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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 20:30

Trouver une paire de gants par -12 degrés s'apparente à une véritable gageure !

gant.jpgMes vieux gants en laine ont rendu l'âme, ils avaient largement passer le cap des deux lustres, on pouvait voir mes mains au travers, autant dire qu'ils ne les tenaient plus guère au chaud. Aussi ai-je décidé, cet après-midi, d'aller acheter une nouvelle paire de gants. Je suis entré dans une demi-douzaine de boutiques au centre de Liège - Esprit, C&A, H&M, Lee Cooper Shop, Levi's Store et Springfield - qu'elles soient nommées afin d'habiller mon courroux d'images précises - où s'est répétée à chaque fois la même scène :
- "Bonjour Madame, j'aurais souhaité une paire de gants, pouvez-vous me dire où je peux en trouver ?"
- "Mais Monsieur nous n'en n'avons plus ! L'article n'est plus de saison".
- "Plus de saison ? Mais il fait moins douze dehors..."
- "Oui mais après les soldes d'hiver on met en rayon la collection printemps/été".
- "Mais il fait moins douze dehors..."
- "Peut-être mais c'est le moment de sortir la collection printemps/été, c'est comme ça !".

C'est comme ça, c'est le cycle de la mode ! Et si, plutôt que de suivre bêtement un cycle idiot qui propose des t-shirts en février, les commerçants avaient l'intelligence de tenir compte de la réalité. Franchement, il est plus sensé d'acheter une paire de gants, une écharpe ou un bonnet lorsqu'il gèle à pierre-fendre plutôt qu'une chemise en lin, un t-shirt où même un maillot de bain. Mais non, aujourd'hui 4 février en plein coeur de Liège, alors que le mercure est descendu jusqu'à -12, j'ai vu des maillots de bain mais j'ai peiné à trouver des gants... Ainsi va le cycle de la mode ! C'est parfois con un commerçant, car chez C&A, chez Esprit ou chez Levi's il n'y avait pas grand monde ce samedi après-midi; forcément par ce temps on a plus envie d'acheter un cache-nez hivernal qu'un cache-sexe de plage ! A Londres, en plein été 2008, il a plu... Les premières gouttes touchaient à peine le sol que tous les commerçants, depuis la petite échoppe pakistanaise de Kingsway à la boutique chic de Regent Street, ont sorti des parapluies et les proposaient à la vente. Il s'en est écoulé des milliers sur cette pluvieuse après-midi; A Gérardmer, fin juillet 2001, quelques jours avant la fameuse éclipse solaire, il tombait des trombes d'eau, partout en ville on pouvait trouver des k-way, des ponchos imperméables et des grands parapluies... A Liège, par mois douze on ne peut pas trouver de gants dans quantités de boutique parce qu'il faut faire place à la collection printemps/été. Il faut croire que s'adapter aux réalités quotidiennes est un effort cérébral trop important pour certains commerçants liégeois !

Je suis alors entré à l'Inno où je me suis dit que je paierais probablement plus cher mais que je devrais probablement trouver. De fait, à l'étage des vêtements pour hommes, il y avait un large présentoir avec des gants. Ils étaient même, pour la plupart encore soldés quant bien même la période officielle de rabais est terminée depuis quatre jours. Enfin, ne soyons pas plus diabolique que Lucifer, j'allais trouver des gants et peut-être faire une bonne affaire... C'est du moins ce que je croyais ! Après avoir essayé quelques paires qui ne me convenaient pas, j'en trouve une qui m'allait parfaitement - je n'ai pas osé écrire comme un gant l'aviez-vous remarqué ! - et qui me plaisait en sus. Las, il n'y avait pas d'étiquette avec le prix. Qu'à cela ne tienne, je me suis dirigé vers la caisse pour connaitre le montant qu'il me faudrait débourser pour tenir mes mains au chaud pour la fin de cet hiver et pour les prochains.
- "Bonjour Madame, puis-je connaitre le prix de cette paire de gants, il n'y a pas d'étiquette".
- "Il faut regarder sur une autre paire identique, Monsieur".
- "C'est la dernière de ce modèle en rayon".
- "Alors je ne peux rien faire pour vous, Monsieur". 
Si cette dame est tellement ennuyée à l'idée de chercher un prix pour vendre un article, il faut qu'elle cesse le commerce et qu'elle fasse de l'humanitaire... Ah non, plonger ses mains dans l'humanitaire aurait écaillé son vernis à ongles ! C'est ainsi que je suis sorti de l'Inno, toujours sans gants.

J'ai finalement trouvé chez Zara - que je cite aussi pour la gentillesse de la vendeuse, merci Mademoiselle - où il restait quelques paires de gants exposées aux côtés de quelques reliquats de la collection hiver. On a mieux compris, dans ce magasin, que lorsque la température glisse d'une douzaine de degrés sous le zéro, il y a quelques chances de vendre des gants, des écharpes et des bonnets...

Il n'empêche que de faire huit magasins pour trouver une paire de gants au plus fort de l'hiver c'est aberrant ! Aberrant comme un cycle commercial qui contraint des commerçants-moutons à proposer de t-shirts et des chemises d'été en plein mois de février. La mode meurt jeune ! Surtout dans le prêt-à-porter... elle varie à une vitesse importante qui génère un turn-over consumériste qui favorise le futile et oublie le nécessaire. Par moins douze degrés, le nécessaire ce sont les écharpes et les gants; le futile ce sont les maillots de bains et les chemises en lin...

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 10:08

Aujourd’hui la haine de l’islam ou du musulman prend la place de la haine de l’étranger…

 

I6La question de l'islamophobie refait surface dans les médias. Le Soir de ce matin s'interroge : "Assiste-t-on à un regain de l'islamophobie ?"(1). Je l’ai dit et écrit déjà mais nous vivons dans une société paradoxale dans laquelle on prône l’interculturalité, le respect et la tolérance mais où, dans les faits, le racisme ordinaire et l’intolérance sont exacerbés. Il suffit de prendre un bus, de s’attarder à la terrasse d’un café, de patienter dans une file d’attente à la caisse d’une grande surface et de tendre l’oreille pour se rendre compte de ce racisme ordinaire qui est l’apanage d’une très grande frange de la population. L’homophobie émarge au même triste constat !

 

Il semble, cependant, que ce racisme ordinaire cède le pas à une forme de haine plus précise et plus ciblée à l’encontre des musulmans en général et de tous les arabes en particulier. Selon le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte Contre le Racisme, l’islamophobie se répand partout dans le monde occidental depuis les attentats du 11 septembre 2001, à New York. Le discours raciste banalisé prend, désormais, davantage pour cible les musulmans que les étrangers au sens large du terme. «On constate une sorte de glissement du racisme touchant les Nord-Africains et les Turcs vers un discours islamophobe. On ne s’exprime plus contre les étrangers mais contre les musulmans. C’est une nouvelle forme de racisme qui produit en fait les mêmes effets» remarquait, en 2009 déja, Edouard Delruelle, Directeur du Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte Contre le Racisme dans les colonnes de La Libre Belgique(2).

 

Islamophobie est un terme assez récent qui désigne la peur et les préjugés à l'encontre de l'islam ainsi que, par la suite, la peur et le rejet des personnes de confession musulmane. De la peur ou de l’inconnu nait la haine qui débouche sur des comportements anti-islamiques de plus en plus courants et pernicieux. Et de cette haine religieuse est née une haine raciale qui repose sur l’amalgame entre Arabes, Turcs et musulmans. Il est capital aujourd’hui de faire la différence entre islam et terrorisme ; entre arabes, Turcs et terroristes ! Cette distinction pourtant, bien peu la font… Il est tellement plus aisé de mettre tout dans le même panier sans trier le bon grain de l’ivraie. C’est quelque part, si j’ose écrire, une forme de synecdoque raciale et religieuse ; on prend la partie pour le tout, un musulman est intégriste et terroriste donc tous les musulmans le sont… c’est horrible comme raccourci !

Il existe donc une double erreur qu’il faut absolument tenter de gommer dans l’esprit de la population :

- une identification de l’islam au fanatisme ou au terrorisme ;

- une identification des Arabes et des Turcs à l’islam.

C’est cette double fausse identification qui engendre le racisme ordinaire qui se focalise aujourd’hui davantage sur les Arabes et les Turcs. Pourtant, il est clair que, comme tous les catholiques ne sont pas membres de l’Opus Dei, tous les musulmans ne sont pas radicaux et encore moins terroristes. Pourtant, il est aussi clair que l’on puisse être musulman sans être Turc ou Arabe ; il y des musulmans ukrainiens, nigérians, kosovares, azerbaidjanais, indonésiens et même chinois pour n’en citer que quelques-uns en dehors du monde arabe… En fait, la confusion entre Arabes et musulmans repose sur l’origine arabe de la religion islamique (Mahomet, le fondateur de l’Islam, était Arabe) et sur le fait que l’arabe est la langue véhiculaire de l’islam. Cependant, comme me l’a appris un ami marocain très proche, il faut prendre en compte deux constats très importants :

- seulement 20% des musulmans vivent dans le monde arabe qui s’étend, d’ouest en est, de la Mauritanie au Sultanat d’Oman. Cela signifie donc que huit musulmans sur dix ne sont pas géographiquement Arabes ;

- il y a plus de 20 millions de chrétiens parmi la population arabe mondiale !

 

L’islam n’est pas exonéré de critique, par là j’entends qu’il existe un droit réel de critique de la religion islamique comme pour toutes les religions mais dans le cas précis de la foi islamique la critique laisse la place à un discours haineux reposant sur les amalgames que nous avons évoqués. Cette islamophobie ambiante s’articule autour de plusieurs comportements qui vont de simples propos tels «ma fille n’épousera jamais un musulman» à des actes légalement répréhensibles comme la discrimination à l’embauche ou la détérioration de lieux de culte en passant par le rejet de l’idéologie musulmane.

 

D’aucuns se posent la question de savoir si cette islamophobie peut réellement être assimilée à du racisme avec tous les pendants judiciaires qui en découle (lois contre le racisme de juillet 1981 en Belgique et de juillet 1972 en France). Je suis convaincu que oui en ce sens que, comme le racisme, l’islamophobie repose sur la peur de l’inconnu et débouche, en outre, sur la haine d’un peuple assimilé à l’islam, les Arabes.

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(1) Assiste-t-on à un regain de l'islamophobie ? par William Burton, in Le Soir, 26 janvier 2012, page 11
(2) L'islamophobie, nouveau racisme, par An H, in La Libre Belgique, 9 juillet 2009.

 

 

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 16:37

Mais pas acheter une voiture à ce prix... c'est totalement irrationnel !

zzzzzzz.jpgL'ami Renaud chantait que "la force de l'homme ne tient que dans son flingue ou dans sa queue", il aurait pu sans doute ajouter "ou dans sa bagnole". J'ai toujours eu du mal avec ces mecs qui s'esbaudissent devant un bolide de carbone et d'acier qui peut foncer à 300 km/h alors que la vitesse est limitée à 120 au maximum sur notre réseau routier. Mais ce n'est qu'une question de goûts et, finalement, placer de l'amour dans une bagnole est une idée comme une autre... Pas la meilleure à mon sens, mais c'est une idée qui en vaut d'autres. Par contre je n'arrive pas à appréhender que certains claquent des sommes folles pour s'offrir une tire dans le seul et unique dessein, ne soyons pas naïf, d'épater les autres. Acheter une voiture à 50.000 ou 60.000 euros est un geste déraisonnable surtout quand il est posé par quelqu'un - j'en connais dix au moins - dont la fiche de salaire ne dépassent pas les 1500 ou 1700 euros mensuels. C'est la crise peut-on entendre un peu partout mais jamais il ne s'est vendu autant d'automobiles en Belgique qu'en décembre dernier. L'annonce de la suppression des primes d'état sur les voitures dites propres à drainer la population chez les concessionnaires. On n'a pas forcément besoin d'une nouvelle voiture mais on l'achète pour profiter des dernières primes... Résultat : 48.000 voitures vendues chez nous en décembre; 1548 chaque jour ! Personne n'arrivera à me faire croire que 48.000 Belges devaient absolument changer de voiture avant le 31 décembre... Ces achats répondaient à une envie ou à un intérêt provoqué par un élément extérieur mais pas à un besoin, bref à un comportement consumériste révélateur de la société actuelle. Et, avec le Salon de l'Auto qui débute aujourd'hui à Bruxelles, c'est le temps de la débauche automobile qui revient ! Plusieurs centaines de milliers de personnes vont aller baver sur des bagnoles qu'ils ne peuvent pas s'offrir, ils vont poser fièrement pour une immortalisation par smartphone devant la nouvelle Maserati ou un roadster allemand et ils repartiront pour aller faire leurs courses chez Lidl... La bagnole est l'opium du peuple !

Je n'ai pas la notion du coût d'une voiture, la mienne est vieille mais elle roule toujours parfaitement et je ne m'intéresse donc pas aux catalogues automobiles cependant je suis d'avis que de débourser 20 à 25.000 euros pour une voiture c'est largement suffisant voire déja même un peu trop. Aussi afin d'étoffer ces quelques lignes, j'ai donc visité le site du Salon de l'Auto de Bruxelles ainsi que ceux de quelques dealers (ndlr j'aime bien ce mot pour des vendeurs de bagnoles !) qui présenteront des modèles de "prestige" au Salon. Les prix que j'ai découvert, sans être exhaustif, sur quelques modèles ont déclenché en moi un début de nausée... 108.460€ pour une BMW; 116.716€ pour une Porsche; 128.350€ pour une Audi et jusqu'a 264.579€ pour une Ferrari FF, des prix qui dépassent toute forme de raison pour quatre roues, un moteur et de la tôle aussi joli l'ensemble soit-il !
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Chacune de ces voitures représentent le prix d'une maison, certes pas d'une villa dans les mètres-carrés les plus chers du pays mais bien une maison urbaine basique qui peut abriter pour des années une famille. Mettre dans une voiture le prix d'une maison c'est stupide ! D'autant que l'on peut se contenter d'une auto dix fois moins chère qui rendrait les mêmes services. Reste le coup de coeur que certains peuvent avoir, l'envie de se faire plaisir, le travail presté pour rassembler l'argent pour se faire ce plaisir... admettons ces concepts mais l'envie et le plaisir doivent aussi avoir leurs limites. En restant dans la gamme de prix "raisonnables" que j'évoquais plus haut, à savoir 20 à 25.000 euros, on peut réellement trouver de quoi se faire plaisir tant au niveau de l'esthétique que des performances (puisque cela compte pour l'homme dont la force ne tient que...) : Ford Focus Coupé Cabriolet 16i, Audi A3 1.6 TDI, BMW série 1, Alfa Roméo Giulietta 1.6 JTD, Peugeot 207 Coupé Cabriolet ou encore Opel Insigna 1.6 Ecotec pour ne citer que quelques modèles. Clairement, on peut se faire plaisir avec des véhicules à moins de 25.000€, dépenser plus est insensé.

Avec les coûts déraisonnables que peuvent atteindre certaines voiture, on pourrait en faire des choses ! Ecartons immédiatement la Ferrari qui n'est réservée qu'à une certaine élite financière (qui donc à oser dire que les révolutions avaient éliminer les privilèges ?) pour ne garder à l'esprit que la Porsche Panamera GTS dont le prix est médian par rapport aux deux autres modèles. On pourrait vraiment en faire des choses avec 116.716 euros !

- On pourrait construire une école primaire au Burkina-Faso (73.500€ ici) et assurer ainsi la formation d'enfants de plusieurs villages mais aussi construire un puits avec pompe électrique pour alimenter le village en eau (15.000€ ici); cel ne ferait "que" 88.500€, il resterait même de quoi s'offrir une belle voiture...

- On pourrait offrir 38.905 repas aux Restos du Coeur (3€/repas ici), c'est à dire beaucoup plus de repas qu'il n'en a été servis par les Restos du Coeur de Liège en 2010 (31.399 repas sur l'année 2010).

- On pourrait assurer 138 mois de loyer (sur base du loyer moyen belge qui est de 840€ ici), c'est à dire loger deux SDF qui partageraient un appartement pendant onze ans ou encore loger 22 SDF qui se partageraient 11 appartements pendant un an... le temps de se retourner pour reprendre pieds dans la société.

- On pourrait financer 10 trithérapies (14.000 $ ou 10.975€/an ici) pendant un an pour ainsi traiter dix personnes atteinte du VIH qui n'ont pas les moyens de le faire.

- On pourrait acheter près de 30 tonnes de croquettes pour chiens et/ou pour chats afin de permettre à la Société Royale Protectrice des Animaux de nourrir ses pensionnaires pendant plus d'un an.

- On pourrait payer 38 mois de salaire bruts à un travailleur belge (selon le salaire brut belge moyen de 3004€ ici), c'est à dire que l'on pourrait aussi payer le salaire de trois travailleurs pendant un an... créer trois nouveaux emplois pour une année.

- On pourrait en faire des dons pour aider l'Unicef, 11.11.11, le Télévie ou Médecins de Monde pour ne citer que quelques associations qui utilisent intelligemment l'argent...

On peut vraiment faire des choses intelligentes avec 116.716€ mais les dépenser pour une voiture ça dépasse l'entendement...

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:32

Londres n'est pas une ville particulièrement chère !

Big ben 12Je rentre de Londres où j'ai passé d'agréables moments pour Noël. Evidemment, après le fêtes l'on évoque souvent ces moments, la façon dont on les a passés. Aussitôt que je parle de mon escapade londonienne, j'ai droit bien souvent au commentaire laconique "mais Londres c'est une ville chère !". D'abord, ceux qui disent ça sont, la plupart du temps, des voyageurs de salon, ils ne quittent que très peu, voire pas, le confort doucereux de leur canapé, ensuite il faut casser cette réputation faite à la capitale anglaise d'être l'une si pas la plus chère des villes européennes. Londres se vit, au quotidien, avec des moyens tout à fait abordables et se révèle vite moins chère à vivre que Bruxelles, Francfort, Berlin, Genève et, surtout, Paris. Il y a 1001 façon d'aborder Londres sans dépenser plus d'argent qu'en restant chez soi. Je vous invite à (re)lire Londres : bons plans à cet égard. Ainsi, par exemple, lors de notre récent séjour à aucun moment nous n'avons dépenser plus de 15 euros pour un repas pour deux, en mangeant tantôt des sushis, tantôt des sandwiches, tantôt des mezzes... Les sushis sont d'ailleurs un excellent exemple ! A Liège lorsque l'on veut en manger, il faut compter au minimum 15 euros pour six sushis, à Londres nous avons payés 6,99 livres pour six pièces, soit 7,54 euros. Je vous prie de croire qu'ils étaient d'excellentes qualité ! Autre exemple de mon séjour, j'ai vu sur Regent Street, l'artère commerciale la plus réputée de Londres, une paire de chaussures de marque Clark's. Elle était soldée à 39,99 livres (47 euros), hier en passant dans la Galerie Saint-Michel, à Liège, j'ai vu une paire de chaussures Clark's assez similaire, par curiosité je suis entré dans le magasin afin de voir le prix. Elle était soldée à 30% de 129,99 euros, soit 91 euros... Les exemples pareil, dans différents domaines, je peux les multiplier à foison !

Mais par delà mon expérience personnelle et mon avis - qui reste quand même la référence ultime lorsqu'il m'arrive de vouloir savoir ce que je pense ! - il y a des faits concrets, avérés et constatables par tous. Ainsi, la société suisse de services financiers UBS établit, chaque année, son étude Prix & Salaires dans les plus grandes villes d'Europe. Cette étude éclaire efficacement sur le coût de la vie à Londres. En termes de consommation courante, UBS a analysé un panier alimentaire composé de 39 produits de grande consommation (pain, lait, eau, pâtes, charcuteries diverses, fromages, fruits, légumes,...), les chiffres sont révélateurs :
- à Londres, ce panier coûte 273€;
- à Francfort, il coûte 295€, soit 8,06% en plus;
- à Bruxelles, il coûte 320€, soit 17,22% en plus;
- à Lyon, il coûte 359€, soit 31,50% en plus;
- à Paris, il coûte 391€, soit 43,22% en plus;
- à Zurich, il coûte 503€, soit 84,25% en plus...
Des supermarchés comme Tesco ou Sainsbury's(1) regorgent dans la capitale anglaise, on y trouve des produits de très grandes fraicheur et qualité à des prix qui feraient rougir Carrefour, Colruyt ou Delhaize. A côté de ces grandes surfaces, on trouve à Londres de nombreux commerces de proximité ouverts très tard et dans lesquels on trouve des produits alimentaires à des prix abordables.

Au delà du panier de la ménagère, UBS s'est aussi penché sur le coût moyen du logement. Si Londres est plus cher à ce niveau que Francfort, Berlin ou Lyon, elle reste nettement moins onéreuse que Bruxelles ou Paris. A titre de comparaison, les prix moyens pour le loyer d'un appartement deux chambres, sans garage dans le centre-ville est de :
- 1640€ par mois à Londres;
- 1750€ par mois à Bruxelles, soit 6,71% en plus;
- 1920€ par mois à Paris, soit 17,07% en plus...

Ce qui reste, par contre, très cher à Londres, ce sont les transports en commun. Le ticket de bus ou de métro y est 40% plus cher qu'à Bruxelles et à Paris. Mais, finalement, le meilleur moyen de découvrir une ville étant de la parcourir à pieds, cela ne coûtera donc pas très cher au touriste de canapé... enfin s'il se décide à quitter son salon pour voyager.
Ajoutons encore que la plupart des musées sont totalement gratuits et qu'il y a moyen de remplir un city-trip londonien sans dépenser le moindre euros pour des activités culturelles ou des balades exceptionnelles dans des parcs et dans des quartiers remarquables. Londres est  franchement accessible financièrement pour les touristes; rien ne m'horripile davantage que ces gens qui taxent cette ville magnifique de cherté sans la connaitre, sans l'avoir pratiquée ou sans même parfois avoir quitté leur fauteuil. A noter que le traditionnel classement Mercer des villes les plus agréables à Vivre pointe Londres à la 39è place mondiale tandis que Paris est 30è et Bruxelles 22è avec des indices de qualité assez rapprochés.

Londres est l'une des villes les plus attractives d'Europe tant par ce que l'on peut y faire que par les prix du logement(2) ou le coût de la vie sur place. Lorsque j'entends ce commentaire laconique "Mais Londres c'est une ville chère !", je n'ai qu'une seule envie, celle de répondre : "Imbécile !". Londres est exceptionnelle, abordable et propre. Si l'on y ajoute un niveau d'éducation et de culture très élevés (éverestique par rapport à Liège, oserais-je même dire !), Londres est à (re)découvrir absolument, s'en priver constitue un gouffre culturel immense...

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(1) Sainsbury's a été primé, en 2009, par le WWF pour son approche de la consommation durable et son combat pour des produits dépourvus d'huile de palme ou à base d'huile de palme produite de façon durable.
(2) certaines agences de voyages proposent déja des nuitées d'hôtel à 29€ par personnes contre 38€ pour Paris, par exemple

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 10:06

Je souhaite à tous les lecteurs d'Acta Diurna un merveilleux Noël et une année 2012 riche en santé, en joie et en contacts humains...

sapin02A l'heure où vous lirez ces quelques lignes, je serai à Covent Garden, sur le Strand ou dans la cour de la Sommerset House pour la réalisation d'un vieux rêve : passer les fêtes de fin d'année à Londres. Flâner dans les rues de la City garnies des décorations de Noël, déambuler chez Harrods ou chez Fortnum & Masson, aller grignoter un bout au Fifteen ou au Maze Grill... Bref profiter de l'ambiance de Noël dans la ville la plus attractive d'Europe ! L'année 2011 s'achève avec un relent de tristesse et de colère qui plane sur Liège, à cause d'un fou furieux qui a décidé d'un carton sur la foule. Mais le cru 2011 a été une année charnière pour le monde; entre le Printemps Arabe, les négociations gouvernementales belges, les Indignés et la crise économique qui a plongé plusieurs pays de l'Union Européenne dans un rouge très prononcé, le temps du ras-le-bol semble poindre à l'horizon. Ras-le-bol des dirigeants omnipotents, ras-le-bol d'un ultralibéralisme qui plonge les petites gens dans la misère. La population s'est exprimée. Ce ras-le-bol aura-t-il des lendemains qui chantent ? J'ai des doutes car si la société doit être changée profondément, elle convient hélas à bien trop de monde telle qu'elle est que pour être changée... Alors profitons des bons moments qui restent ! Noël est la période pour se faire plaisir; pas besoin de dépenser des sommes folles pour se faire du bien. Pour certains ce sera un moment en famille autour du sapin, pour d'autres ce sera un city-trip alors que certains préféreront un repas au restaurant ou une soirée organisée. Chacun choisira sa façon de passer Noël et de préparer 2012 qui pointe déjà l'horizon.

Moi, je vous remercie d'avoir continuer à lire Acta Diurna et d'avoir réagi parfois à certains articles. La barre des trois millions de visiteurs (chiffre cumulé depuis mars 2003 sur webzinemaker et overblog) a été franchie en 2011. Je vous fixe d'ores et déja rendez-vous, après quelques jours de repos londoniens bien mérités, au 31 décembre pour la traditionnelle rétrospective de l'année écoulée sur Acta Diurna.

Joyeux Noël et Bonne Année 2012 à tous !

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 19:43

Lorsque deux cultures partagent un moment de bonheur simple, par delà les clichés ou les idées préconçues.

noel2.jpgLe mois de décembre fleure bon la Noël avec cette ambiance faite de musique, de parfums divers, de lumières qui scintillent et de couleurs... le tout donnant parfois un ensemble un peu kitsch. J'aime assez cette ambiance car les fêtes de fin d'années ont toujours revêtu une certaine importance dans mon chef. J'ai envie de vous rapporter aujourd'hui une jolie histoire de Noël, pas un comte pour enfants ni même l'idée de bons sentiments qui sont censés être de rigueur en cette période, non juste une histoire vraie que j'ai vécue voici quelques années à l'approche de la Noël. Les marchés de Noël fleurissent un peu partout, il y en a d'importants comme celui de Liège ou celui de Bruxelles mais il y a aussi tout une série d'initiatives locales qui émanent de personnes privées ou d'associations villageoises dont l'objectif est de créer une ambiance de Noël dans leur quartier. C'est à l'occasion d'un de ces petits événements locaux que j'ai été l'acteur et le témoin de ma plus belle histoire de Noël, c'était en 2004. A cette époque, j'étais le Secrétaire de la branche locale d'une organisation politico-culturelle bien connue, Présence et Action Culturelles (PAC). Avec cette casquette, j'organisais un petit marché de Noël dans les locaux du Tcherati, le complexe socio-culturel de Cheratte, le village de Basse-Meuse où je suis né et où j'ai vécu une grande partie de ma vie.

Cheratte est un petit village de quelque 6000 habitants au lourd passé minier. Le Charbonnage du Hasard a attiré, à se grande époque, des travailleurs immigrés venus de différents pays, parfois proches parfois plus lointains. Mon grand-père, Vaclav, était de ceux-là, lui qui quitta, en 1928, sa Pologne pour trouver son Eldorado dans les galeries souterraines belges à arracher le charbon à la terre. Mon beau-père suivit à peu près le même chemin, deux décennies plus tard, en quittant les Abruzzes en échange d'un sac de charbon pour sa famille. Polonais, Italiens, Grecs, Turcs, Marocains, Ukrainiens, Belges... autant de nationalités et de cultures différentes qui durent cohabiter dans la mine cherattoise pour assurer leur pitance. Et pourtant, lorsqu'il évoquait ses souvenirs de la mine, jamais mon grand-père ne se plaignit de cette situation car, disait-il, c'était bien mieux que ce qu'il avait connu dans les fermes en Pologne et en Allemagne. Bref, Cheratte est un village ou vivent, aujourd'hui encore, en plus ou moin bonne harmonie plusieurs communautés différentes bien que le charbonnage du Hasard fut fermé en 1977.

Pour le Marché de Noël que nous organisions en 2004, nous avions eu l'idée de convier une dame marocaine, Naïma, à venir prendre place avec les autres exposants. Elle proposait donc, parmi d'autres produits de ouches plus classiques de cette période, de découvrir des pâtisseries de sa région natale mais aussi un couscous qu'elle avait mitonné avec d'autres dames marocaines. Le moins que l'on puisse dire est que son échoppe rencontra un énorme succès et le fait qu'elle fut voilée n'a heurté personne, pas plus que la présence du Père Noël qui distribuait bonbons et gâteaux aux enfants de toutes cultures n'a heurté la communauté marocaine qui était présente en masse. Naïma et toute sa famille qui était venue lui prêter main forte ont étalé leur gentillesse et leur bonté. Elle proposait, à qui le souhaitait, de déguster ses savoureuses pâtisseries au miel et aux fruits secs tandis que son époux nous fit goûter le thé à la menthe comme on le prépare chez les Berbères. A notre tour, nous leur avons fait découvrir des spécialités liégeoises, boukettes, le massepain, la bûche de Noël ou les huitres qu'ils ne connaissaient pas. Bref chacun fit un pas vers l'autre sans aucune autre pensée que celle de passer un bon moment, de s'amuser ensemble. Les visiteurs du marché étaient ravi de l'ambiance qui règnait dans la salle où résonnaient les chants traditionnels de Noël tandis que l'on dégustait boudins, thé à la menthe, foie gras, couscous et pâtisseries marocaines...

Lorsqu'il s'est agit de faire la vaisselle, l'équipe que nous avions mise en place s'est vue spontanément renforcée par plusieurs dames marocaines, dont Naïma. Mais si je ne devais garder qu'une seule image de ce week-end extraordinaire, ce serait sans hésiter celle où Naïma a offert au Père-Noël une appétissante assiette de pâtisseries marocaines présentée dans un emballage transparent fermé par un beau noeud rouge. Cette image est gravée dans ma mémoire plus encore qu'elle ne fut immortalisée par l'appareil photo numérique qui mitrailla l'événement. Sur cette image on voit le voile de Naïma - elle le porte volontairement - et le bonnet du Père Noël cohabiter et je peux vous assurer que rien n'apparait tel un signe ostentatoire de religion. Ce que l'on a vu à travers cette scène, ce sont deux cultures, deux communautés, différentes qui peuvent cependant vivre ensemble en harmonie, se respecter, s'apprécier et même se compléter; pas des bureaucrates politiciens qui légifèrent sur le port du voile ou d'autres signes religieux ni des pleutres qui s'abritent derrière des idéologies racistes pas plus que des intégristes qui ne jurent que par Allah... Que la vie serait simple si l'on ne dressait pas en permanence des barrières idéologiques, administratives ou sociales entre les hommes et les femmes de tous horizons et de toutes cultures.

Cette histoire n'a d'autres prétention que de rappeler que l'on peut vivre ensemble en se respectant et en s'appréciant, que l'on porte le voile ou que l'on soit athée, que l'on soit Européen ou que l'on soit Berbère... à condition ne pas pas s'enfermer dans ses idées sinon cela devient des préjugés. Jamais plus que ces deux jours de décembre 2004 je n'ai ressenti davantage l'esprit de Noël, un esprit de partage et de découverte. C'était grâce à l'ouverture d'esprit de deux communautés, l'ouverture d'esprit qui nous incité à ouvrir notre animation de Noël à la communauté marocaine et celle de Madame Naima, de son mari et de leurs amis qui ont accepté de s'impliquer avec nous pour faire de ce marché de Noël une belle réussite.

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 13:03

Liège panse ses plaies, elles sont douloureuses mais il faut reprendre le cours normal de la vie ne fut-ce qu'en mémoire des victimes et des acteurs de terrain qui ont sauvé des vies...

luttich.jpgOn se croit à l'abri, on se dit que ce genre de scénario ne peut pas se produire dans un petit pays sommes toutes plutôt tranquille - si l'on excepte le contexte politique surréaliste - et dans une ville plutôt connue pour sa jovialité et son sens de la fête. Mais c'est oublier que l'Europe n'est pas épargnée par les tueurs de masse, ces furieux qui assassinent plusieurs personnes lors d'un même carnage. Rappelons-nous l'île d'Utoya, en Norvège, en juillet dernier; c'est encore frais dans toutes les mémoires. Le collège de Winenden, en Allemagne, a aussi été confronté à ce phénomène voici quelques années, tout comme celui que Kauhajoki, en Finlande, ou celui d'Erfurt, également en Allemagne. En 2002, Richard Durn ouvrait le feu à Nanterre, dans l'Hôtel de Ville en pleine séance du Conseil Municipal, faisant huit morts et une vingtaine de blessés. On pourrait encore évoquer Solliès-Pont, Zoug ou Tuusula sans en avoir fait le tour... Non, la vieille Europe n'est finalement pas en reste dans ce domaine qui n'est pas typiquement étasunien. La Belgique n'a pas été épargnée, puisque, en mai 2006, un crétin de skinhead anversois tirait dans la foule avec un fusil qu'il venait d'acheter faisant deux morts. Non, on n'est pas à l'abri, la folie et la connerie humaine se déploient partout sans conditions géographiques... sans condition tout court ! L'expérience que l'on peut avoir en matière de tueurs de masse rappelle que, très souvent, cette folie meurtrière se conclut par un suicide. C'est l'histoire d'un Homme qui veut en finir avec lui-même et qui entend partir en laissant sa trace dans l'Histoire au mépris de la vie d'innocents.

Au surlendemain du drame humain qui s'est joué sur la Place Saint-Lambert, Liège commence à panser ses plaies. Les hôpitaux se vident des victimes les moins atteintes qui, même si elles peuvent rentrer chez elles, devront être suivies psychologiquement. Il ne reste que peu de stigmates sur la place où les bus circulent à nouveau; seules les carcasses métalliques des abribus et quelques barrières garnies de fleurs rappellent les faits. Le Marché de Noël a rouvert ses portes pour tenter de rendre à la Cité Ardente son ambiance de fête habituelle à cette période de l'année. Il faut vivre, continuer à avancer, sans oublier, mais en y pensant pas trop. Refuser de reprendre une vie normale, de faire ses achats de Noël ou d'aller prendre un verre après le boulot c'est dire à Amrani qu'il a gagné, qu'il a réussi sa sortie. C'est aussi faire abstraction du travail remarquable des urgentistes, des infirmiers, de tous les secouristes et des policiers sur le terrain. Ils ont travaillé dans des conditions difficiles, souvent renforcées par des rumeurs et des informations de mauvais aloi qui ont généré la peur. Tous ces gens ont fait un boulot remarquable pour limiter les dégats, c'est à souligner. Tout comme est à mettre en exergue l'élan de solidarité qui s'est mis en place autour du chantier des premiers secours et des postes médicaux avancés (PMA)... Nombreux ont été les citoyens à prêter main forte, à aider comme ils le pouvaient, à réconforter les blessés ! Pour tous ces gens aussi, il faut repartir de l'avant et continuer non pas comme si de rien n'était mais bien comme si c'était un accident banal. Car si l'on surdramatise, si l'on surmédiatise - comme c'est le cas à Liège - le fou-furieux qui a tiré dans la foule, on lui donne de l'importance et, même, on court le risque d'influencer d'autres fous-furieux qui se disent qu'ils auront là un moyen d'exister... Imaginait-on, en 1966, lorsque Richard Whitman arrosa la foule estudiantine sur le campus de l'Université du Texas, faisant 18 morts, qu'il engendrerait une centaine d'émules(1) dans le demi-siècle qui allait suivre ? Non ! Mais son acte a été surmédiatisé comme l'ont été tous ceux de ses successeurs. On en a fait des sujets d'information répétitive, on en a fait des films, on en a presque fait des héros...

Par essence, un tueur de masse c'est quelqu'un d'imprévisible, c'est une sorte de bombe à retardement planquée dans un coin insoupçonné dont on ne sait pas quand elle va exploser ni quels dégâts elle peut faire. Le phénomène reste rare mais il ne faut pas l'exceptionnaliser... Par contre, s'il y a une chose dont on est pas à l'abri, c'est de la bêtise humaine qui encadre ce genre d'événements. Combien de remarques racistes ont été proférées sur les forums des médias(2) et sur Facebook à propos du tueur de la Place Saint-Lambert. Comment peut-on réduire l'acte isolé d'un désaxé à un geste raciste ? C'est tellement plus commode de dire et d'écrire que le tueur n'était pas belge, d'insister sur ses origines et d'assimiler Arabe, musulman et assassin. Certains commentaires que j'ai pu lire sur Facebook franchissaient le seuil de l'intolérable et mériteraient d'être relevés afin de poursuivre leurs auteurs en justice. Amrani était avant tout un tueur, il faut le placer par-dessus les questions de races ou de religion car rien n'autorise à croire que son acte avait vocation raciste ou terroriste, je n'en veux pour preuve qu'il y a de nombreuses victimes d'origine étrangère - des arabes notamment - tombées sous ses balles et ses éclats de grenade. C'est bizarre mais il n'y eut que peu de commentaires, si ma mémoire est bonne, pour fustiger les crimes ouvertement racistes d'Hans Van Themsche, à Anvers en 2006. Mais voila, Van Themsche est blanc-bleu-belge...

Hier soir vers 19h30, en redescendant du boulot à pied après une journée très chargée je suis repassé par la Place Saint-Lambert. Elle s'était drapée de dignité, des barrières nadar avaient été dressées près des abribus, des fleurs et des petits mots y avaient été accrochés. A ma gauche, le Gouverneur intervient en direct à la télévision, il répond aux question d'une journaliste de la RTBF... Je passe près des barrières devant lesquelles se recueillent plusieurs personnes, quelques-uns prient... et à quelques mètres deux pochtrons rotent leurs canettes de Carat Pils. C'est une des images qui me restera de ces tragiques événements qui se sont déroulés à quelques pas de ma porte. C'est sûr, pour ces deux amateurs de mauvaise bière, la vie normale a repris son cours !

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(1) 113 cas ces vingt dernières années rapporte Le Vif/L'Express => Nordine Amrani : ces tueurs silencieux parmi nous, par Thierry Denoël, on www.levif.be, 14 décembre 2011
(2)  je vous renvoie par ailleurs à cet article à propos des commentaires sur les sites internets de médias => Les médias sociaux au secours de la qualité du débat sur le site du New York Times

NB : merci à ma tendre moitié qui m'a soufflé le titre de cet article, inspiré d'une magnifique chanson de Jacques Brel.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 06:45

24 novembre 1991, est marqué à jamais dans ma mémoire…

2411.jpgIl y a des jours qui marquent une vie, celui du dimanche 24 novembre 1991 est de ceux-là pour moi… Une journée particulière dont on se souvient vingt ans après à cause de petites choses qui l’on jalonnées. Insignifiantes lorsqu’isolées, ces petites choses une fois rassemblées sur un laps de temps court – car finalement, vingt-quatre heures qu’est-ce que cela représente dans toute une vie ? – participent à la construction de souvenirs vivaces. Aujourd’hui, quatre lustres après cette journée impérissable, l’envie de la coucher sur papier me prend. C’était donc le 24 novembre 1991, j’étais éveillé très tôt car pour mon anniversaire qui tombait deux jours plus tard, mes parents m’avaient offert un voyage à Paris organisé par l’école de communication que je fréquentais alors. C’était la première fois que j’allais à Paris et découvrir la Ville Lumière me remplissait de joie. La nuit précédente avait été agitée, difficile de trouver le sommeil tant j’idéalisais ce court séjour parisien. Au menu, enregistrement de l’émission Ciel, mon mardi ! de Christophe Dechavanne, très en vogue à l’époque, visite des studios de TF1, représentation théâtrale de La Tosca avec Mathieu Falla, qui était mon prof’ d’expression écrite, dans le rôle de Scarpia, et quartier-libre pour découvrir Paris… Un vrai beau programme ! Mais avant de partir pour Paris, il me fallait répondre à ma première obligation électorale. C’était en effet jour d’élections législatives en Belgique, j’allais voter pour la première fois, le scrutin précédent tombant avant mon 18è anniversaire ; c’était important à mes yeux. Il me fallait être assez tôt au bureau de vote de mon village pour pouvoir ensuite rejoindre le point de rendez-vous, à l’école, pour le grand départ vers Paris…

Dans le car, l’effervescence montait, nous tentions tant bien que mal et par affinités de se répartir les places dans les chambres, au grand dam d’un professeur qui nous menaçait de faire la répartition elle-même si nous ne parvenions pas à un consensus rapidement. Nous devions loger dans deux MIJE* du quartier du Marais, l’une était réservée aux filles, l’autre aux garçons… c’était comme ça en 1991. Evidemment, sur place cet apartheid sexuel fut vite abrogé ! Les deux MIJE étant voisines, nous avons privilégié le mélange filles/garçons dans les deux… c’était aussi comme ça en 1991. Je suis persuadé que les profs le savaient très bien, mais ils avaient fait leur boulot en répartissant, en théorie, les filles d’un côté et les garçons de l’autre. Bref, je me suis retrouvé au quatrième étage d’un hôtel plutôt glauque mais j’étais avec mes potes de l’école et avec des jolies filles, le paradis sur terre pour un mec de 22 ans, enfin à deux jours près. Le premier après-midi, celui de ce dimanche 24 novembre, était libre. Nous avons donc déambulé en bande dans le Marais, humant l’air de ce quartier agréable. Nous avons poussé une pointe jusqu’à Notre-Dame et sur l’Île Saint-Louis. Vers 20h00, nous regagnions nos nids pour une soirée qui s’annonçait agréable.

Il y avait une radio dans notre chambre, pour avoir un peu de musique quelqu’un la brancha, c’était sur Nostalgie je m’en souviens bien. Il y eut un flash info dans lequel le journaliste annonçait la mort de Freddie Mercury qui, après avoir lutté des mois contre le virus du Sida, s’était éteint des suites d’une pneumonie. La veille, sentant la fin proche, Mercury avait révélé par un communiqué laconique qu’il était atteint de la maladie. Bien que la rumeur avait enflé depuis son ultime apparition aux British Awards, en février précédent, le producteur du groupe Queen avait démenti à plusieurs reprises. Nous apprendrions, par la suite, que Freddie Mercury se savait porteur du VIH et condamné dès 1987. Cette nouvelle avait jeté un froid dans la chambre car pour tout qui est né avec la fin des années soixante ou le début des années septante, Queen est une référence musicale incontournable. Peut-être le groupe pop ultime ? Nous avions tous une anecdote ou une histoire à raconter autour de Queen aussi la soirée se déroula dans une ambiance peinte d’émotion et de nostalgie ; le pop/rock venait de perdre l’une de ses icônes majeures.

 

Bien sûr, parmi le tas de jeunes adultes insouciants qui avaient fait le voyage vers Paris, bon nombre avaient fait provision d’alcool. Aussi, la soirée fut-elle également teintée de whisky, de gin, de vodka et même de Stroh, une espèce de rhum autrichien aromatisé avec on ne sait trop quoi et qui tire à 80°… Moi qui ne tiens guère l’alcool, il ne m’avait pas fallu deux verres pour être ivre, avec les conséquences que ça allait avoir quelques moments plus tard. En fin de soirée, voire en début de nuit, nous chahutions dans le couloir. Etait-ce pour oublier la tristesse du décès de Freddie Mercury ? Etait-ce les vapeurs d’alcool ? Etait-ce pour créer une quelconque intimité avec les filles présentes ? Probablement un peu des trois… Toujours est-il que j’ai manqué une marche de l’escalier et ai atterri sur le palier en dessous. En me relevant, une douleur atroce assaillait ma cheville droite, impossible de poser le pied à terre. Remonter les quelques marches pour revenir vers la chambre s’apparenta à une mission délicate, heureusement que mes potes de libations furent solidaires et se mobilisèrent pour m’aider. La fille devant laquelle je faisais le beau encore quelques minutes auparavant trouva un grand seau plus ou moins net et le remplit d’eau froide dans laquelle mon pied trempa longuement. Mais rien n’y fit, la cheville était bien gonflée et, dès les premières heures du jour alors qu’à l’heure pourtant dite Paris ne s’éveillait pas encore contrairement aux affirmations de Dutronc, la pauvre fille qui m’avait veillé toute la nuit héla un taxi et m’emmena aux urgences de l’Hôtel-Dieu, l’hôpital le plus proche de la MIJE ou nous logions, près de Notre-Dame.

Forte entorse, plâtre pour protéger ma cheville pour le reste de séjour et le voyage de retour et béquilles, tel fut le diagnostic du médecin que j’ai vu. Génial le voyage à Paris ! Les béquilles, pas moyen d’en avoir à l’hôpital, il fallait en louer dans une pharmacie. Alors, la fille – se sentait-elle un peu responsable de ma chute ? – chercha une pharmacie ouverte à six heures du matin. Pas une mince affaire ! Je ne la revis qu’une paire d’heures plus tard dans la salle d’attente de l’Hôtel-Dieu où je trainais ma patience en longueur car elle avait vraiment galérer pour se faire prêter des béquilles. Sa carte d’identité belge pour la caution avait refroidi plus d’un pharmacien apeuré de ne jamais revoir ses béquilles. Elle en trouva une paire contre la promesse faite de les ramener au matin du jour de notre retour. De toutes manières, je n’ai jamais réussi à marcher avec des béquilles ce qui fait que j’ai passé tout le reste de mon séjour parisien dans ma chambre. En sortant de l’Hôtel-Dieu, le plus dur restait à faire, rentrer à la MIJE, affronter les profs et inventer un bobard qu’ils feraient semblant de croire…

 

Voila ce qui s’est passé ce dimanche 24 novembre 1991, une journée bizarre durant laquelle j’ai voté pour la première fois de ma vie avant de partir à la découverte de Paris (certes la découverte fut plutôt limitée par manque de mobilité), d’apprendre la mort de Freddie Mercury et de terminer aux urgences de l’Hôtel-Dieu. Assurément une journée qui ne s’oublie pas, je n’en veux pour preuve que ces quelques lignes que je couche aujourd’hui, vingt ans plus tard. Qu’en reste-t-il ? Et bien je crois que la musique ne s’est jamais remise de la mort de Mercury, c’est à cette période que la qualité de la production musicale à commencé à décliner fortement, je n’ai pas poussé plus avant la relation avec cette fille et en rentrant en Belgique lorsque j’ai été faire enlever le plâtre de ma cheville, le médecin a voulu faire une radio de contrôle, bien lui a pris car il a vu qu’en fait d’entorse, c’était une double déchirure des ligaments que je m’étais occasionnée en tombant. Opération et six semaines de plâtre, immobilisé chez moi car je n’ai pas réussi à dompter la marche avec béquilles… Oui, vraiment génial le premier voyage à Paris !

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* MIJE = Maisons Internationales de la Jeunesse et des Etudiants

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:47

L'Autoroute de Wallonie est un anachronisme aussi rédhibitoire que désolant !

en-chantier.jpgLa E42 est une autoroute longue de 680 kilomètres qui rejoint Dunkerque, en France, à Aschaffenbourg, en Allemagne. C'est aussi, et surtout, pour les automobilistes belges celle que l'on surnomme l'Autoroute de Wallonie car elle traverse la partie francophone du pays d'est en ouest, de Saint-Vith à Tournai, sur quelque 250 kilomètres. Mais pourquoi nous parle-t-il de cette foutue autoroute en entends-je - c'est une image - certains d'entre-vous s'écrier ? Mais pour pousser un coup de gueule forcément ! Hier matin, je devais rejoindre Mons pour une réunion de travail importante, prévue sur le coup de 10h00. Je pointe ± 120 kilomètres et me dis donc que quitter Liège à 8h00 me met sur du velours pour être à l'heure, cela me laisse même un peu de temps pour trouver mon point de chute dans une ville que je ne connais pas forcément bien. Quelle erreur ! Imaginer faire 120 kilomètres en moins de deux heures sur la E42, entre Liège et Mons, est une utopie... un fantasme presque. Entre les longs tronçons à deux bandes, les camionneurs fous et les chantiers, pousser une pointe à 100 km/h et la maintenir trois minutes d'affilées s'apparente à un vrai miracle. Cette importante voie de communication wallonne est un danger permanent, d'ailleurs de nombreuses plaques le rappellent au long du trajet. Les accidents y sont nombreux et participent également à la difficulté de se déplacer. Une autoroute à deux bandes c'est le choix entre se trainer derrière une imense file de camions ou se caler à 140 km/h sur la gauche car on est coincé entre deux Fangios-pied-au-plancher. Le risque devient même immense lorsque les camions se mettent à doubler devenant par là-même des chicanes mobiles... Une autoroute à deux bandes, c'est tellement anachronique que je m'attendais à voir surgir des diligences et des malles postales sur la E42, hier !

Comment évoquer l'Autoroute de Wallonie sans parler de ses nombreux chantiers; quatre entre Liège et Mons. Des chantiers qui rétrécissent le passage et emmènent momentanément les automobilistes sur l'autre côté de l'autoroute. Bon, d'accord, il faut bien que les travaux se fassent mais est-on obligé de faire le tout en même temps ? Mais ce qui me heurta profondément est que sur aucun de ses chantiers il n'y avait de travailleurs hier matin. Je pose clairement la question : est-il normal qu'un mercredi matin clair et ensoleillé du  mois d'octobre il n'y ait pas d'ouvrier sur ces chantiers ? Je réponds tout aussi clairement non ! Si encore il avait plu à verse ou s'il faisait sombre, passe encore mais là, non ce n'est pas normal que les quatre chantiers aient été amputés de leurs ouvriers. Je ne suis d'ailleurs pas le seul à avoir été étonné de ces absence car c'était le principal sujet de conversation des participants à la réunion à laquelle je me rendais avant que l'ordre du jour ne fut défloré... Un Montois de l'assemblée me disait que le chantier qui bloque la circulation depuis l'échangeur du Roeulx jusqu'à la sortie de Mons-est dure depuis plusieurs mois. Si on ne travaille pas dessus lorsque le temps belge l'autorise, ce chantier risque fort de se prolonger jusqu'aux calendes grecques !!! Je ne parviens pas à appréhender la stagnation des chantiers en Belgique, elle est récurrente, c'est à croire que les entrepreneurs qui bossent chez nous sont des incapables ! Moi qui suis habitué à Londres, je suis émerveillé de voir comment cela se déroule dans la capitale anglaise à chaque fois que j'y retourne. Et Diable sait que Londres a été livrées aux marteaux-piqueurs et aux tractopelles ces derniers mois afin de se faire hôtesse sexy pour les Jeux Olympiques de l'été prochain. Depuis 2008, j'ai vu cent chantiers en cours à Londres, on y travaille d'arrache-pieds mais les rues ne sont pas, pour autant, inaccessibles. Dès les premières heures de la journée, les ouvriers font avancer les travaux et ils ne quittent les chantier que vers 18h00... C'est ainsi que l'on fait avancer les travaux, pas en abandonnant le chantier par journées entières !

Hier, j'ai mis deux heures et dix minutes pour relier Liège et Mons ! Soit une vitesse horaire moyenne - si si, j'ai calculé tant cela me semble invraissemblable - de 55,38 km/h. Sur autoroute, c'est remarquable... tristement remarquable ! On met, désormais, moins de temps pour aller à Londres que pour aller à Mons. Faut-il s'étonner, dès lors, que je préfère aller à Londres qu'à Mons ?

Plus sérieusement, l'Autoroute de Wallonie est un tronçon d'autoroute qui date des années soixante et qui n'a guère évolué depuis. Tout juste y a-t-on colmater les nombreux nids de poules et refait certaines parties d'asphalte, il faut bien que les chantiers servent à quelque chose ! Mais si les tronçons à deux bandes pouvaient se justifier en 1965 ou en 1977, ce n'est plus le cas à présent; entre 1977 et 2007 le volume des véhicules circulant en Belgique à augmenté de 82%(1). En 1977, on comptait 2,8 voitures pour dix habitants en Belgique, il y en a, aujourd'hui, 4,8 pour dix habitants. Et c'est encore sans compter sur le flux continu de véhicules étrangers qui traversent notre pays. L'Autoroute de Wallonie n'est plus à même d'absorber ce trafic en augmentation constante !

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(1) Les Belges et leurs voitures, par Robert Derumes, on vivat.be, consulté le 27 octobre 2011

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 16:40

De plus en plus, des tags affreux et sans intérêts fleurissent dans nos villes... Ce doit être un vieux reste préhistorique dans le cerveau de certains !

tags.jpgJe rentre d'Italie où une chose m'a fortement marqué, l'ultraprésence de graffitis qui polluent des villes pourtant jolies comme Pescara, dans les Abruzzes, où Rome. Même la petite ville historique de Chieti, pourtant à flanc de montagne et un peu retirée de la trépidance des grandes cités italiennes, est touchée par ce fléau. Mais l'Italie n'a pas l'apanage des tags, non à Liège aussi et comme dans toutes les grandes villes finalement, cette maladie gangrène nos cités. Même les petits villages sont victimes, ainsi, par exemple, voici près de trois ans alors que j'habitais encore dans un petit village en périphérie de Liège, au fin fond d'une petite ruelle calme en cul-de-sac, j'ai eu la désagréable surprise de voir, un matin, mon mur déshonoré par un crétin sans talent qui y avait graphé une espèce de forme infâme que j'ai présumé devoir représenter un message coloré qu'il souhaitait diffuser à l'envi. Pas un once de créativité dans ce "dessin", pas même un intérêt réel puisque trois personnes au maximum passaient quotidiennement dans ma ruelle... Un peu restreint comme public pour diffuser un message ! Quelle ne fut pas ma déception en me baladant dans les rues italiennes baignées d'un agréable soleil de fin d'été de voir ça et là ces affreux tags revendicateurs emplir les murs de bâtiments historiques ou de maisons au charme dénaturée par ces hideuses traces humaines. Mot d'amour sans aucun raffinement, slogans anti-crise dans un pays qui est fortement touché économiquement, symboles d'appartenance de bandes de rues, dessins mal exécutés par de pseudo-artistes sans âme... j'ai tout vu sur les murs italiens, même un texte court qui précisait "bon anniversaire" écrit en grand sur un mur blanc. A l'heure actuelle, c'eut été plus intelligent d'envoyer un sms pour présenter ses voeux. Mais d'intelligence, il n'est pas souvent question chez les taggeurs ! La palme de l'imbécilité revenant sans conteste à un dénommé Sandro qui écrivit, un jour de l'été 2008 sur le mur d'un parc non loin de Pescara, qu'il était passé par là... Objectivement, on s'en fout qu'il fut là le 17 juillet 2008 !

Je ne veux même pas évoquer l'aspect incivique des choses, le civisme est une notion qui n'entre pas dans le champ de connaissances des pollueurs de murs urbains, mais je ne peux pas m'empêcher de concéder que je ne parviens pas à appréhender le besoin irrésistible que semblent éprouver certains d'étaler leurs états d'esprits - souvent vide d'ailleurs - sur les murs, sur les bancs, sur les wagons de train ou de métro voire sur des portes. Cela ne participe en aucune manière à un élan artistique ou créatif comme ce peut être le cas pour de vrais artistes du graff qui s'expriment dans un cadre précis avec un réel talent, non le tag urbain banal, celui que l'on croise à chaque détour de rue, n'a aucune raison d'exister si ce n'est celle de pourrir l'environnement des villes. Exprimer ses états d'âmes sur les murs cela relève d'une certaine forme de retard, une réminiscence de l'époque néandertalienne lorsque l'Homme n'avait guère d'autres moyens de s'exprimer. Mais à l'ère de la communication numérique, du net, des tablettes et des smartphones, celui qui s'exprime encore en graffant sur des murs est un néandertalien qui a oublié d'évoluer !

Le graffiti existe depuis la nuit des temps, sans remonter jusqu'à la préhistoire - après tout nous avons déja évoqué le néandertal - on se rappellera que les Romains et les Grecs antiques avaient recours aux graffitis pour leurs annonces électorales ou encore pour soutenir leurs athlètes dans les joutes sportives. Au fil du temps, le graffiti s'est développé dans les grandes villes avec des visées politiques dans des contextes plutôt tendus (WW2, Guerre d'Algérie, Mai 68, Mur de Berlin, Irlande du nord...)  puis il est devenu une forme de reconnaissance; mon nom est stylisé sur les murs donc j'existe ! Ca a été le début de la dérive qui amène désormais les taggeurs à exprimer n'importe quoi et son contraire sur le mobilier urbain... Alors oui, il existe un réel mouvement artistique autour du graffiti, l'art des rues qui se décline selon des techniques concrètes et artistique comme le wildstyle, le flop ou la fresque, un art avec ses codes et ses références (Ash, par exemple)  mais la majeure partie des horreurs qui recouvrent les murs, wagons et bancs publics sont l'oeuvre de néandertaliens sans talent qui pensent ainsi probablement exprimer une révolte, un malaise ou des sentiments qui s'étalent d'un faux-amour pour un partenaire qui aura changer la semaine suivante à la haine d'une bande de rues rivale. Un peu comme si pour ces bouchers de la bombe aérosole s'exprimer sur mur c'était comme faire pipi pour marquer son territoire... Notez qu'ils doivent le faire aussi !

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