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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 15:00

C’est totalement inutile donc c’est intéressant ! Il s’agit de tenter de trouver l’âge d’Hercule Poirot à travers les indices laissés par Agatha Christie…

poirot.jpgJe suis occupé à relire mes Hercule Poirot et je dois dire que le détective belge né de l’imagination d’Agatha Christie me permet de passer de bien meilleures soirées que tous les navets télévisuels diffusés à répétition. Seule la soirée du jeudi soir consacrée à Arthur Conan-Doyle sur Club RTL trouve grâce à es yeux pour l’instant. Comme tous les Poirophile ou les Poirophages j’en suis venu à me poser cette sempiternelle question ; quel âge peut avoir le détective ? Où plutôt en quelle année est-il né ? La commune belge d’Ellezelles, dans le Hainaut, s’est auto-proclamée lieu de naissance de Poirot, elle lui a même érigé une statue au cœur de la ville et lui a créé un état civil, le faisant naître le 1er avril 1850(1). On peut rapidement affirmer que cette date de naissance est impossible car dans certaines nouvelles de la série, la deuxième guère mondiale est évoquée et Poirot y aurait utilisé ses qualités de détective pour aider les services secrets britanniques. Il aurait eu entre 90 et 95 ans, peu probable ! En fait, la question de l’âge de Poirot n’a pas de réponse officielle mais on peut essayer de lui en trouver une sur base des éléments fournis par Agatha Christie au fil des lignes qu’elle a noircit autour de Poirot. En effet, victime du succès phénoménal de son héros entre 1930 et 1950, la romancière anglaise a du l’étoffer pour lui donner du corps et répondre ainsi aux exigences des fanatiques de la série policière romanesque.

Une fourchette comprise entre 1875 et 1885

Ainsi, par exemple dans Mort dans les nuages, publié en 1935, on peut deviner que l’action se passe en cette même année car on y découvre un Poirot assistant à la finale de Roland-Garros remportée par Fred Perry. Hors, le tennisman britannique ne remporta les internationaux de France de tennis que cette seule année 1935… Poirot apparaît comme un homme mûr mais pas encore comme un vieillard. On peut l’imaginer comme un homme de 55 ans plus ou moins… Ce qui situerait sa naissance aux environs de 1880. Un des nombreux documents que j’ai lu sur le détective belge – mais lequel était-ce donc ? – place sa naissance au 22 janvier 1877. C’est d’ailleurs cette date que j’utilisais comme référence dans mon portrait d’Hercule Poirot, écrit en 2006. La proximité de ces deux années pourrait donc nous conforter à croire que la fourchette est bonne… Oui, mais beaucoup de lecteurs avancent l’argument que Poirot évoque, dans Meurtre en trois actes, sa mise à la retraite de la police belge au début de la première guerre mondiale, en 1914. Il semble que l’on pouvait être admis à la pension dès l’âge de 50 ans dans la police belge à cette époque. Donc, forcément, ces lecteurs ont imaginé la naissance de Poirot à 1864… Cependant si l’on se réfère à l’équivalence année de publication=année d’action que l’on retrouve dans Mort dans les nuages, cela signifierait que Hercule Poirot serait mort à l’âge de 111 ans après avoir résolu sa dernière énigme. En effet, Agatha Christie met en scène la mort de Poirot dans le roman Poirot quitte la scène paru en 1975. On y retrouve le détective moribond, incapable de quitter son fauteuil roulant mais résolvant l’énigme à l’aide de ses seules et si chères petites cellules grises… A 111 ans, pas impossible après tout ! Par contre, cela conforte l’impossibilité de la naissance en 1850 comme le voudrait Ellezelles car cela signifierait que Poirot serait mort à 125 ans.

Dix années dans la police belge…

Mais, si Poirot évoque effectivement sa retraite de la police belge à l’aube du premier conflit mondial, il ne précise pas que c’est à cause de son âge. Il aurait très bien pu quitter la police pour ne pas servir la cause de l’envahisseur allemand (ndlr pour rappel, les Allemands sont entrés dans Bruxelles le 20 août 1914 !). D’ailleurs, Poirot confie aussi qu’il a fuit la Belgique pour rejoindre l’Angleterre dès le début de cette guerre. Sa première affaire résolue sur le sol britannique, La mystérieuse affaire de Styles, se passe d’ailleurs alors qu’il vient d’arriver dans le pays. Ce roman est publié en 1923, ce qui rend caduque le postulat année de publication=année d’action. Pfff…

Bon restons calme et poursuivons nos recherches. L’excellent site consacré à la série télévisée Agatha Christie’s Poirot dans laquelle David Suchet campe, à mon avis, le meilleur Hercule Poirot jamais porté à l’écran, fait mention d’un ouvrage de référence que j’avoue ne pas connaître : Hercule Poirot : Master Detective, publié en 1936 et qui est censé être les mémoires du détective belge. Dans ces mémoires, le détective nous apprend qu’il serait entré dans la police belge en 1904, alors jeune homme. Dès lors si l’on suppose qu’il aurait eu entre 20 et 25 ans, on peut jauger sa naissance entre 1879 et 1884. Encore deux dates qui s’inscrivent dans la fourchette sus-évoquée… Dans La mystérieuse affaire de Styles, on découvre que Poirot et l’inspecteur Japp du Yard (un personnage récurrent) se connaissent depuis 1904 et qu’ils s’étaient rencontrés alors que Poirot était jeune policier belge, ce qui confirme encore un peu plus la fourchette des dates que nous évoquons.

Et La troisième fille vient tout anéantir !

Mais - car il doit forcément y avoir un «mais» - si Agatha Christie ne donne que très peu de dates précises dans ses ouvrages relatifs à Poirot, elle donne une indication temporelle très précise dans La troisième fille que je suis justement en train de relire. Poirot y est à la recherche d’une jeune fille qui a disparu et dont la mère est décédée deux ans et demi plus tôt. Un indicateur de Poirot retrouve l’acte de décès qui est daté d’avril 1963 ! Clairement, cette enquête se déroule donc à l’automne 1965. Poirot y retrouve un officier de l’armée britannique qu’il avait rencontré lors de la deuxième guerre mondiale et qui est aujourd’hui largement dans la septantaine. Hors, notre détective parle de ce militaire comme d’un vieillard, on en peut donc que supposer qu’il est plus jeune que cet officier… Hors, si Poirot est né entre 1875 et 1885 comme nous le supposions jusqu’à présent, il aurait entre 80 et 90 ans. Il serait donc plus âgé que le vieillard qu’il évoque. On peut estimer que Poirot à moins de 70 ans lors de ce roman, ce qui situerait sa naissance aux alentours 1897 ou 1898. Oui, mais alors, il ne peut pas être entré, comme il l’affirme dans ce fameux Hercule Poirot : Master Detective, dans la police belge en 1904 !

A
ssurément, la date de naissance d’Hercule Poirot restera l’un des plus grands mystères de la littérature contemporaine ! Peut-être est-ce mieux ainsi, mais il était amusant d’essayer de relever les indices laissés à travers les romans et les nouvelles d’Agatha Christie qui ne se prononça, quant à elle, jamais sur cet épineux sujet !

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(1) Source : Ellezelles online

 

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 10:24

Dans un décor qui évoque la Russie des Tsars, un endroit exquis à l'histoire pas aussi vieille qu'on ne le croit...

pouchkine.jpgJe rentre de Paris où, avec ma chérie, j'ai flâné autant sur les Grands Boulevards qu'à Montmartre ou dans les petites rues du 18è arrondissement que j'affectionne tout particulièrement. Nous avions décidé, cette fois, de porter notre attention sur les grands magasins du Boulevard Haussmann, les Galeries Lafayette, avec la magnifique coupole de style byzantin, et Le Printemps, une ode magnifique à l'Art Nouveau. C'est justement au rez-de-chaussée du Printemps, au croisement du Boulevard Haussmann et de la rue de Caumartin, que nous avons découvert le magnifique Café Pouchkine. Bien entendu, nous le connaissions au moins de nom, ne fut-ce que par la voix de Gilbert Bécaud qui l'immortalisa dans sa chanson Nathalie... Dans un couplet, Bécaud évoque ce lieu, non loin de la Place Rouge, de Moscou, où sa jolie guide et lui vont boire un chocolat. C'était en 1964 et grâce à - ou à cause de - cette chanson et du somptueux décor rappelant la Russie de Catherine II, l'impression se dégage que le Café Pouchkine est séculaire. Il ne s'agit pourtant que d'une croyance populaire bien ancrée mais totalement erronée ! Le Café Pouchkine est sorti de l'imaginaire de Pierre Delanoë et Gilbert Bécaud qui écrivirent, en 1964, Nathalie. Certes, il existait bien un petit estaminet baptisé Pouchkine à Moscou dans les années '50, un endroit miteux où se retrouvaient quelques artistes sans le sou mais jamais il n'y eut de Café Pouchkine tel que décrit par Bécaud avant que le restaurateur franco-russe Andrey Dellos n'ait l'idée de le créer, à la fin du 20è siècle.

1999, la Russie commémore avec faste le 200è anniversaire de la naissance d'Alexandre Pouchkine auteur prolifique à qui l'on doit, notamment, les romans Eugène Oneguine, Le Cavalier de Bronze ou Boris Godounov et les poèmes Poltava, Le Fiancé, La Fontaine de Bakhtchisaraï... Pouchkine est un phare culturel incontournable de la Grande Russie, Nicolas Gogol, autre écrivain fondamental de la littérature russe qui ne fut pourtant pas contemporain de Pouchkine ne pouvait d'ailleurs pas imaginer son pays sans l'auteur de Boris Godounov : "La Russie sans Pouchkine, comme c'est étrange !" déclara-t-il un jour... Andrey Dellos, propriétaire de deux restaurants cotés de Moscou - Le Turandot et Le Duc - entend rendre hommage à Pouchkine aussi imagine-t-il de donner vie au café qu'évoque Gilbert Bécaud dans Nathalie. Ainsi, dans un prestigieux hôtel particulier du Boulevard Tverskoi, assez loin à vrai dire de la Place Rouge, Dellos ouvre-t-il, le 6 juin 1999 date anniversaire de la naissance de Pouchkine, son Café Pouchkine dont l'idée est de mettre à l'honneur la grande cuisine russe du 18è siècle. Le décorum rappelle la Russie des Tsars et, clairement, le public-cible est argenté et amateur de belles choses. Au rez-de-chaussée, l'on trouve un bar et un restaurant qui propose de la cuisine traditionnelle russe; au premier étage un autre restaurant plus prestigieux dans un décor de bibliothèque (avec d'ailleurs quelque 15.000 ouvrages anciens) qui propose de la fine cuisine russe et française ainsi que le salon de thé-pâtisserie qui attire les amateurs de douceurs sucrées; et enfin une mezzanine qui abrite un bar sélect... Rapidement, dans une Russie qui s'ouvre au libéralisme, le Café Pouchkine séduit une large clientèle russe et étrangère. Il acquiert bientôt une renommée internationale certainement amplifiée par la chanson de Bécaud qui donne l'impression que cet endroit existe depuis plusieurs décennies. Pelminis, Veau Pojarski, Boeuf Stroganoff, Pirojkis... la carte regorge de grands classiques de la gastronomie russe cuisinés par des valeurs sûres comme Andrei Makhov ou Nikolaï Gribov.

Onze ans après avoir ouvert à Moscou, Andrey Dellos a décidé d'exporter son concept à Paris. C'est au rez-de-chaussée de l'espace mode du grand magasin Le Printemps que le Café Pouchkine parisien a ouvert ses portes en septembre 2010. Si l'endroit n'est certainement pas aussi somptueux que l'original, il n'est pas exclus de dire qu'il fleure bon le luxe et la qualité. Le pâtissier Emmanuel Ryon, Champion du Monde de la spécialité en 1999, fait de ses créations un art véritable. Pavlova, Rose du Tsar, Tarte Sgouchonka, Or Noir, Bon Baiser de Moscou, Saint-Honoré aux Noisettes ou encore l'incontounable Mille-Feuille Pouchkine sont autant de moments de pur bonheur gustatif. Bien que ce fut le mois d'octobre, un généreux soleil d'automne nous autorisa à prendre place en terrasse pour un savoureux moment sucré couplé à un service remarquable. Et si en définitive, la note n'est pas exagérée - une trentaine d'euros pour deux avec un Mille-Feuilles Pouchkine, un Saint-Honoré aux Noisette, un café et une limonade aux paillettes d'or - on ne peut que se dire que cela en vaut largement la peine, tant au niveau de la qualité que du service ou du décorum...

 

pouchkine-2.jpg


Le Café Pouchkine

A Moscou
26/5 boulevard Tverskoï

A Paris
Boulevard Haussmann, 64
75009 Paris

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 09:37

Plongée dans les coulisses des travaux de rénovation de l'Opéra de Liège

orw.jpgIl se dresse là, majestueux, sur la Place de l'Opéra en face de la jolie trouée qui mène vers la Place Saint-Lambert. Enfin, il est délesté de ses habits de chantiers et, surtout, de ces nombreuses voitures qui squattérisaient ses abords improvisant un parking aussi sauvage qu'insultant pour le regard. Après quelque trois années de travaux, l'Opéra Royal de Wallonie a retrouvé son rôle majeur au sein de la Cité. Lundi dernier, j'ai eu la chance de le (re)découvrir dans le cadre d'une visite organisée par l'Union Professionnelle des Métiers de la Communication (UPMC). Je vous emmène donc pour une balade virtuelle dans ce prestigieux bâtiment liégeois qui était, autrefois, un couvent dominicain. Lorsqu'il cède, en 1816, gracieusement le couvent à la Ville de Liège, Guillaume d'Orange-Nassau, Roi des Pays-Bas(1) n'impose qu'une seule condition, la création d'un lieu de culture dans ses murs. Les travaux de transformation et de construction de nouvelles parties de bâtiment débutèrent donc à l'été 1818 sous la conduite de l'architecte Auguste Duckers qui imagina un théâtre parallélépipédique dans le style néoclassique avec une façade d'arcades et une colonade de marbre. A noter qu'une partie des matériaux utilisés - le marbre notamment - a été récupérée dans les débris de la Cathédrale Saint-Lambert et le couvent des Chartreux détruits, en 1789, lors de la Révolution Liégeoise(2). Le chantier s'acheva en 1820 et le théâtre fut inauguré le 4 novembre 1820 par une représentation de l'opéra-ballet Zémire et Azor, créé par le compositeur liégeois Andre-Modeste Grétry. En 1842, le théâtre est agrémenté d'une statue en hommage à Grétry qui est décédé l'année précédente à Montmorency. Le coeur du compositeur liégeois est d'ailleurs rapatrié de France et placé dans une urne à l'intérieur de la statue. En 1967, l'Opéra Royal de Wallonie (ORW) est créé sur base des anciennes troupes lyriques de Liège et de Verviers. Il s'installe à demeure dans le Théâtre Royal. Malgré plusieurs travaux d'aménagement au fil des années, notamment par l'ajout d'un péristyle qui entoure le bâtiment, l'agrandissement de la salle ou encore l'ajout d'un fronton sculpté de figures allégoriques sur la façade(3), l'édifice n'a pas connu de grand chantier de rénovation depuis le 19è siècle. Son classement au Patrimoine Protégé de Wallonie, en 1999, donnait une aura supplémentaire à ce haut-lieu de la culture wallonne dont la renommée dépasse largement les frontières belges. En 2003, l'on évoque un rafraichissement des lieux dont certaines parties deviennent vétustes, mais rapidement ce "coup de frais" se transforme en restauration et en rénovation complètes...

L'extérieur et l'intérieur du Théâtre Royal ont donc subi une profonde rénovation divisée en deux phases majeures : la modernisation complète de toute l'infrastructure scénographique (machinerie, lumière, acoustique...) et la restauration profonde du bâtiment avec l'adjonction d'une salle de répétition dont l'extérieur est bardé d'un superbe claustra d'aluminium cuivré. De façon plus détaillée, l'intérieur du bâtiment a été rafraichi, les lustres ont été restaurés par des artisans spécialisés, les ornements en plâtre et en bois ont été refaits à l'identique de leur origine, les toiles et les peintures du plafond ont été nettoyées mais, surtout, la salle a été réétudiée pour améliorer le confort d'écoute des spectateur et l'ensemble de la machinerie de scène a été changée, perfectionnée et modernisée pour permettre la mobilité de 64 décors, ce qui est unique au monde ! Par ailleurs, la scène a aussi été adaptée à une mise en scène plus dynamique et plus moderne avec quatre plateaux mobiles actionnés électroniquement. Enfin, un système audio pour permettre aux personnes malentendantes de suivre les représentations avec le meilleur des conforts auditifs a été installé. A l'extérieur, la première chose qui saute aux yeux est le rehaussement du Théâtre par cet espace de répétition habillé d'aluminium cuivré qui apporte une touche contemporaine remarquable au bâtiment neoclassique. D'aucuns jugent cette touche moderne déplacée, je lui trouve un cachet intéressant qui constitue un apport actuel de bon goût à l'ensemble architectural. Cette ajoute dispose, en outre, d'une terrasse remarquable et de deux assenceurs panoramiques (à gauche et à droite du bâtiment) qui offrent une vue exceptionnelle sur le coeur historique de la Cité Ardente. Les façades ont retrouvé leur couleur originelle blanche insistant ainsi davantage sur le contraste avec le cuivré du claustra en hauteur. Les murs de l'enceinte ont été davantage isolés des bruits extérieurs toujours dans un souci de confort acoustique tandis que le fronton a été restauré et mis en valeur. Enfin, l'accès pour les personnes à mobilité réduite a été améliorer. Tout a été pensé intelligement dans cette restauration !

L'ORW a rouvert ses portes au public le 19 septembre dernier par le représentation de Stradella, un opéra de l'autre grand compositeur liégeois César Franck mis en scène par le cinéaste bruxellois Jaco Van Dormael à qui l'on doit, notamment, Toto le Héros (1991), Le Huitième Jour (1995) ou Mr Nobody (2009). L'Opéra Royal de Wallonie a désormais, après deux ans et demi d'exil sous chapiteau en Outremeuse, retrouvé sa place au coeur de Liège. D'ores et déja, plusieurs stars mondiales de l'opéra ont annoncé qu'elles aimeraient se produire sur la scène du bâtiment parfaitement restauré...

Quelques photos de l'ORW restauré


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(1) La Principauté de Liège, bien que rattachée à la France par le Traité de Lunéville signé en 1801 était enclavée dans les Pays-Bas Méridionaux dont Guillaume 1er était le Chef d'Etat.
(2) La Révolution Liégeoise qui est intimement liée à la Révolution Française et qui eut pour conséquence de mettre fin à la Principauté de Liège.
(3) En 1930 à l'occasion de l'Exposition International qui eut lieu à Liège

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 09:27

Au British Museum, une approche originale et éducative de la santé en Grande-Bretagne

cradle.jpgChaque fois que je franchis le Chunnel, je passe par le British Museum, l’un des musées les plus fascinant qui soit. J’y déambule une heure ou deux à travers les collections permanentes et j’y vois les expositions temporaires. J’adore cet endroit qui abrite l’une des plus belles collections d’art et de culture du monde. Et comme chaque fois que j’y passe je ne parviens pas à comprendre que ce musée, parmi les plus prestigieux qui soient au monde, puisse être totalement gratuit et qu’il faille débourser 7 ou 8 euros pour entrer au Louvre, à Orsay, ou au Musée d’Art Moderne de Bruxelles. Les Anglais ont davantage compris l’importance de la culture que nous, la gratuité des musées londoniens en est une belle confirmation. Cet été, j’ai donc flâné au premier niveau du British pendant une paire d’heures ce qui m’a permis de découvrir un grand espace intitulé Cradle to grave by pharmacopoeia. Il s’agit d’une exposition permanente qui met en lumière le nombre moyen de médicaments pris par un citoyen britannique du berceau au tombeau (cradle to grave). C’est impressionnant car ce nombre médian de médicaments est effectivement mis sous verre dans une armature d’une dizaine de mètres de long sur un mètre de large.

Cradle to grave by pharmacopoeia tente une approche un peu décalée de la santé en Grande-Bretagne. Présentée sur une double ligne du temps qui symbolise la vie d’une femme et celle d’un homme, l’exposition présente quelque 14.000 pilules, comprimés ou autres cachets qui se trouvent ainsi placés sur chacune de ces lignes temporelles… 14.000 c’est le nombre de médicaments divers «consommés» par Anglais, de la naissance à la mort. Cela va de médicaments communs à l’homme et à la femme, des simples vitamines aux antidouleurs en passant par les antibiotiques, jusqu’aux médicaments féminins comme la pilule contraceptive ou les traitements hormonaux liés à la ménopause. Les plaquettes de l’exposition expliquent que la consommation pharmaceutique se divise en deux axes bien distincts :

- l’axe des médicaments que l’on prend de façon ponctuelle, pour combattre un mal de tête ou pour éliminer une grippe par exemple ;

- l’axe des médicaments que l’on doit prendre à partir d’un moment donnée et jusqu’à la mort, pour compenser une insuffisance cardiaque ou pour contrer un diabète par exemple.

Lorsque les deux axes sont additionnés, on arrive à une moyenne de 14.000 médicaments ingurgités sur une vie.

Pour humaniser cette litanie de médicaments, les lignes du temps sont jalonnées de photographies familiales qui illustrent des événements banals (fête d’anniversaire, repas de famille,…) et d’objets personnels (pacemaker, seringue hypodermique, tigettes diabète…) qui ont une influence directe sur la vie et donc la santé.

A voir si vous passez par Londres
Cradle to grave by pharmacopoeia
Au British Museum
Département Ethnologie, pièce 24 : Vie et Mort
Metro : Tottenham Court Road

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 08:40

Série de l'été - 1967, une longue ballade psychédélique et poétique...

 

serieete25---The-Doors.jpgThe End pour terminer... quoi de plus normal ! Nous achevons donc notre série de l'été par une pièce d'anthologie signée Morrison, Manzarek, Krieger et Densmore.

The Doors, fondé par hasard, sur la plage de Venice par Jim Morrison, qui terminait ses études de cinéma à UCLA, et Ray Manzarek, un organiste méticuleux qui avait aussi fréquenté UCLA, a très vite connu la gloire. De la rencontre des deux hommes, en juillet 1965, aux premiers concerts donnés au London Fog, à Los Angeles, il ne s’écoule que cinq mois. Rapidement, le groupe à trouvé sa carburation avec Jim Morrison au chant, Ray Manzarek aux claviers et en homme à tout faire, Robby Krieger qui peut tout jouer à la guitare et John Densmore le batteur, véritable métronome de la bande. Jusqu’en mai 1966, The Doors est à l’affiche du London Fog avant de décrocher un contrat intéressant avec le prestigieux Whisky a Go-Go, le bar tendance du moment, sur le Strip à West-Hollywood. The Byrds, Otis Redding, The Who, Jimi Hendrix… autant de noms qui sont passés sur la scène du Whisky ; pour Morrison et ses potes, c’est le début de la consécration. The Doors font la première partie du groupe Them ce qui permet à Jim Morrison de rencontrer le leader de ce groupe, Van Morrison avec qui il n’a aucun lien de parenté mais qui va le marquer à vie. Van Morrison, qui est à l’aube d’une carrière remarquable, chante pour lui, se moque de son public, l’insulte même parfois. Jim Morrison s’inspirera beaucoup de cette façon de faire de la scène, l’agrémentant à sa façon d’un soupçon de provocation et d’un trait d’érotisme…

Sur scène, The Doors teste ses créations et ça passe plutôt pas mal. Un soir, un ponte de la maison de disque Elektra à la recherche de talents entend Morrison et tente de lui faire signer un contrat… seul. Mais c’est en groupe que The Doors signeront ou ils ne signeront pas. Sentant la bonne affaire, Elektra signe un contrat pour six albums au groupe. Pour fêter ce premier album en préparation, Morrison monte sur scène au Whisky a Go-Go sous LSD et improvise quelques paroles crues sur une chanson qu’il avait écrite voici plusieurs mois suite à une rupture amoureuse. Dans cette chanson qui parle de la mort, il introduit sans prévenir les autres membres du groupe, des phrases inspirées des écrits de Freud sur le Complexe d’Œdipe. Il les improvise de façon un peu trop crue pour le patron du bar qui éjecte le groupe de la scène et rompt immédiatement leur contrat avant même que la chanson ne soit finie… Il faut dire que : Father. Yes son ? I want to kill you. Mother, I want to fuck you all night long (Père. Oui fils ? Je veux te tuer. Mère, Je veux te baiser toute la nuit) c’est effectivement une vision crue des travaux de Freud. Pas fausse… mais crue !

Cette première provocation de Jim Morrison va devenir la marque de fabrique des Doors et contribuer à créer et entretenir la légende autour du groupe et de son chanteur. Cela ne rebute pas Elektra qui permet aux Doors d’enregistrer leur premier album, simplement intitulé The Doors, à l’automne 1966. Cette plaque contient les premiers tubes du groupe, Light my Fire, Break on through, Alabama Song, une reprise d’un air d’opéra écrit par le poète allemande Berthold Brecht… Ce premier album se conclut par une longue ballade psychédélique et poétique, The End, que Morrison retravaille, sur base de son improvisation du Whisky a Go-Go, pour en faire une complainte sur la psychanalyse freudienne, le chamanisme et la tragédie grecque (référence à Œdipe Roi de Sophocle), trois thèmes qui le passionnent depuis l’adolescence. The End est une véritable plongée dans le subconscient et dans le monde des Esprits. Morrison s’inspire des individus ayant pratiqué le chamanisme à sous influence d’ayahuasca (un breuvage à base de liane aux effets psychotropes avalé par les chamans des tribus amazoniennes) et qui rapportent que l’on se retrouve face à un serpent, incarnant nos propres démons, et qu’il s’agit d’arriver à tuer ce serpent. Dans le texte enregistré sur l’album, Jim Morrison, contre l’avis de Manzarek, laisse les paroles scandaleuses qui l’ont fait éjecter du Whisky…

L’album The Doors séduit un large public, aussi bien des adolescents en quête de romantisme qui succombent à Light my Fire, qui évoque l’amour fou et inconditionnel, que des intellos qui mettent en exergue la poésie et la qualité lyrique des textes de Morrison, y compris sur Break on through… qui a été écrite par Robby Krieger. Richard Goldstein écrit, à propos de The End la plus belle des critiques, celle qui ne pouvait que plaire à Jim Morrison : «Quiconque conteste la notion de littérature rock devrait méditer sur cette chanson» ! Il sous-entend clairement qu’il existe une littérature musicale (du rock) comme il en existe une romancée… Pour Jim Morrison, grand amateur de littérature et de poésie classiques, le compliment est ultime, avec The End, il a réussi à faire le lien entre littérature et rock ‘n roll…

Francis Ford Coppola, qui a parfaitement compris le sens de la chanson en fait un élément clé de son chef d’œuvre Apocalypse Now, la musique lancinante de The End accompagne la mort du Colonel Kurtz.


The End 

This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end

Of our elaborate plans, the end
Of everything that stands, the end
No safety or surprise, the end
I'll never look into your eyes...again

Can you picture what will be
So limitless and free
Desperately in need...of some...stranger's hand
In a...desperate land ?

Lost in a roman...wilderness of pain
And all the children are insane
All the children are insane
Waiting for the summer rain, yeah

There's danger on the edge of town
Ride the King's highway, baby
Weird scenes inside the gold mine
Ride the highway west, baby

Ride the snake, ride the snake
To the lake, the ancient lake, baby
The snake is long, seven miles
Ride the snake...he's old, and his skin is cold

The west is the best
The west is the best
Get here, and we'll do the rest
The blue bus is callin' us
The blue bus is callin' us
Driver, where you taken' us ?

The killer awoke before dawn, he put his boots on
He took a face from the ancient gallery
And he walked on down the hall
He went into the room where his sister lived, and...then he
Paid a visit to his brother, and then he
He walked on down the hall, and
And he came to a door...and he looked inside
"Father ?", "yes son", "I want to kill you"
"Mother?...I want to...fuck you"

C'mon baby, take a chance with us
C'mon baby, take a chance with us
C'mon baby, take a chance with us
And meet me at the back of the blue bus
Doin' a blue rock, On a blue bus
Doin' a blue rock, C'mon, yeah
Kill, kill, kill, kill, kill, kill

This is the end, Beautiful friend
This is the end, My only friend, the end
It hurts to set you free
But you'll never follow me
The end of laughter and soft lies
The end of nights we tried to die
This is the end

Traduction :

Voici la fin
Ma belle amie
Voici la fin
Ma seule amie, la fin

De nos plans élaborés, la fin
De tout ce qui a un sens, la fin
Ni salut ni surprise, la fin
Je ne te regarderai plus dans les yeux... jamais

Peux-tu imaginer ce que nous deviendrons
Sans limites et sans entraves
Désespérément avides... de quelque... ... main étrangère
Dans une... contrée désespérée

Perdus dans un roman... de douleurs égarés
Et tous les enfants sont devenus fous
Tous les enfants sont fous
Dans l'attente de la pluie d'été

Les abords de la ville sont dangereux
Chevauche la grand route du roi (lézard)
Scènes étranges au fond de la mine d'or
Chevauche la grand route vers l'ouest, bébé

Chevauche le serpent, chevauche le serpent
Jusqu'au lac, le lac antique
Le serpent est long, sept miles
Chevauche le serpent... il est vieux, et sa peau est froide

L'ouest est ce qu'il y a de mieux
L'ouest est ce qu'il y a de mieux
Viens ici, et nous ferons le reste
L'autobus bleu nous appelle
L'autobus bleu nous appelle
Chauffeur, où nous emmènes-tu ?

Le tueur s'éveilla avant l'aube, il mit ses bottes
Il prit un visage dans la galerie antique
Et il s'avança le long du couloir
Il rentra dans la chambre où vivait sa sœur, Et... puis il
Rendit visite à son frère, puis il
Continua le long du couloir, et
Il arriva à une porte... et il regarda à l'intérieur
Père, oui fils ? Je veux te tuer
Mère... je veux... . te baiser

Viens bébé, tente ta chance avec nous
Viens bébé, tente ta chance avec nous
Viens bébé, tente ta chance avec nous
Et retrouve-moi à l'arrière de l'autobus bleu
Danser un rock bleu
Sur un bus bleu
Danser un rock bleu
Viens, ouais
Tue, tue, tue, tue, tue, tue

Voici la fin
Ma belle amie
Voici la fin
Ma seule amie, la fin
Cela me peine de te laisser partir
Mais tu ne me suivras jamais
La fin du rire et des doux mensonges
La fin des nuits où nous avons voulu mourir

Voici la fin

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 14:25

Série de l’été – 1968, le virage pop qu’aurait pu prendre Otis Redding

sérieété24 - Otis ReddingAvec six albums en trois ans, Otis Redding s’est forgé une place de choix dans la soul music. Il en est même resté l’un des piliers les plus stables car s’il grava six plaques de son vivant, ce sont 15 LP qui ont été publiés, à titre posthume, entre 1968 et 1999. Né, en 1941, dans une famille très religieuse et très pauvre de Georgie, Otis Redding doit rapidement abandonner l’école pour ramener de l’argent à la maison. Il cumule les petits boulots et joue de la batterie, le dimanche, à l’église pour donner le rythme aux groupes de gospel qui s’y produisent. Redding est vite repéré par Johnny Jenkins, un guitariste de blues, qui le prend dans son groupe. L’agent de Jenkins est convaincu que cet Otis là a de l’or dans la voix, avec ce petit trémolo langoureux, il peut devenir une référence de la ballade soul. Otis Redding met en boite sa première chanson, These arms of mine en 1963. Et cela fonctionne plutôt bien. La chanson est multi diffusée sur les radios de Georgie, d’abord, et puis de tous les états du sud-est ensuite… Un album, Pain in my heart (1964), est rapidement gravé, il reprend plusieurs ballades langoureuses. L’année suivante, c’est un recueil de ballades qui signe Redding. On le catalogue Black crooner mais une c’est une chanson plus rythmée, Mr Pitiful qui lui permet de faire sa première entrée dans les hit-parades américains à l’été 1965.

Dans la foulée, Otis Redding enchaine avec un album plus enlevé, plus achevé aussi. Otis Blue est probablement ce qu’il a fait de mieux. La plaque contient d’excellents morceaux originaux comme Ole man trouble ou I’ve been lovin’ you mais aussi quelques reprises remarquables comme Satisfaction, des Rolling Stones, My girl, de Smokey Robinson, ou Shake, de Sam Cooke, la référence de la musique soul qui est décédée, de façon suspecte dans un motel californien, quelques mois plus tôt… Mais Otis Blue contient surtout une perle exceptionnelle qui n’aura pas le retentissement qu’elle mérite à sa sortie. Cette perle c’est Respect qui devra attendre qu’Aretha Franklin le reprenne pour connaître un succès mondial. Mais Respect c’est une chanson d’Otis Redding !

Le Georgien est au sommet, ses titres séduisent un public de plus en plus large. En 1966, il signe un nouveau titre remarquable ; Try a little tenderness, un sublime mélange de ballade langoureuse qui connait une apothéose survoltée à grands coups de cuivres et de grosses caisses… Redding est le petit prince de la soul music, il la domine et lui impose son empreinte.

Le tube posthume…

A l’été 1967, Otis Redding est en tournée. Il se remet d’une opération à la gorge et profite de cette petite tournée tester sa voix. Le soir, il compose diverses mélodies. Lors de son passage en Californie, il loge sur un bateau amarré à Sausalito. Alors il imagine, aidé par Steve Cropper(1), une histoire un peu autobiographique qu’il colle à une de ces mélodies qu’il a composée. C’est en novembre 1967 que la chanson, The Dock of the Bay, est enregistrée en studio. Le résultat est différent de ce que fait Redding habituellement, plus pop, plus mélancolique aussi… Mais cela plait au chanteur qui voit là l’opportunité de donner une nouvelle orientation sa carrière. The Dock of the Bay doit être entourée d’une dizaine d’autres chansons pour constituer l’album éponyme… Otis Redding passe cet automne 1967 à jongler entre tournée en cours et enregistrement de l’album. Durant la nuit du 9 au 10 décembre 1967, Otis Redding embarque à bord de son avion, accompagne de son groupe habituel, Bar-Kays, pour rejoindre le nord des Etats-Unis. L’appareil s’écrase dans le Lac Monona, dans le Wisconsin. Otis Redding meurt dans l’accident comme tous les musiciens de Bar-Kays sauf Ben Cauley. L’album The Dock of the Bay sort en janvier 1968 et le titre-phare rencontre un succès extraordinaire…

On ne saura jamais si Otis Redding, encouragé par le succès de The Dock of the Bay, allait donner un ton plus pop à la suite de sa carrière mais ce n’est pas impensable. La petite histoire veut qu’Otis Redding soit mort trois ans, jour pour jour, après Sam Cooke. Les deux grosses pointures de la soul musique des années ’60 sont mortes un 10 décembre !

Redding est une figure importante incontestable de la musique américaine du 20è siècle, malheureusement beaucoup continuent de n’associer le chanteur qu’à ce seul The Dock of the Bay… C’est outrageusement réducteur ! Otis Redding c’est aussi des standards comme Mr Pitiful, That’s what my heart needs, Respect ou le sublime Try a little tenderness

 

(sittin’on) the Dock of the Bay

Sitting in the morning sun
I'll be sitting when the evening comes
Watching the ships roll in
And I watch 'em roll away again

Sitting on the dock of the bay
Watching the tide roll away
I'm just sitting on the dock of the bay
Wasting time

I left my home in Georgia
Headed for the 'Frisco bay
'Cause I had nothin to live for
And look like nothing's gonna come my way

So I'm just Sitting on the dock of the bay
Watching the tide roll away
I'm just sitting on the dock of the bay
Wasting time

Look like nothing's gonna change
Everything still remains the same
I can't do what ten people tell me to do
So I guess I'll remain the same

Sittin here resting my bones
And this loneliness won't leave me alone
It's two thousand miles I roamed
Just to make this dock my home

Now, I'm just Sitting on the dock of the bay
Watching the tide roll away
I'm just sitting on the dock of the bay
Wasting time

Traduction :

Assis dans le soleil du matin
Je serai encore assis quand viendra le soir
A regarder les bateaux qui arrivent
Et je les regarderai encore s’en aller

Assis sur le quai de la baie
A regarder la marée descendre
Juste assis sur le quai de la baie
A passer le temps…

J’ai quitté ma maison en Georgie
Vers la baie de San Francisco
Parce que je n’avais plus de raison de vivre
Et que cela ne servait à rien
D’aller et venir.

Donc je vais juste m’asseoir sur le quai de la baie
A regarder la marée descendre
Juste assis sur le quai de la baie
A passer le temps…

Regardez comme rien ne change
Tout reste toujours pareil
Je ne veux pas faire ce que dix personnes me disent de faire
Alors je crois que je vais rester là, à écouter

Assis ici, reposant mes os
Avec cette solitude qui ne me quitte plus
Ecoute, cela fait 2000 miles que j’erre
Juste pour faire de ce quai mon chez-moi

Maintenant je vais juste m’asseoir sur le quai de la baie
A regarder la marée descendre
Juste assis sur le quai de la baie
A passer le temps…

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(1) un guitariste qui travailla beaucoup avec Otis Redding avant de participer à la création du Blues Brothers Band

 

 

 

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 14:51

Série de l’été – 1982, le single le plus vendu en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis

 

serieete24-Dexy-s-mindnight-runners.jpgDexys Midnight Runners… Qui se souvient de ce groupe britannique qui a pourtant réussi un one shot exceptionnel en 1982. Le groupe a été fondé, en 1978, par Kevin Rowland et Kevin Archer, deux anciens du très punk Killjoys. Dexy est l’abréviation de la Dexerine, une amphétamine plutôt prisée dans les sphères du rock dans les années ’70. Au Départ, le groupe s’appelait Kevin Rowland & the Dexy’s Midnight Runners (Kevin Rowlands et ceux qui court après la Dexérine à minuit !!!) avant d’être raccourci. Rowland (chant) et Archer (guitare) s’entourent de Big Jim Patterson (saxo), Steve Spooner (saxo alto), Pete Williams (Base), Pete Saunders (claviers) et Boby Ward (batterie) pour proposer une musique pop facile à écouter. Leur premier titre, Dance Stance entre dans le Top 40 anglais mais ne permet pas vraiment au groupe de vivre. Les relations entre les membres ne sont pas lisses car Rowland entend tout régenter. A l’issue du premier LP, Searching for young rebels, Archer s’en va pour fonder The Blue Ox Babe tandis que Spooner et Williams créent The Bureau. Kevin Rowland est également abandonné par Saunders et Ward pour ne rester que seul avec Big Jim Patterson. Décidément les temps sont durs pour Dexys Midnight Runners ; le succès n’est pas au rendez-vous et le groupe se réduit à presque rien…

 

A l’aube de l’année 1982, Rowland recrute plusieurs musiciens dont la jolie Helen O’Hara (violon) qu’il a piquée au Blue Ox Band d’Archer mais aussi Billy Adams (banjo), Steve Brennan (fiddle) et Roger McDuff (fiddle). Dexys Midnight Runners enregistre alors un second album intitulé Too-Rye-Ay, à mi-chemin entre la musique soul et le rock celtique. Le premier extrait de l’album, The Celtic Young Brother est… un flop total ! Il semble écrit que jamais Dexys Midnight Runners ne connaitra le succès.

 

Mais le second single extrait de l’album, Come on Eileen va changer la destinée du groupe qui était prêt à disparaitre. Ce titre commence par une longue introduction celtique jouée au fiddle, une sorte de violon celtique, auquel s’adjoint progressivement une ligne de batterie, puis une ligne de basse et enfin un piano. La chanson débute plutôt lentement avant de se terminer sur un accelerando vocal impressionnant de Rowland. Rapidement, Come on Eileen devient n° 1 en grande Bretagne puis en Australie avant d’envahir les Etats-Unis (ou elle détrône Billie Jean de Michael Jackson) et puis, finalement, le reste de l’Europe. Dexys Midnight Runners tient enfin son hit et sa célébrité. Come on Eileen est l’exemple parfait de ce que l’on appela les one-shot ou les one-hit wonder dans les années ’80, ces chansons uniques qui apporteront gloire et célébrités à leurs interprètes qui, par la suite, ne réussiront pas ou peu à refaire un autre grand succès. Aujourd’hui encore, Come on Eileen est considérée comme le 38è meilleur single classé n° 1 dans les charts. Il est aussi, selon la chaine musicale VH1, le deuxième meilleur one-hit wonder de tous les temps, derrière Tainted Love, de Soft Cell…

 

Grâce à cette chanson, Dexys Midnight Runners qui était au bord de l’implosion poursuivra une carrière honorable jusqu’en 1986 réussissant même encore à placé un titre, Geno, en 1983. Come on Eileen est le single qui s’est le plus vendu à travers le monde en 1982. Pour réaliser le clip dans lequel les membres du groupe apparaissent tels des Hillbillies, Rowland avait intimé l’ordre à chacun de ne pas se laver et se raser pendant plusieurs jours. Le batteur Seb Shelton fut renvoyé parce qu’il refusa de ne pas se laver…

 

Come on Eileen

 

Poor old Johnny Ray
Sounded sad upon the radio
Moved a million hearts in mono
Our mothers cried
Sang along, who'd blame them
(Now) You're grown, so grown, now I must say more than ever

Come on Eileen!
(Go) too-ra loo-ra too-ra loo-rye-aye
And we can sing just like our fathers

Come on Eileen, oh I swear what it means
At this moment, you mean everything
(With) you in that dress, my thoughts I confess
Verge on dirty
Ah come on Eileen

These people round here, wear beaten down eyes
Sunk in smoke dried faces
(They're) so resigned to what their fate is
But not us (no never), no not us (no never)
We are far too young and clever (Remember)
Too-ra loo-ra too-ra loo-rye-aye
Eileen I'll hum this tune forever

Come on Eileen, Oh I swear what it means
Ah come on, let's, take off everything
(That) pretty red dress, Eileen (tell him yes)
Ah come on, let's, ah come on Eileen
(That) pretty red dress, Eileen (tell him yes)
Ah come on let's, ah come on Eileen
Please…

(Come on Eileen too-loo rye-aye come on
Eileen too-loo rye-aye toora toora-too-loora)
Now you have grown, now you have shown, oh Eileen
Come on Eileen, these things they are real and I know
how you feel
Now I must say more than ever
things round here have changed
I said
Too-ra loo-ra too-ra loo-rye-aye

Come on Eileen, oh I swear what it means
At this moment, you mean everything
(With) you in that dress my thoughts I confess
Verge on dirty
Ah come on Eileen

Traduction :

 

Pauvre vieux Johnny Ray
La radio semblait triste
Des millions de cœurs sont désormais en mono
Nos mères ont pleuré
Elles ont tellement chanté, qui les blâmera
Maintenant tu as grandit, tellement grandit
Maintenant je dois le dire plus que jamais

On y va Eileen
Allez toora loora toora loo rye aye
Et nous pouvons chanter, comme nos pères
 
Allez Eileen, oh je te jure ce que ça veut dire
A cet instant, tu es tout pour moi
Avec toi dans cette robe, mes pensées, je l'admet
Presque sales
Ah allez Eileen
 
Ces personnes qui vivent ici ont des yeux de chiens battus
Provoqué par les fumées sur leurs visages desséchés
Ils ont alors renoncé à ce qu'était leur destin
Mais pas nous (non jamais), non pas nous (non jamais)
Nous sommes loin d'être trop jeunes et nous sommes intelligents
Souviens toi
Allez toora loora toora loo rye aye
Eileen je te chantonnerai cette ballade pour toujours
 
Allez Eileen, oh je te jure ce que ça veut dire
Ah allez, plaquons tout
Cette charmante robe rouge Eileen (dis lui oui)
Ah allons y, ah allez Eileen
Cette charmante robe rouge, Eileen (dis lui oui)
Ah allons y, ah allez Eileen
S'il te plait?
 
Allez Eileen too-loo rye-aye
Allez Eileen too-loo rye-aye
Toora toora-too-loora
 
Maintenant tu as grandi, maintenant tu as vu, oh Eileen
Allez Eileen, ces choses sont réelles et je sais comment tu te sens
Maintenant je dois dire plus que jamais
Les choses ici ont changé
Too-ra loo-ra too-ra loo-rye-aye

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 13:33

Série de l'été - 1979, le dernier cri de Bon Scott...

 

serieete22---ACDC.JPGA l’aube des années ’80, AC/DC est un groupe bien ancré dans l’univers du hard-rock dont il partage l’avant-scène avec Led Zeppelin, Motörhead, Van Halen et Scorpions tandis que WASP et Iron Maiden commencent à poindre. Créé en 1973, par les frères Young, AC/DC est surtout porté par le guitariste Angus Young et le chanteur Bon Scott qui avait rapidement remplacé le chanteur originel, Dave Evans. Si High Voltage (1974), le premier album n’a pas connu un très grand succès, les deux suivants TNT (1976) et Dirty deeds done dirt Cheap (1976) cartonnent tandis que Let there be rock (1977) avec des plages comme Whole Lotta Rosie ou Hell ain’t bad place to be installe AC/DC au panthéon du hard-rock. A l’été 1979, AC/DC sort un album qui contient des touches plus blues et qui parle de l’enfer, des femmes, de la mort et du sexe. Highway to Hell est considéré par beaucoup comme étant le meilleur album jusqu’alors produit par AC/DC. Bon Scott est au sommet et sa voix est pour beaucoup dans le succès du groupe… Higway to Hell squatte la première place des charts anglais, australien et américain pendant plusieurs semaines, et se vend à 25 millions d’exemplaires à travers le monde. La chanson éponyme est un savant mélange de blues et de hard-rock qui plait tant aux aficionados d’AC/DC qu’à ceux qui, jusque là, ne portaient pas forcément ce groupe dans leur cœur… Highway to Hell, la chanson, évoque l’enfer des tournées pour un groupe de rock. Un enfer pave de bonnes intentions car même si la vie en tournée n’est pas de tout repos, le personnage est assurément accro à cette vie. La mélodie de la chanson est simple et même les riffs de guitare d’Angus Young sont nettement moins complexes qu’à l’accoutumée. Highway to hell devient très vite un classique d’AC/DC mais cette chanson sera aussi une autoroute vers l’enfer pour Bon Scott… Quelques mois plus tard, en février 1980 à Londres, après une soirée très arrosée le chanteur d’AC/DC meurt étouffé par ses vomissements à l’arrière d’une voiture. Hignway to Hell devient un album mythique car c’est le dernier enregistré par Bon Scott…

Alors que le décès de Scott place AC/DC au bord de l’implosion Angus et Malcolm Young impose
Brian Johnson, le chanteur du groupe Georgie qui avait fait la première partie d’AC/DC quelques mois plus tôt. Johnson avait impressionné Bon Scott par sa voix rocailleuse et puissante, le faire venir en remplacement du chanteur décédé fut une idée de génie. La transition entre Bon Scott et Brian Johnson est une réussite musicale et artistique et elle s’entend parfaitement sur le premier album post-Scott, Back in Black (1980) qui est une perle rare, peut-être la meilleure plaque du hard-rock !


Highway to Hell

livin' easy, lovin' free
season ticket on a one way ride
askin' nothin', leave me be
takin' everythin' in my stride
don't need reason, don't need rhyme
ain't nothin' that I'd rather do
goin' down party time
my friends are gonna be there too

I'm on the highway to hell
on the highway to hell
highway to hell
I'm on the highway to hell

no stop signs speed limit
nobody's gonna slow me down
like a wheel gonna spin it
nobody's gonna mess me around
hey satan payin' my dues
playin' in a rockin' band
hey mumma look at me
I'm on the way to the promised land

I'm on the highway to hell
highway to hell
I'm on the highway to hell
highway to hell
don't stop me

I'm on the highway to hell
on the highway to hell
highway to hell
I'm on the highway to hell

(highway to hell) I'm on the highway to hell
(highway to hell) highway to hell
(highway to hell)
and I'm goin' down
all the way
I'm on the highway to hell

Traduction :

Vivre facilement
Aimer librement
Un ticket saisonnier pour un aller simple
Ne demandant rien
Laissez-moi vivre
J’embarque tout avec moi
Pas besoin de raisons, pas besoin de rimes
Il n’y a rien que je préférerais faire
Descendre faire la fête
Mes amis seront là aussi

Je suis sur l’autoroute de l’enfer
Sur l’autoroute de l’enfer
L’autoroute de l’enfer
Je suis sur l’autoroute de l’enfer

Plus de stops, de limites de vitesse
Personne pour me ralentir
Comme une roue qui tourne
Personne pour m’empêcher
Hey Satan, j’ai payé ma dette
Je joue dans un groupe de rock
Hey Maman, regarde-moi
Je suis sur le chemin de la Terre promise

Je suis sur l’autoroute de l’enfer
Sur l’autoroute de l’enfer
L’autoroute de l’enfer
Je suis sur l’autoroute de l’enfer

(L’autoroute de l’enfer), je suis sur l’autoroute de l’enfer
(L’autoroute de l’enfer), l’autoroute de l’enfer
(L’autoroute de l’enfer)
Et je trace la route
Je suis sur l’autoroute de l’enfer
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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 11:35

Série de l’été – 1975, le trait de génie de Freddie Mercury…

 

serieete18---Queen.jpg1967-1979, l’âge d’or des opéra-rock, un genre musical à part dans l’histoire du rock, une véritable histoire racontée en rock majeur. Nous avons déjà évoqué, dans cette série de l’été, deux opéras-rock (Tommy, des Who, et The Wall, de Pink Floyd) et la chanson que nous allons évoquer aujourd’hui n’entre pas vraiment dans les canons du genre mais de nombreux spécialistes du rock s’accordent à dire que Bohemian Rhapsody (1975) est un opéra-rock à elle seule tant par ses envolées lyriques que par le sujet de la chanson… A la fin des années soixante, Brian May (guitare) et Roger Taylor (batterie) font parie de Smile, un groupe dont Tim Staffel est le chanteur. Smile est un groupe semi-professionnel composé d’étudiants dont les cachetons pour chaque concert permettent de mener une vie agréable si pas confortable. Farrouk Bulsara, dit Freddie, est le copain de chambre de Staffel et il suit l’activité de Smile avec envie. Bulsara, un anglais né à Zanzibar, chante également dans deux groupes universitaires de moindre importance, Milk Sea et Ibex. En 1970, Tim Staffel annonce qu’il quitte Smile pour créer un autre groupe, pour May et Taylor l’aventure semble vouloir s’arrêter mais Freddie Bulsara parvient à les convaincre de ne pas ranger guitare et batterie et de poursuivre avec lui au chant. Tout est alors changement de nom ! Brian May ne veut pas conserver l’appellation Smile car il pense que le groupe, qui avait une petite renommée autour de Londres, resterait associé à l’image de Staffel ; Bulsara veut pour sa part angliciser son patronyme car il est convaincu qu’un nom à consonance sud-africaine serait un frein à l’évolution du groupe qu’il entrevoit longue et fructueuse…

Smile devient Queen – une référence non pas à Elisabeth II mais bien au milieu homosexuel de Londres ! – et Bulsara devient Mercury… l’aventure peut débuter ! Queen cherche un bassiste et plusieurs se succèdent jusqu’à l’arrivée de John Deacon, en 1971, qui complète parfaitement le quatuor. Queen enchaine les tournées dans les bars et les festivals anglais, on reconnait tout de suite le style Queen qui repose sur des morceaux très long à l’orchestration complexe et aux paroles oniriques. EMI ne tarde pas à repérer ce groupe qui sort vraiment de l’ordinaire et l'emmène en studio. Il faudra 18 mois pour mettre en boite le premier album, simplement titré Queen (1973), une plaque tendance heavy metal qui séduit la critique mais pas vraiment le grand public. Le second album, Queen II (1974), marche un peu mieux. Il repose sur un heavy metal matinée d’une touche de baroque et une autre de psychédélisme très en vogue à l’époque. Dans la foulée sort Sheer heart attack (1974) qui marque la vraie reconnaissance de Queen ; l’album est porté par les riffs exceptionnels de Brian May et la voix de ténor de Freddie Mercury. Sheer heart attack, plus glam-rock, cartonne tant en Angleterre que sur le vieux continent et devient même disque d’or aux Etats-Unis.

 

Queen est prêt pour son opus grandiose !

 

Mercury est ravi du succès de son groupe, il y croyait depuis le début mais force lui est de constater que cela a été plus vite qu’escompté. Il veut frapper un grand coup avec l’album suivant dont la sortie contractuelle est prévue pour 1975. Chaque membre du groupe apporte sa pierre à l’édifice. May écrit et compose cinq titres, dont 39 et God Save the Queen, Deacon écrit You’re my best friend, hommage à sa femme, et Roger Taylor propose I’m in love with my car. De son côté, Freddie Mercury travaille sur un projet qui lui tient à cœur. Il rêve d’un opéra-rock mais EMI et Brian May ne sont pas vraiment enchantés par l’idée. Mercury parvient, cependant, à imposer un morceau lyrique construit selon les bases de l’opéra-rock sur l’album dont le titre, A night at the Opera, est inspiré du célèbre film des Marx Brothers. Mercury bosse seul, dans son appartement avec son piano, sur ce projet et les premières bandes enregistrées porte le titre évocateur de Fred’s Thing (le truc à Fred) !!! Personne ne voit vraiment où Freddie Mercury veut en venir avec cette chanson assez longue qui ne repose sur aucune structure conventionnelle, qui ne comporte même pas de refrain. Les paroles sont bizarres, elles évoquent un homme, symbolisé par le Bohémien, qui vit en dehors des règles de la société. Un homme qui en tue un autre et qui doit affronter les conséquences de son acte… Freddie Mercury est tellement sûr de la portée de sa chanson que les autres membres du groupe décident de l’aider à la terminer. Au final Bohemian Rhapsody est l’une des chansons les plus abouties de tous les temps. Elle se structure en six parties distinctes :

- une intro à cappella bientôt soutenue par un piano et des chœurs ;

- une ballade harmonique qui repose sur la basse de John Deacon, un piano et la voix de Freddie Mercury ;

- un solo de guitare crescendo de Brian May qui fait la jonction entre la ballade et l’opéra ;

- un air d’opéra très lyrique et même onirique ;

- une envolée très hard-rock marquée par un nouveau riff de guitare de Brian May ;

- une conclusion qui redescend vers la mélodie du début de la chanson.

 

Dans ces paroles, Mercury évoque clairement un jugement, celui de son Bohémien marginal (est-ce lui qui est homosexuel et qui vit donc en marge de la société ?). Il parle de la basmala (Bismillah en anglais) qui évoque la clémence et la miséricorde dans le Coran mais aussi de Galilée (Galileo), un homme qui pour ses convictions a été mis au ban de la société, Scaramouche, un personnage de la Commedia dell’arte, qui fuit en permanence, et Figaro, le personnage de Beaumarchais, insolent, insoumis et provocateur… Enfin, Mercury évoque le Diable (la mort ou un pacte passé par le Bohémien ?) par l’entremise de Belzébuth (Beelzebub), le Prince des Démons selon la bible.

 

Bohemian Rhapsody est considéré comme la Meilleure Chanson Anglaise de tous les temps, elle présente la particularité d’avoir été en tête des ventes à deux reprises, à 16 ans d’intervalle : en décembre 1975 au moment de sa sortie et en décembre 1991 juste après la mort de Freddie Mercury. Les deux fois, plus d’un millions d’exemplaires du single se sont écoulées… La chanson phare de Mercury fut reprise une cinquantaine de fois, notamment par Montserrat Caballe, en duo avec Bruce Dickinson le chanteur d’Iron Maiden, Elaine Page, L’Orchestre Philarmonique de Grande-Bretagne ou encore P!nk. Il existe aussi une version délirante faite par les marionnettes du Muppet Show qui aurait, je pense, beaucoup plu à Freddie Mercury…

 

Bohemian Rhapsody

 

Is this the real life
Is this just fantasy
Caught in a landslide
No escape from reality
Open your eyes
Look up to the skies and see
I'm just a poor boy,I need no sympathy
Because I'm easy come,easy go,
A little high little low,
Anyway the wind blows doesn't really matter to me,
To me

Mama,just killed a man,
Put a gun against his head,
Pulled my trigger now he's dead,
Mama,life had just begun,
But now I've gone and thrown it all away
Mama ouh ouh ouh ouh
Didn't mean to make you cry
If I'm not back again this time tomorrow
Carry on carry on as if nothing really matters

Too late, my time has come,
Sends shivers down my spine
Body's aching all the time,
Goodbye everybody-I've got to go
Gotta leave you all behind and face the truth
Mama oooh (any way the wind blows)
I don't want to die,
I sometimes wish I'd never been born at all

I see a little silhouetto of a man,
Scaramouche, scaramouche will you do the Fandango
Thunderbolt and lightning-very very frightening me
Galileo Galileo,
Galileo Galileo
Galileo figaro-Magnifico
But I'm just a poor boy and nobody loves me
(He's just a poor boy from a poor family
Spare him his life from this monstrosity)
Easy come easy go-,will you let me go
Bismillah! No-,we will not let you go-let him go
Bismillah! We will not let you go-let him go
Bismillah! We will not let you go-let me go
Will not let you go-let me go
Will not let you go let me go
No,no,no,no,no,no,no
Mama mia,mama mia,mama mia let me go
Beelzebub has a devil put aside for me,for me,for me

So you think you can stone me and spit in my eye
So you think you can love me and leave me to die
Oh baby-Can't do this to me baby
Just gotta get out-just gotta get right outta here

Nothing really matters, anyone can see,
Nothing really matters, nothing really matters to me,

Any way the wind blows....

 

Traduction :

 

Est-ce la vraie vie

Est-ce juste un fantasme

Pris dans une avalanche

Je ne peux pas m’échapper de la réalité

Ouvre les yeux

Regardes les cieux et vois

Je ne suis qu’un pauvre garçon, je n’ai pas besoin de pitié

Car je vais et je viens

Tantôt au sommet, tantôt tout en bas

Quel que soit le sens du vent, ça n’a pas d’importance pour moi

Pour moi

 

Maman, je viens de tuer un homme

J’ai mis un flingue sur sa tête

Pressé la détente, maintenant il est mort

Maman, la vie venait juste de commencer

Mais maintenant je suis fini, j’ai tout gâché

Maman, ouh ouh ouh ouh

Je ne voulais pas te faire pleurer

Si je ne suis pas revenu demain à la même heure

Continue, continue comme si de rien n’était

 

Trop tard, mon heure estvenue

Des frissons me parcourent l’échine

Mon corps me fait mal tout le temps

Au revoir à tous, je dois m’en aller

Je dois vous quitter et affronter la vérité

Maman, ooooh (quel que soit le sens du vent)

Je ne veux pas mourir

Je souhaite parfois ne jamais être né

 

Je vois une petite silhouette d’homme

Scaramouche, Scaramouche vous fera danser le fandango

Le tonnerre et les éclairs me font vraiment peur

Galilée Galilée

Galilé Galilée

Galilée Figaro Magnifique

Mais je ne suis qu’un pauvre garçon et personne ne m’aime

(Il n’est qu’un pauvre garçon d’une pauvre famille

Epargnez sa vie de cette monstruosité)

Ca va, ça vient, me laisserez-vous partir ?

Basmala, on ne te laissera pas partir – laissez-le partir

Basmala, on ne te laissera pas partir – laissez-le partir

Basmala, on ne te laissera pas partir – laissez-moi partir

On ne te laissera pas partir – laissez-moi partir

On ne te laissera pas partir – laissez-moi partir

 

Non non non non non non non

Pour ma mère, pour ma mère, pour ma mère laissez-moi partir

Belzebuth me réserve un démon, pour moi, pour moi, pour moi

 

Alors tu penses pouvoir me lapider et me cracher au visage

Alors tu penses pouvoir m’aimer et me laisser mourir

Oh bébé tu ne peux pas me faire ça, bébé

Je dois juste sortir, sortir d’ici immédiatement

 

Rien n’a d’importance, tout le monde peut le voir

Rien n’a d’importance, rien n’a d’importance pour moi

 

Quel que soit le sens du vent

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 13:57

Série de l'été - 1984, lorsque les Républicains confondent un pamphlet anti-américain avec un hymne patriotique.

serieete17---Bruce-Springsteen.jpgPaul Schrader est un scénariste bien connu aux Etats-Unis, il a travaillé avec les plus grands réalisateurs, Pollack, Spielberg, Weir, De Palma ou Scorsese. On lui doit, notamment, les scénarios de Taxi Driver (1976), Raging Bull (1980), Mosquito Coast (1986), La Dernière Tentation du Christ (1988) ou A tombeau ouvert (1999). Schrader s'est aussi essayé à la réalisation avec pour succès majeurs Américan Gigolo (1980) et La Féline (1982). En 1981, il travaille sur un projet de film sur le Vietnam, il demande donc à Bruce Springsteen de lui écrire une chanson pour illustrer ce film qui évoque des vétérans qui ont du mal a se réinsérer dans la société. Springsteen enregistre alors rapidement une démo à la guitare acoustique mais le film de Schrader tombe à l'eau, qu'à cela ne tienne, le Boss prépare son sixième album et il entend y intégrer cette chanson, baptisée Born in the USA (Né aux Etats-Unis). Mais après le succès énorme de l'album précédent, The River, qui a cartonné et fait de Springsteen une star internationale, notamment avec une tournée mondiale de haute teneur, tant Springsteen que ses producteurs veulent un album plus intimiste. La totalité de la plaque sera d'ailleurs enregistrée sur une enregisteur à cassettes non-professionnel dans la maison de Bruce Springsteen. En définitive, un album superbe à l'ambiance feutrée avec la voix du chanteur uniquement accompagnée d'une guitare et d'un harmonica. Springsteen assurant d'ailleurs seul l'ensemble... Mais pas de place pour Born in the USA qui ne cadre pas avec l'ambiance de Nebraska qui sort à la fin de l'année 1982. Le thème de la chanson plait au Boss qui envisage donc d'articuler son album suivant autour d'elle. Il commence par réorchestré Born in the USA, lui apporter une ligne mélodique plus structurée et l'enregistre en studio.

La chanson rapporte l'histoire d'un vétéran du Vietnam qui revient au pays et qui se heurte à l'insensibilité des Américains. Il est rejeté et ne retrouve pas de travail alors il erre sur les routes. A travers son texte, Springsteen condamne l'attitude de son pays qui envoya ses enfants dans un voyage vers l'horreur et qui ne sut pas les accueillir et les réinsérer à leur retour. Un thème que beaucoup n'ont pas compris car Born in the USA fut cataloguée comme une chanson patriotique à la gloire de l'Oncle Sam... A un point tel que Ronald Reagan tente d'utiliser la chanson pour sa campagne présidentielle contre Walter Mondale. Born in the USA sort, sur l'album éponyme, le 30 octobre 1984 et l'élection a lieu six jours plus tard. Le clan Reagan n'obtient pas l'aval du chanteur et en reste là. Mais, quatre ans plus tard, George Bush Sr est le candidat républicain à la présidentielle. Patriote affirmé, celui qui fut Directeur de la CIA, entend claironner qu'il est fier d'être né aux USA, il fait donc de la chanson de Bruce Springsteen son hymne de campagne officiel. Le Boss est furax... furax et probablement un peu vexé ! En effet, non seulement Bush Sr ne lui a pas demandé l'autorisation d'utiliser Born in the USA (ndlr il ne l'aurait pas obtenue !) mais, en outre, le message de la chanson ne passe décidément pas ! Springsteen parle, à travers l'histoire d'un vétéran du Vietnam, d'une Amérique décevante sous la houlette républicaine de Reagan et le Part Républicain la comprend comme un hymne patriotique. Pourtant, les paroles sont claires : Ils m'ont mis dans les mains un fusil, m'ont envoyé dans un pays lointain pour tuer l'Homme Jaune [...] Ca fait dix ans que je m'use sur la route, nulle part où fuir, nulle part où aller. Les Républicains ont pris ce pamphlet contre leur pays pour un hymne patriotique

Aujourd'hui, Born in the USA est l'un des standards du répertoire de Bruce Springsteen, c'est un classique du rock américain, si ce n'est certainement pas son meilleur titre c'est celui qui le représente le mieux aux yeux du grand public...



Born in the USA

Born down in a dead's man town
The first kick I took was when I hit the ground
You end up like a dog that been beat too much
Till you spend half your life just covering up

Born in the USA
I was born in the USA
I was born in the USA
Born in the USA

Got in a little home town jam
So they put a riffle in my hand
Sent me off to a foreign land
To go and kill the Yellow Man

Born in the USA
I was born in the USA
I was born in the USA
Born in the USA

Come back home to the refinery
Hiring man says son if it was up to me
Went down to see ma V.A. Man
He said son don't you understand now ?

I had a Brother at Khe Sahn
Fighting off the Vietcong
They'are still there, he's all gone

He had a woman he loved in Saigon
I got a picture of him in her arms now

Down the shadow of the penitentiary
Out by the gas fire of the refinery
I'm ten years burning down the road
Nowhere to run ain't got nowhere to go

Born in the USA
I was born in the USA
Born in the USA
I'm long gone daddy in the USA
Born in the USA
Born in the USA
Born in the USA
I'm a cool rocking daddy in the USA

Traduction

Née dans une ville paumée
J'ai reçu mon premier coup dès que j'ai touché le sol
On finit comme un chien qui a été trop battu
Qui passe la moitié de sa vie à s'en remettre

Né au Etats-Unis
Je suis né aux Etats-Unis
Je suis né aux Etats-Unis
Né aux Etats-Unis

J'étais dans le pétrin
Ils m'ont mis un fusil dans les mains
M'ont envoyé dans un pays lointain
Pour aller tuer l'Homme Jaune

Né au Etats-Unis
Je suis né aux Etats-Unis
Je suis né aux Etats-Unis
Né aux Etats-Unis

De retour chez moi à la raffinerie
Le chef du personnel m'a dit, fils si ça ne dépendait que de moi
Alors j'ai été voir le Secrétaire aux Anciens Combattants
Il m'a dit, fils ne comprends-tu pas maintenant ?

J'avais un frère à Khe Sahn
Qui combattait les Vietcongs
Ils sont encore là, lui a disparu

Il avait une femme qu'il aimait à Saigon
J'ai encore une photo de lui dans ses bras

A l'ombre du pénitencier
Près des torchères de la raffinerie
Cela fait dix ans que je m'use sur la route
Nulle part où fuir, nulle part où aller

Né aux Etats-Unis
Je suis né aux Etats-Unis
Né aux Etats-Unis
Je ne suis plus qu'un papy dépassé aux Etats-Unis
Né aux Etats-Unis
Né aux Etats-Unis

Né aux Etats-Unis
Je ne suis plus qu'un papy qui se balance aux Etats-Unis

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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