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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 13:15

El Bulli fermera ses portes en juillet prochain… Ferran Adria vogue vers une nouvelle aventure au service de la cuisine de demain !

EL-BULLI.jpgEl Bulli, le célèbre restaurant catalan de Ferran Adria, fermera ses portes le 30 juillet. On a longtemps cru que cette fermeture ne serait que momentanée mais il semble désormais acquis que Ferran Adria passe à autre chose. Le cuisinier, plusieurs fois Meilleur Chef du Monde, a décidé de tourner la page d’El Bulli dont il avait fait le tour de la question. Adria va donner suite à ses envies, il travaille sur une fondation gastronomique et écologique qui devrait voir le jour en 2014 «Le projet sera conçu, à l’emplacement actu d’El Bulli, comme un quartier écologique, autour de la gastronomie et comprendra un restaurant» a expliqué hier Ferran Adria à Madrid. Cela fait plus d’un quart de siècle que Ferra Adria bosse trois cent jours par an, dans son restaurant ou dans son atelier, pour créer des plats hors du commun. Aujourd’hui, celui qui est considéré par beaucoup comme le plus grand Chef de tous les temps (ndlr mais il a aussi beaucoup de détracteurs !) a envie de souffler, de vivre un peu pour lui. Mais l’homme n’est pas du genre à s’étioler dans les vapeurs de l’inactivité, non son projet de fondation – probablement nommée elBullifoundation– sera porté sur les fonts baptismaux dès la fin de l’année 2011. Des travaux d’agrandissement sont prévus pour porter la surface des lieux à quelque 1000 mètres carrés. Ces travaux ont été confiés à l’architecte Enric Ruiz Geli qui a confirmé que le bâtiment répondra à tous les critères de la construction durable, qu’il se fera sans émissions toxiques (ndlr un projet de création d’hydrogène à partir d’algues est en cours d’étude afin de compenser les émissions de CO² du chantier) et dans le respect de la biodiversité locale.

 

L’objectif de la fondation de Ferran Adria sera de créer du talent, de la richesse culinaire et des postes de travail. Chaque année, elBullifoundation accordera 20 à 25 bourses à des cuisiniers sur base d’une sélection très stricte. «Cette fondation sera l’engagement vers la cuisine du futur, culturelle et créative, et El Bulli nous offre le champ d’action pour atteindre ces objectifs » écrit commente Ferran Adria sur le site internet d’El Bulli.

 

A cause du feu des critiques ?

Si Adria est reconnu par la majorité des professionnels de la gastronomie comme LE Chef des ces dix dernières années(1), il se trouve aussi pas mal de monde pour le critiquer. Ainsi, certains de ses confrères – Santi Santamaria (Chef du restaurant El Can, tri-étoilé, à Sant Celoni au nord de Barcelone) en tête -, des journalistes ou encore des critiques gastronomiques ne se sont pas privés pour mettre en avant l’aspect chimique de la cuisine d’Adria. Il lui est souvent reproché de travailler davantage dans un laboratoire que dans une cuisine, d’utiliser des additifs chimiques dans ses plats. Mais la cuisine est une forme de chimie qui consiste à transformer des éléments en les associant. La simple cuisson d’un œuf ou l’émulsion d’une mayonnaise répondent à des principes de physique ou de chimie. Dans sa cuisine, Santi Santamaria, comme bien d’autres cuisiniers «traditionnels», utilise du sucre raffiné, pour ses plats et ses desserts. Le sucre n’est-il pas raffiné chimiquement ? Si, évidemment, tout comme la saumure dans laquelle sont conservés certains aliments qui n’est jamais, finalement, que la réaction chimique entre deux éléments, l’eau (H²O) et le sel (NaCL)… La cuisine c’est de la chimie ! Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, remettre en cause la cuisine de Ferran Adria c’est un peu comme remettre en cause, en son temps, la Tour de Gustave Eiffel ou la peinture de Dali et Picasso… C’est une forme de résistance au changement.

Ces critiques ont-elles présidé à la décision de Ferran Adria de fermer El Bulli ? Le Chef répond clairement par la négative pour effacer tout doute. Aujourd’hui, il entend simplement prendre du recul pour mieux revenir en 2014. En fait Ferran Adria prend le risque énorme de renoncer à ses trois étoiles pour repartir de zéro et mettre son expérience, son talent et son expertise au service d’autres cuisiniers. Un vrai défi que peu de Chefs auraient relevé !


Histoire du Meilleur Restaurant du Monde…

El Bulli a eu une vie avant Adria ! C’est en 1961 qu’un couple d’Allemands, Hans et Marketta Schilling, décidait d’acheter et d’occuper le terrain de Roses, sur la Costa Brava, où allait s’ériger bientôt le restaurant. Tout commença par la création d’un espace détente avec un parcours de mini-golf et des barbecues en plein air pour le grand public de passage. Rapidement, un bar de plage qui surplombait la mer fut créé et puis, en 1964, un restaurant spécialisé dans les grillades prit possession des lieux. Déjà baptisé El Bulli, le restaurant, confié au Chef suisse Otto Müller, gagne rapidement en renommée et de nombreux touristes – l’Espagne franquiste s’est ouverte au tourisme de masse en 1962 - viennent y manger. En 1975, le Chef français Jean-Louis Neichel reprend El Bulli et, à peine une année plus tard, reçoit sa première étoile au Guide Michelin. Neichel offre une reconnaissance internationale au restaurant avant de le quitter, à la fin de l’année 1980, pour s’installer à Barcelone. Juli Soler entre en piste, il est engagé par Schilling pour diriger le restaurant, c’est alors Yves Kramer, l’assistant de Neichel, qui devient le Chef attitré d’El Bulli. A l’été 1983, Soler engage un jeune cuisinier qui profite d’un mois de pause dans son service militaire pour effectuer un stage à Roses. Ce jeune homme, Ferran Adria, est Catalan et à une vision novatrice de la cuisine. Soler est plus que satisfait du travail de son stagiaire et lui propose d’intégrer la brigade de cuisine du Bulli dès la fin de son service militaire.

C’est donc en mars 1984 que Ferra Adria rejoint officiellement El Bulli. Par contre, les Chefs se suivent et ne se ressemblent pas ! Kramer laisse la place à Jean-Paul Vinay qui ne reste, lui aussi, que peu de temps. A l’automne, suite au départ de Vinay, Hans Schilling, toujours propriétaire de l’établissement, et Soler demandent à Adria et à son collègue Christian Lutaud de réorganiser la cuisine du restaurant. El Bulli ferme d’octobre 1984 à janvier 1985, ce sont là des mois creux et les deux nouveaux hommes forts travaillent au changement complet du restaurant. Nouvelle carte, nouvelle disposition des lieux, nouveaux Chefs de cuisine… La carrière de Ferran Adria démarre réellement au printemps 1985 avec la réouverture d’El Bulli. En janvier 1987, Lutaud quitte Roses pour ouvrir son propre restaurant dans la région d’Alicante et Adria devient le seul maître de la cuisine. Avec Juli Soler, qui revient fréquemment devant les fourneaux, il propose alors une cuisine créative et originale qui séduit largement du gastronome au critique en passant par le touriste. Adria travaille sur les goûts, sur les textures, il invente les plats déstructurés d’une cuisine que certains appellent «moléculaire» mais que lui juge davantage «avant-gardiste»… En 1990, Ferran Adria et Juli Soler rachètent El Bulli, ils hésitent à le transférer en plein cœur de Barcelone mais décident finalement de le laisser dans la baie de Roses, en surplomb de la crique Montjoi car le cadre y est plus attractif.

On vient de loin pour manger à El Bulli, le restaurant fait salle comble, chaque jour à chaque service, à un point tel qu’une liste d’inscription voit le jour. En 1990, El Bulli reçoit sa deuxième étoile au Michelin avant d’en glaner une troisième en 1997… Le restaurant de Ferran Adria est aussi désigné, par des professionnels de la gastronomie, comme le Meilleur Restaurant du Monde en 2002, 2006, 2007, 2008 et 2009. Aujourd’hui, à quelques semaines de la fermeture, ce sont quelque huit mille repas qui sont servi chaque saison (d’avril à septembre) alors qu’il y a chaque année deux millions de demandes… Manger chez Ferran Adria est une véritable gageure tant il y a peu d’élus pour la somme d’appelants.

 

Désormais, pour manger chez Adria, il faudra patienter jusqu’à l’ouverture du restaurant de la fondation ou alors se rendre en plein cœur de Barcelone, sur l’Avinguda Para-lel, dans le quartier de Poble Sec, pour découvrir le nouveau concept du Maître catalan… Tickets, un bar à cocktails et à tapas haut de gamme mais accessible, à l’opposé d’El Bulli.


elBulli
Tickets

Le petit plus de l’article

 

Ferran Adria se tourne de plus en plus vers la cuisine de demain et aide les jeunes cuisiniers en visant l’excellence => Le Temple de la formation culinaire (27 juillet 2010)


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(1) trois étoiles + cinq titres de Meilleur Restaurant du monde (2002, 2006, 2007, 2008 et 2009) pour El Bulli

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 11:29

Le tabac enjeu sanitaire ou enjeu socio-économique ?

tabac.jpgLe 1er juillet prochain, l’interdiction de fumer dans les cafés sera effective. Cette nouvelle règle est à la joie des non-fumeurs mais pas vraiment à celle des fumeurs et des patrons de bistrots, tavernes et autres estaminets. Certains avaient fait le choix, en 2007 lorsque le tabac fut prohibé des lieux où l’on mange, de n’opter que pour la partie boisson de leur établissement, permettant ainsi à leur clientèle de fumer. Ce choix de privilégier le tabac à la nourriture, ils ont été nombreux à le faire… aujourd’hui ils s’en mordent les doigts. Plusieurs patrons de cafés ont annoncé clairement qu’ils craignent la fermeture avant la fin 2011. Avec les campagnes de prévention et les lois anti-tabac, fume-t-on moins en Belgique ? Après une stagnation, durant les années nonante, le nombre de fumeurs est reparti à la baisse pendant quelques années à l’aube du 21è siècle. Il semble donc que les lois anti-tabac et la prévention aient porté leurs fruits. Il semble, écrivé-je, car le chiffres des ventes de tabac(1) font état d’une hausse de 9,5%. Ainsi, en 2008, il s’est vendu 11 milliards et 916 millions de cigarettes ; en 2009 le chiffre était de 11 milliards et 616 millions d’unités soit une baisse des ventes de 300 millions de cigarettes. Par contre, le tabac à rouler est en expansion : 6447 tonnes vendues en 2008 pour 7548 tonnes l’année suivante, soit 1101 tonnes de tabac à rouler vendues en plus. «Sachant qu’une cigarette équivaut à 0,75 gr de tabac, 1101 tonnes de tabac représentent 1450 millions de cigarettes vendues en plus en 2009»(1) explique Luk Joosens, Expert en prévention du tabac à la Fédération Contre le Cancer. On a donc, entre 2008 et 2009, 300 millions de cigarettes vendues en moins et l’équivalent en tabac à rouler d’un milliard 450 millions de cigarettes vendues en plus… soit une balance ‘’positive’’ d’un milliard 150 millions d’unités… ± 9,5% en plus. Clairement, il est indécent de dire que l’on fume moins en Belgique ! On peut juste dire que le comportement des consommateurs de tabac change – probablement pour des raisons économiques – en ce sens qu’ils privilégient désormais le tabac à rouler aux clopes toutes faites…


Quoi qu’il en soit, il convient de dire que le tabagisme est un phénomène de santé publique car les nombreuses maladies qui découlent de la consommation de tabac ont un coût important. Selon le Fonds des Affections Respiratoires (FARES), le coût des soins de santé liés au tabagisme est de l’ordre de 15% du budget global des soins de santé en Belgique soit quelques deux milliards d’euros(2)… Ainsi donc, la prise en charge sanitaire du tabac coûte quelque deux milliards d’euros, chaque année, en Belgique. Il convient d’ajouter que le tabac fait près de 19.000 morts annuels(2) rien que dans notre pays… En 1955, on ne comptait que 8000 morts liées au tabac. Un vrai phénomène sanitaire qui est aussi un phénomène de société. Le tabac est aussi un réel enjeu économique. Il est dangereux pour la santé, la prévention et la prise en charge des maladies liées au tabac coûtent cher à l’état, je ne peux qu’être d’accord avec ces deux postulats. Mais je ne peux m’empêcher également d'avoir à l'esprit d'autres chiffres liés au tabac. Des chiffres que l'on nous jette moins violemment au visage… A travers le monde, 40 millions de personnes vivent directement de l'industrie du tabac; producteurs, transformateurs, négociants, sociétés cigarettières (qui salarient à elles seules des millions d'employés et d'ouvriers),… A cela, il faut encore ajouter plusieurs millions de personnes qui vivent, indirectement, de cette industrie. Loin des multinationales qui vendent les produits finis, il y a les producteurs. Dans l'Union Européenne, huit pays produisent du tabac; l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grèce, l'Italie et le Portugal (plus la Turquie si on la considère européenne). La culture du tabac en Europe est aux mains de petits exploitants indépendants. On compte dans l'UE quelque 135.000 producteurs qui ont recours à 400.000 emplois saisonniers par an(3)… A travers le monde, ce sont donc quelque 40 millions de personnes qui ont un emploi et un salaire liés à l'industrie du tabac ! Parmi eux, plusieurs dizaine de milliers en Belgique… La prévention qui vise à la diminution du nombre des fumeurs a forcément un impact sur l’emploi et/ou le salaire de ces travailleurs. On dépense donc des fortunes pour une prévention sanitaire qui va couter leur emploi et leur salaire à des millions de travailleurs. Là est le paradoxe du tabac !

Par ailleurs, toujours en termes d’économie, une diminution drastique du nombre de fumeurs générerait pour l’Etat Belge la perte d’une manne financière en recettes fiscales, TVA et accises, sur le tabac. C’est d’ailleurs déjà un peu le cas car les fumeurs privilégient de plus en plus le tabac low-cost des hard-discounter ou franchissent les frontières du Luxembourg (ndlr voire d’Espagne ou d’Andorre en cas de voyages) pour acheter des cigarettes. L’Etat belge ponctionne en accises quelque 75% sur chaque paquet de cigarettes ou de tabac vendu ; chaque paquet low-cost et chaque paquet acheté hors de nos frontières creuse un trou dans les recettes de l’Etat. Par ailleurs, certains prédisent une Belgique sans fumeurs à l’horizon 2051(4) ce qui élargira encore ce trou. Si ces prévisions s’avèrent exactes, dans les quarante années à venir, il va falloir combler cette perte de rentrées pour l’Etat avec de l’argent venu d’ailleurs… et ailleurs ce sera évidemment la poche du contribuable !

Les plus optimistes disent que les coûts de prise en charge vont aussi diminuer en même temps que le nombre de fumeurs. Rien n’est moins sûr car ceux qui souffrent de pathologies lourdes liées au tabac (cancer, problèmes respiratoires, maladies cardio-vasculaires…) depuis plus de cinq ans continuent à en souffrir et à être pris en charge même s’ils ont cessé le tabac. Clairement, la prise en charge sanitaire ne s’arrête pas en même temps que le sevrage tabagique ; elle peut se poursuivre, parfois, plusieurs années après le sevrage.

Peut-être, pour diminuer les coûts sanitaires du tabac, pourrait-on, désormais, diminuer les campagnes de préventions disent d’autres. Risqué car on sait par empirisme que lorsque l’on informe moins en amont, les travers reviennent. Diminuer la prévention présente le risque énorme de voir partir à la hausse le nombre de fumeurs…

Le paradoxe du tabac est le suivant, au plus le nombre de fumeurs diminuera au plus cela coûtera à l’état (moins de rentrées d’accises et de TVA mais toujours des frais de prise en charge et d’information/prévention) et au plus cela coûtera leur job à des millions de personnes qui vivent de l’industrie du tabac à travers le monde…

 

Entre l’enjeu sanitaire et l’enjeu socio-économique, lequel privilégier ?

 

Le petit plus de l’article

 

Ligne de temps des lois anti-tabac en Belgique :

- 14/09/1976 : législation du tabac dans les transports en commun, création de compartiments fumeurs et non-fumeurs dans les trains ; interdiction de fumer dans les bus, tram et métro.
- 2 janvier 1991 : interdiction de fumer dans les lieux accessibles au public à l’exception notoire du secteur horeca
- 1er janvier 2004 : interdiction totale de fumer dans les trains
- 1er janvier 2004 : interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans
- 1er janvier 2006 : interdiction de fumer dans les lieux de travail
- 1er janvier 2007 : interdiction de fumer dans les restaurants et dans les débits de boissons où l’on sert de la nourriture
- 30 juin 2011 : interdiction de fumer dans tous les débits de boissons


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(1) Plus ou  moins de fumeurs ?, par Laurence Dardenne, in La Libre Belgique, 9 mars 2010

(2) Une molécule très efficace contre la cigarette in Le Guide Social, 21 décembre 2006
(3) Tendances de l’emploi dans le secteur du tabac : défis et perspective, rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), 2003
(4) Une Belgique sans fumeur d’ici 2051 ? Rédaction en ligne, lesoir.be, 9 janvier 2011

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 13:39

L'alcool semble être l'apanage des couches les plus aisées de la population; le tabac celui des couches les plus défavorisées...

alcotabac.jpgUne triple information a retenu mon attention ce matin. Premièrement, un groupe de travail de l'Union Européenne planche sur l'idée d'apposer sur les bouteilles d'alcool des messages avertissant du danger de consommer de l'alcool à l'image de ce qui se fait sur les paquets de cigarettes. Cela me réjouit car je suis convaincu que l'alcool est un danger sanitaire aussi important que le tabac. Je regrettais d'ailleurs récemment que la prévention de l'alcool ne soit pas aussi intense que celle du tabac (lire à ce propos 5% des Belges sont alcooliques !). Deuxièmement, et toujours relativement à l'alcool, selon une enquête réalisée par le Centre de Recherches et d'Information des Organisations de Consommateurs (CRIOC), il apparait que la majorité des gens qui consomment régulièrement des boissons alcoolisées émarge aux classes supérieures et ont une formation de haut niveau. Troisièmement, le Service National de Santé britanniques annonce que dans la ville la plus pauvre du pays, les jeunes commencent à fumer dès l'âge de 9 ans, en moyenne... Ainsi donc sur base de ces deux dernières études, l'on serait tenté de croire que l'alcool est un vice de riche et le tabac un vice de pauvre !

Qu'en est-il réellement ? Et bien, il semble que ce soit vrai ! Ainsi, une étude suédoise menée en 2006 montrait clairement que le tabac est nettement plus présent chez les chômeurs et les faibles revenus(1). En Belgique, le Fonds des Affections Respiratoires (FARES) confirme dans une brochure récente que le tabagisme persiste davantage dans les milieux défavorisés(2). On apprend, au travers de cette brochure - consultable en ligne, sur le site du FARES - que, dans les groupes sociaux les moins favorisés, le nombre de fumeurs réguliers et de gros fumeurs est plus élevé, que l'initiation au tabac est plus précoce, que le taux d'arrêts est plus faible et qu'un lien est clairement établi entre tabac, éducation, revenus et niveau de vie... "La plupart des consommateurs dits 'vulnérables' reconnaissent que le tabac est une consommation dont ils ont besoin. Beaucoup parlent du plaisir que la cigarette leur procure et des besoins qu'elle satisfait (gestion du stress, solitude...). Certains disent qu'ils fumaient moins lorsqu'ils avaient du travail ou une vie plus stable"(2). Cette réalité est encore confirmée par différentes études à travers le monde. Il semble acquis que la nicotine et le tabac sont des recours antistress aux moments difficiles et/ou précaires. Le cas de la ville britannique de Merthyr Tydfil, au sud du Pays de Galles, confirme ces théories. Il s'agit de la ville de Grande-Bretagne qui regroupe les salaires les plus maigres et le plus haut taux de chômage. Dans cette ville, les enfants commencent à fumer, en moyenne, à 9 ans par désoeuvrement, ennui et atavisme.

En ce qui concerne l'alcool, le milieu social joue également un rôle prépondérant dans la consommation. Mais le milieu social le plus concerné est à l'opposé de celui le plus touché par le tabac. Selon l'Institut National de Prévention et d'Education à la Santé (INPES), la consommation d'alcool varie avec le statut d'activité, la catégorie professionnelle et le niveau d'instruction(3). Ce constat renforce donc celui déposé ce matin par le CRIOC. Pire encore, une étude américaine montre que les buveurs réguliers d'alcools gagnent plus d'argent que ceux qui ne boivent pas ou peu. Selon cette enquête ménee en 2006 le Journal of Labour Research, "Les buveurs entretiennent un réseau de connaissances plus large qui leur permet d'obtenir des opportunités professionnelles. La consommation d'alccol permet sans doute aux individus de développer des qualités humaines, professionnelles et sociales"(4)... C'est plutôt effrayant !

Ainsi donc, les milieux les plus aisés tendent à dépenser davantage d'argent pour de l'alcool tandis que les couches les moins favorisées se privent d'autres choses, souvent plus vitales, pour acheter du tabac. L'idée d'augmenter encore les prix tant de l'alcool que du tabac a été émise pour tenter de limiter un tant soit peu ces phénomènes mais elle est loin de faire l'unanimité. Dans les milieux plus aisés, l'alcool fait souvent partie du mode de vie et l'argent n'étant pas un réel problème, une augmentation drastique des prix risque de n'avoir qu'une faible influence. A contrario, une nouvelle augmentation du tabac risquerait de conduire les moins aisés à délaisser encore un peu plus des produits plus essentiels car, selon le sociologie Patrick Peretti-Wattel, "les fumeurs très précaires préfèrent renoncer à d'autres achats de consommation courante qu'à ceux du tabac. Un peu comme si la cigarette n'était pas un poste budgétaire"(5). Clairement, selon ce sociologue, et je partage son avis, ils achètent des cigarettes par besoin quasi-vital sans tenir compte de leur coût ! La cigarette est un besoin lié à une accoutumance qui est d'autant plus puissante qu'elle a débuté jeune... Dans cette optique, les gamins de Merthyr Tydfil risquent de dépenser une fortune en cigarette sur un budget qu'ils n'auront vraisemblablement pas ! 

 

Lire également : La santé dépend du niveau d'instruction

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(1) Le tabac fait partie de la panoplie de l'exclu, par Yann Saint-Sernin, in Libération, 6 janvier 2009
(2) brochure "Tabac et Précarité", éditée par le FARES - www.fares.be 
(3) in Actualité Alcools, n° 38, avril 2008
(4) Boire de l'alcool permet de gagner plus d'argent, on buveurs.com, 31 octobre 2006.
(5) Quand chômage rime avec tabagisme, par alanloquet, on Le Blog de la Licence Professionnelle Journalisme, 11 novembre 2010

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 10:21

C'est un réel événement dans le microcosme de la malbouffe... McDonald's n'est plus le n° 1 du secteur !

subway.jpgA l'image de Coca-Cola, McDonald's représente l'image d'une certaine culture américaine populaire, une culture qui a envahi l'Europe et même le monde, puisque l'on trouve des restaurants à l'arche jaune dans 117 pays sur les cinq continents. Seule l'Afrique subsaharienne, une poignée d'états asiatiques et quelques pays du Moyen-Orient sont vierges de tout McDo... Culture américaine populaire certes, mais culture de la mondialisation aussi ! Qu'on aime ou pas, force est de reconnaitre que McDonald's s'est érigé en société de pointe qui a toujours été en avance sur son temps et, surtout, sur ses concurrents. Premier à instaurer le système de drive-in, premier à mettre des petits-déjeuners à la carte, premier à jouer sur le marketing, premier à intégrer de la volaille dans ses sandwiches, premier à miser sur la transparence de ses cuisines et de son hygiène, premier à proposer des salades, des yaourts, des fruits, premier à commercialiser le sandwich temporaire... McDonald's à ouvert la voie au fast-food depuis les années '50. Si les frères McDonald's créèrent leur premier restaurant en 1940, à San Bernardino en Californie(1), il faut attendre 1948 pour que le concept évolue. La carte est expurgée de ce que les clients commandent le moins, la vaisselle est remplacée par des assiettes et des gobelets en carton et le personnel est limité au comptoir, fini le service aux tables. Cette refonte du concept permet de proposer des hamburgers à partir de 15 cents... Les clients affluent ! En 1954, alors que les frères McDonald's disposent désormais de quatre enseignes en Californie et en Arizona, un hommes d'affaires, Ray Kroc, qui leur fournit déja les gobelets en carton et les machines à milk-shake, propose de franchiser le système. Il devient le premier franchisé officiel de la marque McDonald's et travaille ardemment à la diffusion du système et de la marque... L'année suivante, Kroc ouvre sa franchise à Des Plaines, dans la banlieue de Chicago; le jour de l'inauguration la recette est phénoménale : 36.000 dollars ! Kroc sait qu'il tient un filon en or, d'ailleurs le 15 avril 1955 devient la date de référence pour le lancement de l'entreprise McDonald's et le restaurant de Des Plaines porte la mention McDonald's #1... En 1961, Kroc rachète aux frères McDonalds leurs parts dans la société et devient l'unique propriétaire de la marque. Il développe le concept à tous les Etats-Unis dans les années '60 avant de l'internationaliser durant la décennie suivante. 

Les années nonantes sont celles des premiers contretemps pour McDo : procès avec des clients (rappelez-vous, en 1992, cette dame qui obtint 600.000 dollars de dommages et intérêts après avoir été brûlées au troisième degré par un café à emporter) mais aussi contre des concurrents ou des associations écologistes; attaques de nutritionnistes qui dénoncent l'impact du fast-food sur la croissance constante de l'obésité et des syndicats qui mettent en avant la précarité des emplois proposés par la société; combats menés par les altermondialistes qui érigent McDonald's en chantre de la mondialisation; enlèvements de plusieurs Ronald McDonald(2)... Le point d'orgue étant atteint avec une série d'attentats contre le géant américain du fast-food dont un qui coutera la vie à une employée, en 2000, à Quevert en Bretagne. Malgré les vents contraire, cependant, jusqu'à ce jour, la société d'Oak Brook, près de Chicago, restait la plus grande chaine de restauration au monde avec plus de 30.000 restaurants.

C'est assez historique que pour être mentionné : ce n'est plus le cas ! Subway, une société fondée en 1965  dans le Connecticut, est devenue la chaine de fast-food la plus présente à travers le monde. Elle compte, à ce jour, 33.749 restaurants, dans 95 pays, pour 32.737 à McDonald's. Si McDonald's reste présent dans davantage de pays, Subway le devance désormais en termes restaurants. C'est surtout aux Etats-Unis que Subway - dont le nom s'inspire du métro de New York(3) - prend les devants; en effet elle compte, au pays du hamburger, presque deux fois plus de restaurants que McDo(4). On peut pointer quatre différences fondamentales entre Subway et McDonald's :
1° un McDo sur cinq appartient à la société McDonald's tandis que tous les restaurants Subway sont franchisés;
2° chez Subway, le client peut composer son sandwich alors que chez McDo il doit choisir des sandwiches imposés;
3° il n'y a pas de friture chez Subway qui mise davantage sur l'aspect diététique avec plusieurs produits allégés en lipides et une sauce mayonnaise light à 35% de matière grasse;
4° McDo est cotée en bourse, Subway ne l'est pas.

Selon l'état-major de Subway, c'est surtout cette dernière distinction qui séduit davantage de clients chaque jour et qui permet aujourd'hui de devancer McDonald's. "C'est notre choix, la raison en est que cela nous permet de nous concentrer sur le produit, la qualité, les restaurants et non pas sur les choses qui vont avec une société cotée en bourse"(5) explique Les Winograd, porte-parole de Subway affirmant par là même que McDonald's se concentre désormais un peu trop sur ses finances et un peu moins sur son produit... N'est-ce pas là l'apanage des entreprises mondialistes ?

McDonald's a donc ouvert la voie au fast-food mais ses rivaux ont bien appris leurs leçons... au point qu'un premier élève dépasse désormais le maître !


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(1) Ils avaient débuté par un stand à hot-dogs, en 1937, à Arcadia, au nord de L.A. avant de s'installer à San Bernardino pour développer leur négoce.
(2) un personnage clownesque qui symbolise la marque
(3) le sandwich phare de Subway est le BMT, Brooklyn-Manhattan Transit, du nom de la société de métro qui déservait le sud-ouest de new-York entre 1923 et 1953.
(4) selon les chiffres fournis par les deux sociétés : un peu plus de 12.000 McDonald's et 23.373 Subways aux Etats-Unis
(5) McDo n'est plus le n°1 des restaurants dans le monde, on liberation.fr, 8 mars 2011

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 10:10

Pourquoi n'agit-on pas contre l'alcool comme on l'a fait contre le tabac ?

jeunes-et-alcool.jpgLe SPF Santé a publié récemment les résultats de contrôles menés dans différents lieux fréquentés par des jeunes afin de vérifier si le cadre légal de la vente d’alcool aux mineurs était respecté. Il en ressort que c’est loin d’être le cas puisque 45% des endroits contrôlés étaient en infraction. En Belgique, l’alcool est un véritable problème chez les jeunes qui ont une fâcheuse tendance à associer les notions de fête et d’alcool, un peu comme si l’un ne pouvait aller sans l’autre… Selon une enquête menée par le Centre de Recherches et d’Informations de Organisations de Consommateurs (CRIOC), 40% des jeunes Belges de 10 à 17 ans sont des consommateurs réguliers d’alcool. Les autorités sanitaires européennes attribuent entre 9 et 10 pourcents de la mortalité des jeunes de l’Union à la consommation d’alcool(1). Les alcooliers (ndlr contraction d’alcool et d’écoliers, comme l’on commence à les nommer, représentent un des enjeux sanitaires capitaux de demain ! «Depuis 1992, la tendance à l’augmentation de l’ivresse chez les jeunes est particulièrement inquiétante. Entre 1992 et 2004, le pourcentage de jeunes déclarant avoir été ivres plus d’une fois est passé de 18% à 26%» déclare-t-on à l’observatoire Jeunes et Alcool(1).


L’alcoolisme est un véritable fléau de la société ! Il touche de plus en plus de personnes et pas seulement les jeunes; en Belgique selon le quotidien Het Volk(2), aujourd’hui un belge sur 20 est alcoolique ! Cinq pourcents de la population belge présentent donc un trouble profond lié à l’alcool… Cela fait 500.000 personnes ! Le pourcentage est même un peu plus important en Flandres qu’en Wallonie puisque 6% des habitants du nord du pays sont confrontés à ce fléau… Pour en terminer avec les chiffres, le Ministère flamand du Bien-être précise encore que l’alcoolisme est plus affaire d’homme que de femmes puisque la population masculine touchée par l’alcoolisme est de 8% pour «seulement» 3,5% chez les femmes…

Alcool et tabac… même combat !


Depuis quelques années, les autorités sanitaires ont pris à bras le corps le problème du tabagisme avec succès car, en quelques années, le pourcentage de fumeurs est passé de 28 à 24% en Belgique(3). Les actions menées pour lutter contre le tabagismee ont été nombreuses depuis les campagnes publicitaires jusqu’à l’interdiction de fumer dans les lieux publics en passant par l’apposition d’une mention avertisseuse de danger sur les paquets de cigarettes, l’augmentation conséquente du prix du tabac ou les campagnes de prévention scolaire… Mais dans le même temps, quelles actions ont concrètement été menées pour lutter contre l’alcoolisme ? Dans un rapport publié par la Cour des Comptes au début de cette année, l’accent était mis sur «l’insuffisante mobilisation des pouvoirs publics pour répondre au problème majeur de santé publique que représente l'alcoolisme». Le rapport regrettait encore que «la place de l'alcool dans la lutte contre les addictions ne fait toujours pas l'objet d'un consensus et les financements demeurent dispersés»…

Il est clair que l’Etat n’a pas concrètement pris les choses en main aussi efficacement pour lutter contre l’alcoolisme qu’il ne l’a fait pour contrer le tabac ! Tout juste peut-on mettre en exergue la création d’un Conseil de Modération et de Prévention, l’interdiction (non-respectée dans près d’un cas sur deux) de vente d’alcool aux mineurs et quelques campagnes de mise en garde sur les méfaits de l’alcool… Mais pas de réel impact direct sur la population comme l’apposition d’une mention avertisseuse de danger sur les bouteilles, pas d’augmentation drastique des prix de l’alcool, pas d’action concrète en milieu scolaire (alors que pourtant les ados ont accès à l’alcool de plus en plus tôt !), pas de d’interdiction de boire de l’alcool dans la rue (et pourtant, il suffit de se promener dans les rue des centres ville pour voir le nombre croissant de buveurs d’alcool)… Puisque l’on a interdit de fumer dans les lieux publics, pourquoi n’interdirait-on pas de boire de l’alcool dans la rue, en ce compris à la terrasse des cafés ?

Alcool et tabac : problèmes similaires ?

D’aucuns rétorquent que les deux problèmes ne sont pas similaires et qu’on ne peut donc pas les aborder de la même façon ; que la proportion d’alcooliques est nettement plus faible que celles des fumeurs (5% pour les consommateurs d’alcools contre 24% pour les consommateurs de tabac) ; qu’il n’y a pas d’alcoolisme passif…

Mais à bien y réfléchir, les deux problèmes sont-ils si différents que cela ?

Il s’agit de deux fléaux qui touchent à la santé publique, l’alcool comme le tabac, coûte cher à la communauté et les deux peuvent déboucher sur des addictions sévères et dangereuses tant pour la personne concernée que pour son entourage direct ou indirect… On peut même pousser le parallélisme plus loin en disant que l’alcool comme le tabac est une arme à double tranchant pour l’Etat puisque s’ils constituent un phénomène lié à la santé publique, ils sont aussi sources de rentrées financières importantes via les taxes et les accises ! Par ailleurs, lorsque l’on dit qu’il le problème de l’alcool touche une part moins grande de la population que la tabac, j’aimerais relativiser. Dans les 24% de fumeurs sont comptés ceux qui fument beaucoup et ceux qui ont une consommation quotidienne limitée ou même qui ne fument pas tous les jours. Dans les 5% liés à l’alcool ne sont comptés que ceux qui ont un réel problème d’alcool ; ceux qui boivent un verre ou deux tous les jours ne sont pas comptabilisés, ceux qui s’imbibent une fois de temps en temps, à l’occasion d’une fête de famille ou d’une soirée quelconque ne le sont pas davantage… Mais celui qui boit ses deux verres d’alcools tous les jours n’a-t-il pas une consommation régulière ? Chez ce type de personnes, souvent, l’impasse sur son verre de vin au repas ou de sa bière le soir devant la télé est inimaginable ; c’est même presque un besoin. Alors, parce que ce verre de vin et/ou cette bière ne le rendent pas ivre, n’y a-t-il pas quand même un problème avec l’alcool ? Je pense clairement que si !

Il en va de même pour l’alcoolisme passif ; ceux qui disent que cela n’existe pas sont dans l’erreur la plus totale. Le tabagisme passif consiste à nuire à la santé de celui qui ne fume pas mais qui subit les nuisances de celui qui fume… Quant un alcoolo prend sa bagnole et qu’il va crasher une autre voiture, celui qui est victime de l’accident ne subit-il pas une forme d’alcoolisme passif ? Etre blessé ou, pire, tué, dans un accident causé par quelqu’un en état d’ébriété n’est-il pas une atteinte à la santé ? Il suffit de lire dans nos journaux le nombre d’accidents causé par un conducteur ivre… Tiens, le piéton qui a été fauché à Embourg par un conducteur pochtron n’a-t-il pas été une pauvre victime de l’alcoolisme passif ? Si !

Les jeunes assurent la relève…

Le comportement des jeunes face à l’alcool est en pleine modification ! Ils y ont accès de plus en plus tôt, par le biais de boites types soda (rhum ou vodka coca) qui se laissent boire comme des sodas ou des fameux breezers commercialisés par une marque d’alcool bien connue… A la station service ou je fais le plein de ma voiture, il y a un distributeur automatique où ce genre de boissons alcoolisées est accessible à tous en échange d’une pièce glissée dans la machine. Les fameux magasins low-cost contribuent aussi à faciliter l’accès à l’alcool et à la bière surtout… Aujourd’hui pour à peine un euro vous avez dans ce genre de magasins vous pouvez acheter deux ou trois cannettes d’une (mauvaise) pils. Boire est, aujourd’hui, pour les jeunes une sorte d’intégration dans un groupe… Un peu comme le fait d’allumer une clope voici 20 ans ! Quarante pourcents des jeunes Belges de 10 à 17 ans sont des consommateurs réguliers d’alcool ! Et lorsqu’on les interroge sur leurs motivations, ils répondent que c’est pour être dans l’ambiance et pour s’amuser qu’ils boivent ! Ne sait-on plus s’amuser sans boire ? Oui, les jeunes sont occupés à assurer la relève de la consommation quotidienne d’alcool !

L’alcool est un problème de santé publique au moins aussi important que le tabac, il est urgent que les autorités s’en rendent compte et agissent comme elles l’ont fait pour le tabac… Enfin, si l’on considère que c’est le rôle de l’état d’empêcher la population de boire ou de fumer !

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(1) Les Jeunes et l’alcool : comment boivent-ils ? sur le site internet www.jeunesetalcool.be, consulté ce 4 mars 2011

(2) «Minister Vanackere in actie tegen alcohol misbruik» par T.Y. in Het Volk du 19 novembre 2007.
(3) source : Opladis

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 14:37

Pour les lecteurs d'Acta Diurna, la prise de conscience écologique est la meilleure chose de ce début de 21è siècle; la télé-réalité est la pire...

meilleur.jpgLa semaine passée, suite à une étude menée au Royaume-Uni, nous évoquions ce que nous voisins d'Outre-Manche considèrent comme le meilleur et le pire du 21è siècle qui a déja égrené sa première décennie. A cette occasion, je vous proposais de vous exprimer sur le même sujet : quelles sont, selon vous, les meilleures choses et les pires choses dont ce début de siècle et de millénaire ont accouché. Vous avez été plusieurs à vous prêter au jeu(1) et à pointer parmi les listes proposées ce qui vous a séduit et ce qui vous a déplu parmi les inventions ou les développements des deux lustres écoulés. Au vu des résultats, l'on constate que, finalement, si en matière de pire, vos avis rejoignent plutôt ceux des Anglais, en ce qui concerne le meilleur vos préférences sont plutôt écologiques tandis que celles des Anglais sont plutôt électroniques... En effet, alors que les Anglais apprécient surtout l'internet à haut-débit et l'e-commerce parce que ces deux inventions leur facilitent la vie, vous privilégiez surtout la prise de conscience écologique (près de 14% de suffrages) et le développement de l'e-mail (11%) qui permet l'économie de papier. Par contre, comme au pays des Beatles, ce que vous considérez de pire sont la télé-réalité (presque 20% de votes) et Facebook (9,52%)...

J'aurais volontiers été surpris, tant c'est devenu un phénomène de société, de retrouver Facebook aussi "bien classé" parmi les pires inventions du 21è siècle, n'étaient deux conversations totalement disctincte que j'ai eues hier à propos de ce réseau social. La première, dans un cadre professionnel, m'a laissé clairement entrevoir que les avis sont réellement partagés à ce propos. Soit on est fan de Facebook, soit on le trouve inutile ! Pour les professionnels de la communication, il n'y a que peu de stations intermédiaires entre ces deux extrêmes. La seconde, lors d'un trajet en bus à plusieurs, m'a permis de me rendre compte que c'est justement parce que Facebook est un phénomène de mode qu'il attire ! Chez les particuliers, on s'inscrit donc sur Facebook pour faire comme tout le monde... Mais il n'empêche que Facebook reste un sacré paradoxe de notre temps. Il est en expansion mais on ne l'apprécie pas énormément ! Ainsi, la France est le huitième pays au monde en termes d'inscrits sur le réseau social; la croissance du nombre d'inscrits est de +8,19%(2) sur les six derniers mois. En Belgique, 28è nation en termes d'inscrits, la croissance est plus importante encore, +10,18%(2)... Et pourtant, vos avis - acceptons de considérer qu'ils soient représentatifs de la société actuelle, qu'ils en soit un instantané à tout le moins - font apparaitre que Facebook est à classer parmi le pire du 21è siècle. Les voies de Facebook semblent impénétrables !

Le top 5 de ce que vous considérez comme le meilleur

1. La prise de conscience écologique
2. Le développement du courrier électronique
3. Google
4. L'internet à haut-débit
5. L'euro et les smartphones (hors iPhone)

Le top 5 de ce que vous considérez comme le pire

1. La télé-réalité
2. Facebook
3. La WII
4. You Tube
5. La Call TV

Comparatif

pire.jpg

Merci aux lecteurs qui ont accepté de se prêter à ce petit jeu !

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(1) sondage Doodle mené, pour Acta Diurna, entre le 21 février et le 2 mars 2011
(2)  Source : The Socialbakers
Facebook statistics by Countries

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 15:01

Il y a 30 ans, le Roi Juan-Carlos 1er évitait à l'Espagne de retomber dans la dictature...

23f.jpgS'il est un Roi qui, en Europe, est apprécié de ces citoyens c'est assurément Juan-Carlos. Celui que Franco avait désigné comme son successeur à la tête du régime dictatorial espagnol avait opté, au grand dam des Franquistes, pour la démocratie. A peine installé, Juan-Carlos promulgua des réformes démocratiques et notamment la fameuse Loi pour la Réforme Politique qui chamboula le paysage politique espagnol. Juan-Carlos accompagna toute cette période baptisée Transition Démocratique Espagnole qui va de la mort du Général Franco, en novembre 1975, à la première alternance politique, en octobre 1982. A cette époque, la jeune démocratie espagnole balbutie ses premiers pas; elle est chancelante, fragile, hésitante. A l'aube des années '80, alors que l'Espagne se drape des atours de la Movida, la volonté putschiste de plusieurs haut-gradés de l'armée grandit. Une tentative de coup d'état menée par le Général Antonio Tejero échoue en novembre 1978. Tejero est condamné à... sept mois de prison et il sait déja qu'il remettra le couvert. Les partis d'extrême droite soutiennent l'armée et la crise économique sévère qui touche l'Espagne en 1980 attise le feu de la révolte militaire. Lorsque commence l'année 1981, le pays est au bord de la rupture. Le gouvernement Centriste de Suarez a été remanié et ne parvient plus à assurer sa stabilité. Il apparait de plus en plus clair qu'Adolfo Suarez doive passer le témoin. Lors du Congrès de l'Union de Centro Démocratico, début février à Majorque, il est décidé de confier les rênes du gouvernement à Leopoldo Calvo-Sotelo, neveu de José Calvo-Sotelo dont l'assassinat en juillet 1936 précipita la guerre civile. Calvo-sotelo est une figure marquante de l'UCD et a exercé plusieurs mandats ministériel depuis le début de la Transition Démocratique. Il doit cependant obtenir la majorité au Parlement pour être investi. Le 18 février, lors d'un premier vote, il ne l'obtient pas. Un second vote doit avoir lieu au Cortes Generales - le Parlement espagnol - le 23 février...

Mais depuis plusieurs semaines, les putschistes militaires préparent, sous l'autorité des généraux Tejero et Milans del Bosch avec l'aide du général Armada, un proche de Juan-Carlos, un nouveau coup d'état. Ils sont prêts et choisissent la date du vote d'investiture de Calvo-Sotelo pour agir. Cette date est aussi propice que symbolique : propice car tous les Députés espagnols sont réunis en séance plénière; symbolique car un autre Calvo-Sotelo sera, comme en 1936, le héros involontaire du putsch. Le vote d'investiture débute à 18h00 précises, à 18h21 un groupe de militaires armés envahit les Cortes sous le commandant du Général Tejero. Celui-ci interrompt la séance et contraint tous les Députés à s'allonger sur le sol. Le Général Mellado, qui est Vice-Président du Parlement, refuse et ordonne aux putschistes de déposer les armes. Il est immédiatement arrêté sur ordre de Tejero qui, pour affirmer sa prise de pouvoir, tire une rafale de mitraillette vers le plafond des Cortes. La télévision espagnole venue sur place pour illustrer l'investiture de Calvo-Sotelo filme la scène sans discontinuer ce qui permet d'avoir toutes les images du coup d'état de Tejero. Tous les Députés sont pris en otage et Tejero déclare un "vide de pouvoir"; c'est sur ce vide qu'il compte installer le nouveau régime. A peine la poussière de l'action de Tejero s'estompa-t-elle que le Général Milans del Bosch lachait ses chars d'assaut sur Valence et proclamait, de force, un "état d'exception". A 21h00, le Ministère de l'Intérieur, sous le pouvoir des putschistes, publie un communiqué dans lequel il déclare la mise en place d'un gouvernement provisoire placé sous la conduite de Francisco Laina mais en étroite liaison avec l'Etat-Major de Tejero et Milans del Bosch... L'Espagne s'apprête à basculer, à nouveau et à peine six ans après l'avoir quittée, dans la dictature militaire.

Juan-Carlos refuse de soutenir le coup d'état et même de le reconnaitre. Il a gardé des alliés dans l'armée, il parvient à les fédérer et à les convaincre de défendre la démocratie. Il dispose de suffisamment de partisans que pour devoir faire face à une réponse militaire au coup d'état... L'armée est clairement scindée en deux parties. Alors que des négociations politico-militaires ont lieu dans un hôtel proche du Parlement, Juan-Carlos intervient en direct, à 1h00 du matin le 24 février 1981, à la télévision. Il est vêtu de son uniforme militaire et, en tant que Chef des Armées, il exige que chaque militaire putschiste dépose les armes et renonce à sacrifier la jeune démocratie espagnole. Il relève le Général Milans del Bosch de ses fonctions militaires et prévient que tous les militaires qui ne lui obéiraient pas risquent la cour martiale. Face à la fermeté du Roi et devant les troupes qui lui sont fidèles, beaucoup de soldats qui avaient suivi Tejero et Milans del Bosch se rendent. Milans del Bosch, lui-même, renonce à ses desseins se rendant compte que le coup d'état a avorté... Antonio Tejero résiste jusqu'à midi mais doit aussi réaliser bien vite que son putsch est un échec. Il est arrêté par l'armée après avoir libéré l'ensemble des Députés gardés en otage.

Terejo et Milans del Bosch furent jugés comme les principaux instigateurs de ce coup d'état manqué. Antonio Tejero fut condamné à trente ans de réclusion, il fut libéré au bout de quatorze, en 1996, et vit toujours dans le sud de l'Espagne. Jaime Milans del Bosch écopa de la même peine, fut libéré la même année et mourrut en 1997... Quant à Juan-Carlos 1er, il a acquis la reconnaissance quasi éternelle de son peuple. Son intervention télévisée, ferme et décidée, mis fin à la tentative de putsch connue sous le nom de 23-F. Il est, indéniablement, le Père de la Démocratie espagnole, aujourd'hui encore il reste parmi les personnalités les plus appréciées par le peuple espagnol. Il y a quelques années, déja, un ami ibère m'avait dit :"On peut être socialiste, centriste, indépendantiste, écologiste... On est tous juan-carlistes !". Cela résume assez bien la vision qu'on les Espagnols de leur Roi !

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 10:15

Pour les Anglais, la télé-réalité et Facebook sont les pires inventions de la première décénnie du 21è siècle... Je partage assez leur avis !

worst.jpgInternet est l'invention du siècle passé ! Aujourd'hui, le net nous concerne tous ou presque tous. Il est désormais possible de tout faire sur internet : ses courses, des amis, des paiements, s'instruire, rechercher, communiquer, du marketing, du business, de la culture, escroquer (ou se faire escroquer), lire, regarder des films ou les télécharger, écouter de la musique... Internet c'est la vraie vie du 21è siècle ! Comment s'étonner dès lors, lorsque l'on demande aux gens ce qu'ils apprécient ou détestent, que la majorité des réponses soient liées au net ? En Angleterre, une société de conseil en marketing et en tendances a réalisé une enquête auprès de la population afin de savoir ce qu'elle considérait comme la meilleure et la pire des inventions de ces dix dernières années. Cette enquête à été menée auprès de 2200 personnes auxquelles l'on demandait de classer leurs trois meilleures inventions et leurs trois pires inventions en leur attribuant respectivement 3,2 et 1 point. Ainsi donc, pour la population britannique, l'internet à haut-débit, le e-commerce et Google sont les trois meilleures inventions de la première décennie du 21è siècle parce qu'elles lui facilitent la vie privée et/ou professionnelle. Par contre, la télé-réalité, qui est irritante et chronophage, Facebook qui désociabilise les gens (ndlr un comble pour un réseau dit social !) et les fenêtre pop-up, qui polluent la navigation sur le net, sont les trois pires inventions de cette même période...

C'est, paradoxalement, au moment où les réseaux sociaux font l'actualité - et même l'histoire - dans les pays arabes que nos voisins britanniques les fustigent. Mais il existe au Royaume-Uni, probablement plus que partout ailleurs dans les pays occidentaux, une réelle méfiance vis-à-vis de Facebook. Un contrôle parental existe sur les pages de membres âgés de 13 à 18 ans tandis que le système de confidentialité du réseau ennuie beaucoup d'utilisateurs. Les Britanniques ne sont pas à un paradoxe près, semble-t-il, car s'ils jugent Facebook chronophage, ils sont pourtant 27 millions à y être inscrits. Le Royaume-Uni est même le troisième pays au monde en termes d'utilisateurs de Facebook(1), derrière les Etats-Unis et l'Indonésie. Mais il convient de tempérer cette réalité ! Sur ces 27 millions d'inscrits, seuls 8,5 à 9 millions se connecteraient régulièrement(2). La raison majeure invoquée par les Anglais à cette désaffection est qu'ils en ont marre de recevoir des messages et des bisoux de personnes qu'ils n'ont jamais rencontré dans la vie ou qu'ils n'ont pas vus depuis le collège... On note, d'ailleurs, une forte augmentation du nombre de suppressions de profil, depuis février 2008, moment ou les gestionnaires de Facebook ont facilité cette opération. 8,5 à 9 millions d'utilisateurs réguliers cela ejecterait le Royaume-Uni du top 3 des pays les plus connectés à Facebook pour le renvoyer en toute fin de top 20. Il faut aussi souligner qu'en termes de croissance, avec 3,72% sur les six derniers mois, le Royaume-Uni ne se place qu'à la 158è place des 213 pays où Facebook est disponible... A titre de comparaison, les autres pays d'Europe tournent avec une taux de croissance de 8 à 15% sur la même période. Il semble bien que les britanniques soient de moins en moins accros à Facebook...

La télé-réalité reste, cependant, l'invention la plus détestée de la décenie ! Il faut dire qu'au pays d'Oscar Wilde, d'Agatha Christie et d'Aldous Huxley, ce genre de programmes s'enfonce de plus en plus dans le trash. Souvenez-vous de cette cancéreuse qui avait étalé, contre espèces sonnantes et trébuchantes, sa fin de vie devant les caméras ou encore, en janvier 2007, d'une émission où une candidate indienne avait été victime de quolibets racistes infâmes. Ce programme avait déclenché une polémique qui était même remontée jusque sur le bureau de Tony Blair, alors Premier Ministre.

Le top 5 des meilleures inventions du 21è siècle

1. l'internet à haut-débit
2. le commerce en ligne
3. Google
4. le chip and pin (dernière évolution de paiement électronique)
5. les appareils photo et caméras digitales(3)

Le top 5 des pires inventions du 21è siècle

1. La télé-réalité(4)
2. Facebook
3. les fenêtres pop-up
4. Twitter
5. le serveur vocal interactif

Ce qui est assez surprenant c'est que dans aucun de ces deux classements, les Britanniques n'évoquent le smartphone, l'iPod ou l'iPad. Peut-être que, finalement, smartphone et iPad sont encore trop récents que pour avoir pu séduire ou rebuter les Britanniques...

Je dois dire que si j'avais été consulté pour ce genre d'enquête, mes réponse n'auraient pas été fondamentalement différentes. Pour le meilleur, j'aurais probablement pointé Google, qui m'aide beaucoup au quotidien ne fut-ce que pour Acta Diurna, les vols low-cost, qui me permettent d'assouvir ma passion pour les city-trips à meilleur marché, et le développement du courrier électronique, qui facilite la communication, la rend plus rapide et plus écologique. Pour le pire, j'aurais dis, sans hésiter, la télé-réalité, qui est un facteur de dégénérescence de l'intelligence des masses, les fenêtres pop-up, car elles nuisent effectivement à la qualité du surf, Facebook, car on y trouve le meilleur comme le pire mais c'est trop souvent dans le pire que les facebookers sont les meilleurs...


La meilleur et la pire invention de la première décennie du 21è siècle : The Foundation

A vous de choisir...

Acta Diurna vous propose aussi de voter pour l'invention que vous considérez comme la meilleure et celle que vous considérez comme la pire de ce début de 21è siècle...


Pour désigner la meilleure invention du 21è siècle
Pour désigner la pire invention du 21è siècle

Vous pouvez y commenter vos choix et/ou être plus explicites si vous choisissez la réponse "autres"...
Résultats d'ici quelques jours !


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(1) source : The socialbakers :  Facebook statistics by country
(2) Facebook prend une claque en Angleterre sur cnetfrance.fr
(3) peut-être faut-il rappeler aux Britanniques que les premiers appareils photographiques numériques remontent aux années '80 et que le marché a explosé, y compris chez eux, en 1997 et 1998... C'est donc loin d'être une invention à classer dans la première décennie du 21è siècle
(4) à noter également que les premières émissions de télé-réalité remontent à 1973, aux Etats-Unis (An American Family sur PBS) et que ce genre s'est développé dans les années '80 (Cops, The Real World...). Mais il est vrai que c'est le concept de Big Brother, en 1999, qui a implanté la télé-réalité qui a explosé, partout en Europe, à l'aube du 21è siècle.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 14:38

La Belgique égale aujourd'hui le record mondial d'absence de Gouvernement. Comment les médias voient-ils ce triste record ?

presse.jpgNotre petit pays s'illustre donc ce 17 février 2011 par un record mondial. La Belgique tient depuis 249 jours sans Gouvernement égalant ainsi l'Irak pays alors troublé par la guerre... Ce n'est pas tout à fait vrai car, si le pays persan a bien attendu 248 jours pour avoir un Gouvernement, il aura encore fallu 40 jours pour le mettre en place. L'Irak était donc resté 288 jours sans Gouvernement, cela reste le record du monde ! Il ne sera battu que le 29 mars prochain... si la Belgique est, alors, toujours orpheline d'un Gouvernement ! Il n'empêche que 249 jours sans mettre un Gouvernement en place après des élections, cela n'est même plus risible, c'est pitoyable ! Et tant que Bart De Wever aura voix au chapitre, la situation risque fort de durer. Comment les médias réagissent-ils en ce jour particulier ?

En Belgique

le quotidien flamand De Morgen, plutôt à gauche, se proposait de faire officialiser le "record" au Guiness Book mais cette opération lui aurait coûté quelque 4995 dollars. Pour financer cette officialisation, De Morgen a solliciter le Premier Ministre ad interim, Yves Leterme, celui-ci a refusé ce qui a fait écrire ironiquement au journaliste du Morgen que notre pays n'avait même plus les moyens de faire enregistrer ses records mondiaux...

Le site internet du Soir propose, pour sa part, de parier sur la date d'un éventuel accord gouvernemental. Le vainqueur de ce pari pourrait gagner... son poids en gaufres ! Si le coeur vous en dit, vous pouvez parier ici...

Plus sérieusement, le Soir s'associe au Standaard pour essayer de déterminer ce que chaque partie du pays est prête à céder au compromis pour répondre aux attentes de l'autre partie. Lasser de l'attitude des politiques qui n'osent pas se mouiller, le quotidien francophone et le quotidien néerlandophone se sont livrés au jeu du compromis. Peut-être que si on confiait l'avenir du pays aux journalistes cela se passerait mieux ? Ce ne serait, de toutes façons, pas pire...

L'Echo, le très sérieux quotidien économique, donne la parole à Robert Mnookin, un Professeur de Harvard qui déclare que la Belgique devrait nommer un médiateur étranger pour dégager un compromis et sortir de la crise. Ainsi que me le faisait très justement remarquer mon ami Jekyll, c'est une solution que je proposais sur Acta Diurna... le 19 octobre dernier (lire à ce propos Et pourquoi pas un arbitrage européen?), il y a quatre mois donc.

Het Nieuwsblad regrette amèrement que personne dans le milieu politique belge n'ait de projet rassembleur pour le pays. Chacun reste engoncé dans sa vision communautaire et/ou partisane; il est temps de franchir ces clivages réducteurs !

La dernière Heure/Les Sports ouvre sur une double page consacrée aux records surréalistes que notre pays a battu. Ainsi apprend-t-on, notamment, que la Belgique détient le record du monde de la cuisson de frites : 1500 kilos en 83 heures et c'est à porter au crédit du patron d'une friterie de kastel, au nord de Bruxelles. Nous détenons aussi le record du nombre de personnes faisant du hula-hoop simultanément : 2875 personnes, c'était en août dernier sur la plage d'Ostende. Finalement, est-ce plus surréaliste que 249 jours sans Gouvernement ? Le Soir ajoute a ces records humoristiques des records plus sérieux comme ceux de Luc Van Lierde qui détient le record de l'Ironman le plus rapide (7h50'27''), de Steefan Engels qui a courru 365 marathons en 365 jours... Il aurait peut-être aussi fallu ajouter celui de Kim Clijsters qui, depuis quelques jours, est la première maman a être n° 1 mondial du classement féminin de tennis !

La Libre Belgique propose la crise politique belge telle qu'elle est vue depuis les Etats-Unis. Si la situation amuse le quidam américain, beaucoup d'intellectuels s'interrogent sur la stabilité du pays qui héberge la Capitale de l'Union Européenne. Et la Libre de proposer une revue de presse américaine... avant de rappeler, dans un autre article, que les marchés économiques réclament un vrai Gouvernement, pas un Gouvernement en affaires courantes qui est obligé de traiter certaines affaires urgentes.

Le site internet de L'Avenir propose sur sa page d'accueil une phrase d'Alexander de Croo : "Reynders ne réussira que si tout le monde veut qu'il réussisse". C'est bien de la part de L'Avenir de nous rappeler que quand il y a une connerie à dire, le fils De Croo répond toujours présent !

Et à l'étranger ?

France Inter a proposé, cet après-midi, une émission spéciale en direct depuis le Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, où avait lieu la Révolution des Frites. Europe 1 a également beaucoup commenté cette démarche estudiantine.

En Allemagne, le Frankfurter Allgemeine s'inquiète de l'absence d'un programme budgétaire et économique lié à l'absence d'un "vrai" Gouvernement car la Belgique est un voisin mais aussi un partenaire économique important de l'Allemagne.

La Vanguardia, quotidien espagnol, s'attarde sur les différentes actions humoristiques menées par des Belges (grève du rasoir, grève du sexe, camping virtuel devant le 16 rue de la Loi,...) rappellant que nos compatriotes sont les premiers à savoir rire d'eux-mêmes... Mais Beatriz Navarro, la journaliste de La Vanguardia, souligne quand même en fin d'article que la situation belge n'est pas franchement risible !

A Londres, The Telegraph rappelle fort justement que le salaire des parlementaires belges a augmenté, depuis un an, de 3000 euros pour atteindre 81.000€ bruts annuels auxquels il convient d'ajouter quelque 22.000 euros bruts de prime de vacances et de frais professionnels... The Telegraph rappelle encore que les Belges sont parmi les plus taxés de l'UE et que de plus en plus sont en colère contre des parlementaires surpayés qui ne parviennent pas à sortir le pays de l'impasse.

El Tiempo, le journal colombien, évoque pour sa part que l'activité étendue du Gouvernement en affaire courante va à l'encontre de la démocratie tandis qu'au Brésil, O Globo retrace l'historique d'une Belgique sans gouvernement depuis qu'Alexander De Croo a précipité sa chute le 22 avril 2010.

Metro Montréal évoque les plus de 80 réunions de négociations qu'il y a eu depuis le mois de juin 2010 sans que l'on puisse parvenir à un compromis. Dans n'importe quel entreprise, au bout de 80 réunions de travail sans résultat concret, les responsables de projet seraient remplacés voir licenciés...

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 14:11

New York vient de se doter d'un guide pratique à l'usage des diverses autorités de la ville en cas de catastrophe majeure...

nylaw.jpgDepuis le 11 septembre 2001, New York vit dans la crainte d'un nouvel événement dramatique qui viendrait la frapper de plein fouet : attaque terroriste, épidémie, incident chimique, biologique ou nucléaire, contamination de l'eau... En cas de catastrophe majeure, avec quantité de victimes, peuvent surgir des problèmes pratiques (disponibilité de places dans les hôpitaux, stocks de médicaments, effectifs policiers, infirmiers, pompiers...) mais aussi des problèmes éthiques ou juridiques. Si cela devait arriver, comment faudrait-il réagir au mieux pour faire face à un désastre d'ampleur tout en respectant au mieux les droits constitutionnels des New Yorkais ? C'est sur base de cette question qu'un groupe de travail a été constitué, à l'initiative de la mairie de New York et du Gouverneur de l'Etat de new York, pour rédiger un guide pratique que d'aucuns qualifient déja de Guide de l'Apocalypse... et qui répond, plus sobrement, à l'intitulé de Manuel légal de santé publique de l'Etat de new York. Avec plusieurs villes qui approchent ou dépassent le million d'habitants (Rochester, Albany ou Buffalo), l'Etat d'Empire est le troisième plus peuplé du pays derrière la Californie et le Texas. New York est, avec 8,5 millions d'âmes, la plus grande ville des Etats-Unis... Les dirigeants de New York, ville et état confondus, s'autorisent à se considérer comme cibles potentielles d'une attaque terroriste qu'elle soit chimique, biologique ou plutôt, comme ce fut le cas voici bientôt dix ans, attentatoire.

Le manuel apporte des réponses précises à des questions sommes toutes classiques d'une catastrophe naturelle ou humaine potentielle comme :

- Qu'est-ce que l'état d'urgence ?
- A partir de quel moment instaure-t-on un couvre-feu ?
- Quel est le degré de catastrophe qui suspend les lois ordinaires pour faire place à la loi martiale ?
- Quels sont les critères qui rendent inévitable une évacuation de masse ?
- Quand faut-il déclarer une quarantaine ?
- A partir de quel point l'abattage massif de bétail devient-il une question sanitaire ?
- Quand décide-t-on de la fermeture des commerces et des institutions ?
- Comment organise-t-on la sécurité des habitants ?

Mais il s'attarde aussi à des questions éthiques plus spécifiques :
- Qui soigne-t-on en priorité s'il y a moins de places dans les hôpitaux ou s'il y a moins de médicaments que de blessés, de malades ou d'infectés ?
- Doit-on privilégier les populations jeunes et en bonne santé au détriment des personnes âgées et des malades ?
- Quand les autorités peuvent-elles investir (arbitrairement) les domiciles privés pour des missions de recherches ou des enquêtes ?
- A partir de quel moment les autorités peuvent-elles prendre le contrôle des communications privées, voire les interrompre ?

Le Manuel légal de santé publique de l'Etat de New York ne cherche, en aucun cas, à établir de nouvelles lois mais bien à réunir des règles déja en vigueur et, si besoin, à les adapter à des situations de crise aiguë. "C'est une lecture sinistre" reconnait Ronald P. Younkins, le Chef des Opérations du Système Judiciaire de l'Etat de New York, "mais c'est un ouvragre qui porte sur des situations potentiellement sinistres dans lesquelles il faudrait prendre des décisions difficiles"(1). Le manuel fait notamment allusion à un vieux cas d'infection qui toucha New York au début du 20è siècle, celui de Typhoïd Mary. Mary Mallon fut la première personne aux Etats-Unis a être identifiée comme porteuse du virus de la fièvre thypoïde. En 1906, la décision fut prise de la mettre en quarantaine sur North Brother Island, une île de l'East River, sur laquelle se trouvait uniquement un hôpital de quarantaine. Typhoïd Mary y passa d'abord quatre ans avant de revenir à Brooklyn où elle vivait. Mais, non guérie, elle fut remise en quarantaine sur l'île de 1915 à sa mort en 1938... Cette quarantaine avait été décidé tardivement car aucune règle sanitaire n'existait en la matière. Mary Mallon infecta 32 personnes dont plusieurs moururent de la maladie avant d'être isolée. C'est aussi pour éviter ce genre de problèmes liés à une épidémie que le fascicule existe, assure-t-on du côté des autorités judiciaires de l'Etat. Mais ce fascicule est, surtout, un véritable catalogue des cauchemars new-yorkais puisqu'il évoque les cas d'attaques terroristes à l'anthrax, au botulisme ou aérienne mais aussi celui d'un accident nucléaire ou d'une contamination virale accidentelle...

Pour Donna Lieberman, la Directrice de l'Union New-Yorkaise pour les Libertés Civiles, ce guide de 88 pages est un peu comme "ces CliffsNotes(2) qui ont aidé des générations d'écoliers à se sortir de MacBeth"(1), c'est à dire une aide ponctuelle pour des gens qui ne maitrisent pas bien leur sujet ! Qu'en est-il des libertés individuelles s'inquiète-t-elle ? "Ce guide a pour vocation de trouver justement le meilleur équilibre entre gestion d'une catastrophe et droits constitutionnels des habitants de l'Etat"(1) rétorque Younkins... A voir car certains groupement de personnes âgées et de handicapés étudiend d'ores et déja la possibilité d'intenter une action en justice car ils seraient, probablement, sur base de ce manuel, lésés en cas de catastrophes alors que quand tout va bien, ils ne sont pas oubliés au moment de payer leurs taxes et impôts ! Décidément, rien n'est vraiment simple ches l'Oncle Sam...

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(1) A legal manual for an apocalyptic New York, par William Glaberson, in The New York Times, 14 février 2011
(2) Les CliffsNotes sont, aux Etats-Unis, des petits guides qui décortiquent les grands ouvrages de la littératures permettant ainsi aux écoliers de réussir leur devoir littéraires... Un peu comme les anthologies ou les livres expliqués chez nous. 

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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