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23 janvier 2004 5 23 /01 /janvier /2004 15:41

Quelques mots d'un séjour inoubliable… et d'une dame qui l'est tout autant !

 

rouen.jpgQue la Normandie est belle ! D’Honfleur à Rouen en passant par Deauville et Trouville, il reste de cette bien trop courte poignée de jours des images gravées à jamais dans notre esprit et dans nos cœurs. Si le vieux bassin d'Honfleur avait cet air un peu triste de la mer sous l'averse, la ville n'en gardait pas moins son aspect convivial et culturel. Que de galeries d'art ! Passer par Honfleur c'est visiter une grande exposition de peintures permanente; chaque ruelle est une allée ou s'exposent quantité de toiles et tableaux. Aquarelles, huiles, pastels, encres monochromes et sculptures… jamais nous n'avions vu rassemblés autant d'artistes aux talents variés. Si force nous est d'avouer que nous ne retenons pas grand chose du passage à Deauville et à Trouville, si ce n'est cette pluie ininterrompue qui nous y accompagna, la partie la plus agréable de ce périple normand devait être, sans conteste, la halte rouennaise… Il nous tardait de découvrir cette cité au passé chargé d'Histoire. Et puis, il y avait surtout notre hôte…Françoise !

Elle est belle comme la femme d'un autre aurait certainement dit, à son propos, Paul Morand. La chaleur de son accueil n'a eu d'égal que la patience qu'elle eut à nous faire visiter SA ville, insistant bien sur cette possession qui se doit, à coup sûr, d'être réciproque; Si Françoise à SA ville, Rouen a aussi SA Françoise ! Cicérone attentive et passionnée, elle nous emmena à la découverte des rues et des monuments qui s'offraient à nous, expliquant que la fabuleuse cathédrale de Notre Dame - qui n'a d'ailleurs rien à envier à son homonyme parisienne, que du contraire… - est un témoignage important de l'art gothique et que sa flèche culmine à quelque 150 mètres; que c'est sur cette belle Place du marché que fut brûlée, en mai 1431, Jeanne d'Arc et que se dresse aujourd'hui, à cet endroit et en son souvenir, une église moderne en forme de bateau renversé et dont les vitraux furent récupérés d'une autre église; que l'Aître Saint-Macloud, aujourd'hui académie des beaux-arts, servit de charnier lors de la grande peste noire qui ravagea la ville au 14è siècle; que le squelette du chat placé en vitrine, près de l'entrée de l'Aître, était celui d'un chat noir symbolisant le diable et placé là pour éloigner le mauvais sort; que le Gros Horloge, achevé fin des années 1300, ne comporte qu'une seule aiguille, celle des heures… parce que les minutes avaient nettement moins d'importance alors en avons nous déduit ensemble; que le palais de justice moyenâgeux est, sans doute, l'une des plus belles construction de la ville… et tant d'autres choses encore comme ce Musée des Beaux-Arts où se côtoient Monet, Sisley, Modigliani, Ingres, Delacroix, Véronèse, Velasquez et Rubens… et dans lequel nous passâmes un après-midi artistique.

Patiente et passionnée, notre hôte l'était. Sa balade urbaine était toute à notre attention et le soleil qui éclairait chaque mot sortant de sa bouche nous faisait oublier l'onde venue des cieux qui nous trempait… Heureusement, après cette escapade culturelle, elle avait prévu un repas - un festin devrais-je dire - pour nous réchauffer le corps comme ses paroles nous avaient réchauffer le cœur et l'esprit. A quatre autour de la table car sa fille, éclat lumineux et métissé de deux cultures si différentes et pourtant si complémentaires, nous y avait rejoint pour partager un nouveau moment de bonheur simple et de joie vraie comme on en ressent que lorsque l'on est entouré d'amis… Les longues discussions que nous avons échangées ont encore renforcés ces liens d'amitié qu'un clavier et un écran avaient un jour initié, qu'une chaude journée catalane avait concrétisé, qu'un vernissage en Basse-Meuse avait conforté et qu'une fugue normande a solidifié plus encore.

Ecorchée mais chaleureuse, vive, ouverte, spirituelle, chaleureuse, aimante, spontanée, sincère, parfois un peu triste mais toujours accueillante… femme dans toute l'acception noble de ce terme, telle est cette Belle au Bois Normand qui nous offrit le gîte, le couvert et qui nous ouvrit les portes de son univers familial l'espace de quarante-huit heures passées à ses côtés. C'était simplement divin de passer ce trop court moment dans son monde. Quand on aime le cœur, nous on aime aussi la chaumière… Plus que jamais, aujourd'hui, nous avons envie de crier à l'envi que cette femme est merveilleuse, qu'elle est unique et que nous sommes fiers de pouvoir compter sur son amitié !

Crie Françoise, aime, déteste, vis tout simplement ! Nous serons toujours à tes côtés pour partager ce que tu voudras mettre en commun avec deux Liégeois qui ont découvert, à Rouen, que l'amitié se renforçait chaque jour un peu plus par la confiance, le partage et la discussion

Olivier et Alida

 

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7 janvier 2004 3 07 /01 /janvier /2004 15:21

En interdisant le voile, n'est-ce pas la liberté que l'on tente de voiler ?


voile.jpgLe dossier du port du voile rebondit en Belgique ! A l'image de la prise de position française d'interdire le voile islamique dans certaines circonstances et/ou lieux, deux Sénateurs belges veulent légiférer dans le même sens au Royaume de Belgique. Il est à noter, immédiatement, que ces deux politiciens - Anne-Marie Lizin (PS) et Alain Destexhe (MR) - vont à contre-courant de la position de leur parti respectif en ce qui concerne le port du voile en Belgique. Personnellement, et pour introduire mon sujet, je dirais que je suis assez opposé à l'idée de voiler une femme ! Mais je suis encore plus opposé à l'idée d'interdire le port d'un voile. Il me faut avouer que je n'aimerais pas que ma compagne porte le voile mais je ne me permettrais pas de le lui interdire si elle souhaitait le porter, pas plus qu'une croix, une étoile de David ou tout autre symbole, visible ou non, d'appartenance à une croyance, une religion, une philosophie ou même à un groupe. Depuis tout petit, dans les cours de morale que j'ai suivi, on m'a bassiné avec des notions de respect des différences, d'acceptation des autres, bref de tolérance… J'ai longtemps cru que je n'étais pas à classer parmi les plus tolérants car je défends des idées bien arrêtées sur des sujets aussi divers que la religion, les extrêmes droite et gauche ou la culture dans son sens le plus général… Mais il appert aujourd'hui que, finalement, je suis plutôt tolérant puisque, si je conserve la même ferveur pour mes idées, j'accepte celles des autres ! Ce qui ne semble pas être le cas de tous… Le port du voile en est, à mon sens un bel exemple !

Si je ne m'abuse, la liberté de culte est reconnue par la Constitution belge. Notre pays reconnaît les religions catholique, musulmane, juive, protestante, anglicane ainsi que la laïcité qui est, selon Bob(1), le caractère de ce qui est indépendant des conceptions religieuses ou de ce qui n'appartient pas au clergé ! Toute volonté de prohiber, en tout ou en partie, le port du voile ou de tout autre symbole religieux ne va-t-il pas, dès lors, à l'encontre de la liberté de culte ? En France, le rapport Stasi - rien que le nom m'amuse puisqu'il rappelle celui de la police secrète de l'ancienne Allemagne de l'est - vise, notamment, à interdire "tout signe manifestant ostensiblement l'appartenance religieuse dans les établissements scolaires" et ce dès la rentrée scolaire de septembre 2004. En Belgique, ce rapport a donc servi de détonateur à deux Sénateurs qui voudraient voir appliquer ces mêmes mesures chez nous. Leur souhait, sans même attendre une étude de terrain menée par le Centre pour l'Egalité des Chances, est de prendre des mesures drastiques et de "faire interdire dans l'enseignement public fondamental et secondaire les tenues et signes manifestant une appartenance religieuse"… par là, nos deux interdiseurs entendent, tchador, grande croix, kippa… bref, ce qui est visible ! L’interdiction s'étendrait aussi aux services publics.

Hier, à la radio, j'ai entendu Anne-Marie Lizin généraliser et dire que pour les femmes, le port d'un voile était un signe d'infériorité ! Je ne conçois pas qu'elle globalise ainsi. Si pour certaines cela peut, effectivement, être le cas, je connais plusieurs jeunes filles musulmanes pour qui porter le voile ne représente nullement un handicap, un problème ou une contrainte. Ce qu'il faut bannir, c'est l'obligation de porter le voile, pas le port du voile en soit ! Ca, ce serait une mesure laïque… Que chacun et chacune soit libre de porter un signe d'appartenance me paraît fondamental tout comme le droit ne pas appartenir à un groupe ou à une idée. Contraindre quelqu'un à porter ou à enlever ces signes me paraît plutôt émarger à une forme d'intégrisme…

Je me souviens, lorsque j'étais à l'école, de ce petit badge que j'arborais sur mon blouson de jeans et qui disait "Ni dieux ni maîtres !"… Si d'aventure quelqu'un avait essayé de me le faire retirer, j'en aurais mis un second à côté, rien que pour confirmer le texte du badge. Il me paraissait déjà important de pouvoir librement m'exprimer - et il existe bien des manières différentes que la voie orale pour s'exprimer - mais cela ne m'empêcha nullement de côtoyer des condisciples qui portaient une croix en médaillon, une rose à la boutonnière ou un tchador… Peut-être est-ce cela la tolérance ? Et pourtant, si je ne m'abuse de nouveau pas, nous étions alors déjà dans un Etat dit laïc… Aujourd'hui, je me demande souvent si la laïcité est compatible avec la notion de liberté de culte ? Au nom d'un Etat laïc, on veut imposer des tenues vestimentaires et des idées… Je dis NON ! Comme je dis non à ceux qui veulent imposer le port du voile, à ceux qui obligent à dire les bénédicités avant le repas(2), à ceux rejettent les croyances ou opinions qui ne sont pas les leurs.

Dans cette société où l'on cherche à balayer les différences, dans laquelle le politiquement correct tend vers l'aseptisation des masses, où l'on essaye de plus en plus de transformer la population en un troupeau de moutons clonés et où pour être accepté il faut entrer dans le moule prédéfini… je me sens, de moins en moins, à l'aise !

Et plus que jamais j'ai envie de faire mienne cette rengaine courte mais ô combien réaliste de Renaud(3) :

Et dire que chaque fois que nous votions pour eux
Nous faisions taire en nous ce cri, "Ni dieux ni maîtres !";
Dont ils rient aujourd'hui puisqu'ils se sont faits Dieux
Et qu'une fois de plus nous nous sommes fait mettre…


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(1) Dois-je encore vous rappeler que c'est ainsi que je surnomme le Petit Robert suite au degré d'intimité quotidienne qui nous lie ?
(2) J'en connais !
(3) "Le tango des élus", sur l'album "Marchand de Cailloux", paru en 1991

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27 juillet 2003 7 27 /07 /juillet /2003 14:05

De la pluie qui a influé sur le dernier grand duel d'un magnifique Tour de France…

ullrich02.jpg"Il pleut sur Nantes…" chantait admirablement Barbara. Imaginait-elle alors planter le décor de l'ultime combat des chefs du Tour du Centenaire ? Oui, la pluie a perturbé ce dernier grand rendez-vous entre Armstrong et Ullrich. L'Allemand aurait-il pu gagner la Tour de France si la pluie n'avait modifié les données d'un contre la montre dont il partait avec les faveurs ? Nul ne saura le dire avec certitude… Une chose est sûre, sans cette ondée continue qui noya le parcours, le résultat de l'étape eut été différent. Mais comme la canicule qui lésa Armstrong à l'occasion du précédent effort solitaire, à Cap Découverte, où il concéda 1 minute 36 secondes à Ullrich, la pluie est un élément qui fait partie du jeu, n'en déplaise au leader de la mythique équipe Bianchi. Il faut pourtant lui tirer sa casquette ! Légèrement en avance, mais pas suffisamment que pour déshabiller de jaune le serein Américain, Ullrich a pris des risques d'autant plus beaux qu'inutiles… Jamais, en effet, sous le déluge nantais il n'aurait pu résorber cette minute et quelques secondes de handicap ! Clairement Jan se battait contre lui-même pour sortir de ce Tour du Centenaire sur un dernier coup d'éclat, sur une victoire certes partielle mais ô combien capitale pour un sportif encore au fond du gouffre quelques semaines plus tôt ! Une chicane, même pas vicieuse, en aura décidé autrement ! En glissant sur la chaussée humide, Ullrich aura eu tout le temps utile à comprendre que son coup d'éclat se brisait…

Est-ce à 10 kilomètres de Nantes, dans les bottes de paille, cerbères de la sécurité de l'Homme et de sa machine, que le champion allemand a perdu le Tour de France ? Certainement pas ! Au matin même de ce dernier grand assaut, en levant les yeux au ciel, il avait compris que c'était fini. Est-ce alors à Luz Ardiden ? Probablement ! Noble chevalier des temps modernes, son panache de patience l'aura desservi alors qu'Armstrong gisait au sol…(1). Mais plus encore que son fair play, je pense que, dans cette fameuse étape, c'est une forme d'attentisme dans le Tourmalet, dernière ascension avant la folle montée vers Luz Ardiden, qui aura été fatale à Jan Ullrich… D'aucuns se sont étonnés qu'il attaqua l'Américain dans le Tourmalet, avançant même qu'il perdît là de précieuses forces pour tenir la comparaison lorsque Armstrong eût démarré… De toutes manières, les moult changements de rythme causés par les péripéties d'Armstrong ont empêché Ullrich de suivre le Postier texan… Ullrich on le sait est un diesel qui monte progressivement en puissance mais incapable de bondir comme un pur grimpeur. Dès lors, je suis convaincu que lorsqu'il lâcha Armstrong dans le Tourmalet, il aurait du produire, là, un effort progressif qui aurait étouffé son rival et qui lui aurait permis de basculer seul au sommet de ce col de légende. Descendeur plus qu'honorable, il aurait alors entamé en solitaire la dernière ascension, celle de Luz Ardiden, et personne n'aurait pu lui reprocher d'avoir continué à son train alors qu'Armstrong était sur le macadam… Il n'aurait, dans ce cas, pas attaqué un homme au sol mais un champion bien sur ses deux roues dans un Tourmalet où il était visiblement moins fort que lui…

Au lieu de cela, l'Allemand tergiversa, se retourna pour voir si l'Américain suivait, hésita… Dans le Tourmalet, Ullrich a commis, à mon sens, sa plus grande erreur dans un Tour de France qui était à sa portée.

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(1) à lire aussi Le Geste D’ullrich

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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