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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:27

Le mariage entre le MR et LiDé est déjà de l’histoire ancienne…

reynders.jpgIl n’aura pas fallut bien longtemps à Didier Reynders pour faire volte-face et renoncer à son union avec le sulfureux Rudy Aernoudt. Cette union aura duré moins de 72 heures, un record du genre… Savoir plier et reconnaître son erreur est parait-il un signe de sagesse, devons-nous en déduire que Reynders est sage ? Il a, en tous cas, choisi de céder au menaces – car c’en était – du FDF de quitter le navire MR et de Gérard Deprez de ne pas siéger sur la liste MR aux prochaines élections du 7 juin. Même au sein du PRL, le parti principal du Mouvement Réformateur, certaines voix s’élevaient contre l’intégration de LiDé… Alors Reynders a tranché, de façon laconique, hier en fin d’après-midi : «J'ai constaté qu'il n'était pas possible de poursuivre notre collaboration avec Rudy Aernoudt sans mettre le MR en péril. Et j'ai dit à M. Aernoudt qu'on devait reprendre notre chemin, chacun de notre côté, en vue des élections régionales» déclarait le Président du MR au micro des journalistes de RTL-TVI.

Alors dans le fond, Reynders a-t-il céder à la sagesse ou à la menace ?

Je pense personnellement qu’il a agit au mieux de son intérêt personnel sous la couverture des intérêts du MR, les deux étant il est vrai intimement liés. A 102 jours du double scrutin régional et européen, Didier Reynders ne pouvait pas se permettre de prendre le moindre risque de voir sa fédération imploser. C’est ce qui se serait passé si le FDF en avait claqué la porte comme Olivier Maingain et Didier Gosuin l’avaient clairement laissé entendre. Reynders a choisi, entre un renforcement possible vers l’aile droite ou la certitude centriste, il a misé sur le cheval FDF qui lui rapportera assurément plus que le canasson LiDé…

Les âneries de Reynders

Décidément pour celui qui se targuait d’avoir renversé le centre de gravité politique du pays, au soir du 10 juin 2007, les choses évoluent bien mal. Fort de sa victoire aux législatives, il rêvait de renvoyer les Socialistes dans l’opposition fédérale en créant une belle orange bleue mais, pour enchaîner sur une autre image de l’univers de Tintin, cette orange bleue était aussi farfelue qu’une invention du Professeur Tournesol… Six mois de négociation pour voir finalement revenir dans un gouvernement bancal des Socialistes ricanant bien sous leur nœud pap’… Didjé s’entrevoyait même, tout un moment, comme le premier Premier Ministre francophone depuis l’éphémère transition de Paul Vanden Boyenants entre octobre 1978 et mars 1979 ; la aussi il dut s’effacer au profit d’un Leterme qui ne réussira qu’à se planter. Vint ensuite la crise bancaire dans laquelle Reynders essaya de se poser en sauveur des banques (n’était-ce pas son rôle en tant que Ministre des Finances ?) mais face à la révolte des petits actionnaires, il dut encore essuyer un fameux camouflet… Enfin, ce week-end, le mariage éclair avec LiDé a failli coûter très cher au MR à quelques mois d’un scrutin important. D’autant plus qu’à l’heure actuelle, Gérard Deprez, le boss du MCC, n’a toujours pas, lui, retourné sa veste et semble continuer à ne pas vouloir apparaître sur les liste MR aux prochaines européennes, lui qui est Député européen depuis 25 ans ! En 18 mois, Didier Reynders a sérieusement entamé sa crédibilité politique, me semble-t-il.

Et Aernoudt ?

Comment le fondateur de LiDé prend-il son éviction du MR ? Un peu amer, il ne peut que constater que son jeune parti est face à son premier revers ; un revers qui est dû selon Aernoudt à la vexation de certains barons du MCC et du FDF qui ont eu peur pour leur position… «L'accord réalisé avec le MR est mis en cause par la branche MCC du MR et le FDF notamment pour des raisons de places d'un certain nombre de barons. LiDé tient à faire savoir que le non-respect de l'accord entraîne la nullité de celui-ci» est-il écrit sur le site internet de LiDé dès hier soir. Mais, malgré la déception, LiDé envisage de poursuivre en solo et de présenter des listes aux élections de juin : « Nous aussi, nous nous sommes fait avoir par les politiques. LiDé a annoncé 10 priorités essentielles pour le pays. LiDé a ouvert la porte à tous les partis politiques. Seul le MR a répondu. Nous y avons cru. Nous nous sommes trompés. Dès lors, si pour la mi-mars, les conditions sont remplies, nous irons aux élections tous ensemble, membres et sympathisants de LiDé, de manière la plus rationnelle, la plus enthousiaste et la plus volontaire» est-il encore écrit sur le site du parti d’Aernoudt.

Enfin, hier je m’interrogeais sur le fait que Rudy Aernoudt qui voulait tant changer l’image de la Wallonie s’engage sur les listes européennes du MR. En fait, pour se présenter à la Région Wallonne, Aernoudt aurait du être domicilié en Wallonie depuis le 7 décembre 2008 au moins, soit six mois avant le scrutin. Même s’il possède une maison dans la région namuroise, il n’y est pas domicilié et ne peut donc pas se présenter aux Régionales… Voila pourquoi il aurait figuré sur la liste européenne, à la troisième place désormais vacante, du MR. Ceci dit, cela ne change pas ma position à son sujet, si Aernoudt veut tant changer l’image de la Wallonie pourquoi n’a-t-il pas fait le nécessaire pour pouvoir jouer sa chance aux élections régionales plutôt que de viser l’Europe car, et même si avec LiDé seul il n’a aucune chance d’être élu, s’il va au scrutin, il ne pourra toujours se présenter qu’à l’Europe…

A lire aussi : Le MR ratisse large

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 09:11

Décidément le Mouvement Réformateur ressemble de plus en plus à une Arche de Noé… ou à un bastion anti-PS qui ratisse large au mépris, parfois, de sa cohérence idéologique.

rateau.jpgDidier Reynders fait flèche de tout bois, tout ce qui peut faire front au PS, il l’embrigade dans la fameuse fédération de droite. C’est désormais LiDé, le parti créé en novembre 2008 par Rudy Aernoudt, qui est adjoint au MR. Mais à force de ratisser large, le MR rassemble quasiment tout ce qui se trouve de notable sur l’aile droite de la politique belge, à l’exception du VLD et des partis de l’extrême… Le MR devient de plus en plus une sorte de parti politique à l’américaine, c'est-à-dire qu’il couvre toute une frange politique qui va du centre jusqu’aux frontières de l’extrême droite, sans pour autant les franchir… enfin pas encore !

PRL + PFF + FDF + MCC + LiDé = MR

Voila une équation qui, si elle semble simple sur papier, est quand même un peu compliquée dans les faits ! En effet, voila donc une entité politique – pour moi le MR n’est pas un parti, cela reste une association de partis – qui réunit des personnalités aussi différentes que Didier Reynders (PRL), l’ultralibéral bon teint tendance sarkozyste à peine voilée ; Gérard Deprez (MCC), ex social-chrétien défroqué ; Alain Courtois (MCC), le très lisse ancien Secrétaire de l’Union Belge de Football ; le très francophone Olivier Maingain (FDF) ; Louis Michel (PRL), dont on croirait qu’il se présente à des élections au Congo tant il y passe de temps ; et maintenant Par ailleurs, avec l’adjonction de LiDé jusqu’au scrutin de juin 2009 au moins, le MR balaye maintenant aussi très large géographiquement puisque du Partei für Freiheit und Fortschritt (PFF) au Libéral Démocratie (LiDé), il s’étend des Cantons de l’Est germanophones à la Flandres en passant par la Wallonie francophone.

Pour résumer, la fédération MR c’est donc aujourd’hui une entité qui regroupe des ultralibéraux, des Flamands, des ex-centristes (et aussi quelques excentriques d’ailleurs !), des germanophones, des francophones, des pluralistes, des droitistes modérés, des défenseurs de Bruxelles, des… j’en passe et des meilleures ! Le MR c’est comme Ajax amoniaqué dans les années ’80, il nettoie tout du sol au plafond.

Fallait-il intégrer Lidé au MR ?

Avant-hier donc, Didier Reynders, Président du MR, et Rudy Aernoudt, fondateur de LiDé, ont annoncé que ce dernier serait bien à la troisième place sur les listes du MR pour les élections européennes de juin prochain. Voila donc l’officialisation (momentanée ?) d’un nouveau parti dans le Mouvement Réformateur. Mais, le FDF ne semble pas avoir apprécié cette intrusion de LiDé au sein du MR ! Clairement deux des pontes du parti se sont exprimés sur la possibilité réelle d’une émancipation de la fédération de droite car celle-ci semble perdre de vue son idéologie originelle. « Si le MR privilégie le bout de chemin avec Aernoudt, ce sera sans le FDF […] Rudy Aernoudt devait se présenter comme adhérent du MR. Plus question de LiDé. Il y avait un consensus là-dessus. Je constate aujourd'hui que ce n'est pas le cas : on laisse vivre LiDé et Rudy Aernoudt continue de parler des dix points de son programme, qui ne sont pas le programme du MR» commente Olivier Maingain, Président du FDF(1). Et Didier Gossuin d’ajouter : «Nous avions adhéré au MR sur base de ses deux projets : le projet institutionnel de défense de Bruxelles, bien sûr, mais aussi celui du libéralisme social. On est loin, très loin de ce libéralisme social actuellement !»(1). Ce qui semble fâcher est donc que LiDé soit intégré en tant que parti dans le Mouvement Réformateur, au mépris d’une ligne idéologique commune aux autres membres du mouvement. Si Aernoudt avait pris sa carte du MR, s’il était devenu un pion, même majeur, du MR, cela serait mieux passé semble-t-il. Mais voila, pour s’adjoindre les services de Rudy Aernoudt, Didier Reynders l’a autorisé à entrer avec son parti et son programme dont certains points fleurent l’ultralibéralisme à plein nez… Avec LiDé, le MR opère un sérieux virage à droite alors que le MR fut l’union, en 2002, de quatre partis «en vue de proposer aux citoyens une nouvelle formation politique, moderne, réformatrice et résolument centriste» dixit le site internet du MR(2). Le libéralisme social tend donc se muer en ultralibéralisme…

Mais pourquoi Reynders a-t-il sacrifié à LiDé le droit d’intégrer le MR avec son programme et ses exigences? Dans Le Soir, voici quelques jours, Aernoudt déclarait qu’il n’envisageait d’alliance que s’il pouvait avoir voix au chapitre : «Si LiDé fait une alliance, c’est pour réaliser ses dix points . LiDé ne frappe pas à la porte, ne cherche pas de chambre dans l’auberge, mais en cas d’alliance, LiDé veut gérer la cuisine»(3), Reynders a donc accepté… Difficile de comprendre pourquoi il offre tant à un parti qui, selon un récent sondage, ne ferait que 0,40% des intentions de vote en Wallonie. En fait, la réponse est simple : pour emmerder le PS ! Car justement dans ces fameuses intentions de vote, le PS (30,7%) est repassé devant le MR (26,9%). LiDé joue exactement le même rôle dans la fédération MR que celui du MCC en 1999 : faire front au PS. Pour tenter de barrer la route aux Socialistes wallons, Reynders ratisse tout azimut quitte même à perdre en idéologique ce qu’il espère gagner en voix… Didier Reynders me donne de plus en plus l’impression de ne pas faire de la politique citoyenne mais de simplement jouer à faire la nique au PS. On dirait qu’il ne vit que pour ça, que pour que le MR soit le «parti» le plus puissant de Wallonie et donc pour que lui, en tant que leader de ce mouvement, devienne l’homme le plus puissant de Wallonie… Enfin, par rapport à Rudy Aernoudt, il y a encore un truc qui me gène ! C’est que depuis plusieurs mois, il entend, lui le flamand, changer la Wallonie et montrer qu’elle ne dépend pas économiquement de la Flandre (cf son livre Wallonie - Flandre, Je t'aime moi non plus) et qu’il se présente comme troisième candidat effectif sur les listes… européennes. N’eut-il pas mieux valu, pour changer la Wallonie, se présenter aux élections régionales, qui ont lieu le même jour, plutôt qu’aux européennes ? Poser la question c’est y répondre !

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(1) Le FDF va-t-il claquer la porte du MR ? sur le site internet de La Meuse, 23 février 2009
(2) MR – structure et composante
(3) Aernoudt entend gérer la cuisine sur le site internet du Soir, 7 février 2009

Ajout du 24 février : le mariage entre le MR et LiDé a vécu, il est terminé... Lire aussi à ce propos Reynders retourne sa veste

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 09:52

Il y a 20 ans aujourd’hui, Nelson Mandela, le prisonnier politique le plus célèbre du monde, était libéré. Pour l’Afrique du Sud s’annonçait alors le début d’une ère nouvelle…

mandela.jpgPour tous ceux qui se sont intéressé à l’Apartheid ou qui ont milité, avec leurs moyens, en faveur de l’abolition de ce régime ségrégationniste, la date du 11 février 1990 est gravée à l’esprit. C’est en effet ce jour là que Nelson Mandela fut libéré après 27 années de captivité politique inique. C’est le 12 juin 1964 que Nelson Mandela, leader du principal parti d’opposition au gouvernement afrikaners, est condamné à la prison à vie pour son activisme politique. Il était déjà, cependant, emprisonné depuis août 1962, date de son arrestation par la police sud-africaine bien aidée, il faut le souligner et/ou le rappeler, par la CIA. Au terme d’un procès qui dura huit mois, Mandela et d’autres militants de l’African National Congress (ANC) sont condamnés à la prison à vie aux motifs de sabotages, trahison et complots. Il rejoint la prison de Robben Island, au large du Cap où étaient entassés les opposants au régime d’Apartheid. A Robben Island, comme les autres prisonniers, Mandela est contraint aux travaux forcés, il travaille à l’extraction de la chaux dans la carrière de l’île. Là-bas, les conditions de vie sont des plus ardues. L’île ne compte aucun habitant, seul les prisonniers et leurs geôliers y vivent ce qui ouvre la porte à toutes les dérives autoritaires. Les prisonniers sont séparés par couleur de peau ; l’Apartheid sévit même jusqu’en prison ! Les Noirs recevant les plus petites rations de nourriture et d’eau… Nelson Mandela émarge à la catégorie dite D, c'est-à-dire la plus basses classe. Il n’a droit qu’à une visite et un courrier tous les six mois. Et encore, la visite se fait sous très haute surveillance et la lettre est soumise à la censure… Après sept années de travaux forcés dans la carrière de chaux, Mandela est transféré vers une autre activité forcée, le ramassage du guano, destiné aux engrais, sur les plages de Robben Island. Cela lui permet de voir ainsi la mer et Le Cap et l’aide, dira-t-il, à tenir le coup.

L’emprisonnement de Nelson Mandela renforce cependant sa notoriété auprès de la population noire d’Afrique du Sud qui l’entrevoit, à l’aube des années ’70, comme une véritable icône de la lutte contre l’Apartheid. Progressivement, cette notoriété gagne du champ. Les conditions de détention du leader de l’ANC (ndlr déclaré hors la loi depuis 1960) sont connues dans toute l’Afrique avant de gagner l’Europe et même les Etats-Unis. Mais ces années ’70 sont aussi celles du durcissement de l’Apartheid. Les lois sont de plus en plus dures et la répression de plus en plus violente avec, en points d’orgue, le massacre de Soweto (16 juin 1976) et l’assassinat, en prison, de l’autre grand nom de l’ANC, Steve Biko (12 septembre 1977). Depuis sa geôle, Mandela conserve une énorme influence sur les actions de l’ANC aussi est-il placé en isolement complet. En 1979, le Président sud-africain, Pieter Botha, un nationaliste afrikaner convaincu, autorise Mandela à voir son épouse Winnie qu’il n’a pas pu voir depuis son incarcération quinze années plus tôt. Pour meubler le temps, Mandela suit, par correspondance et sous haute surveillance, des cours de l’Université de Londres. Il en sera d’ailleurs Bachelor of Laws (diplômé en droit).

Mars 1982, Mandela quitte Robben Island pour la prison de Pollsmoor, à l’intérieur des terres du Cap. Il semble que ce transfert ait été programmé par le Ministère de la Justice afin d’établir un contact plus facile avec Mandela et d’autres dirigeants de l’ANC emprisonnés. Botha entame un processus d’assouplissement de l’Apartheid ; il faut dire que la pression internationale devient de plus en plus forte et des embargos économiques se mettent en place. Progressivement, Pieter Botha prend des mesures qui adoucissent l’Apartheid : autorisation des syndicats noirs, réduction graduelle des inégalités salariales entre blancs, métis et noirs, abrogation de la loi interdisant les mariages mixtes et, surtout, suppression du fameux Pass Law Act qui date de 1952… En février 1985, alors que Mandela est emprisonné depuis 23 ans, Pieter Botha lui propose une libération conditionnelle. Les conditions : qu’il renonce à ses activités politiques et à toute forme de lutte armée. Mandela refuse car l’ANC est toujours prohibé et le principe du One man, one vote ! est loin d’être admis.

Le glas de l’Apartheid

La pression internationale s’intensifie avec le monde culturel qui entre en jeu. En 1985, Mandela est le premier lauréat du prix Ludovic-Trarieux pour son engagement en faveur des droits de l'homme ; en juin 1988 un concert exceptionnel est organisé à Wembley (Londres) pour fêter le 70è anniversaire du leader historique de l’ANC… Et il faut croire que la pression internationale, quelle soit politique, économique ou culturelle, a eu raison des dernières résistances de Botha. Le 7 décembre 1988, Nelson Mandela quitte Pollsmoor pour regagner, après 26 ans de prison, son domicile où il est assigné à résidence. Les conditions de détentions sont allégées mais il reste quand même privé de liberté.

L’arrivée au pouvoir de Frederik De Klerk, en 1989, sonne le glas de l’Apartheid. Mandela et De Klerk s’entendent pour négocier la fin réelle de l’Apartheid. En octobre de cette même année, Walter Sisulu, ami de Mandela qui avait été enfermé en même temps que lui est libéré. On devine la libération de Mandela Proche… Frederik De Klerk l’annonce lors d’un discours au Parlement en novembre 1989. Elle est effective le 11 février 1990 ! Cet événement majeur de l’histoire du 20è siècle est retransmis en direct dans le monde entier… L’ANC est, à nouveau, légalisé et le suffrage universel est instauré, chaque Sud-africain qu’il soit noir, blanc, métis ou asiate aura droit à un vote. Main dans la Main, Mandela et De Klerk vont travailler à la suppression de l’Apartheid. Ils parviendront à l’abolition totale de ce régime politique raciste le 30 juin 1991. Frederik de Klerk et Nelson Mandela recevront, conjointement à ce titre, le Prix Nobel de la Paix en 1993… L’année suivante, les premières élections ouvertes à tous voient la victoire de Nelson Mandela qui devient le premier Président noir de l’Afrique du Sud. L’hymne national est recomposé en fonction de la disparition de l’Apartheid et une nouvelle découpe des provinces est effectuée… Après 43 années d’existence officielle, l’Apartheid disparaissait mais c’est surtout plusieurs siècles de colonisation et d’exploitation qui disparaissait avec le système officiel.

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 14:42

Et si le boulet à la liégeoise entrait un jour au Patrimoine Mondial de l’UNESCO ?

boulets.jpgMichel Antaki est un homme bien connu des Liégeois ! Belge d’origine syrienne, né au Liban il fut l’inamovible Directeur artistique du Cirque Divers qui anima la vie culturelle liégeoise de l’aube des années ’70 au crépuscule du millénaire. Et lorsque le Cirque Divers, haut-lieu liégeois de débats, de rencontres, d’expositions ou de soirées thématiques où anonymes et grands noms se sont côtoyés, ont échangé leurs points de vue, leurs rires, leurs divergences aussi, dû fermer ses portes en 1999, Michel Antaki le fit renaître de ses cendres ailleurs, sous une forme un peu différente, celle d’un Jardin du Paradoxe à la philosophie d’Une Certaine Gaieté… Antaki est un homme d’actions, sa dernière grande idée est de faire du fameux boulet à la liégeoise – spécialité gastronomique de la Cité ARdente par excellence – un plat inscrit au Patrimoine Mondiale de l’Humanité ! Il a donc lancé une pétition sur laquelle il a déjà récolté plus de 1300 signatures de soutien. Il a également décidé de mener son opération via le réseau social en ligne Facebook où il y aurait (ndlr je dis y aurait car je n’ai pas été vérifier étant par essence réfractaire aux réseaux sociaux en ligne ! Alors je me contente de l’info publiée dans la presse liégeoise…) plusieurs milliers d’inscrits à ce «groupe».

Soutenu dans cette démarche qui vise à la reconnaissance internationale d’un élément aussi gustatif que sociologique de la culture liégeoise par le Ministre liégeois Jean-Claude Marcourt, Antaki a donc écrit à tous les parlementaires belges afin de solliciter leur soutien. Sur le demi-millier d’élus contacté seuls une poignée à répondu mais il convient de souligner que parmi eux il y a le flamand Herman De Croo, Ministre d’Etat et ancien Président de la Chambre… La gastronomie semble être un ciment entre les communautés ! L’idée originelle de la démarche repose sur le fait que si Sarkozy veut faire inscrire la cuisine française au patrimoine Mondial de l’UNESCO(1), pourquoi le Boulet à la liégeoise n’y aurait-il pas aussi sa place ?

Le boulet à la liégeoise

S’il est un plat de la très diversifiée cuisine liégeoise qui représente la Cité Ardente c’est, sans conteste, le boulet. Il existe même, à Liège, des hauts-lieux dédiés à ce plat comme le café Lequet, près de la Batte dominicale par exemple… Boulette de viande préparée en sauce avec des oignons et du vrai (c’est capital) sirop de Liège, le boulet à la liégeoise est une institution et s’il existe une recette plus ou moins officielle défendue par une confrérie, je suis persuadé qu’il y a autant de recettes qu’il y a de familles qui prépare ce plat…

Voici donc quelques recettes pour réaliser ce plat qui figurera peut-être un jour au Patrimoine Mondial de l’UNESCO

Selon le site Sirop de Liège

Selon la Confrérie du Gay Boulet

Selon un amateur de la cuisine liégeoise

Selon ma recette

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(1) La gastronomie française au Patrimoine de l’UNESCO ? on Le Soir en Ligne; février 2008

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 14:15

Pourquoi vouloir conserver les pièces d’un et 2 cents ?


cent.jpgA l’aube de l’été, Visé, ma commune, et Waregem devenaient villes-test pour un projet pilote de suppression des pièces d’un et deux cents. Depuis le passage à l’euro, ces pièces suscitent le débat, certains sont pour leur suppression pure et simple parce qu’elles posent plus de problèmes qu’elles n’ont d’utilité ; d’autres prônent leur maintien car, après tout, de l’argent c’est de l’argent et les piécettes ont aussi de la valeur. Et puis, ajoutent-ils, si on le supprime, ce sera au désavantage du consommateur, du payeur… Clairement, je me positionne pour la suppression des pièces d’un et deux centimes ! Et l’expérience en court dans ma commune me renforce dans ce sentiment… Beaucoup de commerçants se plaignent de la manipulation des piécettes brunes qui engendrent, selon eux, des files aux caisses et donc le mécontentement de certains clients. Il y a là comme un paradoxe, non ? D’un côté le client est mécontent parce que la manipulation des piécettes entraîne la formation de files mais leur retrait se ferait au détriment de ces mêmes clients mécontents… Cet argument n’a pas réellement de fondement pour moi. Par contre, lorsqu’il s’agit de compter sa caisse en fin de journée cela peut prendre une toute autre importance. Avec des pièces de 1, 2, 5, 10, 20 et 50 cents ainsi que des pièces de 1 et 2 euros cela fait donc 8 catégories de pièces à compter. A la fin du franc belge – soit les 20 dernières années de sa circulation – il y a avait cinq catégories de pièces (50 centimes, 1, 5, 20 et 50 francs) soit nettement moins de pièces à recompter le soir. Dans le cas de grosses entreprises qui acceptent le paiement en liquide, comme un hôpital, une grande surface ou une gare par exemple, cette surcharge de pièces entraîne immanquablement un excédent de boulot en fin de journée…

Deux expériences étrangères nous apprennent que l’absence des pièces de un et deux cents n’a engendré aucun souci. La Finlande, d’abord, qui n’a jamais frappé ces pièces depuis son passage à l’Euro. L’arrondi s’est mis en place de façon naturelle et sans heurt pour toutes les transactions en espèces. Aux Pays-Bas, ensuite, où une expérience pilote comme celle menée à Visé et à Waregem a eu lieu en 2004 ; elle a débouché, quelques mois plus tard, sur le retrait définitif des pièces d’un et deux cents. Des analyses financières menées depuis chez nos voisins ont montré que ce retrait na eu aucune influence sur les prix et donc sur le porte-monnaie des Hollandais…


Revenons donc sur les deux arguments des partisans du maintien des pièces de 1 et 2 cents : le détriment fait aux consommateurs et la valeur intrinsèque de ces pièces. Le principe de l’arrondi(1) entraîne un avantage tantôt pour le client tantôt pour le commerçant et débouche au final sur un équilibre avéré. L’expérience hollandaise l’a démontré à souhait. Mais pour les plus sceptiques, je me suis livré à une petite expérience en achetant, dans une grande surface – le Carrefour de Herstal pour ne pas la nommer – un panier rempli de douze produits de consommation courante et normale, des produits que l’on peut trouver chez moi, et j’ai comparé le prix en pratiquant l’arrondi. Voici ce que cela donne :
- 1 litre de lait marque générique de la grande surface : 1,17€ si arrondi = 1,15€
- 1 pain de seigle millénaire : 1.49€ si arrondi = 1,50€
- 1 plaquette de 250gr de beurre marque générique : 1,46 si arrondi = 1,45€
- 2 oranges : 1,41€ si arrondi = 1,40€
- 500 gr de filet pur porc : 5,22€ si arrondi = 5,20€
- 1 sac de 5kg de pommes de terre : 2,29€ si arrondi = 2,30€
- 1 kg de tomates : 1,09€ si arrondi = 1,10€
- 485gr de raisin blanc en promo : 0,96€ si arrondi = 0,95€
- 1 sixpack de crème Danette à la vanille : 1,43€ si arrondi = 1,45€
- 5 tranches de jambon emballé marque générique : 2,89€ si arrondi = 2,90€
- 1 paquet de dosettes de Café Liégeois : 1,89€ si arrondi = 1,90€
- 1 paquet de 500 gr de spaghetti marque générique : 1,18€ si arrondi = 1,20€

Soit un coût total de 22,48€ pour mon panier «normal» et un coût arrondi à … 22,50€ pour le même panier ! Deux centimes de différence, et encore, il s’agit là d’un arrondi sur chaque article du panier. On peut pratiquer l’arrondi sur la somme finale. Dans le cas présent, l’arrondi serait à la somme finale tomberait aussi à 22,50€ mais dans le cas d’un achat, par exemple, de quatre pains de seigle millénaires on arriverait à 4 x 1,49€ soit 5,96€ qui seraient arrondis à 5,95€ donc à l’avantage du client. Clairement l’expérience pratique des Pays-Bas démontrer que la suppression des pièces de un et deux cents et la pratique de l’arrondi n’ont eu aucun impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs mais que cela à facilité la vie des commerçants et administrations.

Quant au second argument, celui de la valeur intrinsèque des pièces, il est totalement caduc ! En effet, l’Union des Classes Moyennes (UCM) nous apprend que le coût total de la fabrication d’une pièce d’un centime est de… 1,81 centimes(2), soit presque deux fois sa valeur intrinsèque ! Toujours selon cette même source, on a frappé, en 2007, 60 millions de pièces d’un centimes (une valeur donc de 600.000 euros) pour un coût total de 1.086.000 euros. Quel gaspillage d’argent ! Il en va de même pour les pièces de 2 cents… Et le pire dans cette histoire c’est que l’on doit frapper annuellement plusieurs millions de ces pièces car elles ne circulent pas. On les laisse traîner dans des poches, on le jette dans les fontaines et les canaux où on les stocke dans des ersatz de tirelire qui dorment dans des armoires ou au grenier…

Les pièces de un et deux cents coûtent très cher, elles ennuient les commerçants et les administrations et leur disparition n’entraînerait aucun effet sur notre pouvoir d’achat… Quelle raison reste-t-il donc de ne pas les supprimer ?

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(1) pour rappel : s'il se termine par 1 ou 2, l'arrondi se fait vers le bas à 0. S'il se termine par 3 ou 4, arrondi vers le haut à 5. Par 6 ou 7, arrondi vers le bas à 5. Par 8 ou 9, arrondi vers le haut à 0. Donc : 1,21€ deviennent 1,20€ ; 3,38€ deviennent 3,40€ ; 3,36€ deviennent 3,35€…
(2) in La vie sans pièces brunes : 2 mois après par Marc Bechet, La Libre Belgique du 18 août 2008.

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 09:07

Usée par le temps et ses nombreux voyages, Guernica ne quittera plus son écrin du Museo Reina Sofia.

guernica.jpgGuernica est un chef d’œuvre de la peinture du 20è siècle ! Imposante par la taille(1), cette œuvre de Picasso représente la mort, la douleur, la peine et l’horreur du bombardement de cette petite ville basque par l’aviation allemande, le 26 avril 1937, lors de la guerre civile espagnole. Les avions qui bombardèrent Guernica faisaient partie de la Légion Condor envoyée par Hitler pour soutenir le nationaliste Franco dans son soulèvement contre le gouvernement républicain d’Azana-Diaz. A travers cette toile, Picasso exprime sa colère à l’encontre du massacre de Guernica mais aussi du régime franquiste. Guernica est devenue, par extension, le symbole de la guerre en général. La toile avait été commandée par le gouvernement républicain espagnol quelques jours après le bombardement de la ville basque. Picasso la commença le 1er mai 1937 avec comme mission de la terminer pour l’exposition universelle de Paris, qui débutait le 25 mai 1937, où elle devait être exposée. Après l’Expo parisienne, Guernica voyagea à travers le monde, Pablo Picasso voulait cette œuvre comme une arme d’information, une arme de guerre pour prévenir des horreurs de la guerre…

Après 20 années de périples à travers les musées et les expositions du monde entier, Guernica fut confiée par Picasso au MoMA(2) de New York où il voulait qu’elle fut conservée jusqu’au rétablissement de la démocratie en Espagne. Le musée new-yorkais prêta souvent Guernica pour des expositions temporaires en Europe ce qui fait de cette toile l’une de celles qui auront le plus voyagé à travers le monde. Mais voilà ces nombreux voyages ont fatigué le chef d’œuvre de Picasso. Aujourd’hui, le Directeur du Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, à Madrid qui abrite la toile, confirme que Guernica à beaucoup souffert et qu’il est désormais hors de question que ce chef d’œuvre voyage… Depuis près d’un an, une série de tests est effectuée sur Guernica ; ils révèlent que l’œuvre souffre de plus de cent petites imperfections dues au temps qui passe et aux nombreuses manipulations qui ont jalonné son histoire. «Ces 129 imperfections avaient été constatées lors de la précédente analyse de la toile, il y a dix ans, et la bonne nouvelle est qu’elles ne se sont pas aggravées» explique Manuel Borja-Villel, le Directeur du Museo Reine Sofia qui confirme aussi que Guernica a besoin d’une restauration complète. Cette restauration, la première depuis 1957 lors de son arrivée au MoMA, aura pour objectif de limiter l’impact des fameuses imperfections sur le futur de la toile. Pour éviter leur aggravation, il a aussi été décidé que Guernica resterait définitivement à la maison… Désormais donc, pour admirer Guernica il faudra se rendre à Madrid, au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, le musée national espagnol d'art moderne et contemporain. Notez que cela ne changera pas grand choses car depuis son retour en Espagne, en 1981 alors que la démocratie y avait effectivement retrouvé ses droits, Guernica n’a plus voyagé. Guernica est aussi le symbole fort de la fin de la dictature espagnole…

Une anecdote à propos de Guernica…

Depuis le milieu des années ’30, Pablo Picasso vivait à Paris, dans le sixième arrondissement où il avait établi son atelier dans le rue des Grands-Augustins. C’est d’ailleurs dans cet atelier qu’il peignit Guernica, en 1937. Durant la seconde guerre mondiale, il y reçut un jour la visite de l’Ambassadeur des Nazis à Paris, un certain Otto Abetz qui, comme l’indiquait la doctrine nazie, trouvait l’art moderne dégénéré. «C’est vous qui avez fait cette chose ?» demanda-t-il à Picasso en voyant une photo de Guernica… Et faisant allusion à la triste réalité qui avait motivé la toile, Picasso répondit «Non… c’est vous !».

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(1) Guernica est une toile de 3,5 mètres de hauteur sur près de 8 mètres de longueur !
(2) Museum of Modern Art

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 15:10

Depuis le flash spécial de mercredi soir, cette libération inespérée me laisse un goût de bizarre en bouche...

bitencourt.jpg"Les 15 otages ont en réalité été achetés au prix fort, après quoi toute l'opération a été mise en scène", a rapporté la radio publique suisse dans son journal de la mi-journée, citant "une source proche des événements, fiable et éprouvée à maintes reprises ces dernières années". Depuis mercredi soir, à la vue du flash spécial - je l'ai regardé sur France 2 - pour la libération d'Ingrid Betancourt j'ai comme un goût de bizarre en bouche. Non pas que je sois contrarié par la libération de l'otage le plus célèbre du monde mais bien par la facilité avec laquelle cela ait pu se faire... Je l'ai quand même trouvé bizarre ce retour inopiné ! Qu'elle facilité pour la libérer, finalement, si on avait su que ce serait si facile, on aurait du le faire depuis longtemps...


Mais cette arrivée sur l'aéroport de Catam de Betancourt et des 11 militaires m'a réellement surprise. Alors qu'on s'attendait à voir une Ingrid Betancourt épuisées par six années de captivité, elle débarque souriante et en pleine forme, loin de la dernière image d'elle qu'on a reçu d'elle en novembre dernier où elle apparaissait maigre et mal en point. Pendant ces six années les médias nous l'ont annoncée souffrant d'hépatite, de malaria et même de leishmaniose (des affections cutanées qui laissent des traces). On a aussi dit qu'elle s'était mise en grève de la faim... Rien de tout ça ne transparait sur le visage de celle qui est descendue de l'avion à Catam. Pareil pour les militaires colombiens qui avaient tous un énorme sac avec eux (ils ont eu le temps de faire leurs valises à la libération ?) qui, tous, apparaissent pétants de forme. Il y en a même un, celui qui avait la photo de sa femme et de son gosse autour du cou, qui est gras comme un cochon... Ils ont tous les cheveux net et coupés façon bidasse. Franchement, j'ai en mémoire la libération des journalistes Kaufmann, Carton et Fontaine, en mai 88, qui étaient hagards, maigres, hirsutes. Pareil pour Normandin, Cornéa ou Rochot libérés un peu avant eux... On était bien loin de l'image des otages repris aux FARC débarquant à Catam. En outre, chaque militaire a récité un petit texte de remerciements... Un récit qui semblait tellement préparé à l'avance.

Et puis, pourquoi Sarkozy ne s'est-il pas exprimé en direct sur cet événement capital qui lui tenait pourtant à cœur ? Pujadas à bien dit que l'allocution était en différé... Pourquoi ?

Alors mise en scène pour dorer le blason d'Uribe ou pas ?

Quoi qu'il en soit le plus important reste quand même le fait qu'Ingrid Betancourt soit libre...

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 09:31

Il y a désormais de grandes chances que ce soient les Super-Délégués démocrates qui décideront du candidat à l’investiture…

obaton.jpgSi dans le camp républicain on peut d’ores et déjà se concentrer sur le rendez-vous présidentiel de novembre prochain, il n’en va pas de même chez les Démocrates. Alors qu’il reste dix consultations avant la fin des primaires, ni Obama ni Clinton n’ont fait la différence et aucun des deux n’entend lâcher prise. Hier encore, Hillary Clinton affirmait, lors d’un passage en Californie, qu’elle pouvait remporter l’investiture pour aller affronter John McCain. Evidemment, Barack Obama prétend aussi pouvoir être le candidat des Démocrates… Et pendant que ces deux là en sont à afficher leur prétention de candidat à l’investiture, le Républicain John McCain affiche, lui, sa prétention à la présidence ! «Je connais très bien l'économie, certainement mieux que la Sénatrice Clinton et que le Sénateur Obama» a-t-il déclaré sur CNN mercredi dernier. Arguant du fait que l’économie nationale est un point clé de la présidence, McCain a également souligné qu'il avait été très impliqué dans l'élaboration de la politique économique en tant qu'ancien président de la commission du Commerce du Sénat… Pas de doute, il est déjà occupé à construire sa campagne électorale présidentielle. Les Démocrates ne risquent-ils pas de perdre ce rendez-vous électoral capital pour eux à force de tergiverser entre eux. Ne serait-il pas plus judicieux que l’un des deux candidats à l’investiture renonce pour le bien de son parti afin que l’autre puisse se lancer dans la campagne et se mettre à la hauteur de John McCain ? Mais voilà, lequel de Clinton ou Obama accepterait de s’effacer pour l’autre ? Aucun des deux, évidemment, et c’est là le problème des Démocrates. C’est que, tant Clinton qu’Obama, ils sont au seuil de l’Histoire des Etats-Unis… Imaginez un instant que, quel que soit le candidat des Démocrates, s’il est élu en novembre prochain, il s’agirait d’une première historique : le premier président noir ou la première femme à la Maison-Blanche… Avec cette perspective, aucun des deux ne renoncera tant qu’il n’y sera pas contraint ! Ce qui tend à prouver, si besoin en était encore, que lorsque l’on entre en politique on le fait avant tout pour soi et non pas pour l’intérêt général…

Pas assez de Délégués pour être investis…

Alors, la campagne interne se poursuit chez les Démocrates. Le prochain rendez-vous est fixé au 22 de ce mois, en Pennsylvanie. Il sera capital car, si à l’heure actuelle, l’écart en nombre de Délégués reste à l’avantage d’Obama (1632 contre 1500 à Clinton alors qu’il en faut 2025 pour obtenir l’investiture), il est minime(1). Hors, des dix états restant en jeu, la Pennsylvanie est la plus riche, avec 181, en Délégués… Mais c’est aussi le berceau de la famille Rodham, la famille d’Hillary Clinton. Celle-ci est donc largement favorite dans le Coal State. L’ambition de Barack Obama sera d’y limiter la casse et de veiller à ce que sa rivale ne l’emporte pas avec une trop grande marge. Mais il convient désormais de poser un constat ! Il reste dix consultations(2) pour lesquels sont en jeu quelque 635 Délégués… Si l’on se livre à un simple calcul, on s’aperçoit que, ni Obama ni Clinton pourrait n’obtenir le nombre de Délégués utiles à l’investiture. En effet, à la condition sine qua none de remporter tous les Délégués restant en jeu on aurait le cas de figure suivant pour chacun des deux candidats démocrates
=> Barack Obama : 1362+ 635 = 2267 Délégués
=> Hillary Clinton : 1500 + 635 = 2135Délégués

Il est évident qu’aucun des deux ne raflera tous les Délégués en jeu puisqu’ils sont répartis à la proportionnelle des voix obtenues. Pour que l’un des deux les remporte tous, il faudrait imaginer que l’autre ne fasse plus aucune voix dans les dix états restants… Même le plus optimistes des supporters ne peut envisager cette possibilité… Donc, et l’éventualité est plus que réelle, on pourrait se retrouver à la Convention Démocrate de Denver, du 25 au 28 août prochains, avec deux candidats qui n’ont pas suffisamment de Délégués que pour être investis ! Quid alors ? Si ce cas de figure se présente alors ce sera aux Super-Delegates de décider !

Les Super-Délégués ne sont pas des héros de comics américain mais bien des pontes démocrates désignés, en plus des Délégués traditionnels, de par la fonction qu’ils occupent ou ont occupés dans la vie politique américaine. Ils sont au nombre de 793 et sont totalement libres du choix de leur candidat à l’investiture. Parmi ces Super-Délégués, on trouve notamment les Membres démocrates du Congrès, les Gouverneurs démocrates, des élus variés, des Membre du Comité du parti national et d’anciens membres illustres comme Bill Clinton, Al Gore ou encore Jimmy Carter… Ils auront donc le libre-arbitre pour choisir leur candidat préféré. Pour l’heure, 246 Super-Délégués sont ouvertement en faveur d’Hillary Clinton ; 216 sont pour Barack Obama et 331 ne ce sont pas encore positionné officiellement(3)… Les voix des Super-Délégués viendront s’ajouter à celles des Délégués mais comme la différence entre Clinton et Obama est minime (et qu’elle risque de se resserrer encore après la Pennsylvanie), il est désormais plu que probable que ce sont ces fameux Super-Delegates qui ont le sort des deux candidats entre leurs mains.

Une désignation non démocratique ?

Beaucoup de monde dans le camp démocrate est perplexe quant au rôle de ces Super-Délégué. D’aucuns avancent même que le choix pourrait ne pas être démocratique… ce qui serait un comble au sein d’un Parti Démocrate ! En effet, imaginons que, au jour de la Convention de Denver, aucun des deux candidats n’ait atteint le quorum des 2025 Délégués utiles (ndlr une situation plus que probable, rappelons-le) et que Barack Obama ait engrangé plus de Délégués qu’Hillary Clinton (ndlr situation tout aussi probable) mais que les Super-Délégués se rangent en masse derrière Clinton pour la désigner… On pourrait donc avoir une candidate démocrate qui aurait été choisie à l’encontre du choix des électeurs démocrates qui se sont prononcés depuis le mois de janvier. Une situation que craint Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre des Représentants qui estimait, lors de l’émission Good Morning America, sur ABC le 1er avril dernier : «qu'il serait à son avis dommageable pour son parti que les super-délégués donnent l'impression de voter contre la volonté des électeurs qui se sont exprimés. Cette élection doit suivre son cours mais il est important que l’on se rassemble derrière un candidat longtemps avant la Convention nationale si nous espérons gagner en novembre»…

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(1) source : USA Today page spéciale elections mise à jour 3/04/2008
(2) Pennsylvanie (22/04 – 181 Délégués), Guam (3/05 – 3 Délégués), Caroline du Nord (6/05 – 110 Délégués), Indiana (6/05 – 79 Délégués), Virginie occidentale (13/05 – 37 Délégués), Kentucky (20/05 – 55 Délégués), Oregon (20/05 – 62 Délégués), Porto-Rico (1/06 – 58 Délégués), Dakota du Sud (3/06 – 22 Délégués) et Montana (3/06 – 23 Délégués) soit 635 Délégués encore en jeu…
(3) Source : 2008 Democratic Convention Watch

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 13:49

Au vu des enjeux de la campagne, le futur Président de la République française aura du pain sur la planche…

RF2007.jpgNous sommes à 25 jours du premier tour de l’élection présidentielle française qui aura donc lieu le 22 avril prochain. On le sait, ce sont désormais 12 candidats qui s’affronteront lors de ce premier tour. Parmi eux, trois sortent du lot pour le combat final du 6 mai : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou… Selon les tendances que l’on nous sert à grands coups de sondages, JMLP ne devrait pas jouer les trouble-fêtes cette fois-ci… En tous cas si nos voisins n’ont pas la mémoire trop courte et qu’ils n’oublient pas de se rendre aux urnes le 22 avril plutôt que d’aller à la pêche ou à la campagne… Pour participer au scrutin, il faut s’inscrire sur les listes électorales car le vote n’est pas obligatoire dans l’Hexagone. Il faut… c’est plutôt il fallait que je devrais écrire car la date limite d’inscriptions sur les listes électorales était fixée au 31 décembre 2006. Reste donc à espérer que les Français n’auront pas oublié de satisfaire à cette démarche administrative…

Récupération de l’électorat du FN et enjeux

La campagne électorale débutera donc officiellement le 9 avril prochain pour prendre fin onze jours plus tard. Bien sûr aucun des candidats n’a attendu pour commencer sa course à l’élection… C’est que les enjeux du scrutin seront importants ! Le Président de la République est le personnage central de la politique française ; il dispose d’un champ d’action vaste tant au niveau national qu’international… Le quinquennat écoulé à démontrer que les principales sources d’inquiétude du peuple français sont la sécurité, la gestion de l’immigration et le niveau de leur pouvoir d’achat en priorité. Des terrains de jeux plutôt propices au FN mais sur lesquels Sarkozy s’est beaucoup investi lui-aussi… L’ancien Maire de Neuilly parviendra-t-il à détourner du FN une grande frange de son électorat de 2002 ? Je pense que oui car il a pas mal puisé dans les thèmes de prédilection de JMLP !

A gauche, on se recadre un peu aussi sur le sentiment d’appartenance nationale Ségolène Royal remettant à l’avant de son programme le drapeau bleu/blanc/rouge et La Marseillaise en tant que symboles de «la nation dont on doit être fier et non pas de nationalisme d’extrême droite !»… Ben oui, faut pas oublier non plus que dans l’électorat de l’afFront National il y a aussi une belle couche d’anciens électeurs de gauche… Reste Bayrou mais celui-ci pourrait aussi récupérer une part de l’électorat frontiste, c’est en tout cas ce qu’explique un ancien cadre du FN au journal Le Monde : «Ceux qui veulent à tout prix faire battre Sarkozy n'excluent pas aujourd'hui de voter Bayrou au premier tour. […]Pour ces électeurs, il n'est en effet pas question de donner leur voix à Nicolas Sarkozy, l'homme qui finance les mosquées, a abrogé la double peine et s'est montré favorable au vote des immigrés dans les élections locales» (1)

La récupération de ceux qui ont voté pour JMLP en 2002 est donc l’un des enjeux capitaux des trois candidats favoris… Ils s’y sont attelés avec ardeur tous les trois mais lequel aura su convaincre la plus grande frange ?

Mais par delà cette récupération il convient de mettre en avant quelques enjeux auquel le futur Président de la République devra faire face. A commencer par la position de la France par rapport à l’Union Européenne – pour rappel la France est le seul pays, avec les Pays-Bas, à avoir rejeté le projet de Constitution européenne - et aussi son décrochage économique au sein de la zone euro. Au niveau national, le financement des services publiques et de la protection sociale restent deux chantiers monumentaux auxquels le Président entrant en fonction ne pourra pas se soustraire. Il y a aussi l’hémorragie de la dette publique qu’il faudra juguler ; depuis 1980, elle est passée de 20 à 67% du Produit Intérieur Brut (PIB) ! Cette dette publique équivaut donc aujourd’hui au deux tiers des ressources produites sur le territoire français… en chiffre, cela dépasse les 100 milliards d’euros, soit quatre fois le budget annuel de l’Etat français !!!

A ces enjeux de taille, il convient encore d’ajouter des domaines récurrents mais ô combien importants comme le positionnement extra-européen de la France, le commerce international et la lutte pour l’environnement… Enfin la France, à l’image de bien des nations, est soumise au manque de confiance et d’intérêt des jeunes pour la chose politique. Il me semble que l’un des combats auquel le futur Président devra aussi faire face est celui de la relance politique auprès de la population des 18-35 ans ! Parvenir à ré-intéresser cette couche qui constituera le cœur de cible politique dans les années à venir est une gageure de taille. Aujourd’hui, beaucoup de ces jeunes, en France comme ailleurs, trouvent la politique sinistre, verrouillée, démagogue, dépassée et donc sans intérêt…

Assurément, celui qui prendra les clés de l’Elysée le 17 mai prochain doit être prêt à se retrousser les manches !

Quelques sites pour suivre l’élection présidentielle française sur le net :

- Présidentielles-2007
- Objectif présidentielle 2007
- France 2, élections présidentielles
- Les Présidentielles

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(1) «L’extrême droite craint un vote utile en faveur de l’UDF» par Christiane Chombeau, in Le Monde du 14 mars 2007.

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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 14:53

Ils sont désormais 300 millions… Et on tend vers une hispanisation de la population étasunienne !

uspopulation.jpgLa population des Etats-Unis atteint, ce mardi, la barre des 300 millions d'habitants ! Selon les calculs du Bureau du recensement américain, la population des Etats-Unis s'accroît d'un individu toutes les 11 secondes, si l'on fait la somme des naissances (une toutes les 7 secondes), des décès (un toutes les 13 secondes) et des entrées d'immigrants, légaux ou pas (un toutes les 31 secondes). Ainsi à 7h46 (11h46 GMT) ce mardi 17 octobre 2006, l'horloge statistique du Census Bureau marquera 300.000.000 d'habitants. L'Amérique a mis 39 ans à s'adjoindre une nouvelle centaine de millions d'habitants. C’est en 1967 qu’elle obtint son 200 millionième habitant. Elle ne mettra que 37 ans, selon les prévisions du Census Bureau à atteindre les 400 millions d’âmes !

Les minorités

Les Etats-Unis sont donc un pays à l’histoire jeune et qui se sont développés sur base de l’immigration de populations européennes et asiatiques ainsi que de la traite d’esclaves noirs en provenance d’Afrique… Si la population blanche compose la majorité (un peu moins de 200 millions de personnes aujourd’hui) de la population, il existe une quantité de minorités qui complètent la population étasunienne. Selon les chiffres du recensement, 14% de la population américaine aujourd'hui sont hispaniques, soit 42,7 millions d'individus, en 1968 ce chiffre était de 4%... Les noirs forment la deuxième minorité la plus importante avec 39,7 millions d'individus suivis par les Asiatiques (14,4 millions), les Indiens d'Amérique et originaires de l'Alaska (4,5 millions) et les indigènes des îles de Hawaï et pacifiques (990.000). Au rythme de croissance de la minorité hispanique, en 2050, un Américain sur quatre sera hispanique. Des démographes comme William Frey, professeur à l'université du Michigan et démographe à la Brookings Institution, voient un changement graduel de la population américaine et une domination latino d'ici une vingtaine d'années. «La croissance de cette nouvelle population représente un retour à notre passé d'immigrant», estime-t-il soulignant que les immigrants hispaniques représentent le futur du pays.

Davantage de poids aux Hispaniques

Malgré le débat sur l’immigration (les USA sont le premier pays d’immigrations au monde avec ± 2 millions d’immigrants annuels et on compte quelque 36 millions, soit 12% de la population, d’américains nés en dehors des frontières, en outre le nombre d’illégaux, en provenance surtout, d’Amérique latine est estimé à 12 millions de personnes !) qui fait rage aux Etats-Unis à quelques jours des élections législatives, il semble donc se démontrer que ce pays connaît une vague importante d’immigration. Celle-ci devrait donner une nouvelle couleur au pays et à son fonctionnement d’ici un demi-siècle tout au plus. Si, comme le prévoit le Census Bureau, un Américain sur quatre sera hispanique en 2050, il est évident qu’il faudra, dès lors, tenir compte de cette réalité dans les années à venir. Successivement, les Etats-Unis ont été contraints, tenant compte des réalités de la population, d’intégrer les migrants dans les arcanes de la société, les Italiens d’abord (avec notamment Fiorello La Guardia, Maire de New York entre1934 et 1945 et dont un aéroport de la Big Apple porte le nom, Antonin Scalia, premier juge italo-américain nommé en 1986 à la Cour Suprême, ou Rudy Giuliani, également Maire de New York de 1994 à 2001 et candidat à l’investiture républicaine pour 2008) ; les blacks également (Hiram R. Revels, 1er Sénateur noir en 1870, Thurgood Marshall, 1er juge noir nommé à la Cour Suprême en 1967, Colin Powell ou Condoleeza Rice plus prêts de nous…). Les réalités de la présence massive des Hispaniques aux Etats-Unis devraient également contraindre les Administrations à venir à confier davantage de postes-clés à des hispanophones de souches.

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