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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 15:04

La pédophilie au sein de l'Eglise, ce n'est pas un fait récent. Le rapport John Jay fait état de cas remontant aux années cinquante... il y en avait déja dans les années trente !

iiiiii.jpgA l’heure ou l’Eglise Catholique belge s’étouffe dans ses scandales pédophiles, alors que Vangheluwe, ancien évêque de Bruges qui avait du démissionner du clergé en avril 2010 après avoir reconnu qu’il avait abusé d’un garçonnet dans les années ’80, repasse une couche en avouant qu’il a aussi abusé de deux enfants de sa famille et que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi vient de confirmer que les faits reprochés à l’ancien prélat brugeois sont prescrits dans le droit canonique, peut-être est-il opportun de revenir, un tant soit peu, sur ces comportements abjects qui gangrènent l’Eglise ? Les premiers cas de scandales sexuels au sein de l’église remonte aux années trente, cela à pris de l’ampleur dans les années cinquante mais cela restait des cas épars qui touchaient l’église comme ils auraient touché n’importe quelle strate sociale, philosophique ou professionnelles. Une étude menée au début du 21è siècle, le John Jay Report, montre une forte évolution des cas d'abus sur mineurs par un membre du clergé, aux États-Unis, en Irlande et en Allemagne par exemple, dans les années soixante à quatre-vingt(1). D’après le John Jay Report ce sont 4392 hommes d’église qui ont été officiellement accusé d’abus sexuels sur mineurs, entre 1952 et 2002, soit un peu plus de 4% des prêtres actifs entre ces deux dates… C’est énorme !

 

Mais à l’époque ces abus étaient souvent tus, gageons qu’il y en eut bien plus ! Ce n’est que depuis la fin du 20è siècle que l’Eglise catholique doit faire face à la révélation de plusieurs affaires d'abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres et des religieux. Depuis dix ans, ce sont des cas de pédophilie dans les Eglises américaines, canadiennes, allemande, française, irlandaise, australienne, espagnole, hollandaise, suisse, autrichienne et belge qui ont été dévoilés. Certains de ces cas sont d’ailleurs portés en justice, hélas pour beaucoup d’autres la prescription à joué tant les victimes ont gardé le silence pendant longtemps…

Les causes les plus souvent pointées pour "expliquer" les abus sexuels au sein de l’Eglise catholiques sont le nombre important associations cléricales qui sont destinées à la jeunesse mais aussi, et surtout, le célibat des hommes d’église, le sentiment d’impunité et le manque de réaction du Saint-Siège. Malgré quelques timides tentatives de réactions et de condamnation publique, l’Eglise continue souvent de vouloir régler le problème en interne sans en référer systématiquement aux autorités civiles, ou sans suffisamment tenir compte du droit des victimes. Jusqu'en 2001, c'est-à-dire hier, les évêques pouvaient traiter les affaires d'abus sur mineurs commis dans l'église sans en référer à la Curie romaine. Depuis 2001, par le Sacramentorum sanctitatis tutela de Jean-Paul II, le Vatican décrète que les délits les plus graves commis contre les mœurs doivent obligatoirement être signalés par les évêques, après enquête préliminaire, à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celle-ci peut alors traiter elle-même le dossier ou ordonner à l'évêque de poursuivre la procédure à travers son propre tribunal. Le recours à la justice civile varie selon les pays. Certaines nations ne contraignent pas les évêques à un recours à l'autorité judiciaire dans le cadre d’abus sexuel au sein de l’Eglise, dans d'autres pays, les lois civiles leur imposent de le faire…

 

Pour en revenir à Vangheluwe, il s’en tire à bon compte puisque si le droit canonique constate la prescription des faits, l’enquête judiciaire fait exactement pareil… tout juste l’ancien évêque de Bruges a-t-il été contraint de s’exiler afin de suivre une thérapie. Le plus heurtant dans cette sombre affaire est que, de l’aveu même du procureur du Roi de Bruges, Vangheluwe ne saisit pas vraiment la gravité des faits qui lui sont imputables(2). Ne pas saisir la gravité de fait pédophiliques, c’est aussi malséant que grossier ! Je voulais quand même rappeler la toute première publication de Roger Vangheluwe, c’était en 1977, et c’était titré Hebben wij nog principes ?... Avons-nous encore des principes ? Dans son cas précis, poser la question c’est y répondre…

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(1) Reports says clergy sexual abuse brought smoke of Satan into Church, par Jerry Filteau, in Catholic New Service, 27 février 2004
(2) Les non-dits de Vangheluwe, par J. La., on lalibre.be, 18 avril 2011

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 15:42

17 avril 1961, la CIA prend une gifle dans la Baie des Cochons

cochons.jpgEn janvier 1959, Fidel Castro prenait le pouvoir à Cuba en renversant Fulgencio Batista, au grand dam des Etats-Unis. En effet, le militaire déchu était proche de l’Oncle Sam tandis qu’avec Castro la Maison Blanchevoit le communisme se rapprocher de ses côtes, à moins de 150 kilomètres. Le pays ressent toujours quelques effluves de maccarthysme (1950-1956) et voila qu’un régime communiste pur et dur s’installe dans un pays voisin avec pour seule barrière réelle un bout d’Atlantique dans le détroit de Floride… Aussi l’Administration Eisenhower imagine-t-elle un plan d’action afin de renverser le jeune pouvoir cubain en place. Concrètement, il s’agit de recruter plusieurs centaines de mercenaires cubains, pro-Batista et exilé aux Etats-Unis, de les former aux techniques d’invasion militaire et de les renvoyer à Cuba pour mener à bien un coup d’état. La CIA prend en charge le recrutement et l’entrainement de ces mercenaires ; ils sont à peu près 1400 et sont baptisés Brigade 2506. La formation prend du temps et, le 8 novembre 1960, John Fitzgerald Kennedy accède au pouvoir en battant Richard Nixon lors d’un scrutin présidentiel auquel Eisenhower ne peut pas prendre part car il vient d’effectuer deux mandats consécutifs. Le projet de renversement à Cuba initié par le Républicain Ike sera-t-il mené à terme par le Démocrate JFK ? En pleine guerre froide, alors que les relations entre les Etats-Unis et l’URSS sont tendues à l’extrême et que le dialogue est rompu entre la Maison-Blanche et le Kremlin depuis mai 1960 lorsque qu’un avion de reconnaissance américain U2 est abattu dans l’espace aérien soviétique, Kennedy choisit de poursuivre le dessein de son prédécesseur…

L’objectif de cette attaque est de faire entrer les mercenaires par le sud de l’île, à l’opposé de la Havane afin de sécuriser une colline sur laquelle pourrait s’installer un gouvernement provisoire qui, une fois en place, demanderait l’aide militaire officielle des Etats-Unis pour déloger la dictature communiste de Castro. L’endroit choisi pour le débarquement est la Baie des Cochons sur la côté méridionale de Cuba, à 200 kilomètres de La Havane. Il s’agit d’une zone marécageuse à l’ouest de Cienfuegos, ville reconnue comme l’une des perles des Caraïbes. L’opération est planifiée pour le printemps 1961 ! Le 15 avril six bombardiers américains repeint aux couleurs cubaines (ndlr alors que c’est totalement interdit par les conventions militaires internationales) bombardent les bases aériennes de La Havane et de Santiago détruisant une très grande partie de l’aviation cubaine alors au sol et plusieurs avions civils. A l’issue de ce bombardement, il ne reste à Cuba que neuf avions militaires opérationnels. Ils ont échappés à la destruction car ils étaient en mission d’entrainement lors du passage des B26 américains… Le lendemain, Cuba enterre ses morts. Fidel Castro, outré par l’attaque, compare ce bombardement à l’attaque de Pearl Harbour dont avaient été victimes les Américains vingt ans plus tôt. Castro imagine que cette action n’est pas un geste terroriste isolé aussi met-ils ses troupes sur le qui-vive. Durant la nuit du 16 au 17 avril, les 1400 mercenaires entraînés par la CIA débarquent sur deux plages de la Baie des Cochons ; en mer plusieurs navires de guerre US mais aussi des cargos civils sont à l’affut de la réussite de l’opération pour consolider l’installation du fameux gouvernement cubain provisoire qui doit être installé…

Mais, bien renseigné par le KGB, Castro avait pu prévoir l’invasion. Les neuf avions restant, les troupes d’infanterie mais aussi la population civile cubaine parviennent à contrecarrer les plans de la CIA. Deux jours durant les combats font rage et, finalement, les mercenaires déposent les armes après avoir perdu une centaine des leurs. Les pertes cubaines sont importantes aussi, quelque 160 hommes dont plusieurs civils. Le débarquement dans la Baie des Cochons est une déroute totale. De nombreux gouvernements internationaux condamnent cette action militaire que Kennedy est contraint d’assumer. Il est en place depuis trois mois et voit déjà son image ternie par la Baie des Cochons. La crédibilité des Etats-Unis est entamée aux yeux des observateurs internationaux. Cuba, pour sa part, profite de cette tentative de putsch pour se rapprocher encore de Moscou afin d’avoir des garanties de sécurité. En mai 1962, soit à peine plus d’un an après les événements, Nikita Khrouchtchev envoie 50.000 soldats soviétiques, quatre sous-marins et 36 missiles nucléaires à Cuba afin de prévenir toute nouvelle forme d’attaque américaine. C’est le début de la Crise des Missiles de Cuba, un autre moment important de tension dans le Guerre Froide…



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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 11:06

Quand un Secrétaire d'Etat français confond une oeuvre littéraire majeure et une marque de vêtements...

zadig.jpgLorsqu'un Ministre dit une ânerie, elle ne passe que très rarement inaperçue. On se rappelle du fabuleux lapsus de Rachida Dati qui, en septembre dernier sur Canal +, confondait inflation et fellation ou encore celui, quelques jours plus tard, de Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale française, qui appela le Président de l'Assemblée Parlemantaire du Conseil Européen Mevlüt Ceaucescu au lieu de Mevlüt Cavasoglu... Il semble que les pontes de l'UMP soient sujets à la bévue oratoire ! Et ce n'est pas l'actuel Secrétaire d'Etat au Commerce, Frédéric Lefebvre, qui pourra contredire cette réalité. En effet, dans le cadre de la Journée du Livre Politique, lors de la présentation de son livre - dont une partie serait plagiée, semble-t-il - Lefebvre a étalé son manque de culture en confondant un classique de Voltaire et... une marque de prêt à porter ! Ainsi, lorsque le journaliste du Figaro demande à Frédéric Lefebvre quel est son livre préféré, le Secrétaire d'Etat UMP répond "Zadig et Voltaire car c'est une leçon de vie". Euh... Monsieur le Secrétaire d'Etat, Zadig et Voltaire c'est une marque un peu chicos de vêtement. L'oeuvre littéraire c'est Zadig ou la Destinée, écrite bien entendu par Voltaire. Plutôt qu'une leçon de vie, c'est d'une leçon de littérature dont Lefebvre aurait besoin ! Il est vrai que le fonds de commerce de l'UMP n'est guère culturel... Ce vautrage culturel m'en remet un autre en mémoire, celui du cinéaste José Giovanni qui avouait un jour sa grande passion pour les Concertos d'Aranjuez... Une ineptie qui avait été relevée par l'immense Pierre Desproges dans Le Tribunal des Flagrants Délires(1), lorsque Giovanni en fut l'accusé. Aranjuez n'a composé aucun concerto, et pour cause puisque Aranjuez est une ville de la banlieue de Madrid et non pas un compositeur. Celui qui composa le Concerto d'Aranjuez est Joaquin Rodrigo, qui écrivit de nombreuses pièces musicales pour guitare.

A propos de Zadig...

Zadig est une conte philosophique que Voltaire publia, sous le pseudonyme de Memnon, en 1747 avant de l'allonger pour le transformer en roman et de le publier à nouveau, sous son nom et sous le titre Zadig ou la Destinée, en 1748. Le texte évoluera plusieurs fois pour parvenir à une édition définitive en 1756. A travers cette oeuvre inspirée des nombreuses soirées mondaines auxquelles il assiste, Voltaire rapporte l'histoire d'un philosophe oriental, Zadig, face à de nombreuses injustices qui jalonnent son parcours. Quelle que soit la décision qu'il prend ou l'acte qu'il pose, Zadig est toujours confronté à un malfaisant qui détourne le sens premier de la décision ou de l'acte. Tour à tour condamné à la prison, condamné à mort,  Premier Ministre du Roi de Babylone, fuyard par amour ou Roi, Zadig connait des fortunes diverses qui sont, en fait, autant de prétextes pour Voltaire à écrire une critique acerbe des institutions et des moeurs du Siècle des Lumières. Zadig ou la Destinée est une satire sociale dans laquelle Voltaire fustige la justice, l'utilisation abusive des pouvoirs et le fanatisme religieux. Zadig ou la Destinée préfigure Candide ou l'Optimiste (1759) dans lequel Voltaire reprend l'idée de la satire.

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(1) Acta Diurna consacrera le 18 avril prochain, jour anniversaire de la mort de Pierre Desproges, un article à cette exceptionnelle émission de radio qu'était Le Tribunal des Flagrants Délires.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 12:24

Le foot des jeunes et des amateurs : une bouffée d’air frais ?

foot03.jpgDe plus en plus souvent, les grands clubs réclament à la Fédération Internationale (FIFA) des sommes importantes, à titre de compensation, pour d’éventuelles blessures encourues par un joueur libéré pour jouer un match avec son équipe nationale. Auparavant, jouer une rencontre internationale avec la sélection de son pays était un honneur, tant pour le joueur que pour son club mais, depuis l’avènement du foot-business, cet honneur est devenu synonyme de rentrées financières envisageables pour des clubs rompus au système financier devenu si important autour du ballon… On l’a évoqué déjà, mais plus que jamais, le football est devenu une machine à faire du pognon avant d’être un sport ou un spectacle… Heureusement qu’il reste les jeunes et les amateurs s’écrieront certains ! Même pas sûr répliquerais-je… Car même au niveau du foot amateur l’argent s’est insinué. Je ne parle même pas de certains transferts entre clubs provinciaux et de niveau inférieur qui se négocient pourtant déjà à coups de milliers d’euros mais plutôt de joueurs – de plus en plus nombreux au fil des années – qui réclament de l’argent pour pratiquer leur sport dans un club. Depuis une quinzaine d’années, il n’est plus rare de devoir payer des joueurs de séries régionales ou provinciales afin qu’ils acceptent d’endosser la vareuse d’un club. De deux choses l’une, où le club veut une équipe compétitive et accepte de payer le joueur amateur ou le club ne sacrifie pas à l’argent, se contente d’une équipe moyenne ou mauvaise et limite ses ambitions sportives ! Oui l’argent régit aussi le football des amateurs… Il y a aussi fait son entrée par le biais du marketing des grands clubs qui commercialisent des produits – maillots et survêtements ou t-shirts en tête de vente – à leur effigie. Partout autour des terrains amateurs, de Zichen-Zussen-Bolder à Morzy-les-Coyons-sur-Semois, on voit désormais fleurir des maillots du Real, de Manchester United, du Bayern… Cette floraison hâtive engendre un mimétisme de très mauvais aloi car beaucoup de joueurs amateurs s’imaginent, dès lors qu’ils se sont offerts une blouse de Cristiano Ronaldo, de Messi ou de Benzema, en avoir le talent ! J’en connais qui refusent de jouer s’ils n’ont pas la vareuse de leur équipe amateur floquée d’un numéro qui correspond à celui d’une vedette. Ainsi, pensent-ils peut-être qu’en jouant avec le n° 23 de l’équipe du FC Romorantin ou le n° 5 de l’Union Disonaise ils sont les Beckham ou Zidane des ces formations de patelins ?

Parce qu’en plus ils jouent les vedettes soignant davantage leur look que leur technique, privilégiant un rendez-vous chez leur coiffeur à l’entraînement hebdomadaire… Mais ils ont tendance à oublier qu’ils ne sont que des footballeurs médiocres évoluant dans des clubs de villages ou de quartier.

Un reflet de la société

Restent les jeunes ! Ils sont l’avenir du football… Parmi ces gamins qui tapent dans le ballon le samedi après-midi il y a, peut-être, un futur crac ou, plus prosaïquement, un joueur dont le talent lui permettra d’intégrer une équipe de haut-niveau. Selon un recensement de la FIFA(1), le football est pratiqué officiellement (c’est à dire par ceux qui ont la licence d’un club) par 265 millions de personnes, dont 26 millions de filles… Parmi ceux-ci, seuls 113.000 professionnels (soit 0,042%) et seulement quelques dizaines de stars qui dominent la planète foot ! Dès lors, pour un ou deux gamins qui arriveront à vivre du football, combien de joueurs anonymes ? Joueurs anonymes ou discrets dont certains sont d’ailleurs poussés par des parents qui tentent de vivre le rêve footballistique au travers des exploits de leur gamin…

Les problèmes qui polluent le monde du football rejaillissent immanquablement sur l’univers des gosses qui pratiquent ce sport. Certes l’argent n’est pas, à ce niveau, aussi présent ; encore que j’ai connu des parents qui payaient en douce pour que leur rejeton soit sur le terrain. Ils s’en trouvent aussi pour ‘’racheter’’ leur gamin au club afin de pouvoir disposer librement de ses choix et de sa carrière éventuelle… Mais l’un des polluants principaux du football trouve d’ores et déjà sa source dans les équipes d’âges et autour des terrains où jouent les mômes : le racisme. J’ai en mémoire, cela remonte à l’époque où j’étais dirigeant d’un petit club provincial, une phrase terrible prononcée par un parent qui hurlait après son fils qui venait d’être déposséder du ballon : «tu ne va quand même pas te laisser avoir par un Arabe !!!». Dieu que cette phrase est lourde de sous-entendus ! Et de telles sentences, plus ou moins virulentes, il s’en entend chaque week-end autour des terrains de jeunes. Et même entre joueurs certains propos racistes sont déjà tenus dès les catégories primaires… Souvent, ces mioches ne savent même pas ce qu’ils disent mais répètent des paroles entendues dans leur entourage et répercutent des idées haineuses qu’ils ne maîtrisent pas ! Faut-il, en fin de compte, s’étonner de voir le racisme gangrener le football ? Les éducateurs sportifs n’ont assurément plus la tâche aisée de nos jours ! De tous temps le football été un moyen d’insertion extraordinaire, un vecteur de socialisation important mais ces vertus tendent à laisser la place à des valeurs moins honorables, plus mercantiles et qui reflètent, finalement, la société telle qu’elle a évolué… Oui les ados d’aujourd’hui sont davantage racistes et vénaux que ne l’étaient ceux d’il y a deux ou trois générations ! Forcément cet état d’esprit rejailli dans le microcosme footballistique.

Non, décidément, le football n’a plus rien de séduisant à l’heure actuelle ; d’ailleurs beaucoup de gens s’en détournent tant on est gavé de ce show-business, que ce soit dans la rue ou à travers l’écran de la télévision. Les vedettes du foot sont les héros modernes – des gladiateurs - qui fascinent tous les gamins des quatre coins du monde. Mais le football en oublie une partie des ses bases fondamentales, ces fameuses bases de socialisation et d’intégration… Il reste – et c’est important à souligner – quelques initiatives éparses et quelques clubs qui privilégient ces valeurs, des endroits où le football reste un outil social… mais, dans son ensemble, le football est bien malade ! Malade de l’argent qu’il génère, malade du spectacle outrancier qu’il est devenu, malade d’une fanatisation qui cultive la haine des différences, malade d’une carence en humanisme dans et alentours des stades…

Le foot des gosses et des amateurs n’est même plus une bouffée d’oxygène à cet univers vicié tant le mal dont souffre ce sport est profondément ancré jusqu’aux racines !

A lire aussi :

- Dossier Football (1ère partie) : Le football soumis aux diktats du capitalisme
- Dossier Football (2è partie) : Le football face à un racisme de plus en plus développé

 

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(1) Source : Big Count, sur le site de la FIFA, consulté le 12 mars 2011

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 12:48

Le football face à un racisme de plus en plus développé !

footracisme.jpgEn 2003, alors qu’il s’était réuni à Londres, le réseau Football Against Racism in Europe (FARE) avait répertorié 120 actes de racisme graves, en dix ans, dans les stades de football européens… Cris de singe, insultes, chants nazis, calicots xénophobes et cetera… Aujourd’hui, huit ans plus tard, ce chiffre a encore largement augmenté ! Le racisme ordinaire se développe dans toutes les enceintes footballistiques du monde avec une préférence marquée pour les stades espagnols et surtout italien. Mais ne nous leurrons pas, c’est bel et bien toute la Planète Foot qui est touchée par ce fléau…

Malgré les campagnes télévisées et le marketing accru (rappelez-vous, les petits bracelets noirs et blancs qui ont fleuri sur bien des poignets), malgré que des joueurs et des clubs s’impliquent pour tenter de le faire diminuer, le racisme est plus que jamais présent dans les stades et même sur les pelouses ! Plusieurs joueurs ont été victimes de gestes ou de paroles racistes. Relevons, si vous le voulez quelques faits concrets, une liste loin d’être exhaustive, hélas :

- 1996, lors d’un match du Championnat d’Europe des Nations, le Bulgare Hristo Stoichkov insulte le défenseur français Marcel Desailly en évoquant son ‘’pays de merde’’ et sa ‘’peau de merde’’(1)…

- en février 2005, lors d’un match du championnat de France de 1ère division, l’entraîneur de Bastia taxe le joueur du PSG Lorik Cana de ‘’sale albanais de merde’’(1)… Aucune sanction ne sera prise !

- en novembre 2007, le joueur du FC Brussels Zola Matumona a cassé son contrat avec le club suite à des propos racistes tenus à son encontre par le Président du club…

- 16 février 2008, un supporter du FC Metz insulte toute la rencontre durant le défenseur de Valenciennes, Abdesalam Ouaddou. Celui-ci perdra d’ailleurs son sang-froid à la mi-temps et écopera d’un carton jaune pour avoir dit sa façon de penser au supporter messin (1)…

- Des joueurs blacks comme Thierry Henry, Mario Balotelli, Samuel Eto’o et bien d’autres sont constamment victimes de quolibets racistes adressés par les fans des équipes contre lesquelles ils jouent voire, parfois, de leur propre équipe…

- Yassine El Ghanassi, le joueur marocain de La Gantoise (D1 belge) est fréquemment insulté par des supporters adverses mais il a été touché, récemment, par des canettes de bière (vide évidemment… l’abruti qui l’avait lancée l’avait bue avant !) et même un briquet lancés des tribunes.

- dans le championnat italien, les joueurs d’origine africaine ou maghrébine doivent fréquemment affronter les sarcasmes racistes du public voire d’autres joueurs mais ce sont, assez paradoxalement, les joueurs roumains qui sont les cibles privilégiées du racisme des supporters…

 

En Italie où la Fédération nationale minimisait, rappelez-vous, l’importance du geste d’un joueur qui avait fait le salut fasciste devant un parterre de pseudo-supporters assoiffés de haine… Di Canio, c’est de ce triste sire qu’il s’agit, avait fêté, en décembre 2005, son but contre l’AS Roma par un bras tendu face à des nazillons proche de son équipe, la Lazio. Et bien, il s’en trouve, à la fédération italienne, pour penser que ce n’était pas si grave que cela n’y paraîssait, Di Canio n’avait écopé que d’un seul match de suspension. Quand Di Canio excite des fous qui n’ont pour envie que de ‘’casser du noir’’, je dis que c’est grave et que le joueur aurait du être suspendu longuement et internationalement pour ce geste obscène ! Aujourd’hui, quand je pense à Di Canio, un seul mot me vient à l’esprit : connard !

Tous les week-ends, des banderoles racistes sont étendues dans les stades et des insultent fusent à l’encontre des joueurs de couleur. Ces supporters abreuvés de bière et de haine brandissent le racisme comme exutoire à leur colère : colère d’une défaite de leur favori, colère d’une situation sociale triste, colère d’une situation personnelle médiocre alors ils cherchent un coupable… Et sur un terrain de foot comme dans la société, le responsable c’est toujours l’étranger, celui qui diffère, celui qui n’a pas les mêmes points de repère.

Dans les gradins, la situation est grave mais elle est alimentée par le comportement de référence du milieu du foot, des gens qui sont reconnus sur le gazon et alentours, des gens qui ont pignon sur pelouse… Nous avons évoqué le comportement lamentable de Di Canio, mais le joueur de la Lazio n’est, hélas, pas le seul à sombrer dans un racisme primaire et de mauvais aloi ! Lorsque Luis Aragonès, alors sélectionneur de l’équipe nationale d’Espagne, traita Thierry Henry de ‘’Sale négro’’, il y a de quoi bondir. Quand Fabio Capello, l’un des entraîneurs les plus populaires et les plus apprécié d’Italie vante les qualités du Franquisme, il y a de quoi s’insurger et quand c’est Javier Clemente, un illustre coach espagnol, qui prie Eto’o, encore lui, de ‘’remonter dans son arbre’’, il y a vraiment de quoi réclamer justice… Certains joueurs, le Français Lilian Thuram en tête, appellent des sanctions et davantage de répression de la part des autorités de football et même de la justice. Mais les supporters – les vrais, ceux qui aiment le sport – ne voient toujours rien venir ! Seulement un peu plus d’insultes et de calicots racistes chaque semaine…

Comment annihiler ce fléau ?

Il faut d’abord constater que l’augmentation significative des actes racistes dans les stades de football et sur le terrain va de pair avec une croissance tout aussi réelle du racisme dans la vie de tous les jours. Le microcosme footballistique n’est jamais que le reflet de l’ensemble de la société. Par conséquent, pour agir sur le racisme dans le football, il est de bon ton de commencer par agir sur le racisme dans la société. C’est un phénomène constaté, les jeunes sont aujourd’hui davantage ouvertement racistes que ne l’étaient ceux des deux ou trois générations précédentes ! Peut-être subissent-ils l’influence de parents qui, marqué par des phénomènes sociétaux – chômage, accroissement de la délinquance, violences urbaines, crise financière… -, cherchent des réponses dans quelques théories extrémistes aussi fausses que dangereuses ? Ce racisme précoce se ressent aux abords des terrains de foot où jouent des gamins et des adolescents. Déjà à ce niveau, la haine raciale commence à exhiber ses atours les plus nauséeux. Comment s’étonner, dès lors, de retrouver un racisme exacerbé à tous les niveaux. ? C’est en fait un cercle vicieux car les jeunes entretiennent un racisme latent qui explose au plus haut niveau attisé par des figures qui servent d’exemples aux jeunes qui tapent dans le ballon !

Comment faire face alors a cette plaie purulente qui infecte le sport roi ? Fliquer à outrance les stades ne serait pas une solution intelligente, que du contraire elle risquerait d’engendrer davantage de violence et de haine. Peut-on imaginer, alors, de se servir de caméras afin de repérer quelques graines de fascistes et les arrêter ? Quelques condamnations sévères pour l’exemple peuvent-elles être une panacée ? J’ai un doute… La blessure est trop profonde que pour la soigner par un placebo ! Les campagnes menées par un grand équipementier américain n’ont pas vraiment porté leurs fruits non plus. Est-on condamné à subir cette déferlante xénophobe sans avoir les moyens d’y faire face ? J’ai bien peur que oui… dans un premier temps du moins. Ce qu’il faut mettre en œuvre avant tout, c’est un encadrement accru des jeunes qui pratiquent le football (ndlr et d’autres sports d’ailleurs) car c’est à la base qu’il faut leur inculquer, en plus des principes du football, les principes de l’égalité et du respect des autres joueurs agrémenté de lourdes sanctions s’il le faut en cas de non-respect de ces principes. Ce travail doit reprendre aussi ses droits dans les écoles car tous ceux qui hurlent dans les stades ne passent pas forcément par un club de sport. Certes, le travail est de longue haleine et il faudra du temps pour voir disparaître le racisme du stade et il se peut même que cela n’arrive jamais tant l’ampleur de la tâche est importante. Mais il faut essayer !

Le football est malade de son argent, des sommes que l’on y injecte chaque jour, mais il est malade aussi d’un racisme ordinaire et quotidien à tous les niveaux.

 

Non au Racisme dans le foot

A lire
:

- Dossier Football – 1ère partie : Le football soumis aux diktats du capitalisme…

A suivre :

- le football des amateurs (1er avril 2011)
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(1) source : nonauracisme.com, consulté ce 12 mars 2011

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 13:36

Les résultats du premier tour des Cantonales françaises renforcent les sondages... le FN sera bel et bien en jeu pour la Présidentielle de l'année prochaine !

canto.jpgLe Front National a franchi allègrement la barre des 15% à l'occasion du premier tour du scrutin cantonal, soit un gain de trois pourcents par rapport aux Cantonales de 2004, mais surtout de dix pourcents par rapport à celles de 2008. Ce FN que l'on disait morribond au lendemain de la victoire de Sarkozy en 2007 est plus que jamais l'une des composantes majeures du jeu politique français. Je sais que les élections sont différentes et qu'il est toujours délicat de comparer deux scrutins avec des enjeux différents mais au soir des Législatives de juin 2007, le FN s'enfonçait sous la barre fatidique des 5%, on le disait même quasiment mort et obligé de revendre son patrimoine pour se financer... Après quatre années de sarkozysme, le FN est plus fort que jamais ! En effet, les observateurs de la politique française constatent un glissement de l'électorat de la droite vers l'extrême droite. "Il y a une grande porosité entre une partie de l'électorat de l'UMP et l'électorat du FN sur un certain nombres de valeurs" explique Jérôme Fourquet, analyste à l'IFOP. "Les questions de l'immigration et de l'insécurité sont les deux principaux moteurs. Aujourd'hui, un quart de l'électorat de Nicolas Sarkozy en 2007 voterait pour Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle"(1).  De récents sondages font même état de la présence de Marine Le Pen au second tour de l'élection Présidentielle de mai 2012 (lire à ce propos Le FN sera bien en jeu pour 2012). Des sondages que tendent à confirmer les résultats des Cantonales... Selon les décomptes, le FN sera présent au second tour dans 311 cantons. Si dimanche prochain le FN - qui n'a aucun Conseiller Général sortant - remporte quelques-uns de ces cantons, alors on saura que le glissement d'une frange importante de la population française vers l'extrême droite n'est plus seulement théorique mais qu'il se matérialise. Dans certains cantons, l'AfFront National dépasse les 30%, c'est le cas à Montigny-en-Gohelle (Pas de Calais), à Perpignan (Pyrénées Orientales), mais surtout à Pont-Saint-Esprit (Roussillon) et Fréjus (Var) où il atteint respectivement 37% et 39%.

Il est impossible de projeter le résultat des Cantonales à la Présidentielle de 2012 affirment en choeur plusieurs politologues français. En cause le fort taux d'abstention qui s'élève à 55,63%; plus d'un Français sur deux n'a pas été voté c'est un sacré caillou dans le jardin de la démocratie. A titre de comparaison, lors du scrutin cantonal de 2008, le taux d'abstention était de 35,11%; en 2004 il était de 36,09%. Il y a clairement une désaffection de la population française pour la chose politique. Une chose est certaine, l'abstention fait le jeu de l'extrême droite ! C'est un constat réel posé dans plusieurs pays de l'Union Européenne, lorsque la population s'abstient d'aller aux urnes, elle fait le lit de l'extrême droite. Autriche, Finlande, Danemark, Pologne, Pays-Bas, France... autant de pays qui en ont fait l'expérience concrète. Même lors des dernières élections européennes, en juin 2009, la forte montée de l'extrême droite au Parlement européen (58 sièges, soit près de 8% des voix à travers toute l'UE) est à mettre en corrélation avec le fort taux d'abstention (57% dans toute l'UE).

Comment expliquer ce désamour politique ?

Le désintérêt pour la politique est sans cesse croissant dans les masses car le citoyen se sent de plus en plus impuissant face à la société. Aujourd'hui, on nous dit : "ferme ta gueule et fais ce que l'on te dit !". C'est une image mais elle est à peine déformée... Ce message laconique et directif vient davantage des milieux socio-économiques que des milieux politiques mais on peut aussi s'apercevoir que le politique fait, de moins en moins, le poids face aux enjeux financiers qui dirigent le monde. C'est une évidence indéniable, c'est la finance qui gouverne le monde, pas le politique; pire le politique s'agenouille de plus en plus souvent face à la finance. La crise économique qui perdure depuis trois ans a alimenté ce sentiment, les promesses sociales non-tenues l'ont renforcé et, chez nous, le cirque qui dure depuis neuf mois a achevé de convaincre le quidam de base de l'impuissance des politiciens. Pour marquer son désabusement, le citoyen-électeur à deux options : le vote de sanction ou l'abstention. En Belgique, où le vote est obligatoire, on a souvent droit à un vote sanction; ECOLO en fut bénéficiaire, au détriment du MR lors des dernières élections régionales en 2009. En France, et dans d'autres pays où le vote n'est pas obligatoire, l'abstention remplace de plus en plus souvent le vote de sanction; c'est un signe évident de la lassitude de la population. Mais l'abstention est aussi une forme de vote de sanction ainsi, pour en revenir aux Cantonales d'hier en France, si ceux qui sont lassés de l'UMP ou du PS ne se déplacent pas, le pourcentage du FN s'envole. En fait, il n'y a pas plus de monde qui vote FN, il y a moins de monde qui vote ce qui agrandit évidemment la part du gâteau extrémiste. Illustrons ce propos par des chiffres simples :

Si 5 électeurs votent pour l'UMP, 4 votent pour le PS, 2 votent pour des partis centristes, 2 votent pour le FN et 2 autres votent pour des autres partis; le FN remporterait donc 2 votes sur 15 soit 13,33% des votes.

Si, à l'élection suivante, 3 électeurs votent pour l'UMP, 3 votent pour le PS, 2 votent à nouveau pour des partis centristes, 2 votent encore pour le FN, 3 choisissent de voter pour des autres partis; le FN remporterait donc 2 votes sur 13 soit 15,38%. Ainsi, parce qu'il y a eu deux électeurs qui ont décidé de ne pas voter, sans augmenter son score, le FN a gagné un peu plus de 2%...

L'abstention des masses c'est une des grande forces des partis d'extrême droite. Leur base est toujours présente, elle vote fidèlement, si celle des autres partis s'abstient c'est forcément l'extrême droite qui tire les marrons du feu. Rappelez-vous le premier tour de la Présidentielle française de 2002 ! Et encore, à cette époque entre les abstentions et les bulletins nuls, il n'y avait que ± un Français sur trois qui ne s'était pas exprimé (30%), cela avait suffit pour envoyer JMLP au second tour et Jospin sur l'Île de Ré... Hier l'abstention était au-delà des 50% ! Assurément, l'un des grands chantiers politiques des années à venir et de réintéresser la population à la politique, de l'attirer à nouveau vers les urnes et de l'inciter à voter de façon constructive. Ce n'est pas gagné !

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(1) Elections cantonales : ces électeurs UMP qui ont voté pour le Front National, par Jean Leymarie, on France-info.com, 21 mars 2011

RF2012

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 14:48

Le football soumis aux diktats du capitalisme…

footargent.jpgNous ouvrons un dossier consacré au football, un sport qui est devenu un vrai business. Ce dossier reposera sur trois axes : le foot et l’argent ; le racisme dans le foot et le football des amateurs. Première partie de ce dossier…

Le football est-il pourri par l’argent ? Bon d’accord, la question est un peu commune et il est difficile d’y répondre par la négative tant le sport dit roi est devenu assujetti au Dieu Pognon ! Certains joueurs gagnent des sommes astronomiques qui ne sont finalement que menue monnaie dans le budget des plus grands clubs européens… Aujourd’hui, le foot n’est plus un sport associatif mais bien un business axé sur la pratique d’un jeu populaire. Il est affaire de sous, de managers et d’avocats… Le but est, désormais, pour les clubs d’avoir l’effectif le plus prestigieux possible, quitte à dépenser des sommes mirobolantes pour y parvenir et à débaucher, en cassant des contrats, s’il le faut, des joueurs chez le voisin… Pas forcément pour les faire jouer en plus, non simplement pour affaiblir l’effectif du voisin simplement. Et beaucoup de joueurs ne résistent pas à l’appel des sirènes ; pour quelques espèces sonnantes et trébuchantes en plus sur un compte déjà bien garni, ils préfèrent faire banquette dans un grand club que de jouer dans un club moins huppé ou encore s’exiler dans un pays sans intérêt avec un championnat sans intérêt, à l’image de Mbark Boussoufa qui quittera prochainement Anderlecht, le meilleur club belge, pour aller jouer… au Daguestan ! Oui l’argent a détruit bien de choses dans le football, à commencer par le goût que j’avais pour ce sport voici quelques années encore.

Mais le football c’est aussi une autre histoire d’argent, une histoire de corruption, de matches truqués et de falsifications. Rappelez-vous cette sombre histoire qui secoua, en 2005, le landerneau footbalistique belge… Pour permettre à un Chinois de faire de l’argent, une montagne d’argent, par le biais de paris, plusieurs matches du championnat belge avaient été truqués ! Le principe était simple, le Chinois proposait d’aider des clubs en difficultés financières par le biais de contrats de sponsoring mais imposait une mainmise sur certains paramètres (composition d’équipe notamment) et allongeait quelques «primes» supplémentaires pour que certains joueurs lèvent le pied ou commettent des erreurs de jeu… Des sommes surprenantes – jusqu’à 700.000€ - avaient été misées sur des matches moyens du championnat belge. Zehun Ye, le Chinois, porta son attention sur des petits clubs pour deux raisons fondamentales :

 

- premièrement parce que corrompre des joueurs de grandes équipes qui touchent des salaires pouvant aller jusqu’à 25.000€ aurait coûté beaucoup plus cher au Chinois. En effet, quel joueur gagnant deux, trois ou cinq fois plus par mois aurait accepté de lever le pied pour 5000€ ? Tandis que des gars qui ne gagnent que 1000 ou 1500€ pouvaient, en une soirée, se faire quatre ou cinq fois leur salaire mensuel ;

- deuxièmement, pour pouvoir avoir une mainmise interne, il fallait que le Chinois puisse entrer dans le club à corrompre ; c’est ce qu’il fit à l’aide de ses contrats de sponsoring notamment. Il devait s’imposer à des clubs en proie à des finances un peu justes, pas à des clubs au budget important.

La gangrène corruptive toucha aussi, à la même époque, le championnat finlandais et même le championnat de France… Point commun, ce sont des joueurs de petites équipes qui furent contactés pour lever le pied. Autre point commun, la Belgique ! En effet, en Finlande le club suspecté était alors entraîné et managé par des Belges tandis que l’homme qui a tenté de corrompre un joueur français avait, selon L’Equipe, un fort accent belge... Mais, le championnat qui fut, alors, le plus touché fut, sans conteste, le belge ! Plusieurs équipes ont été dans le collimateur de la justice et de nombreuses langues se sont déliées. Plusieurs joueurs et entraîneurs ont admis avoir touché de l’argent pour fausser l'un ou l’autre match, ils ont d’ailleurs subit l’ire de la justice et de la Fédération Belge. Pour l’enrichissement personnel de certains, le football belge fut montré du doigt. Il est pourri a-t-on dit ! C’était assurément un fait mais faut-il rappeler que la Belgique n’a pas le monopole de la tricherie dans le foot ? Pas plus qu’il ne faut rappeler que les magouilles financières dans le football ne sont pas récentes… Le scandale, en 1980, des matches truqués pour le loto sportif – le fameux Totonero - qui avait coûté une longue suspension à Paolo Rossi, c’était dans le championnat italien ; la fameuse caisse noire de Saint-Etienne c’était en 1982 dans le foot français ; la corruption des arbitres organisée par des clubs c’était en 2004 en Tchéquie ; l’arbitre Hoyzer qui avait orienté des matches contre argent c’était dans la Bundesliga allemande en 2005… Mais la corruption dans le football n’est pas un phénomène obsolète, loin s’en faut. A la fin de l’année passée, la Fédération Grecque a ouvert une enquête à l’encontre de treize clubs grecs, dont quatre de première division, qui sont soupçonnés d’avoir truqué une quinzaine de matches. Le 10 mars dernier, il y a donc à peine une semaine, la FIFA ouvrait une procédure disciplinaire à l’encontre de six arbitres et officiels qui sont soupçonnés d’avoir été manipulés au profit d’une société thaïlandaise qui détenait les droits d’organisation de deux matchs internationaux et amicaux… Pourquoi une société privée détient-elle des droits sur l’organisation de matches internationaux ? N’est-ce pas là l’apanage de la FIFA ?

Le football n’est plus seulement un vecteur de socialisation, une activité sportive voire un métier pour certains comme il l’était encore jusqu’aux années ’80. Depuis l’avènement de la Champion’s League, le football est devenu un secteur économique hautement capitaliste qui s’appuye sur la recherche d’un profit maximal et dans lequel se dégagent quelques ténors du business. Comme tout secteur économique, il est soumis à une mondialisation exacerbée. Faut-il, dès lors, s’étonner que les petits, les laissés-pour-compte, qu’ils soient clubs ou joueurs, essayent eux aussi d’avoir leur part d’un gâteau appétissant orné de dollars et d’euros ? Le football-sport est devenu football-spectacle, je n’en veux pour preuve que les sommes colossales investies en droit de retransmissions télévisées. C’est un milieu dans lequel circulent des sommes prodigieuses… L’argent appelle l’argent, alors le football-pognon engendre de nouvelles ressources financières et il n’est que «normal» que les coulisses soient infiltrées par des systèmes mafieux qui entrevoient les profits colossaux que l’on peut tirer du foot-business…

L’argent est ultra-présent dans le football, il le régente et il génère des comportements malsains à tous niveaux, dans tous les pays… Faire basculer le système en place relève de l’utopie alors nous l’acceptons tous, tacitement ou non. Beaucoup, comme moi, se sont désintéressés de ce milieu c’est peut-être la seule chose à faire !


A suivre :
· 2è axe : Racisme et football (25 mars 2011)
· 3è axe : Le football des amateurs (1er avril 2011)

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 00:00

Un Français sur quatre voterait pour l'afFront National si les Présidentielles avaient lieu demain !

mlp.jpgSamedi dernier l'institut d'études de marchés Harris Interactive publiait un sondage selon lequel Marine Le Pen arrivait en tête des intentions de votes pour l'élection présidentielle de 2012. Avec 23% d'intentions, elle devançait, selon ce sondage, Martine Aubry et Nicolas Sarkozy qui récoltaient chacun 21%... Plusieurs observateurs de la politiques française avaient alors remis le résultat en doute, prétextant que le sondage avait été mené par internet et qu'il ne prenait pas en compte la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Alors, Harris Interactive a recommencé son sondage - toujours par internet car c'est un moyen finalement assez similaire à l'isoloir(1) - en tenant compte de différents candidats de gauche. Bilan, Marine Le Pen sort gagnante face à Sarkozy et quel que soit son rival à gauche...
Le Pen (24%) - Strauss-Kahn (23%) - Sarkozy (21%)
Le Pen (23%) - Sarkozy (21%) - Aubry (21%)
Le Pen (24%) - Sarkozy (21%) - Hollande (20%)


A quatorze mois de la Présidentielle, il ressort de ce sondage que Strauss-Kahn serait le meilleur candidat pour la gauche, qu'il serait le seul capable de l'emmener au second tour contre Le Pen. Quant à Sarkozy, son seul espoir serait - toujours sur base de cet instantané - que Hollande soit le porte-drapeau du PS... Un Hollande qui décidément, malgré qu'il soit plus affuté, aminci et qu'il ait gagné en sérieux, ne semble pas séduire la France ! Mais l'élément essentiel de cette enquête Harris est que Marine Le Pen est occupée à réussir la où son père ne l'a pas fait ! Bon d'accord, ce ne sont que des chiffres, les sondages de janvier faisaient la part belle à Sarkozy, ceux de février à DSK... D'accord, la campagne électorale n'en est qu'à ses balbutiements et il coulera encore beaucoup d'eau avant le 22 avril 2012, date du premier tour de la présidentielle française. Il n'empêche que le constat est posé, un Français sur quatre est disposé à voter pour l'extrême droite ! C'est aussi la toute première fois, en France, qu'un sondage laisse apparaître un candidat d'extrême droite en tête. Même en 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen avait fait trembler la France en se hissant au second tour, jamais il n'avait brillé dans les sondages...

Evidemment, même s'ils fustigent ce sondage, les politiques se rejettent la faute d'une telle percée de l'afFront National. Ainsi, François Bayrou (Modem) accuse la majorité d'avoir attisé la peur de l'islam avec les débats sur le port du voile et le halal dans les cantines tandis que le Premier Ministre François Fillon (UMP) rétorque que l'opposition insiste sur le rôle joué par l'opposition dans ce contexte... Et les thèmes de l'insécurité, du chômage et de l'immigration refont évidemment surface. Ils font surtout le jeu de l'extrême droite ! Lorsqu'il fut élu, en 2007, Nicolas Sarkozy promettait d'assécher l'extrême droite française; ce n'était pas mal parti puisque lors du scrutin présidentiel de 2007 Jean-Marie Le Pen n'atteignait que péniblement les 10% avant que l'afFront National ne passe sous la barre des 5%, quelques semaines plus tard, lors des législatives. Avec 4,29% des voix, le parti extrémiste était tombé au plus bas depuis l'aube des années '80. Beaucoup - et moi comme les autres - s'étaient alors imaginé que Sarkozy était le fossoyeur de l'extrême droite française... Quelle erreur ! Sarkozy n'a pas su séduire les électeurs de l'afFront National et les attirer durablement à lui. Au contraire, aux Régionales de 2010, le parti des Le Pen dépassait, à nouveau, allègrement la barre des 10%. Depuis, il navigue entre 18 et 20% avec, désormais, une pointe à 24%...

Sarkozy a échoué dans sa promesse d'assécher l'afFront National, mais la gauche - le PS en tête - qui ne parvient pas à se trouver un vrai leader fédérateur et qui stagne depuis 2002 est autant responsable. En tant que principal parti d'opposition, le PS se doit d'être solide, de jouer un rôle fort afin de se présenter en recours au sarkozysme... C'est loin d'être le cas. Depuis le camouflet de la présidentielle 2002, le PS français nage en plein marasme et semble s'y complaire. De guerres de Barons en résultats décevants, de querelles intestines en images de parti démodé, de tergiversations en leaders piteux, le vrai Parti Socialiste français, celui du combat de gauche, est mort avec François Mitterrand ! Aujourd'hui, le recours au sarkozysme, ce n'est plus le PS mais bien l'afFront National ! C'est un constat aussi triste que réel...

Reste une question qu'il est légitime de se poser aujourd'hui. Que se passera-t-il si Marine Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle de 2012 ? Y aurait-il un nouvel appel républicain qui inciterait la population à voter pour l'autre candidat, qu'il soit de droite ou de gauche ? Ou bien les déçus du socialisme et du libéralisme sont-ils à ce point nombreux dans l'Hexagone que pour envoyer une extrémiste à la présidence ? Pas de doute, la campagne électorale présidentielle a commencé, il s'agit, autant à droite qu'à gauche, de construire des programmes qui tiennent compte des préoccupations des Français mais aussi d'éviter les candidatures parasites et de se présenter unis au scrutin... Pour faire barrage àl'afFront National, le plus dur pour le PS et l'UMP ne sera-t-il pas d'être solidaire derrière un seul candidat ?

Quoi qu'il en soit, la présidentielle française de 2012 se jouera bien à trois avec le PS, l'UMP et le FN !

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(1) il n'y a pas de micro, pas d'intervieweur... seulement l'intimité du votant et de son pc

 

RF2012

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 06:00

Quand La Marseillaise version Gainsbourg dérangea l'aile conservatrice française...

gainsbourg.jpgIl y a 20 ans aujourd'hui que mourrait Serge Gainsbourg. Qu'on aime ou pas le personnage, il est indéniable que Gainsbourg est un grand de la chanson française; de ses débuts comme pianiste-crooner dans les casinos de Deauville ou du Touquet jusqu'à ses ultimes provocations en passant par le tremplin vers la célébrité que lui offrit Boris Vian ou les nombreux succès populaires qu'il composa, l'Homme à la tête de chou a marqué le répertoire francophone. Gainsbourg inspira des chanteurs français comme Daho, Renaud, Dutronc, Clerc, Paradis ou Taxi Girl mais aussi des chanteurs anglophones à l'image de Beck, Brian Molko, Marc Almond (qui fut le chanteur de Soft Cell), Marianne Faithfull, Michael Sipe (le chanteur de R.E.M.), Mick Harvey ou encore Portishead... En guise de modeste hommage à ce poète maudit, j'ai envie aujourd'hui d'évoquer un passage précis de la carrière de Gaisnbourg; une provocation qui n'en n'était peut-être pas vraiment une au bout du compte : sa Marseillaise en reggae !

1978, Serge Gainsbourg traverse une mauvaise passe artistique ! Il vient des publier un reccueil des ses poèmes qui n'a pas du tout marché auprès du public ni des critiques. Il avait mis toute son âme dans ses écrits et l'échec lui fait mal, d'autant plus mal que sa chanson Sea, sex an sun, qu'il avait composé à la va-vite pour prouver à certains qu'il pouvait lui aussi faire un tube disco, cartonne dans les boites de nuit et au hit-parade. Gainsbourg se rend compte que les adjectifs qualitatif et populaire ne riment pas forcément... en fait, ils commencent même à rimer de moins en moins souvent ! En outre, Sea, sex and sun sert de générique au film Les Bronzés, du Splendid, qui sort fin novembre 1978 et qui fait plus de deux millions d'entrées ce qui amplifie le succès de la chanson de Gainsbourg. Une chanson bâclée fonctionne mieux qu'un reccueil de poésie finement ciselé... Gainsbourg déprime ! Un jour, chez lui, par hasard, il feuillète son encyclopédie et s'arrête sur un article consacré à l'hymne national français composé, en 1792, par Claude-Joseph Rouget de l'Isle. Sous le texte, les paroles de l'hymne sont reprises et, dès après le second couplet, le refrain qui s'écrit sur huit lignes, n'est plus repris texto mais bien abrégé par "Aux armes, et caetera...". En fait, Gainsbourg imagine que le type qui a écrit l'article pour l'encyclopédie qu'il a sous les yeux n'avait pas la patience de réécrire à chaque fois les huit phrases du refrain, que "ça le faisiat chier de réécrire"(1) mais, surtout, que c'est là un excellent titre de chanson. Un titre qu'il ne veut pas laisser passer tant il le trouve bon, mais encore faut-il associer des paroles au titre... Et pourquoi pas, finalement, le texte original de Rouget de l'Isle ? Alors il adapte ses paroles sur un rythme reggae, remplace le refrain par la simple phrase aux armes et caetera et se propose de l'enregistrer ainsi. Autour de cette chanson il veut un album reggae alors il écrit et compose onze autres titres et s'envole pour Kingston, en Jamaïque terre du reggae, pour le mettre sur vinyle avec le concours des choristes de Bob Marley. L'album Aux armes et caetera sort en mars 1979 et comprend, notamment, Vieille Canaille, qu'il chantera en duo avec Eddy Mitchell quelques années plus tard, une reprise de La Javanaise et une autre de Marylou Reggae qui se trouvait déja sur l'album L'Homme à la Tête de Chou (1976).

L'album Aux ames et caetera est une révolution en France, d'abord parce qu'il importe un rythme qui était encore plus que méconnu dans l'Hexagone(2), ensuite parce qu'il crée la polémique. Les militaires sont heurtés par l'interprétation de l'hymne national par Gainsbourg. Le journaliste, romancier et futur académicien Michel Droit, qui fut un proche du Général De Gaulle, s'autorise une véritable diatribe dans les colonnes du Figaro Magazine du 1er juin 1979 à l'encontre de la chanson. Il emploie des termes violents comme chienlit ou profanation du sacré à l'encontre d'Aux armes et caetera mais, plus grave, il attaque personnellement Gainsbourg avec des mots comme pollution ambiante, Droit flirte même avec la limite de l'antisémitisme... Cette polémique initiée par les milieux conservateurs et militaires français servent davantage Gainsbourg qu'elle ne l'ennuient. Le chanteur prend quand même le temps de répondre, quinze jours après l'attaque, à Michel Droit dans un article publié dans Le Matin. Partout, dans ses cercles d'amis, dans les couloirs des radios ou des plateaux de télévision qui l'invitent, Gainsbourg répond lorqu'on évoque le sujet par un jeu de mot laconique et direct "On n'a pas le con d'être aussi Droit !" retournant encore un peu plus la situation à son avantage. Mais de simples mots couchés sur le papier vont devenir menaces verbales et physiques. Alors que l'album Aux armes et caetera devient disque d'or, le premier de la carrière de Gainsbourg, il décide de remonter sur scène. Il n'a pas donné de concert depuis le milieu des années soixante aussi est-ce un événement important lorsqu'il débute une tournée hexagonale en décembre 1979. Le 4 janvier 1980, à Strasbourg, une alerte à la bombe est lancée dans l'hôtel occupé par Gainsbourg et ses musiciens jamaïcains. Le soir même, la salle où il doit se produire est prise d'assaut par des para-commandos qui entendent clairement molester l'outrecuidant qui a osé profaner La Marseillaise. La situation est tendue et le service de sécurité a du mal à contenir les paras. Gainsbourg monte alors seul sur scène, déclare de façon haute et claire "Je suis un insoumis qui a redonné à La Marseillaise son sens initial ! Je vous demanderai de la chanter avec moi"(1) et il entone La Marseillaise à cappella devant les militaires aussi éberlués qu'incrédules qui, comme un seul homme, se mettent au garde-à-vous... Il en faut décidément bien peu, parfois, pour calmer des abrutis ! Gainsbourg quitte alors la scène en saluant les militaires d'un bras d'honneur magistral... Le concert est annulé pour le plus grand plaisir des paras mais avec cette audacieuse prise de risque, seul face à ses détracteurs, Serge Gainsbourg a évité un pugilat entre les militaires et ses fans...

Gainsbourg se plaisait à rapporter cette anecdote : il eut l'opportunité, lors d'une vente aux enchères à Versailles en 1981, d'acheter le manuscrit original de La Marseillaise de Rouget de l'Isle. Sa version lui ayant apporté succès et gloire, il voulut absolument obtenir le manuscrit, aussi enchérit-il jusqu'à 135.000 francs français de l'époque(3) pour l'acquérir. Lorsqu'il eut le document entre les mains, il vit qu'après le second couplet, Rouget de l'Isle notait pour le refrain... Aux armes, et caetera ! Ce n'était pas le copiste de l'encyclopédie qui n'avait pas eu la patience de recopier à chaque fois le refrain, mais bien Rouget de l'Isle en personne...

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(1) Scandales du XXè siècle - Gainsbourg métisse La Marseillaise, par Bruno Lesprit, in Le Monde, 1er septembre 2006
(2) il est communément admis aujourd'hui que c'est cet album de Gainsbourg qui introduisit le reggae en France !
(3) ± 14.000 euros

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 13:19

Les archives d'Acta Diurna vont disparaitre...

wm2.jpgLe message adressé par l'équipe de Webzinemaker est laconique et tranchant : "le service gratuit va fermer. Vous pouvez préparez votre tranfert vers wmaker.net"... Et encore, ce message il se trouve l'interface de gestion; pas même un courriel pour avertir les milliers d'internautes qui avaient créer un site gratuit chez Webzinemaker. Pas même une date qui annonce la disparition définitive. Comme je suis passé sur over-blog depuis neuf mois, je n'avais pas reçu l'information, heureusement que deux amis m'ont averti de la mort annoncée du gratuit chez Webzinemaker. Ainsi donc, Webzinemaker va limiter son champs aux interfaces payantes ! C'est donc la fin de 55.222 sites répertoriés sur leur espace gratuit. Cela me pose un double problème, technique et éthique !

Technique parce que tous les articles - 1895 au total - que j'avais écrit avant mon passage chez Over-blog étaient toujours disponibles pour les lecteurs. Ces articles représentent sept années de travail et ils étaient encore fréquemment lus, ne fut-ce que par les liens que je fais dans des articles plus actuels, des liens qui renvoient à une actualité plus ancienne ou en rapport avec le sujet que j'évoque. Ces 1895 articles vont disparaître de la lecture publique car je n'ai ni le temps ni l'envie de les récupérer pour les publier ailleurs. L'essentiel de ces articles, ceux qui me tiennent le plus à coeur (des portraits, des billets d'humeurs, des traits d'humour...), je les ai évidemment en copie sur des CD et j'en remettrai dans les pages d'Acta Diurna sur Over-blog, s'ils sont intemporels, bien sûr... Quant aux autres, ceux qui étaient d'actualité au moment où ils furent écrits, et bien ils vont simplement disparaître d'un coup de baguette tragique. Il n'y a, en effet, aucun intérêt, ni pour vous, lecteurs, ni pour moi, auteur, de publier à nouveau un texte sur les élections américaine de 2004, sur les présidentielles françaises de 2007 ou sur les coulisses de la Coupe du Monde de foot de 2010. C'est ainsi, ces nombreuses lignes noircies, ces nombreuses heures de travail, vont passer à la trappe... Merci Webzinemaker.

Ethique parce que la manière d'agir de l'équipe de Wezinemaker est limite... Cela fait plusieurs mois que le service gratuit n'est plus assuré (ndlr c'est d'ailleurs ce qui me poussa à migrer vers Over-Blog) et que les responsables ne répondent plus aux e-mails. Et encore ici, pour signifier la fin de leur espace gratuit, ils se contentent de quelques lignes dans l'interface de gestion. Mais là où cela devient plus que limite, c'est que dans ces quelques lignes, ils écrivent clairement que pour conserver ce qui a été écrit et publié, il faut passer sur la version payante ! "Nous sommes désolés mais ce service va bientôt fermer. Vous pouvez préparer votre transfert vers wmaker.net. La bascule du site se fait en plusieurs étapes : 1. créer un site en version Blog Pro, abonnement annuel. 2. Saisir votre code promo dans le formulaire de création. 3. Demander le transfert via le support. Le code-promo correspond à une réduction de 80% sur la première année d'abonnement pour toute souscription". Voila le texte adressé par Webzinemaker. Ce n'est même pas latent, c'est écrit en toutes lettre : le gratuit va disparaite, pour sauver vos articles publiés, faites le transfert vers la version payante, cela ne vous coûtera que 20% du prix normal... enfin la première année et puis ce sera 100% ! C'est quand même limite escroquerie, je trouve, ce comportement !

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La seule chose à faire est de dire définitivement adieu à Webzinemaker, tant pis pour les archives. C'est triste mais c'est ainsi. Que Webzinemaker abandonne ses activités gratuites pour se recentrer sur les payantes, c'est une chose mais pourquoi ne pas laisser en ligne ce qui avait été publié par les milliers de personnes qui avaient créé leur site ? Cela ne leur aurait pas couter grand chose, on ne leur demandait pas de s'en occuper... non juste de laisser les choses en l'état afin que ne se perdent pas des années de travail. De toutes façon, laisser les choses en l'état c'est ce qu'ils faisaient depuis près de trois ans tant ils avaient abandonné le navire du gratuit... alors franchement autant continuer !


Webzinemaker n'a jamais été capable d'offrir un service de qualité à ses clients "gratuits" - oui clients car nos sites gratuits lui rapportaient de l'argent via la publicité qu'il y imposait - , j'ose espérer qu'il offrira un produit de meilleure valeur à ses clients "payants". Je ne peux m'empêcher d'avoir un doute...

Toujous est-il que, une fois encore, pour de sombres raisons mercantiles, c'est le public qui paye, c'est vous, qui ne pourrez plus lire ces archives - croyez bien que j'en suis désolé - et c'est moi, qui ait commis l'erreur de faire confiance à une bande d'incompétents qui se doublent de marchands sans état d'âmes.

Enfin, et c'est le plus important, l'aventure Acta Diurna continue sur Over-blog où nous avons pris nos marques depuis juin 2010. Ce sont, d'ores et déja, 254 articles qui ont été publié sur la version Over-blog... Il y en aura beaucoup d'autres !

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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