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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 09:44

Il y a 50 ans, Love Me Do lançait l'irrésistible aventure des Beatles.

love-me-do.jpgLe 5 octobre 1962 est une date qui compte dans l'histoire culturelle anglaise car elle vit naitre deux phénomènes qui allaient traverser les décennies pour être, plus que jamais, d'actualité aujourd'hui encore. Si James Bond est né en 1953 de la plume féconde de Ian Fleming, c'est en effet le 5 octobre 1962 qu'il apparut sur les grands écrans britanniques pour la première fois(1). Le film James Bond contre Dr No, réalisé par Terrence Young, compte assurément dans la saga de l'espion britannique car il installe définitivement les caractéristique du personnage de Fleming (la séduction, le smoking, la vodka-martini au shaker, la montre-bracelet, le Walther PPK, l'Aston Martin, les gadgets...) mais aussi les codes de la série. Aujourd'hui, la franchise James Bond est dans l'attente de son 23è épisode, Skyfall, qui sortira le 26 octobre prochain et a généré plus de 15 milliards de dollars au box-office. Ce même 5 octobre 1962, le public anglais trouve aussi dans les bacs des disquaires le premier 45 tours d'un groupe de Liverpool, The Beatles. La face A de la plaque est intitulée Love me do, la B P.S. I love you. Il s'agit là de deux titres simples qui parlent d'amour... simples, mais efficaces. Love me do est écrite en 1958, alors que les Beatles ne sont encore que The Quarrymen. Fasciné par le rock 'n roll américain, surout par Bill Halley, un jeune ado de Liverpool, John Lennon, crée en 1956 un groupe avec des potes d'école, Pete Sotton, Bill Smith, Rod Davis et Eric Griffiths. Appelé à l'origine The Black Jacks, le groupe se rebaptise très vite The Quarrymen et surfe sur la vague du skiffle - un mélange de musique folk et de hillbilly avec des touches de blues et de rock - très en vogue à la fin des années cinquante. Lors d'un concert à l'église Saint-Peter de Liverpool, le 6 juillet 1957, un ami commun présente Paul McCartney à John Lennon. Celui-ci qui a des ambitions entrevoit tout de suite le talent de McCartney qui improvise dans les backstages un medley du rock américain. Conscient des limites musicales de certains Quarrymen, Lennon propose donc à McCartney d'intégrer le groupe. A peine âgé de 15 ans, Paul McCartney fait ses débuts avec The Quarrymen en septembre 1957. Rapidement, les portes du Cavern Club, une salle de spectacle cotée de Liverpool s'ouvrent à eux. Ils y jouent fréquemment pendant le temps de midi et attirent de plus en plus de spectateurs qui profitent de leur pause-repas pour venir écouter ces "gamins" bourrés de talent. En 1958, Rod Davis plaque le groupe et c'est George Harrison, un ami de McCartney, qui le remplace. C'est ensuite au tour de Griffiths de s'en aller... Après quelques essais et autres allers et venues, au printemps 1958, The Quarrymen se compose de John Lennon (chant), Paul McCartney (Guitare et basse), George Harrison (guitare), Collin Hanton (Batterie) et John Lowe (claviers). Naturellement, Lennon et McCartney prennent le leadership du groupe ce qui déplait à Hanton et à Lowe qui abandonnent le navire dès l'automne. The Quarrymen est au bord de l'implosion...

Hambourg... le déclic !

Lennon et McCartney composent des chansons mais les prestations scéniques se font rares à tel point que George Harrison, sans laisser tomber ses amis, rejoint en parallèle le Stewart Quartet qui contribua au lancement du Casbah Coffee Club, une boite tenue par la mère de Pete Best qui allait rapidement devenir incontournable à Liverpool. Bientôt, devant la difficulté d'assurer des prestations de qualité quotidienne dans le club, Harrison appelle Lennon et McCartney à la rescousse. Ils acceptent à condition que The Stewart Quartet soit rebaptisé The Quarrymen... Mais un ressort semble cassé, le groupe a du mal à survivre, change plusieurs fois de noms, certains musiciens arrivent et repartent presqu'aussitôt. Bref, en 1960, Lennon, McCartney et Harrison ne savent pas trop où ils en sont avec ce groupe qui s'appelle désormais The Silver Beetles (Les Scarabées d'Argent). Stuart Sutcliffe (Basse) et Pete Best (batterie) rejoignent les trois hommes qui ont décroché un contrat pour aller jouer à Hambourg à l'Indra Club et au Kaiserkeller, deux clubs du quartier chaud de Sankt-Pauli. Cette prestation internationale, en août 1960, va relancer le groupe qui opte définitivement pour le nom The Beatles (Les Scarabées) avec une faute d'orthographe(2) volontaire. Sutcliffe, musicien médiocre mais peintre de talent, tombe amoureux d'une photographe et décide de rester à Hambourg, il n'en profitera pas car il décède d'une congestion cérébrale en avril 1962.

Hambourg est une étape importante dans la carrière des Beatles, ils y feront cinq séjours marqués par une professionnalisation de leur approche musicale et scénique mais aussi par quelques incartades mémorables comme le renvoi de George Harrison lors du premier séjour parce qu'il était encore mineur, l'incendie d'une loge par McCartney ou encore la prise de produits pas tout à fait licites afin de tenir le rythme. Quoi qu'il en soit, entre août 1960 et mai 1962, les séjours hambourgeois contribueront à l'assise stable des Beatles. L'heure est à la maturité, ils sont prêts à entrer en studio... Encore faut-il qu'on leur en donne la possibilité ! C'est par l'entremise d'un disquaire, Brian Epstein qui les voit au Cavern Club en novembre 1961, qu'il vont y parvenir. Epstein s'improvise manager du groupe et termine sa professionnalisation par un changement de look : fini les blousons de cuir et les cheveux dans le vent; bonjour le complet-veston et la coupe au bol qui sera d'ailleurs baptisée coupe Beatles quelques années plus tard... Epstein fait le tour des maisons de disque londoniennes pour trouver un contrat pour les Beatles, sans trop de succès. Dick Rowe, Directeur Artistique de chez Decca rejettera même de façon virulente le groupe car, selon lui, les groupes à guitare n'ont aucun avenir. Rowe passera à la postérite comme étant The man who turned down the Beatles (L'Homme qui rejeta les Beatles) !!!

Love me do, le début d'un mythe

C'est finalement Parlophone, une division d'EMI, qui aura le nez creux par l'intermédiaire de George Martin. Ce dernier est en charge de la musique classique et cherche à introduire le rock chez EMI. Il souhaite donc trouver un groupe qui pourrait devenir le porte-drapeau de ce genre musical chez EMI, ce sera les Beatles. Un contrat est signé pour l'enregistrement d'un 45 tours à l'issue d'une audition aux studio d'Abbey Road en juin 1962. Les séances d'enregistrement sont prévues pour le 4 et le 11 septembre suivants. Une journée par face du disque, pas les moyens d'avoir plus de temps pour un groupe inconnu (hormis à Liverpool et à Hambourg) dont on n'est pas sûr du retour commercial. Martin n'aime pas trop le style de Pete Best qu'il juge insuffisant par rapport aux autres musiciens aussi exige-t-il son renvoi avant l'enregistrement. Il propose d'ailleurs de trouver un autre batteur pour le remplacer. Epstein, Lennon et McCartney ne font pas de sentiment, il se séparent de Best et engagent Ringo Starr alors batteur du groupe de Liverpool The Hurricanes. De son côté, George Martin trouve Andy White, un batteur de studio qui a déjà pas mal travaillé pour EMI. C'est donc avec deux batteurs que les Beatles se retrouvent en studio à Abbey Road, le 4 septembre 1962 pour la mise en boite de leur premier disque. George Martin souhate que ce soit How do you do ?, une reprise de Mitch Murray, qui soit sur la première face, la seconde étant réservée à P.S. I Love You. Mais Lennon et McCartney ont retravaillé Love me do, la chanson écrite en 1958 par McCartney pour sa copine de l'époque. Lennon y apporte un riff à l'harmonica qui rythme toute la chanson. C'est ce titre qu'ils veulent sur la face A.

How do you do ? est mis en boite sans grand entrain et rapidement afin de pouvoir faire une prise de Love me do dans laquelle les Beatles mettent plus de passion. Et on se donne rendez-vous la semaine suivante pour l'enregistrement de la face B. George Martin comprend vite le potentiel accrocheur de Love me do, une chanson d'amour basique dont les paroles sont minimalistes et où le mot love est répété à 21 reprises. C'est simple, c'est efficace donc c'est vendeur ! Reste à la peaufiner parce que le premier enregistrement, aussi passionné soit-il, n'est pas suffisamment parfait aux oreilles de Martin. Il fera recommencer 18 prises de Love me do jusqu'à ce qu'il la juge excellente. Certaines versions sont avec Andy White à la batterie, d'autres avec Ringo Starr... P.S. I love you sera enregistrée 10 fois avant d'être bonne, elle prendra la face B. Ca y est, le premier 45 tours des Beatles est gravé !

Love me do n'atteindra que la 17è place des charts anglais(3) mais elle est le point de départ d'une fulgurante ascension et de la naissance d'un mythe. Cette chanson, par delà le fait d'être la première enregistrée par les Beatles, a permis à un groupe qui se cherchait de se fixer. Love me do possède la particularité d'avoir été enregistrée avec trois batteurs différents : avec Pete Best lors de l'audition de juin 1962, avec Ringo Starr pour la version originale du 45 tours et avec Andy White pour la version que l'on trouve sur le premier album des Beatles, Please, please me (1963). Love me do compte assurément dans l'histoire de la musique que 20è siècle !

Ecouter Love me do


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(1) NB une adaptation de Casino Royale avait été réalisée pour la télévision, en 1954 par Wiliam H. Brown avec Barry Nelson et Peter Lorre
(2) l'orthographe correcte est The Beetles
(3) elle sera n° 1 aux USA en 1964 alors que les Beatles auront déjà sorti quatre albums et produit des monstres comme Twist and Shout, A hard day's night ou And I love her...

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 10:39

Les armes à feu s'invitent dans le débat télévisé entre Romney et Obama, mercredi à Denver.

gun.jpgLa sempiternelle question des armes à feu revient lors de chaque débat présidentiel aux Etats-Unis. Il reste un fort contingent de partisans de la liberté de posséder des armes à feu, liberté constitutionnelle garantie par le deuxième amendement du Bill of Rights, mais au vu des nombreux récents massacres qui ont secoué le pays, il se trouve également de plus en plus de partisans d'une révision de la Constitution à propos de la détention des armes à feu. Nous avons déjà évoqué l'obsolescence de ce fameux 2è amendement et de la NRA (National Rifle Association), le lobby qui soutient et promeut les armes à feu). En effet, le Bill of Rights fut adopté en 1791 tandis que la NRA voyait le jour en 1871 au lendemain de la Guerre de Sécession; depuis cette lointaine époque du Far-West, la situation a, heureusement, changé et il est raisonnable de s'interroger sur le bien-fondé des valeurs encore prônées par la NRA. Sont-elles encore défendables dans une nation démocratique ? (Lire à ce propos Un jour l'enfant prend une arme). Mercredi soir, à Denver (Colorado), Mitt Romney et Barack Obama s'affronteront dans un débat en public retransmis sur plusieurs chaines de télévision à travers le pays. Ce débat est très attendu car il est le premier des trois prévus entre les deux candidats à la Maison-Blanche d'ici le scrutin du 6 novembre. La croissance économique, la sécurité de l'emploi, la Syrie et quelques autres thèmes rempliront cet affrontement de nonante minutes pour  lequel quelque cinquante millions de téléspectateurs sont attendus devant leur poste de télévision.

Denver se trouve à quelques encablures d'Aurora, la petite ville de banlieue où douze personnes avaient perdu la vie lors de la projection du film The Dark Knight Rises, en juillet dernier. Aussi, les familles de huit des douze morts ainsi que plusieurs blessés ont pris la plume pour adresser quelques mots à Jim Lehrer, le journaliste politique de la chaine publique PBS qui animera le débat de mercredi. Dans ce courrier, les proches des victimes exhortent Lehrer à amener le débat sur la question des armes à feu. Une question qui hante les esprits dans la région de Denver puisque, avant la tuerie d'Aurora, celle du lycée de Columbine, en 1999, avait déjà souillé le sol du sang de victimes d'un tireur fou. La violence liée aux armes à feu est un fait avéré aux Etats-Unis et le fait que l'idée de revoir la Constitution soit taboue gène une population de plus en plus large. Chaque jour pourtant ce sont 34 personnes qui perdent la vie par armes à feu aux Etats-unis... La lettre adressée à Lehrer précise qu'ignorer lors du débat la violence liée aux armes à feu serait une insulte, un affront à la mémoire de deux des pires fusillades de l'histoire américaine. "Mercredi soir, je veux voir le modérateur demander aux deux candidats quelle sera la politique qu'ils mettront en place en tant que Président afin de prévenir toute nouvelle tragédie comme Aurora et Columbine"(1) déclare Stephen Barton, l'un des signataires de la lettre qui fut blessé à Aurora.

Par ailleurs, une publicité de sensibilisation a été réalisée à l'initiative de 775 maires américains qui se sont réunis dans une association nommé Mayors Against Illegal Guns (Les Maires Contres les Armes Illégales). Cette publicité dans laquelle intervient également Stephen Barton qui y parle de son "expérience" de la violence par arme à feu, est diffusé durant toute cette semaine afin d'amener les deux candidats à se positionner clairement sur le thème de la libre possession d'armes et sur la prévention des tueries par armes à feu. Désormais, beaucoup d'Américains attendent une évolution des moeurs et du cadre légal autour de la possession d'armes. Cette question ne peut pas échapper au débat, tant Romney qu'Obama sont restés évasifs jusqu'à présent sur le sujet. Ils devront clairement prendre position avant le 6 novembre...

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(1) Aurora shooting survivor wants Obama and Romney to debate gun control, par Ed Pilkington, in The Guardian, 1er octobre 2012

P2012

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 15:29

Cela fait un demi-siècle que Walthéry nous régale des aventures de ces personnages-fétiches, Natacha, Li Vî Bleu, Rubine... Mais c'est avec Pipo que tout commença, en 1962.

walthery.jpgCheratte, ce fut mon village pendant 39 ans ! J'y suis né, j'y ai vécu jusqu'il y a trois ans... Cheratte a longtemps eu pour fierté son charbonnage qui accueilli de nombreux mineurs pendant plusieurs décennies avant de fermer ses portes en 1977. C'est pour travailler dans ce charbonnage que mon grand-père quitta sa Pologne natale, en 1928, et arriver un peu par hasard (ndlr si j'ose écrire, les Cherattois comprendront) à Cheratte. Depuis que le charbonnage est mort, la fierté de Cheratte ce sont ces dessinateurs. Il y a eu Mittéi, il y a toujours Van Linthout et, surtout, Walthéry. François Walthéry qui fête cette année ces 50 années de carrière ! C'est le 17 janvier 1946, à Argenteau, un petit village repris, depuis la fusion des communes en 1976, dans l’Entité de Visé que François Walthéry vit le jour. A 16 ans, il trouve sa voie en entrant, sur l'insistance de l'aquarelliste de talent, dessinateur et scénariste de BD Mittéï (Jean Mariette à qui l'on doit, notamment des histoires de Prudence Petitpas mais aussi l'adaptation BD des Lettres de Mon Moulin ou encore des aventures de Modes et Pompon)  à l’Institut Saint-Luc, à Liège, où il développe ce talent qu’il a reçu en offrande le jour de sa naissance ; le dessin. Il sait déjà qu’il veut en faire son métier et rêve de rencontrer les plus grands du 9è art : Maurice Tillieux (auteur de Gil Jourdan notamment), Jean Roba (Boule et Bill), Peyo (Les Schtroumpfs, Benoît Brisefer) ou André Franquin (Gaston Lagaffe, Spirou)… La Belgique est LE pays de la bande dessinée et Walthéry entend devenir l’un des fournisseurs officiels de cet art ! Ses premiers essais – des strips intitulés Pipo – sont publiés dans le journal Junior. C'est encore Mittéï qui est à la base de l'entrée de plain-pied de Walthéry dans le monde de la bande-dessinée, il l'appela en effet à la rescousse pour réaliser Pipo; Walthéry en assure le dessin tandis que le scénario est signé Mittéi. La carrière de François Walthéry est lancée quand il entre, en 1963, comme assistant au studio Peyo où il collabore à la réalisation des Schtroumpfs avant de prendre en charge, en 1968, les dessins de la troisième aventure de Benoît Brisefer, «Les douze travaux de benoît Brisefer». L’année 1970 marque un tournant dans la vie de François Walthéry, c’est en effet à l’aube des seventies que naît son héroïne principale, celle à qui on assimile volontiers le dessinateur cherattois, la jolie hôtesse de l’air Natacha… Si Walthéry a choisi une hôtesse c’est justement parce que son métier lui permet de voyager et d’aller à la rencontre de ses diverses aventures. A ce jour, l'on compte 26 aventures de Natacha réparties dans 21 albums.

Avec Natacha, François Walthéry s’installe parmi les valeurs sûres de la bande dessinée belge et même européenne au fil des années. Il propose des albums d’aventures mâtinés d’une bonne dose d’humour. En plus, il intègre fréquemment des personnages «connus» dans ses cases ; autres dessinateurs, hommes politiques, acteurs,… ou encore quelques «têtes» bien connues des Cherattois uniquement, clin d’œil d’un homme à son village, à son univers. Et cet univers, François Walthéry le met encore à l’honneur au travers de la BD «Le Vieux Bleu» dans laquelle il évoque le milieu colombophile dans lequel il a grandi… Jules, Achile, le Curé et même le pigeon sont des personnages de cette aventure villageoise truculentes auxquels le lecteur s’attachera rapidement, une version en wallon est également disponible, plus proches du langage et des idiomes d’alors. S’en suivront toute une kyrielle de héros : Tchantchès (le personnage folklorique liégeois), le P’tit Bout d’Chique (un gamin qui pourrait aussi bien être François Walthéry) et Rubine (la fliquette de Chicago). De manière plus confidentielle, Walthéry imagine encore l’Inspecteur Hoover et Betty Strip largement moins connu du grand public.

Libre dans sa tête !

Cheratte est un village d’artistes ! Nous avons évoqué Mittéi (ndlr Jean Mariette de son vrai nom) qui brilla tant dans le monde de la BD que dans celui de l’aquarelle. Il y a aussi le sculpteur et graveur Jean Donnay ; Georges Van Linthout, un autre dessinateur qui travailla aussi sur les décors de Natacha et qui réalise notamment la série Lou Smog… François Walthéry est, incontestablement, le chef de file de cette fratrie bédéiste cherattoise. Mais l’homme est resté fidèle à lui-même, souriant, accessible, volontiers plaisantin et toujours de bonne humeur. Il connaît tous les Cherattois et tous les Cherattois le connaissent ! Mieux même, ils l’apprécient… Toujours un petit signe de la main lorsqu’il passe sur son vélo, toujours le temps de prendre le temps et de converser dix minutes (ou vingt… ou une demi-heure !)… Il aime à travailler la nuit et si d’aventure il est en retard pour livrer ses dessins, tant pis ce n’est pas la fin du monde… Il est comme ça Walthéry ; libre dans sa tête ! Toujours disponible, il ne refuse pas de prêter sa plume pour l’affiche d’un souper de quartier ou pour une bonne œuvre. Et si on veut le rencontrer, il suffit de pousser la porte de ce qu’il appelle son «quartier général», le café Braham dans le virage de la rue Sabaré à Cheratte… A 60 ans, l’homme semble encore fourmiller de projets, ne fut-ce que celui de la prochaine aventure de Natacha…

Natacha, création d’une femme parfaite…

Mais qu’est-ce qu’elle est belle cette femme ! Et plus les années passent plus elle est jolie, Natacha… Et pourtant, paraît-il, la femme est difficile à dessiner. Jeune, François Walthéry s’amusait à croquer ses amies, à les caricaturer. C’était là un excellent entraînement pour la création à venir de Natacha. Car, en effet, c’est en assemblant les croquis de trois parties distinctes – les jambes, le buste et la tête – d’anciennes amies que Walthéry trouva son personnage.

natacha(1)

Sous la plume de Walthéry est peut-être née la femme parfaite ? En tous cas, Natacha aura fait rêver des milliers d’adolescents parmi lesquels je m’inscris sans sourciller !

 Un demi-siècle de carrière, c'est exceptionnel ! Bon anniversaire François... Et merci pour tous ces moments de bonheur en bandes dessinées.

Site officiel de Natacha

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(1) Source : Natacha, hôtesse de l’air – Site officiel

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 19:37

A quelques semaines du scrutin présidentiel américain, il est intéressant de voir qui soutient chacun des deux candidats principaux.

obamavsromney.jpgC’est donc dans 46 jours que les Américains choisiront leur futur Président. Plusieurs signaux semblent au vert pour Barack Obama : les sondages globaux sont (légèrement) en sa faveur mais selon l’université de Quinnipiac (Connecticut), il serait largement en tête dans les trois états-clés que sont la Virginie, le Wisconsin et le Colorado ; Romney accumule les maladresses dans des repas de levée de fonds et Bill Clinton, le Président le plus apprécié par la population américaine ces trente dernières années, a assuré le Président sortant de tout sons soutien. Mais l’histoire présidentielle américaine nous enseigne qu’un retournement de situation n’est pas impossible. Les sondages donnent Obama vainqueur avec de deux à quatre points d’avance mais il convient de mâtiner cette image car il semble qu’à l’heure actuelle, un Américain en âge de voter sur quatre ne soit pas encore inscrits sur les registres électoraux. Traditionnellement, en outre, bon nombre d’inscrits ne se rendent pas aux urnes le jour du scrutin, à titre de comparaison, le taux de participation lors des dernières élections de Midterms, qui avaient vu la victoire des Républicains en novembre 2010, ne dépassait pas les 40%. L’abstentionnisme pourrait venir jouer les trouble-fêtes pour le candidat démocrate… Dans ce contexte, le soutien apporté par la société civile, les entreprises de pointe, les médias ou les groupes de pression aux candidats est capital, aux Etats-Unis probablement plus qu’ailleurs. Les hésitants et les non-inscrits pourraient franchir le pas en fonction du soutien à Romney ou à Obama d’un people ou d’une entreprise ou d’un groupe dont ils se sentent proches… Il est donc opportun de voir qui soutient qui à quelques semaines du scrutin. La liste qui suit est évidemment loin d’être exhaustive, elle tente de dégager quelques tendances par secteur.

1° Politique

On aurait pu penser que le soutien politique serait dyadique, les Démocrates soutenant Obama et les Républicains Romney, mais il n’en n’est rien. En effet, un groupe de dissidents républicains a décidé de soutenir le Président sortant estimant que Mitt Romney n’est pas représentatif des valeurs du GOP. Ces Républicains pour Obama sont emmenés par John Martin, ancien Directeur de Campagne de Mark Foley dans sa course pour le poste de Gouverneur du Connecticut. Evidemment, Mitt Romney dispose de soutiens de poids au sein du Parti Républicain, à commencer par George W. Bush, l’ancien Président s’est officiellement rangé derrière Romney en mai dernier, tout comme son père, George Bush Sr et les anciens Secrétaires d’Etats Henry Kissinger, Condoleeza Rice, George Schultz et James Baker. Les anciens Vice-Président Dan Quayle et Dick Chenney et le candidat malheureux à la présidence 2008 John McCain ou encore les candidats éphémères à l’investiture républicaine Michele Bachmann ou Jon Huntsman affichent leur soutient à Romney tout comme l’ex First-Lady Nancy Reagan. Par contre, Romney doit faire face à une défection de taille depuis hier, celle de Tim Pawlenty, qui fut un temps candidat à l’investiture mais qui s’était retiré pour finalement devenir co-Président de la campagne de Romney. Pawlenty se retrouve à la tête d’une grosse association de banquiers et de financiers, il abandonne donc le navire à quelques semaines du but…

Du côté d’Obama, on sait que Bill Clinton affiche son soutien total tout comme son épouse Hillary Rodham-Clinton, actuelle Secrétaire d’Etat. Jimmy Carter, également ancien Président Démocrate, et le Prix Nobel et candidat Malheureux de 2000, Al Gore, sont aussi derrière Obama.

Avantage: Mitt Romney qui dispose, en plus, du soutien de la majorité des Représentants à la Chambre.

2° International

L’Europe est plutôt pro-Obama, ainsi par exemple David Cameron, le Premier Ministre anglais ne cache pas ses sympathies envers Obama qu’il verrait bien reconduit à la Maison Blanche. L’Angleterre, de façon générale, n’oublie pas le commentaire négatif de Romney sur l’organisation des JO et prend plutôt le parti d’Obama. En France, l’UMP a déclaré, fin août, son soutien à Obama, le PS aussi, Hollande ayant même affirmé avoir des intérêts communs avec Obama. Quant à la population, elle continue majoritairement à préférer Obama même si l’on est loin des sondages de 2008 qui disaient que 81% des Français auraient voté pour Obama. Shimon Peres, le Président israélien pense qu’Obama est le meilleur rempart occidental contre la menace iranienne et continue de lui apporter son soutien.

Par contre, le Premier Ministre israélien, Benyamin Netanyahu est plutôt favorable à Mitt Romney qui peut aussi compter sur le soutien de Lech Walesa, l’ancien Président polonais. Mitt Romney a également reçu le soutien, plutôt surprenant, du Président Russe Vladimir Poutine

Avantage
: Barack Obama dont l’image en Europe est plus forte que celle de l’argentier Romney.

3° Médias

Les médias officiels et à plus grosses audiences et tirages se rangent derrière Obama ; Le New York Times, le Washington Post, le Chicago Tribune, le San Francisco Chronicle, The New Yorker, NBC ou le Los Angeles Times et même le magazine de mode Vogue font montre de leur soutien sans réserve à Barack Obama.

Avantage
: Barack Obama car quasiment tous les médias influents sont derrière lui

4° Industrie et économie

La tendance serait plutôt romneyiste dans ce domaine ! De grosses entreprises comme Exxon Mobile (pétrole), Chesapeake Energy (Pétrole), BP, Boeing (Aéronautique), AT&T (Télécommunications), Altria (tabac et alimentaire), Coca Cola ou encore les banques des groupes JP Morgan et Goldman-Sachs se rangent officiellement derrière Mitt Romney. De manière plus générale l’on peut dire que les secteurs de la banque/assurance, de l’énergie, du tabac et de la pharmacie rejoignent le camp républicain…

A contrario Apple, IBM et Microsoft se rangent du côté d’Obama tout comme Starbucks, Ben & Jerry’s, Google, Yahoo, Pfizer (Pharmacie), Sony, Dreamworks et le secteur de l’habillement... Bill Gates, l’ancien patron de Microsoft, le milliardaire Warren Buffet et Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, soutiennent aussi Barack Obama.

Avantage
: Ici, les soutiens s’équilibrent ! Les secteurs de l’énergie, des banques et l’industrie pharmaceutiques sont derrières Romney ; les nouvelles technologies, le secteur alimentaire et l’habillement sont avec le Président sortant.

5° Lobbies et groupe d’influence divers

Nous classerons ici les entités qui peuvent, par leur existence, exercer une certaine influence sur la population ou sur les autorités politiques.

Le plus puissants de tous les lobbies américains, la National Riffle Association (NRA) est, par tradition, du côté des Républicains. Elle ne dérogera pas à la règle en 2012. Le National Right to Life Comite, qui milite contre l’avortement, a évidemment rejoint le camp républicain. Les évangélistes se sont aussi rangés en masse derrière Romney car le candidat républicain véhicule des valeurs qui vont, pour la plupart, dans le sens des idéaux d’une religion encore très présente aux USA. Evidemment, toute la communauté mormone se range derrière Romney qui émarge à cette communauté.

Barack Obama a réussi à rallier quelques groupe d’influence dont le Fédération des Enseignants Américains et le Syndicat des Transporteurs ne sont pas les moindres. Sinon, on rangera dans l’escarcelle démocrate l’ANCA (Armenian National Committee of América) et la NOW (National Organization of Women) ou le très lourd le lobby anti-nucléaire. A noter que les universités de Californie (UCLA) et d’Harvard ont pris officiellement position pour Barack Obama.

Avantage
: John McCain, ne fut-ce que pour le soutien indéfectible de la NRA lorsque l’on sait l’attachement des Américains à la possession d’armes à feu !

6° Cinéma, chanson, télévision, sport, show business…

Aux Etats-Unis, les stars s’impliquent ouvertement en politique et ne cachent pas leur préférence. L’industrie du cinéma a toujours été étroitement liée à la politique américaine, elle est usuellement acquise en majorité au clan démocrate. Ce rendez-vous présidentiel ne dérogera pas à la règle. Les univers de la télévision et de la chanson sont plutôt équilibrés entre les deux candidats.


Les stars suivantes affichent leur soutien à Barack Obama :
Cinéma : George Clooney, Brad Pitt et Angelina Jolie, Eva Longoria, Matt Damon, Léonardo Di Caprio, Spike Lee, Tom Hanks, Steven Spielberg, George Lucas, Chris Rock, Robert de Niro, Halle Berry, Ben Affleck, Salma Hayek, Sarah Jessica Parker, Tim Robbins, Morgan Freeman, Hillary Duff, Scarlet Johansson, Billy Crystal…
Chanson : Madonna, Beyonce Joan Baez l’icône hippie, Bruce Springsteen, Jay-Z, Snoop Dog, Barbra Streisand, Mary J. Blige, BB King, …

Télévision
: Oprah Winfrey, la reine du talk-show, et Jerry Springer son pendant masculin…
Autres : Michael Jordan, le général Wesley Clark, Stephen King, Magic Johnson et le légendaire Willie Mays, icône du baseball, Muhamad Ali

Les stars suivantes préfèrent Mitt Romney :
Cinéma : David Lynch, Tom Selleck (Magnum), John Voigt, Chuck Norris, Robert Duvall, Russel Crow, Sylvester Stallone, John Voigt, Clint Eastwood… et la plantureuse Jenna Jameson, l’actrice X dont le surnom est Queen of Porno (pas sûr que ce soit un soutien précieux !).
Chanson : ZZ Top, Marilyn Manson, Gene Simmons, le bassiste de Kiss, Ted Nugent, Nicki Minaj…
Télévision: Jerry Bruckheimer, le producteur de série à succès comme Les Experts.
Autres : Jim Courrier, Cindy Crawford…

A
vantage
: même si dans les médias l’on évoque plus souvent les stars et les peoples comme étant derrière Barack Obama, je dirais plutôt, au vu des noms repris ci-dessus que les deux candidats rassemblent autant de beau monde du show-biz… Egalité !

En conclusion

L’on dira donc que les deux candidats à la présidentielle américaine de 2012 ont des soutiens différents mais autant la balance penchait dans le camp d’Obama lors du scrutin de 2008 contre John McCain, autant elle semble s’équilibrer cette année. Obama reçoit davantage d’appuis milieux internationaux et des médias américains tandis que Romney séduit les lobbies nationaux et le milieu politique intérieur… En 2008, Obama emportait largement les milieux peoples alors que McCain avait pour lui le secteur économique et industriel ; en 2012 ces deux milieux opposés s’équilibrent, on trouve du beau monde des deux côtés…


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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 09:38

Une application Facebook pour préciser que l'on est donneur d'organes dès ce midi !

Logo-facebook-don-organes.jpgLa Belgique, comme bien d'autres pays, est confrontée à une pénurie réelle d'organes; notre pays manque cruellement de donneurs d'organes même si le nombre de donneurs est en forte croissance depuis quelques années (ndlr il est passé de 33.000 à 144.000 entre 2005 et 2012). Cependant, si l'on considère la population de notre pays, soit 11 millions d'habitants, cela ne représente qu'une faible proportion de 1,30%. Sur l'année 2010, les listes d'attente des demandeurs d'organes ont augmenté de 15%, chaque secteur (reins, coeur, poumons, pancréas...) est confronté au même phénomène des listes d'attentes qui s'allongent et pourtant, selon le Législateur, nous sommes tous des donneurs potentiels. En effet, le don d'organes est régi, en Belgique, par la loi du 13 juin 1986 qui autorise le prélèvement d'organes et de tissus de tous les citoyens belges ou étrangers domiciliés en Belgique depuis six ans au moins sauf si la personne décédée a officiellement exprimé, de son vivant, l'avis contraire en remplissant un document ad hoc à la Commune ou encore si un membre de la famille proche (au premier degré c'est à dire parents, enfants ou conjoint) s'y oppose. C'est clairement là que le problème peut se poser car lorsqu'un proche vient de décéder et que le médecin vient demander aux proches s'il peut prélever les organes, sur le coup de l'émotion du décès, la réponse est très souvent négative... Dès lors, chaque année, des centaines de personnes qui n'étaient pas opposées à l'idée de faire don de leurs organes sont privées de ce geste solidaire posthume à cause de l'émotion familiale qui entoure son décès... La perte d'organes vitaux pour des demandeurs est énorme et lorsque l'on sait qu'un tiers des patients(1) en attente d'un don d'organes ne survit pas à l'attente, on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a là un énorme gâchis !

Pour éviter cette perte d'organes, il existe deux solutions : une officielle, l'autre moins mais pas forcément moins efficace. La première, officielle, consiste à aller remplir auprès de son administration communale un document qui précise que l'on est donneur d'organes. La seconde, pas officielle mais qui s'il existe un respect familial peut être porteuse, consiste à prévenir ses parents proches que l'on désire vraiment que ses organes soient prélevés après le décès afin de sauver des vies. Dans cette optique, la nouvelle application Facebook lancée ce matin par la Ministre Fédérale de la Santé, permettra aux utilisateurs belges de ce réseau social de préciser qu'ils veulent être donneurs d'organes. Ainsi donc, désormais, ceux qui le souhaitent pourront publier sur leur timeline (la ligne du temps qui répertorie les éléments les plus importants de la vie de chaque utilisateurs) leur volonté d'être donneur d'organes. Bien sûr, cette indication facebookienne n'a rien d'officiel et si un parent proche refuse, les organes ne seront pas prélevés mais un lien sera possible vers un formulaire officiel qui pourra être rempli et remis à l'administration communale afin de rendre officielle cette volonté. Par ailleurs, l'objectif principal de cette démarche est citoyen. Il s'agit de stimuler le dialogue autour du don d'organes car il est un paradoxe assez dommage en Belgique : la loi précise que nous sommes tous donneurs d'organes sauf si l'on précise officiellement le contraire mais dans les faits si l'on a pas précisé officiellement que l'on est donneur, le prélèvement ne se fait pas ! Un dialogue et des moyens de préciser à sa famille proche, la seule qui puisse s'opposer au prélèvement, sont des médias en plus pour changer les mentalités et augmenter le nombre de dons d'organes via des personnes qui n'y sont pas opposées mais qui n'ont pas, pour diverses raisons, confirmé à la Commune qu'ils acceptent le prélèvement.

Le don d'organe est une démarche solidaire par excellence puisque le prélèvement sur un donneur cadavérique permet de sauver jusqu'à huit vies.


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(1) Le don d'organes en hausse en 2011, par Quentin Marceron, in La Dernière Heure/Les Sports, 18 janvier 2012

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 14:29

C'est la période des ouragans. Cette opportunité climatique nous permet de revenir sur ce phénomène climatique impressionnant

 

ouragan.jpgL'ouragan Isaac a perturbé, fin août, la Convention Républicaine, Nadine se renforce et devrait passer du statut de tempête à celui d'ouragan, Leslie s'approche du Canada tandis que Michael s'éloigne vers l'Atlantique en forcissant avec des vents jusqu'à 185 km/h... L'Amérique du Nord est en pleine période d'ouragan. Les ouragans, plus encore que les tempêtes et autres cyclones, sont des phénomènes naturels souvent dévastateurs. Le mot «ouragan» vient de l’espagnol huracan et est dérivé la langue indienne caraïbe dans laquelle Hunraken était le nom donné au dieu des vents et des tempêtes. L’ouragan prend différentes appellations en fonction de l’endroit de la planète où l’on se trouve. Ainsi, s’il est ouragan (où Hurricane en anglais) en Amérique du nord, il devient typhon dans le Pacifique sud-ouest ; cyclone dans l’Océan indien ; willy-willy dans les régions australes ou encore baguias aux Philippines...

L’ouragan est une tempête violente d’origine tropicale qui nécessite trois facteurs simultanés pour se déclencher : une accumulation de chaleur, une accumulation d’humidité et une absence de vent en altitude. Pour devenir ouragan, la tempête doit aussi répondre à des critères de vitesse et de taille. Ainsi, l’ouragan se déplace à une vitesse moyenne de 25 km/h tout en dégageant des vents d’une vitesse minimale de 117 km/h avec des rafales pouvant aller jusqu'à 300 km/h... Le diamètre d’un ouragan varie entre 500 et 1000 kilomètres ! Concrètement l’ouragan se forme consécutivement à une période de forte chaleur au dessus de l’océan. Le soleil réchauffe l’océan pendant plusieurs jours créant ainsi une masse d’air chaud et humide d’au moins 26° celsius. Cette masse s’élève rencontre une masse d’air plus frais ce qui crée une dépression, phénomène météorologique classique, avec formation d’une spirale en son centre. Les vents déplacent la colonne ainsi formée vers les côtes. Sous la colonne, l’eau de l’océan entretient l’instabilité tandis que la rencontre permanente d’airs chaud et froid perturbe davantage la masse engendrant des vents de plus en plus violents. Ce n’est qu’en touchant la terre ferme et en étant privé, par là même, de la masse d’eau chaude qui l’entretient que l’ouragan commence à perdre de sa puissance et de sa vitesse. Cependant, avant de disparaître dans les terres, il peut parcourir plusieurs milliers de kilomètres et provoquer de dégâts incommensurables. Il est à noter que le cœur de l’ouragan, d’un diamètre variant de 20 à 100 kilomètres, peut-être ensoleillé et sans nuage, en tous cas, toujours sans précipitation et avec des vents d’environs 30 km/h...

L’échelle de Saffir-Simpson détermine l’intensité des ouragans. Elle va de la simple dépression tropicale, avec des vents avoisinant 60 km/h mais augurant d’un ouragan à venir car les trois conditions de formation sont réunies, à l’ouragan de catégorie 5 dont les vents dépassent 249 km/h et qui engendre des marées de plus de 5,5 mètres. En terme d’intensité, la tornade avec des vents pouvant aller jusqu'à 760 km/h, est encore supérieure à l’ouragan mais ce dernier est probablement la tempête la plus destructrice qui soit à cause de sa durée (jusqu'à 9 jours) et de son étendue (il peut parcourir plusieurs milliers de kilomètres). En outre, les ouragans n’obéissent à aucune loi précise ce qui rend la prévision de leur point d’impact très difficile à l’avance. Si les spécialistes peuvent prédire qu’il passera sur la Floride, par exemple, il leur est impossible d’être plus précis... La saison des ouragans - qui ne touchent donc que l’Amérique du nord et les Caraïbes - débute en juin pour se terminer fin novembre. On compte, en moyenne, quelque 7 ouragans de diverse intensité par an, avec un record de 21 pour l’année 1993, et la Floride est la région la plus exposée à ce phénomène.

Pourquoi des prénoms ?

Les ouragans et autres tempêtes violentes ont quasiment tous un prénom, longtemps ce furent même des prénoms féminins que les météorologistes utilisèrent pour distinguer ces phénomènes climatiques. Cette habitude est née au 19è siècle quand les scientifiques décidèrent de donner aux ouragans le nom du saint du jour de leur naissance. En 1896, un météorologiste choisit de donner à ces tempêtes violentes le nom d’hommes politiques de l’époque mais des plaintes émanant des politiciens mis à l’honneur aboutirent à l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) qui décida donc d’utiliser pour nommer les ouragans le prénom des femmes de ces politiciens... Par la suite, la nomination fut étendue à l’ensemble des prénoms féminins. Cela dura jusqu’en 1979(1) lorsque l’OMM décida d’établir une liste de prénoms masculins, féminins, francophones, anglophones et hispanophones qu’elle utilise en alternance.

Quelques chiffres relatifs aux tempêtes les plus violentes

C’est en 1993 que l’on comptabilisa le plus d’ouragans et/ou tempêtes tropicales, à savoir 21. Viennent ensuite les années 1995 (19) et 1969 (18) ;

Le typhon Tip, qui se déclara le 12 octobre 1979, dans le sud-ouest du Pacifique détient toujours le record de la plus grande amplitude avec 1100 kilomètres de diamètres ;

La plus longue durée de vie revient à John qui dura 31 jours en août et septembre 1994. Né ouragan dans le Pacifique nord-est, il devient typhon en traversant la démarcation du Pacifique nord-ouest avant de redevenir ouragan en revenant sur ces base initiales... ;

Au Bengladesh, en 1970, un cyclone anonyme tua quelque 300.000 personnes qui furent, pour la plupart, submergées par plusieurs vagues déferlantes gigantesques ;

En 1992, Andrew causa les dégâts matériels les plus importants. L’estimation de ces dégâts se montait à plus de 25 milliards de dollars ;

Le willy-willy de Bathurst Bay généra, en 1889, le plus grand raz de marée jamais recensé avec des vagues de 13 mètres de hauteur...

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(1) sauf entre 1950 et 1952 où il fut décidé d’utilisé l’alphabet phonétique international pour nommer les ouragans

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 12:36

De plus en plus d'écoliers et d'étudiants américains font leur études à la maison.

HS.jpgUn Américain en âge scolaire sur vingt-cinq est adepte du homeschooling, c'est à dire de l'école à la maison. Cela représente donc quatre pourcents de la population scolaire étasunienne et le phénomène est en hausse constante(1) depuis l'avènement d'internet qui permet aux parents de s'appuyer sur des cours à distance beaucoup plus aisément. Ainsi donc, de plus en plus, un parent américain - souvent la mère - sacrifie sa carrière afin de rester à la maison pour donner une éducation scolaire à ses enfants. Le système d'éducation aux Etats-Unis est décentralisé, c'est à dire que chaque état dispose de ses propres règles en la matière. Quelque 90% des écoliers et étudiants sont scolarisés dans des écoles publiques mais, depuis plusieurs années, le homeschooling fait partie de l'arsenal des possibilités éducationnelles et il gagne du terrain au point de rattraper la scolarisation en école privée. En effet, l'école à domicile est nettement moins onéreuse qu'un passage par les prestigieux établissement privés... A l'origine, les adeptes de l'école à domicile évoquaient des motifs religieux pour justifier leur choix. Les parents ne voulaient pas confier leur progéniture à une école publique qui ne garantissait pas une instruction dans le respect de la foi. Désormais, l'aspect religieux est secondaire, c'est la qualité de l'instruction en milieu public qui est mise en avant. Les chiffres du National Center for Education Statistics (NCES) nous apprennent que près de la moitié des parents qui pratiquent le homeschooling le font parce qu'ils sont déçus du système d'instruction publique. Les autres raison invoquées sont, toujours selon le NCES, la religion, l'invalidité et les difficultés de déplacement de l'enfant, la carrière des parents (souvent dans le cas d'un père militaire qui change souvent d'affectation) ou le fait que l'enfant n'a pas pu entrer dans l'école souhaitée (ndlr le fameux Décret Inscription instauré pourrait-il déboucher sur une explosion du homeschooling dans notre pays ? La question mérite d'être soulevée !)... Si le phénomène est donc en pleine croissance, il reste majoritairement l'apanage de familles aisées et ayant une bonne éducation dans lesquelles l'un des deux parents peut se permettre de renoncer à travailler, au moins à mi-temps. Mais on constate aussi la recrudescence de réseaux de familles moins aisées qui s'organisent entre elles pour mettre en place un système de homeschool.

L'école à domicile est aussi vieille que l'obligation d'enseignement aux Etats-Unis (1852) et depuis cette époque un débat existe entre les partisans et les opposants. Ceux-ci estiment que l'instruction doit être obligatoirement confiée à des personnes détentrices d'un diplôme d'aptitude à l'enseignement. Ce débat à trouvé son épilogue en mars 2008 lorsque la Cour Suprême des Etats-Unis à tranché en faveur de la légalisation du homeschooling. Depuis, alors qu'il n'était que toléré, ce système éducationnel est légal dans les cinquante états de l'Union. Chacun de ses états est libre de légiférer sur l'école à domicile ainsi dans certains états comme le Texas, la Californie ou l'Indiana, par exemples, le homeschooling est soumis aux mêmes règles que l'école privée tandis que dans d'autres comme le Maryland ou le New Jersey, les règles sont communes à l'enseignement public, au privé et à domicile. Il existe enfin des états, à l'image du Maine, du New Hampshire, des Virginies ou de l'Iowa, qui ont mis en place des règles propres au homeschooling. Il est à noter également que les Etats-Unis n'ont jamais signé(2) la Convention des Nations Unies pour le Droit des Enfants dont l'article 29 limite fortement (sans l'interdire) le droit des parents dans le cadre de l'éducation de leurs enfants. Les Etats-Unis ont donc toute latitude en matière d'instruction...

Bien sûr, les élèves qui suivent des cours à domicile sont tenus, pour faire reconnaitre leurs compétences, de présenter des tests, les mêmes que tous les élèves américains, tous systèmes confondus, doivent présenter. La différence fondamentale est qu'il n'y a pas de contraintes temporelles. Ainsi lorsqu'un élève du public ou du privé doit attendre la fin d'une année scolaire ou d'un cycle pour présenter ses examens, le homeschooler peut le faire lorsqu'il se sent prêt. Cela permet parfois de gagner pas mal de temps sur le cursus traditionnel; ainsi la Gazette en ligne de la Communauté de Montgomery, dans le Maryland, rapporte le cas loin d'être isolé de Michael Keen un homeschooler qui, à 14 ans, entame ses premiers cours universitaires.

L'enseignement à domicile est, aux Etats-Unis, de plus en plus reconnu, par les parents mais aussi par les autorités en charge de l'instruction, comme une alternative crédible, viable et efficace aux systèmes traditionnels d'éducation. Les exemples de réussite sont de plus en plus fréquents et un véritable réseau se crée avec des sites internet d'assistance et de cours mais aussi des revues hebdomadaires et mensuelles qui voient le jour. Après tout, comme le souligne justement la Bridgeway Homescholl Academy, Franklyn D. Roosevelt, Alexander Graham Bell, Agatha Christie, Charlie Chaplin, Joseph Pulitzer ou Abraham Lincoln n'étaient-ils pas des homeschoolers ?

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(1) ce 2007 ce pourcentage était de l'ordre de 2,9 !
(2) c'est d'ailleurs le seul pays au monde avec la Somalie

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 14:09

Bill Clinton comme atout majeur de la réélection de Barack Obama...

clintonobama.jpgLes choses changent décidément souvent en politique, la girouette tourne dans le sens d'un vent tantôt mauvais tantôt favorable. Alors qu'il y a quatre ans, l'ancien Président Bill Clinton, ne témoignait que peu de soutien au candidat Obama qui était en course contre son épouse Hillary Rodham-Clinton pour l'investiture démocrate, le voici érigé en joker de luxe du Parti Démocrate. C'est que Clinton garde, onze années après avoir rendu les clés de la Maison Blanche, une cote de popularité importante(1), oubliée la fameuse Affaire Lewinski qui empoisonna son second mandat. A l'heure ou Obama et Romney font jeu égal dans les sondages, le Président sortant risque fort d'avoir besoin de son prédécesseur démocrate qui reste associé, dans la mémoire collective, à une période plutôt euphorique pour les Etats-Unis. Les Années Clinton ont été une période florissante pour l'économie américaine (1993-2001) : création de 22 millions d'emplois, diminution de la pauvreté et du chômage, taux d'inflation au plus bas depuis les années 50, augmentation du nombre de propriétaires, remboursement d'une partie importante (360 milliards de dollars) de la dette nationale,... bref tout le contraire de la situation économique actuelle qui perturbe fort les Américains. Conscient de l'aura importante de Bill Clinton, les dirigeants du Parti Démocrate ont consenti à une entorse importante à l'occasion de la Convention Démocrate qui s'est déroulée le 4 septembre à Charlotte, ils ont sacrifié le discours du Vice-Président sortant, Joe Biden, au profit d'une allocution de Bill Clinton qui témoigna de tout son soutien à Barack Obama. Usuellement, la Convention Démocrate se conclut sur une intervention vice-présidentielle, celle-ci fut étouffée au profit de la parole de Clinton... c'est dire si les pontes démocrates savent l'importance que revêt l'ancien Président dans la course à la réélection d'Obama.

Mais pourquoi Clinton est il si important dans cette course ? D'abord, et c'est important, par l'image qu'il véhicule auprès du public. Clinton garde l'image du seul Président démocrate réélu depuis Truman, à l'aube des années 50, mais aussi l'image d'un Président qui dirigea une Amérique prospère et qui laissa à sa sortie de pouvoir un excédent budgétaire de 236 milliards de dollars... Un excédent budgétaire, un doux rêve utopique à l'heure actuelle. Mais Bill Clinton est surtout un homme politique d'envergure capable de rendre son second souffle à la campagne de Barack Obama qui a vu son avance dans les sondages fondre comme neige au soleil. Clinton retrouve le devant de la scène, l'endroit où il est le meilleur. Communicateur hors-pair, il va véhiculer un message porteur et est probablement le seul capable de "vendre" avec la conviction nécessaire le bilan mitigé d'Obama comme une présidence de qualité dans un contexte ardu. Et finalement, ce bilan il n'est pas si mauvais que d'aucuns veulent l'affirmer. Entre le début de son mandat et le terme de celui-ci, Obama a évité à General Motors une faillite certaine sauvant ainsi de milliers d'emplois directs et indirects; après avoir été étatisé, GM est même redevenu leader mondial dans le secteur automobile au détriment du japonais Toyota. En matière d'emploi on constate une balance positive d'un millions de postes crées sur les six derniers mois alors que la tendance était négative à la supression de 800.000 postes par mois en 2008. Les secteurs de la bourse et de l'immobilier sont plus forts en 2012 qu'ils ne l'étaient en 2008 et, par la loi Dodd-Frank, les banques ont été limitées dans leurs spéculations financières afin d'éviter la reproduction du scénario financier de 2007/2008. Quant à la santé, elle a subit sa réforme la plus importante de toute l'histoire nationale rendant l'assurance soins de santé obligatoire afin d'assurer une meilleure couverture sanitaire. Mais, si la reprise économique est bel et bien là, elle reste faible; c'est même la plus faible reprise depuis la seconde guerre mondiale. Le chômage reste au-dessus de la barre des 10% depuis plusieurs mois alors qu'Obama avait promis qu'il ne dépasserait jamais les 8% (la plus grosse erreur stratégique du mandat selon les analystes politiques américains) et la dette publique est à un niveau historique élevé. Ces réels points noirs  du bilan présidentiel sont, évidemment, mis en exergue par les Républicains. L'un des rôles majeurs de Bill Clinton sera donc de contrebalancer ses points noirs par les nombreuses et réelles avancées positives de la présidence d'Obama.

Et Bill Clinton a décidé de prendre son rôle de joker de luxe à bras le corps. Il participera à une grosse douzaine de rencontres avec le public dans différents états afin d'assurer la promotion de Barack Obama qu'il entend faire rester à la Maison Blanche. Time Magazine n'hésite d'ailleurs pas à conseiller à Obama de faire appel à Bill Clinton aussi souvent que possible s'il veut être réélu... Voilà donc l'ancien Président des Etats-Unis dans une mission d'évangélisation pour l'actuel Président qui aimerait aussi être le futur Président !

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(1) selon un sondage Gallup publié début septembre, 60% des Américains considèrent Bill Clinton comme un Président exceptionnel. Ils n'étaient qu'un peu plus de 50% dans ce cas en 2009.

P2012

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:36

Mitt Romney a été officiellement investi par le Parti Républicain; son co-listier est Paul Ryan, Représentant du Wisconsin à la Chambre.

romneyryan.jpgCela ne faisait aucun doute, seul Isaac a quelque peu retarder l'officialisation de la nouvelle, Mitt Romney a récolté le nombre de Délégués suffisant, soit 1144, pour être investi candidat du Parti Républicain à la Présidentielle qui aura lieu en novembre prochain. A noter cependant que cette investiture ne s'est pas faite sans heurt, les partisans du Libertarien Ron Paul dénonçant le processus par acclamation estimant qu'ils ont ainsi été spoliés de leur droit de vote... Quoi qu'il en soit, Mitt Romney est donné, à peine investi, au coude à coude avec Barack Obama; selon un sondage Reuters/Ipsos publié ce matin, le score serait de 45%-43% à l'avantage du Président sortant. "Désormais, tout peut arriver !" scandaient les militants républicains à Tampa Bay à l'issue de la Convention et il est vrai que les dix semaines de campagne qui se profilent avant le scrutin semblent promise à une belle joute entre les deux hommes, aucun des deux n'ayant course gagnée... C'est donc Paul Ryan, Représentant du Wisconsin et Président de la Commission du Budget de la Chambre, qui sera le co-listier de Romney et son Vice-Président en cas de victoire républicaine. Le cheval de bataille du duo sera l'économie nationale qui est le principal sujet d'inquiétude des Américains. En substance, le message véhiculé par le ticket républicain sera : le Président sortant n'a pas tenu ses promesses de changement et Romney est le seul capable de redresser l'économie, votre souci numéro 1 ! Romney se présente comme le seul homme capable de sauver le "rêve américain qui est en danger"(1). L'épouse de Romney a d'ailleurs d'ores et déjà apporté sa pierre à l'édifice lors d'un discours prononcé hier lors de la Convention. "Cet homme ne va pas échouer, cet homme ne nous laissera pas tomber, cet homme va tirer l'Amérique vers le haut"(1) a-t-elle affirmé en précisant qu'elle était certaine des compétence de l'homme avec lequel elle est mariée depuis 43 ans...

Et si Ryan était le joker de Romney ?

Même s'il est officiellement investi, Mitt Romney n'a pas mené, c'est le moins que l'on puisse dire, une campagne fédératrice. Il fut d'abord critiqué par une frange importante des militants républicains pour sa religion - il est mormon - avant d'être fustigé pour sa présence au sein de la société Bain Capital qui fut fossoyeur de milliers d'emplois aux Etats-Unis. Lors du premier caucus, au début 2012, Romney fut devancé par Rick Santorum et il devra batailler ferme pendant plusieurs mois avant de s'imposer définitivement comme le candidat du Grand Old Party. Sa campagne a été, jusqu'à présent, plutôt terne, sans grand coup d'éclat mais certains s'autorisent à dire que son premier vrai gros coup est d'avoir opté pour Paul Ryan comme co-listier. Ryan est jeune, 42 ans, et on le présente comme la star montante du Parti Républicain, d'aucuns l'envisagent d'ores et déjà comme un futur Président des Etats-Unis. Partisan d'un politique néolibérale à outrance, Ryan est un défenseur de la privatisation d'une grande partie des institutions publiques et d'un rôle moins prépondérant de l'Etat. Ses ambitions majeures sont de privatiser la sécurité sociale, la santé et les retraites afin de permettre une diminution sensible des impôts. Concrètement, l'homme se pose en défenseurs des riches, de ceux qui ont les moyens de financer leur (chère) santé, leur pension et leur sécurité sociale et à ceux-ci qui ont déjà des moyens, il fera encore le cadeau d'un allègement d'impôts. Catholique convaincu, il est aussi fervent opposant à l'avortement. Bref Paul Ryan est un homme de la droite du GOP, un homme qui devrait séduire la base militante du parti et les fervents admirateurs de l'Amérique du 20è siècle... Les derniers projets de loi déposer par le Député Ryan vont en ce sens, les soins de santé et tous les programmes sociaux sont mis sur la sellette pour le plus grand bonheur de la frange conservatrice républicaine. Une aile conservatrice qui juge la candidature de Mitt Romney trop molle depuis le début mais qui, avec la présence de Ryan sur le ticket républicain, se montre plus encline à soutenir le candidat-Président. L'idée sous-jacente serait même de porter Romney à la Présidence et de profiler Ryan pour l'avenir; pour 2020 si Romney a la carrure d'un Président et qu'il se représente au terme de son premier mandat, pour 2016 si Romney ne faisait pas le poids... Quoi qu'il en soit, Paul Ryan, porteur de valeurs chères aux conservateurs, pourrait bien - alors qu'Obama et Romney se talonnent dans les sondages - faire pencher la balance en faveur de Romney.

Il reste 68 jours de campagne jusqu'au 6 novembre, cette campagne promet d'être indécise et donc, espérons-le, passionnante !

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(1) Officiellement investi, Romney veut défendre le "rêve américain en danger", par L'Express et AFP, on www.lexpress.fr, 29 août 2012

P2012

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 09:45

Londres est une ville à manger, on y trouve de tout pour tous les goûts à tous les prix...

Food11---Petrus.jpgContinuons à tordre le cou à des rumeurs qui frisent la légendes urbaines. Londres est chère et on y mange mal. Non, clairement non ! Londres n'est pas chère, nous avons vu récemment que le loyer et le panier de la ménagère y sont moins chers que dans beaucoup d'autres grandes villes européennes (lire à ce propos Londres n'est pas une ville particulièrement chère) et que l'on peut s'y offrir un city-trip à très bon marché (Lire aussi Londres : bons plans). Aujourd'hui, voyons que l'on peut y manger de très bonnes choses à des prix raisonnables voire même très bon marché. Londres est une ville où la street-food est reine, presqu'autant qu'à New York. On y mange à tous les coins de rues, on y trouve de tout à manger à tous les coins de rues... Les Londoniens prennent leur repas de midi en rue, dans les parcs ou dans la cour des musées, les touristes ont tendance à se ruer dans les fast-foods ou dans des restaurants touristiques qui ne sont pas forcément les plus intéressants ni les meilleurs marchés et qui sont, assurément, les moins qualitatifs. A Londres, on trouve tous les types de nouritures des antres américaines de la cuisine rapide et grasse aux restos végétariens en passant par les sandwicheries, les échoppes de rues, les (très) grands restaurants, les pubs ou les rayons traiteurs des magasins qui sont très achalandés et souvent appétissants. Manger à Londres s'apparente à un véritable bonheur pour les amateurs de découvertes culinaires; sur quelques hectomètres carrés on peut manger chinois, indien, français, végétarien, bio, anglais, turc, gras, équilibré, sur le pouce, avec maitre d'hôtel... Voici donc une sélection de repas qui s'étalent de 3 à 85 livres par personnes !

Moins de 5£ (6,31€)

On trouve dans la capitale anglaise une série de grandes surfaces qui proposent des club-sandwiches à partir de 2,49£ (3,14€). Tesco et Sainsbury's (qui favorise des produits sans huile de palme où à base d'huile de palme durable) me semblent les mieux fournis, le choix et la qualités y sont au rendez-vous. Ces deux chaines proposent aussi des boites de salades variées avec des légumes, des pâtes froides, du poulet ou du thon pour moins de 5£ (6,31€). On y trouve aussi des salades de fruits frais ou des portions de fruits de saison épluchés, épépinés, coupés et emballés sous vide à des prix allant de 0,89£ à 1,99£ (de 1,12€ à 2,51€). Sainsbury's a développé, depuis quelques années, un salad-bar où l'on peut composer soi-même sa salade dans des bols en plastiques fermables. Ces bols sont de trois tailles et les prix sont de 1,99£ (2,51€), 2,49£ (3,14€) ou 2,99£ (3,77€), selon la taille du bol.

Caffe Nero, une chaine de prêt-à-manger qui propose des produits d'inspiration italienne, développe une gamme de paninis et de sandwiches garnis à partir de 3,99£ (5,03€). Les chaines de food-shop Prêt-à-Manger et Eat proposent aussi des sandwiches à partir de 3,49£ (4,40€)  tandis que les Food&Wine, des petits commerces qui ouvrent très tard proposent également une série de produits (sandwiches, salades, fruits...) à des prix très compétitifs. Par exemple, un sandwich roastbeef/crudités, deux prunes et une bouteille d'eau pour 4£ (5,05€).

De 5 à 10£ (de 6,31 à 12,62€)

Dans cette tranche de prix, on découvre Wasabi, une chaine de restaurants qui propose en take-away ou en eat-in des plats japonais; sushis, bentos de poulet ou de légumes, temaki, onigri et autres soupes de nouilles. C'est équilibré et varié, c'est une belle entrée vers la cuisine japonaise. C'est, selon moi, sans conteste le meilleur rapport qualité/prix/équilibre de Londres. Les sushis se vendent à la pièce à partir d'une livre (1,26€) et varient de 29 à 60 calories. On peut donc se faire un repas de huit sushis divers pour 8 à 10£ (10,09 à 12,62€) pour 250 à 300 calories. Un bento de poulet Katsu (servi avec une salade de fèves et du riz) revient à 5£ et contient moins de 200 calories. Enfin, Wasabi propose aussi quelques plats chaud comme le poulet yakisoba (avec des nouilles, du chou pet-Zoï, des poivrons et des oignons) pour 4,45£ (5,61€) si l'on y ajoute une boisson, on a un repas solide mais léger (moins de 300 calories) pour quelque 6,50£ (8,20€)...

Dans la gamme de prix variant de 5 à 10 livres, on trouve encore une quantité de vendeurs de rue à Covent Garden, sur Portobello Road les jours de marchés, à Camden ou à OldSpitalfield qui propose des nouritures variées de tous les continents (paella, bruschetta, samosa, kebab, salade grecques...), des pâtisseries (cup cakes, cookies, crumble) et des salades de fruits de première qualité. Pour moins de 10£ (12,62€) on peut s'offrir un voyage culinaire avec un plat salé et un plat sucré en guise de dessert.

Pour moins de 10£, il y a l'incontournable fish & chips que l'on trouve un peu partout à Londres. Introduit en Angleterre, au 17è siècle, par des juifs sérafades portugais, le fish & chips est devenu le plat le plus populaire de la street food anglaise. Aujourd'hui, il a perdu un peu de son authenticité (on ne le sert plus dans du papier journal comme c'était le cas jusqu'il y a quelques années) et est dépassé dans le coeur des britanniques par des plats moins riches en hydrate de carbone... Le fish & chips reste surtout un plat qui ravi les touristes.  Les prix varient de 4,99£ (6,29€) à 9,99£ (12,50€) mais la qualité est très inégale, de plus en plus on trouve des fish & chips industriels qui s'apparente à un simple fish stick surgelé servi avec des frites surgelées également. Il y a près de la Tour de Londres un petit vendeur de rue qui propose une bonne marchandise à emporter pour 7,99£ (10,08€).

Dans Chinatown, à Soho (le west end londonien), on trouve évidemment quantité de restaurants chinois qui rivalisent de buffets à bon marchés. On en trouve déja où l'on mange à volonté pour 5,99£ (7,56€) mais la qualité et la propreté ne sont pas forcément au rendez-vous. D'autres, souvent à partir de 9,99£ (12,50€), sont par contre irréprochables tant au niveau de la qualité des mets servis que de la propreté de lieux. A Chinatown, vous n'aurez que l'embarras du choix !

De 10 à 20£ (de 12,62 à 25,24€)

De plus en plus de restaurants indiens sacrifient aussi à la tradition chinoise du buffet pour satisfaire une clientèle qui, habituée au all-in des tours opérators, réclament de pouvoir manger à volonté pour une somme forfaitaire. Le spectacle des baffreurs n'est pas toujours des plus heureux mais force est de reconnaitre que l'on peut y manger très bien pour un prix plus que raisonnable. Je conseille cependant d'éviter les heures de pointes (12h00-13h30 et 18h30-21h00) car c'est à ces moments que l'on y rencontre les pires baffreurs... Les buffets indiens sont un peu plus chers que les chinois mais proposent un bel aperçu des cuisines du Kerala, du Pendjab, de Goa ou de la cuisine tamoule. A Londres, on peut aisément se rendre compte de la diversité de la cuisine indienne... des cuisines indiennes en fait !

Les pubs sont une institution anglaise, Londres n'échappe pas à la tradition. S'ils sont un lieu de détente où l'on boit un verre après le boulot, les pubs sont aussi des endroits où l'on sert de la cuisine traditionnelle anglaise (pies, fish & chips, bangers and mash, pig's trotter,...) mais aussi des hamburgers et même des spaghettis bolognaises, un plat adopté par les anglais dès les années '60. Les pubs sont les meilleurs endroits pour découvrir la cuisine anglaise : un Pimm's Lemonade en guise d'apéritif, une steak & ale pie (tourte de viande de boeuf cuite à la bière brune) comme plat et une ale (bière à fermentation haute) John Smith's font une repas typique pour une petite vingtaine de livres... Parmi les pubs les plus célèbres de Londres, on peut évoquer : Lord Moon of the Mall (sur Whitehall, entre Trafalgar Square et Westminster), The Sherlock Holmes (Northtumberland Street, près de Trafalgar Square), The Salisbury ( St-Martin's lane, près de Covent Garden), The Tottenham (sur Oxford Street) ou encore the Anchor (Bank Street, le long de la Tamise). Le site www.pubs.com répertorie tous les pubs d'Angleterre par ville avec leur spécificités et leur adresse. Idéal pour trouver un pub près de l'hôtel où l'on loge...

Au delà de 20£ (25,24€)

On entre dans une catégorie de prix qui commencent à faire cher si l'on est plusieurs, au delà des 20£. On trouvera dans cette catégorie la majorité des restaurants londoniens avec service à table, à l'exception notoire des asiatiques et des indiens. Cuisine italienne, française, espagnole, anglaise, russe, japonaise,... la gastronomie mondiale se donne rendez-vous à Londres. Dans une gamme de  prix allant de 20 à 40 livres (25,24 à 50,48€), on peut citer Maze Grill (de Gordon Ramsay), The Savoy Grill (également de Gordon Ramsay), Boisdale, The Fifteen (de Jamie Olivier), Zafferano, Roka ou Les Trois Garçons. Dans la catégorie supérieure, on mentionnera encore Petrus (de Gordon Ramsay), le Gordon Ramsay, Bentley Kempinski, The Criterion (Marco-Pierre White)... qui présentent de la très haute cuisine à des prix forcément plus élevés. Mais l'expérience en vaut souvent la peine !

Ma sélection

Moins de 5£

Food01 - Eat
Sandwich au pastrami
Eat à Tower Hill Terrace, près de la Tour de Londres
3,19£ (4,02€)

Food17---Caffe-nero.jpg
Panini brie/bacon
Caffe Nero Cannon Street, près de la Cathédrale St-Paul
2,99£ (3,77€) + 1,70£ (2,14€) pour un café américano
4,69£ (5,91€) au total

Food16---Food-and-Wine.jpg
Sandwich roastbeef/crudités + prunes + eau
Portland Food&Wine Upper Woburn Place, près de Russel Square
4,00£ (5,05€)

Food18---Wasabi.jpg
Onigri poulet teriyaki + onigri saumon + sauce teriyaki
Wasabi Garrick Hill, près de la cathédrale St-Paul
3,50£ (4,41€) + 0,85£ (1,07€)
4,35£ (5,49€) au total

Food23---portobello.jpg
Bruschetta tomate/roquette
Sur la Piazza de Covent Garden
2,99£ (3,77€)

Entre 5 et 10£

Food19---Wasabi.jpg
Bento de poulet katsu
Wasabi Shaftesbury Avenue, près de Picadilly Circus
4,45£ (5,61€) + 0,85£ (1,07€) pour une bouteille d'eau
5,30£ (6,69€) au total

Food27---portobello.jpg
Hamburger artisanal avec concombre, tomate
aubergine et feta
Marché de Portobello Road
5,99£ (7,56€)

Food05---China-Town.jpg
Hong Kong Buffet (buffet chinois)
Lisle Street, dans China Town
9,95£ (12,56€)

De 10 à 15£

Food29---Steak-and-Ale-Pie.jpg
Steak & ale pie
Pub Lord Moon of the Mall, sur Whitehall, près de Trafalgar Square
8,45£ (10,66€)  + 3,00£ (3,78€) pour 1 Pimm's
11,45£ (14,44€) au total.

Plus de 20£

ramsay.jpg
Le restaurant de Gordon Ramsay dans le quartier de
Belgravia, non loin de Harrods.
Menu en quatre service + sélection de vins
75£ (94,68€)

NB change £/€ fait avec le taux du 23 août 2012 : 1£ = 1,26€

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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