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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 10:08

Les réponses du quizz Tour de France de vendredi dernier.

tdf-quizz-2.jpg

1. Quelle équipe française fut créée pour briller sur le Tour de France et, peut-être, offrir un successeur à Bernard Hinault à la France mais fut contrainte de déposer le bilan quelques jours avant le départ du Tour ?
Le Groupement, une équipe montée de toutes pièces en 1994 qui est apparue dans le peloton en janvier 1995. Cependant, le sponsor - Le Groupement -, une société de vente multiniveaux, de type pyramidal, fut rapidement considéré comme sectaire et, faisant face à plusieurs procès, dépose le bilan le 27 juin 1995, à trois jours du départ du Tour de France laissant sur le carreau des coureurs de la trempe de Luc Leblanc (alors champion du monde et triple top10 du Tour), Ronan Pensec (double top10 du Tour) ou Jean-Paul Van Poppel (vainqueur de 9 étapes sur les routes du Tour et lauréat du maillot vert en 1987).

2. Comment s'appelait le journal qui fut à la base de la création du Tour de France ?
L'Auto, créé en 1900 sous le nom de l'Auto-Vélo et rebaptisé en 1902. Ce journal fut lancé par le Comte Jules-Albert de Dion-Bouton, industriel automobile, pour contrer le quotidien Le Vélo ouvertement dreyfusard alors que De Dion-Bouton affichait clairement son anti-dreyfusardisme. Le Tour de France fut imaginé par le journaliste Géo Lefevre afin de lancer définitivement le journal L'Auto face à son concurrent.

3. Qui fut le premier vainqueur final du Maillot à Pois ?
Lucien Van Impe, en 1975. Si le classement de la montagne fut créé en 1933 (victoire de l'Espagnol Vicente Trueba), il faudra attendre 42 ans pour que ce classement soit identifié par un maillot distinctif. Pourquoi des pois rouges sur un fond blanc ? Simplement parce que cela correspondait aux couleurs du premier sponsor, Chocolat Poulain.

4. Quand fut créée la caravane publicitaire du Tour de France ?
En 1930, à l'occasion du 24è Tour de France. La direction du Tour décida de supprimer les équipes de marque et d'intégrer des équipes par nation dans l'idée d'éliminer les différences de matériel entre les coureurs en fonction de l'apport des sponsors. Dès lors, pour fournir un matériel égal à l'ensemble des coureurs, et pour financer ce matériel surtout, Henri Desgranges eut l'idée d'une caravane publicitaire composée par tous les investisseurs ayant financé l'achat du matériel nécessaire au peloton qui défilerait devant le public. Au fil des années, la caravane est devenu une institution du Tour de France.


5. En 110 ans d'existence et 100 éditions (au terme de la présente), le Tour de France à déploré trois décès en course, quel était le nom de ces trois coureurs ?
Francisco Cepeda, en 1935, dans la descente du Galibier suite à une violente chute causée par l'éclatement de son pneu avant.
Tom Simpson, en 1967, dans la montée du Ventoux suite à la prise d'amphétamines conjuguée à une forte chaleur et un manque d'hydratation.
Fabio Casartelli, en 1995, dans la descente du Portet d'Aspet suite à un problème technique.


6. Qui est le recordman des victoires du classement par points ?
Erik Zabel, qui  l'a emporté a six reprises consécutive entre 1996 et 2001. Il devance Sean Kelly (4 victoires) et Jan Janssen (3 victoires). Parmi les coureurs encore en activité, seul Thor Hushovd (vainqueur en 2005 et 2009 mais qui ne participe pas au Tour 2013) a gagné le classement par points du Tour de France plus d'une fois. Mark Cavendish et Peter Sagan sont candidats à un second maillot vert cette année.


7. Deux coureurs ont remporté le Tour de France sans jamais porter le maillot jaune durant la course. Qui sont-ils ?
tdf-robic.jpegJean Robic, en 1947. Alors qu'il s'est retrouvé, au terme de la 10è étape, à plus de 23 minutes de René Vietto au général suite à une énorme défaillance, Jean Robic attaque, comme il l'avait annoncé (sous la forme d'une plaisanterie pour certains !!!) dès le départ de la 15è étape qui relie Luchon à Pau. Il franchit seul les quatres cols du jour (Aspin, Peyresourde, Tourmalet et Aubisque) avant de remporter l'étape en reprenant 15 minutes à Vietto. Lors du contre-la-montre de la 19è étape, à Saint-Brieuc, Vietto explose et concède 15 nouvelle minutes. Brambilla prend le jaune tandis que Robic est troisième du général, à un peu moins de trois minutes. Lors de l'ultime étape, Brambilla fait un effort inutile pour reprendre des échappés et ne peut rien faire lorsque Robic attaque. Il s'enfuit avec Fachleitner et négocie une collaboration (100.000 francs de l'époque !) avec ce dernier pour aller au bout et remporter le Tour 1947.
Jan Janssen, en 1968. A quatre étapes de la fin, le Belge Herman Van Springel est en tête de l'épreuve, son avance est maigre (12'' sur l'Espagnol San Miguel et 16'' sur le Hollandais Janssen) mais il ne reste que des étapes de plaine et le contre-la-montre final. Sur ce type de parcours, Van Springel est, théoriquement, meilleur que ses deux adversaires. C'est sur le chrono de l'ultime étape que tout se décide, si San Miguel explose selon les prévisions, Van Springel réussit un excellent temps mais Janssen est dans un jour faste, il reprend 54 secondes à Van Springel et devient le premier hollandais à remporter le Tour de France.


8. Quel coureur en activité (et présent sur le Tour 2013) a remporté le plus grand nombre de victoires d'étapes ?
Mark Cavendish avec 23 victoires d'étapes entre 2008 et 2012, un score que l'Express de Man devrait améliorer encore cette année. Dans l'absolu, Eddy Merckx (34 étapes gagnées) est le recordman devant Bernard Hinault (28) et André Leducq (25). Cavendish pourrait bientôt être sur le podium des vainqueurs d'étapes sur le Tour de France...


9. Quels coureurs ont remportés le plus d'étapes sur un même Tour de France ?
Charles Pélissier (1930), Eddy Merckx (1970 et 1974), Freddy Maertens (1976) avec huit étapes gagnées sur le même Tour de France.


10. Qui est le vainqueur le plus âgé du Tour de France ?
Firmin Lambot, en 1922. Le Florennois était alors âgé de 36 ans, 4 mois et 9 jours. Cette année là, Lambot gagna son second Tour en prenant le maillot jaune lors de l'antépénultième étape, à Metz. Il ne gagna aucune étape sur ce Tour de France.


11. Dans quel état Bernard Hinault termina-t-il l'étape Autrans - Saint-Etienne, en 1985 ?
tdf-hinault.jpgAvec le nez cassé et le visage en sang suite à une chute collective impressionnante dans le dernier kilomètres. Le Blaireau se relèvera et terminera péniblement l'étape avant de repartir le lendemain et de remporter son dernier Tour de France quelques jours plus tard. Heureusement pour lui, cette chute survint dans l'ultime kilomètres et Hinault fut crédité, selon le règlement, du temps du groupe dans lequel il était lors de la chute. Sans ce point de règlement, il aurait perdu son maillot jaune et, probablement, le Tour. A la sortie de l'hôpital où l'on venait de lui faire passer des radios et des examens, Bernard Hinault eut, pour les médias, cette phrase qui résume parfaitement son caractère : "Je peux rassurer tout le monde, il n'y a rien, j'ai juste le nez cassé. Il me reste mes deux bras et mes deux jambes, c'est le plus important !".


12. Quel élément fut créé en 1906 pour le Tour de France mais est aujourd'hui présent dans toutes les courses cyclistes ?
La flamme rouge qui indique aux coureurs qu'ils sont au dernier kilomètres de l'étape.


13. Quel numéro de dossard est celui qui a remporté le plus de fois le Tour de France ?
Le n° 1 évidemment ! Forcément, le vainqueur sortant disposant de ce dossard, les vainqeurs multiples comme Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain ont remporté plusieurs Tours avec le dossard n° 1. Contrairement à ce que beaucoup pensent suite à une légende véhiculée dans le microcosme du Tour de France, ce n'est pas le n° 51 qui n'a jamais remporté le Tour de France qu'à quatre reprise. 24 fois le Tour a été gagné par le n° 1; 5 fois par le n° 11; 4 fois par les n° 21 et 51.

14. Cinq nations ont gagné chacune une fois le Tour de France, lesquelles ?
L'Irlande (Stephen Roche, 1987), le Danemark (Bjarne Riis, 1996), l'Allemagne (Jan Ullrich, 1997), l'Australie (Cadel Evans, 2011) et le Royaume-Uni (Bradley Wiggins, 2012)


15. Quel coureurs a collectionné le plus de deuxièmes places finales ?
Joop Zoetemelk qui a terminé six fois deuxième (1970, 1971, 1976, 1978, 1979 et 1982) du Tour de France. Le Hollandais a également remporté l'épreuve en 1980. Zoetemelk a terminé onze fois dans le top10 de la Grande Boucle entre 1970 et 1982. Il terminera encore 12è en 1985, à l 'âge respectable de 38 ans. Raymond Poulidor ne détient dans pas le record de l'éternel second du Tour de France comme beaucoup le croient. Poupou a terminé, au total, huit fois sur le podium dont "seulement" trois fois à la seconde place...

16. Quelle fut la première ville "étrangère" qui accueillit une arrivée du Tour ?
Metz en 1907 ! A cette époque, une grande partie de l'Alsace-Lorraine est un territoire allemand suite au Traité de Francfort signé le 10 mai 1871. Metz est alors le chef-lieu du Bezirk Lothringen (District allemand de Lorraine), l'une des trois divisions administratives du Reichsland Elssach-Lothringen. Le 10 juillet 1907, au terme d'une étape de 398 kilomètres, il fut impossible de départager deux coureurs (les moyens de l'époque étaient plutôt rudimentaires); Emile Georget (Peugeot-Wolber) et Louis Trousselier (Alcyon-Dunlop) furent déclarés vainqueurs ex-aequo pour cette première arrivée en terre étrangère.


17. Quel tour eut le plus de maillots jaunes différents ?
tdf-roche.jpgLe Tour 1987 qui compta huit maillots jaunes différents. Si, finalement, l'Irlandais Stephen Roche émergea au terme d'une course passionnante, la tenue de leader changea fréquemment d'épaules au gré des aléas de la compétition. Jelle Nijdam reportait le prologue dans les rues de Berlin devant le Polonais Lech Piasecki qui profite des deux demi-étapes du lendemain, toujours à Berlin, pour prendre la tête du classement. La troisième étape voit une longue échappée de 21 coureurs se dessiner et aller au bout. Le Portugais Acacio Da Silva gagne mais c'est le Suisse Erich Maechler qui endosse le maillot jaune. Tactique de course intelligente de la part de l'équipe Carrera à laquelle émarge Maechler et qui compte en son sein Stephen Roche, l'un des favoris pour la victoire finale. En prenant le maillot jaune, aussi tôt et avec une certaine avance (les échappés ont conservé plus de trois minutes d'avance sur le peloton), la Carrera oblige les équipes des autres favoris à se découvrir. Maechler conserve le jaune jusqu'au contre-la-montre du Futuroscope remporté par son équipier Roche tandis que Charly Mottet revêt la tunique jaune et se place en favori de l'épreuve. Mais le lendemain, au terme d'une nouvelle échappée fleuve, c'est Martial Gayant qui gagne l'étape et endosse le maillot jaune. Mottet le récupère à Pau, au soir de la 13è étape, la première des Pyrénées. Malgré quelques défaillances, Mottet garde son maillot pendant la traversée de Pyrénées et des Cévennes. Il doit cependant l'abandonner à Jean-François Bernard lors de la très dure étape du Mont Ventoux. A sept étapes de la fin, alors qu'il reste toutes les Alpes à franchir et un dernier contre-la-montre à Dijon, Bernard, Roche et Delgado peuvent encore triompher. Les Alpes sont propices à Pedro Delgado car si Roche l'emporte à Villard-de-Lans et endosse le maillot jaune, il puise loin dans ses réserves pour y arriver. Le lendemain, Delgado s'envole à l 'Alpe d'Huez pour déposséder Roche. Le jour suivant, à La Plagne, Roche paie ses efforts et explose. Il va au bout de lui-même pour limiter sa perte de temps et s'écroule juste après avoir franchi la ligne d'arrivée. Il faudra l'oxygéner pour le réanimer. Mais l'Irlandais sait qu'il a suffisamment limité les dégats que pour reprendre le maillot jaune lors du contre-la-montre de Dijon dans un exercice où il est largement supérieur à l'Espagnol. C'est ce qui se produit et Roche endosse le maillot jaune lors de l'avant-dernière étape pour finalement remporter le Tour de France 1987, quelques semaines après avoir gagné le Giro et quelques semaines avant de devenir Champion du Monde...


18. Quelle équipe (de marque) a remporté le plus de Tour de France ?
Peugeot 9 fois ! 1905 - Louis Trousselier; 1906 - René Pottier; 1907 - Lucien Petit-Breton; 1908 - Lucien Petit-Breton; 1913 - Philippe Thys; 1914 - Philippe Thys; 1922 - Firmin Lambot; 1975 - Bernard Thévenet; 1977 - Bernard Thévenet... L'on pourrait même y ajouter la victoire de Greg LeMond, en 1990, pour l'équipe Z qui fut construite sur les cendres de l'équipe Peugeot.


19. Sous quel surnom est plus connu Didi Senft ?
tdf-diablo.jpgEl Diablo ! Senft est le supporter habillé comme un Diable que l'on peut voir, depuis 1993, sur les routes du Tour et d'autres courses cyclistes. L'homme est aussi un inventeur qui imagina plus de 100 bicyclettes dont une homologuée par le Guiness des Records comme le plus grand vélo du monde. Il a pour habitude de peindre sur la route son symbole - un trident rouge - quelques kilomètres avant l'endroit où il se trouve, une sorte de repère pour les caméras de télévision qui suivent la course. Lorsque vous verrez un trident rouge peint sur la route du Tour, El Diablo ne sera pas loin... 


20. D'où partira le Tour de France 2014 ?
De Leeds, dans le Yorshire. Sept ans après avoir pris son envol de Londres, le Tour de France reviendra en Angleterre pour trois étapes qui sont déjà dessinées : Leeds - Harrogate, York - Sheffield et Cambridge - Londres. Le Tour entrera ensuite en France par le Nord-Pas-de-Calais avec une étape à Lille.

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 09:40

Les Anglais attendaient une victoire à Wimbledon depuis 77 ans... Andy Murray leur a offert !

wimbledon.jpgSi les Britanniques sont longtemps restés les recordmen de victoires de leur tournoi de tennis, depuis 2000 le record de victoires appartenait aux Etats-Unis qui ont remporté le Tournoi de Wimbledon à 32 reprises (17 avant l'ère open, 15 depuis l'ère open). Ce dimanche 7 juillet 2013, avec la victoire d'Andy Murray, le Royaume-Uni est revenu à la hauteur des Américains non sans une certaine fierté de redevenir maitre de leur gazon... Il ne s'agit cependant là que de la première victoire d'un tennisman britannique - écossais en l'occurrence - de l'ère open, qui s'est ouverte en 1968. Chez les Dames, Virginia Wade avait remporté le tournoi en 1977, c'est d'ailleurs toujours à ce jour l'ultime victoire d'une joueuse britannique en Grand Chelem. Sur le circuit masculin, il fallait remonter jusqu'à 1936 pour trouver le nom d'un vainqueur anglais, c'était Fred Perry qui triomphait du joueur nazi Wilfried Von Cramm. Les joueurs britanniques ont dominé le tournoi depuis sa création, en 1877, mais il convient de préciser que le tournoi ne s'est ouvert à l'internationalisation qu'à l'aube du 20è siècle. Ce qui s'appelait alors Lawn Tennis Championships (Championnat de Tennis sur Gazon) s'est disputé entre Gentlemen britanniques jusqu'en 1904 et entre Ladies de 1884 (date de la création du tournoi féminin) à 1904. William Renshaw (7 succès), Hugh L. Doherty (5), Reginald F. Doherty (4), Wilfred Badeley (3), Arthur Gore (3) et Joshua Pim (2) dominent les débats jusqu'à l'ouverture aux joueurs extra-insulaires. Il ne faut pas attendre longtemps pour voir les joueurs étrangers s'imposer sur le gazon anglais puisque l'année suivant leur intronisation un premier non-britannique, l'Australien Norman Brookes, atteint la finale avant de remporter le tournoi en 1907. Britanniques, Australiens, Américains et Français se partagent les victoires jusqu'en 1936. Le joueur de la Mersey, Fred Perry domine le tennis des années '30 remportant notamment le Queen's (1929), l'US National Champ's (1933, 1934, 1936) ancêtre de l'US Open, l'Australian Open (1934), Les Internationaux de France (1935), Wimbledon (1934, 1935 et 1936) ainsi que quelques autres tournois de moindre importance mais renommés à l'image du British Hard Court de Bornemouth (1932, 1933, 1934, 1935 et 1936), du Pacific Southwest de Los Angeles (1932, 1933 et 1934) ou du Victorian Championship de Melbourne (1933). Lorsqu'il écrase le double vainqueur de Roland-Garros, Wilfried Von Schramm (6-1/6-1/6-0), le 3 juillet 1936, Fred Perry ferme le chapitre de l'ultradomination britannique sur le tournoi masculin de Wimbledon, 31 victoires depuis 1877.

Les J.O. comme étalon !

Si Henry Austin atteignit la finale en 1938, c'était là le dernier résultat remarquable des tennisman anglais dans leur tournoi-fétiche. Mais le Royaume-Uni s'est mis à rêver, à partir de 2005, lorsque Andy Murray apparait sur le circuit professionnel. Le natif de Glasgow remporte son premier tournoi, le SAP Open de San Jose (Master 250), dès 2006 avant d'enchainer les succès dans des tournois de plus en plus prestigieux. En 2008, Murray remporte deux Masters 1000 (Cincinnati et Madrid), c'est à dire les tournois qui viennent juste en dessous du Grand Chelem. Il récidive à Miami, Montréal ou Shanghai dans les années qui suivent pour faire de 2012 son objectif. En effet, les Jeux Olympiques se déroulent à Londres et, par-delà l'honneur d'une médaille olympique, le tournoi se joue sur le gazon de Wimbledon, une arène qui fait évidemment rêver Andy Murray. Le gazon est une surface sur laquelle l'Ecossais se débrouille plutôt bien puisqu'il a remporté le Queen's en 2009 et en 2011(1). Cette surface rapide qui favorise les rebonds bas et donne moins d'importance aux effets de balles lui convient assez que pour rêver d'une médaille olympique. Alors, Murray prépare les Jeux de façon consciencieuse et lorsque le tournoi débute, en l'absence de Rafael Nadal hors-condition, Murray est tête de série n° 3. Dans le troisième quart de tableau, l'Ecossais élimine succèssivement Wawrinka, Nieminen, Baghdatis pour parvenir en 1/4 de finale où il affronte l'Espagnol Nicolas Almagro TS11). Murray s'ouvre les portes des demis-finales sur un 6-4/6-1, il y affrontera la 2è tête de série Novak Djokovic. Un combat délicat face au Serbe qui a remporté l'Open d'Australie mais aussi les Masters 1000 de Miami - contre Murray - et qui pointe au premier rang mondial avant ces Jeux Olympiques. Sur un double 7-5 disputé, Murray s'offre la finale contre Roger Federer. Le résultat y est sans appel, Andy Murray devient Champion Olympique sur un sec 6-2/6-1/6-4.

Andy Murray a réussi son pari, dans la foulée il s'offre aussi l'US Open mais il s'est surtout offert une réelle possibilité de remporter Wimbledon. Les Jeux Olympiques sont comme un étalon, une répétition générale qui démontre que l'acteur est fait pour le rôle. Alors, plus que jamais le public anglais se prend à rêver d'un successeur à Fred Perry. Hier, ce rêve de tout une nation est devenu réalité, Murray a vaincu Djokovic au terme d'un match de fond de court fait d'échanges longs et ponctué par une ultime jeu de toute beauté dans lequel l'Ecossais disposa de trois balles de match avant de sauver trois balles de contre-break pour finalement l'emporter en trois sets : 6-4/7-5/6-4. Andy Murray entre dans la légende du tennis britannique. Il fut, en septembre 2012, le premier britannique a remporté un tournoi du Grand Chelem depuis l'avènement de l'ère open, il est désormais également le premier vainqueur britannique de l'ère open à Wimbledon... le premier vainqueur britannique depuis Fred Perry, en 1936, tout simplement ! Ce matin les titres de la presse britannique sont dityrambiques : Champion ! simplement pour The Guardian et The Independant, The History in his hands pour The Daily Mirror tandis que The Times et The Daily Mail en appellent tout simplement à la nomination au titre de Chevalier de l'Ordre de l'Empire Britannique... à l'image de ce qui avait été fait pour Bradley Wiggins après sa victoire sur le Tour de France en 2012. Selon The Times qui cite des sources de Downing Street, Murray sera effectivement proposé à cette distinction.

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(1) Murray ajoutera un troisième Queen's à sa palmarès en 2013

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 14:01

Dans le cadre du Centième Tour de France et pour terminer la semaine en douceur, voici un petit jeu qui vous entrainera dans l'Histoire de la Grande Boucle

NDLR : les réponses seront publiées mardi prochain.
tdf-quizz.jpg
Le Tour de France c'est une Histoire de France, un univers rempli d'anecdotes, de chiffres, d'événements et de moments forts, douloureux ou drôles. C'est aussi un véritable terrain de jeu pour les passionnés de cyclisme. Voici donc, pour ceux qui comme moi vont suivent la Grande Boucle avec entrain, un quizz en vingt question pour se plonger dans les petites histoires de la plus grande course cycliste au monde. Rien à gagner, juste le plaisir de jouer...

1. Quelle équipe française fut créée pour briller sur le Tour de France et, peut-être, offrir un successeur à Bernard Hinault à la France mais fut contrainte de déposer le bilan quelques jours avant le départ du Tour ?

2. Comment s'appelait le journal qui fut à la base de la création du Tour de France ?

3. Qui fut le premier vainqueur final du Maillot à Pois ?

4. Quand fut créée la caravane publicitaire du Tour de France ?

5. En 110 ans d'existence et 100 éditions (au terme de la présente), le Tour de France à déploré trois décès en course, quel était le nom de ces trois coureurs ?

6. Qui est le recordman des victoires du classement par points ?

7. Deux coureurs ont remporté le Tour de France sans jamais porter le maillot jaune durant la course. Qui sont-ils ?

8. Quel coureur en activité (et présent sur le Tour 2013) a remporté le plus grand nombre de victoires d'étapes ?

9. Quels coureurs ont remportés le plus d'étapes sur un même Tour de France ?

10. Qui est le vainqueur le plus âgé du Tour de France ?

11. Dans quel état Bernard Hinault termina-t-il l'étape Autrans - Saint-Etienne, en 1985 ?

12. Quel élément fut créé en 1906 pour le Tour de France mais est aujourd'hui présent dans toutes les courses cyclistes ?

13. Quel numéro de dossard est celui qui a remporté le plus de fois le Tour de France ?

14. Cinq nations ont gagné chacune une fois le Tour de France, lesquelles ?

15. Quel coureurs a collectionné le plus de deuxièmes places finales ?

16. Quelle fut la première ville "étrangère" qui accueillit une arrivée du Tour ?

17. Quel tour eut le plus de maillots jaunes différents ?

18. Quelle équipe (de marque) a remporté le plus de Tour de France ?

19. Sous quel surnom est plus connu Didi Senft ?

20. D'où partira le Tour de France 2014 ?

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 19:37

En Espagne, le chômage est en baisse pour le quatrième mois consécutif mais la "relance" repose sur des emplois précaires et l'émigration décolle...

empleo.jpgLa situation économique de l'Espagne est dramatique depuis 2008 et l'explosion de la bulle immobilière. Depuis cinq longue année, le pays subit une crise éprouvante qui laisse bon nombre de ses habitants sur le carreau, l'endettement moyen des ménages est de 130% de leurs revenus. La dette publique de l'Espagne - qui est quand même la quatrième économie de la zone euro - est passée de 36,2% de son PIB en 2008 à 71,1% à la fin de l'année 2012. Depuis mai 2010, le pays est plongé dans l'austérité, des nouvelles mesures en ce sens sont régulièrement prises, par le Gouvernement de Zapatero (PSOE) d'abord, par le Gouvernement Rajoy (PP) ensuite. En quelques années, les secteurs bancaire et immobilier se sont totalement effondrés, le secteur des soins de santé est en passe de le faire, les dépenses publiques ont été limitées, l'âge de la retraite a été porté à 67 ans (et l'on envisage de le reculer encore dans les années à venir) tandis que les salaires ont été rabotés. Mais si les Espagnols actifs travaillent désormais plus longtemps pour moins d'argent, plus d'un quart de la population active n'a même pas la chance de travailler... En effet, en décembre dernier le chômage dépassait la barre des 26%, il atteint aujourd'hui 27,16%. Depuis la fin de l'année 2007, le taux de chômage espagnol est passé de 8,3% à 27,2%. Il a plus que triplé en moins de six ans !
evolution-chomage-espagne.jpg

Une troisième grande vague d'émigration

Cependant, pour le quatrième mois consécutif, les chiffres du chômage sont à la baisse ! Ce qui pousse immédiatement Marianno Rajoy, le Président du Gouvernement, à répété à l'envi que l'Espagne va mieux. Moins 2,6% pour le mois de juin, le chiffre est réellement important. Les baisses précédentes étaient moindre : - 0,1% en mars, - 0,91% en avril et - 1,97% en juin. Si les chiffres sont encourageants, il convient de les tempérer sérieusement ! En effet, il reste quand même plus de 4,5 millions de demandeurs d'emplois et, si l'on compare les chiffres sur une année, de mai 2012 à mai 2013, ce sont quelque 148.000 chômeurs en plus qui sont venus grossir les rangs devant les Officinas de Empleo. En outre, la diminution du chômage est intimement liée à la conjoncture; entre mai et septembre, le tourisme espagnol s'envole et, dès lors, de nombreux contrats saisonniers sont généralement signés dans ce secteur d'activités. Ainsi, sur les 1,28 millions de contrats de travail signés au mois de mai 2013, seuls 96.000 (soit ± 7%) sont des CDI plutôt stables. Les autres sont des CDD dont beaucoup sont des contrats à temps partiel, des mi-temps avec un salaire mensuel de 400 à 500 euros... Loin d'être le nirvana !

Dans un rapport sur les perspectives économiques espagnoles(1), l'OCDE estime que la récession en cours devrait perdurer jusqu'à la fin de 2013, qu'une légère relance est envisageable pour 2014 mais que le chômage devrait atteindre 28% avant de baisser, probablement, en 2015. En attendant, les Espagnols - surtout les moins de 25 ans chez lesquels le taux de chômage est de 57,22% - survivent grâce à des petits boulots de quelques heures par-ci par-là. Les petits boulots (vendangeurs, animateurs commerciaux, catering dans l'événementiel, petites mains logistiques...) sont en forte recrudescence, ils permettent aux plus jeunes de vivre au jour le jour mais sans réel espoir pour l'avenir. D'ailleurs, de plus en plus de jeunes espagnols envisagent de quitter leur pays, d'émigrer vers d'autres contrées européennes afin d'y trouver une sorte d'Eldorado qui est impossible chez eux. En 2011, pour la première fois depuis la forte émigration des année '60, les chiffres de l'émigration ont dépassé ceux de l'immigration. Ce sont quelque 56.000 Espagnols ont choisi l'exil faute de perspectives d'avenir ! Après l'émigration liée au Franquisme (1936-1939), la grande vague des années '60 et '70 déjà liée à la conjoncture économique, l'Espagne connait une troisième vague d'émigration. A la différence de la précédente qui vit partir des travailleurs peu qualifiés, celle-ci concerne également des jeunes universitaires et des scientifiques qui vont chercher du travail ailleurs depuis que le Gouvernement a réduit de 39% les budgets alloués à la recherche...

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(1) En Espagne, la baisse du taux de chômage est-elle durable ?, par Séverine Husson, on la-croix.com, 4 juin 2013

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 12:46

La Croatie entre dans l'Union Européenne, ce 1er juillet !

Croatia2013.jpgIl y a, à peine, vingt ans, la Croatie était engluée dans un conflit contre la Serbie. L'effondrement progressif de la République Socialiste de Yougoslavie à plongé les différentes composantes de cette nation en pleine guerre civile. De tous les conflits de ce que l'on appella, entre 1991 et 2001, les Guerre de Yougoslavie, celui de Croatie fut le plus long. Il dura quatre longues années, de la non-reconnaissance de l'indépendance croate prononcée en juin 1991 jusqu'aux opérations Tempète et Eclair, à l'été et à l'automne 1995, qui menèrent à l'indépendance réelle du pays. Au terme de cette guerre d'indépendance, si la Croatie a défini son territoire, préservé ses frontières et obtenu la reconnaissance internationale, le pays n'en est pas moins dévasté - l'ONU estime l'ampleur des dégats à quelques 37 milliards dollars -, l'économie est détruite, le PIB a chuté de 21% et une grande frange de la population a choisi l'exil pour échapper aux massacres et aux combats. Bref, c'est une nation exsangue qui prend sa place dans le concert des nations mondiales, en outre son Président, Franjo Tudman, n'est pas à proprement parlé un exemple de dirigeant démocratique. En effet, en plus des relents négationnistes qui lui sont reprochés, notamment, par Elie Wiesel, Tudman refuse de valider l'élection d'un maire issu d'un parti d'opposition à Zagreb, en octobre 1995, avant d'instaurer un délit de presse qui lui permet de poursuivre en justice les médias qui publient des informations qui le desservent. Enfin, le Tribunal Pénal International envisage de poursuivre Tudman pour nettoyage ethnique à l'encontre de populations serbes dans le cadre de l'Opération Tempète mais, emporté par un cancer, il décède avant d'être inculpé. Bref, à l'aube du 21è siècle peu sont nombreux à imaginer une entrée de la Croatie dans l'Union Européenne.

En 2000, l'élection à la tête du pays du démocrate chrétien Stjepan Mesic est une amorce de changement. En deux mandats et dix années de gouvernance, il démocratise le pays, l'ouvre à l'Europe et aux investisseurs étrangers, fait face aux nationalismes persistants et redresse l'économie. Lors du premier mandat de Mesic, en février 2003, la Croatie introduit une demande d'adhésion à l'UE, cette demande est transformée en statut de candidat officiel le 21 juin 2004 et les premières négociations d'adhésion s'ouvrent en octobre 2005. En janvier 2012, par voie référendaire, les Croates se prononcent, à 66%(1), pour l'entrée de leur pays dans l'Union Européenne. Tous les ingrédients sont réunis pour que la Croatie rejoignent prochainement l'Union... C'est chose fait ce 1er juillet !

Un carrefour culturel important à l'économie délicate

Depuis le 4è siècle avant Jésus-Christ, la région croate est soumise à la colonisation. Les Celtes d'abord, les Grecs et les Romains ensuite, les Huns, les Ostrogoths et les Byzantins occupèrent successivement les territoires (Yllirie, Dalmatie, Pannonie, Slavonie, Istrie...) qui correspondent à l'actuelle Croatie. A l'époque médiévale se développe les Royaumes et Dûchés slaves qui installent un réel empire sur l'Europe centrale et orientale avant que l'empire austro-hongrois des Habsbourg n'annexe la Croatie entre le 16è et le début du 20è siècle. La Croatie a donc subi des influences diverses qui ont créé un héritage culturel important qui a contribué à l'économie touristique du pays, le tourisme représentant désormais un quart du PIB. Alors que le pays compte quelque 4,4 millions d'habitants, il accueille près de 10 millions de touristes annuels... On compte donc deux fois plus de touristes que d'habitants en Croatie. Cependant, le PIB croate reste bas, il est de 39% inférieur à la moyenne de l'UE ce qui fait du nouvel entrant le troisième pays le plus pauvre de l'Union, juste devant la Roumanie et  la Bulgarie. L'économie est en récession depuis quatre ans, le chômage reste important, il touche 20% de la population active, et se situe très nettement au-dessus de la moyenne européenne (11%) au même niveau que le Portugal mais loin de l'Espagne (25%) et de la Grèce (28%)... Pour les partisans croates de l'adhésion, celle-ci représente une formidable opportunité économique - ne fut-ce que par la manne financière de 11,7 milliards d'euros promise en guise d'aide financière par l'UE d'ici 2020 - tandis que les opposants y voient un véritable génocide économique pour les populations les moins aisées du pays.

La Croatie est le 28è état... Et après ?

L'adhésion officielle de la Croatie porte l'Union Européenne à un ensemble de 28 nations qui regroupent 508 millions d'habitants. Le croate est désormais la 24è langue officielle de l'UE. Que de chemin parcouru depuis la création de la Communauté Européenne de l'Acier et du Charbon (CECA), en 1951, qui réunissait six pays : l'Allemagne, La Belgique, La France, L'Italie, le Grand-Dûché du Luxembourg et les Pays-Bas. L'Union Européenne - d'abord devenue Communauté Economique Européenne (CEE) en 1973 - s'est étoffée au fil des décennies, pour parvenir depuis aujourd'hui à une communauté de 28 états-membres. Et cette communauté n'est pas fermée, loin s'en faut. La Turquie, candidate à l'adhésion depuis 1987 mais seulement reconnue depuis 1999), la Macédoine (2004), le Montenegro (2008), la Serbie (2009) et l'Islande (2009) sont aux portes de l'Union. Si la question turque pose des problèmes culturels, éthiques et politiques, les candidatures serbe, macédonienne et monténégrine sont bien avancées. Ces trois nations devraient être les prochaines à adhérer, l'on évoque une adhésion à "moyen terme", ce qui est plutôt nébuleux, convenons-en... L'Islande a, pour sa part, suspendu les négociations d'adhésion dans l'attente d'un référendum populaire qui a été annoncé dans l'accord de Gouvernement de centre-droit mis en place en avril dernier. La population islandaise est, selon différents sondages menés dans le pays durant la campagne électorale législative, plutôt réticente à l'idée d'entrer dans l'Union Européenne. Si une Europe à 31 est envisageable "à moyen terme"; à 33 ce n'est pas vraiment à l'ordre du jour !

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(1) avec, il convient de le préciser, un taux de participation très faible de 43,58%

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 10:36

Le 100è Tour de France s'élance samedi de Corse, 3479 kilomètres en 21 étapes pour relier la Corse à Paris.

tdf2013.jpgAvec le mois de juillet revient la Grande Boucle, un peu plus tôt même cette année puisque le Tour de France prendra son envol, ce samedi 29 juin, de Porto-Vecchio, en Corse. L'Île de Beauté sera un départ inédit, le peloton y restera trois jours durant, le temps de découvrir en profondeur la Corse et d'affronter les premières difficultés du parcours. Il n'y aura pas de prologue pour cette centième édition, en effet, les organisateurs ont voulu mettre en évidence les magnifiques paysages corses à travers trois étapes en ligne. Si la première, qui longera toute la côte-est, est sans réelle difficulté, les deux autres étapes seront réservées à des puncheurs. Peter Sagan (Canondale Procycling) a pointé ces étapes mais des coureurs comme Philippe Gilbert (BMC Racing Team), qui voudra certainement montrer son arc-en-ciel alors qu'il n'a toujours pas remporté de course avec son maillot irrisé sur les épaules, Alejandro Valverde (Movistar Team) ou Thomas Voeckler (team Europcar) pourraient tirer leur épingle du jeu. Le rendez-vous corse, avec déjà des cols de deuxième catégorie, devrait donner lieu à de belles empoignades sur fond de paysages magnifiques. Une excellente initiative que d'avoir lancé cette centième Grande Boucle en Corse... D'autres nouveautés jalonneront le parcours de cette édition; certaines intéressantes comme la double ascension de l'Alpe d'Huez, lieu mythique s'il en est, lors de la 18è étape, d'autres nettement moins comme l'ultime étape en nocturne sur les Champs-Elysées qui répond assurément davantage à une logique commerciale que sportive. Le parcours général de ce Tour est plutôt équilibré, même si, en définitive, il fait plus la part belle aux grimpeurs qu'aux rouleurs. Trois chronos courts (33 kms maximum) dont un par équipes, à Nice, permettront aux machines à rouler de s'exprimer sans toutefois tuer le suspense en renvoyant les grimpeurs dans les tréfonds du classement. Les trois rendez-vous alpestres - l'Alpe d'Huez, le Grand-Bornand et Annecy-Semnoz - placés juste avant le traditionnel critérium de clôture sur les Champs-Elysées seront, probablement, le juge de paix de cette édition.

Les favoris

En l'absence du vainqeur sortant, Bradley Wiggins qui a renoncé suite à une inflammation au genou (ndlr ou par manque de motivation !!!), un nom se détache : celui de son dauphin et seul vrai rival de 2012, Chris Froome (Sky Procycling). Avec la charge de leader unique de l'équipe Sky Procycling, Froomey aura les coudées franches. A 28 ans, il est en pleine maturité sportive, présente la plus grosse VO2 et la puissance la plus importante (il peut atteindre 470 watts) du peloton. Il vient, en outre, de dominer le Dauphiné-Libéré et dispose en Richie Porte d'un équipier de premier plan pour l'aider jusqu'au dernier moment des étapes les plus dures. Cependant, il s'agit de ne pas exclure Alberto Contador (Team Saxo-Tinkoff) de la lutte pour la victoire. El Pistolero cherche un troisième succès sur la Grande Boucle depuis son déclassement de 2010 suite à l'affaire du steak au Clenbutérol. L'Espagnol reste sur trois expériences négatives, son déclassement en 2010, sa défaite cuisante de 2011 et la suspension qui l'empêcha de prendre le départ en 2012. Sa victoire de haute lutte sur la Vuelta 2012, pour son retour à la compétition témoigne de sa capacité à jouer encore un rôle sur les courses de trois semaines. Contador sort du Dauphiné-Libéré sans être au top de sa forme, il a été surclassé dans le contre-la-montre mais a été présent en montagne. Il doit encore monter en puissance pour atteindre son pic de forme aux alentours du 15 juillet et être ainsi au mieux pour disputer le fameux triptyque alpestre. Le Madrilène sera bien entouré, son équipe sera même probablement la plus forte du Tour. En plus de sa traditionnelle garde rapprochée (Noval, Paulhino et Hernandez), Contador pourra compter sur Michael Rogers (qui disputera son neuvième Tour de France), Roman Kreuziger (dans le top10 en 2009 et 2010) et Nicolas Roche (12è l'an passé mais qui progresse d'année en année). Alberto Contador est, par ailleurs, celui qui peut répondre le mieux aux accélérations de Froome, qui peut même peut-être dynamiter une course trop attentiste et la faire basculer. En 2012, alors que Wiggins avait tôt fait main basse sur la course (en fin de première semaine, à la Planche-des-Belles-Filles) et que Sky avait tout cadenassé, bridant même Froome qui était le seul à pouvoir lâcher Wiggins, Alberto Contador avait cruellement manqué au spectacle. Le Tour 2012 fut loin d'être passionnant à cause de l'attentisme ou du renoncement prématuré des rivaux potentiels de Wiggins qui ont préféré assurer un podium, une quatrième ou une sixième place plutôt que d'attaquer au risque d'exploser. Contador aurait attaqué jusqu'au bout de ses possibilités quitte à passer par la fenêtre...

Derrière ces deux grands favoris, on retiendra encore l'Espagnol Joaquin Rodriguez (Katusha Team), toujours placé mais jamais gagnant sur les grands tours. Purito a remporté des étapes sur la Grande Boucle, le Giro et la Vuelta, s'est posé sur le podium final en Espagne (2010 et 2012) et en Italie (2012) mais n'a jamais pu s'imposer sur des épreuves de longue durée. Cette année, cependant, Rodriguez a axé toute sa saison sur le Tour de France. Avec Trofimov, Losada et, surtout, Daniel Moreno pour l'épauler, le Catalan devrait être en mesure de se battre pour la victoire. Reste à savoir si, à 34 ans, il a encore les jambes pour mater Froome et Contador... Alejandro Valverde (Movistar Team) est dans une situation assez similaire. A 33 ans, il a surtout brillé sur la Vuelta (une victoire et cinq top5 ces dix dernières années), son meilleur résultat reste une sixième place sur le Tour, en 2007, avant d'être rattrapé par le dopage. L'Australien Cadel Evans (BMC Racing Team) tentera la passe de deux après sa victoire de 2011 mais, à mon sens, son équipe est trop juste. Certes, il dispose en la personne de Tejay Van Garderen d'un équipier de luxe, le coureur de la banlieue de Seattle à l'étoffe d'un futur vainqueur du Tour, mais le reste de la BMC m'apparait comme trop limité pour être d'une aide précieuse à Evans en haute montagne. Je pense que l'Australien se retrouvera vite accompagné du seul Van Garderen... A 24 ans, ce dernier pourrait même revoir ses ambitions à la hausse et prendre le leadership de la BMC dans le cas, pas si improbable que cela, où Evans (36 ans) ne parviendrait pas à répondre aux autres favoris. L'an passé déjà, Evans s'était effacé devant Van Garderen, peut-être BMC commet-elle une erreur en misant sur le "Vieux" plutôt que sur le "jeune" ?

L'énigme Andy Schleck

RadioShack-Léopard arrive sur ce 100è Tour de France privé de Frank Schelck qui purge toujours sa suspension pour dopage. Plus que jamais, Andy Schleck semble orphelin. Le cadet de la fratrie est-il capable de jouer un rôle sur cette Grande Boucle ? Vainqueur par procuration en 2010, suite au déclassement à posteriori de Contador, Andy Schleck ne semble pas vraiment s'être remis de sa fracture du bassin encourue sur le Dauphiné-Libéré 2012. Abandons au Tour Down Under, au Tour Méditerranéen, au Tour du Pays Basque, à l'Amstel Gold Race et à la Flèche Wallonne. Son meilleur résultat de l'année est une 25è place au Tour de Californie... Depuis sa deuxième place sur le Tour 2011, Andy Schleck n'a aucun résultat significatif à faire valoir ! Deux ans de disette pour celui qui fut trop souvent dépendant de son frère ainé; qu'en sera-t-il en l'absence forcée de Frank ? L'équipe RadioShack présentera trois vétérans de l'épreuve au départ, Haimar Zubeldia (36 ans), Andreas Kloden (36 ans) et Jens Voigt (41 ans). Markel Irizar (33 ans) ne semble pas être l'atout le plus pointu de Schleck, c'est peut-être finalement notre compatriote Maxime Monfort (16è final l'an passé) qui sera le meilleur allié du Luxembourgeois... Encore que l'abandon, dimanche dernier, de Monfort lors du Championnat de Belgique qui se déroulait sur ses terre n'ait rien de vraiment rassurant !

Et les Belges ?

Ils seront onze au départ : Jurgen Vandenbroeck, Jurgen Roelandts, Frédérick Willems et Bart De Clercq (Lotto-Belisol), Thomas De Gendt et Kris Boeckmans (Vacansoleil-DCM), Jan Bakelants et Maxime Monfort (RadioShack-Léopard), Maarten Wijnants et Sepp Vanmarcke (Blanco Procycling Team) ainsi que Geert Stegmans (Omega Pharma-Quick Step). Monfort, s'il est en forme, devrait nous valoir un top20 grâce à sa régularité. Mais la Belgique devrait pouvoir compter aussi sur Thomas De gendt (Vacansoleil) et, bien entendu, Jurgen Vandenbroeck (Lotto-Belisol) pour briller sur ce 100è Tour de France. De Gendt (3è du Giro 2012) a les qualités pour entre dans les dix premiers du classement final, mais il sera très vite isolé sur les pentes les plus ardues. Pour réussir son Tour, Thomas De Gendt devrait plutôt tout miser sur une victoire d'étape, c'est totalement dans ses cordes. Quant à Jurgen Vandenbroeck, il est quasiment dans l'obligation monter sur le podium. Ses quatrièmes places de 2010 et de l'an passé appellent à mieux, donc à un podium ! VDB en a les capacités et pourtant, bizarrement, Lotto-Belisol a construit son équipe autour du sprinter allemand André Greipel... Seul Bart De Clercq sera au service de Vandenbroeck, le reste de l'équipe aura pour mission de rouler pour Greipel dans l'optique de gagner des étapes et de se mêler à la lutte pour le maillot vert. Avec tout le respect que l'on peut devoir à De Clercq, ce n'est pas blessant de dire qu'il sera trop juste pour aider Jurgen Vandenbroeck à rivaliser avec les cadors. Vandenbroeck sera donc tout seul aux moments cruciaux, une décision assez incompréhensible voire imbécile dans le chef des dirigeants de Lotto-Belisol ! En effet, il y a autant si pas plus de chance de briller avec VDB qu'avec Greipel.

Sagan pour un second maillot vert

Si André Greipel est armé pour bien figurer, la concurrence pour les victoires d'étapes au sprint sera rude avec Goss (Orica-Greenedge), Daniele Benatti (Team Saxo-Tinkoff), les deux véloces allemands - John Degenkolb et Marcel Kittel - du Team Argos-Shimano qui axe toute sa course sur les victoires d'étapes sans autre ambitions, Nacer Bouhanni (FDJ.fr), Peter Sagan (Canondal Procycling) et Mak Cavendish (Omega Pharma-Quick Step), bien entendu, mais aussi, pourquoi pas, Edvald Boasson-Hagen (Sky Procycling), José-Joaquin Rojas (Team Movistar) ou Tyler Farrar (Garmin-Sharp)... Si une douzaine de noms se détachent pour briguer une victoire au sprint, le classement du maillot vert devrait se limiter à une joute entre quatre hommes : Sagan, Greipel, Degenkolb et Cavendish. Le Cav' reste le plus véloce, ses cinq succès d'étapes sur le dernier Giro en attestent mais Sagan et Greipel passent mieux la montagne. Peter Sagan est même tout-terrain, il devrait pouvoir briller sur certaines étapes vallonnées (en Corse notamment) tout comme sur des arrivées planes. Il sera le principal favori à sa succession !

Deux ou trois français pour un top10

Enfin, nos voisins français qui attendent un successeur à Bernard Hinault depuis 28 ans auront probablement quelques raisons d'exulter cet été sur les routes du centième Tour de France. Comme chaque année, des baroudeurs tricolores se lanceront à  la conquête d'étapes dans de longues échappées. Pierrick Fedrigo (FDJ.fr), Thomas Voeckler (Team Europcar), Brice Feuillu (Sojasun), Christophe Le Mevel (Cofidis), Samuel Dumoulin (AG2R La Mondiale) ou Jérôme Coppel (Cofidis) devraient, cette année encore, tenter leur chance. L'un ou l'autre devrait parvenir à ses fin, surtout en deuxième semaines, lors des étapes entre les Pyrénées et les Alpes ou des écarts se seront déja creusés et où les favoris aspireront à un peu de repos avant le triptyque alpestre. Tours, Saint-Amand-Montrond et Lyon devraient être des terrains propices aux baroudeurs français. Mais pour le classement les Français pourront compter sur deux hommes, peut-être trois. Pierre Rolland (Team Europcar), qui est entré dans le top10 les deux années précédentes et Thibaut Pinot (FDJ.fr), surprenant dixième l'an passé, ont des ambitions et les moyens de les assouvir. Thomas Voeckler, vainqueur de quatre étapes et porteur du maillot jaune pendant 20 jours (10 en 2004 et 10 en 2011), voudra encore se montrer, il a prouvé en 2011 qu'il pouvait faire un top5... même s'il ne bénéficiera probablement pas d'autant de largesse qu'à l'époque. Il est capable d'un top10 mais devrait plutôt privilégier le gain d'une nouvelle étape.

A quelques heures du départ de cette centième édition du Tour de France, toutes les interprétations sont possibles, toutes les extrapolations également mais ce sont les coureurs qui feront la course. Soit ils la rendront aussi passionnante à suivre que ne l'avait été le Tour du Centenaire, en 2003, avec un fabuleux duel entre Armstrong et Ullrich, de nombreux rebondissements et des étapes âprement disputées; soit ils en feront un copié/collé de l'édition 2012, un Tour amputé de tout enthousiasme, une longue procession cadenassée par les dirigeants de l'équipe Sky.

Rendez-vous samedi à Porto-Vecchio !

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 08:26

Aux Etats-Unis, Facebook a muliplié par 21 le nombre de donneurs d'organes !

FB-organ-donnor-copie-1.jpgC'est l'American Journal of Transplantation(1) qui rapporte l'information, depuis que Facebook a implémenté une application permettant d'exprimer son souhait d'être donneur d'organes, des chercheurs du Johns-Hopkins Hospital, à Baltimore dans le Maryland, ont constaté une multiplication par 21 du nombre de personnes qui se sont réellement fait enregistrer comme donneurs d'organes ! Aux USA, cette application est accessible depuis le 1er mai 2012 (ndlr chez nous elle l'est depuis le 18 septembre 2012) et dès le premier jour de son lancement quelque 57.400 Américains ont ajouté leur volonté de devenir donneur à leur profil. Cette volonté n'est pas restée uniquement virtuelle, en effet, aux Etats-Unis l'inscription sur le registre officielle des donneurs d'organes est possible online et sur les 57.400 qui ont souscrit à l'application Facebook, 13.054 personnes ont également fait la démarche de s'inscrire sur le registre national rendant ainsi cette démarche tout à fait officielle. L'application Facebook a clairement boosté le nombre de donneurs d'organes !

Les listes américaines d'attente de greffe comptent près de 100.000 patients, diverses campagnes médiatiques menées par le passé n'avaient pas réussi à faire grimper le nombre de donneurs, en moins d'un an Facebook a permis de le multiplier par 21... Au vu du succès de cette application, l'utilisation des médias sociaux ouvre des possibilités de sensibilisation du grand public dans d'autres domaines de la santé publique - les luttes contre l'obésité et le tabac, notamment l'obésité et le tabac, notamment - aux Etats-Unis... et, pourquoi pas, chez nous !

Source : Communication


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(1) Social Media and organ donor registration : The Facebook Effect, on amjtrans.com, 18 juin 2013

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 11:15

New York vient d'inaugurer son premier potager communautaire dans un souci de lutte contre le surpoids de sa population.

redhook.jpgLes chiffres sont clairement posés, 56% de la population new-yorkaise sont en surpoids ou obèses ! L'obésité est la cause directe de quelque 6000 décès annuels(1) dans la Big Apple, les autorités de la ville ont donc décidé de prendre les choses en mains par différentes actions. L'on se souvient, à l'automne dernier de la tentative d'interdiction de vente de sodas XXL (soit plus de 47 cl) dans les lieux publics comme les restaurants, les fast-foods, les cinémas, les enceintes sportives, les vendeurs ambulants... Une interdiction qui, sous la pression de l'American Beverage Association (Association Américaine des Boissons), a été levée par la Cour Suprême de Manhattan qui a jugé cette mesure arbitraire. Déçu par cette décision de justice, Michael Bloomberg, le Maire de New York, n'en a pas été pour autant abattu et il a décidé de mettre en place une nouvelle action de lutte contre l'obésité de ces concitoyens : un potager géant, urbain et communautaire. Une étude commandée par la Mairie a montré que c'est surout la population pauvre de New York qui est touchée par l'obésité et que cette population précise vit dans des quartiers sans épicerie où il est difficile de trouver des légumes et des fruits frais. La consommation de ces deux produits est donc très faible voire nulle pour certains habitants des quartiers les plus défavorisés de la ville, comme Red Hook, à Brooklyn.

C'est donc là que la Mairie a décidé d'ouvrir son premier potager urbain à l'attention des habitants. Red Hook est un quartier de HLM et de logements sociaux qui était encore considéré, dans les années '90, comme le pire quartier de tous les Etats-Unis(2) et qui fut, en 2012, l'un des endroits de New York les plus touchés par l'ouragan Sandy. La Red Hook Urban Farm est donc un potager immense - 4000 mètres carrés - à disposition de la population du quartier. Des adolescents du quartier seront employés par la Ville pour cultiver des fruits et des légumes dont une partie sera ensuite redistribuée aux familles sans ressources tandis que l'autre partie sera vendue afin de récupérer des fonds pour faire vivre le projet sur le long terme. "Ce potager permettra aux résidents d'avoir accès à une source de produits sains"(3) explique Lynda Gibbs, Adjointe au Maire pour les questions de santé publique. Mais il représente aussi un moyen éducatif pour la jeunesse du quartier qui pourra s'initier à la culture de produits frais, à la connaissance de ses produits, de leurs particularités, de leur spécificité et de leur intérêt nutrionnel. Le potager urbain new-yorkais suivra le cycle des saisons, ce qui permettra aussi aux ados qui participeront au projet de s'intégrer dans un cycle d'écoproduction et d'écoconsommation "slow-food". Pour l'instant, ce sont 34 jeunes de moins de 18 ans qui se sont inscrits dans la démarche. L'objectif avoué est qu'ils quittent la rue pour rejoindre ce "champ urbain", qu'ils s'y impliquent afin de manger plus sainement à la maison. "Je l'ai produit, je le mange !".

La Red Hook Urban Farm  a été inaugurée mardi dernier mais quatre projets du même ordre sont déjà prévus par la Mairie qui espère pouvoir les concrétiser dans le courant de l'été, à condition de trouver des partenaires privés qui n'ont pas à l'esprit l'idée de faire des bénéfices afin de limiter l'investissement public. "Ce qu'il y a de bien avec ce programme c'est qu'il se fait aussi avec des partenaires sans but lucratif"(4) confirme John Rhea, Président de la New York City Housing Authority (ndlr les logements sociaux new-yorkais fortement présents à Red Hook), qui est partenaire du projet. "Ainsi, l'apport public est limité, ce qui est important en cette période de restriction drastique"(4)...

Les autorités de la ville planchent déjà sur d'autres initiatives afin de lutter contre l'obésité. Rudy Giuliani avait fait baissé le taux de criminalité de New York, Michael Blomberg entend faire baisser le taux d'obésité...

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(1) New York : la liberté d'être obèse, par Gilles Devers, on alterinfo.net, 12 mars 2013
(2) About Red Hook, on pbs.org, consulté le 20 juin 2013
(3) New York's poor get urban farm in bid to fight obesity, par AFP, on nst.com, 20 juin 2013
(4) Red Hook Houses to grow jobs, produce, par Matt Chaban, on crainsnewyork.com, 18 juin 2013

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 14:56

Ce week-end, quelque 40.000 Harleyistes étaient réunis à Rome pour le 110è anniversaire de la moto américaine mythique.

harley.JPG2013 est une année faste pour le constructeur américain Harley-Davidson qui fête, en grandes pompes, son 110è anniversaire. Toute l'année durant, diverses manifestations sont prévues à travers le monde et sur les cinq continents pour honorer la machine culte de Milwaukee. Depuis mercredi dernier et jusqu'à hier, plus de 40.000 bikers fidèles de Harley-Davidson venus des quatre coins du globe étaient présents dans la Cité Eternelle pour une parade dans les rues romaines et une bénédiction papale. Diverses activités (concerts, expositions,...) ont ponctué ce rendez-vous italien. Si Rome fut longtemps Caput Mundi (Capitale du Monde), l'espace de quatre jours elle fut Caput Harley-Davidsoni... Hier, à l'occasion de la traditionnelle messe dominicale sur la Place Saint-Pierre quelque 800 Harleyistes (ndlr seulement 800 pour des questions de place et de sécurité) ont pu faire bénir leur engin par François 1er. Ensuite, les motards sont partis en cohorte pour un défilé dans les rues et notamment autour du Colisée. Mercredi dernier, François 1er avait déjà reçu une délégation de Bikers Harley-Davidson en audience générale, à cette occasion, ceux-ci avaient offerts deux Harley-Davidson et un blouson de cuir aux couleurs de la marque au Pape.

C'est en juin 1903 que William Harley et Arthur Davidson, à peine sortis de l'adolescence, construisent ensemble un premier prototype de motocyclette dans le garage familial des Davidson. Ce modèle, baptisé Silent Grey, est un monocylindre sans boite de vitesses. Satisfaits du résultat, Harley et Davidson décident de créer la société Harley-Davidson, de déposer la marque et de commercialiser la Silent Grey. Le moins qu'il se puisse être écrit est que les débuts sont lents; jusqu'en 1905, ils  ne produisent et vendent que trois motos. En 1906, les deux compères installent leur atelier sur Juneau Avenue, en plein coeur de Milwaukee (ndlr où le siège social de la société est toujours, 110 ans plus tard) et développent la production. La Silent Grey est alors vendue pour 200 dollars. Walter Davidson, le frère ainé d'Arthur, injecte de l'argent dans la société et en devient le premier Président. Arthur est chargé de la partie commerciale tandis que William Harley, toujours à l'université, se voit attribuer le rôle d'ingénieur en chef chargé de superviser tous les aspects techniques de développement de la machine. C'est à William Davidson, le dernier des frères Davidson, qu'échoit la responsabilité de l'atelier. La petite entreprise familiale embauche rapidement 18 ouvriers et prend de l'ampleur. L'idée majeure de Walter Davidson est d'engager sa moto en compétition afin de montrer au public ses capacités d'endurance, de fiabilité et de vitesse. William Harley se voit donc confier la mission de créer un moteur qui réponde à ses exigences, ce qu'il fait rapidement avant que la première Harley-Davidson ne soit confrontée à d'autres machines sur un circuit. En 1908, Walter Davidson s'engage personnellement sur deux épreuves distinctes : une course d'endurance dans les Catskills Moutains, dans le sud-est de l'Etat de New York, et un Economic Run, qui consiste à parcourir la plus longue distance possible avec un gallon (3,78 litres) d'essence, sur le circuit de Long Island, à New York. Davidson remporte ces deux épreuves (avec une pointe de vitesse à 75km/h à Catskills Mountains et une distance parcourue de 188 miles, soit 302 kilomètres, à Long Island) démontrant ainsi la fiabilité de sa Silent Grey; les ventes s'envolent !

WW1, l'envol de la production

1909 est une année essentielle pour Harley-Davidson qui introduit le premier moteur bycilndre disposé en V, le fameux V-Twin est né et permet, avec une vitesse maxi de 96 km/heure, de faire de la moto de Milwaukee la plus rapide du marché. Il ne se trouve cependant que 27 acquéreurs car, si la moto est rapide, elle présente un énorme handicap : le moteur n'est pas équipé d'une courroie de transmission ce qui contraint l'utilisateur à couper le moteur et à le redémarrer (en pédalant à l'époque) à chaque arrêt, même bref. Cette même année, Arthur Davidson imagine un logo pour l'entreprise, il s'agit simplement d'un bouclier noir barré d'une plaque métallique sur lequel apparait le nom de la société. Ce logo, appelé Bar & Shield, devient officiel dès 1910. Le petit atelier de l'Avenue Juneau est devenu une grande surface de 28.000 mètres-carrés où l'on produit plus de 12.000 motos par an, avec une large part de la production consacré au monocylindre qui reste préféré au V-twin. L'entrée en guerre, en 1917, des Etats-Unis est synonyme de nouvelle prospérité pour Harley-Davidson qui voit le Gouvernement US lui commander plusieurs milliers de machines. En effet, la moto avait fait ses preuves lors du conflit contre Pancho Villa lorsque celui-ci envahit, en mars 1916, le Nouveau-Mexique. Ce sont donc quelque 20.000 Harley-Davidson qui franchissent l'Atlantique pour aller participer aux combats sur le Vieux Continent. A l'issue de WW1, Harley-Davidson est le premier constructeur mondial de motocyclettes avec 28.000 motos produites et vendues dans plusieurs pays à travers le monde.

Les années '20 sont consacrées à l'amélioration de la machine, le V-Twin est développé et améliorer, il finit par supplanter le monocylindre, tandis que la réservoir d'essence en forme de goutte (qui deviendra l'un des signes de reconnaissance de la marque) est implémenté et qu'un frein est ajouté sur la roue avant de la moto. Les moteurs se succèdent ; 8-Valves, Flathead, Knucklehead étoffent la gamme de motos proposées par Harley-Davidson. La crise économique de 1929 marque un tournant important, Harley-Davidson y survit grâce à son contrat avec l'armée américaine alors que tous les constructeurs américains - l'exception d'Indian, basée dans le Massachissetts - disparaissent sévèrement touchés par la situation économique du début des années '30. A l'issue du second conflit mondial, Harley-Davidson, fort de ce quasi-monopole, s'endort un peu sur ses lauriers d'autant plus qu'Indian met la clé sous le paillasson en 1953. Seule la firme anglaise Norton fait un peu d'ombre à HD sur le terroire américain...

Easy Rider, la machine devient mythe

En 1969, Dennis Hopper réalise un film qui va marquer l'histoire du cinéma américain, Easy Rider. Ce road-movie rapporte le voyage de deux jeunes hommes qui traversent les Etats-Unis, de Los Angeles à La Nouvelle Orléans à moto, sur des Harley-Davidson évidemment. Easy Rider marque la naissance du Nouvel Hollywood, un mouvement culturel qui révolutionna la façon américaine de tourner des films. Inspiré du néoréalisme italien et de la Nouvelle Vague française, le Nouvel Hollywood s'intègre dans la contre-culture de l'époque et permet de replacer le réalisateur au centre du film au détriment des argentiers d'Hollywood. Ce mouvement permet donc aux réalisateurs d'avoir plus d'indépendance et de briser les tabous de la sexualité ou la violence. Des cinéastes comme Coppola, Allen, Scorsese, Altman, Forman ou Cimino ont éclos de ce mouvement initié par Peckinpah et Hopper. Easy Rider est un film-référence, il repose sur le jeu de trois acteurs remarquables (Peter Fonda, Dennis Hopper et Jack Nicholson) mais aussi sur la présence essentielle de Billy Bike et Captain América, deux Harley-Davidson Panheads de 1951 customisées pour le film. L'idée géniale de Hopper est de peindre le Star Spangled Banner sur le réservoir d'un des deux engins et de le baptiser Captain America. Cette idée associe les Etats-Unis (et leurs valeurs de liberté, de découverte et de grands espaces) et la Harley-Davidson. La moto de Milwaukee avait déjà été associée à des films comme L'équipée sauvage (Laszlo Benedek, 1953) ou La Motocyclette (Jack Cardiff, 1968) mais Easy Rider l'éleva définitivement au rang de mythe américain.

A 110 ans, la Vieille Américaine reste une valeur sûre, le HOG (Harley Owner Group) est, avec plus d'un millions de membres dans le monde, le plus gros club de motards du monde. Pendant quelques années, Harley-Davidson a trainé une réputation de moto capricieuse, de problème sur roues ou de moto que l'on ne pouvait aimer que pour ses défauts. Mais à l'aube du 21è siècle, Harley-Davidson présenta un nouveau moteur à refroidissement liquide, le Revolution conçu en partenariat avec Porsche. L'injection électronique fut également introduite progressivement dans les moteurs HD et, depuis 2007, toute la gamme présente une boite à six vitesses. Toutes ses améliorations, qui ne se sont pas faite au détriment (ou à peine) du célèbre son Harley-Davidson qui fait le bonheur des puristes depuis des décennies, ont amené le mythe américain au niveau de fiabilité des motos japonnaises et européennes.

Prochains rendez-vous du 110è anniversaire Harley-Davidson :
- du 4 au 9 août - L'Epopée Sturgis dans le Dakota du Sud;
- du 4 au 9 août - L'Epopée sur le plateau tibétain en Chine
- du 30 août au 2 septembre - HD Museum, à Milwaukee
- du 4 au 9 septembre, European Bike Week, en Autriche

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 10:09

L'étude d'un chercheur de l'Université de Loughborough confirme ce que nous pressentions tous...

mailgenerateurstress.jpgPlus que jamais le courriel fait partie de nos vies quotidiennes ! Nous envoyons et recevons, en moyenne, une quarantaine d'e-mails par jour, ce qui en fait quand même quelque 14.600 par an(1). Le mail reste - quoi qu'en disent certains - le principal outil de communication professionnelle. Cette masse de courrier électronique est véritablement devenue anxyogène pour la plupart des travailleurs. Le Professeur Tom Jackson, de l'Université de Loughborough (Leicestershire, centre de la Grande-Bretagne), vient de mener une recherche sur une équipe de fonctionnaires britanniques afin de confirmer que le traitement des courriels est générateur de stress. Concrètement, pendant plusieurs jours, Jackson a mesuré la tension artérielle et le rythme cardiaque des trente travailleurs concernés par l'étude et leur a demandé de tenir un journal précis de leur activité professionnelle et de leur ressenti par rapport à cette activité. Il ressort de cette recherche que 92% des travailleurs subissent une augmentation sensible de leur tension artérielle et de leur rythme cardiaque, surtout lors de la réception de mails "désagréables" à l'image de ceux nécessitant une réponse immédiate, de spams ou de mails porteurs de mauvaises nouvelles. Par ailleurs, les carnets de notes remplis par les travailleurs quant à leur activité confirment que la majorité des mails reçus sont aliénants et/ou générateurs d'angoisse.

Ceci dit, Tom Jackson tempère en ajoutant que l'e-mail n'est pas davantage anxyogène que le téléphone ou les réunions de travail également inclut dans sa recherche et qui sont aussi des "médias" répétitifs en générateurs de stress.

Le courriel est un outil incontournable de la vie professionnelle dans la majorité des secteurs, il est inéluctable mais l'abondance croissante de mails à traiter au quotidien est chronophage (ndlr on y consacre 28% de son temps de travail) à un point tel que 40% des salariés avouent n'avoir le temps de lire que 20% des e-mails qu'ils reçoivent(2) passant ainsi à côté d'informations qui peuvent être capitales. Il existe un réel paradoxe du courrier électronique qui est l'outil le plus utilisé de la communication professionnelle mais pour lequel les travailleurs ne sont pas (ou pas assez) formés. L'utilisation profesionnelle de l'e-mail repose sur des règles précises, en les appliquant il est possible de rendre le traitement du courriel plus optimal, plus rentable et, probablement, moins anxyogène.

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(1) Comment sortir du piège de l'e-mail ? par Sandrine Cassini et Julien Dupont-Calbo, on lemonde.fr, 14 avril 2013.
(2) Souffrez-vous d'infobésité ? par Marie-Madeleine Sève, on lentreprise.lexpress.fr, 11 juin 2012

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