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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 12:34

La crise économique pousse davantage de Belges vers les maisons médicales et les soins gratuits.

sante-chere.jpgLe constat est posé par le quotidien De Standaard de ce matin, le nombre de Belges qui a recours aux soins gratuits a explosé. Il est passé de 123.000 en 2004 à 250.000 en 2011(1), soit plus du double. Dans le même laps de temps, le nombre de centres de soins communautaires (ou maisons médicales) a aussi plus que doublé, passant de 51 à 110, dans notre pays. Selon De Standaard, ce chiffre est appelé à aller encore à la hausse dans les années à venir. La Ville de Gand, par exemple, dispose de huit centres de soins communautaires et ne peut plus faire face à la demande.Ce sont plus de 6000 patients qui ont recours aux maisons médicales gantoises pour une vingtaine de travailleurs de la santé qui y travaillent, précise le Pr Thierry Christiaens(1), qui exerce notamment dans des centres de soins communautaires brugeois et gantois. Un neuvième centre ouvrira donc ses portes au début 2013 ! La crise économique semble être le facteur principal de cette explosion de patients qui se tournent vers des soins gratuits ou meilleurs marché. "On estime que deux tiers de nos patients vivent dans des conditions difficiles, n'ont pas beaucoup d'argent" explique également Thierry Christiaens(2) "Ces dernières années, nous avons vu plus de réfugiés et de migrants mais le nombre de Belges a aussi fort augmenté. Ils nous disent qu'ils ne peuvent pas se permettre de payer pour leur soins de santé"(2). Un constat qui est confirmé par Francina, une patiente de 72 ans qui se rend trois fois par semaine dans un centre de soins communautaires de Gand pour soigner ses pieds fortement touchés par le diabète dont elle souffre. "Loyer, eau électricité, vous savez ce que ça coute ? Mon loyer vient d'augmenter de 10 euros. Je gère mon argent au mieux mais à la fin du mois il ne me reste rien de ma pension"(3) dit-elle dans la carte blanche que lui offre De Standaard. Alors elle n'irait pas chez le médecin, au péril de sa vie car les pieds diabétiques nécessitent des soins sérieux, si elle devait payer...

Dans notre pays, 20% de la population n'ont pas les moyens de payer des soins de santé ! La Belgique est connue pour sa grande accessibilité aux soins, les mutuelles absorbant une très grandes parties des frais liés aux soins et pourtant une étude réalisée en 2011 montre qu'un Belge sur cinq n'a pas les moyens financiers de se soigner(4). Car, si les mutuelles remboursent tout ou partie de certains soins de santé selon les cas, il faut garder à l'esprit que tous les soins de santé n'intègrent pas la nomenclature, c'est à dire la liste officielle des soins remboursés. Par ailleurs, il faut souvent d'avancer la somme du coût d'une consultation ou d'un soin avant de se faire rembourser. Enfin, la proportion de Belges qui ne sont pas en ordre de mutuelle (cotisations impayées et/ou documents pas à jour) est également en croissance ce qui entraine, évidemment, la non-prise en charge de leurs soins. Selon l'Enquête Belge de Santé menée en 2010, une famille belge débourse, en moyenne, mensuellement 125 euros en soins de santé. Pour de plus en plus de famille, cette somme devient impossible à débourser...

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(1) Crisis blijft belgen naar gratis zorg, par Maxie Eckert, in De Standaard, 2 août 2012
(2) Gratis zorg succes bij patiënt en arts, par Maxie Eckert, in De Standaard, 2 août 2012
(3) "Ik ga niet naar de dokter als het geld kost", par Francina Vervaeke, in De Standaard, 2 août 2012
(4) Chère santé..., par Olivier Moch, on www.actadiurna.be.ma, 7 décembre 2011

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 13:47

L'entraineur d'une équipe anglaise de foot vient de licencier huit joueurs par SMS. Si ce n'est guère éthique, ce n'en est pas pour autant illégal !

fired-by-sms.jpgLe SMS fait partie de nos vies quotidiennes désormais. Il s'en échange quelque 200.000 chaque seconde à travers le monde; selon le site Planetscope, qui se revendique comme étant un lieu de statistiques mondiales écologiques en temps réels, il s'est envoyé 3.327.046.870.516 SMS(1) depuis le 1er janvier dernier (ndlr parmi ceux-là, 18 sont à moi !!!). Ces petits message rapides polluent même bien souvent nos téléphones car ils ne sont pas toujours porteurs de contenus intéressants. Les forfaits SMS illimités contribuent d'ailleurs à ce flot de SMS sans intérêt... Selon un article que j'ai lu voici quelques temps déjà, les message les plus souvent envoyés par SMS seraient : ''T'es où ?'' (bonjoour le flicage privé) et "J'arrive" (quel est l'intérêt de dire qu'on arrive... puisqu'on arrive ?) ce qui témoigne du haut-niveau d'importance des messages envoyés. Mais, ne soyons pas réducteur, il arrive que l'on reçoive des SMS de haute importance, c'est le cas de huit joueurs de l'équipe de football de Preston North End, qui évolue en League One, l'équivalent anglais de la troisième division belge. Ces huits gaillards se sont vu signifier leur licenciement pour faute de résultats. La saison dernière, Preston est descendu de FL Championship (deuxième division) alors que les ambitions étaient plutôt à la montée en Premiere League... "Mon gars, tu es un des huits joueurs qui va devoir quitter le club avant le début de la saison. Tu vas suivre des entrainements à l'écart et ne seras plus admis aux entrainements de l'équipe première. Ton programme d'entrainement débute le 10 juillet et non plus le 3 juillet. Je t'enverrai plus de détails plus tard, d'ici là tu es libre de négocier avec un autre employeur mais je souhaite être tenu au courant"(2). Les SMS est clair, les huit joueurs qui l'on reçu n'entrent plus dans les plans de Graham Westley, le coach de Preston. Ce cas de licenciement par SMS n'est pas une première, loin s'en faut. Ainsi, par exemple, en décembre 2010, la société pharmaceutique Sanofi-Aventis a licencié, aux Etats-Unis, 1700 salariés par un simple SMS. Ce genre de pratique n'est pas géographiquement lointaine, selon le site HrWorld on recense en Belgique de plus en plus de licenciements par SMS, ce seraient les Délégués commerciaux, très souvent sur la route, qui seraient les plus exposés. Le même site évoquait encore le cas d'un chauffeur licencié, en 2010, de la sorte par son employeur. En France, en avril 2009, la situation d'un commercial qui avait été licencié par SMS alors qu'il se rendait en visite chez un client avait largement été relayé par plusieurs médias. Chez nous, on note encore les licenciements via SMS de 45 employés de GSK en mars 2012, d'un ouvrier du bâtiment en décembre 2008 ainsi que celui de deux employées d'un asbl hennuyère en 2007. Le licenciement par SMS est donc bel et bien une pratique réelle !

Un employeur peut-il licencier par SMS ? Un recommandé n'est-il pas obligatoire ?

En France, il existe comme un flou en la matière. "Le salarié doit obligatoirement recevoir une lettre recommandée ou une lettre remise en main propre contre décharge avant la phase d'entretien de licenciement. Il est absolument impossible de licencier par texto puisque ce n'est en rien une preuve de réception de courrier, contrairement à une lettre recomandée"(3) explique Alexandre Varaux, avocat au Barreau de Paris. Mais cette position doit être tempérée puisque le code français du travail prévoit que le l'annonce d'un licenciement doit être stipulée par écrit et que cet écrit doit répondre à certaines obligations comme la date et l'heure de la phase d'entretien. Ce code précise aussi qu'il doit y avoir un délai d'au moins cinq jours entre la réception de cet écrit et la phase d'entretien. Dès lors, l'employeur doit être capable de prouver l'envoi et la réception de l'écrit... Ce qui est tout à fait possible avec des SMS ! "Aucune jurisprudence n'interdit l'usage du SMS pour convoquer à un entretien préalable au licenciement" confirme Maître Nicol, avocat au Barreau de Lyon. Dès lors, le licenciement par SMS, son annonce en tous cas, pourrait être acceptée légalement !

En Belgique, selon Securex, un secrétariat social, le législateur n'impose aucune obligation quant à la communication du licenciement(4). Un travailleur peut donc être informé de son licenciement par tous les moyens possibles : oralement, par lettre, par fax, par e-mail et, donc, par SMS. Dans le cas d'un licenciement par SMS, le travailleur est dispensé de la prestation de son période de préavis, mais il peut y avoir droit s'il le souhaite. Bien que la pratique du licenciement par SMS puisse être discutable, elle est donc totalement légale dans notre pays ! Finalement, quelle différence y a-t-il entre une lettre recommandée ou un SMS qui stipule une rupture de contrat ? Le résultat est le même, c'est souvent inattendu et cela fait mal... Tout juste peut-on stigmatiser le manque de tact du SMS qui réduit, somme toute, l'annonce du licenciement à un petit mot, sans mise en forme et écrit du pouce en moins d'une minute. Mais le manque de tact n'est-il pas l'apanage des RH modernes ?

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(1) au moment donné 11 juillet 2012 à 13h54.
(2) Don't turn up to training, boss Westley texts Preston eight, par Simon Jones, on dailymail.co.uk, 6 juillet 2012.
(3) Licencier par SMS, est-ce possible ? par Hanane Faro on lexpress.fr, 17 juillet 2007
(4) "T viré LOL" ou licenciement pas SMS... Quelle Validité ? on neo-rh.com, 15 septembre 2010

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 13:35

Alors que la Secrétaire d'Etat américaine indique dans un rapport qu'il y a 27 millions d'esclaves à travers le monde, Adidas propose ses Slave-Baskets avec des chaines aux chevilles...

adidansle-das.jpgEn début de semaine, Hillary Clinton évoquait un rapport de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) qui recense quelque 27 millions de victimes de l'esclavage moderne. L'Asie et le Pacifique sont les régions du monde les plus concernées par ce phénomène qui est tout sauf anodin. Officiellement, l'esclavage est aboli depuis le 19è siècle(1) dans la très grande majorité du monde (1833 en Angleterre, 1847 en Turquie, 1848 pour la France...) mais il reste cependant de nombreuses persistances notamment dans l'Afrique subsaharienne, dans le sous-continent indien ou dans la péninsule arabique. Que l'on ne s'y trompe, on relève ponctuellement quelques cas chez nous aussi, rappelons-nous du cas de Mehret Kifele Gebremusie, une jeune Erythréenne réduite à l'état d'esclave dans un appartement bourgeois de Boulogne-Billancourt, c'était en 1996, ou encore de Latita qui vivait sous la coupe d'un diplomate indien, en plein coeur de Paris dont le cas fut révélé en 1999. A Londres, Mende Nazer a vécu huit ans à l'état d'esclavage avant de parvenir à s'enfuir mais il reste, à ce jour selon le Ministère anglais de l'Intérieur, quelque 5000 esclaves en Grande-Bretagne(2). "En dépit de l'adoption de traités et de lois qui interdisent l'esclavage, les faits montrent que bon nombre d'hommes, de femmes et d'enfants vivent en esclaves des temps modernes [...] Leurs histoires nous rappellent ce type de traitement inhumain dont nous sommes capables en tant qu'être humain"(3).

Et quasiment dans le même temps que la présentation de ce rapport, la société allemande Adidas présentait, via son compte facebook, un nouveau modèle de chaussures de détente de sa collection automne-hiver 2012-2013. Le modèle, imaginé par un créateur de mode et designer américain dont il est préférable de taire le nom afin d'éviter de lui faire de la publicité, est somme toute banal mais il présente "l'originalité" d'être surmonté de chaines et lanières en caoutchouc qui s'attachent aux chevilles tout comme s'attachaient les entraves des esclaves. Evidemment, Adidas a été la cible de nombreuses critiques et s'est défendue d'une quelconque allusion à l'esclavagisme tout en présentant des excuses à ailettestoutes les personnes qui ont pu être offensées par le modèle... La firme allemande n'hésite cependant pas à qualifier ce modèle de "créatif, original et joyeux"(4) ! Ce n'est personnellement pas les qualificatifs que j'aurais utilisés pour définir le travail de ce styliste américain à qui l'on doit d'ailleurs également un modèle à ailettes (voir l'illustration ci à gauche) du pire effet. Faut-il qu'un styliste soit mauvais pour proposer autant de modèle de mauvais goût ! Plusieurs personnes, simples quidams ou personnalités reconnues à l'image du Révérend Jesse Jackson, ont fustigé la promotion d'un tel accessoire de mode au goût déplacé. Adidas a finalement décidé de retirer le modèle de sa page Facebook, il ne devrait pas non plus être commercialisé comme il aurait du l'être à la rentrée prochaine.

Le marketing et le commerce ont leurs limites, avec ce modèle Adidas les a franchies. Autant peuvent-ils invoquer la non-intention de heurter, autant les dirigeants de la société ont la responsabilité de tenir compte de toutes les perceptions possibles d'un produit avant de le mettre sur le marché... Ca n'a pas été le cas avec ce que d'aucuns ont déja surnommé les "slave-baskets" !


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(1) certains pays comme l'Arabie Saoudite (1962) ou la Mauritanie (1981) ont attendu le 20è siècle pour abolir officiellement l'esclavage.
(2) Moi, Mende, Esclave à Londres, par Stéphanie Trouillard, on slateafrique.com, 4 novembre 2011
(3) Clinton : 27M victims of modern slavery, on upi.com, 20 juin 2012
(4) Adidas : quand les baskets "racistes" créent la polémique, par Vincent Bonhomme, on roadsmag.com, 19 juin 2012

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 12:55

Note à l'attention de certains incultes : bien sûr qu'il y a des églises catholiques en terre musulmane !

egliseenpaysmusulman.jpgUn article publié ce matin sur le site internet de La Meuse a retenu mon attention. Cet article évoquait la construction d'une mosquée à Liège(1) et ce qui attira mon attention fut, évidemment, les réactions des lecteurs du site. Je vous fais grâce de la pauvreté de la syntaxe de ces interventions ainsi que des fautes d'orthographes qui les jalonnaient pour en venir immédiatement sur le racisme primaire, le manque de connaissances et de culture des intervenants. "Comment est-il possible qu'on laisse construire une mosquée à Liège ?" ou encore "On n'est plus chez nous !" Voilà synthéthisées les remarques que l'on pouvait lire sous cet article... En matière de religions, la Belgique n'est pas un état laïc mais bien un état neutre. Notre pays reconnait la religion musulmane comme elle reconnait les religions catholique, israélite, orthodoxe, protestante, anglicane ou encore la laïcité. Cette reconnaissance s'assortit nécessairement d'un financement... Et pourtant, en terme de financement, l'égalité n'est pas de mise ! Selon le Baromètre du Religieux(2), il y  a 12% de personnes qui se revendiquent de confession musulmane en Belgique pour 43% de catholiques; cependant, selon des chiffres fournis par l'ULB(3), le culte catholique reçoit 79,2% du budget alloué par l'Etat au financement des cultes... le culte islamique ne reçoit que 3%. Il y a un réel déséquilibre ! Mais, par dessus tout, à partir du moment où l'on vit dans un pays qui reconnait différentes religions, il convient d'accepter que ces religions puissent disposer de lieux de prières où exercer leur culte. Il ne viendrait à personne l'idée de dire à un club de baseball qu'il ne peut pas avoir un terrain où pratiquer... Tout cela pour exprimer que la construction future de cette mosquée à Liège me parait logique dans un état neutre qui reconnait les différents cultes religieux.

M
ais parmi les commentaires qui fusaient sous l'article de La Meuse, les plus heurtants étaient, pour moi, ceux qui disaient en substance "le jour où l'on pourra construire des églises chez eux, on discutera de construire des mosquées chez nous"... C'est une pauvre remarque, même pas un argument, que l'on entend souvent dans le chef de ceux qui vomissent la religion musulmane ! Mais de quelle inculture font preuve ceux qui avancent cet argument... Saint-Jean-le Baptiste, à Manille en Indonésie, un pays qui ne compte que 3% de catholiques, ce n'est pas une église en pays musulman ? L'église de la Vierge Marie, à Mardin en Turquie, ce n'est pas un édifice catholique en pays musulman ? Notre-Dame-de-Lourdes, à Casablanca, ce n'est pas une église catholique en pays musulman ? Au Pakistan, République islamique où 96,3% de la population sont musulmans, l'église paroissiale de Karachi, ce n'est pas une église catholique en pays musulman ? La Cathédrale Saint-Joseph, à Abu Dhabi, capitale des Emirats Arabes Unis, ce n'est pas une église catholique en terre musulmane ? Notre-Dame-des-Oliviers, à Meknès, ce n'est pas une église catholique en pays musulman ? La fabuleuse Sainte-Sophie qui fut construite au sixième siècle à Constantinople (aujourd'hui Istanbul) en hommage à la Sagesse Divine n'était-elle pas une église en terre musulmane ? Et bien entendu, l'archevêque d'Alger, Monseigneur Bader, n'est pas à la tête d'un diocèse catholique en pays musulman... Et il en va ainsi au Liban, en Tunisie, en Indonésie, en Irak, et cetera. En fait, tous les pays dits musulmans ou islamiques abritent sur leur territoire des églises catholiques, protestantes, orthodoxes et même, parfois des temples hébraïques.  A celui qui dit "On pourra construire des mosquées chez nous lorsque l'on pourra construire des églises chez eux" j'ai envie de répondre, "cultive-toi, crétin, c'est déja fait !". Toutes les églises chrétiennes que l'on trouve dans le monde arabe sont, en fait, des réminiscences des Croisades... Croisades, encore un terme qui ne dit rien sans doute à tous ceux qui trouvent inadmissible que l'on construise une mosquée à Lodelinsart, à Liège, à Morzy-les-Coyons sur Semois ou à New York City. Peut-être est-il opportun aussi de rappeler les paroles du Grand Mufti de Syrie, Ahmed Hassoun qui plaida, en 2008 devant la Cour Européenne, en faveur de la construction d'églises dans les pays musulmans. "Je souhaite que chaque chrétien qui vit dans un pays musulman puisse avoir une église pour prier. Pour peu qu'il y ait une famille non-musulmane dans une ville, elle a droit à un temple, une église, une synagogue"(4) déclara Ahmed Hassoun.
 

J'aimerais rappeler deux chiffres que j'ai déja évoqué sur ce site, des chiffres qui monde que, contrairement à ce que beaucoup pensent, il n'y a pas un bloc avec des musulmans et un bloc avec des catholiques que tout sépare mais bien deux religions qui partagent bien souvent les mêmes pays :
- seulement 20% des musulmans vivent dans le monde arabe qui s'étend, d'ouest en est, de la Mauritanie au Sultana d'Oman ce qui signifie que 80% des musulmans vivent en dehors du monde arabe;
- il y a plus de 20 millions de chrétiens parmi la population du monde arabe.

Il se crée, depuis que des avions terroristes s'écrasèrent dans les fenêtres du WTC, une islamophobie dangereuse. Elle repose sur une méconnaissance liée à l'inculture qui se propage de plus en plus et qui sert parfaitement ceux qui veulent diaboliser l'islam. Cette inculture massive qui permet la manipulation des populations et qui engendre un amalgame intolérable entre islam et terrorisme. Il est clair pourtant que pas plus que tous les catholiques ne sont membres de l'Opus Dei, tous les musulmans ne sont des terroristes. Ce qu'il convient de fustiger et même de combattre, c'est la fausse interprétation du coran par certains extrémistes qui se servent du livre saint des musulmans pour mener, à leur tour, une croisade inadmissible. En religion comme en politique, l'extrémisme est une tâche sur un linge propre. A aucun moment il ne faut assimiler la tâche au linge et plutôt que de jeter le linge il faut frotter la tâche...

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(1) La plus grande mosquée de Wallonie sera construite à Liège dès 2013, par Rédaction en Ligne, on lameuse.be, 19 juin 2012.
(2) La Belgique, terre religieuse, par Christian Laporte, in La Libre Belgique, 11 mars 2008
(3) Source : Informations chiffrées sur le financement des cultes en Belgique
(4) Le Grand Mufti de Syrie veut des églises dans les pays musulmans, on 7sur7.be, 15 janvier 2008

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 11:18

Paul Is Dead... c’est le nom de la légende urbaine qui accrédita la mort de Paul McCartney.

PID.jpgAlors que Sir Paul McCartney fête aujourd'hu son 70è anniversaire, j’avais envie de revenir sur un épisode tragi-comique de la vie du groupe le plus célèbre du monde… la mort de Paul McCartney. Oui, oui vous avez bien lu Paul McCartney est mort ! Ou plutôt Paul McCartney serait mort en novembre 1966… C’est l’incroyable rumeur qui avait couru à l’époque et que je vais vous rapporter dans les lignes qui suivent. Balade au coeur d'une légende urbaine.... Alors que l’album Revolver vient de sortir, qu’il est considéré comme une plaque capitale dans la discographie des Beatles et qu’il cartonne, Paul McCartney aurait été victime d’un grave accident de la route à l’automne 1966. Il ne serait pas sorti vivant de ce crash… L’information aurait été tue car le succès commercial des Fab Four est tel à l’époque que la mort d’un membre du groupe aurait été synonyme de pertes financières importantes pour l’avenir. Dès lors, toujours selon la rumeur, le décès de McCartney n’est pas révélé et il est remplacé par un sosie. A cette époque, McCartney apparait avec une moustache ce qui est nouveau et qui renforcera, plus tard, la thèse de ceux qui affirment que le vrai McCartney est mort ; cette moustache n’est, pour eux, qu’un leurre pour masquer une légère différence entre le sosie et le vrai bassiste des Beatles… Ce n’est qu’en septembre 1969, lors de la sortie de l’album Abbey Road, celui avec la mythique pochette où l’on voit les Fab Four sur le passage pour piéton londonien, que la légende urbaine prend réellement corps.

PID01.jpg

Pour les partisans de la mort de McCartney, emmenés par le DJ américain Russ Gibb, la pochette d’Abbey Road regorge de signes qui confirment la mort de McCartney. Passons en revue ces «indices» :

- McCartney est le seul à être pieds nus sur cette pochette ; pieds nus comme les personnes que l’on enterre aux Indes. La culture indienne inspira fortement les Beatles, ils séjournèrent même dans un ashram à Rischikesch, au nord de l’Inde, lors de l’hiver 1967/1968. Le fait que McCartney soit le seul à être sans chaussures indiquait donc, pour certains, qu’il était mort ;

- Ringo Starr et John Lennon qui devancent McCartney sur le passage sont habillés respectivement en noir et en blanc. Le noir est la couleur de la mort en Europe ; le blanc est la couleur de la mort aux Indes… McCartney suit donc les deux couleurs de la mort dans le deux cultures qui ont inspiré les Beatles.

- La plaque minéralogique de la voiture que l’on voit sur la pochette est LMW 28 IF soit Living McCartney Would be 28 If, soit Vivant McCartney aurait eu 28 ans, si…. Mais ce n’est pas tout a fait fondé car, à la sortie de d’Abbey Road, Paul McCartney, né le 18 juin 1942, avait 27 ans…

- Paul McCartney tient une cigarette dans la main droite alors qu’il est gaucher… Ce serait donc bien le sosie qui est sur la pochette.

Ces «signes» peuvent évidemment être librement interprétés et semblent dignes de peu de foi. Cependant, la rumeur est lancée et est alimentée par d’autres éléments que certains s’évertuent à chercher dans les albums des Beatles sortis entre 1966 et 19689. Ainsi, par exemple :

- Sur la chanson Strawberry Fields forever, face B du 45 tours Penny Lane, sorti en 1967, d’aucuns affirment que l’on entend distinctement John Lennon dire : «I burried Paul» («J’ai enterré Paul»). Lennon dira cependant que s’il marmonne bien quelque chose c’est «Cranberry sauce» («Sauce à la canneberge») et non pas «I burried Paul»… Quel intérêt avait-il a parler de sauce à la canneberge diront les partisans de la mort de McCartney.

- Sur A day in Life, également sorti en 1967, Lennon chante : «He blew his mind out in a car» («Il s’est éclaté la cervelle en voiture»). Mais il est démontré que cette chanson plutôt psychédélique est dédiée à Tara Browne, héritier des brasseries Guiness, qui s’est tué en voiture en 1967.

- Dans certaines chansons, en écoutant les bandes à l’envers, on peut entendre des messages qui confirmeraient la mort de McCartney. «Turn me on, dead man» («Allume-moi, homme mort») sur la chanson Revolution 9 (1968) et «Paul is a dead man, miss him, miss him, miss him» («Paul est mort, il me manque, il me manque, il me manque») sur le titre I’m so tired. On le sait, les Beatles aimaient jouer avec les bandes musicales et intégrer des passages de bandes défilant à l’envers dans leurs chansons. De là à imaginer des messages cachés sur certains titres…

- Enfin il y aurait sur le mythique album Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) deux autres signes de la disparition de Paul McCartney. Le premier est une photo ou l’on voit, sur fond jaune, les quatre garçons de Liverpool. Ringo Starr, John Lennon et George Harrison sont de face tandis que Paul McCartney est de dos.
PID02.jpg 


Le second est une autre photo ou l’on peut voir un badge sur le bras gauche du costume de McCartney. Sur ce badge il y a les initiales OPD un acronyme utilisé en médecine légale pour les termes Officialy Pronouced Dead (Officiellement Prononcé Mort)…
PID03.jpg 


Il s’agirait en fait, on ne voit pas le badge en entier, du sigle de la Police Provinciale d’Ontario (OPP)…

Quoiqu’il en soit, ce canular fit bien rire Paul McCartney qui déclara à l’époque : «Qu'est-ce que j'apprends ? Je suis mort ? Pourquoi suis-je toujours le dernier à être mis au courant de tout ?»… C’était surtout une belle promotion, inespérée pour la sortie de l’album Abbey Road ! McCartney concèdera avoir bien eu un accident en novembre 1966… un accident de mobylette qui lui écorchera fortement la lèvre supérieure. Il dut avoir recours à la chirurgie esthétique et se laissa pousser la moustache pour masquer les séquelles momentanées du bistouri…

Bien avant l’avènement du net, Paul McCartney fut victime d’un hoax, un canular qui fit rapidement le tour du monde…

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 06:45

Différentes études etayent cette réalité, au plus on est instruit en meilleure santé on est !

L'étude remonte à 2010 mais le constat reste d'actualité. imagesCALBR6FR.jpgUne enquête menée par l’Institut Scientifique de Santé Publique confirme le constat posé, la même année, par une étude du Tackling Health Inequalities in Belgium (TAHIB) : le niveau d’éducation est un facteur important de la santé. Plus le niveau d’éducation est élevé, plus le niveau de santé est bon ! Selon le TAHIB, une femme de 25 ans, en bonne santé, disposant d’un diplôme de l’enseignement supérieur peut espérer vivre 18 ans de plus qu’une femme du même âge, aussi en bonne santé, sans qualification ! Ces deux études renforcent un fait que l’on sait avéré depuis quelques années déjà : les personnes qui ont un niveau d’instruction et/ou un rang social plus élevés s’avèrent, de façon générale, en meilleure santé et disposent donc, de façon idoine, d’une espérance de vie plus longue… L’étude de l’Institut Scientifique de Santé Publique pointe principalement deux réalités :

 

- Les maladies chroniques (affections de longue durée qui en règle générale, évoluent lentement. Ex. cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux, cancer, affections respiratoires chroniques, diabète...) touchent 20% des personnes ayant un parcours scolaire qui va jusqu’à l’enseignement supérieur ; elles touchent 44% des personnes dont le niveau d’instruction ne dépassent pas le secondaire. Les maladies chroniques sont la première cause de mortalité dans le monde (60% des décès).

 

- Le tabac : dans les classes les plus instruites, 13% des individus fument quotidiennement. Ce pourcentage varie entre 22% et 29% dans les classes de la population qui n'ont pas effectué d'études supérieures. Le risque d'être fumeur quotidien est donc 3,7 fois plus élevé dans les milieux les moins scolarisés.

 

Mais l’étude du TAHIB, en janvier 2010, allait encore plus loin

- les personnes non-instruites, c'est-à-dire sans bagage scolaire, meurent en moyenne sept ans et demi plus tôt que les personnes les plus instruites ;


- les personnes peu instruites, c'est-à-dire n’ayant suivi aucun enseignement autre que le primaire, vivent en moyenne six ans de moins que les plus instruits ;

- les personnes moyennement instruites, c'est-à-dire ayant un diplôme du secondaire supérieur, meurent en moyenne deux ans et demi plus tôt que les plus instruits

L’inégalité face à la santé qui découle de l’inégalité sociale et socioprofessionnelle est un fait connu des autorités sanitaires. Un groupe de travail de la Fondation Roi Baudouin, baptisé Inégalité et Santé, travaille depuis quelques temps déjà pour tenter de mettre sur papier des recommandations sanitaires pour atténuer cette inégalité. Malgré les efforts fait par les pouvoirs publics, le constat est bel est bel et bien réel.

Mais quelles sont les causes de ces inégalités ?

Il semble que le niveau d’instruction engendre une approche différentes de la santé. Mais il appert aussi qu’une meilleure instruction engendre une meilleure position sociale, donc un meilleur salaire et par corollaire plus de moyens à consacré à la santé. Un meilleur salaire permet aussi d’évoluer dans un meilleur cadre de vie qui est meilleur pour la santé. Mais il y a, encore une fois, la consommation qui entre en ligne de compte. Les personnes instruites auraient tendance à consommer plus intelligemment et à ne pas se ruer sur les produits low-cost qui sont très souvent moins bien équilibré. La multiplication des magasins hard-discount, fréquentés en grosse majorité par les personnes ayant forcément moins de moyens financiers, engendre un retour néfaste à la santé. Tous les produits vendus moins chers coûtent forcément moins chers à la fabrication. Certes le packaging simplifié et l’absence de promotion autour de ces produits en diminuent largement le coût mais la composition propre de ces produits influe aussi sur leur coût. Ainsi, par exemple, de plus en plus de marchandises low-cost (barres chocolatées, plats préparés, chips, margarine…) que l’on trouve chez les hard-discounter contiennent cette fameuse huile de palme dont on sait pertinemment bien qu’elle est nocive à la santé. L’huile de palme est nettement moins onéreuse que les huiles végétales mais elle est aussi nettement plus néfaste et favorise l’augmentation du mauvais cholestérol. On ne m’ôtera pas de l’idée que beaucoup de ces produits hard-discount ont une influence négative sur la santé. L’une des priorités serait, pour les autorités sanitaires, d’imposer des critères plus stricts dans la composition de tous les produits de consommation alimentaire…

Pointons également un autre paradoxe qui joue sur l’espérance de vie plus courte des gens moins instruits et moins aisés. Fumer coûte cher ! Et paradoxalement, on fume plus dans les couches sociales moins favorisées… Une étude française montre qu’il existe une association forte entre le risque de survenue d’un cancer du poumon et le niveau d’éducation en Europe, avec les taux les plus forts généralement observés au sein des classes sociales défavorisées(1). J’ai eu l’opportunité de discuter, voici quelques mois, avec des personnes que je connais et qui sont issues d’un milieu plutôt moyen, voire bas, dont le niveau d’études est limité. J’avais été surpris de les entendre dire que, pour eux, le tabac n’est pas un problème de santé… Ainsi donc pour eux, fumer n’aurait pas d’influence sur la santé. En avril 2010, une étude confirmait cette idée en précisant que pour deux Belges sur trois, le tabac n’est pas un problème médical(2) !!! Et tout cela malgré les campagnes de prévention…

Les exemples de comportements face à la santé selon les couches sociales pourraient se multiplier mais on arriverait, je pense, à un constat similaire. Le niveau d’études influe assurément sur les comportements, sur la santé et donc sur la vie.

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(1) Cancer du poumon et inégalité, Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), 26 février 2009.
(2) Tabac : pas un problème médical pour deux belges sur trois, on www.rtbf.be, 19 avril 2010

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 12:19

Sur la Croisette, outre strass et paillettes, il y a aussi des dizaines de starlettes sans talent, peu frileuses, qui sont prêtes à tout pour se signaler aux yeux d’un producteur…

cannes.jpgAaah, Cannes et son festival de cinéma qui a débuté voici quelques jours, le plus prestigieux de la planète 7è Art probablement, l'un des plus "bling-bling" aussi. Tapis rouge, hôtels de luxe, stars à foison, cocktail, soirées dansantes, people et jet-setters en goguette… Bref le mythe, le strass et l’écœurant qui occultent parfois la compétition cinématographique. Je n’ai jamais trop apprécié ce festival trop people à mon goût par rapport à des rendez-vous comme La Mostra, Sundance ou La Berlinale. En outre, d’aucuns – et je partage cette opinion – affirment que le Festival de Cannes est devenu l’antre du cinéma commercial plutôt qu’un rendez-vous du vrai cinéma d’auteurs mais force est de reconnaître quand même que Cannes a couronné, depuis 1946, de grands films, de grands réalisateurs et de grands acteurs. Dommage, finalement, qu’il y ait tout ce flonflon autour ! D’ailleurs, aujourd’hui, beaucoup de Cannois regrettent le festival d’antan… Et parmi les artifices inutiles qui foisonnent sur la Croisette, comment ne pas parler de celles que l’on nomme starlettes ; des jeunes (et parfois nettement moins jeunes) femmes qui rêvent de faire carrière dans le cinéma mais qui n’ont aucune formation, aucune expérience et… aucun talent ! Tout juste ont-elles à faire valoir une plastique souvent généreuse et avantageuse. Encore que ces dernières années, à cause de la vulgarisation de la chirurgie esthétique, ces pisseuses n’ont même plus de beauté naturelles à offrir…

 

Chaque année donc, depuis le début, pendant la dizaine de jours que dure le festival, une kyrielle de filles se presse sur la Croisette et s’y pavane dans l’espoir de croiser un producteur, un réalisateur ou un acteur qui acceptera de les faire entrer dans l’industrie du cinéma. Beaucoup d’entre elles sont prêtes à tout pour parvenir à leur fin. Poser nues pour les objectifs de la presse qu’elle soit traditionnelles ou à potins, choquer l’assistance en s’imposant à poil sur les fameuses marches (c’est arrivé en 1962 et en 1983), accepter des rendez-vous vaseux et, si besoin est, payer de leur personne… Prêtes à tout mais bonnes à rien car dans la quasi-totalité des cas ces starlettes rentrent de Cannes bredouilles, avec leurs rêves en poche et leur culotte à la main ! Il faut dire que certains n’hésitent pas à profiter de la candeur ou des espoirs de ces filles pour les jeter dans leur lit ou les entraîner dans des soirées orgiaques à souhait. Il s’en trouve même pour se faire passer pour des producteurs afin de duper les donzelles. A Cannes, il n’y a jamais loin d’un espoir de mythification à une espèce de mystification ! Faut dire que ces starlettes naïves, qui ne craignent pas de prendre froid et dont la pudeur n’est pas l’apanage sont des proies aussi faciles qu’idéales pour les margoulins qui hantent les travées cannoises. Quand en mai de mille feux la Croisette s’habille, les starlettes elles se déshabillent !

Le plus ahurissant avec les starlettes est que, chaque année, elles reviennent en nombre avec ce même espoir d’être la nouvelle Deneuve, la future Adjani ou de devenir l’égale de Marceau malgré le faible taux (il est proche de zéro) de réussite de leurs congénères des années auparavant. En fait, elles font partie du paysage cannois pendant 11 jours ; elles animent les plages et les allées du festival où on peut les voir toujours proches d’un photographe ou d’une caméra de télévision. C’est leur quart d’heure de gloire… Après tout, ce n’est pas pire que d’aller faire le con dans une émission de télé-réalité dans l’espoir de devenir une star pipolisée… ou un pipole starisé plus exactement. Mais quand même, lorsque je vois ces filles prêtes à tout pour se faire remarquer je me dis que, plus que jamais, notre société est tournée bien davantage sur le superflu que sur l’essentiel. L’idée de la réussite c’est d’être reconnu par le plus grand nombre même si on ne dispose pas d’un talent affirmé pour y parvenir. Ces gonzesses pitoyables à poil sur la croisette, c’est un vrai Festival de Connes !

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 15:36

Selon une étude écossaise, les e-mails seraient facteurs de stress important donc dangereux pour la santé.

emailstress.jpgCe n'est pas nouveau, en ce début de 21è siècle, le mot qui est le plus associé à la notion de travail est le mot "stress". Près de 30% des travailleurs, quel que soit le secteur, se plaignent de stress lié à leur job. Parmi les facteurs de stress professionnel les plus importants on pointe les objectifs à tenir, la pression hiérarchique, le rythme effréné de travail, le manque de reconnaissance ou encore la dégradation des conditions de travail... Il faut désormais y ajouter un autre paramètre : le courrier électronique, ou plutôt l'assuétude liée au courrier électronique. Les universités de Glasgow et de Paisley, en Ecosse, se sont livrées à une grande enquête sur le comportement des travailleurs par rapport à leur boite e-mail. Il ressort de cette étude que le travailleur qui a accès à une boite e-mail la consulte, en moyenne, toutes les quinze minutes, soit quatre fois par heure, mais que pour certains cela peut aller jusqu'à... quarante fois par heure, soit une vérification de ses e-mails toutes les 90 secondes ! Il appert aussi que la majorité des travailleurs ne peut envisager de laisser un mail sans réponse plus de vingt-quatre heure (ndlr délai qui est d'ailleurs considéré comme raisonnable pour obtenir une réponse à un mail envoyé). Ce sont quelque 349 milliards d'e-mail qui sont envoyés chaque jour à travers le monde(1) et la prévision pour 2013 est au-delà des 500 milliards. La masse d'informations contenue dans les boites de courrier électronique double chaque année; selon les secteurs d'activités, selon le niveau professionnel (dirigeant, cadre, employé...) et selon les pays, le nombre d'e-mails reçus quotidiennement dans les boites professionnelles varie de 40 à 250. On passerait entre cinq et vingt heures par semaine à lire ses courriels professionnels, cela se fait même de plus en plus en dehors des heures de travail; certains pays, comme le Brésil, ont d'ailleurs légiféré sur la lecture de mails professionnels en dehors du cadre professionnel et cela s'apparente désormais à des heures supplémentaires. Clairement, le stress nait du tri qu'il faut faire ce cette masse d'informations, du classement selon l'importance et/ou l'urgence, du temps que l'on doit y consacrer au détriment d'autres tâches ou en dehors des heures prévues et de l'obligation d'apporter des réponses dans les vingt-quatre heures. Cette étude écossaise est confirmée par l'Université d'Irvine en Californie qui s'est livrée à une autre étude sur des fonctionnaires administratifs  de l'armée américaine. Les chercheurs d'Irvine ont constaté une hausse importante de la tension artérielle et du rythme cardiaque dans le groupe-test qui consultait normalement ses e-mails par rapport au groupe-test qui avait délaissé sa boite mail. Par ailleurs, les fonctionnaires du groupe privé d'un accès à ses courriels ont déclaré s'être sentis plus productifs et avoir eu plus de facilité à rester concentré sur leur travail. La productivité serait donc plus importante lorsque l'on ne s'interrompt pas pour vérifier ses e-mails ! Une réalité également mise en évidence par l'étude des universités de Glasgow et de Paisley dont les conclusions pointaient que le fait de s'interrompre pour consulter ses mails et y répondre, même en partie, devient rapidement une activité harassante voire épuisante et que cela nuit à la productivité.

Mais l'évolution des NTIC risque fort d'entraîner le travailleurs sur une autre pente, celle des médias sociaux davantage réactifs et donc plus rapides. Certaines sociétés tendent d'ores et déjà vers le "zéro e-mail" au profit de l'échange d'informations par le biais de médias sociaux. Cette tendance pourrait se généraliser dans une société ou l'immédiateté est en vogue. En effet, selon le Bureau Gartner, spécialiste des études sur les NTIC, à Stamford (Connecticut), 20% des entreprises mondiales auront remplacé le mail par les médias sociaux d'ici l'horizon 2014(2). Cette mutation serait, toujours selon Gartner, à imputer à la fameuse Génération Y pour qui les médias sociaux et les NTIC sont un mode de vie et de travailler. D'ici 2015, les Y devraient représenter ± 40% de la population active, les modes de communication de l'entreprise devront donc s'y adapter ! A l'heure actuelle, "l'obligation morale" de répondre dans les vingt-quatre heures compte déjà parmi les facteurs de stress liés à l'utilisation de l'e-mail, qu'en sera-t-il lorsque - et si cela se passe comme c'est prévu - les médias sociaux et la réactivité rapide qui y est liée remplaceront le mail ?


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(1) E-mail : la boite est pleine, par Sandrine Cassini, on latribune.fr, 26 juillet 2011
(2) Les réseaux sociaux pourraient remplacer l'e-mail d'ici 2014, par Johanna Godet, on linformaticien.com, 11 novembre 2010

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 13:18

Parce qu'elles estiment que leur salaire ne correspond pas à la charge de travail, les filles du Crazy Horse Saloon se sont mises en grève !

crazy-1.jpgCréé en 1951 sur la prestigieuse Avenue Georges V dans le huitième arrondissement de Paris, par Alain Bernardin, le Crazy Horse Saloon est devenu une véritable institution de la vie parisienne. Les danseuses qui s'y produisent chaque soir sont considérées comme les femmes les plus sexy du monde dans leur habit fait uniquement de lumières. Mais voila, ces danseuses elles en ont ras-le-bol ! Pas d'être vêtues uniquement de lumière mais bien de la charge de travail qui leur est imposée. Depuis plusieurs mois, ces danseuses se plaignent d'un salaire sous-évaluer par rapport aux heures de travail qu'elles doivent prester. Selon elles, la direction de l'établissement refuse totalement d'entendre leurs doléances. Aussi, ont-elles pris le taureau par les cornes et ont décidé de ne pas assurer les spectacles d'hier soir et de ce soir. Elles ont, par ailleurs, manifesté sur les Champs-Elysées afin de faire savoir au grand public leur mécontentement et attirer le regard sur leurs conditions de travail. Elles ont donc distribué des tracts aux passants dont la plupart ont été agréablement surpris par ce mouvement de grogne hors du commun. Hier soir, sur les Champs-Elysées, les danseuses expliquaient que l'on ne tient pas compte des spécificités liées à leur travail, du fait notamment qu'il s'agisse du seul spectacle intégralement nu, mais également du nombre de soirées de travail - 24 par mois soit six jours par semaines - qu'elles doivent prester. Chaque soir elles jouent deux fois le spectacle, si l'on ajoute à cela les nombreuses heures de répétitions utiles à la qualité irréprochable des shows, cela représente effectivement un nombre important d'heures de travail. Les revendications des danseuses du Crazy Horse sont claires, elles demandent une revalorisation de leur salaire horaire; pas de travailler moins mais simplement d'être revalorisées pour le qualité de leur travail et la charge de leur travail...

C'est la première fois en 61 années d'existence que le Crazy Horse Saloon est confronté à un arrêt de travail. En 2003, le Lido, autre haut-lieu de la nuit parisienne, avait été confronté au même problème, pour les mêmes raisons.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 14:32

Pourquoi le 11 novembre reste-t-il férié quand le 8 mai ne l'est plus ?

armistice.jpgLe sang versé par les soldats du premier conflit mondial aurait-il plus d'importance que celui versé entre 1939 et 1945 ? Le 8 mai commémore la date la fin de la seconde guerre mondiale sur le sol européen. Le 11 novembre rappelle la date de l’armistice de la première guerre mondiale. Si cette seconde date est fériée, le 8 mai est, en Belgique en tous cas, considérée comme un jour normal... Le 8 mai 1945 marque la capitulation de l'Allemagne nazie et, par la même occasion, la fin des combats de la seconde guerre mondiale en Europe. Le 11 novembre 1918 un armistice était signé entre les belligérants pour stipuler la fin du premier conflit mondial… Ces deux dates ont donc une signification particulière pour la liberté et l'évolution européenne. Mais, si en France le 8 mai et le 11 novembre sont des jours fériés, ce n'est pas le cas en Belgique ! Ce qui me choque depuis des années c'est bien que, chez nous, le 11 novembre est férié mais pas le 8 mai… Un peu comme si, dans notre bon Royaume, les soldats tombés en 14-18 étaient plus importants que ceux qui ont laissé leur vie lors de la seconde guerre mondiale !

Un petit rappel historique s'impose peut-être…

A l'aube du 20è siècle, les grande puissances européennes sont divisées en deux camps; la Triple Alliance, qui réunit l'Allemagne, l'Empire austro-hongrois et l'Italie, et la Triple Entente, faite de la France, du Royaume Uni et de la Russie. La situation tendue dans les Balkans débouche sur la déclaration de la Première Guerre Mondiale dont l'assassinat de l'Archiduc Héritier d'Autriche, François-Ferdinand, fut le déclencheur, le 28 juin 1914. Durant les 4 années du conflit ce sont au total plus de 14,5 millions de personnes (dont 6,6 millions de victimes civiles) qui perdront la vie. Suite à la débâcle de l'armée allemande, une demande de cessation des hostilités est remise à la France par un civil allemand du nom de Matthias Erzberger. Le Chef de Gouvernement français, Georges Clémenceau, et le Généralissime des troupes alliées, le Maréchal Ferdinand Foch acceptent cette demande, malgré l'avis du Général Philippe Pétain qui souhaite envahir l'Allemagne pour marquer plus encore la défaite de ce pays (ndlr il est à noter que Pétain sera beaucoup moins belliqueux vis à vis des Allemands devant lesquels il s'aplatira lors de la 2è guerre mondiale…) L'Armistice est signé le 11 novembre 1918, dans le wagon d'un train, au Carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne.

Le deuxième conflit mondial débute le 1er septembre 1939 lorsque l'armée hitlérienne envahit la Pologne. La guerre durera près de six ans. L'armistice est signé, entre les troupes alliées et les Allemands, à Reims et à Berlin, il marquera la chute du régime nazi et la libération de l'Europe. Mais, pas encore tout à fait la fin de la Deuxième Guerre Mondiale car d'autres combats opposeront encore les armées américaine et japonaise dont le plus significatif est probablement la Bataille d'Okinawa, en juin 1945. Au total, ce conflit aura fait 60 millions de morts, y compris ceux qui ont perdu la vie dans les camps de concentration allemands… A l'exception des pays d'Amérique latine, il aura concerné les nations du monde entier.

Pour commémorer ces deux dates importantes, nos voisins français ont déclaré ces deux jours fériés. En Belgique, par contre, une différence est faite entre les deux dates ! En effet, aujourd’hui 8 mai, nous avons été travaillé comme un jour "normal" alors que le 11 novembre est férié… Pourquoi ? Le sang de nos soldats tombés entre 1914 et 1918 est il différents de celui de ceux qui sont morts trois décennies plus tard dans des conditions similaires ? La mort des bidasses du premier conflit est elle primordiale par rapport à celle des caporaux et sergents qui sont tombés en '40 ? Quelle logique a fait du 11 novembre un jour plus important que le 8 mai ? Mais il est vrai que la logique n'est pas toujours l'apanage des décideurs !

Entendons-nous bien, je ne réclame pas à corps et à cris un jour de congé supplémentaire. Loin de moi cette idée, je pense même que pour rendre le 8 mai férié on pourrait supprimer le lundi de pentecôte, l’Ascension ou l’Assomption. Ou alors on supprime également le férié du 11 novembre ! Je pense que ces deux dates, le 8 mai et le 11 novembre, doivent être mises sur un pied d'égalité; soit elles sont fériées soit elles ne le sont pas !

Dans une interview donnée au quotidien Libre Belgique en mai 2007(1), l'historien Pieter Lagrou confirme que "Le 8 mai constitue davantage une date dans l'histoire diplomatique : c'est ce jour-là que la reddition de l'Allemagne a été officiellement signée. Il ne faut pas oublier que la guerre a encore continué en Asie durant près de quatre mois. La Seconde Guerre mondiale a donc véritablement pris fin en août 1945". Donc le 8 mai 1945 ne marque pas la fin de la seconde guerre mondiale mais bien la reddition de l'Allemagne. Le conflit continue encore trois mois entre le Japon et les Etats-Unis dans le Pacifique. Toujours est-il que si la Belgique fut libérée de l'Occupation allemande par les Alliés en septembre 1944, les combats sur le sol belge cessèrent bien avec la capitulation de l'armée allemande, le 8 mai. Pour le devoir de mémoire, comme en France, cette date doit conserver autant d'importance que le 11 novembre qui, par convention, est devenu le jour du défilé des anciens combattants. La date du 8 mai est entrée dans la mémoire collective, elle mérite plus d'intérêt qu'il ne lui en reste...

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(1) Pourquoi le 8 mai n'est pas un jour férié ?, par Olivier Moonen., in La Libre Belgique du 7 mai 2007

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