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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 10:16

La CGTN vient d'officialiser une version francophone de cet anglicisme.

tout-en-ligne.jpgLes mots du web se francisent peu à peu, après la version française de hashtag (mot-dièse), e-mail (courriel), newsletter (info-lettre), bug (bogue) ou encore l'expression Frequently Asked Questions (Foire aux Questions), c'est au tour du terme pure player de trouver son adaptation dans francophone. La Commission Générale de Terminologie et de Néologie, un dispositif interministériel dont la mission est de favoriser l'enrichissement de la langue française, vient de publier au Journal Officiel l'adaptation tout aussi officiel de l'anglicisme "pure player". Désormais, en français correct, il faudra dire "tout en ligne". Ainsi donc, Mediapart, par exemple, n'est plus un média pure player mais bien un média tout en ligne; pareillement Amazon ne fait plus de commerce pure player mais bien du commerce tout en ligne.

Pour rappel, les pure players sont des entreprises qui n'existent que sur internet, c'est à dire qui fonctionnent sans magasin physique et réel. Les pure players sont donc des entreprises commerciales qui fonctionnent par le e-commerce à l'image de ventreprivée.com, Pixmania, CDiscount ou Amazon.com, le premier du genre qui a vu le jour en 1994 à Seattle, bien entendu. Des réseaux sociaux comme Facebook, LinkedIn, Viadéo, etc. peuvent également être considéré comme des pure players. Le terme pure player s'est ensuite étendu aux médias qui sont apparus en ligne et qui ont fait le pari de n'exister que sur internet, on parle bien de médias d'informations qui se sont créés uniquement sur et via le net, pas de médias papiers traditionnels qui ont migré vers le web pour y développer une partie de leurs activités et qui disposent donc d'une version papier et d'une version numérique. Parmi les médias pure players on trouve notamment : Médiapart (créé, en 2008, par Edwy Plenel, ancien Directeur de Rédaction du Monde), Rue89 (créé par d'anciens journalistes de Libération en 2007), Slate (un magazine numérique créé en 1996 qui appartient à l'entité des publications online du Washington Post), The Huffington Post (créé en 2005 par Arianna Huffington, qui appartient désormais à AOL et dont une édition française existe depuis janvier 2012 en partenariat avec Le Monde) ou encore Atlantico

 

Ne dites plus pure player mais bien tout en ligne !
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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 10:33

15% des Belges vivent sous le seuil de pauvreté, 12% postposent ou annulent des soins faute de moyens... et la consultation chez le médecin va augmenter de 1,39% en 2014 !

 

Ce matin, hasard de l'actualité, je suis tombé sur deux sujets qui m'ont interpellé au moment de faire ma revue de presse quotidienne : les hôpitaux belges sont de plus en plus chers(1) et 12% des belges renoncent à se soigner(2). La Belgique est pourtant reconnue pour sa grande accessibilité aux soins de santé, les mutuelles absorbant une très grande partie des frais. Par ailleurs, nous savons par différentes études que quelque trois quarts des Belges sont satisfaits du système de soins de santé en place. Bref, on serait en droit de croire que la Belgique est un pays de cocagne pour ses malades. Ce serait totalement vrai si un Belge sur huit ne devait, malgré tout, pas renoncer à se rendre chez un médecin lorsqu'il est malade. Une étude internationale mené par Deloitte, fin 2011 mais qui reste crédible deux ans plus tard, montrait même que, dans notre pays, une personne sur cinq renonce à une visite chez le médecin en cas de maladie(3). C'est effarant car cela place la Belgique en seconde position de ce "classement négatif" juste derrière les Etats-Unis où l'on sait pourtant que l'accessibilité aux soins est encore fortement limitée malgré la réforme mise en place par Obama.

 

L'étude Deloitte confirmait la confiance du Belge dans les médecins (75% de satisfaction) et dans les hôpitaux (68% de satisfaction) mais avoir confiance ne signifie pas que l'on puisse se permettre. Car, si les mutuelles remboursent tout ou partie des soins de santé, il faut garder à l'esprit que tous les soins de santé n'intègrent pas la nomenclature, c'est à dire la liste officielle des soins remboursés. Par ailleurs, il faut souvent avancer le coût d'une consultation ou d'un soin avant de retoucher, si l'on ajoute encore que l'on constate que de plus en plus de personnes ne sont pas en ordre de mutuelle (cotisations payées et/ou documents à jour), la proportion de Belges qui a des difficultés à se soigner part à la hausse. Les médecins posent également le constat qu’ils sont de plus en plus confrontés à des patients qui ne peuvent pas payer leur consultation(4) mais aussi que de plus en plus de patients postposent, faute de moyens, une opération ou se renseignent pour savoir si cette opération est vraiment nécessaire(3). Enfin, au niveau pharmaceutique aussi la difficulté de faire face se fait sentir, ce sont désormais 42% des Belges qui utilisent des médicaments génériques, moins chers. Pour les ménages belges qui vivent au-dessus du seuil de la pauvreté, la dépense moyenne pour les soins de santé équivaut à 4,6% du budget global(5). Pour ceux qui vivent sous le seuil de la pauvreté, on grimpe à 5% du budget. Cela signifie que les plus pauvres ont, non seulement, moins d'argent à consacrer à la santé mais que ces dépenses santé grèvent davantage un budget global plus étriqué.

 

Selon une enquête menée par le Service Public Fédéral de la Santé, en 2007(5), un ménage belge vivant sous le seuil de la pauvreté(6) dépense chaque année 20.017€ par an (soit 1668€ par mois) pour couvrir ses frais alimentaires, d'énergie, de location ou de remboursement de prêt immobilier, de transport, d'habillement, de loisirs etc. Un ménage au dessus du seuil dépense annuellement 33.711€ (soit 2809 € par mois) pour ces mêmes frais. La différence entre ces ceux ménages est donc de 1141€ par mois; pour sa santé, le ménage au-dessus du seuil de pauvreté dépense ± 129€ chaque mois tandis que le ménage sous le seuil ne peut dépenser que 83,40€. Mais proportionnellement, cette dépense grève davantage le budget de la famille la plus pauvre... Et cela risque de ne pas s'arranger avec la politique d'austérité actuelle au niveau des soins de santé menée par le gouvernement ! Est-il utile de rappeler que quelque 15% de la population belge vivent déjà sous le seuil de la pauvreté ?

 

De plus en plus de Belges vers les maisons médicales et/ou les soins gratuits

 

A l'été 2012, le quotidien De Standaard posait le constat implacable que le nombre de Belges qui a recours aux soins gratuits a explosé. Il est passé de 123.000 en 2004 à 250.000 en 2011(7), soit plus du double. Dans le même laps de temps, le nombre de centres de soins communautaires (ou maisons médicales) a aussi plus que doublé, passant de 51 à 110, dans notre pays. Selon De Standaard, ce chiffre est appelé à aller encore à la hausse dans les années à venir. La Ville de Gand, par exemple, dispose de neuf centres de soins communautaires, dont le dernier en date a ouvert au début de l'année 2013. Ce sont plus de 6000 patients qui ont recours aux maisons médicales gantoises pour une vingtaine de travailleurs de la santé qui assurent le suivi, précisait alors le Pr Thierry Christiaens(7), qui exerce notamment dans des centres de soins communautaires brugeois et gantois. Le nombre de patients qui fréquentent ces centres de soins communautaires est exponentiel et la saturation reste une réalité concrète. La crise économique semble être le facteur principal de cette explosion de patients qui se tournent vers des soins gratuits ou meilleurs marché. "On estime que deux tiers de nos patients vivent dans des conditions difficiles, n'ont pas beaucoup d'argent" expliquait également Thierry Christiaens(8) "Ces dernières années, nous avons vu plus de réfugiés et de migrants mais le nombre de Belges a aussi fort augmenté. Ils nous disent qu'ils ne peuvent pas se permettre de payer pour leur soins de santé"(7). Un constat qui était confirmé par Francina, une patiente de 72 ans qui se rend trois fois par semaine dans un centre de soins communautaires de Gand pour soigner ses pieds fortement touchés par le diabète dont elle souffre. "Loyer, eau électricité, vous savez ce que ça coute ? Mon loyer vient d'augmenter de 10 euros. Je gère mon argent au mieux mais à la fin du mois il ne me reste rien de ma pension"(9) dit-elle dans la carte blanche que lui offrait De Standaard en août 2012. Alors elle n'irait pas chez le médecin, au péril de sa vie car les pieds diabétiques nécessitent des soins sérieux, si elle devait payer... Plus d'une année plus tard, alors que l'austérité est de rigueur dans le secteur des soins de santé, la situation ne s'est évidemment pas améliorée. L'augmentation du coût de la consultation hospitalière en 2014 risque d'empirer encore un peu plus une situation déjà délicate.

 

Si la Belgique reste bien un pays où l'accessibilité aux soins est bonne, elle l'est quand même un peu moins chaque jour qui passe...

 

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(1) Hôpitaux, toujours plus chers ! par J. Def., in La Dernière Heure/Les Sports, 27 février 2014
(2) 12% des belges renoncent à se soigner, par L. Sa., in La Dernière Heure/Les Sports, 27 février 2014.

(3) Malade, un Belge sur cinq ne vas pas chez le médecin, par P.M., in La Meuse, 6 décembre 2011.
(4) Hausse du nombre de patients incapables de payer leur consultation, par Belga, on www.dhnet.be, 26 février 2014.

(5) Source : www.luttepauvrete.be, consulté ce 15 octobre 2013
(6) En Belgique, le seuil de la pauvreté est de 973€ par mois. Il est fixé à 60% du salaire moyen annuel, soit 60% de 19.464€ = 11.678€ c'est à dire un revenu mensuel de 973€ (11.678/12) par personne. Grosso modo, pour un ménage moyen (deux adultes et deux enfants), le seuil de la pauvreté s'établit sous les 2000€ mensuels.
(7) Crisis blijft belgen naar gratis zorg, par Maxie Eckert, in De Standaard, 2 août 2012
(8) Gratis zorg succes bij patiënt en arts, par Maxie Eckert, in De Standaard, 2 août 2012
(9) "Ik ga niet naar de dokter als het geld kost", par Francina Vervaeke, in De Standaard, 2 août 2012

Les soins de santé sont de moins en moins accessibles en Belgique
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 13:24

Une société américaine lance le concept de la bière... en poudre !

Boire de la bière rend, parait-il, heureux ! Ce n'est pas moi qui le dit mais bien une étude américaine menée par des chercheurs de l'Indiana. Et bien les habitants du Colorado vont avoir une raison supplémentaire d'être heureux alors car l'entreprise Pat's Backcountry Beverages vient de lancer une bière en poudre (et en sachet) que l'on "reconstruit" soi-même à l'aide d'eau gazeuse. L'idée à de quoi surprendre, voire énerver, les puristes du houblon mais le concept repose sur l'écologie et cible, avant tout, les amateurs de randonnées et/ou de camping (et de bière évidement) qui sont embêtés lorsqu'il s'agit d'emporter de la bière avec eux lors de leur trek. En gros, le concept est le même que celui des potages en sachet lyophilisés que l'on restitue à l'aide d'eau chaude, à la différence que la bière est, elle, reconstituée à partir d'eau froide que l'on gazéifie. Il s'agit donc de permettre à celui qui le désire d'emporter avec lui des sachets de bière en poudre afin d'en déguster une le soir au campement ou lors d'une pause face à un paysage magnifique des Rocheuses. "Le poids est l'ennemi du randonneur, chaque once ajoutée peut entrainer tension musculaire et fatigue" commente-t-on chez Pat's Backcountry Beverages. Il s'agit donc de limiter le poids embarqué tout en s'offrant quand même quelques plaisirs...

Le principe de fabrication est simple et nullement secret. Il s'agit simplement de faire bouillir de l'eau et du malt pour faire une bière non-fermentée. Une fois le mélange refroidi, on y ajoute de la levure pour le faire fermenter et, au lieu de brasser le breuvage, on le concentre alors au maximum pour le déshydrater. Le produit fini se présente sous forme de petits sachet de 50 millilitres dont deux suffisent pour faire un litre de bière. Il "suffit" alors de la réhydrater avec de l'eau gazéifiée froide pour avoir une bière fraiche à disposition. Pat's Backcountry Beverages insiste sur le côté écologique de son produit qui vise à limiter les vidanges et les emballages qui posent toujours un réel problème au randonneurs et aux campeurs.

Il convient cependant de poser deux problèmes majeurs liés à cette bière en poudre à destination des campeurs et des randonneurs. Le premier problème est basique mais essentiel : le prix ! En effet, le kit complet (bouteille spéciale pour la gazéification, gaz carbonique, acide citrique bicarbonate de soude et lot de 4 sachets de bière en poudre) revient à 49,95$, soit ± 37 euros. Le second problème est lié au paradoxe puisque les concepteurs avancent l'objectif de limiter le poids pour le randonneurs qui, pour ne pas s'encombrer de bière traditionnelles, s'encombrera d'eau, de gaz carbonique et d'une bouteille spéciale pour reconstituer sa bière... Reste à savoir si le résultat final en vaut la peine. L'émission matinale Today, de la chaine NBC, a testé le produit. Selon Jim Galligan, le chroniqueur qui s'est aventurer au test avec deux variantes de la bière, une ambrée et une blonde, le processus n'est pas simple et repose sur plusieurs étapes qui doivent être minutieusement respectées afin d'éviter de se préparer une bière tiède et plate. Mais lorsque le processus est maîtrisé (il peut y avoir plusieurs échecs auparavant insiste Galligan), le résultat final est plutôt satisfaisant. "Dans l'ensemble, les deux bières valent la peine [...] même si elles renferment un léger soupçon d'aigreur"(1) conclut Jim Galligan.

Quoi qu'il en soit, pour l'instant la bière en poudre du Colorado n'est disponible que dans cet état ou en ligne dans quelques autres états américains. Une exportation n'est pas encore à l'ordre du jour.


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(1) Beer concentrate lets you take brews on an outdoor adventure, par Jim Galligan, on www.today.com, 14 décembre 2013.

Une bonne bière face au Mont Evans
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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 09:45

Le 14 février 1929, Al Capone élimine tout un gang rival dans un garage de Chicago.

valentine.jpgSaviez-vous qu’il existe non pas un mais bien trois massacres dits de la Saint-Valentin. En 1349, à Strasbourg, sur ordre des notables de la ville, un pogrom coûta la vie à 2000 Juifs accusés de favoriser la transmission de la peste bubonique. En 1952, en Guadeloupe, les forces de l’ordre françaises reçurent l’ordre de tirer sur des grévistes qui revendiquaient une hausse salariale. Entre les deux, en 1929, à Chicago, Al Capone commanditait l’élimination d’un gang rival. Ce dernier massacre est probablement le plus ancré dans la mémoire collective. Revenons-y quelques instants… Depuis 1919, le 18è amendement de la Constitution américaine interdit la vente et la consommation d’alcools forts. Un paragraphe autorise la consommation d’alcools légers ne tirant pas à plus de 3,2%, seules certaines bières entrent donc dans le cadre d’une consommation légale. La prohibition de l’alcool était réclamée par les pasteurs et les ligues chrétiennes qui voulaient moraliser la vie des plus pauvres mais aussi par des ligues féministes qui associaient alcoolisme et violences conjugales. Evidemment, rapidement, la production d’alcool se fit dans la clandestinité et tomba, dans les grandes villes, aux mains de la pègre :
- A New York, Al Capone, Lucky Luciano, Vito Genovese, Meyer Lansky et Bugsy Siegel se partagent les affaires. Ils sont aussi très actifs en Floride avant de s’approprier Las Vegas dans les années ‘40 ;
- la Famille Patriarca domine le Massachussetts ;
- Salvatore Sabella dispose d’un territoire qui englobe Philadelphie, le Delaware et, surtout, Atlantic City capitale du jeu de la côte est ;
- Vito di Giorgio, Jack Dragna et Joseph Ardizzone s’occupent de la côte ouest ;
- L’Outfit d’Al Capone et Frank Nitti dirige Chicago.

La contrebande d’alcool sert à asseoir la puissance de la mafia italo-américaine à travers les Etats-Unis. Le gouvernement perd le contrôle de l’alcool à cause de la Prohibition ; ce qui devait être un acte de salubrité publique se transforme en une guerre contre les trafiquants d’alcool. L'impact de la Prohibition sur le crime organisé a été fondamentale car elle impliquait des profits beaucoup plus importants et a permis la création de groupes mieux organisés. Capone, Costello, Luciano, Siegel et bien d’autres ont vu leur carrière criminelle décoller grâce à la Prohibition. Entre 1925 et 1930, à New York et à Chicago, Capone a amassé plus d’un demi-milliard de dollars tous business confondus. Mais, à la fin des années ’20, à Chicago, la suprématie de Capone et Nitti est remise en cause par le North Side Gang, une organisation criminelle irlandaise qui a su, elle aussi, tirer parti de la Prohibition. Hymie Weiss, Dion O’Bannion et Bugs Moran sont les parrains successifs du North Side Gang mais c’est sous la direction de Moran que les Irlandais commencent à faire de l’ombre à Capone. Le nord de la ville tombe aux mains de Moran et, en l’espace de quelques mois, Al Capone échappe de justesse à deux attentats. Aussi, début 1929, décide-t-il de passer à l’action et de ne plus se contenter du dialogue. Capone confie à son ami Jack Machine Gun McGurn l’élimination du North Side Gang. L’idée est de frapper un seul coup fatal à tout le gang adverse pour empêcher toute forme de riposte mais il faut aussi créer un alibi à Capone que la police ne manquera pas de soupçonner des faits. Machine Gun (La Sulfateuse !!!) est fiable, Capone a déjà eu maintes fois recours à ses services par le passé. Il s’entoure de sept tueurs à gages aussi efficaces que discrets.

Les hommes de Capone passent à l’action

L’idée de McGurn est la suivante : Capone doit s’absenter de Chicago de façon peu discrète, McGurn convoque alors, au prétexte de lui livrer une importante cargaison d’alcool, le North Side Gang dans un lieu de grand passage pour ne pas éveiller la méfiance de Bugs Moran. Une fausse descente de police sera organisée afin de désarmer tous les malfrats, y compris Machine Gun. Alors, les tueurs de McGurn, tapis dans l’obscurité, n’auront plus qu’à mitrailler les rivaux de Capone pour les exterminer tous. Le plan est parfaitement rodé et répété.

Le 13 février, Al Capone prétexte un voyage en Floride et voyage le moins discrètement possible afin qu’on remarque qu’il a quitté Chicago. Le rendez-vous pour prendre livraison de l’alcool est fixé au 14 février dans un garage de la North Clark Street, sur le territoire du gang de Moran. A peine le North Side Gang est-il arrivé que la fausse descente de police a lieu. L’effet de surprise est total et les faux policiers jouent leur rôle à merveille. Les bootleggers(1), y compris McGurn, sont désarmés et quelques secondes plus tard, les faux policiers et deux tueurs en civils ouvrent le feu. Les sept membres du North Side Gang sont assassinés froidement. Pour éviter la panique dans le voisinage, les faux policier poursuivent leur rôle et font mine d’embarquer les deux tueurs restés expressément en civil. Quelques instants plus tard, alors que le garage sent toujours la poudre et le sang frais, la vraie police arrive sur les lieux et découvre les cadavres de tous les pontes du North Side Gang… Tous sauf un ! Car Bugs Moran, arrivé en retard au rendez-vous n’est jamais entré dans le garage à cause de la fausse voiture de police qu’il a prise pour une vraie. Capone avait explicitement demandé de vérifier que Moran soit bien présent mais McGurn l’a confondu avec Albert Weinshank, un autre membre du North Side Gang avec lequel il y avait, c’est vrai, une vague ressemblance. Le plan ne s’est pas parfaitement déroulé puisque Bugs Moran est toujours en vie. Mais il est seul dans la nature et sa carrière de chef de gang s’arrête. Tout juste participera-t-il à quelques braquages épars pour survivre. Son dernier fait notoire sera d’assassiner, en 1936, Jack McGurn pour l’honneur des membres du North Side Gang éxécutés.

Le Massacre de la Saint-Valentin a rapidement pris une ampleur exagérée, bien relayée il faut dire par la presse de l’époque. Il est devenu, au fil du temps, un événement mythique de la guerre des gangs et de l’histoire de la mafia aux Etats-Unis. Il a aussi servi à asseoir la mainmise d’Al Capone sur tout le Middle-West. Quelques mois plus tard, le krach boursier de New York entraîne l’Amérique dans une crise financière sans précédent. La paupérisation de la population chicagolaise était dramatique, si bien que Capone décida d’ouvrir sur South Slate Street une soupe populaire à laquelle vinrent se nourrir des milliers de personne pendant les hivers de 1929 et 1930. Un Resto du Cœur avant l’heure, sommes toutes. Le dernier jeudi du mois de novembre 1930, jour du Thanksgiving, Al Capone fournit un repas à plus de 5000 pauvres de Chicago… C’était l’autre face du plus grand parrain du crime organisé !

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(1) c’est le nom que l’on donnait aux trafiquants d’alcool

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 10:17

La pharmacie américaine accessible H24 a, en effet, décidé que la vente de cigarettes ne cadrait pas avec l'image de santé que l'on associe à une pharmacie...

cvs.jpgCela semble inimaginable chez nous mais aux Etats-Unis, il est possible d'acheter ses cigarettes en pharmacie. Fondée en 1963, sur la côte est américaine, CVS Pharmacy a connu un fort développement dans les années '70 et '80 pour disposer, désormais, de 7600 officines à travers le pays qui emploient plus de 80.000 personnes. CVS est la plus grande chaine de pharmacie du pays, elle présente un chiffre d'affaire de 123 milliards de dollars (chiffre 2009) et est cotée à Wall Street. Bref, il s'agit d'un mastodonte de l'économie US ! Depuis sa création, CVS vend parmi les médicaments et autres produits d'hygiène des cigarettes, cela ne choque personne, c'est dans les habitudes américaines même si la vente de cigarettes en pharmacie ne représente que 3,6% des ventes totales de tabac aux Etats-Unis(1). En 2007, les dirigeants de CVS envisageaient déjà la fin de la vente de cigarettes mais n'ont pas franchi le cap car une étude de l'époque montrait que cela ne changerait pas les habitudes de fumeurs américains. Trois ans plus tard, parce que la vente de tabac va à l'encontre de la santé, l'Association Américaine de Pharmacie avait demandé à tous les pharmaciens de cesser la vente de tout produit dérivé du tabac. CVS a alors reconsidéré la question et s'est interrogé sur les pistes possible pour pallier au manque à gagner car, pour la chaine, la vente de cigarette représente 1,63% du chiffre d'affaires annuel, soit quand même quelque deux milliards de dollars... Et pour compenser cette perte, CVS compte développer des partenariats avec divers hôpitaux, médecins généralistes et autres centres de soins; des partenariats qui leur permettrait de fournir davantage de médicaments. Les dirigeants de CVS se montrent plutôt optimistes car, jusqu'à présent, ces partenariats n'existent pas car les acteurs principaux de la santé refusent logiquement de nouer des liens avec des partenaires vendant du tabac. Si l'on élimine le paramètres "cigarettes", les partenariats deviennent possibles à mettre en place...

Dès lors, Larry J. Merlo, Président de CVS, a annoncé, la semaine dernière, que sa chaine mettait fin à la vente de cigarettes et de tout autre produit lié au tabac. "Mettre fin à la vente de cigarettes est la bonne chose à faire pour aider la population sur le chemin d'une meilleure santé. [...] En d'autres termes, vendre du tabac est incompatible avec notre objectif"(2) a déclaré Merlo. Une annonce qui a été saluée par le Président Obama en personne qui a affirmé que cette décision aiderait son administration dans ses efforts pour réduire le nombre de morts liées au tabac. Selon le Ministère américain de la Santé, le tabac fait encore 480.000 décès par an aux Etats-Unis et le coût annuel de la prise en charge des soins liés au tabac dépasse les 130 milliards de dollars... Il est à noter que, depuis les années '60, le nombre de fumeurs a chuté de 42 à 18 pourcents de la population, grâce aux campagnes de prévention et de sensibilisation selon le Ministère de la Santé.

CVS est la première chaine de pharmacies à prendre cette décision, elle exhorte les autres à faire pareil. CVS a par ailleurs annoncé qu'il s'orienterait aussi vers le conseil à la population en matière de diabète, de cholestérol ou de HTA notamment.

Une entreprise très controversée

La fin de la vente de cigarette saluée par le Président est un acte de nature a redorer un tant soit peu le blason de CVS car, depuis quelques années, le groupe d'affaires est souvent impliqué dans des affaires peu reluisantes. Ainsi, dans la première moitié des années 2000, deux dirigeants de l'entreprise ont été accusés d'avoir corrompu un Sénateur de l'Etat de Rhode Island, les faits ont été avérés, les deux dirigeants et le Sénateur furent condamnés à une énorme amende en 2007. L'année suivante, c'est à un procès pour pratique commerciale trompeuse que CVS fut confrontée. En 2009, CVS fut également condamnée à une amende de 2,25 millions de dollars pour la violation de la loi HIPAA relative à la protection des données médicales du patient. L'année passée, CVS a dédommagé l'Etat du Connecticut d'un montant de 800.000$ pour mauvaise gestion de déchets dangereux... Ajoutons encore quelques condamnations diverses pour mauvaises prescriptions, dumping, mauvaise maitrise de méthamphétamines ou même racisme envers un client et nous poserons le constat que l'image de CVS n'est pas la plus jolie qui soit même si, convenons-en, ce déficit d'image ne pèse pas trop fortement sur le chiffre d'affaire de la société.

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(1) loin derrière les stations-services (47,5% du volume total des ventes), les bureaux de tabac (21,1%) et les magasins d'alimentation (15,9%)
(2) CVS stores to stop selling tobacco, par Elisabeth Landau, on edition.cnn.com, 5 février 2014

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 10:04

Deux anciennes gloires du foot brésilien fustigent l'organisation du Mondial dans leur pays.

brasil2014.jpgA un peu moins de six mois du coup d'envoi de sa Coupe du Monde de football, le Brésil poursuit l'aménagement des diverses infrastructures. Voici quelques jours, la FIFA s'inquiétait de la situation car, selon la fédération internationale de football, les stades seront livrés beaucoup trop près de la date d'ouverture du tournoi, le 12 juin prochain, et les autres infrastructures semblent également loin d'être optimale. Sur les ondes de France Bleu(1), le Secrétaire Général de la FIFA, Jérôme Valcke, posait le constat que les stades ne pourraient pas être testés avant la Coupe du Monde et que les infrastructures d'accueil et de transport ne sont pas "parfaitement en place". Et pourtant, le Brésil a investi plus de 8 milliards d'euros dans la préparation du Mondial (ndlr le double du coût du précédent en Afrique du Sud). Un montant faramineux qui génère de plus en plus la colère d'une grande frange de la population. En juin 2013, un an avant le début de la Coupe du Monde, plus d'un million de personnes descendaient dans les rues pour protester contre l'argent englouti dans une manifestation qui ne durera qu'un mois. Samedi dernier, à l'initiative d'Anonymous Rio, des foules massives se sont retrouvées sur la plage de Copacabana, devant le musée d'art de Sao Paulo et ailleurs dans les rues de Salvador de Bahia, de Porto Allegre ou de Brasilia pour lancer le premier cri anti-Mondial de 2014. Clairement, ces opposants critiquent l'argent dépensé pour la construction ou la rénovation des stades alors que l'offre de service public est en déliquescence ou que son coût pour la population augmente. En 2013, le prix d'un ticket de bus, par exemple, a augmenté de 5,7%... Inadmissible, disent les anti-Mondial, lorsque l'on débloque plusieurs milliards pour organiser un tournoi de football. L'organisation de cet événement a également impacté le coût des vols intérieurs qui ont augmenté de 30%; dans un pays aussi vaste, ce moyen de transport est fortement utilisé et l'augmentation fait mal à ceux qui doivent se déplacer. Le secteur hôtelier a également vu ses prix flamber; Rio de Janeiro est ainsi devenue la troisième ville mondiale la plus chère du monde en termes d'hébergement(2)...

Si en 1950 l'ensemble de la nation brésilienne soutenait l'organisation de sa Coupe du Monde, il n'en va pas de même en 2014. L'opinion de la rue y est même majoritairement opposée "Ils ont dépensé des millions alors que les gens manquent de tout, qu'ils ont faim et qu'ils meurent à la porte des hôpitaux"(2) déclarait une habitante de Manaus dont la ville peut s'enorgueillir de posséder un stade flambant neuf - dont coût 700 millions de reals, soit quelque 210 millions d'euros - alors qu'il n'y a pas de club de football en première division.

Romario et Rivaldo montent au créneau

Evidemment, les organisateurs et les partisans de l'organisation de la Coupe du Monde (et de J.O. qui auront lieu dans la foulée, en 2016) mettent en avant que cet événement mondial aura des retombées économiques importantes pour le pays, à commencer par le nombre de personnes que les travaux liés à l'organisation font vivre. Il y aura aussi de nouvelles infrastructures (routes, rénovation de sites touristiques, réseaux de communication...) modernes et une visibilité importante pour le Brésil sur lequel les yeux de toutes les autres nations seront posés. Comme à l'accoutumée, les organisateurs d'un événement planétaires avancent l'argument des retombées économiques postérieures mais "La recherche universitaire est assez unanime sur le fait que l'organisation de méga-événements sportifs n'engendre pas de boom économique dans un pays et, au contraire, coûte cher aux contribuables"(3) commente Bastien Drut, Docteur en économie avant d'ajouter "Il ne sera, à priori, pas rentable pour le Brésil d'accueillir la Coupe du Monde 2014"(3).

Ancien joueur-vedette de Flamengo et de Fluminense, deux clubs brésiliens prestigieux, mais aussi du FC Barcelone, du PSV, du FC Valence et champion du monde 1994, Romario est désormais Député fédéral pour le Parti Socialiste brésilien. L'an passé, il montait au créneau pour dénoncer la mauvaise utilisation de l'argent public. Selon lui, 8000 écoles, 150.000 logements sociaux et 28.000 terrains de sports auraient pu être construits avec l'argent dépensé pour la Coupe du Monde. "La vraie présidente de notre pays c'est la FIFA. La FIFA vient chez nous et installe un état dans l'état. La FIFA fera un bénéfice de quatre milliard de réals qui laisseront un milliard de taxes mais elle installe son cirque sans dépenser un sou et empoche ensuite le pactole"(4). C'était à l'été dernier. Désormais, une autre gloire du foot brésilien se fait porte-parole des anti-Mondial. Rivaldo - ancien joueur des Corinthians, du FC Barcelone et de l'AC Milan, vainqueur de la Coupe du Monde 2002 - affirme que son pays n'était pas apte à organiser la Coupe du Monde. "Le Brésil va avoir honte !"(5) dit-il sans ambage sur les ondes de la radio nationale Jovem Pam. "Nous savons que le Brésil a d'autres priorités. Nous avons plus besoin de bâtir des écoles, des hôpitaux ou des prisons que des stades. On dépense beaucoup trop d'argent pour un événement qui ne dure qu'un  mois"(5).

Dix millions d'amateurs de football ont d'ores et déjà demandé un ticket pour assister à un ou des matches de la Coupe du Monde mais, à moins de six mois du coup d'envoi, il va falloir se dépécher pour tout boucler dans les temps. La moitié des stades qui accueilleront les matches n'est pas achevée. Celui de Sao Paulo qui accueillera la cérémonie d'ouverture devait être terminé en décembre, c'est loin d'être le cas. Une dead-line a été fixée par la FIFA au 15 avril. La semaine passée, c'est du coté de Manaus que de nouveaux contretemps se sont déclarés : les chantier de rénovation de l'aéroport et d'un centre d'entrainement sont à l'arrêt  pour cause de non-respect des conditions de travail... Entre chantiers en retard, coût prohibitif et faible espoir de retombées économiques, les Brésiliens semblent regretter de plus en plus que la Coupe du Monde 2014 ait lieu chez eux !

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(1) Pour Valcke, les stades brésiliens sont livrés "trop prochedu coup d'envoi", on rtbf.be, 12 janvier 2014
(2) A six mois du Mondial, le Brésil est-il prêt ?, par Farid Achache, on rfi.fr, 2 décembre 2013
(3) Quel intérêt pour le Brésil d'organiser ces grands événements sportifs ?, par Nicolas Conter, on jolpress.com, 9 juin 2013.
(4) FIFA is the real president of Brasil, says Romario, par Brian Homewwod, on uk.reuters.com, 22 juin 2013
(5) Pentacampeao Rivaldodispara contra Copa do Mondo : "Vamos passar vergonha", on jovempam.uol.com.br, 23 janvier 2014

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 12:07

Un Canadien demande aux internautes de trouver le prénom de sa fille qui doit naitre en avril...

namemydaughter.jpgJe lisais, voici quelques jours et abasourdi, dans un quotidien local un article consacré aux prénoms les plus "originaux" donnés aux enfants nés dans ma région en 2013(1). Ainsi, trouve-t-on désormais à Liège des Courtney-Nabilla, des Kaïra, des Gwaladryelle ou encore des Océane d'Arc... Pas à dire, il y a des parents qui ont des aptitudes pour trouver des prénoms idiots à leurs enfants ! J'ai même parfois l'impression que certains font un concours pour trouver le prénom le plus con qui soit ! Et en parlant de concours et de prénoms, un Canadien de Kelowna, en Colombie Britannique, vient de lancer un site internet pour trouver le prénom de sa fille qui doit naitre au printemps. Est-il en panne d'inspiration ? A-t-il envie de créer une espèce de buzz autour de l'enfant à naitre ? Veut-il simplement se faire remarquer ? Probablement y-a-t-il un peu de tout cela... Mais il y a, assurément, des manières plus intelligentes de se faire remarquer ! Ainsi donc, notre homme sollicite-t-il les internautes à travers un site qu'il a créé : www.namemydaughter.com. Le but est que les internautes proposent des prénoms afin de l'aider à choisir. Stephen McLaughlin est développeur se site web aussi, pour lui, créer le site était un jeu d'enfant. "Quand j'ai vu que le nom de domaine namemydaughter était disponible, j'ai considéré cela comme un signe que je devais le faire"(2) explique-t-il. Au départ, son épouse était un peu sceptique mais elle s'est laissée convaincre par l'idée à condition que ce ne soit pas le prénom le plus suggéré qui soit forcément celui qui sera donné à l'enfant dont la naissance est prévue aux alentours du 1er avril.

Le site, mis en ligne le 10 janvier dernier, a déja reçu plus de 100.000 visites et 7815 prénoms - 6185 premiers prénoms et 1630 second prénoms - ont été proposés. Il faut dire que cette initiative a été relayée par plusieurs gros médias américains et canadiens comme USA Today, Fox News ou Global News. Les internautes ont donc le "droit" de proposer des prénoms mais aussi de voter, une fois par jour, pour les prénoms déjà proposés. Evidement certains prénoms sont stupides à l'image de Salad, C3PO, Pancake ou Monstertruck, ce qui ne les empêchent pas de récolter bon nombre de votes. Ainsi Megatron arrive sur le podium des prénoms les plus likés avec plus de 27.750 votes, Streetlamp (Réverbère) récolte 17.523 votes, Tchernobyl dispose de 5990 voix de préférence, Ctrl-Alt-Del compte 5018 voix... Heureusement que McLaughlin précise clairement sur le site que "les propositions inappropriées seront enlevées" !!!

Pour l'instant, le top 3 des premiers prénoms est composé de Cthulhu (98.688), Amelia (87.777) et Megatron (27.756); les trois seconds prénoms qui récoltent le plus de voix sont All-Spark (58.649), Mae (34.787) et Rose (31.335). Il est quand même heureux que les parents se soient ménagés la possibilité de ne pas prendre les prénoms les plus aimés des internautes sinon la petite aurait pu s'appeler Cthulhu All-Spark McLaughlin... Pauvre gamine ! Pour l'heure, parmi les 7800 propositions, ce seraient Elliott et Ixtley qui auraient la préférence des parents.

De l'importance d'un prénom

Plusieurs psychologues s'accordent en ce sens, le prénom a une incidence psychologique importante pour le développement de l'enfant ! C'est en quelque sorte la préface du livre de sa vie, un livre qu'il doit écrire, une vie qu'il doit construire. Selon le site Journal des Femmes, "un prénom inhabituel semble associé à plus de problèmes d'adaptation, à une moins bonne évaluation de soi et à moins de réussite scolaire"(2). Le prénom est un facteur essentiel de l'intégration sociale, certains sont de véritables fardeaux à porter. Dans la vie professionnelle, un François, un Jean, une Catherine ou une Marie auront souvent plus de crédit au départ qu'une Courtney-Nabilla, un Megatron, une Cthulhu All-Sparks ou un Monstertruck. Après tout, comme le souligne encore Journal des Femmes, "On a plus de chance d'avoir un Président de la Répubique qui s'appelle François, Nicolas ou Jacques que Lilou, Maya ou Lubin"(2)... 

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(1) Courtney-Nabila, Kaïra, Océanne d'Arc, Djessey : les prénoms liégeois originaux en 2013, par G.G., on lameuse.be, 21 janvier 2014

(2) Kelowna man asks the internet for help picking the name for unborn daughter, par Yuliya Talmazan, on globalnews.ca, 14 janvier 2014.
(3) L'importance du prénom à l'école ou dans la vie professionnelle, on journaldesfemmes.com,

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 14:00

Un entrepreneur américain propose de se mettre dans la peau de SDF pour trois jours... pour cette modique somme !

homeless.jpgAu plus la société "évolue" au plus elle laisse de personnes sur le carreau. Ces dernières années dans toutes les grandes villes mondiales, le nombre de SDF s'est envolé. Aux Etats-Unis, selon le rapport annuel du Congrès sur l'état de l'errance, ils seraient quelque 650.000(1) à arpenter les rues, à vivre d'itinérance, sans abri pour se reposer ou se protéger. Les chiffres se sont amplifiés dans les années '80 avec la détérioration de l'économie américaine couplée à la réduction drastique des aides sociales et des aides au logement. Mike Momany est un ancien programmateur informatique de 62 ans qui dit avoir été sans-abri par le passé, après son émigration de l'Allemagne vers les Etats-Unis. Aujourd'hui, il a choisi de s'immerger à nouveau dans la rue. Cela fait deux mois qu'il y vit, volontairement... et dans un but de lucre. En effet, l'homme a créé sa petite société, une agence de tour-opérateur qui propose à tout un chacun de se mettre pendant trois jours et deux nuits dans la peau de SDF, dans les rues de Seattle (Etat de Washington, nord-ouest). Ce homeless Tour, qu'il a baptisé, The Sub-Ubrban Experience est proposé au grand public pour la modique somme de 2000 dollars, soit ± 1450 euros. Et cela marche puisque pour la première immersion, prévue en novembre, il a reçu une vingtaine de demandes. Sept candidats ont été sélectionnés selon leur profil et leur motivation à participer à cette expérience. "Je ne peux pas me permettre d'emmener des personnes qui prennent ça à la légère ou qui pourraient mal agir avec les SDF"(2) explique Momany.

Ainsi donc les sept candidats qui participeront à ce premier homeless tour seront totalement plongé dans l'univers des SDF. D'abord, ils seront "relookés" pour ressembler à des sans-abris. Ils seront ensuite privés de leur identité puisque leur papiers (carte d'identité, passeport, permis de conduire, carte de bus,...) leur seront confisqués pour la durée de l'expérience. Un surnom leur sera, par ailleurs, attribué afin que leur anonymat soit totalement préservé. Enfin, ils pourront partir à l'assaut de la rue avec Mike Momany. Au programme, découverte des lieux habituellement fréquentés par les SDF de Seattle : squares, bibliothèques publiques, centre d'accueil, abri de nuit... Initiation aux réalités de la vie des sans-abris également, ainsi les touristes de la pauvreté apprendront à trouver de la nourriture dans les poubelles, dans les invendus des supermarchés ou dans les cafés de la ville; ils feront la manche aussi, apprendront à trouver des endroits sécures pour se reposer, à dormir sur un banc... bref tout ce qui fait le quotidien de ceux qui vivent dans la rue.

Sensibilisation à la condition des sans-abris ?

Evidemment Mike Momany a essuyé de nombreuses critiques, via son site internet et les médias sociaux notamment, où beaucoup lui reprochent d'exploiter la pauvreté et la misère humaine à des fins lucratives. Aussi se défend-t-il en affirmant que son objectif est de sensibiliser la population à la réalité des SDF et encore sans montrer les aspects les plus administratifs de la vie des sans-abris. "Cette action ne montrera pas les difficultes bureaucratique que rencontrent les SDF pour l'accès aux soins de santé de base, pour obtenir des bons d'aide alimentaire ou pour avoir accès aux programmes d'aide au logement qui pourraient les aider à sortir de la rue. Ni même comment un SDF peut se sentir après avoir été mal reçu par un travailleur social débordé"(3). L'idée est plutôt d'emmener les plus nantis dans les pas quotidiens de ceux qui ont un jour basculé dans l'errance : "Que diriez-vous de ne pas pouvoir vous laver pendant des semaines ou de croiser des personnes qui vous évitent parce qu'ils ne veulent pas avoir de contact visuel avec un sans-abri ?"(3). C'est ce genre de choses ainsi que les difficultés de manger, de dormir ou de se protéger au quotidien que Momany entend montrer aux participants de sa Sub-Urban Experience.

Par ailleurs, Momany se défend encore en ajoutant que l'argent n'est pas sa motivation puisqu'un quart de l'argent généré par ce tourisme particulier sera reversé à trois associations qui s'occupent de la prise en charge de SDF. Cela signifie aussi - et surtout - que les trois autres quarts (soit 1500$ par personnes participantes) iront directement dans les caisses de sa société et, pour ainsi dire, dans sa poche car les frais de fonctionnement de son homeless tour sont plutôt limités... Une forme de sensibilisation vraiment lucrative ! D'autant plus que Momany prépare déjà, pour l'été 2014 un Marijuana Tour dont on ne sait encore que peu de détails, tout juste qu'il prendra place également dans l'Etat de Washington qui a légalisé la consommation de marijuana, en décembre 2012, et que l'opération n'aura pas que des aspects de sensibilisation...

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(1) chiffres 2009 et compte non-tenu des hobos, ces travailleurs itinérants qui vont de ville en ville pour trouver des contrats de travail.
(2) Trois jours et deux nuits dans la peau d'un SDF, par Yann Soudé, on lepoint.fr, 24 octobre 2013
(3) Homeless Tour in Seattle - There's a sucker born every minute, par Carrey Fuller, on huffingtonpost.com, 10 octobre 2013

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 12:17

Un joueur-vedette des Houston Texas va être le premier humain coté en bourse...

foster.jpgArian Foster est une star aux Etats-Unis ! Running back de l'équipe de foot US des Houston Texas, il est le premier joueur à avoir atteint les cent rushing yards(1) dans ses trois premières rencontres professionnelles, en 2010. Reconnu pour sa vision du jeu et son jeu au sol, Arian Foster passe pour être l'un des meilleurs demis offensifs de la NFL. A 27 ans, cet athlète de 103 kilos pour 1,85 mètre est dans ce qui est considéré comme sa période de pleine maturité sportive. Il attire donc les sponsors de toutes parts. On le sait l'image des sportifs est un vecteur de publicité extraordinaire, des sportifs comme David Beckham, Tiger Woods, Roger Federer, LeBron James, Cristiano Ronaldo ou Kobe Bryant - pour n'en citer que quelques-uns - ont gagné plus d'argent par leurs contrats publicitaires que par leurs contrats avec des clubs ou leurs gains en compétitions. Depuis l'aube des années '90, les sportifs de (très) haut niveau sont des bêtes de pub, de véritables panneaux promotionnels de marques diverses. Ils seront probablement bientôt aussi des valeurs marchandes cotées en bourse... C'est le cas, déjà, d'Arian Foster qu'une société de courtage va introduire en bourse. L'opération s'annonce juteuse, tant pour le joueur que pour la société, et devrait ouvrir la voie à d'autres sportifs.

10$ l'action !


Le principe est simple, Fantex, la société de courtage, va donc émettre 1,06 millions d'actions au nom d'Arian Foster qui seront introduites prochainement à Wall Street au prix unitaires de 10 dollars. Si toutes les actions s'écoulent, elles génèreront donc un revenu de 10,6 millions de dollars. Arian Foster empochera 10 millions, Fantex 600.000 dollars. En échange, les actionnaires se partageront, chaque année 20%, de tous les revenus du joueur des Houston Texas : revenus publicitaires, salaires, droits télévisuels... Un véritable pari boursier car si Foster continue son actuelle progression, son contrat sera revu à la hausse, ses contrats publicitaires augmenteront et donc les gains des actionnaires aussi; mais, si pour quelle que raison que ce soit, ses performances déclinent, ces mêmes contrats diminueront et, avec eux, les gains des actionnaires. Par contre, pour Foster, le risque est moindre car avec ce chèque de 10 millions de dollars qu'il va empocher par la vente des actions, son avenir est assuré même si, par exemple, une blessure grave devait mettre fin à sa carrière prématurément !

Pour l'heure, le seul contrat du numéro 23 des Houston Texas avec son club lui rapporte 23,5 millions de dollars annuels jusqu'en 2016. Dès lors, 4,7 millions de dollars sont assurés aux actionnaires pour les trois années à venir, soit une somme de 4,43$ par action rien que sur le salaire du joueur. A cela doivent encore s'ajouter les pourcentages liés aux contrats publicitaires et aux droits de télévision. Selon Fantex, le rapport actuel est de 1/1, c'est à dire qu'une action à 10$ rapporte 10$. Cela devrait augmenter au fil des saisons... si le joueur maintient son niveau et est épargné par les blessures.

Les sportifs, ces marchandises de chair et d'os...

Arian Foster sera donc le premier être humain coté en bourse comme peuvent l'être des marchandises, des produits ou des services. Mais il serait sot de croire que c'est un phénomène isolé. Déjà, en passant de contrat en contrat et de club en club, la plupart des sportifs s'échangent comme des marchandises dont le prix fluctuent en fonctions des performances. Mais, comme le montrait fort bien un excellent reportage de l'émission Cash Investigation, diffusé sur France 2 en septembre dernier, certains joueurs de football appartiennent, en partie, à des fonds d'investissement. Le principe est aussi simple que juteux : le fonds d'investissement achète au club une partie des droits sportifs de joueurs et touchent un pourcentage de la revente du joueur si celui-ci est acheté par un autre club... Ce n'est pas à proprement parlé de la traite d'êtres humains mais c'est quand même un peu limite sur le plan de l'éthique... comme l'est devenu, d'une manière générale, le football !

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(1) une statistique concernant le jeu avec le ballon en course

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 08:33

L'échange de lait maternel pas les réseaux sociaux a le vent en poupe, son achat sur internet aussi... Attention danger !

lait-mat.jpgSelon la revue américaine Pediatrics, le lait vendu ou échangé par les réseaux sociaux est cotaminé dans trois quarts des cas ! Pourtant, depuis quelques temps déjà, les échanges - rémunérés ou non - de lait maternel semblent avoir le vent en poupe. Partis des Etats-Unis voici plusieurs mois, les Human Milk for Human Babies Global Network, des réseaux d'échanges de lait maternel, gagnent nos contrées depuis peu. Le principe est simple, il s'agit de mettre en contact des mères qui ont trop de lait maternel et qui veulent en faire don avec des mères qui n'en n'ont pas assez que pour allaiter leur enfant. Mais voila, le lait maternel ne s'échange pas comme des images Panini ou des conseils, pas plus qu'il ne se vend sur e-Bay comme un portable dépassé ou une voiture au compteur fatigué. Le lait maternel se conserve après moult examens microbiologiques, toxicologiques et sérologiques. Sa conservation et sa redistribution vers des mamans qui en ont réellement besoin doivent se faire dans un cadre sanitaire précis, en hôpital. Une étude menée par Pédiatrics et publiée ce 21 octobre abonde en ce sens puisqu'elle précise que près de trois échantillons trouvés sur le net sur quatre "contiennent des hauts niveaux de bactéries"(1). L'enquête menée par Pédiatrics a comparé 100 échantillons de lait maternel acheté sur internet et 100 échantillons fournis par des banques de lait reconnues. Le résultat est édifiant puisque 72 des échantillons achetés sur le net présentent des bactéries de types salmonelle, staphylocoques ou même e-coli... La conclusion de l'enquête de Pediatrics est sans appel : "Le lait maternel acheté via internet affiche une croissance bactérienne croissante globalement élevée et une contamination fréquente par des bactéries pathogènes ce qui est le reflet d'une mauvaise collecte, d'un mauvais stockage ou d'une mauvaise expédition. La consommation de ce lait est à risque surtout pour les nourrissons prématurés ou à risque médical"(3). Il est donc essentiel de ne pas faire consommer de lait maternel acheté ou échangé via le net aux nourrissons !

Et chez nous ?

Chez nous le phénomène existe, il est surtout concentré sur l'échange par les médias sociaux car la vente de lait maternel est prohibée(4). Depuis 2011, le Service Public Fédéral de la Santé Belge met en garde toutes les mamans qui souhaiteraient se procurer du lait maternel via Facebook, Twitter ou les autres médias sociaux : il y a un danger réel pour la santé du nourrisson ! "Comme aucun contrôle [...], n'est effectué auprès des mères, il y a un risque que le lait offert soit contaminé par des virus ou des résidus de médicaments"(2) explique-t-on au SPF Santé.

L'allaitement maternel reste le meilleur moyen de nourrir un bébé, la valeur nutritionnelle du lait maternel et la protection qu'il offre contre les infections sont sans égal parmi tous les laits de substitution qui peuvent exister. Toutes les mamans n'ont pas la possibilité d'allaiter leur bébé et, dès lors, le don de lait maternel est un geste aussi important que solidaire. Il doit cependant se faire dans des conditions optimales, avec un encadrement adéquat. En Belgique francophone, quatre centres hospitaliers sont pourvus d'un lactarium où il est possible de faire des dons de lait maternel. Chaque don subira une analyse sérologique (dépistage de maladies telles que le HIV, l'hépatite,...), une analyse microbiologique (recherche de virus éventuels) et une analyse toxicologique (recherche de drogues ou de résidus de médicaments). Le lait pourra également subir un traitement par pasteurisation pour assurer une qualité de conservation optimale avant d'être stocké dans une banque de lait maternel. Il sera ensuite redistribué selon les besoins.

Les autorités sanitaires belges - mais aussi celles d'autres pays européens - s'inquiètent réellement de l'essor des échanges de lait maternel via les réseaux sociaux. Afin d'éviter tous soucis, on ne peut que conseiller aux mamans qui ont besoin de lait maternel et à celles qui veulent en donner de passer par une des quatre banques de lait officielles certifiées de Wallonie et de Bruxelles :

- Celle du CHR de la Citadelle (Liège) => plus d'infos ici;
- Celle du CHC Saint-Vincent (Rocourt) => plus d'infos ici;
- Celle de l'Hôpital des Enfants Reine Fabiola (Bruxelles) => plus d'infos ici;
- Celle de l'Hôpital Erasme (Anderlecht) => plus d'infos ici.

Pour la France, le site Allaitement-maternel donne les coordonnées des différentes banques de lait maternel.

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(1) Le lait maternel vendu sur internet contaminé trois fois sur quatre, par Audrey Vaugrente, Pourquoi Docteur ? on pourquoi-docteur.nouvelobs.com, 21 octobre 2013
(2) Le réseau d'échange de lait maternel dans le colimateur du SPF Santé, on levif.rnews.be,24 mai 2011.

(3) Microbial contamination of human milk purchased via the Internet, plusieurs auteurs, on pediatrics.aappublications.org, 21 octobre 2013
(4) Louer ses seins ou vendre son lait maternel est illégal, on rtl.be, 7 août 2013.

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