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15 mars 2005 2 15 /03 /mars /2005 15:19

1 langaj osi inutil que barbar !

sms.jpgkd la kaissiere lui eut rendu la monnai d sa piece de 100 sou, georges Dur0y s0rtit du restau. come il p0rtai bo, by natur e par poze d'ansien sous-0fficié, i cambra sa taille, friza sa moustach d1 gest militèR é familié, e jeta sr ls dîneur atardé un regard rapid é cirkulaire, 1dcè regar 2 joli garçon ki s'étend cmm ds koups d'épervié. le femms avé levé la tet vés lui, 3 petites ouvriRe, un maîtresse dzic entr deu âges, mal peigné, négligé, coiffée d'un chap0 tjrs pouSiéreu ê vêtu d'1 rob toujours 2 travé, & deu bourjeoises avek leur maris, habituée d c gargot @ prix fixe.

Mais qu’est-ce donc que cette immonde horreur ?

Ni plus ni moins qu’un bref extrait du splendide «Bel-Ami» de Guy de Maupassant traduit dans ce langage barbare qui est désormais tant utilisé pour communiquer. A l’origine, ce jargon était usé, paraît-il, pour gagner du temps et de l’argent lors de l’envoi de ces fameux petits messages par téléphone mobile… Admettons sans pour autant justifier, mais admettons. Cependant signe des temps, cet ersatz de langue gagne d’autres moyens de communication. Ainsi, le net qui n’est pourtant plus soumis à un problème réel d’espace avec l’avènement de l’adsl est, lui aussi, livré en pâture au langage SMS. Les forums de discussion en sont, désormais, infestés rendant, par là même, la compréhension du message difficile pour une majorité des membres.

Ce charabia est occupé à devenir un phénomène de mode ! A tel point que la pourtant sérieuse UCL (Université Catholique de Louvain) vient de mettre en ligne un «Traducteur français-SMS» qui permet à l’utilisateur d’adapter n’importe quel texte écrit dans un français classique et pur en un torchon SMS insondable… L’UCL propose même la traduction de passages de quelques grands classiques de la littérature française (ndlr «Germinal» de Zola, «L’Avare» de Molière, «Madame Bovary» de Flaubert, des fables de La Fontaine…) ce qui explique, évidemment, l’introduction de ce texte… Selon les créateurs, la traduction repose «un dictionnaire construit sur base du corpus de SMS afin de remplacer certains mots par leur traduction attestées dans les messages réels» ce qui insinue que quelques vocables ont leur pendant SMS, comme est qui devient systématiquement é ; mais qui se transforme en … L’autre base de ce traducteur est qu’il applique des règles de réécriture inspirées dans plusieurs centaines de message, les sons en oi qui s’écrivent wa ; la double consonne qui devient unique et en majuscule (par exemple, nn devient N comme dans le mot sonne qui se réécrit soNe) ; ou le qu qui mute en K. Cependant, les responsables du site conviennent que la réécriture en jargon SMS est appliquée aléatoirement, ce qui confirme un tant soit peu qu’en matière de SMS, il n’y a pas de règles générales.

Quel est l’intérêt réel du langage SMS ? D’aucuns évoquent la longueur du message qui s’en trouve diminuée et qui donc confère une forme de rapidité et d’économie pour ceux qui communiquent beaucoup par SMS. Au niveau du coût, il s’agit souvent d’un leurre car un SMS appelle souvent une réponse qui nécessite, à son tour, l’envoi d’un nouveau SMS de réponse… bref, la conversation peut s’engager et l’échange des SMS aboutit à un montant si pas supérieur au moins égal à celui d’une conversation téléphonique qui serait pourtant plus simple, plus efficace et plus humaine. Il y a aussi ceux qui sont à ce point fauchés ou avares qu’ils adressent leur SMS avec le texte «Appelle-moi !» (ou plutôt «aPeL mwa»)… Quand on n’a pas les moyens d’entretenir un téléphone mobile, on ne s’en encombre pas au grand dam de ses correspondants !

Reste le gain de temps ! Mais est-ce réellement un argument de poids ? Convenons-en, l’usage du SMS est uniquement réservé à l’envoi de messages courts comme l’indique d’ailleurs l’appellation Short Message Service… Peu envoient, via leur téléphone mobile, des textes de quatre paragraphes !!! Dès lors, que peut-on gagner comme temps réel sur un message court ? Ci-après quatre communications standard que l’on peut envoyer par SMS, réécrites en jargon SMS :

Où es-tu ? = 10 caractères et espaces => ou é tu ? = 9 caractères ou espaces soit un gain de 10% (dans ce cas, une lettre !) ;
Que fais-tu ? = 13 caractères ou espaces => ke fé tu ? = 10 caractères ou espaces soit un gain de 23% (3 lettres) ;
Tu veux allé au cinéma demain ? = 33 lettres ou espaces => T veu aLé au siné dmain ? = 25 caractères ou espaces soit un gain de 24% (8 lettres) ;
Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? = 31 caractères ou espaces => keskon manj ce swar ? = 21 caractères ou espaces soit un gain de 32% (10 lettres)


Une gain pouvant aller jusqu’au tiers, c’est un fait ! Mais le tiers d’une petite somme ne sera jamais un boni vraiment important ! Par ailleurs j’aimerais que l’on me démontre quel est le gain d’écrire swar plutôt que soir ou même siné plutôt que ciné ?

Alors, si le gain d’argent est un leurre, si le gain de temps est dérisoire au vu de la longueur des messages et comme certains mots sont inutilement massacrés, quel est l’intérêt du langage SMS ? Clairement, il est nul ! A très court terme, le langage SMS représentera un danger réel pour la langue française. Il déforcera ses utilisateurs et nuira à leur formation !

 

Boycottons le langage SMS !

 

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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24 mars 2004 3 24 /03 /mars /2004 16:07

Marina Golbahari est une jeune Afghane qui ne rêvait que d’aller à l’école. Pour se la permettre, elle a sacrifié au cinéma et à joué dans le film témoin de la cruauté talibane...

golbahari.jpg«Osama» est un film du réalisateur afghan Siddiq Barmak qui présente l’histoire d’une petite fille de 12 ans grimée en garçon afin d’échapper à la répression des Talibans. La loi talibane imposait aux femmes de ne sortir que sous burqa et accompagnée d’un compagnon légal, mari, père ou frère... Hors, le décès à la guerre du père et du frère de la gamine la condamne, ainsi que sa mère et sa grand-mère, à rester cloîtrée entre les quatre murs piteux qui leur servent de maison. Afin de survivre dans l’environnement hostile imposé par les Talibans, la gamine va «devenir» un garçon... Terrifiée à l’idée d’être découverte, la petite fille se fait pourtant engager chez un épicier afin de nourrir ce qui reste de sa famille. Mais l’illusion est si parfaite que les Talibans la recrute de force et l’envoie dans une école coranique avant de la préparer à un entraînement militaire féroce.

Pour un premier long métrage personnel, Barmak signe une réalisation sobre et réaliste du régime tyrannique qu’a connu l’Afghanistan. «Osama» a été plusieurs fois récompensé - à Cannes, en 2003, par une Caméra d’Or, notamment - mais plus que le film, c’est encore l’interprétation de Marina Golbahari qui impressionne par la puissance de l’émotion qu’elle dégage. Il ne s’agit pourtant pas d’une actrice professionnelle, loin de là puisque le réalisateur l’a découverte dans une rue de Kaboul alors qu’elle mendiait. Marquée dans sa plus tendre innocence par la répression talibane et même si elle n’avait que 9 ans, en 2001, lorsque le régime fut renversé, Marina Golbahari ne pouvait que jouer juste... parce que pour elle il ne s’agissait pas d’un rôle mais bien de l’extériorisation de peurs, de haines et de souffrance qu’elle a vécu ! Marina est née dans la province de Parvan, au nord de Kaboul, en 1991 dans une famille de treize personnes confrontée à la pauvreté ambiante de l’Afghanistan ravagé par le conflit avec l’URSS (1977-1989) d’abord et par les Talibans (1997-2001) ensuite. Repérée par Siddik Barmak, qui tient absolument à faire jouer son film par des acteurs non-professionnels, elle accepte de prendre part au projet non pas que - comme la majorité des adolescentes de son âge - elle rêve d’être une star mais simplement parce que c’est un travail et que cela lui permettra d’assurer sa subsistance et celle de ses proches. Mieux que cela, le film lui permet d’acheter une maison, d’une valeur de 7000 euros, pour sa famille ! Ce toit, véritable palace aux yeux de la gamine, est la concrétisation d’un rêve qu’elle pensait inaccessible voici quelques mois encore. En outre, elle est occupée à réaliser un autre de ses rêves, suivre des cours dans une vraie école... Ce privilège étant réservé, sous les Talibans, aux garçons les petites filles ne pouvaient que rêver d’instruction. Aujourd’hui, pour Marina Golbahari, le songe est aussi devenu réel ! Bien qu’elle ait rejoint les plateaux d’une autre production cinématographique, elle n’envisage pas son avenir dans le cinéma, il s’agit juste d’un job nourricier.

Le monde est ainsi fait que dans une grande partie de celui-ci, en occident plus précisément, une multitude d’adolescents subissent l’école comme une corvée et ne rêvent que de devenir des stars, même préfabriquées, alors qu’en Afghanistan, une petiote ne rêve que d’instruction et doit passer par le cinéma pour accéder à son rêve... C’est quand même vrai qu’il tourne mal, ce monde !

 

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23 mars 2003 7 23 /03 /mars /2003 15:50

La démocratisation de l'Irak et la lutte contre le terrorisme sont, bien évidemment, des prétextes fallacieux pour justifier la guerre en Irak. Le Président des Etats-Unis tente par ces arguments de justifier son intervention dans le golfe persique. Mais, le contrôle du pétrole irakien est la véritable motivation du conflit… Tentative d'explication !


petrole.jpgLa deuxième guerre en Irak a donc débuté depuis quelques jours. Malgré l'opposition d'une très grande majorité de la population mondiale et sans l'aval de l'Organisation des Nations Unies, George Bush a lancé l'offensive. Officiellement, le Président des USA se pose en chevalier blanc de la paix mondiale. Il entend lutter contre le terrorisme islamique et démocratiser l'Irak. Mais, la réalité est toute autre ! Les Etats-Unis représentent ± 5% de la population mondiale mais ils consomment 25% de la production mondiale de pétrole. Les Etats-Unis sont, eux-mêmes, producteurs mais leurs réserves sont estimées à 10 ans(1). George W. Bush, le Président des USA, et Dick Chenney, son Vice-Président, sont tous deux issus de l'industrie pétrolière américaine et connaissent, par conséquent, cet état de faits. Depuis son investiture, le Président Bush a, par ailleurs, élevé le lobby des industries pétrolières à un niveau jamais égalé aux Etats-Unis. Ce n'est, finalement, qu'un juste retour des choses car les grosses sociétés du pétrole - Enron en tête - ont financé la campagne présidentielle de W.

Les réserves mondiales

Il faut savoir que le Moyen-Orient dispose de deux tiers (66%) des réserves mondiales de pétrole. L'Arabie Saoudite en détient, à elle seule, 25 % et l'Irak dispose de 11 % de ces réserves. Avant l'entame du présent conflit, l'Irak exportait 40 à 50 % de sa production nationale vers le marché américain ! Cependant, l'Irak n'arrive qu'en 5è position des fournisseurs de pétrole aux USA, derrière l'Arabie Saoudite, le Venezuela, le Canada et le Mexique. Mais, les Etats-Unis doivent faire face à une pénurie en provenance du Venezuela, leur deuxième fournisseur.

Pour les experts de l'Administration Bush, Saddam Hussein représente une menace sérieuse pour l'industrie pétrolière de tout le Moyen-Orient et, notamment donc, pour l'Arabie Saoudite, principal fournisseur des Etats-Unis… Le contrôle de la production irakienne arrangerait plutôt bien le gouvernement américain qui résoudrait ainsi son double problème de réserves propres et de pénurie vénézuélienne. Dès lors, l'installation, à Bagdad, d'un pouvoir favorable aux Etats-Unis simplifierait grandement le contrôle des puits irakiens. En outre, la levée de l'embargo sur l'Irak permettrait la mise en place d'un programme de relance économique et l'exploitation accrue des gisements du pays. Les experts américains estiment que la production irakienne serait ainsi quadruplée passant de 1,5millions de barils par jour à 6 millions de barils par jour (2).

Il semble d'ailleurs que des réunions entre l'opposition irakienne en exil et des représentants de l'Administration Bush ont déjà eu lieu. A l'ordre du jour, la reconstruction en Irak avec une priorité sur la question du pétrole (3). Selon le département d'Etat américain, les puits de pétrole irakien doivent être privatisés et les Etats-Unis doivent gérer la plus grande partie de ces puits, en laissant une partie appréciable à des sociétés britanniques, seulement quelques miettes aux sociétés russes et rien, si possible, aux autres sociétés pétrolières européennes…

(1). Dixit "La Semaine Economique" diffusée sur Arte le 22 mars 2003
(2). Chiffres avancés sur le site internet de Radio France (www.radiofrance.fr)
(3). Op cit.

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