte de salubrité publique se transforme en une guerre contre les trafiquants d’alcool. L'impact de la Prohibition sur le crime organisé a été fondamentale car elle impliquait des profits beaucoup plus importants et a permis la création de groupes mieux organisés. Capone, Costello, Luciano, Siegel et bien d’autres ont vu leur carrière criminelle décoller grâce à la Prohibition. Entre 1925 et 1930, à New York et à Chicago, Capone a amassé plus d’un demi-milliard de dollars tous business confondus. Mais, à la fin des années ’20, à Chicago, la suprématie de Capone et Nitti est remise en cause par le North Side Gang, une organisation criminelle irlandaise qui a su, elle aussi, tirer parti de la Prohibition. Hymie Weiss, Dion O’Bannion et Bugs Moran sont les parrains successifs du North Side Gang mais c’est sous la direction de Moran que les Irlandais commencent à faire de l’ombre à Capone. Le nord de la ville tombe aux mains de Moran et, en l’espace de quelques mois, Al Capone échappe de justesse à deux attentats. Aussi, début 1929, décide-t-il de passer à l’action et de ne plus se contenter du dialogue. Capone confie à son ami Jack Machine Gun McGurn l’élimination du North Side Gang. L’idée est de frapper un seul coup fatal à tout le gang adverse pour empêcher toute forme de riposte mais il faut aussi créer un alibi à Capone que la police ne manquera pas de soupçonner des faits. Machine Gun (La Sulfateuse !!!) est fiable, Capone a déjà eu maintes fois recours à ses services par le passé. Il s’entoure de sept tueurs à gages aussi efficaces que discrets.

Les hommes de Capone passent à l’action

L’idée de McGurn est la suivante : Capone doit s’absenter de Chicago de façon peu discrète, McGurn convoque alors, au prétexte de lui livrer une importante cargaison d’alcool, le North Side Gang dans un lieu de grand passage pour ne pas éveiller la méfiance de Bugs Moran. Une fausse descente de police sera organisée afin de désarmer tous les malfrats, y compris Machine Gun. Alors, les tueurs de McGurn, tapis dans l’obscurité, n’auront plus qu’à mitrailler les rivaux de Capone pour les exterminer tous. Le plan est parfaitement rodé et répété.

Le 13 février, Al Capone prétexte un voyage en Floride et voyage le moins discrètement possible afin qu’on remarque qu’il a quitté Chicago. Le rendez-vous pour prendre livraison de l’alcool est fixé au 14 février dans un garage de la North Clark Street, sur le territoire du gang de Moran. A peine le North Side Gang est-il arrivé que la fausse descente de police a lieu. L’effet de surprise est total et les faux policiers jouent leur rôle à merveille. Les bootleggers(1), y compris McGurn, sont désarmés et quelques secondes plus tard, les faux policiers et deux tueurs en civils ouvrent le feu. Les sept membres du North Side Gang sont assassinés froidement. Pour éviter la panique dans le voisinage, les faux policier poursuivent leur rôle et font mine d’embarquer les deux tueurs restés expressément en civil. Quelques instants plus tard, alors que le garage sent toujours la poudre et le sang frais, la vraie police arrive sur les lieux et découvre les cadavres de tous les pontes du North Side Gang… Tous sauf un ! Car Bugs Moran, arrivé en retard au rendez-vous n’est jamais entré dans le garage à cause de la fausse voiture de police qu’il a prise pour une vraie. Capone avait explicitement demandé de vérifier que Moran soit bien présent mais McGurn l’a confondu avec Albert Weinshank, un autre membre du North Side Gang avec lequel il y avait, c’est vrai, une vague ressemblance. Le plan ne s’est pas parfaitement déroulé puisque Bugs Moran est toujours en vie. Mais il est seul dans la nature et sa carrière de chef de gang s’arrête. Tout juste participera-t-il à quelques braquages épars pour survivre. Son dernier fait notoire sera d’assassiner, en 1936, Jack McGurn pour l’honneur des membres du North Side Gang éxécutés.

Le Massacre de la Saint-Valentin a rapidement pris une ampleur exagérée, bien relayée il faut dire par la presse de l’époque. Il est devenu, au fil du temps, un événement mythique de la guerre des gangs et de l’histoire de la mafia aux Etats-Unis. Il a aussi servi à asseoir la mainmise d’Al Capone sur tout le Middle-West. Quelques mois plus tard, le krach boursier de New York entraîne l’Amérique dans une crise financière sans précédent. La paupérisation de la population chicagolaise était dramatique, si bien que Capone décida d’ouvrir sur South Slate Street une soupe populaire à laquelle vinrent se nourrir des milliers de personne pendant les hivers de 1929 et 1930. Un Resto du Cœur avant l’heure, sommes toutes. Le dernier jeudi du mois de novembre 1930, jour du Thanksgiving, Al Capone fournit un repas à plus de 5000 pauvres de Chicago… C’était l’autre face du plus grand parrain du crime organisé !

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(1) c’est le nom que l’on donnait aux trafiquants d’alcool

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 17:19

Humeurs bancaires à l’attention de moutons-payeurs que nous sommes, par Jean Olivier lecteur d’Acta Diurna.

bq.jpgPrenez-vous la peine de lire les infos reprises sur vos extraits de compte ou votre self-banking ? Etes-vous attentifs aux variations des taux d’intérêt, aux frais qui vous sont retenus alors que vous faites toutes vos opérations chez vous, aux montants des intérêts retenus si vous passez en négatif ? Vous devriez, c’est édifiant ! Un petit exemple vaut mieux qu’un long discours : pour l’année 2011 : un simple compte courant, une carte de banque, une carte visa, un compte épargne et un compte en ligne par exemple chez BNP Paribas, ex-Fortis, ex-CGER…

Le compte courant  (jamais en négatif) rapporte pour un an : 0,48€

Par contre, il vous en coûte (easy pack et carte visa, droits d’écriture, frais d’équipements et précompte immobilier) : 42,24€. Ce n’est pas beaucoup? Pour obtenir des intérêts équivalents vous devez placer plus ou moins 3.380€ pendant 12 mois sur un compte épargne.

Le compte épargne avec un placement  moyen de plus de 6.500€ et avec la prime de fidélité (12 mois) ne rapporte même pas le double des frais : 83,46€

Enfin pour mémoire, un compte épargne en ligne, ouvert fin 2008 avec des taux supérieurs à 3% (et beaucoup de publicité) ramenés quelques mois plus tard (1/4/2009) à 2.25%+ 0,75% de prime de fidélité ; ensuite (le 1/10/2010) à 1,20% + 0,30% de prime de fidélité (et pas de publicité : ‘’nos nouveaux tarifs…voir le dépliant dans votre agence…’’). Si vous avez déposé 1.000 euros vous aurez un intérêt de : 13,6€

Commentaire

Les grandes banques revendiquent et défendent la primauté des entreprises privées, la libre concurrence. Cependant en coulisse, elles s’entendent entre elles pour fixer des taux d’intérêts quasi identiques, au même moment, avec quelques nuances pour sauver les apparences.

Elles sont allergiques aux entreprises publiques mais, sans scrupules elles vont  pleurer dans le giron des états et exiger des milliards,  après des mauvais placements (c’est un comble) réalisés par des ‘’gourous de la finance’’ qui disparaissent… provisoirement… avec des indemnités phénoménales. Nous les payons donc trois fois : la première, à travers les sommes qu’elles ont reçues des gouvernements, la deuxième, en diminuant les taux d’intérêt sous prétexte de mauvaise conjoncture (qu’elles ont provoquée). La troisième  découlera de la tentative bien légitime des états de récupérer les milliards qu’ils ont avancés pour sauver les banques. Déjà elles menacent d’augmenter les frais de leurs chers clients.

Soyez aussi attentifs aux intérêts déments qu’elles appliquent si, même par hasard, vous passez en négatif…vous paierez plus de 12% et des frais de rappel, et des frais postaux. C’est une honte, quand elles prétendent ne pouvoir vous offrir que dix fois moins (1.20 %) pour des sommes que vous déposez un an et recevoir 0.30%  pour prix de votre  « fidélité », ce qui représente trois euros pour 1.000 euros placés pendant 12 mois. Sans commentaire… pas de quoi s’offrir une  place de cinéma !

Conseils

Même si vous êtes dans la même banque que celle de vos parents, depuis des lustres, la fidélité à une banque n’est pas payante, le client n’est pas roi.  Les banques ne sont pas vos alliées (1). Elles font tout pour vous en donner le moins possible en jouant, souvent mal, avec l’argent que vous leur confiez des années durant. Au passage, elles justifient aussi  des faibles taux octroyés, en prétextant ne pouvoir jouer avec l’argent de simples comptes d’épargne dont le terme n’est pas garanti. Que feraient-elles ces pauvres banques si tous les épargnants fermaient leurs comptes en même temps…. Alors, ne faites pas de cadeau non plus. N’hésitez pas à changer de banque même pour quelques fractions de pourcents, c’est un peu de temps perdu (une fois par an suffit) mais vous pouvez y gagner quelques centaines d’euros, c’est toujours ça ! 

Ne laissez pas d’argent sur votre compte courant, transférez-le sur votre compte épargne même pour une semaine ou deux… Consultez des comparateurs de banques (par exemple sur des sites de défense des consommateurs). Enfin, manifestez votre mécontentement par e-mail, pas auprès des agents de banques, déjà sous pression, ils ne peuvent répercuter les remarques des ‘’client(e)s’’ ; quelques centaines de réactions amèneront les  banques à réfléchir car toutes les banques comptent aussi sur l’effet ‘’troupeau de moutons’’ de leur clientèle peu disposée au changement, aux réactions.

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(1) À lire s’il vous reste un peu de curiosité :

- Un jour on vous a obligé à ouvrir un compte pour percevoir votre salaire et ensuite  à prendre une carte pour retirer votre argent ;

- Cette carte devient payante par après ; idem pour une carte visa, gratuite…la première année ;

- Les banques suppriment les virements-papier, puis les chèques ;

- Pour ‘’gagner du temps’’ elles ouvrent les guichets automatiques, ceux-ci distribuent uniquement des billets de 20 et 50 euros ; ce sont les commerçants qui doivent trouver la monnaie et payer les banques pour la compter quand ils la rentrent ;

- Elles vous ouvrent un accès à internet pour ne pas devoir vous déplacer et vous imprimez les extraits sur votre propre matériel avec votre propre papier ;

- Ouvrez un compte en ligne (parfois 10.000 € minimum exigés), vous transférez de l’argent d’un compte épargne, perdez la prime de fidélité ; les taux ne sont pas garantis, et  six mois plus tard, on les descend, vous voilà encore grugé ;

- Malgré la ‘’crise’’, regardez les publicités, le sponsoring des grands clubs de football, les nouvelles agences luxueuses, sans plus aucun guichet, avec moins de personnel, licencié puisque vous faites leur travail… ;

- Renseignez-vous sur les dividendes des actionnaires, les salaires mirobolants, les primes, les parachutes dorés des membres du conseil d’administration ou du conseil de direction.

Ceux-là doivent bien rire des ‘’moutons’’ que nous sommes.

Jean Olivier
Lecteur d'Acta Diurna

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 17:03

Parfois les tatouages ont des effets... indésirables, dirons-nous !

tattooOn peut être amateur de tatouage et raison garder, ainsi il est des endroits du corps où la présence d'un tatouage est totalement inutile, sans intérêt voire délicate pour de multiples raisons socio-professionnelles ou sanitaires. Un tatouage sur le visage, par exemple qui pourra avoir des répercutions sur les relations professionnelles, un tatouage sur la plante du pied qui sera aussi douloureux à faire que masquer la plupart du temps, un tatouage à l'aisselle tout aussi douloureux et très souvent de mauvais goût... ou encore un tatouage sur le sexe qui n'apporte rien à l'esthétique du corps mais qui peut aussi avoir certains effets secondaires embêtants, je n'en veux pour preuve que la mésaventure de ce jeune homme iranien, rapportée par le site internet The Body Odd. Ainsi donc, ce jeune homme probablement très amoureux décide de se faire tatouer le pénis, il souhaite y mettre l'initiale du prénom de sa fiancée ainsi qu'une pensée en persan dont le contenu dit "Emprunte les bons chemins". Où se niche donc le romantisme ? Si cette pensée persanne accompagne traditionnellement les voyageurs comme le "bon voyage" de chez nous, dans le contexte de ce tatouage il est plutôt ambigu et équivoque...  Mais bon, l'idée ne semblait pas heurter la fiancée, alors pourquoi pas même si cela n'a franchement rien d'opportun ! Alors notre homme est aller chez le tatoueur qui a accédé à sa demande (ndlr ma tatoueuse aurait refusé tout net ce travail !) et à procédé à la réalisation de cet original tattoo... Mais voila, le jeune homme est sorti de chez le tatoueur dans un état d'érection qu'il a considéré comme étant un effet secondaire momentané de son passage dans les mains - si j'ose écrire - du tatoueur. Cependant, si l'érection a effectivement diminué, elle est restée au stade de semi-érection permanente et il a donc décidé, au bout d'une semaine, d'aller voir un médecin. Après un examen sommaire mais suffisant, le praticien a diagnostiqué un endommagement des vaisseaux sanguins du pénis dû à une percussion trop profonde des aiguilles de tatouage. Cet endommagement des vaisseaux a provoqué un afflux massif de sang qui entraîna donc ce priapisme embarassant mais aussi dangereux car le priapisme est considéré comme une urgence médicale si, au bout de quelques heures, le pénis ne retrouve pas sa flacidité normale. Dès lors, le jeune homme et son sexe tatoué ont été emmenés aux urgences pour un traitement en urologie par pseudoéphédrine...

Le tatouage est une blessure !


Peut-être est-il opportun de rappeler que le tatouage est une technique qui consiste a introduire sous la peau, entre le derme et l'épiderme, des pigments colorés pour réaliser un dessin. Cette opération se fait à l'aide d'un dermographe constitué de sept aiguilles qui percute la peau, la pénètre pour y insérer des touches de couleurs. Après cicatrisation, le dessin apparait par transparence mais il est bien dans la peau. Un tatouage est donc une blessure infligée au corps, une plaie pouvant aller de un à quatre millimètres de profondeur, selon l'endroit du corps tatoué, qui doit cicatriser. D'ailleurs tout bon tatoueur recommande un soin quotidien du tatouage par une crème cicatrisante. Certaines parties du corps résistent parfaitement à ce traitement comme l'épaule, l'abdomen, le biceps, la cuisse... car la peau y est plus épaisse et il y a nettement moins de terminaisons nerveuses, d'autres comme le visage, la paume des mains ou le pénis sont moins appropriés car la peau y est plus fine et plus riche en terminaisons nerveuses.

Le choix d'un endroit pour faire un tatouage dépendra donc de plusieurs facteurs; un facteur social et/ou professionnel lié à ses relations humaines, un facteur de résistance à la douleur lié au seuil de résistance personnel et un facteur sanitaire lié à la dangerosité de l'impact du tatouage. Clairement se faire tatouer le pénis est un mauvais choix d'ensemble !

A lire aussi => Il en a une de 40 cm...

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 09:31

Les armes à feu restent un cadeau de Noël très prisé aux Etats-Unis...

weapon.jpgSelon le FBI, il s'est vendu 1.534.414 armes à feu aux Etats-Unis, rien que sur le mois de décembre; plus de 500.000 d'entres-elles ont été achetées entre le 19 et le 23 décembre, c'est à dire la semaine de la Noël ! Le chiffre de vente d'armes du  mois passé est un nouveau record au pays de l'Oncle Sam, un record qui avait déja été battu en novembre et qui risque bien d'être battu à plusieurs reprises durant l'année 2012. Pourquoi les Américains se ruent-ils à nouveau sur les armes à feu ? La National Riffle Association (NRA), le lobby pro armes à feu,  pointe deux causes majeures : la crise économique qui engendre une recrudescence des vols et de la criminalité et le manque d'effectifs policier qui poussent les gens à se défendre eux-mêmes en cas de besoin. Ces raisons sont cependant peu crédibles puisque la criminalité américaine a baissé de 6% en 2011(1). Probablement le sentiment de puissance lié à la possession d'armes est-elle plus à mettre en avant pour expliquer l'augmentation des ventes. Entretenu par la NRA, ce sentiment de puissance repose sur un point de la Constitution totalement obsolète (lire à ce propos Un jour l'enfant prend une arme...), le deuxième amendement du fameux Bill of Rights qui précise "Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un état libre, le droit qu'à le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé". Cet amendement date de 1791, une époque révolue, et mérite d'être revu et adapté à une société du 21è siècle. Il n'est pas incensé de prétendre qu'en trois siècle les Etats-Unis ont évolué, les lois doivent évoluer en parallèle et s'adapter aux réalités actuelles. La réalité de 2011 est qu'il est incensé d'avoir le droit pour un civil de porter une arme à feu ! Une étude canadienne récente démontre que le risque d'homicide est 2,7 fois plus important au sein d'un ménage disposant d'une arme à feu par rapport à un ménage qui n'en possède pas(2)...

Un autre motif peut encore être avancé pour comprendre cet engouement de Noël, l'Administration Obama envisage un durcissement du contrôle et de la possession des armes à feu. Dès lors, avant cet éventuel durcissement, les fanatiques se ruent dans les magasins afin d'étoffer leur sinistre collection. Car le constat est bel et bien posé par les associations anti-armes, il y a de moins en moins d'Américains qui possèdent une arme, par contre ceux qui en possèdent en ont de plus en plus. "Tous les indicateurs montrent que de moins en moins d'Américains possèdent de plus en plus d'armes"(3) confirme Caroline Brewer, porte-parole de la Campagne Brady contre la Violence des Armes à Feu. La possession d'armes à feu est comme un vice qui s'amplifie avec le temps, à l'image d'un alcoolique qui boit de plus en plus, d'un fumeur qui consomme davantage au fil du temps, le fanatique d'armes à feu à besoin d'avoir de nouvelles armes... Finalement, fanatique d'armes à feu c'est une forme d'assuétude maladive !

Barack Obama osera-t-il durcir les lois relatives à la possession d'armes ? Rien n'est moins sûr en cette année électorale... Lorsqu'il était Président, Bill Clinton en avait émis l'idée mais elle fut vite balayée par ses conseillers qui craignaient pour sa réélection. Pareillement, en 2000, Al Gore avait fait de la règlementation des armes à feu l'un de ses thèmes de campagne. Il a été démontré que c'est ce thème qui lui a coûté la victoire dans le Tennessee, un état duquel il avait pourtant été Sénateur. En perdant les 11 Grands Electeurs du Tennessee, Gore perdit aussi l'élection présidentielle(4) au profit de Bush. La question des armes à feu a donc été prépondérante dans la campagne présidentielle de 2000, elle fut même fatale au candidat démocrate... Il est loin d'être acquis que Barack Obama prenne le risque de jouer dans ce scénario catastrophe alors que sa réélection est loin d'être évidente. Et si d'aventure les Républicains revenaient au pouvoir au soir du 6 novembre prochain, le second amendement du Bill of Rights aurait encore de biens beaux jours devant lui...

2011 fut une nouvelle année ou plus de 100.000 personnes(1) - 273 chaque jour - sont mortes par armes à feu aux Etats-Unis ! Le pays détient toujours le triste record mondial de morts violentes (suicides, meurtres et accidents) par armes à feu...

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(1) Another year for weapons, Editorial du New York Times, 28 décembre 2011
(2) Un jour l'enfant prend une arme, par Olivier Moch, on Acta Diurna, 28 janvier 2011
(3) Gun sales at record levels, according to FBI backgroung checks, par Caroll Cratty, on CNN, 28 décembre 2011
(4) George W. Bush l'avait emporté par 271 Grands Electeurs contre 266, soit 5 Grands Electeurs de différence

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 15:33

Où la version moderne des laissés pour compte de la crise économique américaine...

hobo.jpgLa crise économique, aussi appelée Grande Récession, qui frappe durement les Etats-Unis depuis 2008 laisse sur le carreau des millions de personnes. Le chômage franchit allègrement la barre des 10% et l'on ne prévoit guère d'amélioration avant sept ou huit ans. De nombreux Américains ne peuvent plus faire face à leurs crédits et doivent revendre leur maison, ils se retrouvent jeter sur les routes un peu comme l'étaient ces fameux hobos(1) de la Grance Dépression des années '30. Après le krach boursier de 1929, une quantité inimaginable de travailleurs se sont retrouvés sur les routes pour proposer leurs services comme travailleurs saisonniers dans les explotations agricoles ou dans d'autres petits boulots divers. Ces SDF travailleurs étaient la conséquence directe de la crise économique dans laquelle ont été plongés les Etats-Unis à cette époque. Les Hobos (Hoboes en anglais) voyagaient sans cesse à travers le pays, à pied, en stop et, surtout, en trains de marchandises qu'ils squattaient dès que possible pour couvrir de longues distances. Dans l'imaginaire collectif, le hobo est d'ailleurs totalement assimilé aux trainx de marchandises qui traversent le pays. Le Hobo est devenu un personnage mythique de la culture américaine, romantisé par les écrits de Jack Kerouac, de John Steinbeck (avec son fabuleux Des souris et des hommes) ou Jack London. Mais justement, ce personnage incontournable de l'histoire et de la littérature américaine, beaucoup pensaient qu'il appartenait désormais à ces deux catégories. La Grande Récession remet ces travailleurs itinérants sur les routes avec une différence fondamentale, ils se déplacent désormais en voiture ou en camion... Ils y vivent aussi ! Forcés d'abandonner leur maison à la saisie car surendettés, de nombreux américains sont donc à nouveau à la rue. Pourtant, ils ont un travail, quelques maigres moyens, des compétences qu'ils essaient de faire-valoir comme le faisaient les hobos des années '30.

Alors, pour subvenir à leurs besoin ces hobos des temps modernes sillonnent à nouveau les routes. Internet est devenu leur allié incontournable, en effet des forums se sont créés pour permettre les échanges entres-eux. Bons plans, trucs et systèmes D (comme débrouille), offres d'emplois momentanées... autant de choses qui circulent dans la communauté virtuelle des hobos modernes. L'un des sujets les plus diffusé est le classement réalisé par le site internt automobile Jalopnik qui a établi un classement des véhicules les plus intéressants pour le hobo. Ce classement circule énormément car il met en exergue les véhicules ayant le meilleur rapport qualité/prix (consommation, prix d'occasion, praticabilité...) pour quelqu'un qui, vivant sur les routes, doit en faire son lieu de vie. On y apprend ainsi que le Dodge Sprinter est le meilleur choix...

L'histoire est, parait-il, un sempiternel recommencement ! La résurgence des hobos semble le confirmer...

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(1) il semble que le mot hobo soit la contraction des termes Homeless Bohemian (bohémien sans domicile)

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 10:08

Un Belge sur cinq renonce à aller chez le médecin lorsqu'il est malade ! Et cela ne risque pas d'aller mieux...

sante.jpgLa Belgique est connue pour sa grande accessibilité aux soins de santé, les mutuelles absorbant une très grande partie des frais. Par ailleurs, nous savons par différentes études que trois quarts des Belges sont satisfaits du système de soins de santé en place. Bref, on serait en droit de croire que la Belgique est un pays de cocagne pour ses malades, ce serait totalement vrai si 20% des Belges ne devaient, malgré tout, pas renoncer à se rendre chez un médecin lorsqu'ils sont malades. Une étude internationale récente de Deloitte montre que, dans notre pays, une personne sur cinq renonce à une visite chez le médecin en cas de maladie. C'est effarant car cela place la Belgique en seconde position de ce "classement négatif" juste derrière les Etats-Unis où l'on sait pourtant que l'accessibilité aux soins est encore fortement limitée malgré la réforme mise en place par Obama. L'étude Deloitte confirme la confiance du Belge dans les médecins (75% de satisfaction) et dans les hôpitaux (68% de satisfaction) mais avoir confiance ne signifie pas que l'on puisse se permettre. Car, si les mutuelles remboursent tout ou partie des soins de santé, il faut garder à l'esprit que tous les soins de santé n'intègrent pas la nomenclature, c'est à dire la liste officielle des soins remboursés. Par ailleurs, il faut souvent avancer la coût d'une consultation ou d'un soin avant de retoucher, si l'on ajoute encore que l'on constate que de plus en plus de personnes ne sont pas en ordre de mutuelle (cotisations payées et/ou documents à jour), la proportion de Belges qui a des difficultés à se soigner part à la hausse. Les médecins posent également le constat que de plus en plus de patients postposent, faute de moyens, une opération ou se renseignent pour savoir si cette opération est vraiment nécessaire(1). Enfin, au niveau pharmaceutique aussi la difficulté de faire face se fait sentir, ce sont désormais 42% des Belges qui utilisent des médicaments génériques, moins chers. Pour les ménages belges qui vivent au-dessus du seuil de la pauvreté, la dépense moyenne pour les soins de santé équivaut à 4,6% du budget global(2). Pour ceux qui vivent sous le seuil de la pauvreté, on grimpe à 5% du buget. Cela signifie que les plus pauvres ont, non seulement, moins d'argent à consacrer à la santé mais que ces dépenses santé grevent davantage un budget global plus étriqué. Selon une enquête menée par le Service Public Fédéral de la Santé, en 2007(2), un ménage belge vivant sous le seuil de la pauvreté(3) dépense chaque année 20.017€ par an (soit 1668€ par mois) pour couvrir ses frais alimentaires, d'énergie, de location ou de remboursement de prêt immobilier, de transport, d'habillement, de loisirs etc. Un ménage au dessus du seuil dépense annuellement 33.711€ (soit 2809 € par mois) pour ces mêmes frais. La différence entre ces ceux ménages est donc de 1141€ par mois; pour sa santé, le ménage au-dessus du seuil de pauvreté dépense ± 129€ chaque mois tandis que le ménage sous le seuil ne peut dépenser que 83,40€. Mais proportionnellent, cette dépense greve davantage le budget de la famille la plus pauvre...

Et cela risque de ne pas s'arranger avec l'austérité qui est promise au niveau des soins de santé par le nouveau gouvernement ! Ce sont, en effet, 2,3 milliards d'euros qu'il faut économiser sur le budget général des soins de santé. Pour 2012, ce budget fédéral important passe de 27,9 milliards à 25,6 milliards... Une réduction drastique qu'il faudra amortir dans tous les secteurs des soins de santé :

- au niveau du financement des hôpitaux qui, pour compenser, risque de répercuter cette perte financière fédérale sur les prestations à facturer aux patients;
- au niveau des remboursements des soins et des médicaments pour lesquels le ticket modérateur(4) sera augmenté;
- au niveau des honoraires de prestations des médecins hospitaliers qui seront sérieusement rabotés, ce qui risque d'entraîner un afflux de médecins spécialistes qui consulteront en privé, en dehors de la structure hospitalière, de façon non-régulée et donc avec des honoraires plus élevés.

Bref, la politique d'austérité dans les soins de santé risque fort de limiter encore un peu plus l'accès aux soins de santé à ceux qui devaient s'en passer faute de moyens mais aussi à ceux qui avaient encore les moyens de voir le médecin et qui ne les auront plus forcément si le ticket modérateur augmente ou si les soins sont plus chers...

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(1) Malade, un Belge sur cinq ne vas pas chez le médecin, par P.M., in La Meuse, 6 décembre 2011.
(2) Source : www.luttepauvrete.be, consulté ce 7 décembre 2011
(3) En Belgique, le seuil de la pauvreté est de 973€ par mois. Il est fixé à 60% du salaire moyen annuel, soit 60% de 19.464€ = 11.678€ c'est à dire un revenu mensuel de 973€ (11.678/12) par personne. Grosso modo, pour un ménage moyen( deux adultes et deux enfants), le seuil de la pauvreté s'établit sous les 2000€ mensuels.
(4) pour rappel, le ticket modérateur est la partie qui reste à charge du patient après remboursement de la mutuelle

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 15:55

Quand le service Presse de l'Elysée annonce le décès de Danielle Mitterrand avec des fautes d'orthographe grossières...
 

111J'évoquais voici quelques jours, sur Communication, l'importance de l'orthographe dans les métiers de la Communication (lire à ce propos L'orthographe est problématique dans le secteur de la communication), voilà que le service de presse de l'Elysée illustre mes propos. Je n'en demandais pas tant ! L'épouse du Président de la République François Mitterrand est morte, à 87 ans, ce mardi à l'Hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Elle y avait été admise voici quelques jours et plongée dans le coma. Evidemment, l'Elysée a tenu à réagir promptement à l'annonce du décès de l'ex-première dame de France... trop promptement même puisque le communiqué laconique envoyé par son service de presse comportait pas moins de six fautes d'orthographe et de ponctuation. A travers ce communiqué le Président de la République présentait ses condoléances à la famille Mitterrand, le moins qu'il se puisse être écrit est que cela ne sert pas vraiment son image. Six fautes sur quatre paragraphes pour un total de douze lignes, c'est aussi énorme qu'incroyable. Reprenons les horreurs du service de presse de l'Elysée sur cette copie du communiqué :

présidence

1° "petit enfants" sans le trait d'union qui sert à unir deux mots qui forment un mot composé.
2° "poursuivi"... c'est un passé simple, "poursuivit" eut été plus judicieux, plus juste surtout !
3° "le Président François Mitterrand" aurait du être mis entre virgules puisqu'il s'agit d'une précision qui coupe la phrase.
4° "tracée"... voir l'accord du participe passé avec l'auxilliare être, s'il vous plait !
5° "su"... c'est encore un passé simple "sut" aurait été correct.
6° "exceptionnelle" à moins que seule la dignité fut exceptionnelle, il faut un "s" dans le sens de cette phrase qui met en avant une indépendance d'esprit, une volonté et une dignité exceptionnelles...

Il apparaît urgent que l'on mette en place une formation en orthographe pour le service de presse du Président de la République française, à tout le moins que l'on investisse dans un dictionnaire. C'est le moment de la confection des budgets pour 2012, non ? Alors vite, planifiez ces dépenses plus nécessaires qu'utiles !

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 15:07

Pour de sombres coupes budgétaires, le Comté de Suffolk (New York) avait licencié le Père Noël... mais il sera bel et bien présent grâce à l'intervention du candidat à la Présidence du Comté.

nypn.jpgDavid McKell est un vétéran de la seconde guerre mondiale, il a 83 ans et, depuis 10 ans, il est le Père Noël officiel de la Big Apple... Mais à la fin du mois d'octobre, il a été prévenu que cela s'arrêtait ! Le Comté de Suffolk, sur l'île de Long Island, avait décidé de se passer de ses services. Motif de ce licenciement : il coute trop cher ! Le budget annuel du Comté se monte à 2,7 millions de dollars mais le déficit du Comté se monte à un chiffre vingt fois supérieur... La situation économique, empirée par la crise de la dette américaine, est dramatique du côté de Long Island. D'ici la fin de 2012, ce sont quelque 750 postes de fonctionnaires qui sont menacés. Parmi eux, celui du Père Noël dont le "salaire" est de 660 dollars pour un mois de prestations. Un peu léger comme licenciement économique... c'est plutôt une économie de boûts de chandelles ! L'opposition du Comté de Suffolk est d'ailleurs montée au créneau en ce sens "Est-il utile de prendre le Père Noël en otage pour tenter de réduire le déficit du comté ?"(1) s'est étonné le Démocrate Bill Lindsay, Conseiller du Comté. C'est que pour justifier leur décision, les autorités avaient avancé qu'il étaient totalement impossible de faire comprendre cette dépense inutile alors que l'hôpital du comté est dans le rouge... Ce sont pourtant plusieurs centaines d'habitants de Suffolk qui ont protesté contre cette décision ! Une cinquantaine d'entre-eux ont même proposé de financer le montant utile pour avoir leur Santa Claus tant il leur semblait surréaliste d'être privé de sa présence en décembre prochain.

Un mouvement populaire que Steve Bellone, candidat à la présidence du Comté, a bien appréhendé et dont il a décidé de profiter pour soigner son image de campagne. En effet, il a payé sur ses deniers personnels les 660 dollars de défraiement à David McKell afin que celui-ci puisse endosser son habit rouge et être présent dans les rues du Comté pour participer à l'ambiance de Noël. Dès le lancement des fêtes de fin d'année à New York, le Père Noël du Comté de Suffolk prendra donc place dans la rue principale et dans le vieux magasin de St-James General où il a ses habitudes depuis dix ans. "C'est une expérience totalement différente que de voir un Père Noël dans un grand centre commercial; c'est juste une vieille tradition familiale"(2) explique Steve Bellone. "Ce n'est pas pour moi que je le fais, c'est pour mes enfants et pour tous les enfants du Comté qui aiment leur visite au Père Noël" (2)enchaine-t-il... Admettons, mais l'idée de gagner quelques voix n'était pas trop lointaine non plus ! D'autant plus que l'élection du nouveau Président du Conseil du Comté de Suffolk a lieu... aujourd'hui ! Autre preuve de l'aspect démagogique de la démarche, si besoin en était, est que s'il est élu à la Présidence du Comté, Bellone a promis qu'il réintégrerait cette dépense publique au budget ! L'adversaire principal de Bellone, Angie Carpenter, probablement vexée de n'y avoir pas pensé en premier, fustige ce comportement en comparant, dans un communiqué de presse, Steve Bellone au Grinch, ce personnage romanesque(3) qui voulait voler l'Esprit de Noël. La guéguerre électorale rebondit sur la Noël au pays de Suffolk...


Quoi qu'il en soit, le St-James General Store respectera sa tradition. Depuis sa création, en 1857, un Santa Claus est présent pour recevoir les listes de Noël des enfants et leur offrir quelques friandises et des fruits. Depuis 2001, ce poste était repris sur le budget annuel du Comté car, en plus du magasin, le Père Noël animait aussi quelques espaces publics et la rue principale. Le plus heureux dans cette histoire est assurément Dave McKell, d'abord parce qu'il adore son rôle de Père Noël, ensuite parce que l'air de rien ces 660 dollars lui sont bien utile pour gâter ses petits-enfants en durant la période des fêtes... Nul doute que lui il a voté pour Steve Bellone !

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(1) No Santa in Suffolk County : Claus sacked to save $660, par Jonathan Allen, in The National Post, 7 novembre 2011
(2) Steve Bellone steps in to save Suffolk County Santa Claus, on CBS New York Local News, 8 novembre 2011
(3) How the Grinch stole Christmas (1957), roman de Theodor Seuss Geisel, transposé au cinéma par Ron Howard en 2000 sous le titre The grinch.

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