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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 10:17

En amoureux de la capitale anglaise, je partage mes bons plans pour un city trip à Londres, cet été...

 

Divers-04.jpgCa sent la fin des vacances mais finalement, aujourd'hui on ne part plus forcément les quinze premiers jours de juillet ou d'août. Alors j’ai envie de jouer un peu les guides touristiques et de vous dire : plutôt que d’aller s’entasser, oint d’huile solaire, sur les plages de la Costa Blanca ou dans les clubs de vacances formatés, pourquoi ne pas partir à la découverte de quelques grandes villes européennes. Deux ou trois city trips ne coûteront pas plus cher qu’une dizaine de jours dans un club… Et parmi toutes ces grandes cités européennes à découvrir (pas forcément en été) il y en a une qui cumule bien des avantages c’est Londres. La capitale britannique est toute proche, à deux heures de trains de Bruxelles ou Paris, elle est dépaysante, elle est remplie de culture et de choses à voir et, contrairement à ce que beaucoup disent, elle n’est pas si chère à vivre, à condition de savoir la pratiquer et de connaître quelques trucs pour contourner les pièges à touristes ! En amoureux de Londres, ce sont ces quelques trucs que j’ai envie de partager avec vous afin que vous puissiez profiter aussi de cette belle ville que je commence à connaître comme ma poche.

Il faut d’abord savoir que Londres est une ville chargée d’histoire, de culture et de cultures. N’oublions qu’elle fut, des dizaines d’années durant, la capitale de tout l’empire britannique, c'est-à-dire la ville la plus importante du monde. De cette époque dorée il reste un mélange de nationalités et de cultures qui font de Londres une ville cosmopolite, mais aussi une histoire et une culture que l’on trouve dans les nombreux musées de la ville… Il faut aussi se rendre compte que Londres est une ville immense, elle s’étend sur 1579 kms². A titre de comparaison, Paris couvre 105 kms²… Londres compte 33 districts mais seuls cinq d’entre eux sont réellement intéressants à voir et à découvrir : La City, cœur historique de la ville, Westminster, le plus grand des quartiers centraux, Kensington & Chelsea(1), qui abrite notamment le coquet quartier de Nothing Hill et le marché de Portobello Road, Tower Hamlets, où se trouve le quartier de Whitechapel, où sévît Jack l’Eventreur, et Canary Wharf un quartier moderne d’affaires et de commerce, ou encore Camden, où l’on trouve la gare Saint-Pancras, arrivée de l’Eurostar, et les fameux Camden Market et Camden Lock Market…

London1.jpg
Mais rien qu’avec ces cinq districts, on peut passer plusieurs jours à découvrir Londres tant il y a des choses à faire.

Londres, une ville chère ? Non !


Je voudrais tordre le cou à cette rumeur qui fait dire à beaucoup de monde que Londres est chère. Au contraire, elle est loin d’être inabordable ! Une connaissance me disait récemment que Londres et Paris étaient trop chères, mais elle regarde les vitrines de la Place Vendôme ou le prix des Hiltons… Forcément que c’est cher ! C’est le genre de choses qu’elle ne regarderait pas à Bruxelles ou à Liège parce qu’elle sait que c’est cher ! Comparons ce qui peut être comparé, s’il vous plait !

Logement : en passant par une agence de voyage, on peut trouver des hôtels agréables et propres, un peu vieillot certes mais plus que raisonnables, à partir de 39,00€ la nuit. Via le net, on peut même trouver des chambres en dessous de 20 euros par nuit et par personne.

Voyage : l’aller/retour Bruxelles Midi – Londres Saint-Pancras coûte 88,00€ et encore il existe souvent des tarifs promotionnels. Cela doit être à peu près pareil depuis Paris.

Déplacement dans Londres : la marche est, sans conteste, le meilleur moyen de se déplacer dans Londres. Le métro est certes plus faciles, les stations de l’Underground pullulent mais le ticket simple(2) est parmi les plus chers d’Europe : 4,30£ (soit ± 5,43€). Mais il existe des moyens faciles de diminuer ce coût. Pour un séjour de plus de trois jours ou en cas de voyages fréquent à Londres, il existe la Oyster Card, un abonnement électronique rechargeable comme une carte téléphonique qui rend les déplacements moins onéreux (2£ par trajet avec un plafonnement à 7,00£/jour). Cet abonnement rechargeable coûte 5£ (6,32€) de frais fixe et peut être rechargée par tranches de 5£. Elle est non-périmable et les sommes chargées sur la Oyster Card restent valables indéfiniment. Sinon, il y a la One Day Travel Card qui permet prendre le métro autant de fois que l’on veut sur une seule journée. Cette carte coûte 8,40£ (10,62€) c'est-à-dire que pour un simple aller/retour elle est déjà moins chère que le ticket simple. Mais si vous prenez cette One Day Travel Card dans la période off peak, c'est-à-dire en dehors des heures de pointe, soit après 9h30 du matin, son coût tombe encore à 7,00£ (8,85€)… Et finalement, le temps de s'éveiller, de se préparer et de déjeuner, il est vite passé 9h30. Pour les séjours courts, la One Day Travel Card est avantageuse

Manger : il existe à tous les coins de rues des petits snacks sympathiques à des prix abordables. Je cite, sans être exhaustif, Eat (sandwiches, salades, fruits,…), Prêt à Manger (sandwiches, salades, fruits,…), Wasabi (plat japonais froid ou chaud)… Mais aussi des petites surfaces de l’enseigne Tesco ou Sainsbury's où l’on peut acheter des sandwiches préparés et des salades prêtes à consommer ou de quoi se composer son propre sandwich. Toutes ces options permettent de manger raisonnablement pour 5,00 à 10,00 livres (6,32 à 12,64€) ! Il y a aussi une kyrielle de buffets asiatiques ou indiens en dessous de dix livres et, évidemment, les mêmes fast-foods que chez nous, aux mêmes prix que chez nous…

Un bon plan pour manger est de repérer une administration ou un bureau et, sur le coup de midi ou midi trente, de suivre les gens qui en sortent. Les Londoniens mangent hors du bureau. En les suivant vous trouverez des petits endroits sympas, à des prix abordables et à l’abri des touristes. Ainsi, lors d'un de mes premiers séjours londoniens, je me suis retrouvé à manger des sushis (achetés chez Wasabi) dans la cour de la Somerset House, un musée sur le Strand, avec des Londoniens qui s’aéraient sur leur pause de midi !

Quelques bons plans pour remplir trois jours à Londres !


En prenant l’Eurostar de 8h04 à Bruxelles-Midi, on arrive à Saint-Pancras à 9h56. Mais avec le décalage d’une heure, il n’est que 8h56 à Londres… Toute la journée est devant vous ! Un petit détour par l’hôtel pour déposer le bagage et c’est parti pour la découverte.

Jour 1 : un métro de l’hôtel jusqu’à la Station Westminster qui débouche au pied de Big Ben. London2Une traversée du London Bridge et une balade le long de Bankside (rive sud de la Tamise). Il y a là des vues exceptionnelles sur l’Abbaye de Westminster, House of Parliament et Big Ben. Là, une visite à la Tate Modern s’impose, c’est totalement gratuit et on y voit des œuvres contemporaines et modernes de Dali, Monet, Warhol, Picasso, Lichtenstein…
La balade permet aussi de voir le Globe Theatre, où Shakespeare joua ses premières pièces à Londres, l'impressionnant London Eye ou la Queen's Walk. Cela comble largement une matinée.

Pour l’après midi, une visite de Tower Bridge (metro Tower Hill) pour rester dans le même coin. London4.jpgL’entrée est à 8,00£ (10,12€) par adulte mais la visite vaut réellement la peine, surtout celle de la salle des machines où est expliqué le principe de levage du pont qui date de 1894. Pour terminer cette journée, on reprend un métro pour une petite balade dans Hyde Park, c’est calme et relaxant, les Anglais y lisent, y courent, y jouent au volley ou au frisbee… Il y a deux plans d’eau, le Serpentine et Long Water, sur lesquels il est possible de faire un peu de pédalo. Mais deux heures de calme avec un bon livre dans Hyde Park c’est tout simplement délicieux ! En soirée, après un petit souper, une balade sur Piccadilly Circus (métro Picadilly) et Trafalgar Square et un petit verre en terrasse pour profiter de l’ambiance.

Jour 2 : Direction Covent Garden (métro éponyme) pour flâner sur la Piazza, véritable lieu de plaisir livré aux artistes de rue et aux petits commerçants. covent-garden.jpgIdéal pour dégotter, à petit prix, le t-shirt original ou le bijou fantaisie que l’on ne verra pas chez nous. En remontant vers Tottenham Court Road, on peut aller facilement à pied jusqu’au British Museum, visite incontournable de tout séjour à Londres, d’autant plus incontournable que totalement gratuit. Visiter les Souvenirs & gifts shops du British c’est déjà faire une visite du musée. Le British Museum est, pour moi qui suis grand amateur de musées, le plus beau musée du monde. On pourrait y passer des jours sans en faire le tour. Je vous conseille les vestiges du Mausolée d’Halicarnasse (l’une des sept merveilles du monde), la Pierre de Rosette, le buste d’Hercule et celui de Ramsès II, la momie Ginger ou encore l’expo
Cradle to Grave qui montre la pharmacie moyenne d’un anglais qui avalera quelque 14.000 médicaments sur toute son existence…

Après le repas, une visite du Musée Sherlock Holmes (métro Baker Street) pour se plonger dans l’univers unique de Conan-Doyle (entrée à 6,00£ - 7,59€ - par adulte). Musee_Sherlock_Holmes_1.jpgSur Baker Street, au 221b, comme dans les romans, l’habitation de Sherlock Holmes a été totalement reconstituée dans une maison victorienne fidèle aux descriptions qu’en fait l’auteur. Tout l’univers holmesien est reconstitué parfaitement, un vrai plaisir même pour ceux qui ne maitrisent pas vraiment l’ambiance unique des écrits de Conan-Doyle. Après la visite, un petit détour par le shop où l’on peut trouver gadgets et livres relatifs à Sherlock Holmes… En revenant sur Baker Street, on quitte l'univers de Sherlock Holmes pour plonger dans la pop music et le rock. Dans cette même rue, quasiment face à face, on trouve le magasin officiel des Beatles (tout ce qui peut se vendre sous licence officiel des Beatles s'y trouve) et It's Only Rock 'n Roll, une boutique un peu underground où l'on trouve des t-shirts, des mugs, des badges, des écharpes, des drapeaux à l'effigie des Rolling Stones, des Who, de Queen, de Sex Pistols et de tous les grands groupes de rock anglais. C’est un peu kitsch, mais c’est une plongée dans les années soixante, septante et quatre-vingt, surtout si le propriétaire du magasin est là… Il est tout droit sorti des sixties !

Jour 3 : rendez-vous à 11h00 précises devant Buckingham Palace (Metro Saint-James Park) pour la relève de la Garde(3) qui dure une quarantaine de minutes. releve-de-la-garde.jpgC’est plutôt impressionnant de voir ces Gardes de la Reine, imperturbables, changer le tour de garde au pas cadencé et en musique. Ensuite, soit une visite à la Tate Gallery, non loin de Westminster Abbey (métro Westminster) si vous avez encore envie de musée ; soit une balade sur le Strand, une artère très animée parallèle à l’Embankment (rive nord de la Tamise). Je vous conseille une visite de Temple Church (métro Temple), une église construite, au 12è siècle, par les Chevaliers du Temple. Si je vous dis que c’est cette église qui abrite les tombeaux de chevaliers que l’on voit dans le film Da Vinci Code (Ron Howard, 2006), vous saurez de quelle église je parle, je pense… Elle est splendide même si elle a perdu une partie de son âme lorsqu’elle fut détruite lors de la seconde guerre mondiale et reconstruite.

Voila, il sera temps de penser à reprendre l’Eurostar pour rentrer à la maison mais vous aurez visité Londres pour pas grand-chose. Faisons le compte si vous voulez

Voyage : 2 x 88,00€ = 176,00€
Logement + petit déjeuner : 2 x 2 nuitées à 39,00€ = 156,00€
Déplacements métro : 3 x 2 One Day Travel Card off peak = 53,10€
Repas de midi : 3 x 10,00£ (12,64€) = 37,92€
Repas du Soir : 3 x 10,00£ (11,50€) = 37,92€
Visite de Tower Bridge : 2 x 8,00£ (10,12€) = 20,24€
Visite du Musée Sherlock Holmes : 2 x 6,00£ (7,59€) = 15,18€
Argent de poche pour se faire plaisir et ramener un ou l’autre souvenir = 50,00€

Cela fait un total de 546,36 euros pour trois jours plein, tout frais compris, pour deux personnes… Soit 273,18€ par personne !

En comparaison : une semaine pour deux, à Alanya, en Turquie, all inclusive, en août = 2096,00€(4), soit un coût quotidien de 299,42€, c'est à dire 897,60€ pour trois jours pleins, tout compris soit 448,80€ par personne pour la même durée que le trip londonien ci-dessus.

448,80€ par personne, tout compris, pour trois jours dans un club qui sent l'huile solaire en Turquie;
273,18€ par personne, tout compris, pour trois jours à Londres dans la ville la plus fantastique d'Europe.
Qui a dit que Londres était cher ?

A voir mais payant !


Londres est la ville qui offre le plus d’attractions touristiques gratuites au monde, le site internet Visitlondon en répertorie 250 ! Si vous voulez, cependant, ajouter quelques visites classiques mais payantes voici celles que je vous recommande :
La Tour de Londres, avec les joyaux de la couronne : 21,00£ (26,57€) par adulte
L’abbaye de Westminster : 16,00£ (20,23€) par adulte
The London Eye (la grand’roue qui offre une vue unique sur la capitale) : 17,00£ (21,50€) par adulte

A éviter à tout prix !


- le bus touristique qui est hors de prix et qui est sans cesse coincé dans la circulation ;
- la croisière sur la Tamise qui est longue et soporifique. Privilégiez plutôt une promenade à pied le long du fleuve… ;
- le musée de Madame Tussaud, horriblement cher pour finalement pas grand-chose ;
- les repas dans des restaurants un peu chics ;

On peut très bien passer par Londres sans se soucier de ces choses-là !

Voila tous mes bons plans pour une visite inoubliable dans l’une des villes les plus captivantes d’Europe.

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(1) Ou ne se trouve, c’est paradoxal, le club de foot londonien de Chelsea qui se trouve dans le district d’Hammersmith & Fulham…
(2) pour les zones 1 et 2 qui permettent de couvrir les cinq zones intéressantes (voir illustrations) de Londres
(3) Attention tous les jours de mai à juillet mais uniquement un jour sur deux d'août à avril
(4) calcul fait sur le site de Thomas Cook Belgique, le 23 août 2012

A lire aussi :
  - Londres n'est pas une ville particulièrement chère
  - Londres : manger de 3 à 85 livres

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 16:51

Le loyer et le panier de la ménagère londoniens sont moins chers qu'à Paris, Bruxelles ou Francfort.

Big-ben-03.jpgJe rentre de Londres où j'ai passé d'agréables moments pour cet été. Evidemment, après les vacances estivales, l'on évoque souvent entre collègues ou entre amis nos escapades et la façon dont on a passé nos moment de villégiature estivale. Quand je rentre de Londres et que je parle de mon séjour, j'ai droit à chaque fois au même commentaire laconique "mais Londres c'est une ville chère !". D'abord, ceux qui disent ça sont, la plupart du temps, des voyageurs de salon, ils ne quittent que très peu, voire pas, le confort doucereux de leur canapé, ensuite il faut casser cette réputation faite à la capitale anglaise d'être l'une si pas la plus chère des villes européennes. Londres se vit, au quotidien, avec des moyens tout à fait abordables et se révèle vite moins chère à vivre que Bruxelles, Francfort, Berlin, Genève et, surtout, Paris. Il y a 1001 façon d'aborder Londres sans dépenser plus d'argent qu'en restant chez soi. Je vous invite à (re)lire Londres : bons plans à cet égard. Ainsi, par exemple, lors de notre récent séjour (à l'exception d'un restaurant gastronomique où nous rêvions d'aller et qui, en définitive, n'était pas plus cher qu'un établissement similaire à Liège) à aucun moment nous n'avons dépenser plus de 15 euros pour un repas pour deux, en mangeant tantôt des sushis, tantôt des sandwiches, tantôt des mezzes... Les sushis sont d'ailleurs un excellent exemple ! A Liège lorsque l'on veut en manger, il faut compter au minimum 15 euros pour six sushis, à Londres nous avons payés 6,99 livres pour six pièces, soit 8,84 euros. Je vous prie de croire qu'ils étaient d'excellentes qualité ! Autre exemple de mon séjour, j'ai vu sur Regent Street, l'artère commerciale la plus réputée de Londres, une paire de chaussures de marque Clark's. Elle était soldée à 89,99 livres (113,82 euros), hier en passant dans la Galerie Saint-Michel, à Liège, j'ai vu une paire de chaussures Clark's assez similaire, par curiosité je suis entré dans le magasin afin de voir le prix. Elle était à 129,99 euros... Les exemples pareil, dans différents domaines, je peux les multiplier à foison !

Mais par delà mon expérience personnelle et mon avis - qui reste quand même la référence ultime lorsqu'il m'arrive de vouloir savoir ce que je pense ! - il y a des faits concrets, avérés et constatables par tous. Ainsi, la société suisse de services financiers UBS établit, chaque année, son étude Prix & Salaires dans les plus grandes villes d'Europe. Cette étude éclaire efficacement sur le coût de la vie à Londres. En termes de consommation courante, UBS a analysé un panier alimentaire composé de 39 produits de grande consommation (pain, lait, eau, pâtes, charcuteries diverses, fromages, fruits, légumes,...), les chiffres sont révélateurs :
- à Londres, ce panier coûte 273€;
- à Francfort, il coûte 295€, soit 8,06% en plus;
- à Bruxelles, il coûte 320€, soit 17,22% en plus;
- à Lyon, il coûte 359€, soit 31,50% en plus;
- à Paris, il coûte 391€, soit 43,22% en plus;
- à Zurich, il coûte 503€, soit 84,25% en plus...
Des supermarchés comme Tesco ou Sainsbury's(1) regorgent dans la capitale anglaise, on y trouve des produits de très grandes fraicheur et qualité à des prix qui feraient rougir Carrefour, Colruyt ou Delhaize. A côté de ces grandes surfaces, on trouve à Londres de nombreux commerces de proximité ouverts très tard et dans lesquels on trouve des produits alimentaires à des prix abordables.

Au delà du panier de la ménagère, UBS s'est aussi penché sur le coût moyen du logement. Si Londres est plus cher à ce niveau que Francfort, Berlin ou Lyon, elle reste nettement moins onéreuse que Bruxelles ou Paris. A titre de comparaison, les prix moyens pour le loyer d'un appartement deux chambres, sans garage dans le centre-ville est de :
- 1640€ par mois à Londres;
- 1750€ par mois à Bruxelles, soit 6,71% en plus;
- 1920€ par mois à Paris, soit 17,07% en plus...

Ce qui reste, par contre, plus cher à Londres, ce sont les transports en commun. Le ticket de bus ou de métro y est 40% plus cher qu'à Bruxelles et à Paris. Mais, finalement, le meilleur moyen de découvrir une ville étant de la parcourir à pieds, cela ne coûtera donc pas très cher au touriste de canapé... enfin s'il se décide à quitter son salon pour voyager.
Ajoutons encore que la plupart des musées sont totalement gratuits et qu'il y a moyen de remplir un city-trip londonien sans dépenser le moindre euros pour des activités culturelles ou des balades exceptionnelles dans des parcs et dans des quartiers remarquables. Londres est franchement accessible financièrement pour les touristes; rien ne m'horripile davantage que ces gens qui taxent cette ville magnifique de cherté sans la connaitre, sans l'avoir pratiquée ou sans même parfois avoir quitté leur fauteuil. Londres est l'une des villes les plus attractives d'Europe tant par ce que l'on peut y faire que par les prix du logement(2) ou le coût de la vie sur place. Lorsque j'entends ce commentaire laconique "Mais Londres c'est une ville chère !", je n'ai qu'une seule envie, celle de répondre : "C'est tout le contraire de la vérité !". Londres est exceptionnelle, abordable et propre. Si l'on y ajoute un niveau d'éducation et de culture très élevés (éverestique par rapport à Liège, oserais-je même dire !), Londres est à (re)découvrir absolument, s'en priver constitue un gouffre culturel immense...

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(1) Sainsbury's a été primé, en 2009, par le WWF pour son approche de la consommation durable et son combat pour des produits dépourvus d'huile de palme ou à base d'huile de palme produite de façon durable.
(2) certaines agences de voyages proposent déja des nuitées d'hôtel à 29€ par personnes contre 38€ pour Paris, par exemple

A lire également :
  - Londres : bons plans
  - Londres, manger de 5 à 85 livres

 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 13:33

Une série de trois articles pour démontrer à ceux qui pensent que Londres est une ville chère se trompent lourdement !

piccadilly-02.jpgCombien de fois ai-je entendu dire que Londres est une ville hors de prix, qu'elle est inabordable. Encore avant de partir pour mon séjour estival dans la capitale anglaise, certaines de mes connaissance s'étonnaient que je pusse m'offrir huit jours à Londres. Clairement, c'est huit jours m'ont couté moins cher qu'un séjour de la même durée dans une rotissoire à touriste turque, espagnole ou tunisienne en all-in. Les préjugés ont la vie dure, ainsi pour une (très) grande majorité de personnes, Londres est une ville chère. C'est tout le contraire de la vérité ! Aussi ai-je décidé de consacrer une série de trois articles à Londres, à sa vie quotidienne et à son tourisme afin de démontrer qu'il est grand temps de tordre le cou à des rumeurs infondées. Bien sûr, il y a des choses très chères à Londres (le mètre carré à Belgravia ou à Knightsbridge n'est pas à portée de toutes les bourses mais l'est-il plus avenue Montaigne ?) mais c'est à l'image de toutes les grandes villes européennes. A travers cette série d'articles nous apprendrons à cerner les prix pratiqués à Londres mais aussi à aborder la ville par les bons côtés... Ainsi :

L'article Londres n'est pas une ville particulièrement chère ! mettra en évidence que les loyers et le panier de la ménagère londoniens sont moins chers qu'à Paris ou à Bruxelles;

L'article Londres : bons plans ! mettra en évidence qu'un séjour à Londres peut être nettement moins onéreux que des vacances dans les clubs à touristes tartinés d'huile solaire que proposent les tours opérators;

Enfin, l'article Londres, manger de 3 à 85 livres parlera des cuisines que l'on trouve à Londres et des prix plus que raisonnables pratiqués dans la capitale anglaise.

Londres n'est pas une ville aussi chère qu'on veut bien le croire, nous allons le démontrer !

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 07:55

Elvis Presley, 1977-2012, trente-cinq ans déjà...

Il y a 35 que mourrait The King... Il reste aujourd'hui le second artiste mort le plus "bankable" derrière Michael Jackson. Né en 1935, à Tupelo dans le Mississippi, Elvis aura eu une carrière somme toute assez courte entre son premier disque enregistré à ses frais (quatre dollars) dans un studio de Sun Records à Memphis, en 1953, et son dernier concert à Indianapolis, le 26 juin 1977, il se sera écoulé 24 ans... Il a vendu, au total, plus d'un milliard de disques, dont trois cents millions post-mortem. 90 disques d'or, 52 disques de platine, 25 de multi-platine mais aussi un record unique : 133.500.000 exemplaires vendus d'un seul et même disque, The Elvis Christmas Album, paru en 1957. Mais Elvis Presley c'était, avant tout, une voix exceptionnelle et l'un des symboles majeurs de la révolution rock 'n roll qui bouleversa les Etats-Unis à partir des années '50. Ses déhanchements lascifs, ses tenus parfois osées et certaines paroles de ses chansons choquèrent l'Amérique bien-pensante et ont contribué à l'éclosion de la Beat Generation qui changea les mentalités américaines.

En hommage au King Elvis Presley :

Always on my mind (1972)



Jailhouse Rock (1957)


Fever (Live in Hawaï en 1973)

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 14:52

Aux J.O., les athlètes devront se méfier de leurs tweets et autres commentaires sur les médias sociaux.

twitterJO.jpgLes médias sociaux ont atteint les milieux athlétiques et sportifs comme tous les autres milieux, il n'y avait pas de raisons que les sportifs de haut-niveau ne succombent pas à ces médias que d'aucuns se complaisent toujours à qualifier de "nouveaux" alors que certains d'entre-eux frôlent le cap de la décennie. Evidemment qu'ils y ont succombé, c'est un moyen rapide et large de diffuser leurs exploits. Avec Twitter, Facebook ou YouTube, les sportifs n'ont plus besoin d'attendre les médias traditionnels pour ventiler leurs performances... Lors des Jeux Olympiques, les athlètes présents à Londres ne se priveront pas de tweeter ou de facebooker mais le Comité International Olympique (CIO) a décidé d'imposer certaines règles que les participants aux J.O. se devront de respecter. Gare à celui qui les transgressera, la triple-sauteuse grecque Voula Papachristou l'a d'ores et déjà appris à ses dépens ! Pour un tweet à caractère raciste, elle a purement et simplement été exclue des Jeux Olympiques avant même qu'ils ne commencent ! Respectant les consignes du CIO, le Comité Olympique Grec a pris la seule décision qui s'imposait pour sanctionner un message qui va à l'encontre des valeurs de l'olympisme : l'exclusion. "Elle s'est placée elle-même hors de l'équipe olympique"(1) a déclaré le Président du Comite Olympique Grec, Spyros Kapralos, "Elle a manqué de respect à une valeur olympique de base. Elle a commis une erreur et, dans la vie, on paie pour ses erreurs"(1). L'apparition des médias sociaux a engendré une vigilance accrue de la part du CIO qui, voici quelques années encore, pouvait règler certains dérapages en son sein, sans que ce ne soit ébruité sur la place publique. Mais Twitter, Facebook et autres blogs ont permis la diffusion rapide de certaines informations et de certains états d'âmes ou d'esprit... Parfois trop rapide ! On se souviendra, en mars dernier à l'issue des tueries de Toulouse, des prises de position sur Twitter du footballeur français, André-Pierre Gignac, et du Cycliste Jérôme Pineau qui avaient suscité des polémiques, mais aussi des insultes à l'encontre d'un arbitre lancées sur le même réseau par le joueur de Liverpool, Ryan Babel, qui avait d'ailleurs été condamné à une lourde amende pour ses propos, ou encore des propos homophobe tenus, en 2010, par la nageuse australienne Stephanie Rice qui lui avaient fait perdre un gros contrat publicitaire.

Conscient qu'il ne peut pas interdire - heureusement d'ailleurs - aux athlètes présents à Londres d'utiliser les médias sociaux, le CIO a quand même tenu à donner des consignes. Ces consignes sont les suivantes :
- les athlètes ne doivent pas jouer aux journalistes, ils doivent écrire à la première personnes du singulier (ou du pluriel s'ils évoquent leur équipe) comme dans un journal personnel;
- les propos qui vont à l'encontre de la Charte Olympique sont interdits;
- les propos vulgaires et grossiers sont également prohibés;
- toute forme de publicité est à exclure des propos laissés sur les réseaux sociaux.

Le CIO a clairement prévenu que tout commentaire intempestif laissé sur les médias sociaux exposera son auteur à une exclusion prématurées des Jeux Olympiques ! Mais ces règles sont valables pour l'ensemble des personnes (sportifs, encadremenent, journalistes, accompagnants...) accréditées par l'organisation. Les accréditations accordées aux athlètes ou aux organisations présents sur les Jeux pourront être retirées sans préavis en cas de manquement aux consignes a encore précisé le CIO. Et finalement, l'exclusion de Papachristou tombe à pic pour convaincre ceux qui en doutaient que le CIO et ses branches nationales veillent au grain. Le comportement de Voula Papachristou et la sanction liée vont rendre les autres athlètes plus prudents, pense-t-on du côté du CIO. Afin d'éviter tout dérapage avec deux athlètes considérés "à risques", le Comité Olympique Australien a purement et simplement privé deux nageurs, Kenrick Monk et Nick D'Arcy, de réseaux sociaux. Pendant toute la durée de leur présence à Londres, ils ne pourront ni tweeter, ni facebooker, quelle que soit la teneur du message, sous peine de se voir exclus de la délagation australienne. Après les frasques de Rice, les autorités olympiques australienne ne rigolent pas avec dérapeurs potentiels... Il en va de l'image de marque de leur délégation et donc de leur pays !

Parfois, 140 caractères peuvent ruiner toute une préparation olympique et des espoirs de médailles. Les athlètes participants aux J.O. de Londres ont intérêt à garder cette pensée à l'esprit !

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(1) Papachristou : Voula, c'est déjà fini les Jeux !, par J.G., on metrofrance.com, 26 juillet 2012

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 10:40

La peine de mort décline aux Etats-Unis... pour une simple question de coûts en période de crise !

dead.jpegLe nombre d'exécutions a diminué de 50% depuis l'an 2000 aux Etats-Unis. Warren Hill aurait du être, lundi dernier, le 25è condamné à mort exécuté en 2012 mais la Cour d'Appel a suspendu, in extrémis, la procédure à la demande de ces avocats qui remettent en cause la constitutionnalité de l'inection létale(1). Cette suspension décidée par la Cour d'Appel ramene la peine de mort au seuil de l'actualité américaine et relance, à quelques semaines des élections, le débat sur cette sentence extrême qui est encore d'application dans 33 des 50 états ralliés à la Bannière Etoilée. Il n'y a eu "que" 24 exécutions capitales en 2012 au Pays de l'Oncle Sam. Force est de constater que, si la situation n'est pas encore optimale pour les partisans de l'abolition, elle tend vers un réel déclin de la pratique des peines capitales. En effet, les statistiques montrent qu'il y a eu une cinquantaine d'exécutions en 2011 soit deux fois moins que dans les années nonante ou l'on frôlait voir on dépassait les 100 mises à mort annuelles. Prise de conscience d'un processus qui va à l'encontre des Droits de l'Homme ?  Non, simple réalité lié à la crise économique actuelle ! Pareillement, les condamnations sont aussi en forte baisse puisque l'on en recense quelque 110 sur l'année passée soit trois fois moins qu'en 1996. Géographiquement aussi le déclin se marque; si 33 états appliquent toujours la peine de mort, seuls 12 d'entre-eux y ont eu recours en 2010. Force est aussi de constater que les états sudistes restent plus accrochés au maintien et à la pratique de la peine capitale puisque 80% des éxécutions de l'année 2010 ont eu lieu dans un état du sud. Certains états restent de farouches partisans de la peine de mort comme le Texas (17 exécutions en en 2010 soit 37% du total national*), ou la Floride par exemple mais, à contrario, d'autres entassent des condamnés dans des couloirs de la mort depuis plusieurs années sans procéder aux exécutions à l'image de la Californie (717 détenus y sont en attentes dans le Couloir de la Mort) et du Maryland. Le Connecticut a aboli la peine de mort en 2012 et, selon toutes vraissemblance, quatre états devraient prochainement l'abolir également : la Californie, le Kansas qui n'a pratiqué aucune exécution depuis le rétablissement de la peine de mort en 1977), le Maryland et le Colorado. Avec ces quatre états, on arriverait à 21 états ayant aboli la peine de mort; lorsque ce nombre dépassera les 25 états - soit la moitié - la question de l'abolition totale sera forcément remise à l'ordre du jour. 

Une question de coûts...


La peine de mort a été rétablie en 1977 aux Etats-Unis après avoir été purement abolie entre 1967 et 1976. Depuis 1977 ce sont donc 4922 détenus qui ont été mis à mort. Il faut cependant constater que les trois quarts de ces exécutions ont eu lieu entre 1977 et 1990. Depuis les années nonantes, il y a une réelle décélération du processus; une décélaration qui se marque encore davantage depuis trois ou quatre ans. Mais le déclin de la pratique de la peine de mort n'est pas forcément lié à une évolution des moeurs sociales, non il serait plutôt lié à l'aspect économique. En effet, contrairement aux idées reçues, le coût de l'application de la peine de mort (y compris la détention dans des couloirs de la mort sursécurisés) pour un détenu coûte jusqu'à dix fois plus cher que la prise en charge d'une peine de prison à perpétuité pour ce même détenu(2). C'est d'ailleurs le coût de la prise en charge de la peine de mort qui incite le Kansas à vouloir abolir cette pratique. Clairement, si aucune exécution n'a eu lieu depuis le rétablissement de la peine de mort, le Kansas compte neuf détenus dans des couloirs de la mort. L'entretien et la surveillance des couloirs de la mort, la prise en charge des détenus dans ces couloirs coûtent plus d'un million de dollars par an aux états qui pratiquent la peine de mort tandis que le coût d'un détenu condamné à perpétuité est de l'ordre de 25.000 dollars annuels. Ainsi, dans le cas précis du Kansas, les neufs détenus coûteraient 225.000 dollars à la collectivité s'ils étaient simplement condamnés à perpétuité au lieu du million de dollars actuel. Soit une économie de 775.000 dollars par an. De façon globale, la suppression de la peine de mort, et donc des couloirs de la mort, permettrait une économie importante pour tous les états qui la pratiquent. Un aspect concret et pratique que les autorités de certains états ont bien à l'esprit en cette période économiquement très délicate pour les Etats-Unis

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(1) Etats-Unis : le condamné Warren Hill sauvé sur le fil, on www.lexpress.fr, 24 juillet 2012

* à noter que pour des questions économiques,le Texas a supprimé, en 2011, le traditionnel dernier repas du condamné. Cette "tradition" voulait que le condamné à mort puisse choisir lui-même son ultime repas estimant inconvenant de permettre un choix pareil à une personne au seuil de l'exécution.
(2) En pleine crise, des états américains s'inquiètent du coût de la peine de mort, par Ségolène de Larquier, on lepoint.fr, 18 février 2009.

P2012

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 14:36

Le Tour de France s'est achevé, il laisse comme un goût de trop peu en bouche... je trouve que cela devient une mauvaise habitude !

tdf12.jpgLa victoire de Mark Cavendish, hier, sur les Champs-Elysées ponctue le formidable tour de l'équipe Sky. La formation de David Brailsford était simplement la plus forte de cette 99è édition : les deux premières places du podium et six victoires d'étapes (trois pour Cavendish, deux pour Wiggins et une pour Froome), elle a tout controlé pour s'imposer en patronne. Tout comme, l'an passé, Cadel Evans fut le premier Australien à graver son nom sur le palmarès du Tour, Wiggins en est, cette année, le premier Anglais. Son succès est simplement et largement mérité ! Après l'ère Armstrong, le cyclisme développe de plus en plus ses accents anglo-saxons. N'en reste pas moins que l'on s'est profondément ennuyé sur ce Tour de France version 2012... Ce qui m'agace prodigieusement c'est que cela fait plusieurs années que je pose le même constat à l'issue du Tour. Oui, le Tour de France devient une épreuve ennuyeuse ! Pour un passionné de la Grande Boucle, c'est une cruelle déception que de devoir se rendre à cette évidence. L'an passé, Evans avait remporté une édition de moyenne qualité dans laquelle les Pyrénées avaient été totalement escamotées, cette année ce fut encore le cas, les deux étapes pyrénéennes ont accouchés de deux vainqueurs qui ont procédé de la même façon : une échappée matinale dans un groupe important, une attaque pour s'extraire de ce groupe et remporter en solitaire l'étape. C'est bien là le gros problème du Tour de France, son scénario est morne et répétitif. La première semaine on a droit à un petit groupe de fuyards qui attaquent dès le départ officiel, qui se partagent les miettes de l'étape avant de se faire croquer à quelques kilomètres voire hectomètres du but pour laisser les sprinters se régaler. Ensuite on a un chrono remporté par le grandissime favori qui contrôle en montagne, ses adversaires n'attaquent que peu soit par manque de moyens soit par peur de perdre leur place dans le top 10 et les étapes de montagnes sourient à quelques audacieux qui partent tôt. Dans la dernière semaine, on a des groupes importants qui sortent et se disputent l'étape ou bien des sprinters qui se rattrapent après avoir souffert le martyr en montagne... C'est répétitif ! Si l'on ajoute à cela quantités de chutes, dont certaines très graves en 2011 et 2012, cela rend le Tour de France trop prévisible que pour être agréable.

ASO doit y prendre garde car le téléspectateur finira par se lasser de cette course si elle reste aussi barbante. Il n'y avait que deux étapes avec une arrivée au sommet, l'une d'entre-elles - celle de la Plache des Belles-Filles - à plus ou moins tenu ses promesses (et encore, cela n'aurait été totalement vrai si Froome n'avait pas été l'équipier de Wiggins); l'autre - celle de Peyragudes - a été décevante en tous points ! Les analystes du Tour ont été nombreux à le souligner et l'on ne peut que leur donner raison, ce Tour 2012 était très mal dessiné. Ainsi, par exemple, aucun col hors-catégorie n'a joué de rôle majeur parce qu'ils étaient tous très mal placés sur le tracé. Le Tourmalet, col mythique s'il en est, était situé à 74 kilomètres de l'arrivée de Bagnères-de-Luchon, avec comme conséquence d'avoir été escaladé par des facteurs plutôt que par des candidats à la victoire du Tour de France. Aucune arrivée ne s'est faite dans un col hors-catégorie, c'est dommage... c'est même nuisible au spectacle ! Entre des étapes de plaine longues comme un jour sans pain, des contre-la-montre désespérément plats et des étapes de montagne aux cols HC très mal placé, ce parcours est une belle erreur qui a largement contribué à la monotonie de l'épreuve. Comment ne pas évoquer aussi les transferts entre étapes, ils ont été longs cette année ce qui fatigue les coureurs et contribue à anihiler les velléités d'attaque de certains qui pourraient dynamiter la course. Ce sont les coureurs qui font la course a-t-on l'habitude de dire, certes mais encore faut-il leur donner la possibilité de la faire... 

Clairement, le spectacle que l'on a eu cette année pendant les retransmissions en direct n'était pas vraiment une belle pub pour le cyclisme. Beaucoup de téléspectateurs pestent sur le cyclisme en disant que cela bouffe une après-midi de télévision pour bien peu de spectacle; avec ce que l'on a vu sur les routes du Tour 2012, cet argument tient franchement la route. Alors que devrait faire ASO pour rendre sa course majeure plus attrayante à regarder pour le téléspectateur lambda ? Plusieurs pistes pourraient être explorées pour y parvenir :

Pourquoi ne pas mettre une étape de montagne la première semaine du Tour ? Sur le Giro et la Vuelta c'est monnaie courante, à ce moment là les coureurs sont frais, l'épreuve débute et cela devrait permettre de donner du spectacle. En 1992, le prologue de San Sebastian fut immédiatement suivi par deux étapes de montagne dans les Pyrénées avec pour résultat un maillot jaune qui changea trois fois d'épaules (Indurain au soir du prologue, Zülle au terme de la première étape et Virenque lors de la seconde étape) en trois jours. Ca c'est bon pour le spectacle !

Pourquoi ne pas mettre des vrais mythes à l'arrivée ? Le Tourmalet, l'Alpe d'huez, l'Aubisque, l'Izoard, Joux-Plane, Luz-Ardiden, Pra-Loup, la Madeleine, Le Ventoux, Pla d'Adet, l'Iseran... autant de cols hors-catégories qui ont été le théâtre des exploits de Merckx, Thévenet, Armstrong, Indurain, Roche, Pantani ou d'autres vainqueurs qui ont gravé leur succès sur ces pentes ardues. Ces cols ne doivent pas être placés en milieu d'étapes où ils sont escamotés comme ce fut le cas du Tourmalet cette année. Non, ils doivent être un lieu d'arrivée dans lequel les favoris s'expliqueraient entre-eux.

Pourquoi ne pas raccourcir les étapes ? Et ainsi les rendre plus dynamique... A quoi bon faire des étapes de 225 kilomètres qui se résument à une balade de quatre ou cinq coureurs rattrapés à quelques bornes du but et ponctuée par un sprint massif ? Non, il faudrait des étapes plus courtes qui ne permettraient pas, sous peine de leur abandonner la victoire, de laisser un groupe d'échappés prendre 10 ou 12 minutes d'avance. Je suis convaincu que des étapes de 150 ou 170 kilomètres seraient plus dynamiques. En outre, mettraient moins de kilomètres inutiles dans les jambes des coureurs qui auraient ainsi davantage de punch. Cela pourrait aussi permettre de lutter contre le dopage.

Pourquoi ne pas limiter les transferts entre étapes ? Les organisateurs veulent montrer la France et c'est très télégéniques. Mais amener les coureurs à Morzy-les-Roustons-sur-Loiret est aussi idiot que néfaste car ce genre d'endroit n'a pas l'infrastructure pour accueillir le peloton et l'entourage important des coureurs. L'on en me fera pas croire qu'il n'y a pas moyens de relier des grandes villes française avec l'infractructure hôtelière ad hoc dans une marge de 150 à 170 kilomètres (pour respecter le point précédent). Les organisateurs doivent privilégier l'accueil des coureurs lorsqu'ils choisissent les villes-étapes et les villes-départs du Tour, cette année quinze fois fois sur 20 étapes et un prologue, la ville-départ n'était pas la même que la ville-arrivée de la veille ce qui signifie que le soir, après les obligations liées à la course (presse, contrôles divers, podium, protocole...) les coureurs doivent encore se farcir des déplacements en voiture ou en car pour rejoindre des hôtels parfois lointains. Il me semble avoir entendu Cédric Vasseur évoquer 2500 kilomètres de transferts entre les étapes pour les cyclistes... 2500 kilomètres de transferts pour  3480 kilomètres de course, c'est beaucoup trop !

Pourquoi ne pas réintroduire les demi-étapes ? Ce principe fonctionnait bien dans les années soixante, septante et même au début des années quatre-vingt. En 1961, le Tour débuta par deux 1/2 étapes, une courte épreuve entre Rouen et Versailles de 130 kilomètres en matinée et un contre-la-montre de 28 kilomètres dans les rues de Versailles, dans l'après-midi. En 1973, il y eu même six étapes divisées en deux épreuves courtes réparties sur la matinée et l'après-midi. Ces épreuves courtes étaient dynamiques et permettaient aux coureurs de se mettre en valeur. Après quelques demi-étapes dans les années '80, notamment en 1982 avec un contre-la-montre par équipes et une course rapide et nerveuse autour de Nantes, le système fut abandonné. Je pense qu'il ne serait pas forcément sot d'y revenir. Ce système pourrait même servir l'intérêt de la limite des transferts entre étapes, en effet on pourrait ainsi facilement permettre au peloton de rester dans le même hôtel deux jours de suite. Imaginons, par exemple, une étape Rouen-Versailles de ± 140 kilomètres (qui respecte le point 3) le lundi qui serait suivie d'un contre-la-montre court dans Versailles le mardi matin et d'un critérium de 80 ou 100 kilomètres avec départ et arrivée à Versailles dans l'après-midi. L'étape du mercredi repartirait donc de Versailles et les coureurs auraient dormi deux jours de suite à Versailles. Les pistes possibles 3 et 4 en seraient respectées et les demi-étapes ont souvent été spectaculaires. Tout le monde, coureurs, (télé)spectateurs, hôteliers et commerçants d'un région et donc organisateurs auraient à y gagner.

Pourquoi ne pas mettre davantage de contre-la-montre en côte ou en montagne ? Les chronos du Tour sont souvent longs et plats et pourtant l'on a déjà eu droit a de beaux contre-la-montre en montagne comme en 2004 avec l'ascension de l'Alpe d'Huez. Cela obligerait les prétendants à la victoire à se battre et à ne pas se contenter de suivre pour assurer leur place. Livrés à eux-mêmes, les favoris du Tour seraient obligés de se donner à fond et les grimpeurs auraient ainsi l'occasion de faire exploser des maitres du temps qui se contentent de contrôler dès que la route s'élève. Oui, messieurs les organisateurs, rendez-nous un chrono court en montagne chaque année, s'il vous plait !

Pourquoi ne pas offrir un vrai spectacle sur les Champs-Elysées ? Depuis 1975, le Tour de France s'achève par une longue promenade vers les Champs-Elysées. A de rares exceptions près, cette balade est ennuyeuse. Je vais finir par croire qu'ASO aime l'ennui et la monotonie ! Et pourtant, en 1989, lorsqu'il fut décidé de terminer le Tour de France par un chrono sur les Champs-Elysées, nous avons eu droit à du spectacle jusqu'au bout... c'est en effet dans les ultimes mètres de l'épreuve que Fignon perdit le Tour au profit de LeMond. En 1968 également, le Tour s'acheva par un chrono et le maillot jaune changea au dernier coup de pédale pour passer des épaules de Van Springel à celles de Janssen. Plutôt que de nous livrer un critérium qui ne s'agite que dans les dix derniers kilomètres pour permettre aux sprinters de se placer, il faudrait nous rendre du spectacle en ponctuant chaque Tour de France par un ultime contre-la-montre sur les Champs. Là encore, tout le monde aurait à y gagner : les (télé)spectateurs, car un ultime effort contre le chrono serait assurément plus spectaculaire et plus intéressant qu'une balade en peloton, et le spectacle, car on peut encore perdre une, deux voire trois minute sur un chrono de 50 kilomètres, or en 2012, les deux premier du classement final se tiennent en 3'12'', en 2011 les quatre premiers n'étaient séparés que de 3'20'', en 2010 les trois premiers étaient dans les trois minutes, en 2008 Sastre ne gagna que pour 58 secondes sur Evans... et on peut encore remonter plus loin pour tenir le même raisonnement, un chrono ultime sur les Champs-Elysées aurait pu faire changer les choses et aurait nourri le spectacle jusqu'au bout du Tour ! Oui, un contre-la-montre en montagne dans la première moitié du Tour et un autre sur les Champs pour terminer le Tour, cela aurait vraiment de l'intérêt pour le spectacle !

Pourquoi ne pas bannir ces foutues oreillettes ? Elles faussent la course et permettent aux directeurs sportifs de décider de tout. Les coureurs ne sont plus que des pantins téléguidés, il n'y a plus de place pour l'improvisation qui a généré de grands exploits. Voeckler a réussi deux beaux coups d'éclats cette année sans oreillette ni cardiofréquencemètre... Avant lui des centaines de coureurs ont brillé sans ces gadgets technologiques qui ne servent qu'à brider la course. De grâce, foutons en l'air ces jouets technologiques qui nuisent aussi à la beauté du spectacle et laissons l'information circuler entre les coureurs et les directeurs sportifs comme elle circulait avant, à l'époque des grands exploits, c'est à dire par le bouche à oreille entre équipiers. Cela permettra aux leaders et aux baroudeurs de fonctionner à l'instinct et non plus à la commande vocale !

Voila lancée en l'air huit pistes possibles pour tenter de redynamiser une course qui s'endort vraiment au fil des années, qui se complait dans une monotonie sans vrai coup d'éclat et qui déplait tant aux fans de la Grande Boucle qu'aux téléspectateurs neutres qui sont demandeurs de spectacle... Ce n'est pas compliqué à mettre en place et cela vaut la peine d'être tenté. Si cela ne fonctionne pas, ce ne sera de toutes manières pas pire que le tracé de cette année.  

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 17:25

Dès 2014, les recherches universitaires britanniques financées par le contribuable seront mises en ligne et accessibles au plus grand nombre.

edition-scientifique.jpgEn janvier dernier, le mathématicien de l'Université de Cambridge, Timothy Gowers, annonçait qu'il ne publierait désormais plus ses recherches dans les revues spécialisées car, selon lui, les éditeurs engendrent des profits énormes sur le travail des chercheurs universitaires. D'abord soutenu par 34 mathématiciens anglais, Gowers appela d'autres universitaires à faire comme lui et lança une pétition intitulée The cost of knowledge (Le coût du savoir) qui fit rapidement boule de neige via les blogs et les médias sociaux. En quelques semaines, la pétition reçoit 7500 signature. Il y a quelques jours, la prestigieuse université d'Harvard (Massachussetts) rejoignait le mouvement qui vise surtout trois gros éditeurs commerciaux : Elsevier, Springer et Wiley. Afin de perturber le système commercial de ces éditeurs, la pétition invite les chercheurs universitaires à diffuser leurs recherches librement sur le net. Harvard vient donc d'inciter ses 2100 professeurs et chercheurs à mettre librement en ligne leurs travaux. Cette démarche va, sur le territoire américain en tous cas, à l'encontre d'une loi sur les travaux de recherches - le Research Works Act - votée en décembre 2011 par le Congrès qui interdit aux institutions financées par l'état fédéral américain de donner libre accès à leurs recherches scientifiques. Mais l'objectif de The Cost of Knowledge est clairement de remanier profondément le système d'édition des travaux universitaires qui engendre des profits énormes (ndlr on parle en milliards de dollars) tandis qu'il ne finance que peu cette même recherche . Depuis l'aube de 2012, les éditeurs de revues scientifiques - le géant hollandais Elsevier en tête - sont donc vilipendés par une douzaine de milliers de chercheurs et d'universités à travers le monde pour leur attitude résolument mercantile dans un secteur, celui de la recherche et du savoir, qui devrait être, au contraire, non-marchand et partagé.

La Grande-Bretagne semble avoir trouvé une alternative à l'édition universitaire, elle propose en effet de mettre en ligne sur un site internet gouvernemental l'ensemble des travaux universitaires financés par de l'argent public. Le Ministre de l'Enseignement supérieur et des Sciences, David Willetts, vient de présenter ce projet qui a été avalisé par le Gouvernement. "Si le contribuable a payé pour que la recherche soit produite, elle ne doit pas être payante pour que le citoyen britannique puisse la lire"(1) a expliqué le Ministre Willetts qui promet une transformation complète du système d'édition de travaux universitaire endéans les deux ans. Selon David Willets, le système qui sera mis en place bénéficiera aux universités, aux chercheurs et aux citoyens. En effet, à l'heure actuelle, les universités britanniques déboursent quelque 200 millions de livres (soit ± 250 millions d'euros) chaque année pour pouvoir faire éditer et diffuser leurs recherches par des éditeurs spécialisés. Avec l'édition en ligne proposée par le Gouvernement, ces frais seraient limités à 2000 livres par an pour chaque université explique The Guardian(1), par ailleurs la recherche britannique sera en open access complet ce qui contribuera à la diffusion du savoir. Selon le Département de l'Enseignement supérieur et des Sciences, le coût de l'édition en ligne sera de l'ordre d'une cinquantaine de millions d'euros par an à prendre sur le budget de la recherche scientifique qui est de cinq milliards de livres annuels. Cette (r)évolution de l'édition scientifique ne coûterait donc rien en plus aux citoyens puisqu'elle serait financée par un budget déjà existant... De nombreux scientifiques ont d'ailleurs applaudi cette décision des autorités britanniques qui devra cependant trouver écho dans le monde pour permettre un réel open access à la recherche scientifique. En effet, à l'heure actuelle, la Grande-Bretagne produit et publie quelque six pourcents de la recherche mondiale; cela signifie qui si d'autres pays n'appliquent pas rapidement l'édition en ligne il restera 94% de la recherche mondiale qui sera diffusée par les circuits traditionnels commerciaux. Ceci dit, avec l'Université d'Harvard, qui vient de demander à ses chercheurs de mettre leurs recherches librement en ligne, comme locomotive, il n'est pas utopique de penser que l'édition on-line prenne rapidement son envol à travers le monde. Pour Adam Thickell, Vice-Doyen de l'Université de Birmingham on se dirigera vers un open access total "si l'Union Européenne et les Etats-Unis pratiquent le libre accès de leurs recherches"(1).

David Willetts n'aurait alors pas tort lorsqu'il évoque un remaniement radical de l'édition universitaire ! Restent quelques esprits chagrins qui, s'ils saluent l'initiative, regrettent qu'elle soit financée sur le budget de la recherche scientifique.  Certains universitaires britanniques estiment qu'à cause d'une ponction dans ce budget (ndlr 50 millions sur 5 milliards de livres, pour rappel, soit un pourcent du budget annuel), l'état pourra financer moins de recherches. C'est la sempiternelle histoire du beurre, de l'argent du beurre et du sourire de la crémière...

Quoi qu'il en soit, une enquête internationale réalisée par le JISC (Joint Information Systems Committee ou Comité pour la Mutualisation des Systèmes d'Information) montre que 81% des chercheurs mondiaux seraient prêts à publier leurs articles dans des espaces d'archivage en libre accès total. L'open access aux données de la recherche scientifique mondiale n'est pas un projet utopiste !

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(1) Free access to british scientific research within two years, par Ian Sample, in The Guardian, 15 juillet 2012

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 10:17

Le Congressman Barney Frank est le premier parlementaire américain à contracter un mariage homosexuel et relance le débat à quatre mois de la présidentielle.

gaywedding-copie-1.jpgDécidément, les temps changent aux Etats-Unis ! En 2008, Barack Obama devenait le premier Président noir du pays, totalement inimaginable voici quelques lustres encore; ce week-end, le Député Barney Frank a épousé son compagnon de longue date, totalement inimaginable voici quelques lustres encore... Frank, qui représente le Massachussetts au Congrès depuis 1981, est donc entré dans l'Histoire de son pays pour être le premier homme politique à être uni légalement avec un partenaire du même sexe. En 1987, membre du Parti Démocrate, Barney Frank fut déjà le premier élu du Congrès à dévoiler son homosexualité, depuis il est un farouche défenseur des droits de homosexuels. En mai dernier, le Président Obama s'exprimait publiquement en faveur du mariage gay, marquant ainsi une évolution de sa position par rapport à 2008 où il était favorable à une union légale mais pas à un mariage. Cette prise de position du Président à renforcé le Député du Massachussetts dans sa décision de s'unir à son compagnon. De toute façon, leur relation n'était pas secrète et, depuis 2004, le Massachussetts autorise le mariage homosexuel. Rien, dès lors, ne retenait Barney Frank d'officialiser sa relation; il l'a fait ce samedi 7 juillet devant le Gouverneur de l'Etat, le Démocrate Deval Patrick.

Un enjeu présidentiel !

C'est un réel changement pour les Etats-Unis que de voir un homme politique de premier plan - Barney Frank est élu depuis 31 ans au Congrès et fut, jusqu'il y a quelques mois, Président de la Commission Financière de la Chambre - contracté un mariage homosexuel. En effet, cette pratique n'est encore légale que dans sept états(1) et dans le District of Columbia et le débat reste particulièrement tendu. Le mariage gay risque fort, d'ailleurs, d'être un enjeu important des élections présidentielles de novembre prochain. Si Obama affiche son soutien, Mitt Romney reste catégoriquement opposé à cette union légale. Plusieurs Représentants d'états du centre (Nord-Dakota, Sud-Dalota, Nebraska, Kansas notamment), et du sud (Texas, Louisiane, Mississipi, Alabama...) se sont positionnés pour un amendement constitutionnel fédéral qui prohiberait définitivement le mariage homosexuel ou toute autre forme d'union légale pour les gays. Dans la population, 52% des Américains se déclarent opposés aux mariage gay cependant, lorsque l'on évoque la reconnaissance d'un statut légal pour les couples de même sexe, ce sont finalement 62% qui se disent favorables. Si certains états ont acté ce type d'union dans leur constitution, d'autres la rejette totalement. Dans l'état de Washington, au nord-ouest du pays, le mariage gay fut adopté par les autorités locales le 23 février dernier mais un mouvement populaire de masse, appuyé par une pétition déposée auprès du Gouverneur a mis un frein à sa légalisation. Désormais, l'état de Washington devra passer par la voie référendaire avant de légaliser définitivement le mariage gay. Au vu du mouvement populaire qui agita l'état au printemps, cette légalisation n'est pas encore acquise ! En Californie, on est même revenu en arrière puisque le mariage homosexuel avait été légalisé en juin 2008 et que les premières unions avaient même été célébrées avant qu'une pétition signée par des dizaines de milliers de Californiens ne contraignent l'état à organiser, là aussi, un référendum qui rendit caduque la légalisation du mariage gay par 52% des voix, soit la même proportion que la position nationale en la matière. Dans le Maine également, la légalisation du mariage homosexuel a été annulée par voie référendaire...

On le voit, la question du mariage homosexuel divise réellement la population américaine. Il ne s'agit pas d'un duel classique Démocrate vs Républicain puisque si des états républicains purs et durs comme le Texas, la Floride ou le Kansas affirment que le mariage est une institution qui célère l'union d'un homme et d'une femme, la Californie, qui est dirigée par un Gouverneur démocrate et soutient généralement des candidats démocrates lors des présidentielles, ainsi que le Maine, un état qui vote Démocrate depuis 1992, ou encore l'état de Washington, lui aussi dirigé par des Démocrates, buttent sur le mariage gay. Malgré des positions démocrates, à première vue, plus souples en la matière, ces trois états ont effectivement rejeté le mariage gay... Mitt Romney a bien saisi l'importance de l'enjeu aussi martèle-t-il sa position anti et joue sur les valeurs traditionnelles et le mode de vie en tant que principes fondamentaux de l'éducation chrétienne américaine. Assurément, des états sont à gagner ou à perdre sur le mariage homosexuel le 6 novembre prochain !

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(1) Massachussetts (2004), Connecticut (2008), Iowa (2009), Vermont (2009), New Hampshire (2010), New York (2011) et Maryland (2012, entrée en vigueur prévue dansle courant de cet été).

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 08:48

Londres inaugure aujourd'hui la Shard Tower, le plus haut édifice d'Europe...

shard.jpgLa skyline londonienne s'est enrichie d'un nouveau gratte-ciel impressionnant : une flèche de verre et d'acier de 310 mètres de haut, avec 95 étages, pour une superficie totale de 127.000 m². Située à Southwark, sur la rive droite de la Tamise, près de London Bridge, non-loin de la Tate Modern ou du Globe Theatre, cette tour gigantesque est sortie de l'imagination du designer italien Renzo Piano à qui l'on doit, notamment, le Centre Pompidou à Paris, le New York Times Building siège du célèbre quotidien, le très coloré Central Saint-Giles dans le coeur de Londres ou encore le Musée des Arts de Harvard toujours en construction dans le Massachussetts. Tel un tesson (shard, en anglais) de bouteille qui s'élève vers le ciel, le gratte-ciel est présenté comme l'une des nouvelles icônes du Londres du 21è siècle. Le projet de construction de la Shard Tower remonte à 2000 lorsque l'idée est de remplacer les Southwarks Towers, des tours de bureaux construites en 1975 près de la gare de London Bridge. La construction du Tesson débuta en février 2009 après que les tours Southwark furent démolies. Il n'aura finalement fallut que trois années pour mener à bien le chantier qui s'est achevé en avril dernier. Selon son concepteur, Renzo Piano, la Shard Tower est une "petite ville verticale" dont la population active est estimée à 12.000 personnes. Le bâtiment abrite des espaces commerciaux (dans le hall), des bureaux (étages 2 à 28), plusieurs restaurants (étages 31 à 33), un hôtel cinq étoiles baptisé Shangri-La (étages 34 à 51), un spa (étage 52), une douzaine d'appartements (étages 53 à 65) qui seront les plus hauts de Londres et un observatoire de cinq étages (étages 68 à 72) avec un panorama 360° sans égal sur la capitale anglaise, le tout surmonté par une flèche de 66 mètres. Le propriétaire de la tour, Irvine Sellar, Président du groupe immobilier Sellar Property, prédit d'ores et déjà - mais avec peu de risques de se tromper il est vrai - que la Shard Tower s'inscrira vite dans le catalogue des attractions touristiques de Londres. Son point de vue unique attirera rapidement les touriste à l'image de celui de l'Empire State Building à New York. Clientèle touristique, clientèle d'affaire sont les cibles privilégiées de la tour dont la valeur est estimée, aujourd'hui avant même son inauguration officielle, à 3,9 milliards de dollars(1). A ce coeur de cible, il convient encore d'ajouter les futurs propriétaires des appartements, dont certains ont déjà trouvé acquéreur, qui viendront compléter la clientèle de la Shard Tower. Ceci dit, pour acheter un des douze appartements de la tour, il faudra un sacré bas de laine puisque les prix s'étalent de 30 à 50 millions de livres, soit 38 à 62 millions d'euros... Le mètre carré londonien est déjà à classer parmi les plus chers au monde, avec ces nouveaux appartements il sera encore revu à la hausse !

C'est d'ailleurs l'une des critiques que mettent en avant les détracteurs du projet ! La cherté des mètres carrés commerciaux et privés fait de l'édifice de Piano un symbole du Londres moderne : inégalitaire, dépendant d'investisseurs étrangers (la majorité des fonds proviennent du Qatar) et uniquement tourné vers le profit. Les critiques n'ont jamais manqué tout au long de la construction de l'édifice, elles étaient essentiellement tournées contre l'emplacement du bâtiment qui porte atteinte à la vue que l'on peut avoir de la Cathédrale Saint-Paul ou de House of Parliament selon les endroits où l'on se trouve. L'UNESCO, pour sa part, regrette que la Shard Tower porte atteinte, par sa proximité, à la Tour de Londres qui est classée au Patrimoine Mondial. Quoi qu'il en soit, Londres est fière de son Tesson et l'inaugurera en grandes pompes ce soir avec une animation laser et lumières sur l'ensemble des grands monuments de la capitale, un concert du London Philarmonic Orchestra et, en point d'orgue, l'illumination totale de la Shard Tower. L'inauguration de la Shard Tower est le premier pas d'une refonte totale du quartier de London Bridge, de nouveaux projets devraient prendre corps dans les mois et les années à venir afin d'étendre la City - le quartier d'affaires de Londres - de l'autre côté de la Tamise. Le Sheik Abdullah Bin Saoud Al Thani, principal bailleur de fonds du projet, qui participera à l'inauguration ce soir s'est félicité des excellentes relations qui existent entre Londres et le Qatar, des relations qui contribueront a redynamiser la rive sud de la Tamise dans les années à venir.

Avec cinq projets de gratte-ciels en cours, Londres se distingue par son audace architecturale et se tourne résolument vers l'avenir au moment ou d'autres capitales européennes - Paris et Bruxelles en tête - sont plus timorées en la matière.

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(1) alors que son coût est de l'ordre de 450 millions de livres, soit 700 millions de dollars, un rapport de 1/5,7... Avant son inauguration, la Shard Tower vaut donc 5,7 fois plus que ce qu'elle a coûté !!!

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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