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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 10:08

De l’importance des médias sociaux dans la communication d’une entreprise !

 

ms01.jpgLes médias sociaux sont des medias qui utilisent des techniques de communication hautement accessibles pour faciliter les interactions sociales. Les médias sociaux utilisent l'intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne. Par le biais de ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d'individus qui collaborent créent ensemble du contenu web, organisent ce contenu, l’indexent, le modifient, le commentent, le combinent avec des créations personnelles. Parmi les médias sociaux les plus utilisés on trouve Twitter, LinkedIn, YouTube, Wikipedia, Flickr, Viadeo, Digg… et bien entendu Facebook, le plus utilisé entre tous. Les médias sociaux et les réseaux sociaux  ont un certain nombre de caractéristiques qui les rendent fondamentalement différents des médias traditionnels tels que les journaux, la télévision, les livres, et la radio. Mais la distinction majeure est que les medias sociaux sont des outils peu coûteux qui permettent à tout le monde - individus, collectivités et entreprises - de publier de l’information et d’accéder à de l'information. Un média social - ou un réseau social – est donc un groupe de personnes qui se réunit sur internet ; qui atteint une masse critique (un nombre suffisant de personnes) ; qui partage le ou les mêmes centres d’intérêt ; qui échange de l’information.


Les médias sociaux sont de trois types principaux :

 

Ø médias sociaux de communication ou d’information : ils ventilent de l’information écrite plus ou moins longue, développée et précise par le bloging (Wordpress, Blogger, Over-blog…) ou courte et synthétique par le microbloging (Twitter, Suker…) ou encore les réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn, Viadeo…) ;

Ø médias sociaux de collaboration : le système des wiki qui permettent la gestion de contenu librement modifiable par tous (Wikipedia, Del.icio.us) ;

Ø médias sociaux multimédias : qui permettent le partage de photo, de vidéos ou de musique (YouTube, DailyMotion, Flickr…).

 

Quelques chiffres…

 

Facebook : 500 millions de membres (1 personne sur 12 est connectée sur terre) à travers le monde dont 4 millions en Belgique. Dans notre pays, le taux de pénétration est de 37,86%, il a augmenté de 11% sur les six derniers mois !

Twitter : il se crée 460.000 comptes Twitter par jour à travers le monde. Cependant, le réseau de microblogage reste encore fort confidentiel en Belgique où l’on ne compte que 60.000 inscrits.

LinkedIn : 70 millions de membres à travers le monde, qui représentent 170 secteurs d’activités professionnels, dont 781.000 membres en Belgique, le réseau social professionnel prend de plus en plus d’ampleur et propose des échanges plus constructifs et davantage d’expertise que Facebook.

YouTube : deux milliards de vidéos vues chaque jour !

 

Entreprise… être ou ne pas être sur les médias sociaux ?

 

La Génération Y, celle qui est née avec l’introduction massive de l’informatique et du multimédia(1), représentera 40% de la population active en 2020. Les Yers sont nés avec l’informatique et le multimédia, ils vivent H24 avec l’informatique et le multimédia et, par conséquent, ils travaillent et s’informent avec l’informatique et le multimédia… Le phénomène est encore amplifié par l’apparition des smartphones et des tablettes. Les entreprises n’auront pas d’autre alternative que d’en tenir compte ! Que l’on apprécie ou pas, les médias sociaux sont des canaux de communication incontournables que l’on ne peut pas négliger. Qu’on le veuille ou non, les médias sociaux sont une composante de la communication de toute entreprise… Il est totalement impossible pour une entreprise de ne pas être présente sur un média social, que cette présence soit volontaire et dirigée par elle ou qu’elle soit involontaire et dirigée par d’autres. Par le biais de clients (satisfaits ou insatisfaits), de partenaires, de ses propres travailleurs… une entreprise apparaitra toujours forcément sur un média social. La communication via les médias sociaux est réelle et concrète, soit on la contrôle au maximum (il est impossible de le faire totalement), soit on la laisse aux mains des autres… avec toutes les dérives possibles ! Et notamment la création de comptes non-officiels de l’entreprise ; le nombre de pages Facebook d’entreprise qui ont été créées, notamment par des travailleurs de l’entreprise, sans l’aval officiel de l’entreprise est énorme. De toutes manières, les internautes n’attendent pas le feu vert d’une entreprise pour parler d’elle sur les médias sociaux. Les gens s’expriment, c’est un principe fondamental de la communication (ndlr on ne peut pas ne pas s’exprimer !), il en va de même sur les médias sociaux avec la différence capitale que, sur internet, ce qui est publié reste et peut rejaillir à n’importe quel moment…

 

Le Syndrome Dell

 

Quelle est la stratégie à adopter face aux médias sociaux : laisser aller ou contrôler au maximum, sachant que le contrôle total est utopique ? En 2005, suite à la publication d’un commentaire sur un blog privé, la société de matériel informatique Dell a décidé de laisser aller. Cela a débouché sur ce que l’on nomme aujourd’hui Syndrome Dell pour évoquer la passivité d’une entreprise ou d’un individu par rapport aux médias sociaux. Qu’il me soit permis de relater cette anecdote qui m’a été rapportée par Fred Colantonio, un Consultant internet et web social, à l’occasion d’un exposé sur les médias sociaux. Jeff Jarvis, un journaliste blogueur américain excédé par les pannes répétitives de son PC Dell écrivit un article lapidaire sur la qualité du matériel Dell et le publia sur son blog BuzzMachine. Bien qu’informé, Dell, alors leader sur le marché américain, préféra ne pas réagir estimant qu’un cas ne constitue pas la majorité. Plusieurs lecteurs de BuzzMachine ont commenté le texte intitulé Dell Sucks ! (Dell ça craint !) car ils avaient aussi des problèmes techniques avec leur PC Dell. Malgré les réactions des internautes, Dell continua à ne pas réagir. Rapidement, l’article de Jarvis a fait boule de neige en s’échangeant sur les médias sociaux, de plus en plus commenté, de plus en plus amplifié… Dell a attendu près de deux ans avant de se décider à réagir et encore, il a fallut que son Conseil d’Administration se rende compte que les ventes de PC et le cours de l’action Dell avaient chuté… En 2007, Dell créa un blog sur lequel elle publia des articles à fortes valeurs ajoutée pour ses utilisateurs (conseils, trucs & astuces pour les PC de la marque, solutions de problèmes techniques bénins, coordonnées des réparateurs les plus proches…) ainsi que Idea Storm, une plateforme d’échanges pour les utilisateurs Dell. A travers ces deux médias sociaux, Dell interrogea aussi les utilisateurs sur leurs attentes pour le PC de demain. L’image de la société était entachée, Dell a perdu son leadership sur le marché américain et il faudra deux années supplémentaires pour qu’elle parvienne à la récupérer… en très grande partie grâce aux médias sociaux !

 

Aujourd’hui, de façon générale, le site internet traditionnel est désuet, il s’agit d’une vitrine toujours indispensable mais pas active ou interactive. Les internautes recherchent l’échange, l’interactivité, le dynamisme ; ils les trouvent sur les médias sociaux. Pour toute entreprise, un média social maîtrisé est un plus indéniable !

 

Médias sociaux = communication horizontale = communication one to one

 

L’ère de la communication de masse est révolue ! Aujourd’hui, la communication est ciblée (communication one to one), il s’agit de donner l’impression à la cible que l’on s’adresse uniquement à elle, que l’on communique sur ses besoins, ses attentes, ses envies. Internet à compliqué le schéma traditionnel de la communication en multipliant les sources d’informations. Plus que jamais, grâce à internet (ou à cause d’internet) chacun est distributeur d’informations et récepteur d’informations. Les informations arrivent en vrac, de part et d’autres ; elles circulent de plus en plus rapidement et ne viennent plus de sources officielles. La Révolution de Jasmin est partie de Facebook tandis que le tsunami du Japon a été annoncé sur Twitter par des quidams qui étaient sur place… Enfin, internet fabrique la tendance, il est devenu une zone d’influence considérable.

 

Selon une étude Mediadvance réalisée fin 2010, la première source d’influence sur le comportement est devenue le net. Avant d’agir, de réagir ou d’acheter, on regarde les tendances sur le net… Sur internet, on communique d’égal à égal ; la communication y est horizontale. Mais l’internaute recherche une information ou une aide précise et concrète ainsi par exemple, s’il doit changer de dentiste, il ne cherchera pas sur des sites internet qui ne lui donneront qu’une litanie de noms de dentistes ou de contacts de dentistes, il lancera un message court via un réseau social «Sur Liège, je cherche un dentiste sympa et compétent… help !» et recevra ainsi, via ses réseaux sociaux des avis éclairés (ou pas !) de personnes qui ont été récemment chez un dentiste à Liège. Alors que les sites internet traditionnels ne remplissent plus qu’un rôle de vitrine, les réseaux sociaux sont une forme d’ouverture aux autres, de lieu de partage d’informations diverses, de commentaires, d’avis…

 

Résistance des entreprises aux médias sociaux

 

Les médias sociaux modifient donc la communication d’une entreprise, et pourtant on constate une réelle forme de résistance dans beaucoup d’entreprises face à ces médias de la Génération Y. Cette résistance repose sur quatre axes principaux :

þ le manque (ou la croyance d’un manque) de ressources internes pour gérer ces médias sociaux ;

þ l’impossibilité de mesurer un retour sur investissement ;

þ le manque de budget ;

þ la résistance des dirigeants de l’entreprise.

 

ms02(2)

 

Maîtriser sa communication sur les médias sociaux

 

Face aux médias sociaux… trois alternatives sont possibles :

 

absentéisme => on ne s’en préoccupe pas et on laisse les autres agir en s’écartant volontairement de tout contrôle ;

y être parce qu’il faut y être => OK on est sur les médias sociaux… mais qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

maîtrise => on gère au maximum la communication de son entreprise sur les médias sociaux en y intégrant les règles en la matière.

 

Comme l’on disait On ne peut pas ne pas communiquer dans la théorie de la communication voici quelques années l’on doit dire, désormais, On ne peut pas ne pas être sur les réseaux sociaux. Si l’on décide ne pas y être, les autres le décideront pour nous ! Dès lors, la stratégie la moins risquée pour une entreprise est, évidemment, de maîtriser au maximum sa présence sur les médias sociaux. Les médias sociaux ne sont pas une révolution mais bien une évolution ; ils s’intègrent naturellement dans le panel des outils de communication en perpétuel développement. Avoir la maitrise de sa communication sur les médias sociaux c’est établir une forme de marketing relationnel avec les différents publics de l’entreprise. Cette maîtrise repose sur six principes de base :

 

1° la communication doit être ciblée è forme d’expertise qui incite à venir chercher de l’information ;

2° la communication doit être horizontale è d’égal à égal, le produit fait place à la relation qui mettra le produit en valeur ;

3° la communication doit être sociale è elle s’apparente à une forme de conversation ;

4° la communication doit être ouverte è ouverture vers les autres, les réseaux sociaux permettent aussi une forme de proactivité intéressante ;

5° la communication doit être identitaire è il s’agit de se définir clairement, de définir une ligne éditorial et de faire coller sa communication à cette ligne éditoriale ;

6° la communication doit être analysée è récupérer et analyser le plus possible d’informations qui circulent sur l’entreprise afin de pouvoir reprendre la main en cas de dérapage ou de crise.

 

Et les médias traditionnels ?

 

Aujourd’hui, chaque grand média est présent sur les réseaux sociaux, les décideurs médiatiques ont bien compris l’intérêt des ces nouveaux médias par lesquels ils peuvent faire circuler leurs informations en temps réel, quitte à l’affiner par la suite pour diffusion par leurs canaux traditionnels. N’est-ce pas le rêve ultime du journaliste que d’informer en temps réel. Des rédactions web et médias sociaux ont vu le jour pour compléter les rédactions traditionnelles (télé, radio ou presse écrite). Désormais, en plus des rédactions, les journalistes ont aussi leur page Facebook, LinkedIn, Viadeo, leur YouTube ou leur fil Twitter… Les médias sociaux représentent une base de données presse exponentielle qui facilitent la transmission de l’information de l’entreprise vers les médias traditionnels et/ou sociaux.

 

En conclusion…

 

Selon FocusRH(3), 84% des grandes entreprises internationales sont désormais sur les réseaux sociaux, avec une préférence pour Twitter. Des chiffres confirmés par l’étude Burson-Marsteller 2010. Sur les 100 entreprises qui ont été interrogées (et qui font partie du top 500 de Fortune) pour cette enquête, 79 ont mis un pied dans les médias sociaux : Blogs d’entreprise, Youtube, Facebook, Twitter(4).

 

Que dit cette étude ?
*
65% des entreprises interrogées sont sur Twitter et ont 4 comptes différents en moyenne

* 54% sont sur Facebook et ont 2 pages fan en moyenne
* 50% sont sur YouTube et ont 1,6 compte en moyenne
* 33% ont un blog d’entreprise (elles ont même 4,2 blogs en moyenne)

 

Fréquence moyenne de publication :
* 27 tweets (messages Twitter) par semaine
*
3,6 publications sur Facebook par jour
*
10 vidéos sur YouTube par mois
*
7 articles de blog par mois

 

Aujourd’hui, en Belgique et en France, la présence des entreprises sur les réseaux sociaux reste, par contre, plutôt timide par rapport aux pays anglo-saxons qui ont toujours eu une longueur d’avance en matière de communication. Une présence accrue, officielle et encadrée pourrait pourtant permettre :

- de rassembler les utilisateurs de l’entreprise qui possèdent déjà leur compte personnel et de canaliser leur communication institutionnelle (entendre par là la communication qui évoque de quelque façon que ce soit l’institution) par la création d’une charte institutionnelle de l’utilisateur ;

- de communiquer vers les publics internes ;

- de faciliter certaines formes de communication vers des publics-cibles : communiqué de presse et annonce de conférence de presse vers les médias - annonce d’événements vers les partenaires ou le grand public - annonce de nouveautés (produits ou services) vers le grand public… ;

- de partager des expériences entre professionnels ;

- de dynamiser le site internet de l’institution par des liens depuis les médias sociaux vers des contenus du site.

 

Toute entreprise ou institution se devra de réfléchir prochainement sur l’importance de sa communication par les médias sociaux. Il ne s’agit pas de se jeter sur tous les médias sociaux mais bien de définir lesquels peuvent apporter une valeur ajoutée à la communication à l’entreprise. La difficulté majeure est de maîtriser le plus possible ce type de communication. Mais ne pas avoir une présence officielle et institutionnelle sur les médias sociaux grandit ce risque encore bien davantage… La création d’une Charte Médias Sociaux, ligne de conduite des travailleurs par rapport à leur entreprise, est fortement recommandée afin de prévenir au maximum les dérapages internes.

 

--------------

(1) on considère généralement comme faisant partie de la Génération Y les personnes nées entre 1982 et 1999.

(2) source : 2009 Social Media Marketing & PR benchmark guide, by Marketing Sherpa, page 5

(3) Toujours plus d’entreprises sur les réseaux sociaux, par Yves Rivoal, on Focusrh.com, 28 février 2011
(4)
Les données ont été collectées entre Novembre 2009 et Janvier 2010 parmi 100 entreprises classées dans le “Fortune” des 500 premières entreprises mondiales en 2009

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 08:50

Maitre Capelo s'en est allé au terme d'une vie... de bon aloi !

capelo.jpgSéquence nostalgie aujourd'hui ! C'est les larmes presqu'aux yeux que j'ai appris la mort de Jacques Capelovici, davantage connu sous le sobriquet qui lui seyait comme une gant de Maître Capelo. C'est une époque de la télévision qui s'est éteinte avec lui, une époque où la télé était intelligente, où elle avait pour vocation de rendre intelligent. Diable qu'elle est loin cette époque ! Maître Capelo c'est toute la télévision de mon enfance et de mon adolescence : Le Francophonissime, Les Jeux de 20h00... que la télévision était intéressante et magique alors. Agrégé d'Anglais et Certifié d'Allemand, Jacques Capelovici était professeur dans le prestigieux Lycée Lakanal de Sceaux d'où sont sortis quantité de grands de la littérature, de la politique ou des arts comme Charles Péguy, Alain-Fournier, Jean Giraudoux, Jacques Rivière, Jacaques Chaban-Delmas, Thierry Le Luron, Louis Mermaz ou, plus proches de nous, Cédric Clapisch ou  Marie Ndiaye. Son amour de la langue française et des calembours à donné naissance au mien... Maître Capelo maniait le jeu de mot comme personne. J'ai en mémoire ce calembour qu'il fit un jour : "C'est une femme qui a épousé son temps... comme Simone Signoret" ! C'est d'une finesse remarquable, à cent mille lieues du vocabulaire et des expressions qui font la télévision d'aujourd'hui. Parfois, les jeux de mots de Maître Capelo surgissaient d'où on ne pouvait pas les imaginer ou les prévoir. Ainsi, par exemple, parmi tous les jeux sur les mots était-il un grand amoureux des palindromes, ces figures de style qui permettent de lire un mot ou une phrase classiquement, de la gauche vers la droite, mais aussi de la droite vers la gauche(1). Un jour, aux Jeux de 20h00, énonça-t-il ce palindrome, "Eric notre valet alla te laver ton ciré" avant de le ponctuer d'un second jeu de mot, "et l'on peut adroitement remplacé Eric par Luc"... !

C'était ça Maître Capelo, un érudit à la culture générale immense et à la virtuosité inégalée dans le maniement de la langue française, toujours éloigné de toutes formes de vulgarité. Il était l'un des pontes d'une télévision qui tirait les masses vers le haut. Oui, je sais, je sombre dans cette lamentation nostalgique du "c'était mieux avant" qui ne plait guère aux progressistes. Mais ce n'est quand même pas ma faute si c'était vraiment mieux avant, si la société s'enfonce chaque jour un peu plus dans une culture de la médiocrité et si la télévision est aujourd'hui l'apologie du vide. Tiens, hier soir à l'heure du souper, alors que le corps de Maître Capelo n'était pas encore tout à fait refroidi, en zappant négligemment pour trouver quelque chose de correct je suis tombé sur la dernière merde téléréalitesque de TF1. A l'écran on voyait deux choses abjectes, nommées Benoît et Thomas, qui tenait un discours sans intérêt dans un langage barbare et grossier à la limite de l'incontinence cérébrale. Ces deux abrutis synthétisent sur leur personne le vide sidéral qui caractérise ce genre de programmes qui plait tant à TF1 ou Plug RTL. Un substrat de vide, de médiocrité et d'inutilité, voila ce qui accroche le téléspectateur moyen aujourd'hui. Il se laisse tirer vers le bas parce que c'est tellement plus facile que de faire l'effort d'accrocher à un programme de bon aloi. Alors oui la télévision c'était mieux avant !

De bon aloi...

Je viens d'utiliser l'expression de bon aloi, ce n'était pas par hasard, c'était la formule préférée de Maître Capelo. Il en ponctuait continûment son discour et il me parait opportun, aujourd'hui en guise d'hommage à cet immense linguiste, de revenir sur cette expression qui, elle aussi à l'image de la bonne télévision, tombe en désuétude. De bon aloi signifie en usage conforme au bon goût ou au bon sens. Ainsi, par exemple, chercher à se cultiver, à apprendre un peu tous les jours est assurément de bon aloi... Et pourtant, l'aloi n'a pas vraiment grand chose à voir avec le bon sens ou le bon goût. Non, l'aloi était, au Moyen-âge, la quantité de métal précieux présente dans les pièces de monnaie. Ce mot vient du verbe allier et est, finalement, le terme ancien pour le mot plus actuel alliage. Lorsque l'on frappait des pièces de monnaie, on jetait chaque pièce contre une surface dure et plane afin de vérifier au son qu'elle produisait si elle contenait suffisamment de métal précieux. Si c'était le cas on disait alors que la pièce était de bon aloi... son alliage de métaux était correct et la pièce avait de la valeur.

Pour conclure ces quelques lignes hommages à l'immense Maître Capelo, une dernière anecdote qui témoigne de la personnalité de cet homme qui sous des dehors bourrus - ses colères à l'encontre de certains élèves restent célèbres à Lakanal - pouvait faire preuve d'un humanisme exacerbé. Pour Jacques Capelovici, chacun avait le droit à l'éducation aussi s'est-il appliqué, des années durant, à faire passer le baccalauréat aux détenus de la prison de Fresnes. Jacques Capelovici est aussi celui qui introduisit les mots fléchés en France. Ce jeu de lettres imaginé en Angleterre est un dérivé des mots-croisés mais est, généralement, d'un niveau de difficulté moins élevé. Ainsi, les jeux de lettres étaient portés à la disponibilité du plus grand nombre. Depuis 1969, lorsqu'il importa les mots fléchés en France, ce sont des dizaines de millions de grilles qui ont été remplies par les amateurs de jeux cérébraux ! L'ultime grille de mots fléchés proposée par Maître Capelo fut publiée dans le magazine Télé 7 Jours, en décembre 2010...

Maître Capelo était un ardent défenseur de la langue française dont il combattit les dérives jusqu'au bout tout en restant populaire dans tout ce que ce mot à de plus noble. Dimanche, il a tiré sa révérénce laissant orphelins tous es amoureux de la langue de Molière, Sartre ou Desproges...


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(1) exemples de palindrome : les mots radar ou kayak; la phrase la mariée ira mal...

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 10:30

Acta Diurna voyait le jour le 19 mars 2003, le même jour que les premiers missiles américain tombèrent sur Bagdad...

logoAD.jpgIl n'y a pourtant aucune relation de cause à effet, non, Acta Diurna est né de mon envie de réagir sur l'actualité et de mon besoin d'écrire. Avec l'avènement du net, la mise en ligne d'un espace qui me permettait de cumuler les deux devenait un jeu d'enfant. Il me faut pourtant reconnaitre que c'est ma tendre moitié qui me poussa à franchir le pas tant j'hésitais à me lancer... non pas par crainte mais parce que je ne savais pas par où entamer le projet. Alors je l'ai mûri quelques temps avant de trouver un hébergeur pour accueillir mes textes. Ce fut Webzinemaker... le temps me prouva que ce ne fut pas le meilleur des choix posés durant toute l'aventure Acta Diurna. Depuis le premier jour, Acta Diurna se veut l'écho d'une actualité souvent moins évoquée dans les médias "traditionnels" et cherche parfois un angle d'approche différent. Mais c'est aussi l'exutoire de certains de mes coups de gueule ou de coeur. Au fil du temps, nous avons évoqué des sujets variés, de la politique au sport en passant par la culture, la santé, la société ou l'histoire en tentant même, parfois, d'ajouter une touche de philosophie. Les élections présidentielles américaines (P2004, P2008 et d'ores et déja P2012) sont l'un des murs porteurs d'Acta Diurna, le but étant d'apporter un regard extérieur et européen sur ce rendez-vous politique capital et majeur. Acta Diurna prend clairement position car le but est aussi citoyen ! Parfois ces positions dérangent - ce fut le cas notamment en ce qui concerne le port du voile (je refuse d'y être opposé !), l'Islam, le dopage ou les armes à feu - mais elles peuvent susciter le débat... elles doivent susciter le débat.

Je me souviens du tout premier article qui a été publié sur Acta Diurna, il évoquait l'accession à la Présidence de la Chambre chilienne des Députés d'Isabel Allende; un beau pied de nez à l'Histoire que de voir la fille du Président assassiné en 1973 devenir l'une des personnalités politiques les plus influentes du Chili. C'était, pour moi, une belle introduction pour Acta Diurna. Etant donné la défection de Webzinemaker et l'impossibilité de conserver toutes les archives du site, pour conserver une trace de ce tout premier article en voici la reproduction.
acta-1.jpg
Un article laconique mais qui conservera la particularité d'être le tout premier publié. Cette capture d'écran permet aussi de voir l'évolution graphique d'Acta Diurna !

Aujourd'hui, Acta Diurna approche du cap des trois millions de lecteurs même s'il faut constater un net ralentissement lié au changement d'hébergeur. Mais ce changement s'imposait tant la qualité du service de Webzinemaker s'était déteriorée. Ca n'a pas été simple de changer mais le choix fut le bon, d'autant plus désormais avec la disparition pure et simple du gratuit de Webzinemaker. Quoi qu'il en soit, le 21 juin 2010 - date officielle du déménagement d'Acta Diurna vers Over-Blog - fut une étape importante de l'histoire du site. Depuis lors, vous êtes un peu plus de 13.500 à avoir visité Acta Diurna et à y avoir lu plus de 23.000 pages.

acta3.jpg

On est loin, reconnaissons-le, des derniers chiffres de l'époque Webzinemaker mais, après tout, le 19 mars 2004, au terme de la première année d'existence d'Acta Diurna, c'étaient 19.020 visiteurs qui avaient vu le site. Une simple projection nous permet de voir qu'au bout de la première année d'hébergement sur Over-Blog, vous serez à peu près 19.000 à avoir également surfé sur Acta Diurna. Il faut le temps de retrouver un vrai rythme de croisière... mais on le retrouvera ! 

Demain...

Acta Diurna c'est avant tout une source d'information libre de toutes attaches ou entraves qui se revendique comme l'interface entre grands sujets d'actualité et informations moins médiatisées, le tout mâtiné d'articles culturels, notamment sur l'histoire musicale du 20è siècle, et de portraits d'hommes ou de femmes qui ont fait l'Histoire ou les histoires. Chacun est libre de s'exprimer sur ce site, soit en proposant des articles soit en réagissant aux articles par le biais de commentaires postables sous chaque article. Avec votre soutien, tant que vous resterez aussi nombreux à lire les articles de ce site, l'aventure continuera. C'est particulièrement chronophage mais c'est aussi, et surtout, passionnant de s'informer pour vous informer, de décourvrir pour vous faire décourvrir...

Hier...

La ligne du temps d'Acta Diurna

19 mars 2003 : création d'Acta Diurna (sur Webzinemaker)
15 mai 2003 : 1000è lecteur
30 novembre 2003 : 10.000è lecteur
10 août 2004 : 500è article publié sur Acta Diurna (sur les ennuis politico-juridique de Bobby Fischer)
3 novembre 2005 : 100.000è lecteur
11 juillet 2006 : 1000è article publié sur Acta Diurna (sur le fameux coup de boule de Zidane)
23 février 2007 : 500.000è lecteur
26 décembre 2007 : création du nom de domaine www.actadiurna.be.ma
17 juillet 2007 : Acta Diurna entre dans le top 10 des sites les plus lus chez Webzinemaker (sur un total, à l'époque de 48.610 sites hébergés)
8 juillet 2008 : 1.000.000è lecteur
4 avril 2010 : 2.000.000è lecteur
21 juin 2010 : déménagement vers Ober-Blog
30 juin 2010 : Acta Diurna est sur Twitter

Factuel

En ce jour anniversaire, Acta Diurna c'est :
  - 2164 articles publiés (1895 sur Webzinemaker - 269 sur Over-Blog)
  - une moyenne de 1,3 article publié par jour
  - 2.761.496 visiteurs (dont 13.561 depuis le passage sur Over-blog)
  - des tonnes d'articles en réserve (portraits et intemporels)
  - des tonnes d'articles à venir...

Merci à vous tous qui prenez le temps de lire Acta Diurna !

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 00:00

D'une bouteille de vin qui fait remonter des souvenirs à la surface…


gevrey.jpgJ’étais attablé, voici quelques jours déjà, devant un bon repas ; il y avait aussi sur la table, pour accompagner le repas, une bouteille de vin; pas n'importe quel flacon mais un Gevrey-Chambertin 2005 charnu et tannique à souhait. 2005 fut vraiment une grande année pour les Bourgognes. Par delà la qualité indéniable du nectar qu'elle contient, cette bouteille fut source de réminiscences… Proust avait sa madeleine, j'aurais désormais mon Gevrey-Chambertin ! Je dois avouer que j'ai un faible pour les vins de Bourgogne et particulièrement pour les Côtes de Nuit, devisons ensemble d'un Clos-Vougeot, d'un Vosne Romanée ou d'un Marsannay et nous serons amis ! Ma préférence va cependant, dans cette région, aux crus de Gevrey-Chambertin, pas tant pour leur qualité pourtant remarquable que pour les souvenirs de la visite du Château qui sont associés à cette appellation…

C'était en 1974 ou en 1975, nous descendions en famille vers l'Espagne, comme chaque année. Période bénie et insouciante de l'enfance… Tassés à trois, à l'arrière de la belle Toyota Crown bleue ciel de papa, nous n'espérions qu'une chose; que les quelque 1500 bornes qui nous séparaient de Calafat de Mar, un merveilleux petit village catalan coincé entre mer et montagne, soient avalés au plus vite. Et pourtant, cette année là, les parents avaient décidé de prendre le temps de descendre par les chemins de traverse jusqu'en Bourgogne et de visiter un chai… Ce fut celui de Gevrey-Chambertin ! La Côte d'Or doit, paraît-il son nom à la couleur des feuilles d'arbres et des champs dans lesquels brille le soleil automnal et qui prennent, à cette saison, une jolie couleur mordorée… Nous étions en plein milieu de l'été et la seule chose qui avait l'aspect de l'or était ce soleil brûlant qui s'abattait sur nous. Aussi, la fraîcheur d'une cave, fut-elle à vins, était la bienvenue ! Je me réjouissais déjà d'aller vers cette fraîcheur salvatrice que je m'entendis dire qu'il fallait, avant de descendre vers les fûts en bois, visiter le château… Enfer et damnation, en plus de cette chaleur accablante, voilà qu'un besoin pressant m'envahît soudainement !

En entrant dans le château, on nous obligea à chausser les patins car tout était parqueté… Chouette, j'allais pouvoir me faire Holiday on Ice pour trouver les toilettes ! "Un peu de calme, jeune homme" m'entendis-je dire par mon père ! Bon sang, on ne fait pas le pitre dans un endroit pareil… Et la visite commença ! J'appris ainsi que le Château de Gevrey-Chambertin fut bâti peu après l'an mil et qu'il fut apporté en donation par une puissante famille de la région de Chalon aux Moines de l'abbaye de Cluny et que l'imposante bâtisse était déjà entourée de vignes (ndlr bon, d'accord, j'ai triché; j'ai retrouvé ces infos sur le net… Mais je suis sûr que c'est, à peu près, le langage qui nous fut tenu à l'époque). Malgré mon envie de pipi, je parvenais à trouver cette visite, si pas intéressante - je n'avais que quatre ou cinq ans alors -, au moins captivante. Je m'imaginais Ivanhoé dans ce château et prêt à défendre mes positions contre je ne sais quel ennemi normand ou anglo-saxon. Bientôt, au détour d'un couloir, je vis la porte de la délivrance… Pas celle du donjon mais bien celle des toilettes ! Heureusement, Ivanhoé affrontant le Prince Noir en croisant les jambes pour retenir son envie pressante, cela ne fait pas sérieux…

Après cet intermède de soulagement, nous descendîmes enfin à la cave. La visite du château nous apporta ce répit calorifique qui nous faisait tellement envie, tant et si bien qu'il faisait maintenant un peu frisquet dans cette cave. Devant nous, plusieurs barriques hautes comme des tours, pour ma taille de môme, s'élevaient. L'homme proposa à mon père et à ma mère une petite dégustation, prémisse pour lui d'une affaire lucrative du moins l'espérait-il. Mon frère aîné fut également convié… Faut dire qu'il avait presque, déjà, du poil au menton ! Papa se tourna vers moi et trempa son index dans le verre qu'il tenait. Il posa le doigt sur mes lèvres et je sentis immédiatement le goût du vin dans ma bouche. Nul doute que je fis la grimace alors qu'aujourd'hui je me damnerais pour un verre du sang de la terre bourguignonne. C'était mon premier contact avec le vin ! Je dus patienter quelques années avant d'avoir, à nouveau, rendez-vous avec ce nectar qui fait désormais le bonheur de mes tablées…

Lorsque nous sommes repartis vers l'Espagne, je ne savais pas trop que penser de cette halte en terre de Bourgogne. Maintenant, alors que je suis devant mon clavier a pondre ces quelques lignes, je me dis qu'elle fait partie intégrante de mes bons souvenirs, des réminiscences que j'ai de mon père bien trop tôt disparu… Quoi qu'il en soit, de cette visite j'ai toujours gardé en mémoire que l'appellation Gevrey-Chambertin ne peut s'appliquer qu'à des vins rouges et que les vins du cru se servent à leur meilleur avantage dans des verres larges et à long pied !

Ces images d’enfance me reviennent sporadiquement en mémoire lorsque je vois une émission sur les vins de Bourgogne, quand je suis pris d'une envie pressante alors que ce n'est ni le lieu ni l'endroit ou encore au moment où je suis attablé devant un flacon de Gevrey-Chambertin…

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 10:08

Quelques lignes à propos d’un papa bien trop tôt parti…

 

crepuscule-cheratte.jpgVieux Père, c’est le surnom affectueux que je donnais à mon paternel ! Encore que, paradoxalement, il ne fit pas de vieux os, le pauvre Vieux… S’est envolé un triste jour de la fin de l’hiver 2001 alors qu’il était à quelques heures de fêter son 64è printemps ! Il n’y a plus de saison, ma bonne dame ! 64 ans, c’est tôt, très tôt… trop tôt ! C’était il y a dix ans aujourd’hui et il se passe rarement un jour sans que je ne pense à lui, à ce qu’il m’aurait dit dans certaines situations de la vie quotidienne, aux conseils qu’il m’aurait prodigué et que je n’aurais probablement pas suivis, adolescent attardé que je puis être… Je me demande aussi souvent quel regard il aurait jeté sur cette décennie écoulée, sur ces choses qui se sont passées sans lui, sur la façon dont la vie et la famille ont évolué. Cela se serait-il passé ainsi s’il avait été là ?  Aujourd'hui, je donnerais volontiers un an de ma vie pour avoir une conversation d'une heure avec le Vieux !

 

Même s’il est parti avec pas mal d’avance sur l’espérance de vie moyenne de nos contrées, le fait qu’il ait eu une vie bien remplie me met quelque peu de baume au cœur. Car après tout, il a toujours été davantage partisan d’une vie fertile que d’une existence longue et ennuyeuse. Il aura eu la chance – car c’en fut une ! – d’avoir été, grâce à la situation économique de la région, libéré de ses entraves professionnelles à 51 ans et de pouvoir ainsi profiter de la vie treize années durant, au terme d’un labeur acharné et pas toujours reconnu à sa juste valeur. Car pour que mes frères, ma mère et moi ne manquions de rien, il a toujours bossé d’arrache-pied le Vieux. Puis, en mars 1988, on lui a dit «t’as assez bossé bonhomme ! La crise est là, il nous faut trouver des solutions pour sauver l’entreprise… Alors, reste chez toi et occupes-toi !» ; la prépension que ça s’appelle. N’empêche que sans elle, il serait mort avant même d’avoir quitté son atelier !

 

Je me souviens de discussions passionnées et passionnantes avec mon Vieux Père. Nous parlions de politique, même si nous n’étions pas toujours d’accord, ou des choses qui font la vie. Pourfendeurs des religions, quelles qu’elles fussent, et athée convaincu il connaissait pourtant la bible sur le bout des doigts ce qui donna lieu, là encore ma mémoire en a gardé des traces, à des débats captivants avec le curé du village autour de la table de la cuisine… Si ses convictions étaient fondées et solidement ancrées en lui, il savait pourtant écouter les autres. Enfin pas toujours car ce qu’il me reste comme image première de cet homme, ce sont ses colères homériques ! C’est qu’il était soupe au lait le Vieux… Il éclatait, la colère montait mais retombait aussitôt les choses dites. Car avant tout, il avait du cœur !

 

Peintre et aquarelliste autodidacte, il avait laissé de côté ses pinceaux et sa palette pour se consacrer un peu plus à sa passion de la langue wallonne. N’avait-il pas traduit, lui qui n’a jamais été un littéraire averti, le superbe texte de Federico Garcia Lorca «Llanto por Ignacio SanchezMejias» (déjà traduit en Français par «Chant funèbre pour la mort d’un torero» en Wallon liégeois ? Si bien sûr puisque ce texte fusionnait deux de ses passions premières, le dialecte de Liège et la tauromachie. D’ailleurs, il reste l’auteur d’un recueil de textes en Wallon qui fut publié, certes de manière confinée, mais qui a au moins le mérite d’exister.

 

Je garde en mémoire une foultitude de souvenirs avec mon père et notamment un qui remonte à mon enfance, dans les caves du Château de Gevrey-Chambertin mais s’il y a un auquel je suis particulièrement attaché c’en est un qui remonte à l’époque de mes douze ans. Je devais bûcher le cours de sciences pour mon examen final de sixième année primaire. Ca a toujours été son truc, au Vieux, les sciences alors que pour moi la biologie s’apparentait à un calvaire, mais un calvaire doux à côté de ce que pouvaient être la physique et, surtout la chimie… Donc, papa avait décidé de m’aider à travailler mes sciences pour réussir ce maudit examen. Et plus il insistait et moins cela rentrait dans mon petit crâne d’adolescent à peine pubère ! Aussi un moment me levé-je de table et balancé-je mon cours rageusement vers le sol. Soupe au lait qu’il était, vous ai-je dit, mon père se leva à son tour de la colère plein les yeux. Il s’approcha de moi et un réflexe me poussa à m’enfuir… Idiot que je fus car jamais papa ne leva la main sur moi ! Lorsqu’il était mécontent ou qu’il fallait vers la raison me ramener, jamais le paternel ne frappa, ni même ne gronda ; son regard était suffisant pour me calmer ou me soumettre à son autorité. Alors que je m’éloignais, il me suivit et nous commencions à tourner autour de la table ronde du living, lui essayant de me balancer son pied au derrière. Situation grotesque, s’il en est, qui devint même totalement burlesque lorsque ma mère, par le bruit alertée, apparut dans l’encadrement de la porte du salon et nous regarda, hébétée, dans notre folle sarabande. Nous avons pleinement réalisé le comique de la situation et je suis sûr, aujourd’hui encore, que mon Vieux Père dut se forcer pour ne pas rire. Quoiqu’il en soit, cette accalmie lui permit, une fois ne fut pas coutume d’atteindre sa cible. J’ai reçu, ce jour là, le seul et unique coup de pied au cul de ma vie !!! Mes fesses s’en souviennent encore mais je sais qu’il a eu aussi mal que moi d’avoir fait ce geste. Après une pause imposée par maman, qui savait garder la tête sur les épaules dans ce genre de situation, nous nous remîmes à table pour reprendre les révisions de sciences là où nous les avions abandonnées… Le lendemain, je réussissais mon examen !

 

C’était mon père ça, un homme nerveux, irascible, bourré de convictions mais toujours là pour écouter et aider. Avec un cœur grand comme çà… Il est une autre image de lui qui reste gravée dans mon esprit : alors qu’il sortait d’un long séjour hospitalier et qu’on lui avait ôté un rein et découvert du diabète, il reprenait lentement goût à la vie. Il avait compris que même cette maladie ne l’empêcherait pas de vivre comme il le voulait. Il y aurait bien des contraintes mais plus que jamais, au sortir de cette clinique qui l’hébergea un mois durant, il avait fait sienne la pensée Carpe Diem. Nous revenions du sud-ouest de la France avec ma tendre moitié, des Landes plus précisément, et lui avions ramené un énorme bocal de cassoulet au confit de canard et une bouteille d’un très sympathique Saint-Estèphe. Son regard lorsque nous les lui avons offert valait tout les ors du monde ! Il y avait de la malice, du bonheur et de l’appétit dans ces prunelles là… L’appétit d’un homme simple et généreux qui savait apprécier toute les bonnes choses de la vie !

 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 13:23

Décidément, plus je connais les Hommes et plus j’aime mon chat !


misan.jpgL’on me prête volontiers une forme de misanthropie que je revendique d’ailleurs ! Oui, au plus les jours s’égrènent au plus je tends à m’éloigner du genre humain. Heureusement qu’il y a quelques exceptions notoires mais je n’aime pas les Hommes dans leur généralité... Où avez-vous vu qu’elle était aimable l’humanité ? Cette forme latente de rejet débuta lors de l’année 1990, je m’en souviens comme si c’était hier ; le 11 février précisément. Ce jour là, Nelson Mandela était libéré après 26 années passées dans les geôles de l’Apartheid. Ado un peu rebelle (ndlr n’était-ce pas alors un pléonasme ?) je militais depuis des années contre le régime ségrégationniste de l’Afrique du Sud dans des organisations dont je pensais qu’elles avaient le pouvoir de faire évoluer des choses (ndlr la naïveté était avec la rébellion l’autre apanage de l’adolescence alors). La libération de Mandela aurait du s’apparenter à l’un des plus beaux jours de ma vie car les choses allaient changer en Afrique du Sud. Et de fait, la population noire a connu progressivement des améliorations de sa condition et Mandela est devenu Président quatre ans plus tard. Mais à peine le joug ségrégationniste s’était-il relâché qu’ils se sont tapés sur la gueule entre eux... Les différentes ethnies sont restées soudées tant que leur leader spirituel était un martyr ! Même choses pour les Vietnamiens que l’on plaignait à juste titre quand l’ogre américain napalmait à-qui-mieux-mieux mais qui, dans le même temps, soutenaient les Khmers Rouges pour tenter de renverser dans le sang le régime cambodgien...

Aujourd’hui encore, l’Homme étale sa médiocrité au grand jour ! De tortures chinoises en attentats religieux ; de massacres ethniques en guerres de pouvoir et de possession ; de violences urbaines en exclusions sociales... il montre son vrai visage, celui de la bête la plus immonde qui soit sur terre. Mais objectivement, ce qui développe plus avant la misanthropie dans laquelle je m’enfonce davantage ce n’est plus vraiment cette situation planétaire qui se désagrège. Non, à vrai dire, je m’en fous complètement ! C’est plutôt cette médiocrité au quotidien qui pollue la vie qui m’exaspère au plus haut point ! Pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps – comme disait Coluche - j’étais sur le parking d’un supermarché à la recherche du caddie qui me permettrait de stocker les quelques achats que j’avais prévus de faire. Un crétin avait abandonné, sur la rangée de chariots, trois cartons de pizza suintant d’une sauce tomate infâme qui badigeonnait les caddies sur lesquels elle n’avait pas manqué de se répandre. Sous un second hangar à chariots, c’est un sachet en papier débordant des vestiges gras d’un repas gastronomique made in Quick qui trônait sur le métal froid des caddies... Quant à la route du retour, dois-je vous énumérer le nombre de cons motorisés que j’ai rencontré ?

La médiocrité va jusqu’à se loger l’apparence ! Je connais des gens qui fréquentent les banques alimentaires, qui émargent à l’aide sociale et qui sollicitent des plans de paiement pour se soigner mais qui possède un smatphone du dernier cri et des fringues de marque (ndlr qui ne sont pas pour autant de bon goût !). Elle se niche aussi dans tous ce petits gestes de la vie, ainsi il s’en trouve qui s’abreuvent de bière en hurlant des ignominies dans les stades, il y en a d’autres pour se garer sauvagement n’importe où faisant fi des emplacements prévus mais aussi des autres conducteurs ; il y ceux qui engrangent du fric à la pelle et à qui l’on en propose encore plus pendant que d’autres crèvent de faim ou grattent pour boucler les fins de mois... Bien qu’il remonte à novembre 2004, j’ai en mémoire le moment d’un journal de TF1 – haut chantre de la bêtise humaine s’il en est ! - qui ne s’effacera jamais et qui est aussi représentatif de la bêtise humaine que de la misanthropie qui m’habite. Dans ce sujet, l’on évoquait le rôle de bénévoles qui animent le service pédiatrique d’un grand hôpital français. Elles s’occupaient des petits patients qui ne pouvaient pas quitter leur chambre, leur faisaient la lecture, jouaient avec eux, leur racontaient des histoires... Ces bénévoles étaient à la recherche de moyens financiers pour assurer leur pérennité annonçait le journaliste pour conclure son reportage avant que PPDA, qui présentait le 20h00 de TF1 à l’époque, n’enchaine avec le sujet suivant qui faisait état du vol d’un petit engin à 10 fois la vitesse du son. L’engin à volé 10 secondes dans la stratosphère avant de s’abîmer en mer... Vingt années de travail pour parvenir à ce résultat et des millions de dollars engloutis sous les flots après l’éphémère orgasme d’une poignée de savants fous. Franchement, les scientifiques aussi se trompent de combat ! Est-il réellement fondamental d’aller voir s’il y a de l’eau sur Mars alors que 20% de la population mondiale sont analphabètes, que plus de la moitié vit à la limite ou sous le seuil de pauvreté et que d’aucuns luttent contre la maladie avec la rage du désespoir... Que l’argent et les ressources terrestres sont mal utilisés !

Vous m’autoriserez à ne pas m’éterniser sur cette faune immonde qui propagent des idées d’extrême droite et encore moins sur ceux qui y adhèrent, moutons aveuglés de haine prêts à suivre une mauvaise voix qui leur crache à l’oreille les bassesses infectes qu’ils ne souhaitent pas forcément entendre mais qu’ils sont disposés à écouter. La liste est encore bien longue de médiocrité devenue banale qui nourrit le rejet épidermique qui m’habite ! De Monsieur Yaqu’a et Monsieur Ilfautque aux taggueurs qui polluent sans talent les murs de la cité en passant par le pochtron qui boit son litron quotidien au zinc avant de rentrer tard, très tard, engueuler sa femme parce que le rôti est tiédasse... Et la culture, que penser d’une société dans laquelle la culture des masses se résume à la télé-réalité, à la Champion’s League, à Iron Man 2 ou à Facebook ? Pas grand chose en somme...

Franchement, au plus je connais les Hommes au plus j’apprécie mon chat ! Heureusement qu’il reste quelques personnes qui valent la peine de s’y attacher... Mais, j’en suis plus que convaincu, pour vivre heureux, vivons si pas caché au moins en comité très restreint !

"L'enfer, c'est les autres !" (Jean-Paul Sartre)

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 10:23

Décidément, Carrefour m'encourage chaque jour un peu plus à privilégier le commerce de proximité !

proxi.jpgIl y a quasiment un an jour pour jour - c'était le 23 février 2010 - Carrefour Belgique annonçait la fermeture de 21 de ses enseignes et le passage à la trappe de 1672 emplois. Aujourd'hui, l'Administrateur Délégué de l'entreprise annonce fièrement un investissement annuel de 100 millions d'euros, sur trois ans, pour relifter ses grandes surfaces ! Selon Gérard Lavinay, l'Administrateur Délégué, cet investissement "se justifie car la vétusté des magasins a plombé l'image de Carrefour"(1). Je ne suis pas convaincu que les centaines de travailleurs de Carrefour Belgique qui ont perdu leur emploi en 2010 partagent cette avis... Et dans la lignée de ce lifting, Lavinay annonce aussi l'ouverture de plusieurs Carrefour Express, des magasins de proximité. "Nous comptons en ouvrir 25 cette année"(1), précise-t-il. On ferme, on ouvre, on licencie... bref on joue avec les travailleurs comme s'ils n'étaient, finalement, qu'une marchandise supplémentaires des stocks de Carrefour. Je sais qu'il y a le sacro-saint jeu du business, des bénéfices, des économies d'échelles, et caetera et que l'humain n'est plus, depuis longtemps, au centre des préoccupations des dirigeants d'entreprises mais cela prend de plus en plus souvent un tour grotesque ! Il est temps que le citoyen se rende compte que les grandes surfaces ne sont pas un réel avantage pour leur porte-monnaie, qu'elles détricotent le tissu social et que leur objectif principal est de garnir les comptes de multinationales prospères au détriment du bien-être de leurs travailleurs mais aussi de la qualité des produits qu'elles vendent. Acheter un fruit de première qualité dans une grande surface relève de la gageure et les hard-discount qui séduisent de plus en plus de monde sont des miroirs aux alouettes qui laissent croire qu'ils permettent de faire des économies et qui, par dessus le marché, proposent des produits infâmes noyés dans le sel et l'huile de palme !

Les Méditerranéens ont une réelle facilité à fréquenter les commerces de proximité et à les privilégier aux grandes surfaces lorsqu’il s’agit d’acheter des denrées alimentaires. En clair, l’Italien et l’Espagnol (ndlr je n’évoque que ces deux nationalités parce que ce sont des pays que je connais bien, dans lesquels je voyage souvent et que j’ai donc constaté de visu) achètent leur viande à la boucherie, leur pain à la boulangerie, leur viennoiserie et gâteaux dans une pâtisserie, leurs légumes chez un maraîcher… tandis que chez nous, dans les pays plus au nord, le consommateur favorise les grandes surfaces pour faire ses courses. C’est une question économique entends-je parfois ! Cela reste à voir… Depuis deux ans je fais mes emplettes, le chez les commerçants de mon quartier au centre-ville. L’avantage est que si j’ai besoin ou envie de deux tranches de jambon ou d’un petit morceau de fromage, le boucher ou le fromager me les donne… alors qu’en grande surface, de plus en plus de produits son préemballés et obligent à prendre le jambon tel quel ; s’il est par quatre tranches, j’en aurais quatre même si je n’en ai besoin que de deux… Ma maman, qui est veuve et qui vit seule, est souvent embêtée en grande surface car les portions prévues s’entendent souvent pour deux ou 4 personnes aussi, par mesure d’économie et pour ne pas jeter ce dont elle n’a pas le besoin, elle privilégie aussi le commerce de proximité où elle est, en plus, davantage considérée qu’en grande surface. Pour le pratiquer régulièrement depuis une paire d’année, je suis convaincu que, si l’on achète effectivement ce dont on a besoin, le commerce de détail n’est pas plus onéreux, en termes de produits alimentaires, que les grandes surfaces. Et comme le contact humain y est davantage développé, nous serions tous – nous consommateurs dopés à grands coups de (fausses ?) promotions qui nous incitent à consommer davantage – bien plus avisés de favoriser le commerce alimentaire de proximité !

D’autant plus que cela permettrait aux petits commerçants de survivre et conserverait davantage de vie dans les villes, dans les quartiers et dans les villages, comme c’est le cas en Italie et en Espagne… Depuis quelques années, on constate en Belgique une légère recrudescence du commerce de proximité. Elle est liée, incontestablement, aux petites surfaces mises en place par les grands groupes de distribution (Proxy Delhaize, Carrefour Express, Shop ‘n Go…) mais, de plus en plus, dans les grandes villes belges on voit des «petits commerçants» (boulangers, bouchers, épiciers, maraîchers, …) retrouver aussi des clients. Prendre sa voiture pour aller en périphérie dans les hypermarchés devient un geste de plus en plus onéreux, cela contribue également à ramener les consommateurs vers le commerce de proximité. Encore faut-il, pour cela, ne pas vivre dans des petits villages perdus à Perpète-les-Oies où le commerce de proximité est mort depuis longtemps…

 

Selon le SPF Economie, le Belge dépense en moyenne 29,05€(2) par semaine pour ses achats alimentaires. Une famille lambda de 4 personnes (les parents + deux enfants) dépense dont pour se nourrir 116,20€ par semaine… Elle les dépense toujours en majorité en grande surface ; c’est dommage ! Je ne dis pas qu’il faut proscrire totalement les grandes surfaces de nos lieux d’achats, certainement pas, mais bien que nous devrions mieux cibler nos besoins et ne pas les acquérir systématiquement dans les grands magasins ! Pour un grand éventail de produits de consommation courante, et notamment en matière alimentaire, le petit commerçant du coin doit, selon moi, garder la priorité. Il propose des produits de meilleure qualité, souvent encore artisanaux ou faits maison (c’est le cas dans bien des boulangeries, des boucheries et des pâtisseries), moins chargés en sel et en graisse que les produits manufacturés des grandes surfaces. A cette qualité de produits s’ajouter, dans l’escarcelle du commerce de proximité, un contact social plus fort mais aussi un plus écologique indéniable. Enfin, qu’il me soit permis de le répéter, le commerce de proximité n’est pas forcément plus cher que les grandes surfaces… si les achats que l’on y fait sont dictés par l’intelligence.

 

Clairement, dans mon chef, la politique de Carrefour fait beaucoup pour la fréquentation des commerces de proximité ! Il m’apparait de plus en plus sain de privilégier les petits commerçants que les multinationales de la distribution… C'est peut-être ça, finalement, le retour du positif ?


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(1) Carrefour : 100 millions d'euros par an pour la transformation des magasins, on Lameuse.be, 17 février 2011
(2) source : Service Public Fédéral (SPF) Economie, chiffres 2008

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:43

A la femme que j'aime, ces mots en offrande… La légèreté de quelques lettres mises l'une derrière l'autre en de trop futiles sentences pour affirmer le poids de l'amour que je ressens. Messieurs, pour la saint-Valentin, plutôt que de faire les magasins, écrivez quelques mots sincères à votre amour !


rose.jpgJ'ai fait pas mal de conneries mais je ne regrette rien car depuis longtemps, je sais qu'il vaut mieux avoir des remords que des regrets. Je préférerai toujours être torturé par le remords d'un acte accompli que par le regret d'un acte manqué ! De nuits de folie en matins blêmes, de désillusions en coup de sang, de cris de joie en larmes de détresse, je vis et je survis dans une société qui est, de moins en moins, la mienne; celle que j'avais rêvée quand j'étais à l'âge où l'on croit encore que l'on peut changer le monde… avant de comprendre que dans une civilisation où on lève des impôts pour faire la guerre et où l'on fait des émissions de télé pour récolter des fonds pour soigner le cancer, il n'y a plus rien à espérer ! D'amours d'un soir en amitiés plus qu'intimes, de relations platoniques en liaisons plus que charnelles, d'indifférence de plus en plus avouée en dégoûts profonds, j'aime et je déteste. J'ai parfois voulu entrer dans un monde qui n'était pas fait pour moi, mais alors que je pensais avoir réussi, la porte s'est refermée et je suis resté dehors. C'est probablement ce qui pouvait m'arriver de mieux ! J'ai menti, j'ai joué des rôles qui n'étaient que pure composition. J'ai voulu aimer plus haut que mon cœur et je n'y suis pas arrivé… Pour trois mois de félicité, douze de monotonie et de détachement. J'ai voulu nager dans un bonheur qui ne m'était pas destiné, je m'y suis noyé. J'ai voulu forcer le destin, j'ai perdu ce qu'il m'avait confié… Enfin presque car c'est lui qui a fait, à nouveau, se croiser nos chemins.

Toi, dont la beauté diaphane a séduit mon regard lorsqu'il s'est posé sur ton visage; toi dont je n'ai jamais pu oublier la présence parfois si lointaine et pourtant toujours si proche. Tu m'as blessé, je t'ai retrouvée. Je t'ai fait souffrir, tu m'as retrouvé. Et aujourd'hui encore, tu es là, à mes côtés pour partager mes joies, mes peines, mes colères fréquentes et mes petits bonheurs tellement insignifiants aux yeux des autres. Jusqu'il y a peu, je le croyais mais aujourd'hui j'en suis convaincu, tu es la seule personne qui me connaît vraiment ! Tu sais mes exaspérations et mes férocités. Tu sais trouver les mots pour me réconforter ou pour me calmer quand - et c'est souvent le cas - je vais trop loin dans mes coups de gueule. Tu sais quand je n'abrite rien derrière ma rancœur ou quand je cache mon désespoir derrière ma haine. Tu sais me rendre patient quand il le faut; tu sais tempérer mes velléités quand je m'emporte, entraîné par une passion débordante. Tu sais mes goûts et, surtout, mes dégoûts. Un jour, tu m'as donné un livre dans lequel l'auteur parle de nous sans pourtant nous connaître. Tu savais que j'apprécierais cet ouvrage, que de souvenirs heureux en réminiscences cruelles, il allait me faire plonger dans notre passé, dans notre histoire d'amour qui est tout sauf banale.

Tu sais mes secrets les plus inavouables; pas tous car il te reste encore cent ans pour découvrir les autres. Tu sais mes bonheurs les plus intenses; forcément puisque je te les dois ! Tu sais mes tristesses et mes coups de blues; tu sais mes combats - souvent contre des moulins à vents ou des moulins à belles paroles - et tu les respectes. Tu sais la puissance qui m'envahit lorsque tu passes tes bras autour de mon cou. Tu sais quand j'ai besoin de tendresse ou quand j'ai besoin d'être seul. Tu sais tant de moi et pourtant nous avons encore tellement de choses à construire. "Rêve de grandes choses, cela te permettra au moins d'en faire de petites" te dis-je souvent. Mais plus encore que le simple bonheur de me référer à Jules Renard, aujourd'hui j'ai envie de rêver encore longtemps avec toi à ces choses, petites et grandes, qui feront notre vie à venir. Oui nous perdrons encore bien des bases que nous croyions stables de notre construction, mais ce ne seront que pertes matérielles liées à la mesquinerie et à l'inimitié qui règnent dans certains de nos environnements… Les éléments essentiels, nous ne les perdrons pas, je t'en fais la promesse ! Je t'aime…

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 18:06

Aux fins d’un exercice de style et pour rendre hommage à un humaniste profond qui a disparu il y a déjà un quart de siècle, je me suis permis de m’associer à Daniel Balavoine, du moins à ses textes dont la puissance m’a toujours interpellée. Le but : lancer le SOS d’un terrien en détresse… Le 19 mars 1980, au 13H00 d’Antenne 2, Balavoine apostrophait François Mitterrand à propos de l’incompétence du monde politique. Trente ans, plus tard le constat est toujours d’actualité !

balaLa vie ne vous apprend rien ! Malgré le temps qui inlassablement défile vous êtes toujours là, avides de pouvoir, sans idéaux, dans vos belles voitures sombres, toujours acheteur de tout ce qui coûte le plus cher alors que ceux qui vous ont élu n’ont de sombre que leur avenir… Pendant des années je n'ai ramé sans escale que pour rencontrer un jour dans une salle des gens comme vous mais une belle soirée du printemps j’ai compris que cela n’en valait pas la peine, plus la peine… Que les miens d’idéaux s’étaient fait la belle devant vos stratégies et vos coups bas, devant l’hypocrisie d’un monde sans foi ! Vos évangiles ont fait de moi un non-croyant, un athée de la politique. Je ne suis pas un héros, mes faux pas me collent à la peau mais je les assume, libre d’aujourd’hui pouvoir vous dire ma pensée sans devoir penser à mes dires ! Alors, je crache la douleur des mots comme un exutoire à mon désespoir. Mais tous les cris, les SOS, partent dans les airs

Sans distinction de couleurs vos idéologies se confondent ; aujourd’hui de combat il n’est plus question juste de plaire au plus grand nombre, de séduire – agences de communication à l’appui – les masses pour mieux les duper. Une fois au perchoir vous voudriez sous la menace, nous fondre dans la masse, pour nous étouffer et pourtant partout dans la rue vous voulez qu'on parle de vous que l’on vous voit tel de grands hommes au service d’une nation, d’un état. Vous êtes petits hommes à votre seul profit ! Marre de voir la photo d’un peuple qui s’endort alors attention, le vent de la révolte se lève ; il souffle un reste de lueur, l'espoir de voir enfin un jour un monde meilleur. Nous avons compris que vous vous moquiez de nous, c’est à vous désormais de comprendre que nous avons compris ! Il est temps car à vouloir marcher sans comprendre vous serez vite fatigués et nous serons libres de tout voir, nous irons tous au hasard pour vivre libres et courir dans l'espoir… libres de tout voir même si nous savons que l'homme qui travaille ne sera pas de taille en face d'un pouvoir qui a tout prévu pour la bataille.

Dans l’attente, je lance le SOS d’un terrien en détresse perdu dans un univers qui n’est plus le sien. Et je cours, je me raccroche à la vie, je me saoule avec le bruit de vos discours vides, de vos promesses arides et de votre suffisant mépris. Au fond d'un blanc pays j’attends qu'un fou vienne me sauver la vie, me sortir d’un cauchemar dans lequel je suis enfermé. Je suis comme l’enfant assis qui attend la pluie qui lavera la politique de toutes ses vilenies accumulées au fil des années d’une dictature ploutocratique dans laquelle les qualités utiles sont la descendance, la richesse et la position sociale. Tandis que les lois ne font plus les hommes mais quelques hommes font la loi, je rêve de m’envoler, je voudrais voir le monde à l'envers si jamais c'était plus beau, plus beau vu d'en haut… Oui, m’envoler loin de cette médiocrité que vous avez faite vôtre. Et pourtant il faut vivre ou survivre, continuer d’avancer, nourri de l’espoir qu’ici c’est la révolution, que tous les mômes foutent en l’air les poubelles de la région pour crier leur désarroi face à un avenir vide des promesses que vous leur avez faites !

Arrivera le jour de notre jugement dernier, celui prononcé par le tribunal d’un peuple qui aura refusé d’être étouffé. Nous verrons alors Qui fait le mal et le bien, qui sera juge et qui sera assassin, qui sera laid qui sera beau, qui sera serf qui sera vilain, qui sera bas qui sera haut, quels sont vos idéaux ? Enfin ceux qui vous resteront… Ce jour la, je l’attends même si je sais qu’il est encore loin, mais il viendra alors je serai vieux et je pourrai crever je me chercherai un Dieu pour tout me pardonner ; je veux mourir malheureux pour ne rien regretter


En italique, les extraits des textes de Balavoine !

 

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 09:00

Pour le politologue flamand Lieven De Winter, la seule solution viable serait d'exclure la N-VA des négociations... C'est mon discours depuis le lendemain des élections du 13 juin !

exit.jpgDans la Libre Belgique de ce matin, le politologue flamand de l'Université Catholique de Louvain (UCL), Lieven De Winter, donne une interiew dans laquelle il affirme clairement que pour sortir de l'impasse politique dans laquelle se trouve la Belgique, il faut changer la donne autour de la table des négociations. Extraits choisis : "[...] la N-VA ne peut pas conclure un accord pour tant de raisons : 1° Un compromis équilibré ne sera jamais satisfaisant pour la N-VA. 2° Elle n'a pas le personnel suffisant pour occuper des cabinets, gérer l'Etat [...] 3° Il y a des gens dans le parti qui s'opposeraient à une participation au Gouvernement [...]"(1) confie le politologue flamand avant d'ajouter, "Si cela ne marche pas avec la N-VA, la seule alternative est un Gouvernement avec la sept partis actuels, moins la N-VA et avec les Libéraux du nord et du sud"(1)... Voila une interview qui me réchauffe le coeur ! C'est en effet le langage qui est le mien depuis plusieurs mois. L'on m'a dit que ce n'était pas envisageable, que la N-VA était incontournable parce qu'elle était le grand vainqueur des élections... Personne n'est incontournable ! Et puis, celui qui gagne une étape n'est pas forcément le vainqueur final du Tour de France ! La N-VA a remporté une étape le 13 juin dernier, mais la course est longue et elle n'en sera pas obligatoirement la gagnante finale... "Dire que la N-VA est incontournable dans le prochain Gouvernement est erroné !"(2) écrivé-je au  lendemain du scrutin, en me reposant sur l'évidence mathématique des chiffres sortis des urnes. Mais, quelques semaines plus tard, à la fin août 2010, alors que Bart De Wever et Laurette Onkelinx s'étaient affrontés verbalement et que le Président de la N-VA annonçait qu'il fallait aussi se préparer à l'éventualité de la fin de la Belgique, j'affirmais avec force qu'il fallait avoir le courage politique d'éjecter Bart De Wever des négociations. "Prendre son courage en mains dans ce contexte serait de dire : Basta, De Wewer on ne veut plus de toi ! Aujourd'hui, je pense qu'Elio Di Rupo, pour le bien de la Belgique - de toute la Belgique - doit se rendre chez le Roi et lui dire : Sire, les négociations avec la N-VA sont impossibles, il convient d'arrêter là et de de nommer un nouvel Informateur qui étudiera la possibilité d'une nouvelle coalition gouvernementale sans la N-VA"(3) noté-je à ce moment. Ce n'est rien moins que le même discours que tient, aujourd'hui, Lieven De Winter, le politologue de l'UCL !

Ce qui me semble une évidence depuis plusieurs mois semble aussi le devenir pour d'autres désormais. Bart De Wever prend la Belgique en otage depuis trop longtemps, il faut agir de manière forte en l'écartant purement et simplement, je le répète depuis longtemps.

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(1) N-VA "out", Libéraux "in", par Laurent Gérard, in La Libre Belgique, 7 janvier 2011, p. 6
(2) Hypothèse, par Olivier Moch, on Acta Diurna, 14 juin 2010
(3) De Wever... genoeg ! , par Olivier Moch, on Acta Diurna, 23 août 2010

 

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