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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 10:21

Un ancien employé du Musée de la Motown retrouve, par hasard, le passeport de Marvin Gaye dans une vieille pochette de disque du Prince of Soul...

marvingaye.jpgIl y aura bientôt 30 ans - le 1er avril prochain - que Marvin Gaye mourrait, assassiné par son père suite à une dispute familiale. Cette mort précoce mettait fin aux tensions qui existaient depuis des années entre le chanteur et son père, un pasteur, qui désapprouvait sa façon de vivre et, notamment, sa consommation de cocaïne. Chanteur et compositeur à succès depuis les années '60, Marvin Gaye entrait ainsi, avec cette fin tragique, dans la légende de la musique du 20è siècle; une légende entretenue depuis par le fait que l'on ne retrouve quasiment rien de nouveau sur celui que l'on surnommait le Prince de la Soul. Aussi, la découverte de son passeport daté de 1964 est-elle importante ! Ce passeport, il a été trouvé totalement par hasard dans un vide-grenier de la région de Détroit... En effet, suite à la mort d'un musicien local qui avait notamment travaillé comme musicien de studio pour la Motown, une vente de ses objets personnels a été organisée par sa famille. Cependant, avant de procéder à la vente, la famille  voulu faire don de quelques-uns de ces objets au Musée de la Motown, situé à Détroit. Ainsi donc, un ancien employé du musée s'est-il rendu sur place pour récupérer quelques bricoles qui étofferont la collection du musée. Cependant, il remarque aussi quelques 33 tours de Marvin Gaye, rien d'exceptionnel, des disques de grande diffusion comme il en existe de dizaines de milliers. De retour chez lui, l'homme se dit qu'il retournera à la vente qui est prévue pour le week-end suivant car, finalement, ces quelques plaques du Prince de la Soul, ils se les offrirait volontiers... Et c'est ce qu'il a fait ! Il a donc acheté plusieurs 33 tours divers dont plusieurs de Marvin Gaye. En rentrant chez lui, alors qu'il manipulait les disques, un document s'est échappé de l'un d'eux et est tombé sur le sol. En le ramassant, l'homme se rend vite compte qu'il s'agit d'un passeport officiel et, dans la seconde d'après, qu'il s'agit de celui de... Marvin Gaye !

Une fois la surprise passée, l'homme s'est évidement renseigné sur le document qui est bel et bien officiel. Il porte le nom officiel du chanteur, Marvin Pentz Gaye (ndlr Gaye avec un e, c'est important), et est daté du 16 octobre 1964. A cette époque, avec sa voix mélodieuse et son charisme, Marvin Gaye est à l'aube de la gloire, son succès commence à grandir et il devient l'un des pions majeurs de la Motown. Il épouse d'ailleurs, cette même année 1964, la soeur de Berry Gordy le fondateur de la célèbre maison de disque de Détroit.

Invité, le 3 février dernier, sur le plateau de l'émission de PBS Antiques Roadshow(1), l'homme (qui a préféré gardé l'anonymat) a raconté l'histoire de sa découverte insolite. "C'est comme s'il m'avait présenté ses papiers"(2) a-t-il plaisanté. Lors de l'émission, l'historienne de la musique et experte en objets de collection liés à la musique Laura Wooley a confirmé l'importance de la découverte car 1964 est aussi l'année ou le chanteur a ajouté un e à la fin de son nom Marvin Pentz Gay qui est donc devenu officiellement Marvin Pentz Gaye, suite à un article de presse détestable intitulé Is Marvin Gay ? qui laissait entendre l'homosexualité du chanteur disent certains, probablement pour se différencier de son père avec qui les relations étaient déjà plus que tendues affirment d'autres... Quoi qu'il en soit, ce passeport est le premier document officiel avec le nom Gaye ce qui lui confère toute sa valeur. Laura Wooley a d'ailleurs conseillé à l'heureux propriétaire du passeport de le faire assurer pour une valeur minimale de 20.000 dollars. L'ancien employé du Musée de la Motown n'en croyait pas ses oreilles car chaque disque acheté lors du vide-grenier lui a coûté 50 cents. Une vraie bonne affaire !

On ne saura probablement jamais comment le passeport de Marvin Gaye a échoué dans un de ses 33 tours mais pour l'heureux nouveau propriétaire c'est comme un signe du destin car il reste sentimentalement attaché à la Motown et collectionne, selon ses moyens limités, différents objets liés à la maison de disques. Le voici désormais possesseur d'un objet de grande valeur...

Clin d'oeil du destin, la passeport de Marvin Gaye a été retrouvé au moment ou Anna Gordy, la première épouse du chanteur, s'éteignait, à l'âge de 92 ans, à Los Angelès.

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(1) Antiques Roadshow est une émission créée par la BBC1 en 1979 dont le concept est vendu désormais dans plusieurs pays, dont aux Etats-Unis via la chaine publique PBS. L'émission consiste à porter un éclairage différent sur une région, une ville voire un quartier à travers un objet insolite présenté par un quidam.
(2) Lost Marvin Gaye passport found,bought for 50 cents, on vibe.com, 4 février 2014


Le petit plus de l'article Comme les garage sales permettent parfois des découvertes surprenantes, à relire cet article de septembre 2012 Une vraie bonne affaire quirelate la découverte fortuite d'un Renoir dans un marché aux puces de Virginie.

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 10:14

Début 2013, David Cameron lançait l'idée d'un référendum populaire pour statuer sur la sortie du Royaume-Uni hors de l'UE... Où en est-on un an plus tard ?

brixit.jpgC'était le 24 janvier 2013, il y a juste un an aujourd'hui. Nous évoquions, sur Acta Diurna, l'idée lancée par le Premier Ministre britannique, David Cameron, de permettre à la population de décider d'une sortie ou d'un maintien de la Grande Bretagne dans l'Union Européenne (Brixit ?). Se basant sur l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui permet à tout état-membre de quitter l'Union, Cameron entendait ainsi jouer sur le sentiment eurosceptique d'une grande frange de la population anglaise. En effet, pour quantité d'Anglais - des bancs du Parlement aux trottoirs de Londres, de Manchester ou de Southend-on-Sea -, la crise structurelle européenne et la bureaucratie outrancière de l'UE ne cadrent pas avec la mentalité de l'Albion. En outre, de plus en plus d'Anglais pensent que l'Union Européenne n'est pas compétitive par rapport aux pays émergents comme l'Inde, la Chine ou le Brésil tandis que Londres est considérée comme une place forte pour les investisseurs étrangers. Bref, entre structure lourde, bureaucratie omniprésente et non-compétitivité, ils sont nombreux à penser, de l'autre côté de la Manche, que l'UE affaiblit le Royaume-Uni. Petit à petit, un courant Brixit (ndlr Britain Exit) s'est mis en place pour la sortie de la Grande-Bretagne hors de l'Union Européenne, c'est sur ce courant que surfait Cameron en proposant un référendum qui permettrait à la population de décider. Clairement, le Premier Ministre entamait ainsi, de manière très précoce, sa campagne de réélection. En effet, des législatives auront lieu en mai 2015 et Cameron affirmait, voici un an, que le référendum serait organisé avant 2017... s'il était réélu. Si ce n'est pas de la campagne politicienne, ça !

Une année de mouvements en tous sens

Depuis un an, que s'est-il passé autour de ce Brixit ? Dans un premier temps, tous les partis politiques se sont positionnés sur le sujet :
- le Parti Travailliste, toujours soucieux du sens du vent, a annoncé qu'il ne soutenait pas l'idée d'un référendum mais... qu'il ne la rejetait pas totalement non plus;
- le Parti Conservateur est déchiré, une frange soutient son Premier Ministre mais une autre frange tout aussi importante, emmenée par John Major, ancien Premier Ministre, se montre favorable au maintien du pays au sein de l'UE,
- le Lib'Dem (les Libéraux-Démocrate), plus clair, s'est positionné contre un réferendum parce qu'il est, selon eux, dans l'intérêt de la Grande-Bretagne de rester membre de l'UE;
- UKIP, le Parti pour l'Indépendance du Royaume-Uni, en tant que parti eurosceptique est naturellement pour le référendum et s'est prononcé en ce sens;
- le British National Party, à l'extrême droite, soutient également la tenue d'un tel référendum;
- enfin, les écologiste du Green Party ont marqué leur soutien au référendum également.

Concrètement, seul les Libéraux-Démocrates semblent donc opposés fermement à un référendum sur la sortie ou le maintien de la Grande-Bretagne. En mai 2013, le Parti Conservateur du Premier Ministre a déposé un projet de loi pour encadrer le référendum mais aussi une note relative à la négociation d'un nouvel accord de participation de son pays à l'Union Européenne. Devant le Parlement, Cameron s'est engagé à privilégier d'abord la négociation de cet accord qui pourrait, selon certains, prendre la forme d'une participation à la norvégienne c'est à dire une participation au marché économique européen et au libre-échange tout en contribuant aux fonds structurels européens assorti d'une liberté totale en matière de politique intérieure et sans participation aux décisions relatives à la politique étrangère et à d'autres matières communes aux états-membres. Bien entendu, dans cet accord, le maintien de la Livre Sterling serait un axe essentiel. Donc, semble acquis, depuis le printemps 2013, que la négociation d'un nouvel accord de participation à l'UE soit prioritaire par rapport au référendum populaire. Celui-ci n'aurait lieu qu'en cas d'échec total de la négociation.

Priorité à la négociation... Et pourtant, quelques jours plus tard, le Parti Conservateur entamait une vraie campagne de lobbying en faveur du référendum, intitulée Let Britain Decide. A travers cette action, le parti de David Cameron tente de rallier une frange importante de la population - surtout celle qui soutient la sortie de l'Union - à la cause de la voie référendaire. Le terrain est propice car près d'un Britannique sur deux se montre favorable à la sortie de l'Union(1).

Durant l'année écoulée, divers sondages ont montré que la vision de la situation est bien différentes selon que l'on soit simple quidam, patron de PME ou dirigeant d'une grosse boite. Ainsi, un sondage commandé par Close Brother Finances montrait, au début 2013, que les patrons de près d'une petite entreprise sur deux voulaient que le Royaume-Uni quitte l'Union Européenne(2) car ils ne voient pas de que l'Europe peut apporter à la Grande-Bretagne et pensent que l'économie britannique se porterait mieux. Par contre, les dirigeants de plusieurs implantations anglaises de multinationales (Ford et BMW en tête) ont tiré le signal d'alarme en évoquant l'effet dévastateur pour l'Angleterre d'une sortie de l'UE(3).

Des divergences profondes chez les Torries

Négociation d'un nouvel accord de participation ou référendum populaire sur la sortie de l'UE, sortie ou pas de l'UE, quelle est, en définitive, la position officielle des Conservateurs ? Difficile de s'y retrouver entre l'annonce quasi électorale de la tenue d'un référendum d'ici 2017 par le Premier Ministre David Cameron, en janvier 2013, sa déclaration claire de privilégier le dialogue et la négociation, en mai suivant, le lancement de Let Britain Decide, le mois d'après... Au sein même du parti, deux courant s'opposent, emmenés par deux figures de proue importantes. Ainsi, Nigel Lawson, ancien Chancelier de Margaret Thatcher, a demandé clairement, à travers une carte blanche dans The Times(4), à la Grande-Bretagne de quitter l'UE. Une sortie serait favorable, selon Nigel Lawson, à un réveil économique et une relance des exportations vers l'Asie notamment. A l'opposé, l'ancien Premier Ministre John Major est un europartisan convaincu. Il déclare que la sortie de l'Union Européenne coûterait des milliards de Livres au Royaume-Uni et isolerait le pays dans les négociations internationales(5)...

David Cameron, himself, est désormais tiraillé entre les deux parties et son annonce de l'an passé semble avoir eu un effet plus négatif que positif ! En effet, le courant eurosceptique s'est amplifié en Angleterre et c'est UKIP qui, selon divers sondages, semble en tirer profit tandis que le Royaume-Uni semble plus isolé que jamais au sein de l'Union Européenne. La stratégie de Cameron ne porte pas vraiment ses fruits, divers éditorialistes politiques anglais ne se privent d'ailleurs pas de le faire remarquer : "le pari sur le référendum européen de Cameron est perdu"(6) écrit clairement Janan Ganesh dans le Financial Times tandis que Martin Kettle est encore plus sévère en évoquant "l'échec qui définit toute une carrière" dans The Guardian.

Alors, la Grande-Bretagne sortira-t-elle ou pas de l'Union Européenne ?

Je n'ai évidemment pas de boule magique qui prédit l'avenir mais, parfois, le passé peut nous renseigner sur le futur. D'abord, il convient de préciser que si un Britannique sur deux est favorable à la sortie de l'UE, cela signifie aussi qu'un Britannique sur deux n'en est pas partisan irréductible. En 1975 déjà, la Grande-Bretagne avait pu se prononcer par voie référendaire sur une sortie de ce que l'on appelait encore la CEE. L'euroscepticisme était déjà bien présent dans les îles britanniques et, pourtant, la population s'était alors prononcée à 67% pour le maintien du Royaume-Uni dans la Communauté Economique Européenne... Il convient de voir si le référendum aura lieu (ndlr déja de voir si Cameron sera reconduit en 2015) et d'attendre la campagne des pros et antis. Les Anglais pèseront alors le pour et le contre mais, aujourd'hui, même si l'on sent une réelle envie de quitter l'UE dans le chef des bon nombre d'Anglais, quelque chose me dit que, comme en 1975, la raison pourrait l'emporter sur la passion...

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(1) La moitié des Britanniques veut quitter l'Union Européenne, on latribune.fr, 18 février 2013
(2) Nearly half  of smal business owners wants to leave the European Union, on dailymail.co.uk, 20 janvier 2013
(3) Ford and BMW warn UK against exit from UE as David Cameron readies historic speech, on telegraph.co.uk, 20 janvier 2013
(4) I'll be voting to quit the EU, par Nigel Lawson, in The Times, 7 mai 2013
(5) Britain will pay sever price if it quits EU, on telegraph.co.uk, 28 novembre 2013
(6) Cameron's EU referendum gamble has failed, par Janan Ganesh, in The Financial Times, 14 janvier 2014
(7) Cameron's speech on Europe was not brave. He was reckless, par Martin Kettle, in The Guardian, 23 janvier 2014

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 13:26

Le 24 janvier 1984, Apple lançait son premier ordinateur personnel, le MacIntosh 128K.

jobsmac128k.jpgIl y a trente ans, Steve Jobs et Apple révolutionnaient (déjà ?) le monde de l'informatique en lançant leur premier ordinateur personnel. Le projet de ce PC remonte à la fin des années '70 et à nécessité près de cinq années de développement. Avec un boitier beige, un écran de 9 pouces, une unité centrale sans disque dur mais avec un lecteur de disquette de 3,5 pouces, une clavier et une souris, le 128K est conçu pour être accessible au plus grand nombre. Alors qu'il faut compter quelque 10.000$ de prix moyen pour un ordinateur à l'époque, le Mac128k est commercialisé à 2495$... Il s'en vend 70.000 lors des trois premiers mois de commercialisation. Il faut dire que son lancement, le 24 janvier 1984, était précédé d'une campagne de communication remarquable avec, notamment, un clip publicitaire signé Ridley Scott à qui l'on doit, entre autres, Blade Runner, Alien ou Thelma & Louise. Dans ce clip, diffusé lors de la mi-temps de la finale du Superbowl, Scott renvoie le téléspectateur/consommateur à l'univers de George Orwell. On y voit un écran qui symbolise Big Brother fracassé par une jeune femme sportive habillées aux couleurs d'Apple... Apple casse les codes de l'informatique avec le nouveau MacIntosh128K ! dit clairement le spot publicitaire. Apple lançait la bataille contre le leader de l'époque, IBM.

Source : Communication


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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 10:21

En France, la vente de médicaments en ligne de décolle pas, alors qu'en Belgique elle semble bien ancrée dans les habitudes des consommateurs.

e-pharma.jpgC'est le quotidien Le Figaro qui posait, hier, le constat : les Français ne sont pas encore coutumiers de l'achat de médicaments sur internet. Seuls 4% d'entre eux auraient fait des achats sur les e-pharmacies(1) depuis l'autorisation de celles-ci, en décembre 2012. La crainte de contrefaçon et l'absence de relation avec le pharmacien, qui peut prodiguer quelques conseils lors d'un achat de médicament, sont les deux raisons majeures qui expliquent le peu d'intérêt de nos voisins français pour les pharmacies en ligne. Ceci dit, l'enquête IFOP qui met ce constat en évidence montre aussi que 30% des Français envisagent d'acheter prochainement certains de leurs médicaments en ligne, pour des produits qu'ils connaissent en tous cas. Un autre constat mérite d'être posé, il n'y a pas d'incitant à le faire puisque le prix de vente des médicaments en ligne est similaire à celui des médicaments vendus en pharmacie, dès lors, puisque le prix est similaire et qu'ils peuvent y obtenir les conseils nécessaire, les Français continuent de se fournir dans des officines pharmaceutiques. Toujours selon Le Figaro qui cite un Rapporteur de l'Assemblée Nationale, le chiffre d'affaire moyen des pharmacies en ligne est de l'ordre de 8128 euros sur sept mois d'activités(1), soit 235 commandes... à peine 1,11 commande en ligne par jour. Une pharmacie en ligne, située à Caen, sort cependant du lot puisqu'elle revendique 130 à 150 commandes par jour et avance un chiffre d'affaire de l'ordre de 40.000 euros en 2013. L'exception qui semble confirmer la règle...

En Belgique, la vente de médicaments sur internet est autorisée depuis février 2009, par Arrêté Royal. Elle est soumise à un code de déontologie strict et encadrée par l'Ordre des Pharmaciens et l'Agence des Médicaments. Le moins que l'on puisse écrire est que, chez nous, la vente en ligne s'est fortement développée. En effet, le marché représente 26,5 millions d'euros dans notre pays(2). Le leader belge du secteur dispose même de quelque 200.00 clients et a délivré, depuis sa création, plus de 1,3 millions de médicaments(3). Sa croissance 2012 est de l'ordre de 72%, plutôt pas mal ! Il convient de préciser que, entre cosmétiques et médicaments sans prescription, il propose près de 30.000 produits différents...

Il existe, en Belgique, plus d'une centaine de pharmacies en ligne, un secteur qui, selon le site e-commerce.be, doit sa croissance à une disponibilité H24/J7 qui facilite l'accès mais aussi à la livraison à domicile qui y est adjointe. Cette croissance est, en définitive, logique puisque c'est l'ensemble de la vente en ligne qui explose dans notre pays. En 2012, l'ensemble des transactions de e-commerce à atteint le montant de 1,4 milliard d'euros(4) ce qui représente une hausse de plus de 25% par rapport à l'année précédente. Puisque le Belge a fait entrer le e-commerce dans ses moeurs de consommation, il n'y a pas de raison que l'achat de médicaments en ligne échappe à la croissance...

La vente de médicaments en ligne entre dans sa cinquième année en Belgique et poursuit sa croissance. En France, elle n'est vieille que d'un an et ne peut que progresser. Il sera intéressant de voir dans trois ou quatre ans si, comme en Belgique, la e-pharmacie française a trouvé son public. A noter, pour conclure que tant en France qu'en Belgique, la vente de médicaments en ligne n'est évidement autorisée que pour les médicaments qui ne sont pas soumis à une prescription médicale !

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(1) La vente de médicaments en ligne ne décolle pas, par Armelle Bohineust, on lefigaro.fr, 21 janvier 2014
(2) Que rapporte la pharmacie sur le web ? on trends.levif.be, 27 novembre 2012
(3) La pharmacie en ligne entre dans les moeurs des Belges, par Céline Bayet, on 7sur7.be, 27 novembre 2012
(4) L'e-commerce est en hausse en Belgique, par Belga, on lavenir.net, 24 janvier 2013

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 15:10

Le 20 janvier 1986, Margaret Thatcher et François Mitterrand signaient l'accord pour la construction d'un tunnel sous la Manche.

eurotunnel.jpgPendant des siècles, la Manche fut considérée comme un rempart naturel de protection de l'Angleterre, elle constituait un gage de sécurité contre toute invasion de l'île. Cependant, dès le 18è siècle, les Anglais se sont aussi rendus compte qu'elle constituait un frein aux échanges commerciaux. Dès l'aube du siècle suivant, un ingénieur français, Albert Mathieu-Favier envisage l'idée d'un tunnel sous l'eau qui permettrait aux malles postales de faire la traversée. L'idée est aboutie car elle prévoit deux tunnels - l'un pour la circulation entre les eux nations, l'autre pour l'évacuation des eaux - ainsi qu'une île relais artificielle à mi-chemin. Mais, le 18 mai 1803, le Traité d'Amiens, qui avait signé la paix entre la France et l'Angleterre l'année précédente, est rompu et les hostilités reprennent mettant fin au projet de Mathieu-Favier. C'est le début des Guerres Napoléoniennes qui vont durer jusqu'en 1815. Divers projets, dont certains farfelus, verront le jour, sans suivi pour des raisons techniques. Mais, en 1874 alors que le métro londonien s'étend sous terre, les possibilités de creuser sous la mer deviennent techniquement tout à fait possibles. Dès lors, l'Association Française du Tunnel Sous-marin entre la France et l'Angleterre et The Submarine Continental Railway Company voient le jour et remettent l'idée d'un tunnel sus la Manche au goût du jour. Elles obtiennent, ensemble, une concession de 99 ans pour la construction de ce tunnel. Des forages avaient été entamés du côté de Sangatte afin de connaitre la composition du sol, une galerie de trois kilomètres avait même été entamée mais une crise économique qui secoua toute l'Europe jusqu'en 1896 mis fin à ce second projet d'envergure.

De tunnel sous la Manche il ne fut plus vraiment question jusque dans les années cinquante, au moment de la création de la Communauté Economique Européenne (CEE) qui réunissait, dans un marché commun, la  Belgique, la France, les Pays-Bas, l'Italie, le Grand-Duché du Luxembourg et la République Fédérale Allemande. L'idée de renforcer les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni prend à nouveau corps et, en juillet 1957, un Groupement d'Etude pour le Tunnel sous la Manche (GETM) est mis en place après un accord entre les gouvernements français et anglais. On se dirige vers un tunnel ferroviaire à double circulation séparé par une galerie de service. Une société baptisée Le Groupe du Tunnel sous la Manche est créée avec des capitaux français et britannique mais entre études de faisabilité du projet, négociations entre les deux pays, appels d'offre pour la réalisation du chantier et autres complications administratives, la crise économique du milieu des années septante pointe le bout du nez. L'Angleterre se retire du projet... Une fois encore, l'idée est délaissée !

Mitterrand concrétise ce vieux projet...

Il faut attendre l'élection de François Mitterrand pour que l'on reparle du Tunnel sous la Manche. Lors d'un Sommet franco-britannique, en septembre 1981, le nouveau Président français convainc Margaret Thatcher, Premier Ministre britannique, de l'importance de ce lien trans-Manche. Thatcher préfèrerait un lien routier par dessus la Manche; dès lors les deux idées sont en compétition. En 1983, après de nombreux travaux géologiques pour vérifier la stabilité du sous-sol de la Manche, le feu vert est donné pour la réalisation de ce "lien" entre la France et l'Angleterre. Un appel à projet est lancé, la date du 31 octobre 1985 est fixée pour la remise des différents projets. Quatre sont proposés :

- l'Euroroute, un ensemble qui allie route, ponts haubannés et tunnel sous-marin de 21 kilomètres avec la nécessité de créer deux îles artificielles. Ce projet est estimé alors à quelque 54 milliards de francs français;
- l'Europont, un pont-tube de 38 kilomètres de long avec six voies de circulation et une double voie ferroviaire. Ce projet cumulait les liens routier et ferroviaire mais présentait le délicat désavantage d'être, avec une estimation de 68 milliards de francs français, le plus onéreux;
- le Transmanche Express, une double tunnel sous-marin à deux voies de circulation (trains + automobiles et camions) avec la nécessité de deux îles artificielles pour assurer la ventilation des tunnels. Dont coût estimé : 30 milliards de francs français;
- l'Eurotunnel, qui reprend l'idée d'un double tunnel ferroviaire avec galerie de service émis par le GETM à l'aube des années septante. Le coût est estimé à 30 milliards de francs français.

Rapidement, l'Europont (pour des contraintes techniques et un risque de collision avec certains bateaux) et le TransManche Express (parce que le système de ventilation est jugé insuffisant) sont écartés. Restent en lice l'Euroroute et l'Eurotunnel; ce dernier coûte moins cher et son impact environnemental est moindre. Il est donc privilégié et son choix est définitivement entériné le 20 janvier 1986 par Margareth Thatcher et François Mitterrand.

20 ans en 2014


Les travaux de l'Eurotunnel débutent le 15 décembre 1987 et durent six ans. Trois galeries - deux pour la circulation des trains et une pour le service sont creusées sur un peu plus de 50 kilomètres à une profondeur moyenne de 40 mètres sous le lit de la Manche. Le 10 décembre 1993, le chantier est livré et le tunnel est officiellement inauguré le 6 mai 1994 par François Mitterrand et Margaret Thatcher avant d'être ouvert à la circulation le 1er juin suivant. Les deux extrémités du tunnel sont reliées au réseau de chemin de fer dit "classique" tant en France qu'en Angleterre mais aussi au réseau autoroutier (A16 et France et M20 en Angleterre). Le Tunnel sous la Manche permet donc la circulation de trains (fret + passagers), de camions, d'autocars et d'autres véhicules particuliers (moto et voitures) par un système de navettes.

Il aura donc fallu attendre près de 200 ans entre la première idée de l'ingénieur Albert Mathieu-Favier et son aboutissement définitif pour relier sous l'eau la France et l'Angleterre. 85 ans après le vol de Blériot on pouvait dire que l'Angleterre n'est définitivement plus une île...

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 09:29

La capitale anglaise détrône Paris et devient la ville la plus visitée du monde...

atractivity-london.jpgNos voisins français aimaient parfois mettre ce titre en avant, Paris était la ville la plus visitée au monde. Ce fut notamment le cas lorsque les Jeux Olympiques de 2012 furent attribués à Londres, certains du côté de la Tour Eiffel s'étaient consolés en affirmant que leur ville restait la plus attractive en matière de tourisme. Ce n'est désormais plus le cas ! En effet, les chiffres de fréquentation touristique 2013 montrent que Londres est devenue la ville la plus visitée au monde. Avec 16 millions de visiteurs, elle se classe devant Paris, Bangkok et New York. D'aucuns, y compris parmi les autorités de la capitale anglaise, expliquent cet afflux de touristes par un effet J.O. Certes, les jeux londoniens ont été parfaitement organisés et ils ont probablement attirés des nombreux visiteurs - encore que diverses sources(1 et 2) ont fait état d'une baisse de la fréquentation touristique pendant les J.O. - mais ça c'était en 2012... Depuis les Jeux Olympiques, 18 mois se sont écoulés, or il est de "tradition" que pour une ville organisatrice, l'année post-olympique soit celle d'une baisse importante de la fréquentation. Et pourtant, c'est en 2013 que Londres est devenue la ville la plus visitées du monde : + 8% sur le premier semestre; + 11% à la fin de l'année...

Un événementiel important et varié comme vecteur d'attractivité

Comment Londres a-t-elle pu inverser la tendance de l'année post-olympique ? Un seul mot peut résumer cette réalité : attractivité ! Londres est attractive, elle présente un visage qui donne envie d'y aller mais surtout d'y retourner ! Il y a toujours 1001 choses à faire dans les rues de la City, du West End ou à Mayfair, shopping, détente ou culture... Car Londres a bien compris l'importance de l'événementiel pour attirer les foules. Ainsi l'an passé des expositions remarquables ont-elles été organisées à l'image de celles consacrées à Paul Klee (à la Tate Gallery), à David Bowie (au V&A), à Pompéi (au British Museum), ou encore aux 150 ans du métro (au Musée des Transports)... Il y en a eu pour tous les goûts. J'ai lu dans le magazine Where London de décembre dernier qu'il y avait, sur le grand Londres, 1242 expositions diverses en cours... 1242 expositions accessibles au même moment dans une même ville, si ce n'est pas de l'attractivité, ça ? Par delà ces nombreuses et diverses expositions, les musées londoniens sont fabuleux et ils présentent, pour beaucoup, la particularité d'être gratuits. Mais d'autres événements importants sont organisés chaque année à Londres, en dehors des musées; des événements sportifs comme Wimbledon, le marathon ou la course entre les universités d'Oxford et de Cambridge sur la Tamise... on non-sportifs comme Trooping the Colour, le carnaval de Notting Hill, les festivités de la Saint-Georges, le festival du design... Bref, il y a toujours quelques choses à faire ou à voir à Londres. Cet événementiel massif et diversifié est un vecteur d'attractivité indéniable !

Mais cette fameuse attractivité elle passe aussi par d'autres actions et réalisations basiques relatives à la propreté, à la sécurité, à l'ouverture aux autres, à la disponibilité, à des transports en communs performants, et cetera... Londres parvient à cumuler d'excellents résultats aussi dans ces différents domaines.  L'ouverture des magasins le dimanche est un atout indéniable d'attractivité également. Le dimanche et tard en soirée aussi. A la sortie d'un spectacle, il est encore possible de faire ses courses jusqu'à 23h00 dans plusieurs magasins. C'est simple mais c'est aussi une des raisons pour lesquelles on se sent bien à Londres : la ville est pratique ! Si l'on y ajoute que d'énormes progrès ont été faits sur la qualité et le coût de l'hébergement depuis une dizaine d'années et que la gastronomie anglaise s'est hissée au rang des plus grandes cuisines du monde sous la houlette de chefs comme Gordon Ramsay, Heston Blumenthal, Michel Roux Jr, Raymond Blanc ou Jamie Oliver, on obtient le cocktail idéal de l'attractivité d'une grande ville.

Des retombées économiques importantes...

Naturellement, l'attractivité touristique est essentielle. Londres ne se gargarise pas d'avoir le titre de ville la plus visitée du monde pour le seul plaisir d'être en tête d'un classement ou d'avoir détrôné Paris. L'afflux de touristes venant de partout à travers le monde génère des retombées économiques importante (ndlr faramineuses ?) puisque rien que sur les six premiers mois de l'année ce sont quelque cinq milliards de livres (soit ± six milliards d'euros) qui ont été dépensés par les touristes rien qu'à Londres; une hausse de 12% par rapport à 2012.

Reste l'argument de la cherté de Londres que beaucoup mettent en évidence. Argument que, personnellement et pour être fréquemment dans la capitalie anglaise, je réfute catégoriquement. Je l'ai déjà écrit, Londres n'est pas une ville particulièrement chère. Elle n'est pas plus chère à vivre que Paris, Bruxelles ou Francfort; les loyers et le panier d ela ménagère y sont même moins onéreux !

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(1) J.O. Londres perd ses touristes, par AFP, on lefigaro.fr, 1er août 2012
(2) Londres désertée par les touristes pendant les JO, par Karine Vergniol on bfmtv.com, 13 août 2012

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 19:11

Une enquête va être ouverte sur l'implication de Margareth Thatcher dans l'opération militaire qui détruisit le Temple d'or en 1984...

bluestar.jpgUn peu moins d'un an après la mort de la Dame de fer, le Gouvernement britannique a annoncé qu'une enquête allait être diligentée afin de vérifier l'implication de l'ancienne Premier Ministre (1979-1990) Margareth Thatcher dans une opération militaire qui fit plusieurs centaines de victimes, en Inde en juin 1984. A l'époque, des séparistes Sikhs - le mouvement Khalistan - revendiquent la possession du Pendjab (nord-ouest de l'Inde mais aussi sur le territoire pakistanais) dont ils veulent faire un état libre et indépendant de l'Inde. Indira Gandhi(1), alors Premier Ministre indien, est évidemment gênée aux entournures par les velléités indépendantistes sikhs car le Pendjab indien représente quand même quelque 50.000 km² de territoire. Dès lors, sous prétexte que des insurgés de Khalistan avaient entreposé des armes dans le Temple d'Or, à Amritsar, une intervention militaire fut décidée pour les en déloger. Malgré un avis militaire contraire - le lieutenant Sinha déconseilla toute action militaire qui serait, selon lui, blasphématoire envers la religion sikhs - Indira Gandhi approuva l'opération Blue Star qui consistait en un assaut du temple par des fantassins appuyés par des chars et des véhicules blindés. Le dimanche 3 juin 1984, Gandhi fait imposé un couvre-feu de trente-six heures dans tout l'état du Pendjab; elle suspend aussi tous les moyens de communication, les transports publics et fait couper l'électricité dans toute la région afin "d'isoler" les indépendantistes sikhs dans le Temple d'Or. Le mardi 5 juin, sous le commandement du général Singh Brar (un Sikh !), l'assaut est donné et les affrontements durèrent près de deux jours. Le jeudi 7 juin, l'armée indienne avait pris le contrôle du Temple d'Or...

 

En plein festival sihk...

L'Opération Blue Star défraya la chronique internationale à l'époque car rien ne prouvait que le temple était une cache d'armes. Mais, plus encore que le prétexte c'est le moment choisi par Indira Gandhi pour cet assaut qui souleva la polémique. En effet, l'assaut coïncidait avec un important festival sikh et de nombreux pélerins étaient présents dans et aux alentours du Temple d'Or pendant l'assaut. L'Opération Blue Star fit, selon les chiffres officiels, 83 morts au sein de l'armée indienne et 492 chez les civils, y compris parmi les indépendantistes sikhs... D'autres rapports, non-officiels, font plutôt état de 1500 morts civils dont de nombreux enfants et vieillards. Par ailleurs, quantité de manuscrits et documents sikhs sacrés ont été saisis et brûlés. Ainsi, la bibliothèque sikh du Temple d'Or fut-elle volontairement incendiée par l'armée indienne "pour détruire la culture sikh" déclara même quelques années plus tard, dans un livre, un journaliste anglais présent sur place(2)

Cette action répressive - qui s'accompagne d'une opération simultanée, baptisée Wood Rose, qui visa 42 autres temples sikhs à travers le Pendjab - déclencha un vaste mouvement de protestation des Sikhs à travers le monde mais aussi de nombreuses tensions envers la communauté sikh en Inde. Cela amena l'importante frange sikh de l'armée indienne à fomenter une mutinerie. De nombreux Sikhs démissionnaires de leur poste dans l'administration indienne et une escalade de la violence s'installa dans toute l'Inde. Le 31 octobre 1984, soit un peu moins de cinq mois après l'Opération Blue Star, Indira Gandhi fut assassinée par deux de ses gardes du corps, tous les deux Sikhs. La veille, lors d'un discours elle déclarait que si elle devait mourir au service de l'Inde, elle le ferait avec plaisir... L'assassinat d'Indira Gandhi généra, à son tour, des émeutes qui durèrent plusieurs jours ainsi que des pogroms anti-Sikhs durant lesquels près de 11.000 Sikhs furent tués... Il faudra plusieurs semaines pour que le calme soit de retour.

Une implication de Miss Maggie ?

Certaines sources firent état, à l'époque, d'une possible implication dans les opérations Blue Star et Wood Rose de l'armée britannique mais rien ne vint le confirmer. Plusieurs commissions furent créées pour déterminer les responsables du massacre sikhs mais aucune condamnation ne vit jamais sanctionner les opérations militaires menées à l'initiative d'Indira Gandhi. Aujourd'hui, le Député et ex-Vice-président du Labour Party Tom Watson affirme avoir obtenu accès à des documents confidentiels et secrets qui démontreraient que Margareth Thatcher aurait, à l'époque, ordonné à des troupes d'élite britanniques d'aider Indira Gandhi à mener ces opérations à terme. Il a demandé une clarification du rôle joué par la Grande Bretagne dans l'assaut du Temple d'Or. "Je pense que les Sikhs britanniques et toutes les personnes concernées par les Droits de l'Homme voudraient savoir l'importance du rôle joué par la Grande-Bretagne et s'attendent à des réponses claires du Ministre des Affaires Etrangères"(3) a déclaré Tom Watson lors d'une séance du Parlement, en début de semaine. Le Gouvernement britannique semble donner du crédit à cette affirmation car le Premier Ministre David Cameron a demandé, hier, une enquête urgente sur l'éventuelle implication de Margareth Thatcher. L'enquête sera conduite par le Secrétaire de Cabinet Jeremy Heywood, le plus haut fonctionnaire britannique, sur base de documents confidentiels déclassifiés en vertu de la Règle des Trente Ans(4). Dans quelques mois, la majorité des documents relatifs à l'opération Blue Star seront déclassifiés et pourront être rendus publics. L'enquête sera alors possible au grand jour...

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(1) qui, pour rappel n'a aucun lien de parenté avec le Mahatma Gandhi. Indira Gandhi était par contre la fille de Jawaharlal Nerhu, ancien Premier Ministre qui fut une des figures de proue de la lutte pour l'indépendance de l'Inde. Indira Gandhi portait le nom de son époux, Feroze Gandhi qui était journaliste sans lien avec le Mahatma...
(2) Amristar : Mrs Gandhi's last battle, par Mark Tully, Edition Rupa & co, 1991.
(3) Thatcher colluded with Indira for opération Blue Star, claims Labour MP, on ibnlive.in.com, 13 janvier 2014
(4) La Règle des Trente Ans est une mesure de l'UE qui rend les documents des archives d'état accessibles au grand public au bout de 30 ans et un jour après leur date d'émission.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 10:35

Depuis le 1er janvier dernier, le Colorado autorise la consommation récréative de cannabis.

colorado.jpgEn 2012, l'Amendement 64 - approuvé par un référendum au niveau de l'état -  de l'Etat du Colorado (ouest des Etats-Unis) autorisait la population à cultiver, posséder et consommer de la marijuana à des fins privées, dans l'enceinte de leur domicile. Depuis le 1er janvier dernier, la marijuana (ou cannabis) y est désormais produite, taxée et vendue selon le système mis en place pour l'alcool. Dès lors, de nombreux coffee-shops ont ouvert leur porte au moment ou 2013 s'effaçait devant 2014. Au total, c'est une trentaine de débit de cannabis qui sont reconnus par l'Etat du Colorado auprès desquels la population peut venir s'approvisionner pour une consommation personnelle et dite récréative. Considéré comme une drogue douce, le cannabis récréatif peut, selon plusieurs spécialistes en toxicologie, entrainer une dépendance psychique mais par physique même si des effets métaboliques néfastes ont été démontrés à plusieurs reprises. Cela n'a pas empêché le Colorado d'autoriser la commercialisation du produit allant ainsi encore plus loin que les Pays-Bas où, si la consommation est dépénalisée dans certains endroits (coffee-shops, discothèques...), la livraison et la consommation extérieure aux endroits prévus restent prohibées. Des limites ont été fixées par le Colorado ainsi il faut avoir 21 ans au minimum pour être servi dans les coffee-shops, les habitants de l'état peuvent se procurer au maximum une once (soit 28 grammes) de cannabis tandis que les extérieurs à l'état ne peuvent acheter qu'un quart d'once au maximum.

Du cannabis récréatif... et rentable !

Si la loi fédérale continue à considérer le cannabis comme stupéfiant illégal, l'Administration Obama a fait savoir qu'elle laisserait les états souverains en la matière. Car, en effet, d'autres états devraient embrayer sur la démarche du Colorado, l'état de Washington (nord-ouest) en premier lieu mais aussi des états comme l'Oregon (nord), le Maine (nord-est), le Maryland (nord-est), le Michigan (nord), la Californie (ouest) ou le Montana (nord) qui autorisent déjà le cannabis thérapeutique depuis plusieurs années devraient suivre. L'argument pécuniaire est un réel incitant pour ces états. Selon les estimation des autorités du Colorado, la commercialisation du cannabis ouvre un marché estimé à 580 millions de dollars de chiffre d'affaire annuel... sur ce chiffre d'affaire, quelque 67 millions de dollars iront directement dans les caisses de l'état sous forme de taxes diverses !

Evidemment, le débat existe ! Les opposants à cette légalisation affirment que la consommation de cannabis augmentera fortement le nombre de consommateurs, que la levée de l'interdit attirera davantage de personnes vers le cannabis mais aussi que la consommation de cette drogue aura un impact direct sur le fonctionnement de la société avec une baisse de productivité des consommateur et une augmentation de accidents au travail liés à la consommation, avancent-ils. A l'opposé, les partisans affirment, chiffres à l'appui, que la prohibition de drogue n'a jamais empêché sa consommation, qu'elle profitait surtout à une économie parallèle et illégale alors que la légalisation profitera largement à l'état. Quoi qu'il en soit, les pros et les antis se rejoignent sur un point, la légalisation du cannabis devrait développer une nouvelle forme de tourisme au Colorado. On y venait surtout pour le ski et les parcs nationaux, un autre profil de touriste devrait arriver pour les coffee-shops désormais... Une fois encore, la perception de ce nouveau tourisme est différente selon qu'on est partisan ou opposant à la légalisation du cannabis !

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 15:35

Bill de Blasio a prêté serment ce 1er janvier à 00h01' ! Il succède à Michael Bloomberg en tant que Maire de new York.

deblasio.jpgLe Démocrate Bill De Blasio, 52 ans, est le nouveau Maire de New York. Elu le 5 novembre dernier face au Républicain Joseph J. Lhota, De Blasio est entré en fonction ce mercredi 1er janvier alors que retentissaient encore les bruits de feux d'artifices et les cris de joie du passage de l'an. De Blasio est le premier Démocrate à gagner la Mairie de New York depuis David Dinkins, en 1990. "Chers New-Yorkais, vous vous êtes exprimés clairement et fortement sur un nouveau chemin pour notre Ville"(1) déclarait-il au soir de son succès important (73% des voix !), en novembre dernier. Réaliste, l'homme sait que sa tâche sera ardue car si la Ville de New York a fait d'énormes progres en  vingt ans en matière de criminalité, elle est loin d'être idyllique au point de vue socio-économique. "Nous sommes appelé à mettre un terme aux inégalités économiques et sociales qui menacent d'effilocher la ville que nous aimons"(2)  s'est empressé de dire le nouveau Maire de la Big Apple au moment de sa prestation de serment, devant sa maison de Brooklyn, dans le sud-est du Queens. Une prestation de serment qui, comme le font remarquer aujourd'hui les médias new-yorkais, contrastait très fort avec celle de son prédécesseur, Michael Bloomberg, qui avait choisi, en 2002, Time Square et les falbalas du Nouvel An pour la sienne.

Axé sur l'humain et l'environnement !

Homme plutôt discret, Bill De Blasio dispose d'une Maitrise en Sociologie et Ethnologie de l'Université de New York ainsi que d'une Maitrise en Affaire Internationale de l'Université de Columbia. Sa carrière professionnelle débuta, en 1987, dans l'administration de New York, au Département de la Justice pour Mineurs. Militant de plusieurs associations de défense de minorités, proche du mouvement Sandiniste nicaraguayen qu'il soutient publiquement, il entre au service de David Dinkins alors que celui décroche la mairie de New York, en 1990. Lors du second mandat de Bill Clinton (1998-2002), Bill De Blasio est intégré au Département du Logement et du Développement Urbain, à Washington. Cette période au sein de l'Administration Clinton lui permet de développer ses capacités de leader et de dirigeants d'équipe ce qui l'amène à devenir Directeur de la campagne sénatoriale d'Hillary Rodham-Clinton en 2000. C'est avec le soutien des époux Clinton que De Blasio se présente aux municipales new-yorkaises de 2001, dans le 39è District celui de Brooklyn, Kensington, Cobble Hill et caroll Gardens. Elu Conseiller Municipal, il occupe ce poste de 2002 à 2009 avant de devenir le Médiateur de la Ville de New York, en 2010.

Durant son action de Conseiller Municipal, Bill De Blasio s'est toujours érigé en défenseur des petites gens et des minorités, il a ainsi fait voter plusieurs lois de protection des locataires, d'aide au logement pour les porteurs du virus du Sida, contre la discrimination des transexuels ou encore pour l'obtention des mêmes droits et avantages juridiques pour les couples homosexuels que pour les couples hétérosexuels. Bill de Blasio a également agi pour la mise en place d'un service de médiation interculturelle et de traduction pour les immigrés non-anglophones afin de leur permettre de comprendre leurs droits et leurs obligations ainsi que les programmes d'aide gouvernementale en matière d'intégration. Bill De Blasio est profondément centré sur l'être humain. Ses chevaux de bataille sont l'égalité citoyenne, le bien-être, l'accès à l'éducation pour tous mais aussi le développement durable, la protection de l'environnement et le développement des technologies au service des administrations.

C'est sur ces mêmes thèmes qu'il a fait campagne, avec le fort soutien de son épouse, la poétesse afro-américaine Chirlane McCray, et qu'il remporta haut-la-main l'élection face à Joseph J. Lhota. Résolument à gauche, Bill De Blasio a promis de mettre en place une Administration progressiste avec pour objectif la réduction des inégalités sociales et économiques. En effet, alors que New York compte 400.000 millionnaires et 300 multimillionnaires, plus d'un cinquième de sa population (21,5% précisément) vit en dessous du seuil de la pauvreté et 52.000 SDF sont pris en charge par la Ville. Bill De Blasio a d'ores et déja annoncé une première mesure qui ne devrait pas lui faire que des amis, il augmentera les impôts pour les New-Yorkais gagnant plus de 500.000 dollars annuels. L'argent de cette augmentation d'impôts servira à financer l'école maternelle pour tous à partir de 4 ans a-t-il précisé. Il se positionne directement en anti-Bloomberg qui était plutôt le Maire de la finance et des New-Yorkais aisés, même s'il convient de préciser que sous les douze année de gestion de Michael Blomberg, New York s'est bonifiée en matière de santé et d'environnement.

Une criminalité en baisse permanente !

Alors que Bill De Blasio enfile le costume de Maire, la Ville de New York publie les chiffres de la criminalité 2013. Ils sont encore en baisse de 19,5% par rapport à 2012. Avec 333 homicides en 2012(3), c'est le chiffre le plus bas jamais enregistré par New York (417 en 2012, 526 en 2011, 536 en 2010, 417 en 2009, 523 en 2008). La politique de Tolérance Zéro (sanction ferme dès le premier délit) mise en place par Rudy Giuliani, en 1994, porte encore ses fruits 20 ans plus tard. Par rapport à 1990, le taux de criminalité est dix fois moindre à New York ! Pour la première fois de toute son histoire, New York a même enregistré un jour sans crime, c'était le 26 novembre 2012... Big Apple est devenue la grande ville américaine la plus sûre, Bill de Blasio entend qu'elle le reste mais aussi que ses habitants soient plus égalitaires dans les matières sociales et économique... 73% des New-Yorkais l'ont soutenu dans les urnes, combien seront satisfait de son action mayorale ?

Bill De Blasio prêtera officiellement serment à la Mairie de New-York ce 2 janvier à midi, heure locale (18h00 heure belge). Il le fera sur la bible de Franklin Delano Roosevelt, l'artisan du New Deal, pour lequel Bill De Blasio éprouve une très grande estime...

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(1) De Blasio is elected New York City Mayor in Landslide, par Michael Barbaro, in The New York Times, 5 novembre 2013.
(2) Taking office, De Blasio vows to fix inequity, par Michel B. Grynbaum, in The New York Times, 1er janvier 2014
(3) New York City murders drop by 20% in 2013 but not all denizens feel safe, par Edgar Sandoval et Tina Moore on nydailynews.com, 30 décembre 2013.

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 14:05

Depuis ce 1er janvier 2014, la carte de couverture sociale disparaît progressivement pour faire place à un nouveau système.

sis.jpgLa carte Système Information Sociale (SIS) est un document dont dispose, en Belgique, tous les citoyens couverts par un organisme de sécurité sociale. Elle a pour vocation d'identifier les assurés sociaux et connaitre leurs statut et droits  afin de faciliter le remboursement des dépenses de santé. Entrée en vigueur en 2003 et contenant toutes les données relatives à l'assuré, la carte SIS est en voie d'extinction, elle sera remplacée par le système MyCareNet qui est accesible via la carte d'identité électronique de chaque individu. La migration vers un nouveau système est préparée par la Banque Carrefour de la Sécurité Sociale, l'INAMI (Institut National d'Assurance Maladie-Invalidité) et les différentes mutualités. Cette transition a débuté et se fera progressivement. En effet, ce 1er janvier, on ne produit plus de cartes SIS et celles dont la validité arrive à échéance dans les semaines et à venir ne seront pas renouvelées. Les données d'assurabilité ne sont pas transférées sur la carte d'identité électronique mais celle-ci devient progressivement le sésame qui permet aux professionnels de la santé et de la sécurité sociale d'accéder aux dites données, via le réseau sécurisé MyCareNet, qui relie les professionnels de la santé et les mutualités. La carte d'identité électronique devient donc la clé d'accès aux données de chaque assuré. Il y a donc, en définitive, une double sécurité au nouveau système mis en place puisque il faut deux éléments pour remplir les deux objectifs de l'actuelle carte SIS. L'identification de l'assuré se fera via la carte d'identité électronique (eID) tandis que le statut des assurés sera connu via MyCareNet.

Au delà de la carte d'identité électronique, diverses alternatives sont prévues car chaque assuré social ne dispose pas encore forcément de l'eID. Ainsi, les personnes en attente d'une carte d'identité électronique recevront une carte appelée ISI+ (ndlr Identification Sociale Identificatie et + pour préciser que le document vient en complément ou en attente de l'eID) tout comme les travailleurs frontaliers qui résident au GD Luxembourg, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en France mais qui travaillent en Belgique. Les enfants de moins de 12 ans disposeront également de cette carte ISI+.


Les avantages de ce nouveau système, outre une sécurité accrue, résident surtout dans l'actualisation des données consultées par les prestataires de soins. Le nouveau système est déjà en vigueur, depuis quelques mois, dans les pharmacies, 80% des pharmaciens belges utilisent déjà MyCareNet, les 20% restants devront migrer avant le 1er janvier vers ce système. Les hôpitaux, les dispensateurs de soins, les CPAS, les institutions de sécurité sociale, la médecine du travail et les administrations fiscales implémentent progressivement la consultations en ligne via MyCareNet pour être prochainement opérationnels. A toutes fins utiles, une période de transition est prévue et les cartes SIS non périmées pourront encore être utilisées pendant quelques mois après le basculement vers MyCareNet. Les deux systèmes cohabiteront donc pendant un moment, le temps d'assurer la migration complète vers le nouveau...

info déjà donnée en juillet 2013 => La fin de la carte SIS

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