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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 10:45

Série de l’été – 1984, lorsque Prince accède au statut de génie musical…

sérieété10 - Prince-copie-1Une vague pourpre déferle sur la musique américaine en ce début des années ’80. Le phénomène Prince est en marche… L’ère est au libéralisme un peu partout dans le monde et les Etats-Unis installent un ex-acteur de western, véritable chantre de cette politique, à la Maison-Blanche. Nous sommes à l’aube d’une décennie où le profit s’érige en religion et où la société de consommation à outrance est bien en place. C’est aussi l’heure des premiers Personnal Computers, en janvier 1984 Apple lance son MacIntosh… 1984, ce sera aussi une année capitale pour Prince. Le Nain Mauve a déjà une solide carrière derrière lui, depuis 1978 il a enregistré cinq albums studios qui sont tous disque d’or ou de platine. Ses titres I wanna be your Lover (1979), Dirty Mind (1980), Controversy (1981), 1999 (1982) ou Little Red Corvette (1982) sont des tubes et un combat artistico-commercial s’engage entre Prince et Mickael Jackson, orchestré surtout, il faut bien le dire par leurs producteur respectifs, Warner Bros et Epic Record… L’album 1999, sorti en octobre 1982, bat les records aux Etats-Unis mais quelques semaines plus tard, Mickael Jackson sort Thriller. La lutte est intense, si Thriller explose les records de vente (plus de cent millions de copies contre seulement cinq millions pour 1999), 1999 réussi l’exploit de rester 152 semaines – près de trois ans ! – dans les hits parades (seulement 37 semaines pour Thriller)… Depuis plusieurs mois, Prince rêve de cinéma, il voudrait mettre en boite un film inspiré de son histoire personnelle. Lors de sa tournée américaine de 1983, il griffonne dans un carnet plusieurs pistes de scénarios, des situations ainsi que quelques chansons qui rythmeront le film. Le 3 août 1983, lors d’un concert dans sa ville de Minneapolis, il teste six chansons totalement inédites qui devraient faire partie de la soundtrack du film ; un film qui n’est toujours qu’à l’état de projet. Ces chansons – I would die 4 U, Baby, I’m a Star, Electric Intercourse, Computer Blue, Let’s go Crazy et une exceptionnelle ballade rock intitulée Purple Rain - rendent le public fou. Prince, emporté par cette folie ambiante se donne comme jamais sur scène et le concert de Minneapolis devient culte… C’est cette ambiance que Prince veut pour son film qui évoquera l’ascension de Kid, un gamin de Minneapolis un peu paumé, dans l’univers de la musique. On ne parle jamais mieux que ce qu’on a vécu !

Pour ce film, Prince s’entoure de ses amis. Morris E. Day et son groupe The Time, pour jouer les méchants, et la sublime Appolonia Kotero (dont c’est d’ailleurs le seul fait d’arme notoire) pour être la muse du héros. Mais Hollywood ne veut pas du projet de Prince, il faut dire que le scénario est plutôt pauvre voire mièvre… Qu’à cela ne tienne, Prince parvient à faire produire son film par ses propres producteurs de l’époque à la Warner Bros. Albert Magnoli retravaille le scénario et réalise le film, en quelques semaines, à l’automne 1983 à Minneapolis. Le film est baptisé Purple Rain et sort à l’été 1984. Immédiatement, Purple Rain cartonne aux Etats-Unis. Bien que l’histoire ne soit pas exceptionnelle, les séquences musicales sont sublimes et la scène de fin, ponctuée par la chanson Purple Rain vaut le détour… C’est d’ailleurs cette scène qui, par le bouche à oreille, draine une grande partie du public vers les salles. Le film détrône, en quelques jours, Ghostbusters en tête du box-office américain et il ne faut que… trois jours pour couvrir entièrement le coût de production du film, soit sept millions de dollars. Entre début juillet et mi-septembre 1984, Purple Rain rapporte 71 millions de dollars à la Warner Bros c'est-à-dire dix fois ce qu’il à coûté… Plusieurs producteurs hollywoodiens qui avaient refusé le film se mordent les doigts ! Pour renforcer l’impact du film, la Warner sort également la soundtrack de Purple Rain en 33 tours, elle se vend à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires… et s’inscrit désormais à la 15è place de la liste des Meilleurs Albums de tous les temps. Prince devient la star n° 1 aux Etats-Unis, devant Michael Jackson !

Paradoxalement, Prince ne décolle guère en Europe. Il séduit un peu aux Pays-Bas et en Belgique mais le film Purple Rain est un bide total sur le vieux continent. Prince devra attendre 1987 avec la bande originale d’un autre film, Under the Cherry Moon, et l’album Sign’O the Time pour commencer à conquérir le public européen…

Clairement, alors qu’en 1984 il était déjà une star aux Etats-Unis, il y a eu un avant et un après Purple Rain pour Prince. Avec ce film, mais surtout avec cette chanson extraordinaire, Prince est passé du statut de star à celui de génie de la musique… Aujourd’hui encore, Prince est considéré par beaucoup comme plus grand artiste musical du 20è siècle, d’autres lui reprochent la standardisation de sa musique. Il est vrai, pour moi, que la discographie de Prince a perdu en qualité depuis la fin des années ’80 mais il est en tous cas le seul à s’être affranchi complètement, et depuis longtemps, des maisons de production et à disposer d’un contrôle total sur sa création et sa production. Et lorsque d’aventure il signe un contrat ponctuel avec une maison de disques – c’est le cas pour son dernier album 20Ten, distribué gratuitement en Europe encarté dans différents magazines - il le fait uniquement à ses conditions et avec une liberté de création totale.

La Pluie Violette ???

Quel titre bizarre ! Qu’a donc voulu entendre Prince par ce terme de pluie violette ? La chanson Purple Rain parle de la relation ambigüe de deux personnes très proches, deux personnes – Le Kid (Prince) et Appolonia (Appolonia Kotero) dans le film – qui s’aiment mais qui ont du mal à vivre cet amour qui est limite destructeur. Dans la symbolique judéo-chrétienne, le violet est la couleur de la pénitence, cette fameuse pluie violette de Prince symbolise donc les larmes de pénitence de ce couple qui vit un amour destructeur…

 

Purple Rain

I never meant 2 cause u any sorrow
I never meant 2 cause u any pain
I only wanted 2 one time see u laughing
I only wanted 2 see u laughing in the purple rain

Purple rain purple rain
Purple rain purple rain
Purple rain purple rain

I only wanted 2 see u bathing in the purple rain

I never wanted 2 be your weekend lover
I only wanted 2 be some kind of friend
Baby i could never steal u from another
It's such a shame our friendship had 2 end

Purple rain purple rain
Purple rain purple rain
Purple rain purple rain

I only wanted 2 see u underneath the purple rain

Honey i know, i know, i know times are changing
It's time we all reach out 4 something new
That means u 2
U say u want a leader
But u can't seem 2 make up your mind
I think u better close it
And let me guide u 2 the purple rain

Purple rain purple rain
Purple rain purple rain

If you know what i'm singing about up here
C'mon raise your hand

Purple rain purple rain

I only want 2 see u, only want 2 see u
In the purple rain


Traduction :

Je n’ai jamais voulu te causer de chagrin
Je n’ai jamais voulu te faire mal
Je voulais seulement te voir rire une fois
Je voulais te voir rire dans la pluie violette

La pluie violette, la pluie violette
La pluie violette, la pluie violette
La pluie violette, la pluie violette

Je voulais juste te voit te baigner dans la pluie violette

Je n’ai jamais voulu être ton amant de fin de semaine
Je voulais plutôt être comme un ami
Bébé je ne pourrais jamais t’enlever à quelqu’un d’autres
C’est tellement dommage que notre amitié finisse si mal

La pluie violette, la pluie violette
La pluie violette, la pluie violette
La pluie violette, la pluie violette

Je voulais juste te voir sous la pluie violette

Chérie, je sais, je sais, je sais que les temps changent
Il est temps de trouver quelque chose de nouveau
Ca veut dire pour toi aussi
Tu dis que tu veux un guide
Mais tu es incapable de faire un choix
Je pense que tu ferais mieux de te taire
Et de me laisser te guider vers la pluie violette

La pluie violette, la pluie violette
La pluie violette, la pluie violette
La pluie violette, la pluie violette

Si tu vois ce que je suis en train de chanter
Alors lève les mains

La pluie violette, la pluie violette

Je voulais juste te voir, juste te voir
Dans la pluie violette

 

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 08:44

Série de l'été - 1971, l'opus grandiose de Pete Townshend pour The Who

 

Serieete09---The-Who.jpgC’est en 1964 que The Who a vu le jour, composé de Roger Daltrey (chant, harmonica et tambourin), John Entwistle (basse), Keith Moon (batterie) et du fabuleux Pete Townshend (guitare et claviers). Précurseur du mouvement punk qui n’apparaîtra que dix ans plus tard, The Who proposent un rock explosif influencé par les arts en général et construit musicalement comme le serait de la prose en littérature. C’est aux Who que l’on doit l’idée d’opéra-rock avec le titre A Quick One While He's Away paru, en 1966, sur l’album A quick One et qui sera le précurseur d’albums considérés comme opéras-rock tels que SF Sorrow, de Pretty Things, A night at the Opera, de Queen avec le fabuleux Bohemian Rhapsody, Joe’s Garage, de Frank Zappa ou encore The Wall de Pink Floyd… En 1969, The Who présentent un vrai opéra-rock, Tommy, qui est toujours, selon moi, le sommet de ce qui peut être fait en la matière. Vingt quatre chansons qui racontent, comme un roman, l’histoire de Tommy, un gamin traumatisé qui devient sourd et muet après avoir vu son père assassiner l’amant de sa mère. Le spectacle est joué plusieurs mois durant à Londres puis à New York et devient l’un des meilleurs albums rock de tous les temps. Fort de ce succès, Pete Townshend, qui a porté quasiment à lui seul Tommy, se met dans l’idée de donner une suite à ce chef d’œuvre. Le projet, intitulé Lifehouse est voulu comme un opéra-rock de science-fiction censé se dérouler dans un futur proche où seul le rock pourrait sauver le monde d’un péril imminent. Townshend écrit rapidement la chanson centrale du projet, Pure and Easy, puis suivent d’autres titres. Le projet est grandiose mais très compliqué à mettre en œuvre et à financer. Aussi, Townshend décide, à contre cœur, de renoncer à Lifehouse.

Un synthétiseur dans du rock !!!


Parmi les chansons écrites pour Lifehouse se trouvent plusieurs perles qui prendront place sur le prochain album du groupe, Who’s Next. Il y a, notamment, The song is over, Getting in tune ou le sublime Won’t get fooled again qui deviendra, trente ans plus tard, le générique de la série Les Experts : Miami. Il y a aussi un titre, plutôt simple à la base puisqu’il ne repose que sur trois accords (fa, do et si bémol), et qui devait rapporter, dans Lifehouse, l’exode rural de fermiers écossais s’en allant vers Londres pour survivre. Le titre de cette chanson - Baba O’Riley - est bizarre ; il repose sur la contraction de deux influences profondes de Townshend : le gourou indien Meher Baba et le compositeur minimaliste américain Terry Riley. Ce qui est tout autant bizarre c’est qu’à aucun moment les paroles du titre n’apparaissent dans le texte de la chanson... D’ailleurs cette particularité vaudra parfois à la chanson d’être titrée Teenage Wasteland d’après des paroles du refrain. Sur ce morceau d’anthologie, Townshend introduit les premières notes de synthétiseur sur des sons résolument rock. Ainsi, une fois encore The Who jouent les précurseurs. L’introduction de la chanson va crescendo jusqu’à l’explosion du synthé et des guitares rock. La fin de la chanson est un contre-pied total puisque c’est un long solo de violon quasiment tsigane qui ponctue, à l’idée de Keith Moon, Baba O’Riley. Alliance de rock limite hard-rock, de prémisses de new wave et de musique tsigane, Baba O’Riley est un pur moment d’extase musicale.

Baba O’Riley constitue l’ouverture de l’album Who’s Next. Il fait entrer l’auditeur dans un monde fait de sons épiques et innovant. L’album deviendra le plus populaire du groupe anglais et s’imposera, aux Etats-Unis, comme la référence ultime du rock anglais des années ’70. Who’s Next atteint le summum du rock, sa chanson introductive, Baba O’Riley, n’est pas étrangère à cette réussite. Mais cela laisse un goût amer dans la bouche de tous les amateurs de rock, le goût de ce qu’aurait du être Lifehouse qui ne verra jamais le jour…

A noter les tubes phares des Who inspirent Anthony Zuiker, le créateur de la licence des Experts puisque si Won’t get fooled again constitue le générique des Experts : Miami, le titre Baba O’Riley est celui des Experts : Manhattan tandis que Who are You ponctue le générique de la série originales des Experts


Baba O’Riley

Out here in the fields
I fight for my meals
I get my back into my living.

I don't need to fight
To prove I'm right
I don't need to be forgiven.
yeah,yeah,yeah,yeah,yeah

Don't cry
Don't raise your eye
It's only teenage wasteland

Sally, take my hand
We'll travel south cross land
Put out the fire
And don't look past my shoulder.

The exodus is here
The happy ones are near
Let's get together
Before we get much older.

Teenage wasteland
It's only teenage wasteland.
Teenage wasteland
Oh, yeah
Its only teenage wasteland
They're all wasted!

Traduction :

La dehors, dans les champs
Je me bats pour mes repas
Je retourne dans ma vie

Je n'ai pas besoin de me battre
Pour prouver que j'ai raison
Je n'ai pas besoin d'être pardonné

Ne pleure pas
N’ouvre pas grand les yeux (ne t’étonne pas)
C'est seulement la jachère adolescente

Sally, prends ma main
Nous voyagerons à travers les terres du sud
Eteins le feu
Et ne regarde pas par dessus mon épaule

L'exode est ici
Les heureux sont proches
Réunissons nous
Avant que nous devenions beaucoup plus vieux

La jachère adolescente
C'est seulement la jachère adolescente
La jachère adolescente
Oh oui
La jachère adolescente
Elle est toute gaspillée

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 06:52

Série de l’été – 1979, Madness remet au goût du jour Prince Buster, le chantre du ska…

serieete08---Madness.jpgLondres, fin des années ’70, le mouvement punk s’étiole, la new wave n’a pas encore pris son envol. Il y a donc une brèche musicale dans laquelle s’engouffre le two-tone, un label qui cherche à promouvoir une sonorité venue en droite ligne de la Jamaïque, le ska. Parmi les chefs de file de cette musique on compte The Specials, Bad Manners, The Selecter et un groupe baptisé The Invaders. Ce dernier a été fondé en 1976 par Mike Barson, dit Barso, et Chrissy Boy Foreman pour satisfaire leur passion du ska. Mais à l’époque, le ska n’a que peu de retentissement sur la scène musicale anglaise. C’est le grand mérite de Jerry Dammers, le chanteur de The Specials, que d’avoir imposé, en 1979, un rythme secondaire sur la scène anglaise d’abord, internationale ensuite à un moment de flottement entre deux époques… 1979, c’est aussi le moment de l’arrivée de Graham Suggs McPherson, Mark Bedford et Dan Woodgate dans The Invaders. Rapidement, le nom du groupe devient Madness, clin d’œil à une chanson de Prince Buster, la référence ultime du ska, Madness is Gladness (1961)… Madness entre dans les studios du Two-Tone pour enregistrer un premier single intitulé The Prince, nouvel hommage à Buster. Le titre marche plutôt bien, Barso et Suggs décident de répondre favorablement à l’appel de Stiff Record qui leur propose d’enregistrer un second single et, dans la foulée un album. Pour ce premier essai chez Stiff, Madness choisit d’enregistrer un morceau moins connu de Prince Buster, One Step Beyond, qui est en fait la face B du 45 tours Al Capone, l’un des plus gros succès de Buster.

Dans les années 60, Prince Buster est considéré comme l’un des artistes les plus importants de Jamaïque. Fervent défenseur de l’identité jamaïcaine, il est aussi un chantre de la négritude posant par là-même les premiers jalons du reggae et de la culture rastafari. Influencé par les Black Muslims, Buster se convertira même à l’Islam. Buster parcourt l’Europe et les Etats-Unis pour faire connaître le ska et le rocksteady et c’est lors d’un passage dans l’émission Ready ! Steady go !, en 1965, qu’il se fait connaître de la jeunesse anglaise. A l’aube des années 70, après avoir mis le pied à l’étrier de plusieurs artistes jamaïcain et contribué au lancement du reggae, Buster met sa carrière entre parenthèse pour s’occuper surtout de son magasin de disque. Au début des années ’80, par l’intermédiaire de Madness, l’Europe (re)découvre certains titres de Buster… One Step Beyond, notamment ! C’est probablement à l’univers particulier de Prince Buster que Madness doit son succès, le nom du groupe est inspiré d’une chanson de Buster, les premiers titres sont des reprises de Buster…

En 1982, le National Party, parti d’extrême droite britannique, tente de récupérer Madness car le groupe est exclusivement composé de blancs et que les textes chantés, contrairement à ceux des autres bands two-tone et ska, ne sont pas ou peu politisés. Madness n’entend pas faire de politique, juste de la musique. On peut, évidemment, se demander pourquoi Madness s’est-il engouffré dans la brèche two-tone qui repose fortement sur des bases politiques (two-tone, deux-tons, ce sont le noir et le blanc qui symbolisent l’égalité des races et l’harmonie des peuples) et pourquoi ils font l’apologie de Prince Buster qui était également très politisé, mais Barso et Suggs refusent l’étiquette politique, à fortiori celle de l’extrême droite que le National Party veut leur coller. On peut aussi clairement se demander pourquoi un parti d’extrême droite veut faire d’un groupe qui reprend des chansons de Prince Buster, un Musulman qui affirme et défend les droits des Noirs, l’une de ses icônes. Cela démontre assez clairement les limites intellectuelles et culturelles des apôtres de l’extrême droite !

Barso quitte Madness en 1983 car il juge que le groupe prend une direction trop pop. De fait, les albums suivants sont davantage pop que ska et, en 1986, Madness implose. Il y aura bien quelques tentatives de reformation, sous le nom The Madness (sans Barso) mais chacun repart de son côté avec de nouvelles activité. Il faut attendre 1999 pour voir Madness (avec Barso) se reformer pour l’enregistrement de l’album pop/ska Wonderful… Aujourd’hui encore, Madness court les festivals où le titre One step beyond reste leur titre de référence !

Version de Madness (1979)


Version de Prince Buster (1964)


  One Step Beyond

One step beyond est un instrumental sur lequel Chas Smash, le claviériste, crie de façon sporadique la phrase One step beyond (un pas en arrière)…

 


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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 09:53

Série de l’été – 1971, en réponse à Paul Anka...

 

serieete07---David-Bowie.jpgTour à tour folkeux, artiste de variété, rock, décadent, glam-rock, soul man, funk man, disco, pop, rock garage et voire même un peu techno, David Bowie est un caméléon, mais il est un personnage incontournable de la chanson du 20è siècle. S’il débute sa carrière en 1964, ce n’est que cinq ans plus tard qu’il se révèle au grand public grâce à un événement interplanétaire : les premiers pas de l’homme sur la lune. En effet, Bowie possède à son répertoire Space Oddity, un titre qu’il a écrit et qui narre l’histoire d’un astronaute en communication avec sa base sur terre. Space Oddity sera utilisée par la BBC pour la retransmission de l’alunissage d’Apollo 11 et des premiers pas de Neil Armstrong sur la lune. Mais, Space Oddity possède deux niveaux de lecture, au sens premier et littéral on y voit cette histoire d’astronaute mais un second sens est possible, celui d’un drogué en pleine perdition… Les paroles «We all know Major Tom's a junkie» et le fait que Syd Barrett ait influénce Bowie sur ce titre confortent, évidemment, les puristes dans la seconde lecture… Space Oddity est, surtout, le premier pas de Bowie sur le thème de l’espace, un sujet qu’il entretiendra avec la chanson Life on Mars ? (1971, sur l’album Hunky Dory) et l’album The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars (1972).

 

Life on Mars ? est, en fait, une réponse de Bowie à Paul Anka qui l’a, pense-t-il, spolié de quelques deniers avec le titre My Way. En 1967, alors que Bowie ne connait pas encore le succès, il lui avait été demandé de travailler sur une adaptation de Comme d’Habitude de Jacques Revaux, qui vient de sortir en France et qui ne connait pas un très gros succès. Bowie écrit des paroles et titre la chanson Even a Fool Learns to Love. Mais il n’est pas réellement satisfait du résultat alors il laisse le projet de côté car il a un album, le premier, en préparation… Probablement envisage-t-il de le reprendre plus tard mais, à l’été 1967, Paul Anka entend Comme d’Habitude, en achète les droits et en  fait l’adaptation que l’on sait avec My Way… David Bowie se fait couper l’herbe sous le pied et Paul Anka touche le pactole ! Il reste, en 1971, une vieille rancœur que Bowie exorcise avec Life on Mars ?. Ce n’est, en effet, pas un hasard si la séquence d’accords entre les deux arrangements musicaux est la même ; lors d’une émission de la BBC, Bowie ira jusqu’à dire que Life on Mars ? est une vision moderniste de My Way

 

Pourtant, les deux chansons n’ont rien à voir, il faut même être musicien émérite pour repérer que la séquence d’accords est pareille. Alors que My Way est l’évocation d’un homme qui fait le point sur sa vie, Life on Mars ? jette le regard d’un homme désabusé sur la société, un homme qui se demande s’il y a de la vie sur Mars (et si elle serait mieux que sur terre finalement). Life on Mars ? est une plage secondaire de l’album Hunky Dory dont le titre phare est Changes. Il faudra attendre le mois de juin 1973 et la sortie en sigle, assortie d’un clip très glam-rock dans lequel Bowie ultra-maquillé et en costume bleu clair chante sur un fond blanc, pour que Life on Mars ? ne devienne un succès. Succès qui se répètera 33 ans plus tard lorsque la série policière anglaise Life on Mars(1), dont le titre est inspiré de la chanson de Bowie, la reprend comme générique.

 

Life on Mars ?

 

It's a god-awful small affair
To the girl with the mousy hair
But her mommy is yelling "No"
And her daddy has told her to go
But her friend is nowhere to be seen
As she walks through her sunken dream
To the seat with the clearest view
And she's hooked to the silver screen
But the film is a saddening bore
For she's lived in ten times or more
She could spit in the eyes of fools
As they ask her to focus on
Sailors fighting in the dance hall
Oh man! Look at those cavemen go
It's the freakiest show
Take a look at the Lawman
Beating up the wrong guy
Oh man! Wonder if he'll never know
He's in the best selling show
Is there life on Mars ?

It's on Amerikas tortured brow
Mickey Mouse has grown up a cow
Now the workers have struck for fame
'Cause Lennon's on sale again
See the mice in their million hordes
From Ibeza to the Norfolk Broads
Rule Brittannia is out of bounds
To my mother, my dog, and clowns
But the film is a saddening bore
'Cause I wrote it ten times before
It's about to be writ again
As I ask you to focus on
Sailors fighting in the dance hall
Oh man! Look at those cavemen go
It's the freakiest show
Take a look at the Lawman
Beating up the wrong guy
Oh man! Wonder if he'll never know
He's in the best selling show
Is there life on Mars ?

 

Traduction :

 

C'est une affaire du domaine de cet horrible dieu
A la fille à la chevelure ondulante
Mais sa mère crie "non "
Et son père lui a dit de partir
Mais son ami est hors de vue
Et elle marche à travers son rêve creux
Jusqu'au meilleur point de vue
Et elle est accrochée à l'écran d'argent
Mais le film est déprimant d'ennui
Pour ce qu'elle a vécu dix fois voire plus
Elle aurait pu cracher dans les yeux des idiots
Quand ils lui demandaient de se concentrer sur
Les marins qui se battent dans la salle de danse
Oh mec ! Regarde ces hommes des cavernes s'en aller
C'est le spectacle le plus dingue que tu aies jamais vu
Jette un coup d'oeil a l'homme de loi
Qui se défoule sur le mauvais type
Oh mec ! demande toi s'il saura jamais
Qu' il figure dans le spectacle le plus racoleur
Y a-t-il de la vie sur Mars ?
 
On peut le lire sur les fronts froncés des Américains
Mickey Mouse s'est transformé en vache
Maintenant les travailleurs donnent des coups pour obtenir un peu de célébrité
Parce que Lennon est encore à vendre
Regarde les millions de hordes de souris
D'Ibiza à Norfolk Broads
Le gouvernement britannique fait un bond
A ma mère mon chien et aux clowns
Mais le film est déprimant d'ennui
Parce que je l'ai écrit dix fois avant
Il est sur le point d'être réécrit de nouveau
Et je vous demande de vous concentrer
Sur les marins qui se battent dans la salle de danse
Oh mec ! Regarde ces hommes des cavernes s'en aller
C'est le spectacle le plus dingue que tu aies jamais vu
Regarde un peu l'homme de loi
Qui se défoule sur le mauvais type
Oh mec ! Demande toi s'il saura jamais
Qu'il figure dans le spectacle le pus racoleur
Y a-t-il de la vie sur Mars ?


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(1) une série remarquable qui mélange intrigue policière et science-fiction et qui rapporte l’histoire d’un policier qui est victime d’un accident en 2006 et qui se réveille… en 1973 !

 

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 09:03

Série de l'été - 1991, Nirvana met le grunge, un rock alternatif, sur orbite !

serieete06---Nirvana.jpgLa Baie de Grays Harbor, à l'extrême ouest des Etats-Unis, dans l'Etat de Washington, nage dans une période plus grise que rose à l'époque de l'Amérique reaganienne. En 1985, Kurt Cobain vivote dans un petit groupe local baptisé Fecal Matter (Matière Fécale, sic !) qui essaie de se faire une place sur la scène punk rock d'Aberdeen, au fond de la baie. Après l'enregistrement d'une démo, le groupe de dissout et Cobain fonde avec Krist Novoselic (basse) et Dale Crover (batterie), un groupe résolument punk qui change régulièrement de nom sans parvenir à s'imposer. Le manque de stabilité est la marque de fabrique du trio qui enregistre pourtant quelques démos. Ce n'est qu'en 1987 que le groupe choisit définitivement de prendre Nirvana pour nom, Chad Channing l'intègre pour remplacer Crover à la batterie. Nirvana commence à tourner dans les grandes villes de la région, Tacoma, Spokane, Olympia et finalement Seattle. Là, le groupe est repéré par Bruce Pavitt et Johnathan Poneman qui dirigent un petit label indépendant de rock alternatif, Sub Pop, et qui proposent au groupe de graver une première plaque. Bleach, c'est le titre de ce premier album, sera enregistré en quelques jours au moment des fêtes de fin d'années 1988. Il aura coûté 606,17 dollars à produire et sera distribué dans des circuits limités à partir de juin 1989. Bleach s'inscrit dans un genre baptisé grunge, un nom dérivé de l'argot américain (grungy signifiant sale, puant), dont les leaders confidentiels sont alors Screaming Trees et Melvins. L'album, qui contient le superbe About a Girl qui sera popularisé plus tard sur l'enregistrement Unplugged de Nirvana, se vend à 6000 exemplaires et constitue un vrai best-seller pour Sub Pop qui propose donc directement à Nirvana de retourner en studio. Channing, qui ne plait pas à Cobain, est remplacé par Dave Grohl en provenance de Mission Impossible, un groupe punk de l'Illinois. Nirvana est enfin formé et entame la création de son second album qui sera intitulé Nevermind, une allusion à peine voilée au mythique album Never Mind the Bollocks de Sex Pistols. Butch Vig, qui travaille pour le compte de Geffen Record, un label de seconde zone vaguement rattaché à Warner, concainc Nirvana de venir enregistré chez eux. Persuadé de toucher un plublic plus large, Cobain accepte d'autant plus que des rumeurs de problèmes financiers naissent à propos de Sub Pop. Pour élargir son public, les chansons écrites par Kurt Cobain pour ce second album ont un son plus pop... un peu trop même car lorsqu'il les répète, il les trouve trop lisses et décide de leur ajouter une ligne mélodique plus rude avec une guitare rugissante et une batterie puissante.

En mai 1991, Nirvana entre en studio pour débuter l'enregistrement de Nevermind. Douze titres mis en boite en deux mois afin que l'album puisse être envoyé dans le circuit du rock alternatif à la rentrée de septembre. Le premier single de l'album, Smells like Teen Spirit, sort quelques jours avant Nevermind et surprend par son alternance de passage très lents et de passages rapides. Le riff de guitare de Smells like Teen Spirit accroche et les ventes du single sont excellentes. Le clip qui y est associé présente un groupe d'ados dans un gymnase qui se lancent dans un pogo. MTV, qui sent le potentiel du clip, le diffuse sur son antenne de façon régulière augmentant encore ainsi le succès de vente. En corollaire, Nevermind connait un remarquable succès également...  La réception de Nevermind par le public constitue même une surprise totale puisqu'en janvier 1992, il dépasse Dangerous de Michael Jackson pour s'installer en tête des ventes américaines. Smells like Teen Spirit a réellement lancé la carrière de Nirvana et ouvert la porte de la reconnaissance au grunge et au rock alternatif en général. A travers ce titre, Kurt Cobain fustige une jeunesse américaine branchée sexe qui se complet dans l'inutile, le consummérisme et le matérialisme. Teen Spirit est un déodorant très tendance chez les adolescents américains des années '80 et '90, une sorte d'odeur emblématique de cette jeunesse que dénonce Cobain dans ce titre.

Avec Smells like Teen Spirit, qui n'est d'ailleurs pas prononcé une seule fois dans la chanson, et l'ensemble de cet album Nevermind qui est devenu une référence majeure de la musique du 20è siècle, Nirvana ouvre la porte à une génération de groupe de rock alternatif importante : Alica in Chains, Garbage, Pearl Jam, Soundgarden, Smashing Pumpkins, Hole, Green Day, The Offspring, Sonic Youth et bien d'autres se sont engouffrés dans la brèche ouverte par le succès de Smells like Teen Spirit. Le nord-ouest des Etats-Unis devient le haut-lieu du rock alternatif avec Seattle pour capitale de ce genre en plein essor. Ce tube a aussi révolutionné l'industrie de la production musicale en amenant les labels indépendants sur le devant de la scène détournant ainsi des dizaines d'artistes des majors companies...

 



Smells like Teen Spirit

Load up on guns, bring your friends
It's fun to lose and to pretend
She's overbred and self-assured
I know, Iknow a dirty word

Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello...

With the lights out it's less dangerous
Here we are now, entertain us
I feel stupid and contagiou
Here we are now, entertain us
A mulatto, an albino, a mosquito
My libido
yeah

I'm worse at what I do best
And for that gift I feel blessed
Our little group has always been
And alwys will until the end

Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello...

And I forget just what I taste
Oh yeah, I guess it makes me smile
I found it hard, It's hard to find
Oh well, whatever, nevermind

Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello, how low ?
Hello, hello, hello...

A denial, a denial, a denial, a denial
A denial, a denial, a denial, a denial...

Traduction

Charge tes flingues et amène tes potes
C'est marrant de perdre et de faire semblant
Elle est bien élevée et sûre d'elle
Je connais, je connais un gros mot

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?
Salut, salut, salut...

Lumières éteintes, c'est moins dangereux
On y est, maintenant amusons-nous
Je me sens idiot et contagieux
On y est, amusons-nous
Un mulâtre, un albinos, un moustique
Ma libido
Yeah

Je suis le pire dans tout ce que je fais le mieux
C'est un don pour lequel je me sens béni
Notre caste a toujours existé
Et elle existera jusqu'au bout

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?
Salut, salut, salut...

Et j'oublies même pourquoi je goûte
Oh oui, je crois que cela me fait sourire
J'ai trouvé que c'était dur, c'était dur à trouver
Finalement, qu'importe tant pis...

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?

Salut, salut, salut, comment tu vas mal ?
Salut, salut, salut...

Une dénégation, une dénégation, une dénégation, une dénégation
Une dénégation, une dénégation, une dénégation, une dénégation...

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 10:22

Série de l'été - 1966, le titre doucereux qui évoque... un vibromasseur !

serieete05---donovan.jpgDonovan est une figure incontournable de la scène anglaise des années '60 et '70. Le Swinging London est une période propice à l'éclosion des jeunes talents, Donovan Philip Leitch est ce ceux-là. Découvert par Mickie Most, le producteur des Animals et de Herman's Hermits, il entre en studio en 1965 pour enregistrer son premier album, What's bin did and waht's bin hid qui contient la superbe ballade folk Catch the Wind (qui donnera d'ailleurs son titre à l'album aux Etats-Unis). Donovan, qui a réduit son nom de scène à son seul prénom, développe un réel talent de mélodiste et s'impose rapidement dans le microcosme du rock anglais. Il devient l'ami des plus grands comme Brian Jones, Paul McCartney, George Harrison ou Jimmy Page. Donovan jouera aussi un rôle très important dans la carrière des Beatles, c'est en effet lui qui apprit la technique du finger-picking(1) à Harrison et à Lennon, c'est encore lui qui attira les Fab Four vers la méditation transcendentale à l'origine de leur voyage initiatique aux Indes, en 1968. Donovan s'inscrit dans les courants psychédéliques et pacifistes de la seconde moitié des années '60 et il plante quelques titres qui marchent bien sans être exceptionnels comme Sunshine Superman ou Colours. En novembre 1966, Donovan propose un nouveau single qui va le propulser en tête des hits parade tant aux Etats-Unis qu'en Angleterre, Mellow Yellow. Pourtant, au départ, Dovovan a bénéficé d'un coup de pouce du destin... Mellow Yellow sonne un peu comme une chanson des Beatles, probablement parce qu'elle contient "Yellow" dans son titre, à l'image de Yellow Submarine, sorti quelques mois plus tôt, et parce que Paul McCartney a gratté quelques accords de basse et à participé aux choeurs lors de l'enregistrement de la chanson. Toujours est-il qu'aux Etats-Unis, beaucoup associe Mellow Yellow à une chanson des Beatles et le titre atteint rapidement la seconde place des meilleures ventes de 45 tours. En Angleterre, le titre fonctionne plutôt bien aussi mais ne parvient pas à décrocher un n° 1 dans les charts à cause de la concurrence féroce de No milk today d'Herman's Hermits, de Good Vibrations des Beach Boys et de Reach out I'll be there des Four Tops...

Aux Etats-Unis, le succès de la chanson est vite renforcé par une controverse. Quelqu'un remarque que le titre de la chanson est emprunté à un passage du roman Ulysse de l'auteur irlandais James Joyce. Dans cette oeuvre publiée entre 1918 et 1920 sous forme de feuilleton dans l'hebdomadaire The Little Revue, Joyce utilise les termes "mellow yellow (jaune pâle) pour évoquer les fesses de son héroïne Marion Bloom. Et si Donovan parlait de sexe dans sa chanson ? Cette première controverse fait bientôt place à une autre : le contenu de la chanson pourrait évoquer l'usage de drogues hallucinogènes très tendances à cette époque dans les courants psychédéliques. Une rumeur répandue dans les années '60 dit que beaucoup se défoncent en fumant des peux de bananes séchées qui auraient donc des vertus psychothropes... Donovan utilise le mot "banane" dans ses paroles, le titre est Jaune Pâle, il n'en faut guère plus pour assimiler Mellow Yellow à une promotion pour l'usage des drogues ! D'autant qu'il évoque l'idée de voler haut pour l'éternité, de planer sommes toutes... Mais personne ne s'est véritablement rendu compte à l'époque que le mot "banane" était associé au mot "électrique" (Electrical banana is gonna be a sudden craze). Clairement, l'allusion n'est pas relative à une drogue mais bien à un vibromasseur ! Le Magazine Rolling Stone confirmera cette allusion quelques années plus tard. Donovan parlait bien de sexe dans sa chanson, de sexe en solitaire à l'aide d'un vibromasseur. Il en faisait même l'apologie...

Fourteen et Saffron

Une polémique qui a été évoquée mais qui n'a jamais enflé fut celle d'une relation interdite avec une adolescente. Dans son texte, Donovan évoque Fourteen (Quatorze), il s'agit du surnom donné à une fille, tout comme Saffron (Safran). Dans les années soixante, parmi les hippies, le choix d'un surnom était assez fréquent, c'était une forme de rejet de la société. En fait, en rejetant leur prénom officiel, ce prénom qu'on leur avait imposé, certains hippies marquaient leur rejet des valeurs morales d'une société qui les heurtait. Saffron et Fourteen sont deux deux filles, utilisatrices de la banane jaune pâle. Mais dans le deuxième couplet, Donovan utilise une tournure de phrase très malheureuse : I'm just mad about a Fourteen que l'on pourrait interpréter comme Je suis fou d'une fille de 14 ans. La majuscule à Fourteen et le fait qu'il enchaine avec Fourteen (sans le a) is mad about me permettent de comprendre que Fourteen est un surnom et non pas une adolescente.

 



Mellow Yellow

I'm just mad about Saffron
A-Saffron's made about me
I'm just mad about Saffron
She's just mad about me

They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow

I'm just mad about Fourteen
Fourteen 's mad about me
I'm just made about a Fourteen
She's just mad about me

They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow

Born a high forever to fly
Wind a velocity nil
Born a high forever to fly
If you want your cup, I will fill(2)

They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow

So Mellow Yellow...

Electrical banana
Is gonna be a sudden craze
Electrical banana
Is boud to be the very nest phase

They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow

Saffron, Yeah
I'm just mad about her
I'm a just a mad about a Saffron
Sh's just mad about me

They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow
Quite rightly
They call me Mellow Yellow

Oh, so Yellow...
Oh, so Mellow...

Traduction :

Je suis fou de Saffron
Safran est folle de moi
Je suis simplement fou de Saffron
Elle simplement folle de moi

On m'appelle Jaune Pâle
A juste titre
On m'appelle Jaune Pâle
A just titre
On m'appelle Jaune Pâle

Je suis fou de Fourteen

Fourteen est folle de moi
Je suis simplement fou de Fourteen
Elle est simplement folle de moi

On m'appelle Jaune Pâle
A juste titre
On m'appelle Jaune Pâle
A just titre
On m'appelle Jaune Pâle

Celui qui est né haut volera pour l'éternité
Vitesse du vent zéro
Celui qui est né haut volera pour l'éternité
Si tu le veux, je te satisferais

On m'appelle Jaune Pâle
A juste titre
On m'appelle Jaune Pâle
A just titre
On m'appelle Jaune Pâle

Tellement Jaune Pâle...

La banane électrique
Va devenir une mode subite
La banane électrique
Va forcément devenir le truc à la mode

On m'appelle Jaune Pâle
A juste titre
On m'appelle Jaune Pâle
A just titre
On m'appelle Jaune Pâle

Saffron, ouais
Je suis simplement fou d'elle
Je suis simplement fou de Saffron
Elle est simplement folle de moi

On m'appelle Jaune Pâle
A juste titre
On m'appelle Jaune Pâle
A just titre
On m'appelle Jaune Pâle

Oh, tellement Jaune...
Oh, tellement pâle...

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(1) le finger-picking est une technique de jeu de guitare

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 10:43

Série de l’été - 1964, une ballade folk/rock pour lancer un duo incontournable des sixties…

serieete04---simon---garfunkel.jpgSimon & Garfunkel est un des duos les plus mythiques de la musique américaine des années '60. Voyageant continuellement entre rock et folk, les deux compères ont offert quelques-unes des plus grandes chansons de l'époque; Mrs Robinson, Bridge over troubled water, Old Friends, Homeward Bound ou encore The Boxer sont entrées dans la mémoire collective. Artistes engagés, les textes qu'ils mettent en musique se veulent le reflet d'une époque dérangée et dérangeante faite, entre autres, de guerre du Vietnam, des assassinats de JFK et de MLK,… A l'aube des années '70, Paul Simon et Art Garfunkel, qui vivent une vraie relation je t’aime moi non plus, décident pourtant de se séparer car leur différences les divisent plus qu'elles ne les unissent ! La musique du duo de la côte-est est toujours tellement présente que l’on a du mal à imaginer qu’il s’est lancé sur les scènes new-yorkaises à la fin des années ’50 et qu’il est officiellement séparé depuis 1970 malgré quelques réapparitions extraordinaires comme ce concert devenu mythique dans Central Park, en septembre 1981, ou encore cette tournée américaine à l’automne 2003. Et pourtant, c’est bien en 1957 que Paul Simon et Art Garfunkel enregistrent, avec un groupe baptisé Tom & Jerry, leur premier titre, Hey, schoolgirl, un rock typique de l’époque qui se vend à plus de 100.000 exemplaires. Simon et Garfunkel ont, à peine, 16 ans et pensent qu’ils peuvent vivre de la musique… Mais Hey, schoolgirl ne sera qu’un pétard mouillé et, fin 1958, Tom & Jerry splitte. Paul et Art se perdent de vue… Ce n’est qu’en 1963 qu’ils se retrouvent lors d’un concert de musique folk. Le folk, influencé par l’esprit rebelle du rock, prend alors son envol avec des chanteurs comme Bob Dylan, Joan Baez ou Leonard Cohen. Cette musique engagée séduit Paul Simon et Art Garfunkel qui décident de tenter l’aventure en duo. Ce sont deux musiciens talentueux et leur idée est de créer un duo de guitaristes pour produire un folk épuré. Le label Columbia leur donne rapidement leur chance et un premier album, Wednesday morning, 3 A.M. est pressé. Il contient douze titres dont une reprise de The times they are a-changin’ de Bob Dylan.

La plage principale de cette plaque c’est The Sounds of Silence, une balade folk qui évoque l’aveuglement, les choses que l’on ne veut pas voir, le repli sur soi ou l’individualisme mais aussi les idoles auxquelles on souscrit pour éclairer nos vies. La version originale de cette chanson est acoustique. Les voix de Simon et Garfunkel ne sont accompagnées que par la seule guitare de Paul Simon. L’album Wednesday morning, 3A.M. ne marche pas du tout ; Simon et Garfunkel se séparent à nouveau. Simon s’envole pour l’Angleterre où il espère trouver le succès, il y sort d’ailleurs un album (The Paul Simon Songbook) qui n’est guère plus plébiscité… Mais, un événement va relancer la carrière de Simon & Garfunkel ; Tom Wilson, qui avait produit Wednesday morning, 3 A.M., décide de réorchestrer The Sounds of Silence. Il y ajoute des guitares électriques et sort cette version sur 45 tours sans en dire un mot à Simon et Garfunkel. Surprise, cette version plus rock accroche les auditeurs des radios de la côte-est… puis le succès s’étend à travers les Etats-Unis pour atteindre la première place du Bilboard Hot 100 en janvier 1966. Pour surfer sur ce succès grandissant, Wilson rappelle les deux chanteurs pour un nouvel album. Simon et Garfunkel acceptent et entrent en studio pour mettre en boite une plaque intitulée Sounds of Silence qui contient, évidemment, une version de The sounds of Silence. Pour compléter l’album, le duo récupère cinq chansons de l’album The Paul Simon Songbook dont I’m a rock et Kathy’s Song qui deviendront des standards du duo. Quelques semaines plus tard, Simon & Garfunkel enregistrent Scarborough Fair, une chanson moyenâgeuse anglaise de troubadour qu’ils adaptent à leur façon en conservant cependant les consonances médiévales, qui installent définitivement les deux hommes en tant que références de la musique des années soixante.

The Sounds of Silence apparaîtra encore sur la bande originale du film Le Lauréat (Mike Nichols, 1967) où, pour l’anecdote, elle est orthographie The Sound of Silence, au singulier…


The Sounds of silence

Hello, darkness my old friend
I've come to talk with you again
Because a vision softly creeping
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within The Sound Of Silence.

In restless dreams i walked alone
Narrow streets of cobblestone,
'Neath the halo of a street lamp
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light
That split the night
And touched The Sound Of Silence.

And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking
People hearing without listening
People writing songs that voices never share
And no one dared
Disturb The Sound Of Silence.

"Fools" said I, "You do not know
Silence like a cancer grows.
Hear my words that I might teach you,
Take my arms that I might reach you."

But my words like silent raindrops fell,
And echoed
In the wells of silence

And the people bowed and prayed
To the neon god they made
And the sign flashed out its warning,
In the words that it was forming.
And the signs said the words of the prophets
Are written on the subway walls
And tenement halls.

And whisper'd in the sounds of silence

Traduction :

Salut, obscurité ma vieille amie
Je suis encore venu discuter avec toi
Parce qu’une vision a doucement rampé
Et planté ses graines pendant que je dormais
Et la vision qui a été plantée dans mon cerveau
Reste encore
Dans le bruit du silence

Dans mes rêves agités je marchais seul
Dans les ruelles étroites et pavées
Sous le halo d’un réverbère
Je relevais mon col contre le froid et l’humidité
Lorsque mes yeux ont été agressés par le flash d’un néon
Qui a éclaté dans la nuit
Et heurté le bruit du silence

Et dans la lumière nue j’ai vu
Dix mille personnes, peut-être plus
Des personnes qui discutaient sans parler
Des personnes qui entendaient sans écouter
Des gens qui écrivaient des chansons qu’aucune voix ne partagera
Et pas un n’osait
Déranger le bruit du silence

"Pauvres fous" ai-je dis, "Vous ne savez pas"
Le silence comme le cancer se développe
Entendez mes paroles que je puisse vous enseigner
Prenez mes bras que je puisse vous atteindre

Mais mes mots, tels des gouttes d’eau sont tombée silencieuses
Et on fait écho
Dans les puits du silence

Et le peuple s’est soumis et a prié
Vers le néon qu’ils avaient fabriqué comme un Dieu
Et un signal cingla comme un avertissement
Dans les mots qui s’étaient formés
Et les signaux disaient que les mots des prophètes
Sont écrits sur les murs du métro
Et dans les couloirs des vieilles bâtisses

Et sont murmurés dans les bruits du silence

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 13:07

Série de l'été - 1978, l'adaptation pop/rock d'un roman de Camus...

 

serieete03---the-cure.jpgIl est des titres de chansons qui ne passeraient plus aujourd’hui à notre époque policée et trop politiquement correcte. Le premier single du groupe anglais The Cure fait assurément partie de ceux-là !

1976, le mouvement punk bat son plein à Londres tandis qu’un groupe de légende, Dire Straits, sort son premier album. The Police, Joy Division, Siouxie & the Banshees et The Stranglers posent les bases de ce qui va devenir la new wave. Easy Cure, fondé à Crawley par Robert Smith (chant et guitare), Michael Dempsey (basse) et Lol Tolhurst (batterie) s’engouffre dans cette brèche. Après avoir tourné dans les bars du Sussex où il a vu le jour, le trio monte à Londres et se rebaptise The Cure. Dans la capitale anglaise, le groupe est rapidement remarqué par Chris Parry qui est Directeur artistique chez Polydor mais qui ne rêve que de fonder son propre label. Les deux parties peuvent y trouver leur compte et c’est donc avec The Cure que Parry fonde Fiction Records qui va se spécialiser dans la production de groupes new wave.

Le tout premier single mis en boite dans les studios de Fiction est donc cette fameuse chanson Killing an Arab (littéralement Tuer un Arabe) qui est donc aussi le premier disque et le premier succès de Cure. La chanson est enregistrée en décembre 1978 et le 45 tours sort en février 1979 (avec 10 :15 Saturday night en face B). Afin de prévenir toute forme de censure car les paroles évoquent l’assassinat d’un Arabe sur une plage baignée de soleil, Robert Smith qui l’a écrite prévient lors d’une conférence de presse que cette chanson est une licence poétique qui résume les moments clés du roman L’Etranger d’Albert Camus. Par mesure de sécurité, le disque est adressé à tous les médias anglais avec un exemplaire de l’œuvre de Camus.

A l’aube des années ’80, la chanson passe bien et est diffusée sans souci sur les radios londonienne d’abord, de toute l’Angleterre ensuite et d’Europe enfin. The Cure se positionne sur la scène new wave et l’album Three imaginary boys (rebaptisé Boys don’t cry lors de sa réédition pour le marché américain) qui sort en mai 1979 est bien accueilli. Un critique écrira même : «The eighties starts here»… «Les années ’80 commençent ici !» pour signifier qu’avec cet album de Cure, on tournait une page musicale et on entrait de plain pied dans la décennie suivante. Jusqu’en 1996, the Cure va faire partie du paysage rock et pop anglais. Souvent classé dans la catégorie rock gothique, The Cure est plutôt un groupe sans étiquette précise qui a balayé, tout au long de sa carrière, divers courant du rock. Post-punk, pop-rock, new wave, rock psychédélique et même cold wave, le tout mâtiné de jazz, de rythm’n blues et de résonnances hispaniques, autant de courants explorés par la bande à Robert Smith.

Durant toute sa carrière, The Cure jouera ses titres phares comme Boys don’t cry, Close to me, In between days… et, bien entendu, Killing an Arab. En 1994, des tensions naissent et Lol Tolhurst attaque meme les autres members du groupe en justice pour une sombre histoire de royalties. Le ressort est cassé et, après l’album Wild moods swings, sorti en mai 1996, le groupe s’offre un break de plusieurs années. Il se retrouve à l’aube du 21è siècle, sort un nouvel album et repart en tournée. Chris Cooper à remplacé Tolhurst et The Cure entend bien surfer sur ses classiques… Mais un changement fondamental a eu lieu, l’heure est au politiquement correct ! La chanson Killing an Arab heurte désormais la bienséance… A un point tel que lors d’une tournée, en 2005, Smith est obligé de rebaptiser sa chanson Kissing an Arab !!! Ensuite, elle fut réorchestrée sous le titre plus «correct» Killing Another. Et comme souvent lorsque l’on pense faire mieux on fait pire, l’attention donnée, dans les années 2000, au titre de cette chanson qui, pendant 16 ans n’avait pourtant gêné personne, a donné l’idée à un parti d’extrême droite anglais d’en faire son hymne. En réaction, Robert Smith a répété plusieurs fois que le titre et les paroles de Killing an Arab seraient modifiés…


Killing an Arab

Standing on the beach
With a gun in my hand
Staring at the sea
Staring at the sand
Staring down the barrel
At the arab on the ground
I can see his open mouth
But I hear no sound

I'm alive
I'm dead
I'm the stranger
Killing an arab

I can turn
And walk away
Or I can fire the gun
Staring at the sky
Staring at the sun
Whichever I chose
It amounts to the same
Absolutely nothing

I'm alive
I'm dead
I'm the stranger
Killing an arab

I feel the steel butt jump
Smooth in my hand
Staring at the sea
Staring at the sand
Staring at myself
Reflected in the eyes
Of the dead man on the beach
The dead man on the beach

I'm alive
I'm dead
I'm the stranger
Killing an arab

Oh Meursault

Traduction :

Debout sur la plage
Un pistolet à la main
Je fixe la mer
Je fixe le sable
Je fixe le canon
Sur l'Arabe à terre
Je vois sa bouche ouverte
Mais je n'entends aucun son

Je suis en vie
Je suis mort
Je suis l'étranger
Qui a tué un arabe

Je peux me retourner
Et m'en aller
Ou je peux tirer avec le pistolet
Je fixe le ciel
Je fixe le soleil
Quoi que je choisisse
Cela revient au même
Absolument rien

Je suis en vie
Je suis mort
Je suis l'étranger
Qui a tué un arabe

Je sens le sursaut de la crosse d'acier
Lisse dans ma main
Je fixe la mer
Je fixe le sable
Je me regarde fixement
Dans le reflet des yeux
De l'homme mort sur la plage
L'homme mort sur la plage

Je suis en vie
Je suis mort
Je suis l'étranger
Qui a tué un arabe

Oh, Meursault(1)

-----
(1) Meursault est le nom du personnage principal du roman L’Etranger, d’Albert Camus

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:58

Le mythique Club CBGB a revécu le temps d'un festival...

cbgb3.jpgLorsqu'il ouvre le Country, Bluegrass, Blues & Other Music For Uplifting Gormandizers(1), en 1973, Hilly Kristal imagine peu que l'endroit deviendra mythique. Son but est d'en faire une espace d'expression du rock underground new-yorkais, rien de plus. Parmi les premiers à se produire sur la scène du CBGB & OMFUG il y a Suicide, le groupe d'Alan Vega et Martin Rev, qui est alors totalement hors du circuit commercial. Le premier coup de maître de Kristal est d'attirer une certaine Patti Smith - celle-là même qui est à l'affiche des Ardentes, à Liège, cette année c'est dire la qualité du festival liégeois ! - qui se produisait alors dans plusieurs salles de New York. Kristal lui offre une scène permanente et lance réellement la carrière de celle qui allait rapidement devenir la Marraine du Punk. Television, un groupe glam rock reçoit aussi sa chance mais ne parvient pas à la saisir malgré plusieurs prestations. Kristal accepte de laisser une ultime chance au groupe mais à condition qu'il trouve un autre groupe pour occuper la scène. Marché conclu et celui qui fait office d'impressario pour Television trouve un band du Queens composé de quatre gars un peu glauques dont un chanteur "bizarre", Jeffrey Hyman, immense (1,98m), osseux et dégingandé qui souffre en fait de TOC et de la Maladie de Marfan qui provoque une croissance anormale des os. Le groupe, qui joue du rock garage, s'est formé au début de l'année 1974 et ne dispose que de quelques semaines de répétition avant de se produire, le 31 mars 1974, au CBGB & OMFUG pour  la première fois. Ce soir-là, Television fait une prestation honnête mais elle est eclipsée totalement par celle de Hyman et sa bande qui se font appeler The Ramones. Cétait la première scène d'un quatuor qui va donner son essor au mouvement punk et qui est encore considéré aujourd'hui comme un des Immortels c'est à dire l'un des 100 Meilleurs Artistes Musicaux de Tous les Temps selon le magazine Rolling Stone. Rapidement, le Club situé sur Bowery, dans le Uptown Manhattan, attire la foule. Ses 370 mètres carrés permettent d'organiser des concerts de qualité avec une scène de belle taille et de l'espace pour les spectateurs. The New York Dolls, Talking Heads, Blondie et The Heartbreakers se produisent au club de Kristal dont le nom est abrégé en CBGB dans le langage des gens qui le fréquentent et même souvent simplifié en CB's... Tous ces groupes de rock garage ou de glam rock sont occupés à poser les jalons du punk.

Le CBGB devient un lieu de rendez-vous incontournable pour les artistes punk, hardcore et new wave émergents mais aussi, et de plus en plus, pour les groupes confirmés. Au fil des années, AC/DC, Sex Pistols, The Clash, The Misfits, Willy DeVille, The Runaways, Guns 'n Roses, Sonic Youth, Smashing Pumpkins ou Green Day feront vivre la scène du CBGB en y offrant des concerts mémorables. Mais le club dérange de plus en plus dans un quartier, le Lower East Side, qui est réhabilité dans les années '90. La population résidente y est de plus en plus aisée et les loyers augmentent fortement. C'est d'ailleurs une sombre histoire de loyer qui sera à l'origine de la mort annoncée du CBGB. Dès l'aube des années 2000, le propriétaire - une association sociale qui aide les SDF -  réclame des loyers de plus en plus importants. Pour y faire face, Hilly Kristal sollicite des aides de la Mairie de New York mais Michael Bloomberg, la Maire de New York très peu enclin à apprécier la musique proposée au CBGB, refuse systématiquement toute demande de subsides. Le club tient cinq ans en tirant le diable par la queue mais ferme définitivement ses portes le 15 octobre 2006 sur une ultime soirée de concerts avec Sonic Youth, Debbie Harry (la chanteuse de Blondie), Dead Kennedys et, bien entendu, Patti Smith qui sait tout ce qu'elle doit à Hilly  Kristal...

L'esprit CBGB dans un festival

Kristal entend recommencer ailleurs, même s'il est âgé de 74 ans, il veut rouvrir le CBGB à Las Vegas. "J'emporte les bars avec moi, j'emporte aussi la scène et même l'urinoir dans lequel Joey Ramone a pissé"(1) déclarait Hilly Kristal en octobre 2006 évoquant son projet de réouverture dans le Nevada. Hélas, emporté par un cancer du poumon, Kristal meurt à l'été suivant sans avoir pu le mener à terme. Près de six ans après la disparition du CBGB, une poignée de nostalgiques a décidé de faire revivre son esprit à travers un festival qui s'est déroulé ce week-end à Manhattan. Trois cent groupes ont été réunis, ils ont joué dans une quarantaine de salles réparties dans toute la pointe sud de Manhattan. Le concept était d'offrir une visibilité à des groupes émergents en leur ouvrant la scène, parfois en première partie d'un artiste confirmé ou en compagnie d'une référence du CBGB. Ainsi, David Johanssen, le chanteur des New York Dolls, Duff McKaggan, ancien Bassiste de Guns 'n Roses et de Velvet Revolver, Murphy's Law, qui fit les beaux jours du CBGB dans les années '80, ou encore Glen Matlock, qui fut le bassiste de Sex Pistols, ont accepté d'encadrer les groupes débutants qui étaient à l'affiche du CBGB Festival. En plus des 300 concerts prévus, dont un gratuit a Time Square samedi, les organisateurs avaient également mis sur pied un festival de cinéma durant lequel ont été présentés une trentaine de films dont, American Hardcore, de Paul Rachman, qui évoque l'histoire du punk américain, The rise and fall of The Clash, de Danny Garcia, une biographie du groupe de Joe Strummer et Mick Jones, présenté en première mondiale, The Dead Boys, live in CBGB, la captation de la prestation de Dead Boys, en 1977, au CBGB, ou encore End of the Century, de Michael Gramaglia, qui rapporte l'histoire des Ramones, et bien entendu Sid & Nancy, le biopic réalisé par Alex Cox autour de la relation tumultueuse de Sid Vicious et Nancy Spungen avec un excellent Gary Oldman dans la peau du chanteur et bassiste de Sex Pistols.  Par ailleurs, pour ouvrir le CBGB Festival, jeudi dernier, Krist Novoselic, de Nirvana, est venu évoquer lors d'une conférence l'industrie actuelle de la musique avec son marketing, ses agents et ses techniques de promotion.

Durant trois jours, l'esprit de CBGB, Temple New-Yorkais du Rock Underground et du Punk, a revécu sur Bowery et ses environs. Cette première édition en appellera peut-être d'autres...

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(1) Country, Bluegrass, Blues et Autres Musiques pour Gourmands Raffinés, ça c'est du nom !!!
(2)  Pulling the plug on birthplace of punk, on scotsman.com, 8 octobre 2006.

CBGB Festival

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 07:47

Série de l’été – 1986, Suzanne Vega fait un tube d’un sujet grave…

 

serieete02---suzanne-vega.jpgSuzanne Vega est l’une des voix les plus reconnaissables de la chanson américaine. Née en Californie à l’époque dorée du rock ‘n roll, elle a grandi dans un quartier défavorisé de New York où elle trouvait dans la poésie un exutoire à sa vie sans grand relief. A 14 ans, nous sommes alors en 1973, elle met en musique l’une de ses poésies pour composer ainsi sa première chanson. Elle étudie alors à la Fiorello H. LaGuardia High School of Music & Art and Performing Arts, l’école qui servit de décors au film Fame et d’où sont sortis quelques-uns des plus grands artistes américains, toutes disciplines confondues(1). Elle suit ensuite un cursus de littérature anglaise au College Barnard de l’Université de Columbia, elle sait déjà que la musique sera son créneau professionnel… A la fin des années ’70, Suzanne Vega se produit sur différentes petites scènes new yorkaises, surtout dans Greenwich Village, le quartier qui a favorisé l’éclosion, dans les années ’60 et ’70, de la musique folk. Dylan y chanta fréquemment, The Mamas and the Papas s’y sont créés et une vingtaine de nightclubs ou de coffehouses offrent une scène aux folkeux… La musique folk c’est justement celle qui plait à Suzanne Vega et c’est naturellement qu’elle s’impose dans le Village.

Elle est recrutée en 1983 par le label A&M mais il faut attendre 1985 pour que Suzanne Vega sorte son premier album. En plein cœur d’une décennie de profit, d’évolution technologique et de tape-à-l’œil, cette plaque est simple, sobre et composée de titres recherchés. Les chansons n’ont pas le militantisme de ses idoles des sixties (comme Bob Dylan ou Joan Baez) mais plutôt le caractère introspectif des auteurs-compositeurs des années septante, façon Lou Reed… Oui, Suzanne Vega est un pur produit des années septante et elle le revendique. La critique encense cet album intitulé Suzanne Vega qui contient d’excellentes pièces comme The Queen and the Soldier, Small Blue thing et, surtout, le superbe Marlena on the Wall… Il ne connait pourtant qu’un succès mitigé aux Etats-Unis où le folk est tombé en désuétude ; par contre il cartonne en Angleterre.

Une chanson aurait du prendre place sur ce premier album mais elle était trop codifiée pop que pour se fondre dans la masse. Qu’à cela ne tienne, elle prendra place sur le suivant. Mais le texte évoque un sujet grave et lourd, celui de l’enfance maltraitée… Il faut donc construire un album plus grave aussi. Luka est un gamin new yorkais qui vit dans un immeuble un peu miteux. Fréquemment il endure la violence de ses parents qui le battent jusqu’à ce qu’il pleure ou qui le font valser dans l’appartement parfois même jusqu’à ce qu’il passe au travers d’une porte. Luka a une voisine (la narratrice de la chanson, Suzanne Vega ?) qui habite juste en dessous de chez lui. Elle le rencontre dans l’immeuble et il lui adresse la parole, une forme d’appel au secours déguisé puisqu’il lui demande de s’occuper de ses affaires et pas des siennes alors que c’est pourtant lui qui prend l’initiative de la discussion… Le sujet est grave pour une chanson pop mais elle plait au public. Le single sort en 1986 et rencontre un véritable succès de foule. Dans la foulée, l’album Solitude Standing (1987) est aussi une belle réussite tant artistique que commerciale. Il contient, notamment, le second gros tube de Vega, Tom’s Diner.

Luka est le titre qui a ouvert la voie du succès et de la reconnaissance à Suzanne Vega mais, plus encore, il est surtout celui qui a permis à une génération de chanteuses folks à texte – Tracy Chapman, Sinead O’Connor et Michelle Shocked en tête – de trouver un label, de s’imposer dans un créneau qui était un peu désuet avant Suzanne Vega…



Luka

My name is Luka
I live on the second floor
I live upstairs from you
Yes I think you've seen me before
If you hear something late at night
Some kind of trouble. some kind of fight
Just don't ask me what it was
Just don't ask me what it was
Just don't ask me what it was

I think it's because I'm clumsy
I try not to talk too loud
Maybe it's because I'm crazy
I try not to act too proud
They only hit until you cry
And after that you don't ask why
You just don't argue anymore
You just don't argue anymore
You just don't argue anymore

Yes I think I'm okay
I walked into the door again
If you ask that's what I'll say
And it's not your business anyway
I guess I'd like to be alone
Nothing broken, nothing thrown
Just don't ask me how I am
Just don't ask me how I am
Just don't ask me how I am

My name is Luka
I live on the second floor
I live upstairs from you
Yes I think you've seen me before
If you hear something late at night
Some kind of trouble. some kind of fight
Just don't ask me what it was
Just don't ask me what it was
Just don't ask me what it was

They only hit until you cry
And after that you don't ask why
You just don't argue anymore
You just don't argue anymore
You just don't argue anymore


Traduction

Mon nom est Luka
Je vis au second étage
Je vis juste au-dessus de chez toi
Oui, je crois que tu m’a déjà vu avant
Si tu as entendu quelque chose tard le soir
Comme des troubles, comme des combats
Ne me demande pas ce que c’était
Ne me demande pas ce que c’était
Ne me demande pas ce que c’était

Je pense que c’est parce queje suis maladroit
J’essaie de ne pas parler trop fort
Peut-être est-ce parce que je suis fou
J’essaie de ne pas être trop fier
Ils frappent jusqu’à ce que tu pleures
Et après ça, tu ne demande pas pourquoi
Tu n’essaie plus d’exister
Tu n’essaie plus d’exister
Tu n’essaie plus d’exister

Oui je pense que je vais bien
Je suis encore passé à travers la porte
Si tu te demandes ce que j’en pense
Ce n’est pas tes affaires
Je suppose que je préfère être tout seul
Avec rien de cassé, rien à jeter
Alors ne me demande pas comment je vais
Alors ne me demande pas comment je vais
Alors ne me demande pas comment je vais

Mon nom est Luka

Je vis au second étage
Je vis juste au-dessus de chez toi
Oui, je crois que tu m’a déjà vu avant
Si tu as entendu quelque chose tard le soir
Comme des troubles, comme des combats
Ne me demande pas ce que c’était
Ne me demande pas ce que c’était
Ne me demande pas ce que c’était

Ils frappent jusqu’à ce que tu pleures
Et après ça, tu ne demande pas pourquoi
Tu n’essaie plus d’exister
Tu n’essaie plus d’exister
Tu n’essaie plus d’exister

 

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