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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 10:12

Après onze années d'existence, Acta Diurna s'arrête !

Lorsqu'il vit le jour, le 19 mars 2003 alors que les premiers missiles américains tombaient sur Bagdad, je n'avais pas imaginé que ce blog perdurerait plus de deux lustres. A l'origine, il a été mis en ligne pour satisfaire mes envies d'écrire sur l'actualité, j'étais sorti du milieu de la presse depuis quelques années et un manque se faisait alors sentir. Aujourd'hui, ce manque a totalement disparu car d'autres activités ont pris place dans ma vie. Entre la communication hospitalière, l'édition, l'écriture de livres sur la communication - le second est en cours de préparation -, l'administration d'une Union Professionnelle de Communicateurs et mes cours de communication à la Haute Ecole de la Province de Liège, cela fait cinq métiers différents à gérer. Ce n'est pas toujours simple, c'est assurément chronophage mais c'est aussi ce qui rend mes journées passionnantes.

Acta Diurna s'est une belle aventure qui repose sur près de 3000 articles publiés (1895 sur l'hébergeur originel, WebzineMaker et 900 sur Overblog) qui resteront en ligne; ceux sur Overblog en tous cas puisque Webzinemaker a fermé l'accès aux compte gratuits lors de sa mutation, en 2011. Mais l'aventure s'achève pour deux raisons majeures :

La première est technique : je n'aime pas la nouvelle version d'Overblog, je la trouve désagréable à gérer et les changements apportés ne valent pas les désagréments liés à la nouvelle interface de gestion. Cela fait plusieurs semaines que je me dis que je vais m'habituer mais, décidément, je n'y arrive pas. Rien à faire, je n'accroche pas ! Je n'ai pas envie de migrer à nouveau vers un autre hébergeur comme ce fut le cas, en juin 2010, pour la transition obligée entre Webzinemaker et Overblog. Pas d'attrait pour la nouvelle mouture d'Overblog et pas envie de migrer... la question était soulevée : quel avenir pour Acta Diurna ?

La seconde est personnelle : depuis quelques temps, je me dis que j'ai envie de récupérer du temps pour le consacrer à autre chose. Du temps, Acta Diurna m'en consomme, sans conteste, beaucoup.

De l'addition de ces deux raisons résulte la fin d'Acta Diurna !

Je vous remercie tous, amis lecteurs, qui avez été fidèle pendant ces onze années, qui avez lu, commenté voire contribué. L'avenir s'écrira ailleurs, d'autres phrases sur d'autres supports mais toujours avec la même envie d'écrire !

A bientôt... ailleurs !

"Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l'avenir !"
(François Mitterrand)

Acta Diurna : clap de fin !
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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 10:01

Dans le cadre de la 100è édition de Liège-Bastogne-Liège, cette anecdote à laquelle je tiens particulièrement et qui remonte à l'époque où j'étais journaliste sportif à La Wallonie.

Créee en 1892, la course cycliste Liège-Bastogne-Liège est la plus ancienne du calendrier ce qui explique son surnom de La Doyenne. Son parcours vallonné en fait aussi une des plus dures du plateau des classiques, c’est aussi l’une des préférées du peloton tant par son parcours que par ses paysages. Liège-Bastogne-Liège a longtemps été l’une des épreuves-phare de la Coupe du Monde de cyclisme avant d’intégrer, en 2005, le Pro Tour mais elle est aussi un des cinq «monuments» du cyclisme d’un jour avec Milan-San Remo, Le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et Le Tour de Lombardie.

L’une des particularités de Liège-Bastogne-Liège est qu’elle s’offre très souvent à un coureur de tours ! Contrairement aux classiques précédentes comme le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix qui tombent dans l’escarcelle de coureurs typiquement préparés pour ces courses, la Doyenne requiert des qualités d’hommes de tours pour s’imposer. Un regard sur le palmarès suffit pour s’en convaincre ; on y trouve, entre autre, les noms d’Eddy Merckx (5 fois vainqueur), Bernard Hinault (2X), Ferdi Kubler (2X), Joseph Bruyère, le régional (2X), Jacques Anquetil, Evgeni Berzin… ou, plus près de notre époque, des hommes fort qui, s’ils n’ont pas remporté de grand tour, s’y sont brillamment comporté à l’instar d’Oscar Camenzind, de Michele Bartoli ou de Paolo Bettini !

Ces images qui restent gravées dans ma mémoire…

Des images restent gravées dans la mémoire de cette épreuve mais aussi dans la mienne. Ainsi, on se souviendra, en 1980, de Bernard Hinault triomphant en solitaire et en héros des éléments – une tempête de neige qui décima le peloton – avec près de 10 minutes d’avance sur ses poursuivants, Kuiper et Claes. En 1999, l’attaque tranchante de Frank Vandenbroucke dans la côte de Saint-Nicolas, dernière difficulté du parcours, laissa irrémédiablement cloué sur place le néerlandais Boogerd qui devra se contenter du premier accessit. Le quasi surplace effectué, en 1985, par Claudy Criquielion et Stephen Roche, dans l’ultime ligne droite qui permit à Moreno Argentin de revenir et de coiffer les deux hommes sur le fil al
ors que la course était promise à l’un d’eux… si seulement ils ne s’étaient pas regardé trop longtemps en chiens de faïence ! On gardera encore en mémoire le cinquième succès, en 1975, d’Eddy Merckx – record toujours inégalé – qui l’emporta devant Thévenet, celui-là même qui allait le détrôner au Tour de France au mois de juillet suivant ou encore la victoire du quasi-inconnu Steven Rooks, en 1983, qui allait devenir un excellent coureur de tours par la suite et de briller de mille feux dans l’Alpe d’Huez…

J’ai conservé, personnellement, un souvenir impérissable de la Doyenne. C’était en 1994, j’étais jeune journaliste et je couvrais, pour feu le quotidien La Wallonie, Liège-Bastogne-Liège. J’avouais un faible, à cette époque, pour le Suisse Tony Rominger dont j’appréciais l’attitude combattante sur le vélo. A quelques kilomètres de l’arrivée, un groupe de cinq ou six hommes était en tête et la victoire ne pouvait échapper à l’un d’eux. Il y avait notamment dans ce groupe Evgeni Berzin, Lance Armstrong, qui n’était pas encore l’Ogre survitaminé du Tour qu’il allait devenir, l’Italien Furlan et Tony Rominger. Quel plus beau final pouvais-je imaginer pour la couverture de ma première – et hélas seule ! – Doyenne ? Je me voyais déjà interviewer Rominger sur sa victoire. Mais, au pied de la côte de Montegnée, que l’on empruntait pour la première fois ce
tte année-là je crois, Rominger crève et doit laisser partir ses compagnons d’échappée. Berzin triomphe au sprint devant Armstrong et le pauvre Rominger doit se contenter de la cinquième ou de la sixième place. Il termine seul sur la ligne d’arrivée à Ans, intercalé entre le groupe duquel la poisse l’a extrait et le peloton. Amer car il était persuadé de pouvoir jouer la gagne.

La coutume veut, en cyclisme, que les médias du pays du vainqueur de la course aient la priorité pour l’interviewer. Mais rien n’est dit, même tacitement, pour les autres coureurs. Aussi me précipitais-je vers Rominger qui, un peu à l’écart, s’épongeait avec une serviette. Je lui demande s’il peut m’accorder une interview… «Oui» me répond-il en me demandant quelques minutes pour récupérer. Je patiente donc et je vois arriver vers Rominger le chevronné journaliste-vedette de France 2, Gérard Holtz qui demande également au coureur de s’exprimer sur sa défaite malchanceuse. Tout de suite, j’ai pensé qu’Holtz allait me griller et passer devant moi mais Tony Rominger lui a répondu : «Je vais répondre mais avant je répondrai à ce jeune homme». Il parlait de moi ! Oui Rominger m’a fait passer avant Gérard Holtz et il a répondu avec gentillesse à mes questions malgré sa très grande déception. Un grand sportif doublé d’un grand homme ce Rominger ! Je n’ai jamais oublié cette interview, elle reste le meilleur souvenir professionnel que je puisse avoir…

 

Quelques mots avec Rominger
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:56

Qu'est ce que j'aurais aimé vivre là et à cette époque de contre-culture et de changements !

Que ce soit en termes de cinéma, de musique, d'arts ou  de société, l'Angleterre est un phare culturel inaliénable. La culture anglaise a révolutionné le 20è siècle ! Elle l'a influencé plus que toute autre, atteignant son paroxysme dans les années' 60. Londres est, alors, la capitale mondiale de la culture. On parle alors, en musique, de British Invasion(1) pour témoigner de l'omniprésence du rock anglais sur le monde. A cette époque, l'économie anglaise amorce une reprise qui met fin à la longue période d'austérité qui pesa sur les Britanniques depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le pouvoir d'achat s'élargit et les couches les moins aisées de la population ont accès à la consommation. A partir de 1964/1965, au départ de Londres, une forme de contre-culture se met en place, elle amorce une mutation profonde de la société anglaise jusqu'alors très conservatrice. Mary Quant impose la mini-jupe et Londres devient la capitale de la mode, Carnaby Street devient le haut-lieu de la culture underground, la musique pop(2) s'impose avec des groupes comme The Kinks, The Yardbirds, The Moody Blues, The Shadows, The Hollies, The Animals et, bien entendu, The Beatles qui explosent à travers le monde, voire même The Rolling Stones qui s'aventurent, alors, autant dans la pop que dans le rock. Dans le même temps, le cinéma anglais plonge dans sa Nouvelle Vague qui fait la part belle aux univers ultraréalistes et qui préfigure le cinéma social à venir; Michael Caine, Alan Bates, Tom Courtenay, Julie Andrews, Vanessa Redgrave ou Albert Finney deviennent les stars de ce nouveau cinéma européen dont les réalisateurs vedettes (Tony Richardson, John Schlessinger, ken Annakin, Lewis Gilbert...) n'hésitent pas une seconde à introduire le sexe dans leurs films, surfant sur la vague de la libéralisation des moeurs qui se met en place.

Le changement gagne tout le pays et, pendant que la société anglaise négocie le virage, les partisans de la Vieille Angleterre tentent de subsister en conservant leurs valeurs ancestrales et conservatrices. La société anglaise est aussi divisée que dans l'immédiate après-guerre mais, cette fois, c'est le modernisme qui prend le pas sur la conservatisme et l'on assiste à une ouverture sociale dans laquelle les classes les plus aisées se mélangent aux classes moins favorisées. Les masses populaires et laborieuses profitent des trente Glorieuses pour découvrir la consommation, en effet, l'augmentation du pouvoir d'achat réduit le fossé qui séparait encore les classes supérieures (aristocratie, noblesse et haute bougeoisie) et les classes populaires. Concrètement, les classes supérieures se "bohémisent" tandis que les classes ouvrières s'embourgeoisent pour se retrouver autour des mêmes plaisirs et loisirs. L'hédonisme devient une valeur commune, un mode de vie. L'esthétisme se niche dans la mode, dans le design, dans la vie de tous les jours... Les Mods (abréviation de Modernistes), des jeunes issus des classes prolétaires imposent leur style de vie axé sur la fête, la joie de vivre et l'apparence.

Time Magazine donne, en 1966, à ce mouvement le nom de Swinging London (Le Londres qui bouge, qui balance). Une série télévisée, The Avengers (connue chez nous sous le titre Chapeau Melon et Bottes de Cuir), illustre parfaitement le Swinging London; John Steed représentant la haute bourgeoisie déliquescente opposée au modernisme populaire symbolisé par Emma Peel.


Swinging London c'est avant tout une révolution culturelle, une période de positivisme unique au 20è siècle axée sur la recherche des plaisirs et l'envie de vivre à 100 à l'heure. C'est une courte ère de changement, de vraie rupture avec le passé dans une Angleterre encore très duale à l'époque. C'est une période de grande activité artistique, culturelle et sociale qui a influencé toutes les périodes suivantes juqu'à l'aube de ce bien triste 21è siècle. C'est enfin la période et l'endroit auxquels j'aurais aimé vivre... si j'avais eu le choix !


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(1) le terme est inventé par les médias américains pour qualifier l'introduction massive des groupes anglais aux Etats-Unis
(2) Popular Music abrégée en Pop Music


 

Swinging London
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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:16

christmas.jpgActa Diurna souhaite à tous ses lecteurs un merveilleux Noël 2013...

L'année a filé à la vitesse de la lumière, nous voici déjà à l'entame de sa dernière semaine. En 2013 encore, c'est depuis Londres que je vous souhaite un Joyeux Noël ! Vous avez encore été plus de 100.000 à lire les différents articles parus dans les différentes rubriques, je vous en remercie chaleureusement, cela m'encourage à continuer encore même si cela devient parfois compliqué avec les différentes activités qui sont les miennes. 2013 a été consacrée en grande partie à l'écriture de mon premier livre, Vade-mecum de la communication externe des organisations, qui est disponible depuis le 12 novembre dernier mais aussi par les cours - leur préparation surtout ! - que je donne désormais à la Haute Ecole de la Province de Liège, tout ça en plus de mon travail de tous les jours dans la communication hospitalière. Cette abondance d'activités explique qu'il y a eu un peu moins d'articles que les années précédentes. Acta Diurna a fêté ses dix ans, cette année... il fêtera donc son onzième anniversaire en mars prochain ! Cette année, vous avez été particulièrement nombreux à suivre la série de l'été consacrée à l'histoire des standards de la musique du 20è siècle, cette série sera donc reconduite à l'été 2014. La continuité sera donc la ligne de conduite d'Acta Diurna pour l'année qui arrive. Avant 2014, je vous invite à lire également la traditionnelle rétrospective de l'année qui sera publiée le 30 décembre prochain...

D'ici là, je vous souhaite un Joyeux Noël !

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 10:47

A propos du temps qui passe et qui ne m’effraie plus.

 

temps.jpgAlors que le cap de la trentaine a été l’un des pires moments de mon existence parce que je voyais fuir à longues enjambées l’insouciance de mes vingt ans, la quarantaine, pourtant déjà bien entamée, ne m’effraient pas le moins du monde… Autant vieillir me faisait peur voila une paire de lustres, autant les jours qui défilent et me rapprochent – à longue échéance osé-je espérer – de la fin inéluctable qui nous attend tous m’apparaissent comme l’évolution logique et sereine de la vie. Le temps qui passe n’est pas forcément synonyme de désagréments ! Certes il m’arrive de m’essouffler davantage aujourd’hui dans des escaliers trop raides ou dans des relations trop molles et parfois de croire que je m’approche d’une sagesse qui ne viendra de toutes manières jamais, mais au décompte – pas encore à l’autopsie, seulement au décompte ! – je m’aperçois que vieillir n’est pas désagréable ! Il s’éloigne ce temps où, jouvenceau inconscient, je courrais de relations humaines en amours futiles et éphémères ; il se rapproche ce temps où je m’étendrais au coin de l’âtre avec, pour unique compagnon, mon vieux chat sur les genoux. Finalement, cela n’est pas fait pour me déplaire car avec le temps qui passe, je m’aperçois aussi que je tire souvent bien plus de joies de mon chat que des humains… Avec le temps la misanthropie s’installe semble-t-il ! Je m’aperçois que ce temps qui fuit emporte avec lui des comportements pour laisser place à d’autres. Oui, les actes, les pensées et la vision des choses évoluent avec les rides… Même s’il reste un vieux fond de personnalité commun, qui ne changera jamais je pense, je ne suis plus aujourd’hui comme j’étais à 20 ans…

J’exultais à l’idée d’une soirée estudiantine savant mélange de libations et de bruit ; je me complais, dans le silence de ma cave, à regarder vieillir mes Châteauneuf, mes Saint-Amour et mes Juliénas.

Je trépignais devant un cinéma ou un stade ; je rechigne à franchir les portes de ces endroits qui ont mal évolué leur préférant, je le confesse, le confort douillet de mon nid.


Je savourais les doux moments de mes plages estivales et espagnoles ; je me délecte des musées londonniens, de la tépidance de cette ville somptueuse.

Je dévorais Sartre, Camus et Vian ; je leur préfère Christie, Conan-Doyle, Steinbeck et Huxley.

Je n’imaginais pas vivre sans m’activer ; je découvre avec ravissement les joies de la paresse.

Je pouvais enchaîner les nuits blanches sans avoir d’idées noires ; il me faut la nuit noire pour dormir et éviter les affres de la page blanche.

J’aimais le froid piquant et sec de l’hiver ; la douce torpeur des soirées d’été me convient davantage.

A l’inconscience des gestes fous que je posais je substitue, quitte à y perdre en spontanéité ce que je gagne en maturité, la réflexion d’actions plus étudiées.

Quarante-cinq ans, c’est demain ! Enfin après demain… dans quelques mois. Mais force m’est de constater que mon corps et mon esprit s’accommodent bien mieux de ce carré de décennies qu’ils ne le firent de cette vingtaine où l’on se croit pourtant invincible ! Dans les livres, de la vie, de mes expériences, de mes erreurs et de mes succès j’ai appris ! J’ai construit la personnalité de l’homme que je suis aujourd’hui ; imparfait, têtu, souvent bougon et toujours impertinent. Je confesse, non sans une pointe de fausse modestie, que cet homme me plait assez. Futur quadra ardent aux plaisirs, ayant tous les goûts pour jouir, faisant tous les efforts pour vivre dans une société immonde ; insolent par obligation pour faire face à la morgue des grands ; libre ici, muselé là selon qu’il plait au destin ; laborieux par nécessité mais paresseux avec délices ; photographe par délassement ; musicien raté par déception ; écriveur par folles bouffées… Tel est l’homme que je suis devenu au gré du temps qui passe. Et si vous voyez une analogie avec le Figaro de Beaumarchais, ne cherchez pas c’est volontaire ! Encore que les plus littéraires auront remarqué que j’ai cessé l’analogie juste avant le désabusement de Figaro, et pourtant…

Vieillir ne présente pas que des désagréments ! Cette réalité acquise, il m’apparait urgent de vieillir tout doucement sans me prendre la tête mais en profitant de chaque jour qui passe, de toutes manières, beaucoup trop vite… Carpe Diem !

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 10:27

Il y a 50 ans, John Fitzgerald Kennedy était abattu à Dallas. Retour sur un livre qu'il écrivit en 1955 et qui a marqué mon esprit de jeune candidat politique lorsque je l'ai lu...

JFK.jpgLes médias traditionnels ne manquent pas de revenir sur les événements tragiques du 22 novembre 1963, à Dallas, et sur la vie bien trop courte d'un Président qui marqua l'histoire du 20è siècle. Acta Diurna n'est donc pas l'endroit pour le faire... Cependant, il fallait bien marquer, d'une façon ou d'une autre, le 50è anniversaire de cet assassinat, de cet événement qui changea l'histoire contemporaine. J'ai donc choisi d'évoquer un livre, un ouvrage écrit par JFK avant qu'il n'accède à la plus haute fonction américaine : Profiles in courage (traduit en français par Le courage dans la politique). Ce livre faisait partie de la bibliothèque de mon père, il est désormais dans la mienne car il m'en fit cadeau le jour où je lui dîs que je voulais faire de la politique. "Alors, tu dois lire cet ouvrage ! il t'apprendra ce que c'est que d'avoir du courage quand on fait de la politique" m'avait-il dit en substance. Je l'ai lu, dévoré devrais-je dire... et je ne peux que le conseiller à tout ceux qui font de la politique aujourd'hui, y compris parmi les plus aguerris, ils y apprendront des choses. Mon aventure en politique a tourné court sans doute parce qu'il y avait un abîme entre le courage dans la politique tel que le développa John Fitzgerald Kennedy dans son ouvrage et le courage des politiciens que j'ai rencontré... Déception !

Lorsqu'il s'attaque à la rédaction de Profiles in courage, en 1955, JFK est Sénateur du Massachussetts. Son expérience politique est longue de neuf années - six comme Représentant à la Chambre, trois en tant que Sénateur - et, déjà les ambitions présidentielles naissent en lui. Il se remet péniblement de deux lourdes opérations à la colonne vertébrale et profite de sa convalescence pour rédiger. Son idée est de dresser, avec l'aide de plusieurs de ses collaborateurs, une série de biographies courtes d'hommes politiques qui ont du affronter l'adversité à un moment de leur carrière et qui l'ont fait sans défaillir, en faisant face à une situation d'une manière courageuse qui n'était pas forcément celle attendue par le peuple, par leur parti ou par les observateurs de la politique. Bref, des hommes politiques qui ont refusé de courber le dos, qui ont conservé leurs idéaux contre vents et marées ou qui ont choisi de poser des actes qui servaient davantage la politique que leur renommée personnelle ou celle de leur parti. Ainsi Kennedy dresse-t-il les portraits de huit Sénateurs qui l'ont marqué par leur courage dans l'exercice de leur charge politique : John Quincy Adams, Daniel Webster, Thomas Hart Benton, Samuel Houston, Edmund G. Ross, Lucius Lamar, George Norris et Robert Taft.

John Fitzgerald Kennedy n'a jamais manqué de courage dans son approche politique, dans la gestion de la Crise des Missiles  de Cuba, dans ses prises de positions contre la ségrégation raciale ou dans son programme Nouvelle Frontière qui heurta le Congrès à plusieurs reprises notamment. Il s'est tôt intéressé à la thématique du courage dans l'action politique puisqu'elle constituait déjà le sujet de sa thèse à Harvard(1) dans laquelle il développa l'incapacité des dirigeants britanniques à réarmer le pays, dans la seconde moitié des années '30. Parce que la population ne voulait pas entendre parler de réarmement dans une période de crise suite à la Grande Dépression de 1929, les dirigeants anglais plièrent alors que se profilait pourtant nettement le spectre de la seconde guerre mondiale.

Extraits du livre Le courage dans la politique, de John Fitzgeral Kennedy :

"Un homme doit faire ce en quoi il s'est engagé - en dépit des conséquences personnelles, des obstacles, des dangers des pressions - c'est la base de toute morale humaine".

"Si par Libéral ils entendent quelqu'un qui regarde devant et non pas derrière, quelqu'un qui accueille les idées nouvelles sans être rigide, quelqu'un qui se soucie du bien-être des personnes, de leur santé, de leur logement, de leurs écoles, de leur emploi, de leurs libertés civiques et civiles, quelqu'un qui croit que l'on peut sortir d'une impasse... Si c'est cela qu'ils veulent dire par Libéral, alors je suis fière de dire que je suis un libéral".

- "Le vrai politique c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions".

- "Car, en dernière analyse, notre point le plus commun est que nous habitons tous cette même petite planète. Nous respirons tous le même air. Nous chérissons tous le futur de nos enfants. Et nous sommes tous mortels".

Publié le 1er janvier 1956, Profiles in courage est devenu rapidement un best-seller et a remporté le Prix Pulitzer en 1957.

A lire : une présentation complète de l'ouvrage (en anglais) sur le site du Sénat américain

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(1) Why England Slept, thèse défendue par John Fitzgerald Kennedy et publiée en 1940. L'ensemble des bénéfices générés par les ventes du livre en Angleterre a été cédé à la ville de Plymouth bombardée par la LuftWaffe pendant la Guerre.

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 10:29

Renaud a été le témoin d’une époque décevante, il est aussi celui de mes sentiments…

 

renaud.jpgL’on me demandait, il y a peu, qui était le plus grands de tous les artistes de la chanson française. Bien sûr mon esprit vagabonda sur plusieurs noms : Brel, Gainsbourg, la môme Piaf, Barbara… voire encore Brassens ou Lavilliers. Mais le tout premier nom qui m’est venu en mémoire lorsqu’il s’est agi d’associer la chanson française et son plus grand représentant est celui de Renaud ! Je le concède volontiers j’ai grandi avec Renaud du HLM à la Pèche à la Ligne, toute mon adolescence a été bercée des paroles de ses chansons ; Manu, Angelo, Slimane et Gérard Lambert comptaient parmi mes potes les plus fidèles. Renaud plus qu’un simple chanteur est, avant tout, un témoin de son époque. Du courant de révolte de mai ’68 à la détention arbitraire d’Ingrid Betancourt, il évoque au fil de ses textes l’actualité d’une société en pleine décadence qui survit à la limite de ses ressources et que ce putain d’Homme chaque jour assassine… A travers les yeux d’un ados immigré de la deuxième génération qui vit à la Courneuve, Renaud évoque, déjà en 1983, le problème des banlieues tout comme il aborde la sale guerre du golfe, développe son antimilitarisme avoué, rapporte un braquage qui se termine dans le sang, narre le désabusement de la jeunesse, constate la médiocrité humaine ou se désespère de la politique d’une gauche qu’il soutient pourtant toujours… avec des mots percutants mais souvent empreints d’une poésie indéniable. Car poète, le Titi Parisien l’est assurément ! Ces chansons intimistes, qui touchent tantôt ses proches tantôt des personnalités qu’il apprécie, sont autant de morceaux de poèmes puisés au fond de ses tripes, mots qu’ils couchent sur le papier écrits à l’encre de ses veines…

Oui, sans hésiter, pour ce subtil mélange de révolte, de tendresse et d’engagement ; pour cette histoire personnelle qui est la sienne, qui lui assure un vécu qu’il peut traduire dans ses textes et que les chanteurs préfabriqués des émissions de variétés de la télé-réalimerde ne pourront jamais avoir ; pour cette émotion qui l’envahit et que l’on peut ressentir dès qu’il prend un micro face à une caméra… oui, pour toutes ses raison, à mes yeux Renaud est le plus grand chanteur qu’ait enfanté la chanson française !

Pourquoi, dès que j’ai pu appréhender la portée de ses textes, ai-je été séduit par Renaud ? Probablement parce que je me retrouve assez dans plusieurs des positions qu’il a défendues au fil de ses albums. Peut-être aussi parce que, à son image, je suis déçu d’avoir été… déçu par certains de mes idéaux ! Je ne dirais pas que j'ai plus d'amour, plus d' plaisir, plus de haine, plus d' désirs, plus rien… ce serait aller trop loin mais assurément je suis fatigué d'espérer et fatigué de croire à ces idées brandies comme des étendards et pour lesquelles tant d'hommes ont connu l'abattoir. Alors en limitant mon entourage, je m’isole de toute contrainte qui me déplait. Pour vivre heureux, je vis caché au fond de mon bistrot peinard, dans la lumière tamisée, loin de ce monde de bavards.

Au plus les grains s’écoulent dans le sablier de ma vie au plus l’humanité me désole. Quelques vieux malades, imbéciles et grabataires se partagent l'univers tandis que nous petites gens du peuple n’avons que le droit de nous taire et d’accepter… Accepter un monde où, quoi qu’on en dise, la religion la plus puissante est celle du Dieu Pognon. Un monde de nantis où le fric autorise à se croire à l’abri et de la cour d’assise et de notre mépris. Car heureusement il me reste un vieux fond de haine anarchiste remontée à la surface, réminiscence de cette adolescence baignée des écrits de Bakounine, de Francisco Ferrer, de Ravachol, de Quico Sabate, de Léo Ferré et de Renaud… Oui, je suis content de l’avoir retrouvé ce vieux fond de haine ! Mais quand ces grabataires imbéciles feront péter la planète moi, j'aurais l'air malin avec ma bicyclette, mon pantalon trop court, mes bouquins de Desproges, mon amour, mes chats et mon t-shirt du Che. Hasta la victoria siempre ! Même à ça je ne crois plus, mon vieil Ernesto… Fini de croire en un monde plus juste, c’est impossible il est définitivement inique et cynique. Trop de grabataires nantis ont intérêt à ce qu’il perdure ainsi ! Fini de croire que les plus p'tits pouvaient s' débattre sans être les plus morts. Longtemps j’ai eu envie de hurler Tuez vos dieux à tout jamais car, quelle qu’elle soit, sous aucune croix l'amour ne se plaît. Cette envie s’était mise en veilleuse mais, attisée par le vent de ma révolte, je la sens lentement se raviver… Tuez vous idoles, plus que jamais !

Faut plus compter sur moi pour m’entourer de gens que je n’apprécie pas ! Plus question de faire l’effort de supporter des gens qui m’indisposent, dont le discours est emplit de haine déguisée et de paroles vaniteuses. Je suis fatigué du mensonge et de la vérité que je croyais si belle, que je voulais aimer et qui est si cruelle que je m'y suis brûlé. Dans la bouche de ceux qui nous dirigent – pas seulement les politiques – le mensonge et la vérité se confondent de plus en plus souvent. Alors je trie, je sélectionne pour ne garder autour de moi que des gens qui en valent la peine. Bon ça ne fait pas beaucoup de monde alors, pour m'sentir appartenir un peuple à une patrie, moi aussi j' me suis inventé des frangins, des amis qui crèvent aussi…Tous les matins quand je me lève, je me dis que c'est quand même un peu galère d'aller chaque jour au chagrin… L’autoradio me crache au visage les drames de la veille et la route est livrée aux cons motorisés. Alors j’ai envie de chialer… J'ai la vie qui m' pique les yeux, j'ai mon p'tit cœur qu'est tout bleu. Dans ma tête j' crois bien qu'il pleut, pas beaucoup, mais un p'tit peu. Puis je pense à toi, mon amour, qui parvient au prix de maints efforts à entretenir la flamme de ma vie… Tu me parles de Paris, de Barcelone ou Londres et je souris en me disant qu’il y encore bien des choses à voir en ce bas-monde avant qu’il n’implose emporté par bien plus de gris que de rose.

Partons, partons nous oxygéner quelques jours à Londres ou à Paris, sur les traces de Renaud, où l’on ne connait personne et où personne ne nous connait. Paris qui me ramène encore à Renaud qui en parlait avec tant de poésie… Chante, Rouge-gorge le Temps des Cerises. Savigny-sur-Orge paraîtra moins grise. Chante aussi Paname que les assassins ont livré aux flammes sans brûler leurs mains. Chante la mémoire que Doisneau préserve de Paris, le soir d'avant qu'elle crève. Chante la bâtarde, Paris-la-soumise que Doisneau regarde et qui agonise.

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 08:00

Réminiscences de rentrées des classes...

rentree.jpgJe me souviens de rentrées des classes pluvieuses ! Je ne sais pas pourquoi, lorsque j’y repense, mes rentrées des classes sont toujours maussades... Celles du primaire en tous cas ! Il est, évidemment, impossible que tous les 1er septembre compris entre 1975 et 1980 aient été pluvieux mais ma mémoire les associent irrémédiablement à la grisaille... Et pourtant, l’école reste quand même un lieu où se cultivent les bons souvenirs. Ainsi, j’ai encore dans un coin de ma mémoire l’image d’une petite espagnole aux yeux fripons et au nez mutin qui me faisait complètement craquer... déjà ! Gloria, c’était son prénom ! Je ne sais pas du tout ce qu’elle a pu devenir mais, j’aime à penser qu’aujourd’hui elle se souvient, elle aussi, de quelque rentrée scolaire...


Ah ces retrouvailles, sommes toutes, agréables avec les copains. Nos bavardages incessants dans la cour de récréation pour se narrer les vacances ; c’était à celui qui en rajouterait le plus pour prouver que ses vacances avaient été les plus belles... Puis sonnait la cloche ! Découverte d’un nouvel instituteur. Angoisse ! Allait-il être sympa ? Sévère ? C’est qu’il allait falloir vivre avec lui jusqu’au mois de juin suivant, au moins... Rapidement on était fixé ; globalement ils étaient plutôt agréables ces nouveaux mentors ! Je me souviens pourtant d’un, Monsieur Mariette, en dernière année primaire, qui était assez sévère ! Directement, il avait planté le décor, s’affirmant comme le maître à bord et remettant déjà à leur place deux ou trois trublions qui, du haut de leur 11 ou 12 ans, essayaient de l’impressionner, pensant tout savoir... Je dois avouer que c’est de Monsieur Mariette que je garde le meilleur souvenir. Il a participé activement au développement du caractère qui est le mien aujourd’hui ; têtu, obstiné et curieux de tout !

Ainsi, je me souviens - c’était au cours des premières semaines de cette dernière année du cycle primaire - d’avoir évoqué dans une rédaction «des amours éternelles». Lors de la correction orale, Monsieur M. me demanda pourquoi j’avais féminisé mon amour ? «Ne dit-on pas un amour de vacances ?» l’entend-je encore me dire... Si, mais la langue française est d’autant plus belle qu’elle est remplie d’exceptions ! Aussi savais-je déjà que si l’amour est masculin au singulier, il se féminise au pluriel... Pendant de longues minutes, il essaya de me faire changer d’avis devant une classe qui se mit à son diapason. Finalement, il salua mon opiniâtreté et annonça à la classe médusée que j’avais raison... Seul contre tous ! Aussi n’ai-je jamais oublié depuis ce jour que orgue, délice et amour sont les seuls mots français qui changent de genre en changeant de nombre ! Il m’arrive encore de croiser Monsieur Mariette au détour d’une exposition ou dans un commerce. Jamais je ne manque d’aller à sa rencontre pour le saluer. Il ne saura jamais combien je le remercie pour l’enseignement qu’il m’a donné.

Mais trêve de digressions, revenons à la rentrée des classes. La distribution du fameux «journal de classe» (ndlr existe-t-il aussi en France ou au Québec ?) dans lequel allaient être consignés toutes les occupations journalières, tous les devoirs à faire et, bien entendu, les notes - bonnes ou mauvaises - récoltées tout au long de l’exercice scolaire. Cette distribution était accompagnée des sempiternelles recommandations de protection et de surveillance dudit livret auquel nous devions tenir autant qu’à la prunelle de nos yeux. Restait alors, au terme de cette première journée d’école, à aller se fournir en matériel nécessaire pour travailler dans de bonnes conditions. Les achats scolaires ne se faisaient pas, alors, un mois avant la rentrée comme c’est le cas désormais... Non, l’instituteur nous communiquait une liste du matériel utile et nous allions, avec les parents, chercher ce maudit rapporteur qui nous ferait suer sur un calcul d’angle quelques semaine plus tard ; ce satané compas qui ne manquerait pas de nous piquer le doigt, maladroit que nous étions ; cette belle latte en bois qui ne tarderait pas à être griffonnée de mots aussi inutiles désormais qu’importants sur le moment... Ah que j’aimais ce moment où devant un rayon bien achalandé il me fallait choisir mon stylo, mon plumier et mon feutre rouge ! Nous n’avions pas beaucoup d’argent à dépenser, d’autant moins que nous étions trois à rentrer à l’école à des degrés divers mais, chaque année, mes parents nous permettait de choisir un petit objet futile - gomme en forme de tomate, cartouches d’encre mauve ou cahier de brouillon avec un Mickey sur la couverture - qui nous aiderait (? ? ?) à affronter cette nouvelle dure année scolaire qui se présentait. Que de beaux souvenirs...

Finalement, les rentrées scolaires, c’est encore 30 ans après qu’on les apprécie le mieux !

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 19:43

L'ennui naquit un jour de l'uniformité... L'uniformité nait toujours de l'imbécilité !

desigual.jpgAinsi donc une célèbre marque espagnole de vêtements prêt-à-porter vient d'ouvrir une boutique à Liège, une seconde est même déjà prévue pour la fin du mois de septembre dans une galerie commerciale en périphérie de la ville. Cette marque dont le leitmotiv est "La Vida es chula" ("La vie est chouette") n'était pas encore présente en Cité Ardente, à ma grande joie dois-je dire. J'ai connu la marque à Barcelone tout au début des années 2000 (c'était en août 2000 précisément) dans une petite boutique à l'ombre de l'église Santa Maria del Mar, dans le Barri Gotic. A l'époque, même si elle existait depuis une quinzaine d'années déjà, elle restait plutôt inconnue en dehors de la Catalogne. Puis, elle a pris son envol à grand coup de campagnes marketing aussi racoleuses que peu élégantes - du genre Venez à poil et on vous offre un t-shirt - pour devenir une vraie chaine internationale ultracommerciale. Autant je la trouvais originale et sympathique lorsqu'elle était méconnue dans nos contrées, autant j'en ai une indigestion aujourd'hui. J'ai comme l'impression qu'il FAUT porter du D.....al désormais, c'est tendance, c'est incontournable. Chez les femmes bien plus que chez les hommes, avoir des vêtement de cette marque est un must. On en voit partout, dans la rue sur dix femmes qui passent au moins trois ont une veste, une blouse et/ou un sac D.....al. Pierre Desproges disait : "Quand quarante personnes s'habillent comme un con, c'est l'Académie Française. Quand mille personnes s'habillent comme un con, c'est l'armée française"(1). J'ai envie d'ajouter quand des milliers de personnes s'habillent comme un con, c'est D.....al ! Il y a quelques jours, dans un ascenseur, une trentenaire bobo était toute heureuse d'exhiber à sa copine son nouveau sac à main. "Tu as vu, c'est un D.....al" affirmait-elle fièrement ajoutant qu'elle avait casqué plus de cent euros pour l'acheter. Son amie qui l'accompagnait répondit qu'il était effectivement beau mais que sa cousine avait le même. "Mais il est quand même beau" termina la première... Uniformité ! Car le vrai souci, à mes yeux est que les vêtements et accessoires D.....al se ressemblent tous. Si l'on prend cent vêtements et accessoires de prêt-à-porter de marques différentes, que dans le tas il y a dix articles D.....al, ils seront facilement répérables tant ils sont semblables. Ils sont différents des autres, c'est ce que voulait Thomas Meyer lorsqu'il créa la marque, en 1984. Oui, totalement différents des autres... mais totalement semblables entre-eux aussi ! Alors, quand plusieurs milliers de personnes s'habillent en D.....al, forcément elles se ressemblent ! Il faut tellement avoir du D.....al que des copies made in Taiwan de piètres qualités se trouvent sur les marchés pour que les pauvres puissent aussi avoir l'illusion de D.....al ! 

L'être humain est ainsi fait qu'il veut absolument ressembler à son voisin, à son collègue ou à son ami. A Londres cet été, j'ai été sidéré par le nombre de touristes qui faisaient la file dans le magasin D.....al de Regent Street. C'est fou parce que la plupart parlaient espagnol ! C'est un produit de chez eux, on le trouve chez eux mais c'est chez D.....al qu'ils vont faire leurs emplettes à Londres. Ceci dit, c'est pareil pour des marques comme E..rit, P...ark, F..t L...er, S.....ry ou J..c & J...s; elles sont toutes sur Oxford Street et/ou Regent Street mais on les trouve partout en Europe. Et pourtant c'est sur ces enseignes que se ruent les touristes assoiffés de shopping londonien alors que quelques mètres plus loin, à deux pas de ces artères commerciales, se trouvent des petites boutiques de créateurs ou même de prêt-à-porter que l'on ne trouve qu'à Londres ou en Angleterre dans lesquelles ces acheteurs pourraient dégoter des fringues différentes, plus originales et souvent moins chères. Mais l'être humain à besoin de ses points de repères, tant pis s'il ressemble à son voisin. Pourquoi aller jusqu'à Londres pour faire les même magasins que chez soi ? Quel est l'intérêt ? "T'as vu mon jeans, je l'ai acheté à Londres ?"... Oui, mais il vient de chez P...ark et il y a le même dans à la MédiaCité. C'est imbécile !

Je m'éloigne de D.....al - ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi - qui était à l'origine de cette chronique. C'est tendance, ça ne le sera plus dans quelques mois, mais en attendant on en voit partout. Ce besoin de se fondre dans la masse est assez récurent chez l'Homme, comme s'il avait cette impression qu'il a été créé à partir d'un moule et qu'il est obligé d'entrer dans un canevas commun à ses semblables. Les foules moutonnières marchent comme un seul homme et se laissent diriger, à grand coup de marketing commercial, dans leurs comportements de consommation. C'est un phénomène typique de la société industrielle qui a permis au plus grand nombres, aux masses, d'acquérir des biens par la production en grande quantité qui a limité les coûts de production et donc les prix de ventes. Et pourtant, il existe suffisamment de produits de prêt-à-porter différents que pour satisfaire des goûts et des comportements différents. Mais non, il faut s'habiller de la même façon que l'autre. C'est encore plus flagrant chez les adolescents qui arborent les mêmes tenues et les mêmes accessoires pour les agrémenter. S'habiller de façon similaire pour se ressembler, une forme de sentiment d'appartenance à un groupe nécessaire à l'être humain ? Probablement ! Mais ce comportement est aussi dicté par l'envie de posséder... et de posséder à moindre coût si c'est possible. Lorsque D.....al lance, en 2006, son opération Venez à poil et on vous offre un vêtement, ses têtes pensantes sont sûres de frapper un grand coup car l'être humain est prêt à (presque) tout pour avoir un truc gratuit. S'exhiber à moitié nu dans les rues d'une ville pour avoir un t-shirt gratuit est un comportement primitif et imbécile car il ne répond à aucun raisonnement intelligent. On en est là dans la société de consommation ! 

Si comme l'a écrit Antoine Houdar de la Motte : "C'est un grand agrément que la diversité. Nous sommes bien comme nous sommes. Donnez le même esprit aux Hommes. Vous ôtez tout le sel de la société. L'ennui naquit un jour de l'uniformité"(2), cette pensée s'adapte désormais parfaitement aux comportements consumméristes. Il faut un écran plat aussi grand que celui du voisin, il faut une voiture au moins aussi puissante que le collègue, il faut un sac D.....al comme celui de la femme de l'ascenseur. C'est idiot ! Oui vraiment, l'ennui naquit un jour de l'uniformité, mais l'uniformité nait toujours de l'imbécilité !

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(1) In Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis, Pierre Desproges, Point, 1981. 
(2) In Fables Nouvelles - Les amis trop d'accord, Antoine Houdar de la Motte, 1719 

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 10:28

Où quand prendre le bus s’apparente, à certaines heures, à une aventure digne de la mythique série de Rod Sterling.

bus.jpgDepuis que je vis au centre ville, j’essaie de me déplacer au plus souvent possible en bus ou à pied. En fait, j'ai même vendu ma voiture car elle dormait, la plupart du temps dans son onéreux parking et je ne la sortais que très rarement lorsqu’il m’était totalement impossible de faire autrement, pour le boulot la plupart du temps. J'ai modifié mes habitudes de déplacement tant par souci environnemental que par envie de dépenser mon argent dans des choses plus agréable qu'un parking à voiture, des assurances, des entretiens et quelques litres d'essence. J’avoue qu’au début je pensais être rapidement dégouté de me déplacer avec les transports en commun mais, en y adaptant un peu ma façon de les appréhender, cela se passe plutôt bien. Le tout est d’éviter autant que possible les heures de pointe. Depuis plusieurs mois donc je suis devenu un adepte des transports en commun, le train, que j'ai toujours adoré parce qu'il reste dans mon esprit comme le symbole de nos départs en vacances d'enfant, et le bus qui reste le moyen le plus efficace pour les déplacement urbains et péri-urbain soit tant qu’il s’agit toujours de déplacements simples, j’entends par là sans correspondance et sur des distances relativement courtes. Voici quelques semaines, c'était en juin, je devais retrouver ma compagne à Herstal. Etant désormais rodé, je me suis dit que j’allais tenter le coup en bus malgré la correspondance. Je partais des hauteurs de Liège, de la Citadelle, et devais donc rejoindre Herstal; un changement s’imposait tout près de la Cathédrale de Liège. "Ca va aller !" ai-je osé penser le coeur remplit d'un optimisme béat. Quelle erreur ! Hormis la très longue attente entre les deux bus et le fait que le second était plein comme un œuf à cette heure de pointe, je dois dire qu’il y a mille et une raisons qui font que je ne renouvellerais jamais cette expérience. Je me contenterais de n’en évoquer que quelques-unes, ce sera largement suffisant. La première étant simplement olfactive ; je jouais de malchance, peut-être, du fait que cette troisième semaine de juin était plutôt chaude mais l’odeur de transpiration qui flottait dans cet espace clos, dont pourtant des lucarnes étaient ouvertes sur l’extérieur, justifient à elle seule l’envie d’un abandon total des transports en commun. Bon sang, combien sont-ils à négliger leur hygiène corporelle pour que cela sente, à ce point, le poney dans le bus ? Savon et déo, ces sagouins ne connaissent vraisemblablement pas ! Je plains franchement le chauffeur qui doit survivre dans cet environnement pendant huit heures. J’ai connu des écuries qui exhalaient de meilleurs parfums, c’est tout dire. Il convient aussi d’ajouter, ça et là, à cette odeur aigre quelques effluves de mauvais tabac froid qui relèvent encore un peu plus cette puanteur ambiante.

Si la première raison qui me motive à ne plus renouveler cette expérience de long trajet est olfactive, la seconde raison est sonore. A gauche, à droite, devant, derrière, à côté… il fait plein de lecteurs MP3 ou 4 poussés à fond. Malgré les espèces de casques inutiles que ces accros aux bruits ont enfoncé dans leurs oreilles, les nuisances sonores – car s’en sont assurément – jaillissent de partout. Si j’étais au faîte des merdes actuelles qu’écoutent les jeunes à casquettes j’aurais pu les reconnaitre tant le son était élevé. Mais le pire est qu’ils écoutent tous, et pas seulement les jeunes, un truc différent ce qui donne une espèce de cacophonie répugnante contre laquelle tout amateur de vraie musique serait disposé à intenter une action en justice. Et puis, en troisième raison et non des moindres, comment ne pas évoquer la médiocrité ambiante qui régnait dans ce bus. Debout dans l’allée centrale en équilibre souvent précaire, j’avais à côté de moi un duo d’adolescents libidineux, 18 ou 19 ans maximum, qui vantaient leurs «exploits» sexuels… Enfin si l’on peut taxer de sexe la vision du rapport charnel qu’ils ont. Le premier, bien qu’il se targuât d’avoir une copine, avança qu’il s’était tapé «une salope du Thier-à-Liège» et qu’elle était «bonne comme une Russe» [sic]. Quel point de comparaison ! A-t-il, ce libidineux boutonneux, fait l’amour à mille femmes russes que pour oser cette comparaison aussi affirmative ou bien juge-t-il simplement sur base des films pornographiques venus de l’est, vision déformée du sexe réel, qu’il a du voir en nombre sur le net ? L’autre ado débile ajouta, probablement pour soutenir la comparaison avec les pseudo-prouesses de son pote, qu’il était avec une fille qui lui avait tout fait dès la première semaine et qu’il l’avait «quettée dans tous les sens !» [sic]. Mon dieu, quelle élégance dans le chef de ces deux petits cons… J’en ai presque regretté qu’ils aient coupé leur MP3 pour tenir cette conversation écœurante.

Un peu plus loin, à l’arrière du bus, il y avait un troupeau d’autres mioches, un peu plus jeunes que les deux casanovas de pacotille, qui gloussaient comme des pintades, se vannaient sans finesse et dont certains semblaient fiers de la retenue qu’ils avaient gagné en insultant leur
prof de méca (-nique je suppose) tandis que d’autres affirmaient clairement que le redoublement de leur année était acquis et qu’ils s’en foutaient comme de leur première dent de lait. Une conversation menée, bien entendu, dans un dialogue grossier, sans saveur et avec un accent caricatural exacerbé à son paroxysme. A gauche dans l’allée, il y avait un type complètement défraichi dont, à mon sens, sa contribution à la puanteur de l’air par la transpiration devait être conséquente, l’air hagard et probablement imbibé de bière à bon marché. En tous cas, une canette fermée dépassait de sa poche, nul doute qu’il l’ouvrirait dès sa descente du bus… Mamies acariâtres, landaus en enfilade dans l’allée centrale qui ressemblait ainsi à la grille de départ d’un grand prix de formule 1, demoiselles à peine pubères au décolleté provoquant (dont certaines finiront probablement dans les récits des deux casanovas de pacotille), employés blasés des administrations publiques, petits vélos pliants abandonnés où faire se peut et que l’on prend dans les jambes au moindre coup de frein (et Diable sait qu’ils sont très nombreux !)… Et au milieu de cet enchevêtrement de gens, de sacs et de cabas, quelques âmes seules qui, comme moi, semblent se demander ce qu’elles font là au milieu de cet environnement hostile. Peut-être n’ont-elles pas d’autre choix que celui de se déplacer en bus à cette heure particulièrement désagréable. Le lendemain, je demandais à un collègue qui se déplace en bus depuis bien plus longtemps que moi et sur des distances bien plus longues que les miennes si cette atmosphère est coutumière. Oui, m-a-t-il répondu d’une façon aussi laconique que désespérée ! D’autres récits que j’avais entendus auparavant vont dans le même sens…

En fait, le bus est tout à fait viable avant 7h30 et après 17h30. Mais dans cet intervalle de dix heure, l’on dirait que prendre le bus c’est entrer dans la quatrième dimension. Ce n’est plus du tout le même univers. Il s’apparente alors au royaume de la médiocrité voire de la groseillerie la plus triste qui soit, un milieu suintant le bruit et les odeurs nauséeuses. Ce n’est plus, j’en suis convaincu, un univers humain mais bien un microcosme parallèle à la vie normale…

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