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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 07:17

Réminiscences de rentrées des classes...

rentree.jpgJe me souviens de rentrées des classes pluvieuses ! Je ne sais pas pourquoi, lorsque j’y repense, mes rentrées des classes sont toujours maussades... Celles du primaire en tous cas ! Il est, évidemment, impossible que tous les 1er septembre compris entre 1975 et 1980 aient été pluvieux mais ma mémoire les associent irrémédiablement à la grisaille... Et pourtant, l’école reste quand même un lieu où se cultivent les bons souvenirs. Ainsi, j’ai encore dans un coin de ma mémoire l’image d’une petite espagnole aux yeux fripons et au nez mutin qui me faisait complètement craquer... déjà ! Gloria, c’était son prénom ! Je ne sais pas du tout ce qu’elle a pu devenir mais, j’aime à penser qu’aujourd’hui elle se souvient, elle aussi, de quelque rentrée scolaire...


Ah ces retrouvailles, sommes toutes, agréables avec les copains. Nos bavardages incessants dans la cour de récréation pour se narrer les vacances ; c’était à celui qui en rajouterait le plus pour prouver que ses vacances avaient été les plus belles... Puis sonnait la cloche ! Découverte d’un nouvel instituteur. Angoisse ! Allait-il être sympa ? Sévère ? C’est qu’il allait falloir vivre avec lui jusqu’au mois de juin suivant, au moins... Rapidement on était fixé ; globalement ils étaient plutôt agréables ces nouveaux mentors ! Je me souviens pourtant d’un, Monsieur Mariette, en dernière année primaire, qui était assez sévère ! Directement, il avait planté le décor, s’affirmant comme le maître à bord et remettant déjà à leur place deux ou trois trublions qui, du haut de leur 11 ou 12 ans, essayaient de l’impressionner, pensant tout savoir... Je dois avouer que c’est de Monsieur Mariette que je garde le meilleur souvenir. Il a participé activement au développement du caractère qui est le mien aujourd’hui ; têtu, obstiné et curieux de tout !

Ainsi, je me souviens - c’était au cours des premières semaines de cette dernière année du cycle primaire - d’avoir évoqué dans une rédaction «des amours éternelles». Lors de la correction orale, Monsieur M. me demanda pourquoi j’avais féminisé mon amour ? «Ne dit-on pas un amour de vacances ?» l’entend-je encore me dire... Si, mais la langue française est d’autant plus belle qu’elle est remplie d’exceptions ! Aussi savais-je déjà que si l’amour est masculin au singulier, il se féminise au pluriel... Pendant de longues minutes, il essaya de me faire changer d’avis devant une classe qui se mit à son diapason. Finalement, il salua mon opiniâtreté et annonça à la classe médusée que j’avais raison... Seul contre tous ! Aussi n’ai-je jamais oublié depuis ce jour que orgue, délice et amour sont les seuls mots français qui changent de genre en changeant de nombre ! Il m’arrive encore de croiser Monsieur Mariette au détour d’une exposition ou dans un commerce. Jamais je ne manque d’aller à sa rencontre pour le saluer. Il ne saura jamais combien je le remercie pour l’enseignement qu’il m’a donné.

Mais trêve de digressions, revenons à la rentrée des classes. La distribution du fameux «journal de classe» (ndlr existe-t-il aussi en France ou au Québec ?) dans lequel allaient être consignés toutes les occupations journalières, tous les devoirs à faire et, bien entendu, les notes - bonnes ou mauvaises - récoltées tout au long de l’exercice scolaire. Cette distribution était accompagnée des sempiternelles recommandations de protection et de surveillance dudit livret auquel nous devions tenir autant qu’à la prunelle de nos yeux. Restait alors, au terme de cette première journée d’école, à aller se fournir en matériel nécessaire pour travailler dans de bonnes conditions. Les achats scolaires ne se faisaient pas, alors, un mois avant la rentrée comme c’est le cas désormais... Non, l’instituteur nous communiquait une liste du matériel utile et nous allions, avec les parents, chercher ce maudit rapporteur qui nous ferait suer sur un calcul d’angle quelques semaine plus tard ; ce satané compas qui ne manquerait pas de nous piquer le doigt, maladroit que nous étions ; cette belle latte en bois qui ne tarderait pas à être griffonnée de mots aussi inutiles désormais qu’importants sur le moment... Ah que j’aimais ce moment où devant un rayon bien achalandé il me fallait choisir mon stylo, mon plumier et mon feutre rouge ! Nous n’avions pas beaucoup d’argent à dépenser, d’autant moins que nous étions trois à rentrer à l’école à des degrés divers mais, chaque année, mes parents nous permettait de choisir un petit objet futile - gomme en forme de tomate, cartouches d’encre mauve ou cahier de brouillon avec un Mickey sur la couverture - qui nous aiderait (? ? ?) à affronter cette nouvelle dure année scolaire qui se présentait. Que de beaux souvenirs...

Finalement, les rentrées scolaires, c’est encore 30 ans après qu’on les apprécie le mieux !

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 08:57

Un énorme merci à La deux (RTBF) d'avoir diffusé un vrai bon film... Dans la médiocrité des programmes de vacances, c'était une bouffée de bonheur !

bobby-long.jpgIl reste quelques bonheurs télévisuels possibles ! Si si, on peut encore passer au travers des séries américaines répétitives et sans originalité, de la télé-réalimerde, des films hollywoodiens sur-Fxisés ou des autres nanars chers aux chaines commerciales qui vendent, plus que jamais, du temps de cerveau humain disponible(1) aux annonceurs publicitaires pour trouver un moment de grande qualité à la télévision. Ce fut le cas, hier soir, sur La Deux, la seconde chaine de la RTBF, avec la diffusion d'un film aussi peu connu qu'exceptionnel : A love song for Bobby Long. Face au vide sidéral et sidérant de la grille des programmes, nous avions décidé avec ma tendre et douce de regarder ce film de Shainee Gabel que ni l'un ni l'autre ne connaissions. Avec un livre à portée de main au cas où... mais de prendre ce livre il ne fut jamais question tant cette adaptation d'un roman de Ronald Everett Caps fut agréable à voir. Un pur moment de poésie cinématographique divinement servi par un John Travolta remarquable qui prouve à l'envi qu'il est capable d'être un excellent acteur lorsqu'on le sort des navets survitaminés à l'adrénaline suintante et aux dialogues taillés à l'arme à feu et une Scarlett Johansson qui s'affiche de plus en plus comme une grande dame du cinéma américain. A travers une histoire simple de maison héritée, Gabel entraîne les spectateurs dans une longue balade introspective de trois personnages un peu paumés mais terriblement attachants qui vont apprendre à s'apprivoiser, une balade servie par une litanie de références à la riche littérature américaine.

Si l'action est plutôt lente, jamais le film ne se tire en longueur tant il est bien narré et ponctué de pointes d'humour amer et de respirations musicales bluesy qui fleurent bon le bluegrass, l'Alabama shuffle et le Honky tonk. A love song for Bobby Long repose sur une ambiance et une photographie remarquables mais aussi, c'est important, sur un jeu d'acteurs. Loin sont les effets spéciaux, les cascades et les coups de feu... c'est aussi pour ça que c'est un excellent film. Oui, on peut faire du cinéma sans hémoglobine, sans Fx et sans poursuites de bagnoles. C'est certainement beaucoup plus difficile mais c'est tellement meilleur ! Car un mauvais scénario, un mauvais jeu d'acteur et une mauvaise réalisation peuvent toujours être sauvés par des effets spéciaux ou des affrontements aussi manichéens que sanglants, il suffit d'entrer dans n'importe quel cinéma pour s'en rendre compte. Mais lorsqu'un réalisateur décide de se passer de tout ce superflu, il se lance un grand défi, celui de faire un bon film qui repose sur un scénario et un jeu d'acteurs. Shainee Gabel y parvient parfaitement avec A love song for Bobby Long !

Je dois dire que la RTBF propose, cet été, une grille de programme plutôt attrayante avec de bons films (il y eut aussi récemment La Machine a explorer le temps, l'excellente adaptation du roman de H.G. Wells par George Pal) et des émissions inédites bien ficelées. Franchement, je ne peux qu'encourager le Directeur des Programmes des chaines de RTL-TVI (celui de TF1 aussi d'ailleurs) à s'en inspirer au lieu de nous livrer des nanars sans intérêt ou des émissions voyeuristes à la limite - du mauvais côté de la limite ! - de la déficience mentale ! Evidemment, ce genre de programme est tellement plus facile à appréhender; plus que jamais la télévision est le fast-food de la culture... ce n'est pas bon mais c'est tellement plus facile ! Mais dans le triste menu du fast-food télévisuel on trouve parfois un petit plat fin et savoureux comme A love song for Bobby Long. Ce qui est effrayant c'est que ce film a fait un bide total au moment de sa sortie en salle, en 2006, et qu'il aura fait un autre bide lors de sa diffusion, hier, à la télévision. C'est vrai qu'il nécessite un petit effort de compréhension et que cet effort intellectuel bien peu de monde est encore disposé à le fournir finalement !

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(1) Rappelons-nous que c'est ainsi que Patrick Le Lay, ancien Président de TF1, définissait la mission de sa chaine de télévision... une vision extensible à l'ensemble des chaines commerciales !

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 09:17

Le charbonnage de Cheratte est livré au temps, aux squatteurs et aux pilleurs… C’est là que mon grand-père trouva son eldorado comme beaucoup d’autres immigrés.

hasard.jpgEn feuilletant la presse j’ai appris, ce matin, une nouvelle qui m’attriste profondément, l’état d’abandon de plus en plus prononcé du charbonnage de Cheratte. Fermé depuis octobre 1977, le charbonnage du Hasard dresse encore ses imposants bâtiments sur la grand’route de Cheratte-bas mais, selon l’intervention d’un Conseiller communal ECOLO, il s’apparente de plus en plus à un chancre, squatté et livré au pillage de matériaux. Le problème est que les lieux appartiennent désormais à un privé et que l’on ne semble pas pouvoir y intervenir aisément. Cela me rend triste de voir le Hasard s’étioler dans les faits et dans les mémoires. Non pas que je tienne à tout prix à garder debout les ruines de ce complexe abandonné dans mon village depuis plus de trente ans mais surtout parce que ce charbonnage représente cet eldorado que mon grand-père était venu trouver, dans les années ’20, de sa Pologne natale. J’ai grandi à Cheratte et bien que je n’y habite plus depuis deux ans, ce village garde une place à part dans mon cœur. Plus tellement le Cheratte d’aujourd’hui que je trouve déserté de son âme mais bien le village où j’ai joué dans les rues ou sur le terrain de foot perdu dans la campagne, le village dans lequel je me baladais, des heures durant, avec mon grand-père tout en l’écoutant me raconter les péripéties de l’Occupation cherattoise pendant la guerre (ndlr il était déserteur de l’armée allemande car, né Polonais dans un land allemand, il avait refusé de répondre à l’ordre d’incorporation quand la seconde guerre mondiale éclata) ou encore sa vie au charbonnage du Hasard.

C’est à pied que mon aïeul quitta donc son Allemagne natale en 1928. Né Polonais, en 1912, à Grosszossen, dans le Royaume de Saxe, non loin de ce qui était encore la Tchécoslovaquie alors, il migra rapidement vers Dantzig (arrachée à l’Allemagne en 1919 par le Traité de Versailles pour devenir la Ville Libre de Dantzig avant de retourner dans le giron polonais, sous le nom de Gdansk après la seconde guerre mondiale) pour trouver du travail dans cette ville nouvelle que la Grande Guerre venait de placer sous l’égide de la Société des nations. Mais il n’entrevoyait aucune perspective d’avenir autre que celle de devenir garçon de ferme, c’est pourquoi il décida rapidement d’émigrer vers d’autres cieux plus cléments. Il avait entendu dire que les charbonnages de Belgique cherchaient de la main d’œuvre, il prit donc, avec quelques camarades de route, le chemin vers l’ouest traversant, à la marche, l’Allemagne pour entrer en Belgique via Aix-la-Chapelle et La Calamine. Plusieurs semaines de voyage pour aboutir finalement dans une région liégeoise alors de cocagne où il pu trouver du travail et fonder une famille. A cette époque, le bassin minier liégeois était encore prolifique, exploité depuis le Moyen-âge, il ne commença à péricliter que dans les années ’50. Depuis l’aube de 1930 jusqu’à fin de sa carrière, Waclaw Moch travailla donc à la mine, au charbonnage du Hasard, à Cheratte…

Le Hasard cessa définitivement ses activités le 31 octobre 1977 et depuis tous les bâtiments ce cet imposant complexe minier sont à l’abandon. Racheté voici quelques lustres par un homme d’affaire flamand ou hollandais qui projeta d’y faire 1001 choses différentes, ses ambitions furent longtemps contrecarrées car deux bâtiments de l’ensemble sont classés. En juin 2008, l’homme d’affaires avait introduit une nouvelle demande de permis d’urbanisme à la Ville de Visé, six mois plus tard au début de l’année 2009, la presse évoquait la démolition des parties non-classées… Il était question alors d’y développer du logement social et des PME. Deux ans plus tard, tout est toujours en l’état et l’abandon se renforce sur le terrain et dans les esprits. Je ne veux nullement jouer au rétrograde nostalgique qui souhaite le maintien à tout prix du charbonnage de Cheratte ; non les souvenirs que j’ai d’avec mon grand-père sont dans ma tête et dans mon cœur, pas dans les murs du Hasard. Mais je ne peux m’empêcher de penser que, s’il avait encore été vivant, mon vieux mineur d’aïeul n’aurait pas pu retenir une larme de voir ainsi solitaires et abandonnées les ruines de son eldorado… Après tout, avec un peu de bonne volonté, on aurait pu le restaurer et le recycler plutôt que de le laisser partir à vau-l’eau ce précieux symbole de l’activité minière de Cheratte. Mais les symboles parfois cela coute cher et ce n’est pas souvent la priorité des décideurs.

Il m’arrive aussi de penser que le destin cela tient à peu de chose… Si, en 1928, à Aix-la-Chapelle mon grand-père avait pris vers le nord, vers la région de Heerlen, aux Pays-Bas, elle aussi riche d’un charbonnage florissant plutôt que de poursuivre vers le sud-ouest vers La Calamine et la Basse-Meuse et bien probablement serais-je né Hollandais et aurais-je eu une vie totalement différente. Je n’aurais jamais rencontré ma compagne, celle qui partage ma vie depuis 20 ans, dont le père quitta lui aussi son Italie natale pour venir travailler dans les mines belges quelques années plus tard… Ca tient à peu de chose la vie, finalement !

Le charbonnage de Cheratte sur Forbidden Places

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 12:28

Marre d'être l'otage du TEC Liégeois !

tec-copie-1.jpgEt hop, c'est reparti pour un tour... C'est la septième grève depuis le début de l'année pour le TEC Liège-Verviers. Sept grèves alors qu'on a pas encore écoulé six mois, la fréquence est plus que mensuelle, cela devient une (mauvaise) habitude. Enfin, cette fois, on était au moins mis au courant la vieille de l'arrêt de travail... On doit prendre cela comme un progrès ! Quoi qu'il en soit, c'est encore une fois les travailleurs qui ont choisi de poser un acte éco-citoyen ou économique, parce qu'ils n'ont pas les moyens d'entretenir une voiture, ainsi que les étudiants en pleine période d'examens qui ont été pris en otage et qui ont du se débrouiller pour arriver où ils devaient aller. C'est intolérable ! Ca l'est d'autant plus pour tous les abonnés qui payent un forfait au mois ou à l'année et qui sont ainsi spoliés d'une journée de transport qu'ils ont payées. Oui, je sais qu'il existe une possibilité de se faire rembourser au TEC de ces journées perdues mais y parvenir s'assimile à une parcours du combattant fait de files interminables et de paperasserie administrative pour récupérer une poignée de centimes... Peine perdue ! Que les chauffeurs et les techniciens du TEC revendiquent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, je leur concède volontiers encore que je sois persuadés qu'ils soient loin d'être les travailleurs les moins bien lotis en matières de salaires et de conditions de travail dans notre pays. Mais, que pour ces revendications ils prennent les voyageurs en otage est inadmissible ! De l'inadmissible qui deviendrait même scandaleux si, comme je l'ai entendu ce matin, la grève devait perdurer jusqu'au 22 juin prochain, date de la prochaine réunion entre les syndicats et la direction du TEC. Une semaine complète de grève en pleine période d'examen, inoui ! La Wallonie doit être la seule région civilisée de la planète ou ce genre de choses peut se produire...

J'en ai réellement marre de ces crétins qui se trompent de cible et qui prennent des innocents en otage. C'est une réelle forme de lâcheté; après tout, s'ils veulent se faire entendre qu'ils agissent contre ceux qu'ils tiennent pour responsables de leur situation et non pas contre d'autres travailleurs et des étudiants qui ne demandent qu'à pouvoir bénéficier d'un service pour lequel ils payent. Sept arrêts de travail - et ce n'est pas le dernier, j'en suis sûr ! - depuis janvier et toujours pas d'avancées dans leurs revendications, quelles qu'elles soient. Il est largement temps que les syndicalistes, les techniciens et les chauffeurs du TEC commencent à comprendre que leurs méthodes ne sont pas bonnes ? J'ai en mémoire, il n'y a pas si longtemps, une grève qui avait éclaté parce que des chauffeurs se plaignaient d'être victimes d'un manque de respect de la part de la clientèle... Ce n'est pas en prenant cette clientèle en otage que les travailleurs du TEC, qu'ils conduisent les bus ou qu'ils en assurent la maintenance, parviendront à gagner ce respect qui leur manque. Mais aussi, qu'attendent les autorités de tutelle pour réagir un tant soit peu à cette situation ? Un huissier et des astreintes pour assurer un service minimum, par exemple, ce ne serait pas une première... 

Ce matin, en passant près de mon arrêt de bus, j'ai vu le 74 de De Lijn, la société flamande de transports en commun, qui relie Liège à Tongres. Je suis monté dedans et j'ai demandé au chauffeur si je pouvais bénéficier d'une partie du trajet qui me rapprocherait de mon lieu de travail avec mon abonnement. Il m'a gentiment répondu que lorsque son bus roulait sur un parcours commun avec une ligne du TEC, mon abonnement me permettait de monter aussi dans son bus. Je l'ai fait et De Lijn m'a déposé à quelques centaines de mètres de mon bureau. Merci De Lijn ! Heureusement que l'on peut compter sur la fiabilité flamande... même en Wallonie. Cela me fait esquisser un sourire, sous cape parce que la situation n'est pas vraiment drôle, car cela survient au lendemain de la publication d'une très sérieuse étude de la KUL (Katholiek Universiteit Leuven) qui démontre que, contrairement aux clichés et aux idées reçues, le Wallon serait moins "paresseux" et "plus travailleur" que le Flamand. Certainement une étude qui a été réalisée par des bureaucrates universitaires qui ne connaissent pas les réalités du terrain... En tous cas, les techniciens et les chauffeurs du TEC infirment totalement, depuis le début de l'année, les résultats de cette étude de la KUL !

S'il n'y avait pas des contingences bassement logisitiques - les quelques centaines de mètres à faire sous la pluie certains jours, notamment -, c'est volontiers que je prendrais De Lijn au quotidien plutôt que le TEC Liège-Verviers. Aaah si De Lijn acceptait de modifier légèrement sa ligne 74 pour passer par l'arrêt qui dessert mon lieu de travail... mais après tout, je bosse dans une grosse boite où nous sommes plusieurs centaines à prendre le bus tous les jours, que perdrait-on à demander cette légère modification à De Lijn ? Pas grand chose finalement...

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 11:03

Il s'en est passé des choses en un an... sauf dans la sphère politique belge !

belgium.jpgLe 13 juin 2010, la Belgique était appelée aux urnes et elle dégageait deux tendances diamétralement opposées : une Wallonie sociale et à gauche; une flandre nationaliste et à droite ! Au lendemain du scrutin on pouvait déja s'attendre à d'âpres négociations, longues et compliquées. Les plus optimistes entrevoyaient un gouvernement pour la rentrée, en septembre, les plus pessimistes n'y croyaient pas trop avant la Noël... Les différents scenarii laissaient présager des négociations de six mois. Mais voilà, un an après on est toujours sans gouvernement de pleins pouvoirs, la Belgique a battu le record du monde d'un pays sans gouvernement. Dès la fin du mois d'août 2010, on pouvait pourtant imaginer que la voie vers un gouvernement s'apprenterait à un chemin de croix. A cette époque déja, Bart De Wever brandissait son étendard de la séparation dans les colonnes de la Libre Belgique, il y faisait clairement allusion à la fin de la Belgique si les négociateurs francophones n'accédaient pas à ses caprices... euh à ses revendications. Il était évident, dès ce moment-là, que De Wever n'est pas un homme de compromis et que son unique objectif poujadiste est de satisfaire aux promesses populistes qu'il a fait à son électorat pour sortir vainqueur des urnes. Depuis dix mois, les négociations tournent en rond et chaque fois qu'un nouvel élan semble possible, il se trouve un ponte de la N-VA - voire parfois du toutou CD&V - pour casser cet essor naissant par des déclarations inconvenantes, des blocages divers ou des agressions verbales. Un an après les élections, on n'est nulle part et l'on ne semble pas prêt d'aller quelque part !

En douze mois, la terre a continué de tourner, les choses ont suivi leurs cours partout, sauf dans le microcosme politique belge que la N-VA transforme de plus en plus en un salmigondis effarant dont une part croissante de la population se désintéresse. L'Espagne a gagné la Coupe du Monde de football, le Var s'est noyé sous des trombes d'eau, le G8 s'est réuni deux fois (à Huntsville fin juin 2010 et à Deauville en mai 2001), la Belgique a assuré la Présidence tournante de l'Union Européenne, l'Espagne a gagné le Tour de France, la Russie a eu très chaud sous une canicule exceptionnelle, 33 mineurs chiliens sont restés bloqués 120 jours à 700 mètres sous la terre avant d'être secourus, la Guerre d'Irak a officiellement pris fin, une Exposition Universelle complète s'est tenue à Shanghai, la France est descendue dans la rue pour qu'on ne touche pas à sa retraite, les Etats-Unis ont renouvelé et installé un tiers de leur Chambre des Représentants et fait basculé la majorité démocrate dans l'autre camp, l'Estonie est entrée dans la zone euro, Wilileaks a lâché tout un flot de documents secrets sur la toile, la Hongrie a succédé à la Belgique à la tête de la Présidence tournante de l'Union Européenne, Davos a accueilli un ènième Forum économique mondial, la Tunisie a connu sa Révolution sa Révolution de Jasmin, l'Egypte, la Syrie, la Libye ont suivi le mouvement, une partie du Japon a été balayée par un tremblement de terre couplé à un tsunami, l'île comorienne de Mayotte a été départementalisée, l'Espagne a gagné le Tour d'Italie, Jean-Paul II a été béatifié, Ousama Ben Laden a été mitraillé et DSK a été épinglé, l'Espagne à gagné Roland-Garros, l'Angleterre s'est mise en quatre pour son beau mariage princier, l'Espagne a gagné la Ligue des Champions... Bref la vie a suivi son cours !

D'autres pays sont allé aux urnes depuis ce fameux 10 juin 2010, sans être exhaustif on peut évoquer le Brésil (octobre 2010), le Portugal (janvier 2011), le Bélarus (décembre 2010) et le Centrafrique (janvier 2011) qui se sont choisis un nouveau Président; le Kosovo (décembre 2010) qui a renouvelé son Parlement; la France (mars 2011) et l'Espagne (mai 2011) qui ont voté pour les municipales... toutes les majorités dégagées par ces différents scrutin sont installées ou en passe de l'être. Le Pérou a cumulé, le 5 juin dernier, les scrutins présidentiel et législatif, les différents niveaux de pouvoir seront mis en place les 26 et 28 juillet prochaine, soit  51 et 53 jours après l'élection. Et que dire du cas épineux de la Côte d'Ivoire et du feuilleton Gbagbo ? Ce dernier refusant de reconnaitre sa défaite lors des élections du 31 octobre 2010 s'est accroché au pouvoir jusqu'en avril, 162 jours d'imbrogilo total... c'est quand même deux fois moins longtemps que chez nous où après 365 jours c'est toujours l'impasse !

Toutes ces choses, et bien d'autres, se sont passées en un an, il y a même eu une Semaine du Cerveau... si si, c'était du 14 au 20 mars derniers. Paraitrait-il que certains décideurs belges ont fait don du leur ! Enfin tout ça ne concerne pas trop Bart De Wever qui, rappelez-vous, évoquait, en septembre passé, une partie charnue de son anatomie(1)... C'est assurément l'endroit le plus intelligent de son être, celui en tous cas il convient de s'adresser si l'on veut une réponse concrète du leader de la N-VA !

La moralité de cette triste fable, que l'on pourrait titre Le Coq et le Lion pour paraphraser La Fontaine, pourrait être qu'à force de se tourner autour sans s'apprivoiser ou sans se bouffer, le Lion et le Coq perdent leur crédibilité aux yeux des autres animaux de la jungle et de la basse-cour...


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(1) De Wever : "Ce qui est derrière mon dos c'est mon cul", à la RTBF, 3 septembre 2010

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 19:54

Le mouvement de grève sauvage d'aujourd'hui est le sixième depuis janvier; cela devient plus qu'agaçant, d'autant plus que c'est inutile !

tec.jpgJe n'ai pas l'habitude, dans ces pages, de tonitruer sur les grèves en général bien que je trouve que si la grève est un droit, elle est devenue un droit très mal utilisé. Mais cette grève sauvage menée aujourd'hui par les services techniques du TEC a dépassé les limites de l'acceptable. Le motif ne valait pas - et le Ministre Henry l'a également souligné - une grève sauvage qui a pris en otage quelque 138.000 personnes usagées régulières du TEC liégeois. Il s'agit de la sixième grève du TEC Liège depuis le début de l'année, on tourne à la moyenne d'une grève par mois ce n'est plus un moyen de pression cela devient une habitude, presque une banalité. Mais certaines banalités n'en restent pas moins, pour autant, des sources d'ennuis et de stress inutiles... Ce fut encore le cas avec ce mouvement aussi sauvage que barbare d'aujourd'hui.

Concrètement, on nous serine depuis des années qu'il est préférable de privilégier les transports en commun à la voiture personnelle, que c'est mieux pour la planète, que c'est mieux pour les générations à venir... et tout le saint-frusquin. Alors, depuis que je suis devenu citadin, en 2009, j'ai cédé à ces appels répétitifs et j'utilise le bus autant que faire se peut et, notamment, pour aller au boulot. Je n'utilise plus ma voiture que lorsque qu'il est très difficile ou impossible de faire autrement. C'était le cas aujourd'hui, je faisais partie d'un jury de Travail de Fin d'Etudes à la Haute Ecole de la Province de Liège, en matinée, avant de devoir repasser par le centre-ville de Liège pour récupérer des documents et retourner au boulot sur les hauteurs de Liège. Bref par facilité, j'avais décidé d'utiliser ma voiture plutôt que de passer de bus en bus et de perdre trop de temps. La grève sauvage du TEC ne m'a donc pas touché directement, si ce n'est que la circulation était probablement encore un peu plus dense qu'à l'accoutumée. Lorsque je suis arrivé à la Haute Ecole de la Province, il règnait une agitation assez importante malgré que les couloirs étaient plus vides que ce que j'imaginais. Evidemment, plusieurs étudiants n'étaient pas encore parvenus à rejoindre l'école, pris au dépourvu qu'ils étaient par l'absence totale de bus. Les premières défenses de TFE ont débuté avec cinquante minutes de retard à cause de cette grève sauvage renforçant ainsi encore un peu plus le stress déja présent  des étudiants qui défendaient devant un jury le fruit écrit de l'ensemble de leur cursus supérieur. J'ai vu une étudiante arriver essouflée et avec des larmes qui perlaient aux yeux car elle était en retard et pensait qu'elle avait raté sa défense de TFE à cause de ce retard. On a du lui expliquer qu'elle n'était pas responsable et qu'il ne serait pas tenu compte de cette arrivée tardive, qu'elle pourrait défendre son travail normalement, si l'on peut admettre qu'une situation de stress déja importante et encore renforcée par des crétins grévistes soit normale...

Car c'est bien de cela qu'il s'agit, plus encore que les travailleurs - employés et ouvriers - qui se rendaient au travail, ce sont les étudiants en examens et, surtout, ceux qui défendaient leur Travail de Fin d'Etudes qui ont été pris en otage par le TEC liégeois. Et ça c'est inadmissible ! Mais ce qui est inadmissible devient carrément choquant lorsqu'un délégué de syndicat de la CSC déclare, sur les ondes de RTL-TVI(1), que ce mouvement sauvage ne prend pas les étudiants en otage. Il faut qu'il redescende sur terre ce type ! Des étudiants par centaines ont bel et bien été pris en otage par le TEC ce mercredi 8 juin 2011, n'en déplaisent aux délégués de syndicat qui osent soutenir le contraire. Lorsque l'on empêche des étudiants en examen ou qui, comme je l'ai vu, d'accéder à leur école pour défendre leur Travail de Fin d'Etudes dans de bonnes conditions, il y a bien prise d'otages, il est indécent de soutenir le contraire ! Il y a, par ailleurs, un véritable hiatus entre la position des syndicats du TEC et celle des usagers; les premiers disent que le mouvement est justifié et qu'ils ne prennent pas les usagers en otage, les seconds hurlent leur ras-le-bol de ces grèves sauvages et d'être les dindons de la farce. Il est grand temps que les travailleurs du TEC - qui prévoient d'ailleurs un nouveau mouvement de grève pour le mercredi 15 juin ! - se rendent compte que ce n'est pas en pénalisant les usagers qu'ils parviendront ni à leurs fins ni à se faire soutenir dans leurs revendications. Si leur combat est justifié - et cela reste à voir -, leur cible est erronée !

Je me souviens d'une grève sauvage en plein mois de juin lorsque j'étais moi-même étudiant. C'était à l'aube des années nonante, je passais un examen oral à la Haute Ecole de la Province de Liège. C'était en fin de matinée. En sortant de cet examen, j'apprends que les chauffeurs du TEC ont débrayé et qu'il n'y aurait pas de bus cet après-midi là... Quinze kilomètres à faire pour retourner chez moi, pour étudier pour le lendemain, pas de bus et pas d'autre alternative que de prendre un taxi ou de retourner à pieds. Pas les moyens, comme étudiant, de m'offrir le taxi, dès lors c'était parti pour quinze bornes de trotte... Trois heures pour rentrer chez moi au lieu de la traditionnelle demi-heure en bus ! Je suis rentré en fin d'après-midi, épuisé par cette marche forcée et la fatigue physique est venue se greffer à la fatigue mentale car les examens étaient déja bien entamés. La motivation pour étudier était fortement retombée et il a fallu aller chercher très loin les ressources pour réussir l'examen du lendemain... Je constate que 20 ans plus tard, les choses n'ont pas changer et que le TEC pénalise toujours des innocents. Cela relève de la bêtise voire de la méchanceté !

Comme tous les usagers du TEC, je commence a en avoir assez de ces mouvements aussi répétitifs qu'inutiles. La meilleure preuve qu'ils sont inutiles c'est justement qu'ils sont répétitifs... Si les grèves du TEC étaient efficaces, les choses auraient changé et il n'y aurait pas besoin de refaire grève ! Alors chauffeurs du TEC, techniciens du TEC, syndicats du TEC, faites un effort et, même si cela va être très dur pour certains d'entre-vous, devenez intelligents et cessez de nous casser les couilles !

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(1) voir la vidéo du reportage sur le site de RTL-TVI

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 10:43

Liège doit accueillir l'Exposition Universelle de 2017, elle a tout à y gagner...

Liege-2017.jpgLiège est la capitale économique de la Wallonie. Depuis le début des années 2000, elle met en oeuvre une politique de reconversion ambitieuse portée par des grands projets d'envergure (Gare Calatrava-Guillemins, Grand Curtius, Médiacité, Crowne Plaza...) qui concourent à sa Renaissance. Liège fut ville industrielle, elle devient ville culturelle. Le point d'orgue de cette reconversion culturelle doit être l'Expo de 2017, un événement d'ampleur mondiale dont les retombées financières, économiques, culturelle et sociales sont exceptionnelles... sans parler de la reconnaissance internationale. Liège dispose d'atouts économiques indéniables comme le Port Autonome (3è port fluvial européen en termes de tonnages), la Gare des Guillemins, Liège Airport (8è aéroport de fret en Europe), noeud autoroutier vers la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Angleterre (via la malle d'Ostende)... L'Etude Cushman &Wakefield montre que Liège est la région la plus attractive d'Europe en matière de logistique !

Une Exposition Internationale permet au pays organisateur d'inviter, dans la ville qui accueille l'événement, tous les pays du monde. Ceux-ci viennent y présenter leur savoir-faire, leur technologie, leurs avancées pour le développement de l'humanité. On distingue l'Exposition Universelle (qui a lieu tous les cinq ans, la prochaine en 2020) et l'Exposition Internationale (sans périodicité fixe mais toujours entre deux Expositions Universelles). La toute première Exposition Universelle a eu lieu à Londres, en 1851, la première Exposition Internationale reconnue en tant que telle s'est déroulée en 1908, à Marseille.

L'Expo de 2017 sera donc une exposition internationale; il ya deux villes en compétition : Astana, la capitale Kazakhe, et Liège, la capitale économique de Wallonie. La lutte pour l'obtention sera dure tant Astana est une ville à fortes ressources économiques mais Liège a des atouts et doit croire en ses chances. Elle doit être soutenue dans sa démarche, tous les Liégeois, tous les Wallons, tous les Belges se doivent de soutenir la candidature de Liège pour que l'Exposition Internationale de 2017 ait lieu dans la Cité Ardente ! D'aucuns disent que Liège n'a pas le moyens et les infrastructures pour accueillir cet événement planétaire. Il convient de les contredire ! Liège peut accueillir l'expo Internationale, elle se donne les moyens de le faire et les retombées de cette organisation valent largement l'investissement qu'elle génère... Liège a déja accueilli une Exposition Universelle (1905) et deux Expositions Internationales (1930 et 1939); elle peut et doit accueillir celle de 2017 !

En effet, la tenue de cette Exposition Internationale à Liège permettra :
- de mettre en valeur les atouts économiques, scientifiques, culturels de toute la Belgique, ainsi que les success-stories de notre pays;
- de positionner la Belgique de façon générale (mais aussi Liège de façon plus particulière) au niveau international;
- de matérialiser la réussite de la mutation de Liège.

Acta Diurna vous invite à soutenir la candidature de Liège pour l'Exposition Internationale de 2017. Apportez votre soutien en signant pour => Je signe pour

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 11:18

Ou la notion d’une intelligence au mètre carré…


but.jpgL’intelligence est, assurément, un concept nébuleux ! Ainsi nous sommes tous persuadés d’en être pourvu, y compris ceux dont le désert cérébral est aussi aride le Sahara. Et pourtant, un constat s’impose, cela ne fait pas diminuer le nombre de cons qui nous entoure ! Si l’on s’en réfère à Bob(1), l’intelligence est la faculté de comprendre par la pensée ; mais aussi l’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle… Fichtre ! Nous voilà déjà plus intelligent maintenant que nous savon cela. Il s’en trouve encore pour croire que l’intelligence est forcément liée aux études. J’ai en mémoire une stagiaire universitaire en dernière année qui était capable d’expliquer en détail les théories de Lasswell, Shannon, Weaver, Jakobson ou Newcomb mais qui était totalement inapte à trouver un numéro de téléphone pour mener à bien le travail simple qui lui avait été confié. Et dire que quelques semaines plus tard cette charmante demoiselle allait être licenciée en communication… Si c’est ça l’intelligence, on n’est pas sauvé ! Mais alors qu’est-ce que l’intelligence ? Il en existe une forme théorique, c’est certain. Elle se trouve dans les livres, dans les leçons, dans les laïus professoraux et s’apparente plutôt à une connaissance générale et variée. La stagiaire mentionnée plus haut en était bel et bien dotée. Il existe aussi une forme d’intelligence empirique qui nous permet, par exemple, de savoir que poser la main sur une plaque de cuisson qui fonctionne à pleine puissance n’est pas sensé. On peut encore évoquer la promptitude à réagir que certains peuvent développer face à une situation aussi inattendue que subite ; la débrouillardise et l’esprit d’à propos sont aussi des formes d’intelligence. Mais alors, s’il existe plusieurs formes d’intelligence, comment peut-on expliquer le nombre de cons environnants ? A ce propos, j’aimerais développer une théorie qui m’est propre mais qui se confirme, à mes yeux en tous cas, un peu plus au quotidien.

L’intelligence globale est une somme donnée des différentes formes d’intelligences reprises précédemment répartie dans l’air d’un espace déterminé. Et au plus il y a de personnes dans cet espace, au plus l’intelligence ambiante diminue, se répartissant plus ou moins également quant aux nombres d’individus présents ! On peut allègrement résumer cette théorie ainsi : plus on est, plus on est con ! Des exemples ? Les joueurs de football… Le type qui va jouer son match de foot, sur le chemin, dans sa voiture il a l’air tout à fait normal ; si cela se trouve, il écoute même Mozart, Bach ou Brel sur son autoradio. Lorsqu’il arrive dans les vestiaires et qu’il retrouve ses congénères, cela se corse déjà un peu plus… Premiers airs dits de motivation «On va les niquer, on va les niquer…» voire même dans certains cas poussés à leur paroxysme concours d’appendices mâles à celui qui aura le plus avantageux… Mais la théorie que je développe se matérialise davantage au moment du but inscrit. Onze andouilles se jetant les unes sur les autres en émettant des borborygmes qui effraieraient un singe de laboratoire, s’embrassant, se frottant… éphémère orgasme footballistique. Cette scène de joie se passe, dans la majorité des cas, sur deux mètres carrés donc un espace réduit où la somme d’intelligence donnée est minime et répartie sur onze bonshommes. Le spectacle confirme que l’on a à faire à des cons et, par corollaire, donne du poids à ladite théorie.

Un autre exemple, les armées ! Des milliers de cons habillés quasiment de la même façon et prêt à obéir aux injonctions données à l’ensemble par un seul d’entre eux. La théorie peut aussi se confirmer dans certains rassemblements de créatifs qui se réunissent pour brainstormer persuadés que cette mise en commun accouchera forcément de quelque chose de plus fort. Que nenni ! Une grande partie des publicités télévisuelles est confiée à ces brainstormeurs fous et la médiocrité de la plupart d’entre elles appuie un peu plus encore le raisonnement qui est l’objet de ce texte. Quand plusieurs créatifs se réunissent pour imaginer les dernières pubs pour Axe Dry, Orangina ou Free, je crie au manque d’intelligence tant le produit fini est lamentable. Et des images de ce type, nous en avons tous plein nos mémoires. Il suffit de chercher un peu dans son entourage pour trouver l’un ou l’autre argument en faveur de cette théorie.

Je ne sais pas qu’elle est votre position à ce propos mais la mienne est figée, je suis un partisan avoué de la théorie de la somme d’intelligence au mètre carré. Aussi il m’apparaît de plus en plus important, au fil du temps qui passe, de limiter ponctuellement et géographiquement le nombre de personnes de mon entourage. Reste que dans certains cas, l’on est obligé de subir une pression due à la présence humaine, le travail en est un cas précis. Mais, vous conviendrez aussi avec moi que c’est souvent au travail que l’on est confronté à des situations dont la caractéristique première est un manque d’intelligence !

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(1) Dois-je encore vous rappeler que c’est ainsi que je surnomme Le Petit Robert suite au degré d’intimité quotidienne qui s’est créé entre lu et moi ?

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 14:27

De plus en plus de cyclistes ont un comportement dangereux sur la route… Le nombre d’accidents impliquant des usagers à vélo est en nette augmentation. Coïncidence ?

cycleSelon un article paru dans le Vif/L’Express à la fin de l’année dernière(1), les cyclistes représentent plus de 8% des victimes de la route en Belgique. Chaque jour, il y a, en moyenne, un peu plus de deux cyclistes tués ou gravement blessés sur nos routes. L'an dernier, les statistiques d'accidents font état de 6.600 collisions impliquant au moins un cycliste. C'est 235 de plus que l'année précédente soit une augmentation de l'ordre de 3,5 %. Le nombre croissant des cyclistes sur nos routes explique cette augmentation mais, à mon sens, le comportement de ces mêmes cyclistes explique aussi, sinon davantage, le nombre croissant d'accidents les concernant. Remontée de sens unique, passage au rouge dans les carrefours urbains, circulation au milieu de la chaussée, omission totale du geste du bras pour signaler un changement de direction... autant de comportements récurrents de beaucoup de cyclistes. Ce sont des comportements à risques et lorsqu'un cycliste est renversé on crie souvent haro sur l'automobiliste mais je crois, non j'affirme, que beaucoup de cyclistes doivent changer leur comportement et cesser de se croire les rois du macadam.

J’ai déjà pu vous exprimer ma position envers cette idée politicienne débile de permettre aux cyclistes de remonter certains sens unique à contresens. Il s’agit d’une mise en danger réelle… Laissez-moi plutôt vous rapporter une anecdote vieille de quelques mois.

Un samedi matin alors que je déposais ma compagne au centre de Liège et que je reprenais ma place dans la circulation, je suivais un cycliste qui roulait deux baguettes de pains sous le bras gauche. Alors que rien ne venait en face et que j’avais entamé ma manœuvre de dépassement, l’abruti à deux roues fit un écart sans aucune raison apparente ! Il me fallut monter sur mes freins pour l’éviter et quand je parvins enfin à le laisser derrière moi, dans le rétroviseur je vis que cette andouille me faisait un geste avec le doigt que la morale réprouve. Imaginez la scène, deux pains sous le bras gauche, le bras droit tendu avec un doigt en l’air, le tout sur sa bécane… Une bosse, une taque d’égout et notre gentil cycliste est au sol. Et qu'aurait fait la voiture derrière lui ? Mais ce n’est pas tout ; au bout de la rue, un carrefour avec feu de signalisation au rouge. La voiture devant stoppe, je l’imite et qui vois-je passer à ma droite (les cycliste sont-ils autorisés à dépasser par la droite au contraire des automobilistes ???) mon imbécile vélocipédique avec ses deux baguettes. Bien entendu, le feu rouge n’avait aucune signification pour lui ; il est passé ! A ce moment même un automobiliste qui sortait du carrefour – le feu était vert pour lui, il ne faisait que prendre son droit de passage, ô le vilain ! – et s’est retrouvé avec le con à vélo face à lui. Nouveau coup de frein assorti d’un bruit de klaxon assourdissant. Notre cycliste n’en n’a cure, il a poursuivi son chemin.

Ce genre de comportement est fréquent à Liège... Il ne faut pas s'étonner que le nombre d'accidents impliquant des cyclistes soit en hausse, dès lors !

Attention, tous les cyclistes ne sont pas à l’image de celui-là ; encore que quand ils roulent en groupe, ils sont souvent assez dangereux… Surtout pour eux-mêmes ! Mais si vous êtes habitués de rouler en ville, vous aurez constaté aussi que l’andouille que j’ai croisée ce samedi matin là est loin d’être un cas isolé… Alors que les cyclistes de toutes les grandes villes tentent d’attirer l’attention sur leur fragilité réelle, je peux le concevoir mais, de nouveau, il ne faut pas croire que les droits vont sans obligations ! S’ils ont le droit d’être protégés, ils ont aussi l’obligation de faire attention, de ne pas se croire intouchables et de ne pas mépriser le code de la route et les règles élémentaires de sécurité !!!


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(1) Plus de deux cyclistes tués ou gravement blessés chaque jour en Belgique, on levif.rnews.be, 6 octobre 2010.

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 15:31

Il était là, seul sur la route abandonné de tous… Mort par manque d’intérêt !

 

livre.jpgC’était une belle matinée de la fin du mois d’avril, c’était hier… La moiteur d’un temps un peu trop chaud pour la saison ne s’était pas encore installée et la rosée nappait encore les herbes taillées des pelouses et folles des prés. C’est presque guilleret que je m’apprêtais à prendre ma place dans le flot des travailleurs qui envahit la route du labeur. Bien installé au volant, vitre baissée pour profiter de la fraîcheur, je m’engage donc pour une journée qui ne laissait présager d’aucunes nouvelles réjouissantes – ce qui se confirma d’ailleurs au fil des heures mais il s’agit là d’un contexte qui nous éloignerait de notre propos – pas plus que d’ouvrage exaltant ; une journée banale de travail somme toute. Il était là sur le bord de la chaussée, probablement échappé du sac d’un étudiant ou de la poche d’un navetteur qui profite du trajet dans un bus bondé pour s’échapper quelques instants par la voie de quelques lignes couchées sur du papier… Un livre, un roman de la collection «Livre de Poche» ! A cette heure là, avec deux véhicules aux fesses et dans une rue étroite en pente forte, impossible de s’arrêter regrettais-je amèrement. Bah, avec tout le passage pédestre dans cette vieille voie de circulation – des étudiants qui folâtrent au soleil plutôt que de bayer aux corneilles dans un amphithéâtre bercé de la soporifique logorrhée d’un vieux professeur aux employés qui bossent à la ville et qui par souci de mobilité s’en vont prendre le bus chaque matin en passant par les riverains, ce livre trouverait bien acquéreur… De toutes manières, ma bibliothèque est déjà bien remplie et cet ouvrage ferait le bonheur de quelqu’un d’autre.

Et pourtant, toute la journée ce livre me trotta dans la tête ! Appartenait-il à un étudiant chargé de le défendre face à un professeur de français dans le cadre d’une fiche de lecture ? Dès lors, comment allait-il réagir lorsque devant le cicérone littéraire, dans l’huis clos d’une classe, il allait s’apercevoir que son livre n’était plus dans sa besace ? Je ne pus m’empêcher d’imaginer l’instant de panique y lié… Car même s’il avait bien préparé son entrevue littéraire, s’il avait lu et appréhendé le récit, je me souviens aussi que, face à un professeur un peu tatillon, le moindre grain de sable peut perturber la mécanique bien huilée de la mémoire… Ou alors c’est à la déception du type assis sur sa banquette de bus que je pensais ! Quand il voulut saisir le bouquin dans sa poche et qu’il ne tomba que sur du vide ou sur des clés, quel cruel manque dut-il ressentir privé qu’il allait être de son évasion littéraire quotidienne… Puis je pensais au bonheur de celui qui allait ramasser l’ouvrage et qui allait peut-être prendre plaisir à le dévorer ou à le céder à un autre si d’aventure le contenu ne correspondait pas à ses attentes ou à ses goûts… Mais au fait ce contenu, quel était-il ? Ce livre était-il d’aventures et rapportait-il les exploits de mousquetaires ou le combat d’un homme avec une baleine ? S’agissait-il d’un grand classique de la littérature, Sartre, Camus, Proust, Hemingway, Stendhal ??? Peut-être s’agissait-il d’un traité de philosophie indigeste de Kierkegaard ou encore, plus prosaïquement, d’un roman de gare qui se lit sans effort ? Jamais je n’aurai de réponse à cette question ! Seul celui qui ramasserait le livre saurait…

Et la journée passa avec ses bons et ses mauvais moments jusqu’à ce que je reprenne ma place dans le flot des travailleurs qui envahit la route du retour au bercail… Alors que je m’engageais dans cette vieille voie en forte pente pour rentrer vers mon nid quelle ne fut pas ma surprise de voir, au milieu de la chaussée, le livre, totalement ravagé et sur lequel avaient roulé plusieurs voitures… Aussitôt la surprise céda le pas à la déception ! Non seulement personne n’avait ramassé l’ouvrage mais quelqu’un avait eu l’émétique idée de l’envoyer du bord de la chaussée vers le milieu – car il ne fait aucun doute que le livre n’avait pu franchir ces quelques décimètres seul sans assistance humaine – ne lui laissant ainsi aucune chance de survivre aux roues assoiffées d’asphalte des véhicules qui empruntèrent ce jour là la vieille voie en forte pente. Ainsi donc, personne n’avait ramassé le livre ! S’agissait-il d’un effort trop important ? Physiquement, assurément non… Mentalement j’en ai hélas bien l’impression tant la lecture gratuite d’un livre semble devenu un acte difficile à accomplir pour bien des gens. Cela m’est arrivé de trouver un livre et de ne pouvoir m’en empêcher de le saisir et de le lire. J’ai toujours ce livre en mémoire comme si c’était hier alors que cela remonte à près de 20 ans, c’était «Le songe de Kronos» un récit de science fiction de Peter Karel et il m’avait offert un formidable moment de rêve… Mais aujourd’hui l’évasion n’est plus dans les livres semble-t-il !

Pourquoi le livre a-il été, de tous temps, le souffre-douleur de l’homme ? On l’a brûlé dans de honteux autodafés sous toutes les dictatures ; on l’a honnit ou jugé subversif ; on l’a relégué aux oubliettes de nos occupations prioritaires et, désormais, d’aucuns l’abandonnent au milieu d’une route à la meute des voitures qui l’ont écrasé et définitivement défiguré… Et pourtant, le livre est la somme d’un travail humain que l’on ne peut négliger et d’un moment plus ou moins long d’évasion. Peut-être après tout que l’Homme n’a plus besoin de s’évader dans les pages d’un livre se complaisant sciemment dans la médiocrité d’un monde qu’il a façonné à son image ?

Ce matin en me levant, avant de prendre ma place dans le flot des travailleurs qui envahit la route du labeur je n’ai pas pu m’empêcher de m’en vouloir… M’en vouloir de n’avoir pas trouvé le moyen d’arrêter ma voiture hier matin pour aller ramasser le livre, m’en vouloir d’avoir osé imaginer que ce livre ferait le bonheur d’un autre !

 

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