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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 14:58

Note Liminaire : Face à l'actualité (l'assassinat immonde d'Ihsane Jarfi, les commentaires imbéciles publiés sur le site de certains journaux après l'arrestation d'une femme qui a insulté deux jeunes maghrébins, le nombre impressionnant de Belges qui auraient voter  Le Pen...), il m'apparait urgent de publier à nouveau cet article qui date du 22 mars dernier...

A propos d’une société qui a toujours du mal à accepter les étrangers et les homos…

 

rachom.jpgLa semaine de lutte contre le racisme bat son plein, c’est le moment que choisi l’ENAR (European Network Against Racism – Réseau Européen contre le Racisme qui regroupe quelque 700 associations de lutte contre le racisme) pour publier son rapport sur le racisme et les discriminations qui y sont liées en Belgique (ndlr chaque pays de l’UE a été rapporté). Que ressort-t-il de ce rapport ? Et bien que, probablement à cause de son passé colonialiste, la Belgique est un pays ou le racisme est une réalité structurelle. C'est-à-dire que les comportements racistes sont bel et bien ancrés dans les structures de notre pays. S’en étonner serait contraire au réalisme ! Il y a trois ans, une enquête menée par le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme montrait qu’un Belge sur trois est raciste et l’assume. ‘’Un tiers des personnes interrogées se déclarent intolérantes envers les minorités ethniques. Parmi celles-là, 30 % pensent que certaines races sont plus douées que d’autres’’(1) concluait cette enquête. Mais par delà les enquêtes et les chiffres théoriques, il y a les comportements, les faits avérés. L’Histoire récente de notre pays nous rappelle que le racisme est solidement arrimé aux mentalités. Le 13 décembre dernier, la fusillade de la Place Saint-Lambert à Liège à nourri les sentiments anti-maghrébins et islamophobe d’une frange importante de la population. Quantité de commentaires laissés sur certains sites d’informations ou sur les réseaux sociaux suintaient le racisme ordinaire, probablement le pire de tous car il n’est même pas assumé. Le racisme ordinaire, celui dont les phrases les plus sempiternelles commencent par : ‘’Je ne suis pas raciste mais…’’, celui que l’on entend le plus banalement du monde dans le bus, à la caisse d’un grand magasin, dans la rue… Par delà ce racisme ordinaire qui a toujours existé en Belgique – cela remonte aux immigrés des premières générations de Polonais, d’Italiens, d’Espagnols, de Marocains ou de Turcs qui sont venus par vagues successives pour travailler dans les mines belges – on relève une quantité de passages à l’acte inquiétant. Rappelons-nous, au printemps 2011, des gestes imbéciles de certains qui avaient écrit des slogans islamophobes et déposer une tête de cochon sur un bâtiment destiné à accueillir une mosquée à Lodelinsart. Souvenons-nous aussi de la folle équipée d’Hans Van Themsche, en 2006, à Anvers dont le but était ouvertement de tuer le plus d’étrangers possible. Ce skinhead n’avait fait ‘’que’’ deux victimes avant d’être arrêté par la police. Peut-être vous rappelez-vous encore de Rik Vannieuwenhuyse ? C’était le patron d’une petite PME flamande, près de Roulers, qui employait une Marocaine portant le voile ; il avait reçu plusieurs menaces de mort d’un corbeau qui fustigeait le fait qu’il emploie une travailleuse voilée. Sous la pression, Vannieuwenhuyse avait vendu son entreprise…

Ainsi donc en Belgique un type peut entrer dans une armurerie acheter un fusil et faire un carton dans la rue sous prétexte que les gens qu’il vient de tuer ne sont pas de ‘’la race qui lui convient’’… Un autre type peut donc être menacé de mort parce qu’il autorise un voile. Et pire encore, il se trouve des gens, des citoyens lambda, pour approuver ces gestes, les saluer et en réclamer d’autres du même genre ! Le racisme en Belgique, il convient aussi de le souligner, ne va pas que dans un sens. Non, il existe du racisme anti-arabes, anti-noirs, anti-belge ou anti-italiens. Si un Martien débarquait sur terre et qu’il s’installait en Belgique, il se développerait, j’en suis sûr, un racisme anti-martien…

Mais la race n’est pas le seul critère de rejet ou d’exclusion. L’orientation sexuelle en est un autre d’importance. Les agressions homophobes se multiplient en Belgique, rien que sur l’année écoulée Anvers, Schaerbeek, Bruxelles, Virton, Liège ou Gand ont été touchées par le phénomène. Selon le collectif Outrage!, dont le but est de lutter contre l’homophobie, six membres sur dix de la communauté holebi(2) de Belgique ont déjà été agressés verbalement, 20% de cette communauté ont déjà reçu des menaces et 10% ont été victimes d’agression(3). Le phénomène prend réellement une ampleur sérieuse en Belgique, il est renforcé par le fait que beaucoup d’agressions homophobes ne sont pas signalées à la police… les chiffres officiels semblent donc largement en-dessous de la réalité.


Ainsi donc, en Belgique, un type peut en tabasser un autre uniquement parce qu’il est homo ! Bien qu’apparemment communément acceptée, l’homosexualité reste un tabou réel en Belgique – comme dans beaucoup d’autres pays d’ailleurs – et de nombreuses discriminations y sont liées. Elle se niche aussi dans les actes les plus banals de la vie de tous les jours. Insultes, quolibets, moqueries… Bref il n’est pas facile d’être homosexuel dans la société actuelle. Et pourtant, il est de bon ton, à la télé ou dans les magazines, de mettre en avant l’homosexualité, de tenter de la banaliser (ndlr à prendre ici dans le sens de la rendre ‘’normale’’, ‘’acceptée’’) mais cela reste surtout de la théorie. Ceci dit je ne suis pas sûr que cette homophobie à peine latente ne soit pas, en partie entretenue, par certaines manifestations – type gay pride ou gay parade – qui ne montrent pas, à mon sens, le côté le plus raffiné des homos… Attention soyons clairs, ces manifestations ne me dérangent pas le moins du monde il faut, cependant, convenir que d’aucuns puissent les prendre comme des provocations. Clairement, je ne suis pas convaincu qu’elles servent la cause homosexuelle aujourd’hui !

Ainsi donc la Belgique souffrirait des relents de racisme et d’homophobie ! Le constat est triste à poser mais il est bien réel. Dans les faits, ils sont plus présents au nord du pays. Il suffit pour s’en convaincre de voir, ces dernières années, la montée du Vlaams Belang qui arrive dans certaines villes à un tiers de voix et compte 12 élus à la Chambre et 5 au Sénat. Au niveau local, le VB à doublé ses élus communaux entre 2000 et 2006. En Wallonie, l’extrême droite n’est pas structurée et ne parvient pas trop à décoller à cause de la médiocrité de ses cadres ; si l’on peut s’en réjouir, cela ne doit pas masquer la réalité du racisme et de l’homophobie ordinaires présents au quotidien en Wallonie. Rappelons-nous aussi qu’entre 2003 et 2009 alors qu’il était un peu mieux structuré, le FN avait des représentations dans plusieurs institutions communautaires, régionales, provinciales et locales… 2009, c’était hier et ce pourrait être demain ! J’ai entendu souvent dire qu’en Belgique le vote vers les partis d’extrême droite est un vote de sanction à l’égard des partis traditionnels ; je ne peux plus le croire ! Certes, il y a des déçus de la politique menée par les partis démocratiques qui posent un choix de sanction en votant à l’extrême droite mais je suis aujourd’hui convaincu qu’il ne s’agit que d’une minorité… Les voix de l’extrême droite, en Wallonie comme en Flandres, sont l’apanage des gens qui sont soit profondément soit en surface racistes et homophobes !


Pour être petit-fils d’immigré, vivant avec une étrangère, je ne peux que dire et redire que le Belge moyen est raciste et homophobe ! Ce n’est pas une généralité, heureusement, mais quand même une majorité… Il suffit de tendre l’oreille et d’ouvrir l’œil pour s’en rendre compte ; propos et gestes qui vont en ce sens se déclinent au quotidien. Beaucoup refoulent ce double sentiment mais il revient parfois à la surface, au moment où on ne s’y attend pas, dans la bouche ou les gestes de quelqu’un dont on ne s’y attend pas… Aujourd’hui encore être étranger ou homosexuel – pas de chance pour celui qui est le deux ;o) – constitue un frein à l’engagement et même parfois au logement… pourtant les barrières placées pour cause de race ou d’orientation sexuelle constituent bel et bien une entrave à la loi du 25 février 2003. Mais plus encore que la faute légale qui résulte de comportements racistes et/ou homophobes, il y a simplement l’imbécillité d’ainsi agir… Ne sommes-nous pas tous humains ? Pédés, hétéros, blacks, blancs, beurs, gouines, gays,… tout ça ne sont que des mots qui s’adressent à des êtres humains certes différents mais assurément complémentaires !

 

Lire le rapport de l’ENAR

 

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(1) Un Belge sur trois est raciste et l’assume, par Violaine Jadoul, on www.syfia.info, 30 avril 2009.
(2) holebi = homosexuels-lesbiennes-bisexuels
(3) Une application pour dénoncer l’homophobie en Belgique, on www.rtl.be, 18 janvier 2012

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 10:59

Plus de 6000 journalistes ont perdu leur emploi et des médias disparaissent en quantité...

espana.jpgC'est aujourd'hui la Journée Mondiale de la Presse dont le thème, cette année, est "Sans journalisme, pas de démocratie". Pierre Desproges disait d'ailleurs à ce propos que chaque fois qu'un média disparait c'est un peu de la démocratie qui disparait avec lui. Si l'on se réfère à cette pensée, la situation en Espagne est loin d'être idyllique. En effet, depuis 2008 et le début de la crise économique les chiffres de la presse espagnole sont effrayants. Ainsi, selon la Federacion de Associaciones de Periodistas de Espana (FAPE), ce sont 6234 journalistes qui ont perdu leur emploi à travers le pays depuis le début de la crise économique. La FAPE note également la disparition pure et simple de 57 médias dans le même laps de temps ainsi que 23 plans sociaux en cours. L'avenir est noir pour la presse espagnole qui se trouve dans la situation économique la plus critique de toute son existence. L'Espagne, on le sait, traverse une crise économique majeure, elle est l'un des pays les plus touchés par cette crise, le chomage approche les 25%, les secteurs banquaire et immobilier se sont effondrés et la paupérisation de masse s'installe de façon durable. Une des conséquences premières de cette crise sur les médias est, évidement, la chute des revenus publicitaires. En cinq ans, ils ont baissé, en moyenne, de 22% dans la presse écrite, 17% en radio et 11% en télévision. L'Espagne dispose de l'un des plus grands nombres, tous secteurs confondus, de médias au monde. Il n'est pas rare de trouver trois ou quatre quotidiens dans la même province. Cette situation engendre évidemment une concurrence forte mais ouvre aussi un marché important qui ne trouve plus pleine satisfaction en termes de rentrées publicitaires. Le nombre d'annonceurs diminuent, ceux qui restent revoient leurs budgets à la baisse... l'impact est énorme sur les (trop ?) nombreux quotidiens que l'on peut trouver dans différentes régions d'Espagne.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, il n'y a pas que les "petits" médias qui sont touchés de plein fouet par la crise économique ! Non, des médias de grande envergure y sont confrontés de manière violente. Ces trois exemples sont révélateurs de la situation actuelle :

El Pais : fondé en 1976, c'est le quotidien le plus important d'Espagne avec un tirage quotidien de 385.000 exemplaires pour son édition nationale et qui dispose, par ailleurs, de plusieurs éditions locales dans les grandes villes du pays. El Pais ne l'a pas encore annoncé officiellement mais son propriétaire, le groupe de presse Prisa, travaille à un plan de restructuration aussi drastique qu'inévitable. Certaines rumeurs font état du licenciement de plus d'un quart des effectifs;

El Mundo : créé en 1989, il s'agit du second tirage national du pays, derrière El Pais, avec quelque 335.000 exemplaires quotidiens, il a déjà annoncé, pour sa part, un plan de restructuration qui va coûter leur emploi à 195 journalistes, c'est à dire un gros tiers de sa rédaction. Le plan est inéluctable et a déjà été transmis aux syndicats qui n'auront d'autre alternative que de l'approuver pour sauver le titre;

Publico : fondé en 2007, le journal clairement à gauche Publico qui a soutenu le mouvement des Indignés avait été contraint de licencier 29 journalistes à l'été 2011 pour tenter de garder la tête hors de l'eau. Cela n'aura pas suffit puisqu'en février dernier, le quotidien a disparu des kiosques. Il ne reste qu'une version électronique sur le net mais au total, avec la disparition de la version papier, ce sont 160 journalistes qui ont perdu leur emploi !

Rien qu'avec ces trois cas concrets l'on dépasse le 500 journalistes au chômage depuis le début de l'année 2012. Depuis quatre ans, ils sont donc plus de 6000 dans le même cas, cela représente 30% de l'ensemble des journalistes professionnels espagnols... Par ailleurs, ceux qui restent, qui n'ont pas fait partie du train de licenciements, doivent accepter de revoir leur salaires à la baisse. La profession se précarise clairement alors que pourtant les tirages restent stables ou ont même, dans certains cas, tendances à augmenter légèrement. Chaque jour il est tiré un peu plus de quatre millions de quotidien dans tous les pays pour un lectorat cumulé de 12 millions de personnes.

La télévision, bien que sa situation ne soit pas dorée, échappe pour l'instant encore un peu à cette crise importante. Ses rentrées publicitaires ont aussi chuté mais de moitié moins que celles de la presse écrite. Ceci dit, la FAPE ne se montre guère optimiste car, si la crise économique ne cesse pas rapidement et si une relance n'est pas imminente, viendra rapidement le moment où les annonceurs feront aussi l'impasse sur la publicité télévisée avec les mêmes conséquences pour les journalistes télé que pour leurs confrères de la presse écrite.

Source : Communication

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 09:57

Un milliardaire australien devient l'armateur d'une réplique du mythique paquebot qui coula lors de sa traversée inaugurale.

titanic2.jpegAlors que les fastes organisées autour du centenaire du Titanic touchent à leur fin, un riche homme d'affaires austalien vient d'annoncer qu'il a signé le bon de commande pour une réplique du célèbre bateau de la White Star Line. En effet, Clive Palmer, qui a fait fortune dans l'immobilier et l'industrie minière, a passé commande auprès d'un constructeur naval chinois pour un bateau - pour l'heure baptisé Titanic II - fidèle à tous points de vue au Titanic. Un cahier des charges strict a été rédigé, il précise que le futur navire de croisière devra respecter le gabarit et le luxe de son illustre prédécesseur. Ainsi, il mesurera 269 mètres de longueur, pèsera quelque 46.000 tonnes pour un tirant d'eau de 10,54 mètres. Le bateau abritera 840 cabines sur neuf niveaux et proposera autant de salles de sports, de jeu et de piscines que l'original. Les seules différences notables sont que la réplique sera dotée de tous les systèmes de navigation et de communication les plus récents, de moteurs diesel et, surtout, que la coque sera soudée et non plus rivetée (les rivets ayant été largement mis en cause lors du nauffrage du Titanic). Dans un communiqué de presse diffusé récemment, Palmer explique que le Titanic II sera prêt à naviguer dans quatre ans et que son voyage inaugural aura lieu à la fin de l'année 2016 entre l'Angleterre et les Etats-Unis. Par la suite, le Titanic II naviguera uniquement dans les mers de l'hémisphère nord. Afin de faire construire et de mettre à flot ce paquebot de luxe, Clive Palmer a créé sa propre compagnie maritime, la Blue Star Line, qui emploie des ingénieurs et des archivistes dont la mission est d'éplucher tous les documents relatifs au Titanic afin de pouvoir recréer au plus fidèlement la décoration intérieur.

Pour cet ambitieux, voire déraisonnable projet (Palmer a refusé d'en dévoiler les coûts), le milliardaire australien s'est tournée vers la Chine qui est son principal client minier. L'industrie navale commerciale chinoise ne produit, actuellement, que 2% de tous les navires de croisière mis en circulation. L'Europe reste le leader incontesté dans le secteur mais la Chine a l'ambition de réduire, dans un premier temps et à moyen terme, l'écart avant de devenir leader du marché à plus long terme. La constuction du Titanic II s'inscrit dans cette vision à long terme de l'industrie navale chinoise.

Reste à voir si quelqu'un aura l'idée de construire la réplique de l'iceberg qui a coulé le Titanic...

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 11:16

L'ivresse semble être un état recherché par de plus en plus d'ados... Ils semblent, en outre, prêts à tout pour y parvenir !

geldesinf.jpgL'alcool est un élément fortement présent dans la vie des adolescents du 21è siècle. Ne nous y trompons pas, il l'était aussi il y a 20, 30 ou 50 ans mais certainement pas autant ni aussi précocement. Socialement, l'alcool constitue un tabou moindre que ne le sont les drogues douces ou dures, il reste moins stigmatisé alors que ses ravages peuvent avoir des conséquences identiques. Les ados ont accès facilement, et de plus en plus tôt, à l'alcool par le biais de boissons "sympas" conditionnées dans des canettes de type soda qui banalisent la consommation alcoolique. Aujourd'hui boire un rhum-coca à 12 ou 13 ans n'est pas chose exceptionnelle. Entre la fin du 20è siècle et le premier lustre du 21è siècle, le pourcentage de jeunes de 10 à 17 ans déclarant avoir été ivres plus d'une fois est passé de 18 à 26 pourcents(1). Clairement cette tendance en hausse de l'ivresse chez les jeunes est inquiétante ! Selon une enquête menée par le CRIOC(2), quarante pourcents des 10-17 ans sont des consommateurs réguliers d'alcool. Lorsqu'on interroge ces jeunes sur leurs motivations, les réponses les plus fréquentes sont : "pour être dans l'ambiance" ou "pour s'amuser". Chez les 10-17 ans, l'amusement est intimement lié à l'alcool, c'est alarmant lorsque l'on sait que cinq pourcents de la population belge sont alcooliques(3). Avec les comportements précoces des jeunes en la matière, ce chiffre risque fort de s'alourdir dans les prochaines années... D'autant que le binge-drinking et l'alcoolorexie sont plutôt tendances !

Aux Etats-Unis, le phénomène de la consommation d'alcool n'est pas moindre que chez nous. L'âge légal pour acheter et consommer de l'alcool y a pourtant été porté, dès 1984, à 21 ans. Il s'est développé un arsenal de stratagèmes pour contourner la loi; cet arsenal va de la fausse carte d'identité au soudoiement de commerçants moins scrupuleux en passant par l'achat d'alcool par intermédiaire interposé contre rémunération. Les moyens de se procurer de l'alcool lorsqu'on n'a pas l'âge légal sont nombreux et les jeunes américains ne se privent pas d'y avoir recours. Il se développe une véritable culture de l'ivresse aux Etats-Unis, notamment sur les campus des High Schools, à un point tel qu'une campagne de sensibilisation percutante (et par ailleurs fortement décriée) a été menée au début de cette année dans tous le pays. L'interdiction de vente d'alcool aux moins de 21 ans ne porte clairement pas ses fruits chez l'Oncle Sam. Selon John McCardell, ancien Prédident de l'Université du Vermont qui fit partie d'un groupe de dirigeants d'universités signataires d'un texte déplorant le caractère contre-productif de la loi anti-alcool de 1984, 90% des jeunes américains de moins de 21 ans ont déjà consommé de l'alcool(4).  Malgré la loi en vigueur, l'ivresse des adolescents reste un phénomène de société notable aux Etats-Unis. Et lorsqu'ils ne parviennent pas à se procurer de l'alcool, les ados américains trouvent des moyens de substitution pour parvenir à cette ivresse qu'ils recherchent tant. Le palliatif tendance actuellement est le gel désinfectant pour les mains ! Le Los Angeles Time tire le signal d'alarme après avoir constaté que le nombre de jeunes angeliens qui arrivent en état d'ébriété aux urgences des hôpitaux de L.A. ne sont pas ivres d'alcools "classiques" mais bien du gel hydro-alcolique contenu dans les désinfectants pour mains... En quelques semaines, six adolescents ont terminé aux urgences des deux hôpitaux de San Fernando Valley après avoir absorbé du gel hydro-alcoolique. "Quelques gorgées suffisent pour rendre un adolescent saoul"(5) commente le Dr Cyrus Rangan, Directeur du Département de Toxicologie du Children's Hospital de Los Angeles.

Le phénomène est réellement préoccupant parce que les ados ne se contentent pas de boire du gel désinfectant, ils utilisent une "recette" qui circulent sur internet et qui permet d'extraire le principe actif, l'éthanol, contenu dans les gels désinfectants. Ceux-ci, il faut le savoir, peuvent contenir jusqu'à 62% d'éthanol soit le même volume d'alcool que le whisky ou le rhum. D'une bouteille de gel désinfectant traditionnelle, vendue le plus  légalement du monde dans le commerce, il est possible grâce au procédé déniché sur le net de "créer" deux ou trois verres d'un liquide fortement alcoolisé et d'accéder rapidement à l'ivresse... voire au coma éthilique ! Car, par-delà le principe idiot de boire pour se saouler, il y a évidemment le danger lié à cette pratique. Il suffit d'un ou deux verres pour entraîner des brûlures d'estomac et/ou provoquer des comas est-il clairement expliqué dans l'article du Los Angeles Time(5). Après l'antigel, le dissolvant ou l'eau de Cologne, c'est désormais le gel désinfectant pour mains qui est tendance pour satisfaire ses besoins d'ivresse lorsqu'on a pas accès à l'alcool. N'est-ce pas là le premier pas vers l'alcoolisme ?

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(1) Les jeunes et l'alcool : comment boivent-ils ? - www.jeunesetalcool.be, consulté le 27 avril 2012
(2) Alcool et boissons alcoolisées, étude du CRIOC réalisée à la demande de la Fondation Rodin. Voir ici
(3) Minister Vanackere in actie tegen alcohol misbruik, par T.Y., in Het Volk, 19 novembre 2007.
(4) Etats-Unis, l'âge minimum pour la vente d'alcool, un piège ?, par Guillemette Faure, on rue89.fr, 23 août 2008
(5) A troubling trend in teens drinking hand sanitizer, par Anna Gorman, in The Los Angeles Time, 24 avril 2012

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 11:53

L'alcoolorexie est le nouveau phénomène à la mode des soirées branchées des ados et des jeunes adultes.

alcoolorexie.jpgA mi-chemin entre l'anorexie et le binge-drinking, voici désormais ce qu'il est convenu de nommer l'alcoolorexie c'est à dire le fait de manger moins pour ressentir plus vite les effets de l'alcool. Selon une étude menée par l'Université du Missouri, ce phénomène toucherait jusqu'à 16% des jeunes adultes (18-25 ans) et se rencontre surtout chez les jeunes filles. En limitant les calories ingérées avant une soirée alcoolisée, les partisans de l'alcoolorexie favorisent donc l'ivresse, la précocité de l'ivresse. Pour paraphraser les anciens, ils "ne font pas les fondations" ! En effet, lorsque nous sortions, on nous conseillait toujours de manger convenablement avant pour justement limiter l'ivresse; c'est ce que l'on appelait "faire les fondations", comme pour une construction qui ne peut pas être solides sans de bonnes bases... Se priver de manger avant de boire de l'alcool c'est s'amputer de ces bases ! Les motivations des alcoolorexiques sont de trois ordres :
1° rester mince : ce qui peut être le début de l'anorexie;
2° être ivre plus rapidement : ce qui s'apparente au binge drinking;
3° dépenser moins d'argent pour être saoul : ce qui tend à démontrer que, pour les jeunes adultes, l'amusement est totalement indissociable de l'état d'ivresse, c'est le premier pas sur le chemin de l'alcoolisme pur !

Par delà l'aspect éthique de la chose - est-il normal ou moral de devoir s'enivrer pour s'amuser ? -, le phénomène doit alerter les autorités sanitaires car l'alcoolorexie représente un réel danger pour la santé. "Pris séparément, priver le cerveau de nourriture et consommer de grandes quantité d'alcool sont dangereux. Ensemble, ces deux comportements peuvent entraîner des problèmes cognitifs(1) à court et à long termes"(2) explique Victoria Osborne, Chercheuse à l'Université du Missouri. Les jeunes femmes sont doublement concernées par ce phénomène semble-t-il très tendance parce qu'elles sont plus nombreuses à le pratiquer (ndlr trois femmes pour un homme sont concernées) et parce qu'elles sont davantage exposées aux problèmes de santé liés à l'alcool que les hommes. "Les femmes ont plus de tissus adipeux et moins d'eau dans leur organisme ainsi qu'une quantité moindre de l'enzyme de métabolisation de l'alcool" confirme Victoria Osborne. Le corps féminin métabolise l'alcool de façon moins efficace que le corps maculin et est donc davantage exposé à ses effets. Le fait que les jeunes femmes soient plus concernées par l'alcoolorexie peut s'apparenter à une forme d'autodestruction lente et inconsciente.  Les comas liés à l'alcoolorexie sont plus graves parce que le cerveau à jeun est en état d'hypoglycémie sans compter que, toujours selon Victoria Osborne, "les jeunes femmes qui associent régulièrement ventre vide et alcool sont également plus susceptibles d'avoir des relations sexuelles à risque, de se droguer ou de contracter une maladie chronique"(3)...

Chez nous, l'alcool chez les jeunes est un réel problème. Selon une étude du CRIOC, 40% des Belges de 10 à 17 ans sont des consommateurs réguliers d'alcool. Le phénomène des alcooliers (contraction d'alcooliques et d'écoliers) est de plus en plus préoccupant; le binge drinking s'amplifie, nul doute que l'alcoolorexie suivra ce même chemin. Il est urgent que les autorités belges prennent le problème de l'abus d'alcool chez les jeunes au sérieux. C'est un enjeu sanitaire capital, non pas de demain mais bien d'aujourd'hui !

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(1) comme la perte de mémoire, la difficulté à réagir, troubles de la pensée ou de la concentration,...
(2) L'alcoolorexie, ou manger moins pour picoler plus, on Santemedecine.net, 19 octobre 2011
(3) Manger moins pour être ivre plus vite, par Pauline Fréour, on lefigaro.fr, 21 octobre 2011

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 10:19

Pour satisfaire son besoin de consommer et de posséder, un ado Chinois met sa santé en péril.

iphonereinOn ne le répètera jamais assez, nous vivons dans une ère d'ultraconsommation. De plus en plus de ménages s'endettent pour consommer et posséder des objets inutiles la plupart du temps. Vacances lointaines au dessus-des moyens, écrans plats, technologies diverses, voiture dernier cri... il semble qu'il faille posséder pour exister dans la société actuelle. Le must étant probablement les produits Apple, pour l'instant. Depuis sa date de lancement, en 2007, l'iPhone en est déja à sa cinquième génération et, pour beaucoup, ne pas posséder le dernier modèle est une tare. Alors, chaque année, on rachète la dernière déclinaison de ce téléphone portable qui coute quand même de 650€ à 880€ en fonction de sa capacité. En France, Apple permet de financer cet appareil en étalant ses remboursement entre quatre mois et cinq ans (voir ici), il se trouve donc des gens qui achètent leur iPhone à crédit et qui en changent chaque année pour le nouveau modèle... Je suis convaincu qu'il s'en trouve qui multiplient et cumulent les crédits pour le seul plaisir de posséder le dernier cri du produit phare d'Apple ! Mais parfois, cela va encore plus loin qu'un endettement... Ainsi, pour s'offrir le dernier iPhone et un iPad, un jeune lycéen chinois de 17 ans a vendu l'un de ses reins. Il y a, en Chine, une réelle pénurie d'organes pour les greffes. Dès lors, ce jeune abrutti s'est dit qu'il pouvait financer ses envies de technologies par la vente d'un de ses organes, il a opté pour un rein après avoir vu sur le net que l'on pouvait vivre avec un seul rein. Il s'est donc mis en contact avec un réseau clandestin de prélèvement d'organes qui lui a ôté un rein dans des conditions plus ou moins bonnes afin de le revendre au marché noir pour 26.000 euros. Le lycéen-donneur a touché dix pourcents de la somme, soit 2600 euros qui lui ont permis de s'offrir un iPhone et un iPad. Evidemment, sa mère s'est rapidement demandé comment il avait pu obtenir ces deux appareils chers pour une famille moyenne chinoise. Au terme de longues insistances, la mère a fini par faire avouer son fils mais alors qu'elle escomptait qu'il avoue un vol, elle a été surprise de l'entendre dire qu'il avait vendu son rein... Immédiatement, elle a saisi la police qui a pu remonter la filière clandestine et arrêter cinq personnes, dont un chirurgien et un médecin, qui avaient organisé un véritable trafic très lucratif.

Les reins sont essentiels à l'élimination des déchets de l'alimentation mais aussi à la régulation de nos besoins en eau et en sodium. Par la régularisation du sodium et par la production de rénine, ils constituent un important régulateur de la pression artérielle. Si l'on peut effectivement vivre quasi normalement avec un seul rein, cela ne va pas sans créer des risques. Il y a déja un risque au moment du prélèvement, selon une étude de l'université de médecine John Hopkins (Maryland), le taux de décès est de 3,1 morts pour 10.000 donneurs de rein(1). Par ailleurs, il est fréquent que les personnes n'ayant plus qu'un rein présentent une tension artérielle plus élevée, avec les risques liés à cette hypertension. Vivre avec un seul rein implique une surveillance importante car si une maladie rénale se déclenche cela peut mener droit à l'hémodialyse. En effet, lorsque l'on dispose de ses deux reins et que l'un est atteint par la maladie, le second peut prendre le relais mais que se passe-t-il quand on n'a plus qu'un rein et qu'il est atteint pas la maladie ? Décider de se priver d'un rein pour des raisons aussi stupides que l'hyperconsommation est forcément une décision irresponsable, c'est choisir de jouer sa santé à pile ou face en espérant que la pièce retombera du côté de la chance...

Le Guangming Daily, un quotidien chinois parmi les plus lus, rapporte que les trafic d'organes et les greffes illégales sont monnaie courante dans l'Empire du Milieu. De plus en plus de jeunes Chinois vendent un de leurs organes pour rembourser des dettes, pour faire face à un avortement ou pour acheter des produits de haute technologie... "Sans être confrontés à la misère totale, ces jeunes gens nés dans les années 90 ont pris des décisions irréfléchies. A choisir entre leur corps et le matérialisme, ils ont résolument opté pour le second"(2) peut-on lire dans le Guangming Daily du 8 avril dernier...

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(1) Vivre avecun seul rein, par Dominique Forget, on www.lactualite.com, 4 mai 2010
(2) Chinese teen sells kidney to buy an iPhone, on www.guangming.com, 8 avril 2012

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 18:30

Le phénomène est palpable aux Etats-Unis, il le sera rapidement aussi chez nous...

ebookConséquence prévisible de l'avènement de l'internet ultramobile, le livre électronique remplace petit à petit le livre traditionnel. Il faut dire qu'avec les pc portables ou les tablettes, Les Misérables électroniques se lisent aussi facilement qu'en version papier. La numérisation de livres n'est pas une idée neuve puisqu'elle remonte à... 1971 avec le Projet Guttenberg qui consista à créer une bibliothèque de livres électroniques. A cette époque, les livres numérisés étaient des ouvrages tombés dans le domaine publics ou des textes sans copyright. Ce projet, lancé à l'Université d'Illinois et toujours existant, avait pour objectif la diffusion de la culture et la lutte contre l'illetrisme. Ce sont quelque 30.000 ouvrages qui ont été numérisés et mis gratuitement à disposition du public via le Projet Guttemberg. Pour la petite histoire, le tout premier ouvrage numérisé fut La Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis; à l'époque le fichier pesait 5ko. Si la première bibliothèque numérique remonte à 1971, il faudra évidemment attendre l'avènement du net, dans les années 90, pour que le livre électronique prenne son réel envol. En 2011, les ventes de livres électroniques prennent le pas sur celles de livres traditionnels. Les faits sont constatés, aux Etats-Unis, sur les ventes des cinq premiers mois de l'année et devraient se confirmer à l'avenir.

L'évolution est logique, même s'il restera toujours des amateurs du "vrai" livre - j'en suis ! -, la part des e-bookers grandira avec le temps. L'avènement de l'e-book s'explique essentiellement par cinq facteurs :

La facilité : les livres électroniques sont plus aisément transportables. Dans un laptop ou une tablette on peut emmener avec soi plusieurs ouvrages sans que cela ne prenne plus de place. Pour les voyages c'est plus commode.

Le coût : généralement, les livres électroniques coûtent moins chers d'autant plus qu'il se développe plusieurs groupes d'e-books libres et gratuits. On peut donc se constituer une bibliothèque électronique à des prix défiant toute concurrence. Pour les société d'édition également le facteur coût est primordial; les marges bénéficiaires sont plus importantes et les données liées à l'acquisition d'e-books leur permettent de récupérer gratuitement des informations sur les comportements de la clientète.

L'évolution du confort de lecture : jusqu'il y a peu, la lecture sur écran était moins agréable mais la technologie s'améliore et permet un meilleur confort de lecture par la forte diminution de rétroéclairage.

L'élargissement de la gamme proposée : l'éventail des possibilités de lecture s'agrandit continuellement. Grande littérature, livres techniques ou scientifiques, poésies, magazines, bandes dessinées... on peut désormais quasiment tout trouver en version électronique.

L'écologie : la numérisation de livres entraine, par corolaire, une diminution des besoins en papier et, donc, une diminution de l'abattage d'arbres. Le sensibilisation écologique liée au réchauffement climatique porte ses fruits au niveau des lecteurs qui privilégient davantage les e-books.

Mais cet avènement de l'e-book ne sera-t-il pas synonyme d'enterrement du livre relié ? Le secteur tente de rassurer en disant que le livre papier fait partie de l'Histoire humaine et qu'il continuera d'exister, ne fut-ce que pour les bibliophiles qui ne peuvent se passer des plaisirs olfactifs et tactiles liés à la possession d'un livre relié. Certes, les livres déjà écrits seront encore disponibles mais seront-ils réédités ? En effet, un livre relié ça vit, ça s'use et ça finit par s'abimer. Pareillement, les nouveautés seront-elles - à moyen terme - encore publiées en version papier ou bien, conquises par les marges bénéficiaires plus intéressantes de la numérisation, les sociétés d'édition finiront-elles par se consacrer uniquement aux livres électroniques ? Après tout, Borders l'énorme chaine de librairies américaine ne vient-elle pas de fermer ses magasins pour se recentrer sur la vente par internet (pour écouler les stocks ?) et l'e-booking ? Après tout le grand public n'achète-t-il pas et ne lit-il pas moins de livres ? A New York, les designers utilisent désormais le livre relié comme objet de décoration et, pour couronner le tout, Ikea dont on sait la faculté de s'adapter aux évolutions, transforme son célèbre meuble-bibliothèque Billy en meuble à bibelots... C'est aussi un signe !

Source : Communication

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:43

A propos d’une société qui a toujours du mal à accepter les étrangers et les homos…

 

rachom.jpgLa semaine de lutte contre le racisme bat son plein, c’est le moment que choisi l’ENAR (European Network Against Racism – Réseau Européen contre le Racisme qui regroupe quelque 700 associations de lutte contre le racisme) pour publier son rapport sur le racisme et les discriminations qui y sont liées en Belgique (ndlr chaque pays de l’UE a été rapporté). Que ressort-t-il de ce rapport ? Et bien que, probablement à cause de son passé colonialiste, la Belgique est un pays ou le racisme est une réalité structurelle. C'est-à-dire que les comportements racistes sont bel et bien ancrés dans les structures de notre pays. S’en étonner serait contraire au réalisme ! Il y a trois ans, une enquête menée par le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme montrait qu’un Belge sur trois est raciste et l’assume. ‘’Un tiers des personnes interrogées se déclarent intolérantes envers les minorités ethniques. Parmi celles-là, 30 % pensent que certaines races sont plus douées que d’autres’’(1) concluait cette enquête. Mais par delà les enquêtes et les chiffres théoriques, il y a les comportements, les faits avérés. L’Histoire récente de notre pays nous rappelle que le racisme est solidement arrimé aux mentalités. Le 13 décembre dernier, la fusillade de la Place Saint-Lambert à Liège à nourri les sentiments anti-maghrébins et islamophobe d’une frange importante de la population. Quantité de commentaires laissés sur certains sites d’informations ou sur les réseaux sociaux suintaient le racisme ordinaire, probablement le pire de tous car il n’est même pas assumé. Le racisme ordinaire, celui dont les phrases les plus sempiternelles commencent par : ‘’Je ne suis pas raciste mais…’’, celui que l’on entend le plus banalement du monde dans le bus, à la caisse d’un grand magasin, dans la rue… Par delà ce racisme ordinaire qui a toujours existé en Belgique – cela remonte aux immigrés des premières générations de Polonais, d’Italiens, d’Espagnols, de Marocains ou de Turcs qui sont venus par vagues successives pour travailler dans les mines belges – on relève une quantité de passages à l’acte inquiétant. Rappelons-nous, au printemps 2011, des gestes imbéciles de certains qui avaient écrit des slogans islamophobes et déposer une tête de cochon sur un bâtiment destiné à accueillir une mosquée à Lodelinsart. Souvenons-nous aussi de la folle équipée d’Hans Van Themsche, en 2006, à Anvers dont le but était ouvertement de tuer le plus d’étrangers possible. Ce skinhead n’avait fait ‘’que’’ deux victimes avant d’être arrêté par la police. Peut-être vous rappelez-vous encore de Rik Vannieuwenhuyse ? C’était le patron d’une petite PME flamande, près de Roulers, qui employait une Marocaine portant le voile ; il avait reçu plusieurs menaces de mort d’un corbeau qui fustigeait le fait qu’il emploie une travailleuse voilée. Sous la pression, Vannieuwenhuyse avait vendu son entreprise…

Ainsi donc en Belgique un type peut entrer dans une armurerie acheter un fusil et faire un carton dans la rue sous prétexte que les gens qu’il vient de tuer ne sont pas de ‘’la race qui lui convient’’… Un autre type peut donc être menacé de mort parce qu’il autorise un voile. Et pire encore, il se trouve des gens, des citoyens lambda, pour approuver ces gestes, les saluer et en réclamer d’autres du même genre ! Le racisme en Belgique, il convient aussi de le souligner, ne va pas que dans un sens. Non, il existe du racisme anti-arabes, anti-noirs, anti-belge ou anti-italiens. Si un Martien débarquait sur terre et qu’il s’installait en Belgique, il se développerait, j’en suis sûr, un racisme anti-martien…

Mais la race n’est pas le seul critère de rejet ou d’exclusion. L’orientation sexuelle en est un autre d’importance. Les agressions homophobes se multiplient en Belgique, rien que sur l’année écoulée Anvers, Schaerbeek, Bruxelles, Virton, Liège ou Gand ont été touchées par le phénomène. Selon le collectif Outrage!, dont le but est de lutter contre l’homophobie, six membres sur dix de la communauté holebi(2) de Belgique ont déjà été agressés verbalement, 20% de cette communauté ont déjà reçu des menaces et 10% ont été victimes d’agression(3). Le phénomène prend réellement une ampleur sérieuse en Belgique, il est renforcé par le fait que beaucoup d’agressions homophobes ne sont pas signalées à la police… les chiffres officiels semblent donc largement en-dessous de la réalité.


Ainsi donc, en Belgique, un type peut en tabasser un autre uniquement parce qu’il est homo ! Bien qu’apparemment communément acceptée, l’homosexualité reste un tabou réel en Belgique – comme dans beaucoup d’autres pays d’ailleurs – et de nombreuses discriminations y sont liées. Elle se niche aussi dans les actes les plus banals de la vie de tous les jours. Insultes, quolibets, moqueries… Bref il n’est pas facile d’être homosexuel dans la société actuelle. Et pourtant, il est de bon ton, à la télé ou dans les magazines, de mettre en avant l’homosexualité, de tenter de la banaliser (ndlr à prendre ici dans le sens de la rendre ‘’normale’’, ‘’acceptée’’) mais cela reste surtout de la théorie. Ceci dit je ne suis pas sûr que cette homophobie à peine latente ne soit pas, en partie entretenue, par certaines manifestations – type gay pride ou gay parade – qui ne montrent pas, à mon sens, le côté le plus raffiné des homos… Attention soyons clairs, ces manifestations ne me dérangent pas le moins du monde il faut, cependant, convenir que d’aucuns puissent les prendre comme des provocations. Clairement, je ne suis pas convaincu qu’elles servent la cause homosexuelle aujourd’hui !

Ainsi donc la Belgique souffrirait des relents de racisme et d’homophobie ! Le constat est triste à poser mais il est bien réel. Dans les faits, ils sont plus présents au nord du pays. Il suffit pour s’en convaincre de voir, ces dernières années, la montée du Vlaams Belang qui arrive dans certaines villes à un tiers de voix et compte 12 élus à la Chambre et 5 au Sénat. Au niveau local, le VB à doublé ses élus communaux entre 2000 et 2006. En Wallonie, l’extrême droite n’est pas structurée et ne parvient pas trop à décoller à cause de la médiocrité de ses cadres ; si l’on peut s’en réjouir, cela ne doit pas masquer la réalité du racisme et de l’homophobie ordinaires présents au quotidien en Wallonie. Rappelons-nous aussi qu’entre 2003 et 2009 alors qu’il était un peu mieux structuré, le FN avait des représentations dans plusieurs institutions communautaires, régionales, provinciales et locales… 2009, c’était hier et ce pourrait être demain ! J’ai entendu souvent dire qu’en Belgique le vote vers les partis d’extrême droite est un vote de sanction à l’égard des partis traditionnels ; je ne peux plus le croire ! Certes, il y a des déçus de la politique menée par les partis démocratiques qui posent un choix de sanction en votant à l’extrême droite mais je suis aujourd’hui convaincu qu’il ne s’agit que d’une minorité… Les voix de l’extrême droite, en Wallonie comme en Flandres, sont l’apanage des gens qui sont soit profondément soit en surface racistes et homophobes !


Pour être petit-fils d’immigré, vivant avec une étrangère, je ne peux que dire et redire que le Belge moyen est raciste et homophobe ! Ce n’est pas une généralité, heureusement, mais quand même une majorité… Il suffit de tendre l’oreille et d’ouvrir l’œil pour s’en rendre compte ; propos et gestes qui vont en ce sens se déclinent au quotidien. Beaucoup refoulent ce double sentiment mais il revient parfois à la surface, au moment où on ne s’y attend pas, dans la bouche ou les gestes de quelqu’un dont on ne s’y attend pas… Aujourd’hui encore être étranger ou homosexuel – pas de chance pour celui qui est le deux ;o) – constitue un frein à l’engagement et même parfois au logement… pourtant les barrières placées pour cause de race ou d’orientation sexuelle constituent bel et bien une entrave à la loi du 25 février 2003. Mais plus encore que la faute légale qui résulte de comportements racistes et/ou homophobes, il y a simplement l’imbécillité d’ainsi agir… Ne sommes-nous pas tous humains ? Pédés, hétéros, blacks, blancs, beurs, gouines, gays,… tout ça ne sont que des mots qui s’adressent à des êtres humains certes différents mais assurément complémentaires !

 

Lire le rapport de l’ENAR

 

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(1) Un Belge sur trois est raciste et l’assume, par Violaine Jadoul, on www.syfia.info, 30 avril 2009.
(2) holebi = homosexuels-lesbiennes-bisexuels
(3) Une application pour dénoncer l’homophobie en Belgique, on www.rtl.be, 18 janvier 2012

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 12:32

A Londres, une publicité n'est visible que par les femmes... Original ou dangereux ?

plan.jpgPlan est une ONG qui lance, à Londres, une campagne de sensibilisation sur le droit des femmes à l'éducation dans les pays dits en voie de développement. Cette campagne de pub, intitulée "Because I'm a girl", axée sur la capitale anglaise, repose sur un clip court qui présente trois jeunes filles de 13 ans, une Anglaise, une Malienne et une Thailandaise, qui parlent de leur vie de tous les jours... avec ou sans accès à l'éducation. Ce clip d'une quarantaine de secondes est diffusé, dès ce 1er mars, dans un abribus de la célèbre Oxford Street, une artère commerçante de Londres qui relie Hyde Park à Kingsway, et il attire de nombreux patients qui veulent découvrir le contenu du spot diffusé sur cet écran interactif qui ne fonctionne que lorsque l'on s'approche du panneau. Mais le spot de Plan présente une particularité de taille : il n'est visible que par les femmes ! Il n'y a aucun caractère sexiste derrière cette démarche assure Plan, juste une façon de sensibiliser les hommes d'une façon particulière. "Nous ne donnons pas aux hommes le choix de voir ce film afin qu'ils aient une idée de ce que cela fait lorsque l'on est privé d'un droit basique"(1) explique Marie Staunton, Présidente de Plan au Royaume-Uni. Les hommes ne sont pas totalement exclus de la campagne, l'idée est des les informer différemment afin de susciter, chez eux, une prise de conscience. Ainsi, lorsqu'ils s'approchent de abribus dans lequel est diffusé le spot publicitaire, les hommes sont simplement renvoyés, par un message court, vers le site internet de Plan où ils recevront, s'ils le désirent, l'information relative à la campagne de sensibilisation.

Comment cette distinction basée sur le sexe est-elle possible ?

Le principe repose simplement sur un système de reconnaissance faciale. Dans le panneau, sur l'écran qui diffuse le spot, des capteurs reconnaissent les femmes en mesurant l'écart pupillaire, la largeur du nez et la taille de la machoire. Développé par la société Clear Channel UK, cet écran constitue le sommet du high tech actuel, il intègre la technologie multitouche, une caméra haute définition à grand angle et des capteurs 3D, le tout permettant donc la reconnaissance faciale.

Avec cette campagne, dont le coût est estimé à 30.000 livres, Plan espère récolter un quart de millions de livres destiné à faciliter l'accès à l'éducation des jeunes filles dans les pays en voie de développement. Selon l'ONG, cette campagne doit toucher, de façon différente, les femmes, les hommes, les filles et les garçons afin de réduire la discrimination à laquelle doivent faire face les filles en matière d'éducation dans beaucoup de pays à travers le monde. Il s'agit d'attirer l'attention sur un problème social international par la technologie.

Reste que si l'idée est originale, la technologie qui l'autorise a de quoi faire froid dans le dos ! Elle n'est pas sans rappeler certains films futuristes qui plongent la société de demain dans un monde asseptisé, formaté, qui favorise l'exclusion de certains qui ne répondent pas aux critères définis par les plus hautes autorités. De plus en plus la société actuelle ressemble aux sociétés futuristes effrayantes décrites dans les ouvrages d'anticipation d'il y a quelques décénnies... La possibilité de ne rendre accessible de la publicité - et par conséquent toute autre forme d'information - qu'en fonction de certains critères physiques est dangereuse voire liberticide. Elle pourrait concourir à une forme d'apartheid physique... Prenons-y garde !

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(1) Advert on Oxford Street shown only to women, on www.bbc.co.uk, 20 février 2012

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 12:59

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme estime à six mille le nombre de personnes tuées en Syrie depuis le début du Printemps Arabe... Bachar El-Assad porte la responsabilité de ces morts !

 

bae.jpgLorsqu'il succède à son père Hafez El-Assad, en 2000, Bachar El-Assad est perçu par la population syrienne comme un réformateur qui se fixait pour mission de démocratiser le pays. Rapidement, un vent de liberté souffle sur le pays, le nouveau Président libère de nombreux prisonniers politiques et une certaine liberté d'expression s'installe par les voix d'intellectuels trop longtemps réduits au silence. D'aucuns avancent même la fin de l'état d'urgence décrété en 1963 par Amin Al-Hafez suite au coup d'état qu'il mena lors de la grande période d'instabilité politique en Syrie. Mais bientôt, sur pression des Conseillers de son père qui craignent cette libéralisation du pays, Bassar El-Achad met un frein à cet embryon de démocratisation de la Syrie. Il renforce l'interventionnisme de l'état et fait emprisonner plusieurs centaines d'intellectuels qui osent s'exprimer en dehors de la ligne de conduite fixée par le Gouvernement. Lorsqu'éclate, en décembre 2010, la révolte tunisienne qui donna naissance au Printemps Arabe, la population syrienne ne met pas longtemps pour embrayer. Le pays est place sous le joug d'El-Assad et de son Gouvernement, la corruption est érigée en pratique courante, les Droits de l'Homme sont bafoués et la police est ultraprésente. Les manifestations, les rassemblements et les sit-in débutent en février 2011; le revendications populaires sont claires : davantage de liberté et de démocratie, levée de l'état d'urgence, réforme de l'état et départ du Président El-Assad. Immédiatement Bachar El-Assad réprime les différents mouvements par la force et la violence. Les arrestations se multiplient et les Moukhabarat (services secrets) entrent en action, par tous les moyens, afin de tenter de maitriser la situation. Celle-ci se dégrade pourtant très vite. Le pays est au bord du chaos au mois de mars, des bâtiments (dont le siège du parti Baas d'El-Assad) sont incendiés et les manifestations dans plusieurs grandes villes - Damas, Deraa, Homs, Banias... - se transforment en émeutes qui finissent en bain de sang. L'organisation internationale Human Rights Watch, dont la mission est de veiller au respect des Droits de l'Homme s'alarme et évoque un "véritable massacre" mené par les autorités syriennes à l'encotre des populations qui manifestent dans les rues. Les arrestations se multiplient, souvent arbitraires toujours violentes.

Malgré la répression, le mouvement de colère populaire s'étend à l'ensemble du pays. El-Assad a recours à l'aviation militaire pour le bombardement de plusieurs quartiers dans différentes villes du pays. Ces frappes aériennes engendrent des zones totalement privées d'accès, sans possibilités de soins pour les blessés ni acheminement de vivres. Les morts s'accumulent, des civils pour la grande majorité. Dans le même temps, sûr de son fait, Bachar El-Assad clame que son pays est victime de groupes armés soutenu et financé par des pays étrangers dans le but de déstabiliser la Syrie... En août 2011, l'ONU condamne l'utilisation de la force par les autorités syriennes à l'encontre de la population et un Conseil National Syrien est mis en place afin de coordonner les actions à l'encontre du régime d'El-Assad mais ce CNS ne reçoit que peu de crédit aux yeux internationaux. Seuls les Etats-Unis, la France, l'Espagne et la Libye (elle aussi doté d'un Conseil de Transition) apportent leur reconnaissance officielle. Est-ce par "peur" des menaces syriennes de prendre des mesures contre tout état qui reconnaitrait le CNS ou simplement par manque d'intérêt pour la situation de la population syrienne voire encore par intérêt diplomatico-commercial que les autres nations mondiales n'ont pas reconnu le Conseil National Syrien comme légitime ? Pire encore, certaines nations - la Chine, la Russie et le Vénézuela notamment - apportent, directement ou indirectement, leur soutien à Bachar El-Assad alors que la population syrienne vit l'enfer au quotidien.

Il est difficile voire impossible d'établir un compte précis mais le haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme avance le chiffre de 6000 personnes tuées par la répression de Bachar El-Assad, d'autres sources, comme l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, avancent plutôt le chiffre de 7600 morts... Avant-hier encore, 68 civils ont été abattus par l'armée (ndlr dont le chef suprême est Bachar El-Assad promu Général en Chef des Armées syrienne lors de son intronisation à la présidence du pays) alors que hier c'étaient deux journalistes, Remy Ochlik et Marie Colvin qui mourraient dans le bombardement (délibéré selon The Telegraph d'hier) d'un centre de presse à Homs. Selon le journaliste français Jean-Pierre Perrin, les autorités syriennes savaient très bien ce qu'ils visaient, elles savaient qu'en détruisant ce centre de presse elles anéantiraient aussi la sortie d'informations vers les pays étrangers. Dans son dernier reportage pour la BBC, Marie Colvin dénonçait une situation dramatique mettant en exergue la mort d'un enfant de deux ans victime d'une balle militaire. "Cette situation revient quotidiennement" concluait-elle... Ce dernier reportage était parti du centre de presse détruit le lendemain par les frappes militaires d'El-Assad ! A son tour, le Comité International de la Croix Rouge tire le signal d'alarme car il ne peut plus acheminer l'aide utile aux blessés. "La situation actuelle exige qu'une décision soit prise immédiatement pour qu'une pause humanitaire puisse être instaurée"(1) déclare Jacob Kellenberger avant d'ajouter que "A Homs et dans d'autres zones touchées des familles entières sont bloquées chez elles depuis des journées, sans pouvoir sortir pour acheter du pain, d'autres vivres, de l'eau ou accéder à des soins médicaux"(1)...

L'assassinat de plusieurs milliers de civils depuis le mois de février 2011 fait de Bachar El-Assad un meurtrier de masse... un Tueur en Syrie ! Il est temps que la communauté internationale agisse, qu'elle ne se contente plus de paroles de condamnation mais qu'elle organise une intervention pour libérer la Syrie du joug de cette crapule d'El-Assad !

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(1) 68 nouveaux civils morts en Syrie, par AFP, on http://tempsreel.nouvelobs.com/, 22 février 2012

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