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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 11:06

Série de l'été - 1963, Bob Dylan devient le le chantre de la protest song...

01-blowin-in-the-wind-image-copie-1.jpgC'est à Minneapolis, à l'Université du Minnesota, que Robert Zimmerman s'initie à la musique. Il fréquente, en 1959, le quartier de Dinkytown où zonent les artistes influencés par le mouvement Beat dont les auteurs Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs sont les chefs de file. Par l'intermémdiaire de Pete Seeger et Woody Guthrie, le jeune Zimmerman découvre la musique folk, la musique dite des pionniers et des bâtisseurs qui influencera bientôt la protest song. Avec ses allures de vagabond, il s'intègre parfaitement dans ce microcosme et c'est naturellement qu'il prend sa guitare et monte sur des petites scènes sous le pseudo de Bob Dylan. Malgré sa voix monotone et rauque, il remporte un certain succès. Il abandonne rapidement ses études pour aller à New York. C'est dans le quartier bohème de Greenwich Village que Dylan s'installe; il chante alors tous les soirs au Café Wha?(1) qui offre une scène libre aux jeunes chanteurs et poètes qui peuvent entrer librement et y interpréter ou réciter une de leurs oeuvres chaque soir. A cette époque, Woody Guthrie, qui est l'idole de Dylan, est hospitalisé dans le New Jersey car il souffre de la Chorée de Huntington. Sans le connaitre personnellement, Dylan se rend à l'hôpital pour rencontrer Guthrie; ce dernier le reçoit afin de rompre la monotonie de son hospitalisation et, rapidement, se prend d'amitié pour ce jeune wanderer à la voix unique. Chaque jour, désormais, Dylan passe à l'hôpital pour discuter avec Guthrie et apprendre de lui. Lorsque Guthrie peut sortir de l'hôpital, par intermitence, il vit dans un appartement de l'East Orange, dans le New Jersey. Cet appartement devient rapidement un lieu de rencontre et de créativité pour folkeux; Cisco Houston, Pete Seeger, Jack Elliot et Bob Dylan se réunissent autour de Woody Guthrie pour travailler et répéter des classiques de la musique folk mais aussi pour créer de nouveaux morceaux. Dylan a, à peine, 20 ans qu'il apprend déjà des plus grands du folk... Il se produit sur différentes scènes new-yorkaises, mélangeant standards du folk et créations personnelles.

Entre Droits Civiques et Vietnam


1961 est aussi la pleine période du Mouvement pour les Droits Civiques qui a débuté en 1955, dans l'Alabama, avec le boycott des bus de Montgomery. Tandis que les Etats-Unis s'engluent au Vietnam, plusieurs associations militent pour l'égalité des droits entre population blanche et population noire. Le Président Kennedy lance son programme de discrimination positive dans le but d'éliminer la discrimination raciale face à l'emploi tandis que les étudiants noirs de différentes universités multiplient les sit-ins afin d'obtenir les mêmes droits que les étudiants blancs. Si Dylan s'intéresse à cette 'actualité, il ne s'imagine pas qu'il en fera bientôt partie. Pour l'heure, c'est surtout à sa carrière qu'il s'intéresse. Au Club47, il rencontre Carolyne Hester, une jeune chanteuse qui va enregistrer un disque chez Columbia Records et qui cherche un harmoniciste. Bob Dylan se débrouille à l'harmonica et elle lui propose le job qu'il accepte dans l'espoir de se faire remarquer par les pontes de Columbia. Et c'es ce qui se passe ! Il propose la chanson Baby come back, qu'il a composée, à Hester... mais c'est surtout John H. Hammond, Directeur Artistique de Columbia qu'elle séduit. Ce dernier propose à Dylan d'enregistrer un album, ce qui est rapidement fait. Il ne faut, en effet, que trois séances d'enregistrement, en novembre 1961, pour graver Bob Dylan, qui déflore la discographie du chanteur. La plaque contient surtout des chansons folks traditionnelles comme Fixin' to die, Highway 51 ou You're no good mais aussi une reprise de The house of risin' sun, un titre des années '30 qui connaitra la gloire en 1964 avec la version des Animals, avant d'être adaptée par Johnny Hallyday, la même année, sous le titre Le Pénitencier. Enfin, l'album est complété par deux titres écrits par Dylan, Talkin' New York et Song to Woody, un hommage évident à son mentor. Bob Dylan sort en mars 1962 et recontre un succès relatif à l'époque.

Ce succès mitigé n'empêche pas Dylan de penser à un second album. En avril 1962, dans un café de New York - The Commons -, au terme d'une discussion politique un peu tendue, il griffonne quelques mots et quelques notes de musique. Le texte est une succession d'interrogations, des questions que se pose un homme sans vraiment trouver de réponse (the answer my friend is blowin' in the wind/la réponse mon ami est soufflée dans le vent), la musique est une mélodie simple inspirée d'un chant d'esclaves noirs. Le soir même, il se rend au Gerde's, un autre café-concert de New York, où il propose sa chanson à un ami, Gil Turner, qui est tellement enthousiaste qu'il en apprend rapidement les accords pour la chanter sur scène. C'est le succès total ! Le public ovationne longuement Turner et, dans les jours qui suivent, par le bouche à oreille, la chanson envahit les campus de New York et du New Jersey. Plusieurs chanteurs folks qui se produisent à New York la reprennent. Avant-même qu'elle ne soit enregistrée, Blowin' in the Wind est devenu un tube, sa diffusion est amplifiée par la parution, en mai 1962, d'un article qui parle du phénomène et qui publie les paroles. Columbia sent évidemment la bonne affaire et propose immédiatement à Bob Dylan d'entrer en studio pour enregistrer la chanson. Si l'enregistrement a lieu en juillet 1962, il faudra attendre mai 1963 pour la trouver sur le deuxième album de Dylan, The Freewhelin' Bob Dylan.

Créée par Dylan, popularisée par d'autres

Le paradoxe de Blowin' in the Wind est que ce chef d'oeuvre de Bob Dylan aura été popularisé par divers autres interprètes avant que le public ne puisse entendre la version de l'auteur. Le premier à la chanter fut donc Gil Turner, avec son groupe The New World Singer, le soir même de l'écriture de la chanson. Il enregistrera même le titre sur un album de ballades folks quelques semaines plus tard. C'est ensuite au tour d'Odetta - qui fut l'une des influences majeures de Janis Joplin - de mettre Blowin' in the Wind sur son album Odetta sings Folk songs, en 1963. Le trio Peter, Paul & Mary décide aussi de graver la chanson sur son troisième album, In the Wind (1963). Le groupe dispose d'une renommée déjà internationale ce qui offre une vitrine hors des Etats-Unis à la chanson de Dylan. La version 45 tours de Bob Dylan ne sort qu'à l'automne 1963 et... ne marche pas. Pire encore, beaucoup imaginent que le jeune freluquet reprend le hit de Peter, Paul  Mary ! Si ces derniers ont fait connaitre la chanson à travers le monde, Odetta qui est une militante active du Mouvement des Droits Civiques va l'importer dans ce mouvement. Rapidement, Blowin' in the Wind devient l'archétype de la protest song et accompagne, en août 1963, la Marche sur Washington qui sera ponctuée par le fameux discours I had a dream... de Martin Luther King.

Blowin' int the Wind est une chanson simple avec des paroles poétiques qui ne font allusion à aucun événement précis, juste aux interrogations d'un homme. Cela la rend intemporelle et a contribué à en faire l'hymne de toute la génération contestataire des années '60 et du début des années '70. Si Dylan n'est pas reconnu tout de suite comme l'auteur-compositeur de la chanson, tout le mérite lui en reviendra vite et la chanson contribuera grandement à lancer la carrière du chanteur-poète de Duluth.


01-blowin-in-the-wind---paroles-copie-1.jpg

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(1) C'est dans ce lieu mythique de Greenwich Village que des pointures comme Bruce Springsteen, Jimi Hendrix, The Velvet Underground ont fait leurs premières armes face au public.

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 10:10

Au vu du succès remporté, l'an passé, par la série de l'été sur Acta Diurna, nous allons repartir, cette année encore, pour un balade musicale à travers quelques grands classiques qui ont marqué l'Histoire de la musique du 20è siècle...

ete.jpgGrands classiques de groupes-phares du rock ou one-hit wonders que l'on a toujours en mémoire, pop anglaise ou new wave allemande, synthés des années '80 ou screaming guitars des seventies, ... ces chansons ont imprégné la musique du siècle passé. L'an passé, nous avions évoqué quelques-unes des pièces de l'anthologie musicale du 20è siècle avec, apparemment, beaucoup de bonheur puisque chaque article fut lu au moins 500 fois ! Certains titres comme les classiques The Wall (Pink Floyd), Highway to Hell (AC/DC) ou Life on Mars ? (David Bowie) avaient même franchi le cap des 1000 lectures. L'idée de repartir, en 2013, sur une série de l'été consacrée au même thème s'est rapidement imposée tant le champ d'investigation possible est immense. Depuis plusieurs années, cette série de l'été est un rendez-vous incontournable d'Acta Diurna. Les petites histoires de l'Histoire du Tour de France, des événements divers liés à une date de juillet, des portraits variés d'acteurs, de chanteurs ou d'auteurs et, bien entendu, une plongée dans la musique du vingtième siècle ont rempli cette série au fil des années. Cette année encore c'est donc dans la musique que nous baigneront; pas dans les tubes de l'été préfabriqués à grands coups de renforts marketing ou dans les chansons sans âmes qui jalonnent les années 2000 mais bien dans les monuments de la musique anglophone du 20è siècle. De groupes reconnus à la carrière longue en one-shots que l'on fredonne encore 20 ou 30 ans plus tard, les chansons que nous aborderons ensemble ont marqué l'imaginaire collectif par leur musique, leurs paroles, leur contexte ou leur histoire personnelle. Cette année encore, je vais donc me glisser modestement dans le costard d'un historien du rock et de la pop pour vous raconter une vingtaine d'histoires qui parlent de la musique qui me tient à coeur.

L'éventail est évidemment vaste, il aura fallu poser un choix arbitraire en fonction de mes références musicales mais aussi en fonction de l'intérêt narratif de l'histoire de ces chansons. J'ose espérer que les titres que j'ai choisi de mettre en avant vous donneront autant de plaisir à lire que j'en ai pris à écrire ces quelques textes empreint d'une nostalgie même pas dissimulée face à la pauvreté musicale du 21è siècle !

01. Blowin' in the Wind - Bob Dylan, 1963 (2 juillet)
02.Da da da - Trio, 1982 (6 juillet)
03. Won't get fooled again - The Who, 1971 (8 juillet)
04. Zombie - The Cranberries, 1994 (10 juillet)
05. Svalutation - Adriano Celentano, 1976 (13 juillet)
06. Proud Mary - Credence Clearwater Revival, 1969 (16 juillet)
07. The show must go on - Queen, 1991 (18 juillet)
08. Light my fire - The Doors, 1967 (20 juillet)
09. The house of the Rising Sun - Woody Guthrie, 1947 (23 juillet)
10. Personnal Jesus - Depeche Mode, 1989 (26 juillet)
11. Stairways to Heaven - Led Zeppelin, 1971 (30 juillet)
12. Great balls of fire - Jerry Lee Lewis, 1957 (2 août)
13. Rosanna - Toto, 1982 (4 août)
14. "Heroes" - David Bowie, 1977 (7 août)
15. Loosing my religion - REM, 1989 (9 août)
16. Nothing compares 2 U - Prince, 1984 (11 août)
17. The logical song - Supertramp, 1979 (13 août)
18. Respect - Otis Redding, 1965 (16 août)
19. Panic - The Smiths, 1986 (18 août)
20. My Lady d'Arbanville - Cat Stevens, 1970 (20 août)
21. Roxanne - The Police, 1978 (22 août)
22. Layla - Eric Clapton, 1970 (24 août)
23. Baker Street - Gery Rafferty, 1978 (26 août)
24. Romeo & Juliet - Dire Straits, 1980 (28 août)
25. No milk today - Herman's Hermits, 1966 (31 août)

summer-2013-copie-1.jpg
Lire aussi :
- Ces chansons qui ont écrit l'histoire de la musique (été 2010)
- Ces chansons qui ont écrit l'histoire de la musique II (été 2012)

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 15:45

Certains groupes ont été cherché l'inspiration dans des méandres bizarres pour trouver leur nom de scène...

band.jpgOn sait tous que Malcolm et Angus Young ont trouvé le nom de leur band - AC/DC qui signifie Alterning Current/Direct Current (Courant Alternatif/Courant Direct) - sur une machine à coudre électrique ou encore qu'ABBA est un acronyme des initiales des quatre membres du groupe (Agnetha, Bjorn, Benny et Anni-Frid). Mais par delà ces exemples connus, il y a quantité de groupes dont on ignore les origines du nom. Un peu de recherches nous permet d'établir la liste suivante qui est, évidemment, loin d'être exhaustive. Références littéraires ou cinématographiques, faits de société, produits prohibés, événements historiques... voyons ce qui influença le choix des noms de groupes de rock ! 

1° Les Littéraires


Alice in Chains : le groupe de rock alternatif et grunge de Seattle doit son nom au roman de Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles. L'univers onirique et fantasmatique ainsi que la satire de l'univers scolaire anglais de l'époque plaisait énormément aux membres du groupe mais, en 1987, le roman de Caroll avait fortement subi l'influence de Walt Disney et, dans la mémoire collective, à l'évocation d'Alice au Pays des Merveilles, on associait plutôt l'univers de Disney que celui de Caroll... Pas terrible pour un groupe de rock alternatif ! Alors, le prénom de l'héroïne de Lewis Caroll a été conservé et, pour lui conférer un air plus adulte et plus perverti par la société, on lui a ajouté des chaines. Alice est devenu une adepte du sadomasochisme, cela correspondait mieux aux attentes du groupe.

Art of Noise : le groupe new wave londonien, qui a vu le jour en 1983, emprunte son nom au manifeste futuriste écrit par l'artiste peintre et compositeur italien Luigi Russolo L'Arte dei Rumori (L'Art des Bruits, en anglais Art of Noises). Ce manifeste écrit en 1913 est considéré comme le texte le plus influent à propos de l'esthétique musicale au 20è siècle.

Coldplay : à l'origine, le groupe de rock de Londres s'appelait Starfish (Etoile de Mer) mais rapidement, Chris Martin, le chanteur en eut marre de ce nom qui n'avait rien de rock 'n roll. Alors, il opta pour le titre d'un recueil de poêmes, Coldplay, qui était en fait le nom choisi par un groupe d'ami d'école qui l'abandonna. Martin se dépêcha de le récupérer...

The Doors : le très littéraire Jim Morisson ne pouvait pas trouver le nom de son groupe ailleurs que dans la littérature. Les différentes expériences planantes (LSD, mescaline...) de Morisson l'ont évidemment entraîné vers The Doors of Perception (Les Portes de la Perception), un essai de l'auteur anglais Aldous Huxley dans lequel il rapporte son expérience psychédélique liée à la consommation de mescaline. L'essai d'Huxley s'inspire lui-même d'une citation du poète William Blake : "Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaitrait à l'homme telle qu'elle est, infinie" extraite du recueil Le mariage du ciel et de l'enfer.

Grateful Dead : le groupe de rock californien, originellement baptisé The Warlocks lors de sa formation en 1964, s'est inspiré de la mythologie egyptienne pour trouver son nom définitif. C'est en effet dans l'encyclopedie Britanica que Jerry Garcia, le guitariste et chanteur du groupe, trouva un paragraphe consacré au Livre Egyptien des Morts dans lequel il est question de la reconnaissance des morts qui envoient leur âme au Créateur. "Nous renvoyons maintenant nos âmes au Créateur car nous nous tenons au bord de l'obscurité éternelle. Dans la Terre de la Nuit, le Bateau du soleil est dessiné par les Morts Reconnaissants"... Les Morts Reconnaissants, en anglais Grateful Dead !

Heaven 17 : dans le roman d'Anthony Burgess, Clockwork Orange (Orange Mécanique), écrit en 1962, chez un disquaire, une adolescente mentionne le nom d'un groupe inventé pour le récit, Heaven 17. Dix huit ans plus tard, Ian Craig Marsh, qui vient de quitter Human League pour fonder son propre groupe, choisit ce nom pour la formation qu'il vient de monter avec Martyn Ware et Glenn Gregory.

Joy Division : c'est dans l'univers des camps de concentration que le groupe post-punk de Manchester trouve son nom de scène, en 1976. Initialement nommé Warsaw, le nom fut changé pour éviter la confusion avec un autre groupe anglais, Warsaw Pakt. Pendant la seconde guerre mondiale, les Freudenabteilung (litteralement les Divisions de la Joie) étaient les services qui étaient chargé d'organiser l'exploitation sexuelle de certaines détenues pour le plaisir des officier allemands. Le choix de ce nom vaudra à Joy Division des accusations de sympathies pour le nazis, des accusations renforcées par le contenu de certains albums mais aussi par le nom choisi par le groupe (New Order ou Ordre Nouveau qui désigne souvent des groupuscules d'extrême droite) à la mort du leader de Joy Division, Ian Curtis, qui en était l'âme. En fait, le nom Joy Division vient du roman The House of Dolls, de l'écrivain juif survivant des camps de concentration Yehiel De-Nur qui évoque dans son récit les fameuses Freudenabteilung.

The Velvet Underground : le groupe de Lou Reed, révélé par Andy Warhol, trouva son nom dans un livre qui évoque le sadomasochisme de Michael Leigh. Le Souterrain de Velours était, dans cet ouvrage, un lieu capitonné de velours dans lequel se pratiquaient des jeux sexuels SM.

2° Les Cinéphiles et les Musicaux

Duran-Duran : les néoromantiques de la pop et de la new wave anglaise tirent leur nom de scène du film culte de science-fiction Barbarella (Roger Vadim, 1968), plus spécifiquement d'un personnage du film, le Docteur Durand Durand, que l'héroïne a pour mission de sauver.

Badfinger : le groupe de rock gallois qui vit le jour en 1969 à Swansea récupéra son nom de la chanson With a little help of my friends des Beatles ou, plus précisément, de son titre de travail. Avant de trouver son titre définitif, alors que McCartney et Lennon la peaufinaient, cette chanson s'intitulait Bad Finger Boogie.

The Moody Blues : le groupe anglais auquel on doit l'inoubliable Nights in white satin s'appelait, à l'origine, The M&B5 d'après le nom d'une brasserie de Birmingham M&B (Mitchell & Butlers). Mais M&B5 cela ne signifie rien en soit et chacun est libre de donner à ces deux lettres la signification qu'il veut. Alors il faut trouver une vraie signification à M&B... C'est en écoutant le titre Mood Indigo, de Duke Ellington, que l'idée vient : Mood devient Moody et Indigo, une nuance de bleu, devient Blue pour coller à la seconde initiale... M&B5 devient Moody Blues et puis finalement The Moody Blues.

Pink Floyd : après avoir tergiversé sur le choix du nom et avoir évolué pendant quelques temps sous l'appellation Tea Set, Syd Barrett, chanteur et guitariste, décida de nommer le groupe The Pink Floyd Sound en hommage à deux joueurs de blues exceptionnels : Pink Anderson et Floyd Council, véritables pionniers de ce style de musique. Barrett tenait à ce que le terme sounds (sons) apparaisse dans le nom car il veut se lancer dans différentes expériences musicales et sonores pour créer un son qui serait unique et typique de son groupe. Rapidement, pourtant le nom sera réduit à Pink Floyd... avec la destinée que l'on sait !

Radiohead : les rockeurs de l'Oxfordshire avaient pour nom On a Friday (Un Vendredi) lorsqu'ils tournaient dans les pubs de province mais quand le label Parlophone leur fit signer un premier contrat, en 1986, ils furent contraints de changer de nom avant de signer. Il fallait se décider rapidement et ce fut le titre d'une chanson du groupe post-punk américain Talking Heads qui devint le nouveau nom du groupe.

The Rolling Stones : ce nom provient de paroles de la chanson Mannish Boy (I'm a man child, I'm a rollin' stone, I'm a man child, I'm a hoochie koochie man), un standard du blues enregistré en 1955 par Muddy Waters et popularisé par BB King.

The Yardbirds : ce groupe qui révéla, notamment, Eric Clapton, Jimmy Page ou Jeff Beck doit son nom au saxophoniste de jazz Charlie Parker dont le surnom Bird était la contraction de Yardbird qui signifie en argot américain débutant ou prisonnier. Lorsqu'il débuta le saxophone, à 11ans, son entourage le surnommait affectueusement Yardbird; avec le temps Parker est de devenu l'Oiseau, Bird. Dans ses romans, Jack Kerouac évoque très souvent le jazzman, qu'il nomme simplement Yardbird. Keith Relf, fondateur du groupe et fan de kerouac, utilisera le terme Yardbird pour baptiser sa formation.

3° Les Révoltés ou les Provocateurs

Lynyrd Skynyrd : groupe phare du rock contestataire américain des années soixante, ce groupe doit son nom à un professeur de gymnastique, Mr Skinner, de la Robert E. Lee High School, à Jacksonville, en Floride. Celui-ci menait ses cours de sports selon une discipline de fer et ne supportait pas les "bons à rien à longs cheveux". Ronnie Van Zant, Allen Collins et Gary Rossington, qui fondèrent le groupe en 1964, avaient évidemment les cheveux longs et leur idée était que le succès, quel qu'il fut, ne dépend pas de la chevelure... Pour glorifier les Skinners, c'est à dire les étudiants martyrisés par Mr Skinner, ils ont cherché un moyen d'intégrer ce mot à leur nom de groupe. Skinner est devenu Skynyrd et les bons à rien ont vendu des millions d'albums...

The Pogues : les punks de King Cross avaient opté pour un nom gaélique, Pog Mo Thoin, que l'on peut traduire par Embrasse mon Cul... Il a été réduit en The Pogues parce que les radios anglaises et la BBC refusèrent de diffuser les chansons d'un groupe dont le nom contenait un mot grossier.

Queen : A la fin des années '60, Brian May et Roger Taylor sont membres d'un groupe nommé Smile (Sourire). Freddie Mercury rejoint le groupe en 1970 et impose directement sa personnalité ainsi qu'un nouveau nom de groupe. Il veut un nom court, facile à retenir, plutôt irrévérencieux et universel (car il est persuadé que le groupe sera mondialement connu). Il opte pour Queen qui répond à tous ces critères et qui, en plus, ouvre la porte à diverses interprétations y compris aux allusions homosexuelles...

The Ramones : ce groupe de New York a marqué l'histoire du mouvement punk. C'est par pure provocation qu'ils ont choisi ce nom. Les punks étaient à l'opposé de la musique proposée par la référence ultime de la musique anglophone, Paul McCartney qui à l'époque proposait surtout un rock fait de ballades avec son groupe Wings. Lorsqu'il voyageait, McCartney signait ses réservations d'hôtel du nom de Paul Ramon, c'est autant par dérision que par provocation que les New-yorkais ont choisi de se baptiser The Ramones...

4° Les Allumés

Dexys Midnight Runners : le groupe anglais post-punk de Kevin Rowlands est, surtout, connu chez nous pour son hit exceptionnel Come on Eileen qui fut le single le plus vendu de l'année 1982. Issus de la scène punk des années '70, Kevin Rowlands et Kevin Archer avaient plus ou  moins tout essayé en matière de stupéfiants et notamment la fameuse dexérine, une amphétamine très en vogue à Londres à cette époque. Lorsqu'il s'est agi de trouver un nom pour le nouveau groupe que les deux hommes monte, en 1978, c'est tout naturellement qu'ils pensent à y intégrer une référence à la dexérine. Se souvenant qu'ils ont souvent cherché cette amphétamine dans la nuit, à l'issue des concerts avec Killjoys leur groupe précédent, ils se mettent en situation dans le nom du nouveau band. Mais pour éviter toute forme de censure radiophonique, il faut que cette allusion soit masquée, c'est ainsi que le groupe opta pour le nom de Dexys Midnight Runners (Ceux qui Courent après la Dexérine à Minuit)...

Green Day : Un Green Day (Jour Vert) est, dans l'argot américain un jour passé à fumer de la marijuana... On devine pourquoi Billie Joe Armstrong et sa bande ont opté pour ce nom de scène !

Iron Maiden : pour un groupe qui se revendique Heavy Metal (mais dans son aspect le plus commercial) et qui véhicule une image plutôt sataniste, il fallait un nom choc. Iron Maiden (La Vierge de Fer) était un instrument de torture médiéval qui faisait pénétrer des pointes de fer dans le corps du supplicié.

5° Les Socio-culturels

The B-52's : contrairement à ce que l'on pense, le nom ne vient pas directement du bombardier américain B-52 mais bien d'un style de coiffure, la choucroute, qui en argot sud-américain se dit B-52 à cause de son aspect massif. Cindy Wilson, la soeur du chanteur du groupe, et Kate Pierson sont les choristes du groupe et elles arborent toutes les deux une coiffure B-52. Elles sont rapidement devenue emblématiques du groupe qui adoptera alors le nom de B-52's...

Depeche Mode : le groupe new wave formé à Basildon dans l'Essex, en 1977, emprunte simplement son nom au célèbre magazine de mode française.

The Who : lorsqu'il s'est constitué, en 1961, le groupe de Pete Townshend, Roger Daltrey et John Entwistle se nommait The Detours mais avant même qu'un premier single ne sorte, Entwistle se rend compte qu'un groupe américain porte déja ce nom. Alors, un ami de Townshend leur proposa, comme ils étaient totalement inconnu de s'appeler The Who (Les Qui). Lorsqu'ils signent chez EMI, en 1964, leur manager impose un changement de nom pour coller à la mouvance Mod - un mouvement de jeunes hédonistes très branchés et à la pointe de la mode vestimentaire - qui envahit Londres depuis quelques temps. Le groupe s'appelle alors High Numbers qui, dans l'argot Mod, signifie "bien fringué, avec des vêtements classes". Après un premier 45 tours qui passe totalement inaperçu, le manager Peter Meaden est remercié par EMI qui fonde beaucoup d'espoir sur Townshend, Daltrey, Moon et Entwistle. Pour se distancier de l'échec commercial du premier disque, le groupe redevient The Who... avec la carrière exceptionnelle et l'influence fondamentale qu'il exercera sur la musique du 20è siècle !

UB40 : lorsqu'il fonde le groupe avec quelques potes, Alistair Campbell est à peine sorti de l'école et l'avenir est plutôt gris à Birmingham en cette fin des années '70. Il n'envisage pas de vivre de la musique qui n'est qu'un exutoire et, à l'image d'une partie importante de la population de cette ville du centre de l'Angleterre, la seconde du pays en termes de population et d'industrie, Campbell va devoir aller pointer au chômage. Il rentre alors son document de demande d'allocation, le Unemployment Benefits - Form 40 souvent abrégé dans les administrations en UB40. Ce document symbolisant parfaitement son état d'esprit autant que la situation sociale de la ville, Alistair Campbell utilise sa forme abrégée pour donner un nom à son groupe.


6° Les simplistes ou les Evidents

The Bee Gee's : le groupe pop et disco fut fondé en 1958 (oui, vous avez bien lu) par les frères Gibb à peine âgés de 10 et 12 ans, à Manchester dans le nord de l'Angleterre. A l'origine, il s'apelait simplement Brothers Gibb, les Frères Gibb. Rapidement, le nom s'est réduit à la contraction de ses initiales BG qui, en anglais, se prononcent Bee Gee auxquels fut ajouté un s pour le génitif...

Van Halen : initialement le groupe de hard-rock créé, en 1974, par les frères Van Halen s'appelait Mammoth mais le nom était déjà porté par un autre groupe de Californie. C'est sans grande originalité qu'Eddy et Alex Van Halen ont renommé leur groupe avec leur propre patronyme.

7° Les Indéfinissables

Aerosmith : lorsque le groupe s'est formé en 1970, à Boston, Joey Kramer, le batteur, souhaitait qu'il s'appelle Aero mais cela faisait un peu court et un peu mou pour un groupe qui entendait jouer du hard rock et du heavy metal. Il fallait quelque chose pour compléter Aero... Lors d'un délire, Kramer et un de ses amis se sont laissés aller à jeter tout et n'importe quoi et à associer ces n'importe-quoi à Aero. On imagine ce que cela pouvait donner : AeroPear (AeroPoire), AeroPork (AeroPorc), AeroDrum (Aerobatterie)... Et puis Joey Kramer lâcha bêtement Smith qui signifie forgeron mais qui est aussi le nom de famille le plus répandu aux Etats-Unis et qui peut donc représenter un quidam, un inconnu dans la masse (Mr Smith = M. Dupont). Des inconnus, cela représentait parfaitement le groupe et puis, Aerosmith, ça claquait pas mal. Le nom du groupe était trouvé !

Creedence Clearwater Revival : les origines de ce groupe mythique du blues et de la musique country des années '60 et '70 sont, convenons-en, un peu tirées par les cheveux (longs, bien entendu !). Il s'agit de l'assemblage de trois termes qui n'ont rien à voir les uns avec les autres. Creedence était le prénom d'un ami du guitariste Tom Fogerty; Clear Water étaient des mots du slogan d'une publicité télévisée pour une marque de bière; Revival parce que chaque contrat dans des petits bars permettait au groupe de poursuivre sa route, une forme de renouveau, de nouvelle vie... L'assemblage des trois mots plaisait à John Fogerty et aux autres, le nom du groupe était définitif !

Pearl Jam : le band grunge de Seattle avait choisi pour nom Mookie Blaylock par allusion au joueur vedette des New Jersey Nets. Mais le nom était protégé par la NBA et le groupe fut obligé d'en changer. C'est en parlant des confiture de sa grand-mère Pearl que le chanteur, Eddie Vedder, proposa de baptiser le groupe Pearl Jam. Faute de mieux, le nom fut adopté...

Procol Harum : souvenez-vous de ce groupe londonien qui fit un tabac international avec la chanson A whiter shade of pale. Procol Harum, d'où ce nom étrange peut-il bien provenir ? Simplement du nom du chat siamois de Guy Stevens, le manager du groupe. Ce chat de race, avec pédigrée, s'appelait effectivement Procol Harum, il valait une petite fortune et Stevens y était attaché comme à la prunelle de ses yeux. "Nous aussi on va bientôt valoir une petite fortune" lui dit en substance Gary Brooker, le leader du groupe. Il fut alors décidé d'appeler le groupe Procol Harum.

R.E.M. : pendant quelques mois, le groupe de Michael Stipe évolue sans nom. Il joue de la musique punk-rock et cherche un nom accrocheur. Malgré plusieurs propositions comme Cans of piss (Canette de Pisse), Twisted Kites (Cerf-volants enroulés) ou Negro Wives (Femmes Nègres), rien ne retient l'aval de l'ensemble des membres. Un peu lassé, Stipe ouvre alors un dictionnaire et tombe sur l'acronyme R.E.M. (Rapid Eye Movement - Mouvement Occulaire Rapide) qui évoque un stade du sommeil paradoxal lorsque le dormeur rêve et que ses globes occulaires bougent rapidement et inconsciemment. Ce nom original est finalement conservé et R.E.M. débute, à l'aube des années quatre-vingt, une longue et prolifique carrière.

U2 : d'abord nommé Larry Mullen's Band, du nom de son créateur, le groupe se rebaptise Feedback, à cause du larsen produit par leur vieil ampli, avant d'opter pour The Hype (Le Battage ou L'Esbrouffe) et c'est sous cette appellation qu'il fait ses premières apparitions à la télévision irlandaise (RTE). Steve Averill, alors chanteur d'un groupe punk de Dublin, propose au groupe de prendre le nom de U2, en référence à un avion espion américain - le Lockheed U-2 - abattu par l'armée russe alors qu'il survolait Semipalatinsk, le site d'essai de missiles nucléaires de l'URSS. Ce nom plait à Adam Clayton car en plus de la référence politique, il contient un double sens U2 se prononce You Too (Toi Aussi) ce qui tend à la communion avec le public et les fans... Si le nom ne séduit guère Bono et Larry Mullen, ils doivent vite se rendre compte que U2 claque bien dans l'oreille et que cela fonctionne bien avec le public lors des concerts...

Article publié une première fois le 30 juillet 2012 sur Acta Diurna

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 10:21

A Londres, les premiers secours peuvent être portés par des ambulanciers à vélo...

VeloAmbu-05.jpgLondres est une ville de cyclistes ! On croise des vélos à tous les coins de rues, sur les grandes artères noyées de circulation automobile comme dans les petits quartiers éloignés du centre; les londoniens se déplacent facilement sur leur bicyclette. Une des raisons majeures à cet engouement vélocipédique est, probablement, la cherté des transports en commun(1) qui contraint une grande frange de Londoniens - surtout ceux des quartiers périphériques au coeur urbain - à utiliser le vélo pour aller travailler chaque jour. La circulation extrêmement dense à certaines heures est une autre raison qui poussent de plus en plus de monde à se déplacer à vélo dans Londres. Relativement plate, la capitale anglaise se prête assez bien aux déplacements à vélo et, par ailleurs, en quelques semaines, le coût d'un vélo basique est amorti en comparaison avec le coût des transports en commun. Pour beaucoup de choses, Londres n'est pas une ville chère; pour les transports en commun, elle l'est ! Une constante est qu'il y a très peu d'accidents impliquant des cyclistes à Londres, cela est dû au fait que, contrairement à chez nous, les cyclistes ne sont pas convaincus d'être les rois de l'asphalte. Ils sont très prudents car ils ont en permanence à l'esprit qu'ils sont des usagers faibles. Il convient aussi de dire que les automobilistes londoniens ne sont pas des casses-cous, qu'il respectent dans l'ensemble plutôt bien le code de la route et les limitations de vitesse. La circulation dense n'est pas étrangère à cette réalité ! Le vélo a donc pris sa place dans le trafic londonien, y compris dans le système ambulancier... Le London Ambulance Service est le plus grand service ambulancier au monde, il compte quelque 400 ambulances classiques, 70 véhicules d'intervention médicalisée urgente (type SMUR), 10 motos et 14 vélos de premiers soins pour un total de 4500 personnes (secouristes, administratifs, dirigeants et logisitique) qui le font fonctionner au quotidien. 

Seize vélo-sambulance interviennent donc chaque jour dans les rues de Londres. Leur mission principale est d'intervenir dans les endroits à très forte densité de circulation automobile. Les vélos, parfaitement équipés avec le matériel de premiers secours, se faufilent plus aisément dans la circulation et sont, très souvent, sur place avant les ambulances et les SMUR traditionnels. Les ambulanciers à vélo peuvent donc prodiguer les premiers soins dans l'attente de l'ambulance classique, si besoin. Pouvant passer par les ruelles étroites (nombreuses à Londres), les Mews, les piétonniers ou les voies encombrées, les vélos sont une alternative incontournable pour le London Ambulance Service. Dans les sacoches du vélo, un matériel adapté pour faire face aux premiers secours d'urgences : défibrillateurs, oxygène, moniteur cardiaque, tensiomètre, adrénaline, médicaments divers (notamment pour le diabète, l'asthme ou des antidouleurs), couverture chauffante, bandages divers,... tout pour sauver une vie dans l'attente d'un transport sécurisé vers l'hôpital. Pour se faufiler dans la circulation, les vélos-ambulance (ou cycle response en anglais) sont adaptés aux contraintes de la ville avec ses difficultés (parcs, buttes, escaliers, côtes, descentes...). il s'agit de VTT Specialized Rockhopper, cadre alu, montés Shimano avec des freins hydrauliques et une roue arrière renforcée pour supporter le poids de l'équipement de secours. Les VTT disposent également d'une sirène et de gyrophares bleus afin d'être repérés de loin. Les pneus sont increvables et les fourreaux et les plongeurs de la fourche suspendue disposent de débattements ajustables... Bref de vraies machines de compétition, à 6000£ (± 7000€) l'unité complètement équipée, adaptées aux besoins des secours d'urgences dans une ville comme Londres.

Une autre des missions confiée à ces ambulanciers à vélo est de prendre en charge la bobologie. Comme partout ailleurs, Londres connait une forte croissance des appels inutiles aux services de secours. Bon nombre de personnes composent le 999 - le numéro d'appel d'urgence - pour des broutilles qui ne nécessitent pas l'intervention d'un véhicule d'urgence lourdement équipé. Les opérateurs du call-center 999 ont aussi la possibilité d'envoyer les vélos-ambulance sur base des informations données par l'appelant si la situation qu'il décrit est jugée non-prioritaire ou de moindre danger. Dans 40% des cas, une "vraie" ambulance n'est pas nécessaire(2)...  "Nous pouvons dire que nous avons économisé 250 heures d'ambulance sur une période de six mois"(3) explique Tom Lynch, ambulancier à vélo londonien qui fut plusieurs fois champion d'Angleterre de BMX.

Huit équipes de deux ambulanciers à vélo sont en service dans la capitale anglaise. Depuis plus de dix ans, les Cycle Responders jouent un rôle essentiel dans le système ambulancier londonien. Ces ambulanciers sur deux roues font, en moyenne, 14 interventions quotidiennes sur une journée de travail de onze heures. Ils parcourent un peu plus de 40 kilomètres par jour avec des vélos lestés qui frôlent les vingt-cinq kilos. Pratiques, rapides, efficaces, les vélos-ambulance ont aussi un aspect écologique et économique à ne pas négliger. Sur une année, leurs interventions permettent d'économiser quelque 45.000£ (± 52.000€) de carburant... Un gain financier qui permet de financer le service à vélo et qui s'avère utile pour l'air londonien !

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(1) le ticket de métro est à 4£ (soit 4,68€ selon le change du jour), la Oyster Card (une carte prépayable) retranche entre 2 et 2,50£ (entre 2,34 et 2,92€), une One-day Travel Card (qui permet de voyager sans limite pendant toute une journée) coûte 6,20£ (7,25€) et encore, ce sont des tarifs dit off-peak (en dehors des heures de pointes, soit après 9h30) pour les zones 1 et 2 qui représentent le coeur historique de Londres. Sachant qu'il y a six zones, les tarifs pour les londoniens qui habitent en dehors de l'hypercentre et qui doivent se déplacer pour aller travailler pendant les heures de pointe peuvent vite devenir exorbitants...
(2) Fast aid... from de paramedics on their £6000 moutain bikes, par Jo McFarlane, in The Daily Mail, 27 juillet 2008.
(3) The bicyle ambulance, on www.nhs.uk, consulté le 13 avril 2013

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 14:12

Pour promouvoir le retour de La Ronde de Nuit, de Rembrandt, en ses murs, le Rijksmuseum a organisé un flashmob remarquable dans une galerie commerciale.

ronde-de-nuit.jpgLa Ronde de Nuit, tableau peint en 1642 par Rembrandt représente une compagnie de mousquetaires d'Amsterdam sortant d'un bâtiment. En décembre 2003, le chef d'oeuvre imposant (4,59/3,87 mètres) quittait sa salle fétiche du Rijksmuseum pour permettre d'important travaux de rénovation du musée amstellodamois. Pendant la durée des travaux, la toile de Rembrandt, comme de nombreuses autres, fut exposée dans une petite salle adjacente au musée, si proche mais pourtant si loin de son écrin traditionnel d'ailleurs rebaptisé Salle de la Ronde de Nuit, voici quelques années. Après dix ans de travaux, elle a donc réintégré cette salle depuis quelques jours. Avec le concours d'une banque, le Rijksmuseum a voulu communiquer autour de cet événement majeur pour la ville d'Amsterdam. Un flashmob a donc été organisé dans une galerie commerciale : les personnages de La Ronde de Nuit ont repris vie au milieu de l'activité traditionnelle de la galerie et dans la rue adjacente, à la grande surprise des badauds. Intitulé Nos héros sont de retour, ce flashmob avait donc pour objectif d'informer le plus largement possible du retour de la toile de Rembrandt dans les murs du Rijksmuseum... Pari réussi, grâce aux médias sociaux notamment !

Nos héros sont de retour, par le Rijksmuseum et ING

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 10:34

L'immense star Glam-rock est à l'honneur au Victoria & Albert Museum jusqu'au 28 juillet prochain.

bowie.jpgL'actualité de Davide Bowie s'articule autour de deux axes importants : la sortie d'un nouvel album intitulé The Next Day, le 11 mars prochain, et une exposition qui lui est dédiée dans l'un des musées les plus prestigieux de Londres (et donc du monde), à partir du 23 mars. Dix ans après son dernier album, Bowie revient dans un pur style rock. Le premier titre est disponible depuis janvier, via le site du chanteur, et est annonciateur d'un album de qualité. ll faut dire que cette nouvelle plaque aura connu une longue période de gestation puisque son enregistrement s'est étalé sur plus de vingt mois dans le plus grand des secrets. Encore faudra-t-il attendre jusqu'au 11 mars pour découvrir The Next Day, à moins d'habiter en Australie où l'album sortire en primeur dès le 8 mars. Mais la patience des fans de Bowie sera doublement récompensée car, en plus de l'album, ils pourront se repaitre d'une exposition exceptionnelle entièrement consacrée au créateur de Space Oddity. Le Victoria & Albert Museum ouvre la malle aux souvenirs et propose un voyage dans le temps, dans la carrière d'un des artistes musicaux les plus originaux et les plus influents du 20è siècle. C'est une véritable rétrospective de la carrière exceptionnelle de David Bowie qui sera présentée au public du 23 mars au 28 juillet prochain dans les murs du plus grand musée d'art et du design du monde. L'exposition est annoncée comme une véritable exploration du processus créatif de l'icône culturelle anglaise. A travers quelque 300 objets divers (costumes de scènes, vidéos, décors, manuscrits, instruments, pochettes d'albums, storyboards, ébauches de paroles...), le voyage emmènera le visiteur de l'ambiance rythm'n blues des débuts, en 1964, avec des groupes inconnus (The Kon-Rads, par exemple) jusqu'au projet Tin Machine en passant par la période berlinoise, les années glam-rock, la Space Oddity, les périodes soul, funk, punk et post-punk, Ziggy Stardust et même les années commerciales MTV. Cinq décennies de carrière passées au crible mais fera aussi la part belle aux diverses incursions de Bowie dans l'univers du design, dans celui de la mode et dans le cinéma.

David Bowie is - c'est le titre de l'exposition - montre que l'inoubliable interprète d'Ashes to Ashes est un pionnier en matière de musique mais aussi en matière de théâtre et de nouvelles technologies, un artiste incontournable du 20è siècle et du début du 21è... David Bowie est une influence majeure de quantité d'artistes de la musique, de la mode, du design et de la vidéo rapporte l'édition anglaise de Vogue(1). Tout au long de sa carrière, Bowie s'est distingué par une forme d'individualisme radical qui ne le fait ressembler à aucun autre artiste de son époque. Bowie ne fait pas ce que les autres font; Bowie ne dit jamais ce qu'il va faire pour garder la surprise au maximum. Bien entendu, cela s'est soldé par quelques échecs retentissants; la trilogie dance (Let's Dance, 1983 - Tonight, 1984 et Never Let Me Down, 1987) est loin de la qualité artistique de Space Oddity (1969) ou The Man Who Sold the World (1970). Mais l'échec n'est-il pas l'apanage de tous ceux qui osent, qui ne se contentent pas de surfer sur la vague de ce qui est tendance ?

Pour la première fois, Bowie a ouvert ses archives personnelles pour permettre le montage de cette exposition qui a nécessité plusieurs mois de travail. David Bowie Is, à voir à partir du 23 mars et jusqu'au 28 juillet au Victoria & Albert Museum.

David Bowie is
V&A Museum
South Kensington
du 23 mars au 28 juillet 2013
15,50£ (full-price)

NB l'entre sera gratuite du vendredi 26 au dimanche 28 avril à l'occasion du weekend David Bowie.


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(1) David Bowie exhibition preview, par Ella Alexander, 4 septembre 2012 on Vogue.co.uk

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 10:12

Blake et Mortimer, un incontournable de la BD belge

blake-mortimer.jpgLe 30 mars 1904, à Bruxelles, voyait le jour le futur créateur des aventures extraordinaires de Blake et Mortimer, un des phénomènes les plus marquants de toute l’histoire de la bande dessinée internationale. Edgar P. Jacobs est passionné par l’art lyrique et c’est dans cette voie qu’il se lance avant que la seconde guerre mondiale n’interrompe une fort courte carrière. Durant le conflit, il travaille pour l’hebdomadaire «
Bravo» pour lequel il est notamment chargé de colorier les planches d’un comic américain publié dans le magazine ; Flash Gordon. Mais en 1942, l’occupant allemand fait interdire la publication de ces aventures jugées trop américaines (et pour cause...). Alors, on demande à Jacobs de créer quelques planches qui seront publiées. Ce sont là les prémisses du «Rayon U» qui ne sera publié sous forme d’album qu’en 1974. En 1943, Hergé, qui a remarqué le talent indéniable de Jacobs, le prend sous son aile pour remanier sept albums des aventures de Tintin. Dans la double aventure «Les sept boules de cristal» et «Le temple du soleil», on peut aisément retrouver la touche d’E.P. Jacobs ! A la fin du conflit, le dessinateur décide de voler de ses propres ailes et crée son duo de personnages; le Capitaine Francis Blake et le Professeur Philip Mortimer. Les premières aventures de Blake et Mortimer prennent, hebdomadairement, place dans le Journal de Tintin. En 1947, Jacobs cesse sa collaboration régulière avec Hergé pour ne plus se consacrer qu’à ses deux personnages. Chaque album est basé sur un scénario solide, une documentation pointue et un souci du détail cher à l’auteur ; Jacobs en réalisera huit de son vivant et il plonge, dans chacun d’eux, le lecteur dans une ambiance futuriste et extraordinaire, ce terme étant à prendre dans son sens premier à savoir qui sort du commun. Jacobs confrontera ses héros à des phénomènes très en avance sur leur temps. Ainsi, Blake et Mortimer croiseront sur leur route l’Espadon, un avion-amphibie supersonique né de l’imagination fertile de Jacobs, l’onde Mega capable de diriger les esprit, un rayon à même de modifier le climat(1), une machine à remonter le temps et même la cybernétique... tout en se livrant à un combat - assez manichéen il faut le reconnaître - contre l’infâme Colonel Olrik, symbole du mal sur cette terre.

L’album «La Marque Jaune» deviendra un album mythique et sert désormais d’étalon dans la BD mondiale. Rarement un tel degré de génie aura été atteint dans ce qu’il est convenu d’appeler le neuvième art. Fervent adepte de la ligne claire, un style inventé par Hergé qui consiste à éliminer tout ce qui graphiquement accessoire, à styliser au maximum et à enserrer le dessin dans un trait noir, fermé et net, Jacobs apporte à cette technique son expertise dans la colorisation. Il sera d’ailleurs le seul a faire évoluer un tant soit peu ce style de dessin qui est tombé en désuétude dans les années ’70 et que les successeurs de Jacobs tentent, avec succès, de remettre au goût du jour avec la reprises des aventures de Blake et Mortimer... En effet, une dizaine d’années après le décès d’Edgar P. Jacobs(2), le dessinateur Ted Benoît (auteur notamment de Ray Banana) et le scénariste Jean Van Hamme (XIII, Thorgal, Largo Winch...) reprennent l’œuvre de Jacobs lui assurant une continuité que n’aurait probablement pas déniée le créateur.

Aujourd’hui, Blake et Mortimer font partie intégrante de l’histoire de la bande dessinée. En 17 albums, les héros de Jacobs ont conquis des millions de lecteurs à travers le monde devenant ainsi presque l’égal de Tintin et Astérix.

Les aventures de Blake et Mortimer

Entre 1946 et 2001, ce ne sont pas moins de 17 albums des aventures de Blake et Mortimer (et quelques hors-séries) qui ont été publiés. Survol rapide de ces intrigues aussi captivantes qu’extraordinaires...

Le secret de l’Espadon (1946) dans lequel Jacobs imagine la libération d’un monde vaincu par une issue différente au conflit mondial qui vient de s’achever. L’Espadon est une machine de guerre qui doit servir à libérer le monde ;

Le mystère de la grande pyramide (1950) : une aventure d’archéologie-fiction centrée sur la pyramide de Gizeh dans laquelle Jacons imagine une chambre secrète en relation avec le règne court du pharaon Amenophis IV, connu historiquement sous le nom d’Akhenaton ;

La marque jaune (1953) : le plus abouti de tous, un album de référence pour tous les amateurs de BD. Jacobs s’inspire de toutes les expériences menées à l’aube des années ‘50 sur le cerveau humain. Le vol de la couronne britannique sert de détonateur à l’intrigue...

L’énigme de l’Atlantide
(1957) : à la recherche d’un métal précieux, l’orichalque, décrit par des documents anciens, Blake et Mortimer découvrent, aux large des Açores, la mythique cité de l’Atlantide ;

SOS météores (1958) : suite au rigoureux hiver 1954, Jacobs envisage un savant capable de modifier le climat. Les recherches de l’auteur lui permettront aussi de s’inspirer pour son histoire des expériences menées, entre 1954 et 1957, tant par les Soviétiques que les Américains sur la modification climatique...

Le piège diabolique (1960) dans lequel Jacobs entraîne ces deux héros dans les méandres du temps avec le Chronoscaphe. Le point de départ, selon l’auteur, était de démontrer au nostalgique que le «bon vieux temps» n’était pas si bon que cela finalement et que le futur ne serait pas spécialement meilleur...

L’affaire du collier (1965) : Olrik, l’ennemi intime et juré de Blake et Mortimer est jugé mais durant son procès, il met sur pied, avec ses comparses, le vol du Collier de la Reine. Nos deux héros doivent retrouver le bijou inestimable ;

Les trois formules du Professeur Sato
(1967 - tome 1) a pour cadre la conquête spatiale. Le Professeur Sato a mis au point une machine capable de suppléer l’humain dans l’exploration du cosmos. Cette machine est un androïde qu’une organisation criminelle mondiale tente de s’approprier, par l’intermédiaire d’Olrik évidemment ! A noter que le tome 2 de cette aventure sera réalisé par Bob de Moor suite au décès d’Edgar Jacobs et qu’il ne sortira qu’en 1990 ;

Les albums parus après la mort d’Edgar P. Jacobs :

Réalisés par Ted Benoît et Jean Van Hamme ou Yves Sente et André Juillard

L’affaire Francis Blake (1996) : le MI5, services secrets britanniques, est infiltré par une taupe. Le Capitaine Francis Blake est soupçonné... Jacobs entraîne le lecteur en pleine guerre froide !

La machination Voronov (2000) : la conquête spatiale et plus précisémment la lutte pour la suprématie dans ce domaine entre les USA et l’URSS sert de décor à cette aventure. Un engin soviétique frappé par une pluie de météores retombe sur terre. L’équipe russe chargé de faire disparaître les traces de cet échec est anéantie par un mystérieux virus...

L’étrange rendez-vous (2001) : Machlan MacQuarrie, officier anglais mort lors de la guerre d’indépendance américaine et aïeul de Mortimer, réapparaît 177 ans après son décès... Il est porteur d’un message gravé sur le cuir de sa ceinture...

Les sarcophages du 6è continent – Album 1 : La menace universelle (2003) : 1958, des Maharadjahs sont réunis autour d’un empereur ressuscités dans l’optique de créer une nouvelle arme tandis que Francis Blake tente de déjouer un complot dont la finalité le dépasse.

Les sarcophages du 6è continent – Album 2 : Le duel des esprits
(2004) : l’arme créée par les Maharadjahs est une machine qui permet d’envoyer l’esprit du maléfique Olrik commettre des méfaits.

Le sanctuaire du Gondwana (2008) : Du lac Victoria au Tanganyika, Mortimer part sur les traces d’une civilisation perdue de l’Afrique noire.

La malédiction des trente derniers (2009) : Le Professeur Mortimer part, avec l’archéologue grec Markopoulos, sur les traces de Judas Iscariote et d’un prêtre chrétien grec du 1er siècle, Nicodemus.

Le serment des cinq Lords (2012) : Un mystérieux personnage en toge blanche vole des antiquités apparemment sans grande valeur tandis que des anciens condisciples d’université de Blake sont assassinés… Construit comme un véritable roman policier anglais pur jus, ce tome est surtout axé sur la personnalité de Francis Blake et sa jeunesse.

L’oncle Septimus
(à paraitre en 2013) : une suite du mythique album La Marque Jaune.

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(1) dont x s’inspirera probablement pour l’adaptation cinématographique de «Chapeau Melon et Bottes de Cuir»
(2) Le 20 février 1987

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 12:18

Quelques idées de repas pour vos fêtes...

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Ca y est, les fêtes de fin d'années sont là, Noël et ensuite la Saint-Sylvestre deux occasions de faire bombance. C'est la course aux cadeaux mais aussi, pour ceux qui reçoivent, la course au repas. Il faut trouver l'idée qui changera de la sempiternelle dinde farcie sans tomber dans la facilité des raclettes et autres fondues bourguignonnes. Voici donc quelques recettes aussi simples à réaliser qu'originales pour les repas de réveillons... Avec un peu d'organisation et de méthode l'on peut cuisiner un repas trois services sans se gâcher la fête et sans se ruiner. Les recettes proviennent de La Toile  Gourmande, un lien sur le nom du plat vous conduira directement sur la recette prévue pour quatre personnes.


En guise d'apéritif...

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Red Pear
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Cosmopolitan

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Cuba Libre

Les entrées

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Bouchée de cuisses
de grenouilles aux poireaux

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Saint-Jacques au Champagne

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Coquilles Saint-Jacques et Gambas
en crème de fumet aux sept épices

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Saté de canard sur
lit de poiraux compotés


Les plats de résistance

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Revisité de dinde de Noël

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Chausson de magret de canard

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Poussin aux raisins

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Mignon de porc aux pommes,
au foie gras et au cidre

Les desserts

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Tarte au citron meringuée

fondants
Fondants aux deux chocolats

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Canelés

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Le Café Liégeois

Je souhaite d'ores et déja d'excellentes fêtes de fin d'année à tous les lecteurs d'Acta Diurna

Source : La Toile Gourmande

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:50

Le Village de Noël de Liège inaugure, ce 30 novembre, sa 25è édition... Un rendez-vous incontournable en Cité Ardente !
  

noel-village.jpgEn 25 années d’existence, le Village de Noël de Liège s’est bien développé, au point de devenir le plus important du royaume, devant même ceux des Cantons de l’Est dont on sait pourtant qu’on attache, là-bas, énormément d’intérêt à la Noël. Chaque année, ce sont plus d’un million et demi de personnes qui viennent déambuler dans les allées du Village de Noël liégeois. Ce qui caractérise le Village de Noël de Liège, c’est qu’il possède un véritable cœur, qui bat au sein de ses artères. Car Liège accueille en fait en son sein un véritable village, avec ses quartiers, les rires joyeux et les querelles gauloises de ses «citoyens» (comprenez : ses exposants), son église avec sa crèche animée par des marionnettes liégeoises, sa mairie noyée dans le pèket et la bonne humeur, et … son Conseil Villageois, chargé d'animer le Village et d'y développer une série d'activités folkloriques typiquement liégeoises.

Durant quatre semaines, à partir de ce 30 novembre, quelque 200 chalets en bois accueilleront le flâneur et leur proposeront des idées de cadeaux (bijoux, santons, jouets, articles à déposer au pied du sapin...), de l’artisanat wallon et français, de la décoration de Noël (boules, guirlandes, crèches, cartes de vœux...), et toutes sortes de bonnes choses de saison à déguster (massepains, salaisons, boudins, vin chaud, bières Christmas, cafés, pèket, champagnes, huîtres, chocolats, pains d'épice...). La grand’roue et la piste de luge seront encore présentes pour contribuer à l’animation du village.

Le Village de Noël s’inscrit dans la dynamique de Liège, Cité de Noël, une opération visant à faire de Liège la capitale latine des festivités de Noël. Dans ce cadre, le Village de Noël collabore avec l’ensemble des commerçants du centre-ville et de nombreuses autres animations de Noël : la Patinoire de Noël, le Festival européen du Cirque, le Festival des Sapins de Noël… Fer de lance de cette opération Liège, Cité de Noël, le Village contribue à attirer sur Liège et sa région un nombre impressionnant de visiteurs belges et étrangers, séduits par cette dynamique de Noël, à la fois moderne dans la variété de ses propositions, et fortement liée au terroir et à la culture du pays de Liège. L’an passé, ce sont plus d’un million et demi de visiteurs qui ont déambulé sur le Village de Noël. On en escompte encore un peu plus cette année…

Des actions pour la 25è édition

Cette année, pour marquer la 25è édition du Village de Noël de Liège, plusieurs événements sont prévus :

* la sortie deux timbres originaux spécial : celui-ci représentera les chalets du village, la piste de luge et le fameux Perron liégeois. Il sera disponible dans le bureau de poste du Village de Noël. Par ailleurs, des cartes de vœux seront également disponibles et être postées, avec le timbre spécial, sur le Village de Noël ; 

* de nouvelles boules de Noël pour la collection : une cotiresse avec son panier de légumes sur la tête, un Gilles de Binche mais aussi le célèbre petit avion de la Place Saint-Lambert viendront compléter la collection de boules du Village de Noël déjà riche d’une vingtaine de pièces;

* un jumelage virtuel avec Marseille;

* une superbe exposition intitulée "Noël en Russie des Tsars" : qui prendra place dans l'ancienne Grand Poste de Liège qui mettra en avant les traditions de Noël de la Russie d'avant la révolution de 1917. Par ailleurs deux chalets aux saveurs russes seront présents sur le Marché de Noël.

* Enfin, le Village de Noël se souviendra, un an après les dramatiques événements du 13 décembre 2011, de la tuerie de la Place Saint-Lambert en soutenant l'association Chaine de Vie, créée par les parents des victimes par l'édition d'un CD dont les bénéfices de ventes seront reversés à l'association.

Le Village de Noël de l’an 2012, dont l’entrée est évidemment entièrement libre, est ouvert du vendredi 30 novembre au dimanche 30 décembre, sur la place Saint Lambert et la place du Marché de Liège, en semaine de 11 à 20 heures, le week-end de 10 à 22 heures. Cette année encore, la région de Gruyère sera à l’honneur. Dans un grand chalet gruérien, les badauds pourront s’offrir une pause restauration montagnarde (pierrades, raclettes,…) ou, sur la terrasse, déguster un vin chaud tout en admirant leurs enfants s’adonner aux plaisirs de la glisse sur la piste de luge à proximité…


A noter que Le Village de Noël de Liège soutient les Restos du Cœur…

Plus d'infos sur le site du Village de Noël


Note du Webmaster : merci à Lidjwè pour sa contribution habituelle dans le cadre du Village de Noël de Liège 

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 11:11

Le Gouverneur de la Province de Liège, le Bourgmestre de Liège et le Président de la RATP ont inauguré, hier, la nouvelle station Liège du métro parisien. L'occasion est belle de revenir sur l'histoire de cette station baptisée en l'honneur de l'héroïsme liégeois.

metro.jpgHuitième arrondissement, Quartier de l'Europe, à mi-chemin entre la Place de Clichy et la Gare Saint-Lazare, non loin du Casino de Paris, au croisement des rues d'Amsterdam et de Liège, sur un petit terre-plein, derrière le kiosque, en face du Tabac de Liège... un escalier descend vers le métropolitain. Station de Liège, nous y sommes ! Une seule ligne - la 13 - passe par ici mais c'est la plus longue de tout le réseau parisien, elle relie Saint-Denis à Montrouge et Chatillon sur un peu plus de 24 kilomètres.

Liège regroupe cinq particularités qui en font une station unique à Paris :


- une particularité architecturale : ses quais ne se font pas face, eu égard à l'étroitesse de la rue d'Amsterdam, en surface, il a été impossible de construire deux quais en vis-à-vis, ils sont donc décalés. Seule la station Commerce présente cette même particularité à Paris;
- une particularité historique : elle a été fermée durant près de 30 ans entre le début de la seconde guerre mondiale et la fin des années soixante;
- une particularité décorative : la station Liège dispose d'une décoration en céramique qui représente des fresques uniques inspirées de la province de Liège;
- une particularité régionale : c'est le seul endroit public de Paris où chacun peut apercevoir le blason de la Province de Liège;
- une particularité sociologique : elle fut l'ultime station de métro parisienne à utiliser les horaires restreints eu égard au faible trafic dans la station. Jusqu'en 2006, Liège fermait ses portes à 20h00 et n'était pas accessible le dimanche et les jours fériés.

Lorsqu'elle fut inaugurée, en février 1911, la station était baptisée Berlin du nom de la rue de Berlin où se trouvait la bouche de métro. A cette époque, la gestion du métropolitain est partagée entre deux sociétés concurrentes, la Compagnie du Chemin de Fer Métropolitain de Paris, qui est la plus importante, et la Société Nord-Sud, à laquelle appartient la station Berlin. 4 août 1914, la première guerre mondiale est déclarée et l'Empire allemand entame sa marche sur Paris. Le 5 août, débute la Bataille de Liège; pour les Allemands, celle-ci est anecdotique car la région n'a pas de défense militaire de poids. Il y a du côté belge quelque 32.000 soldats et 250 canons pour affronter une armée de 240.000 hommes de l'Empire Allemand, bientôt renforcés par une armée de siège de 60.000 hommes. Le siège durera jusqu'au 16 août avec une résistance remarquable des troupes belges placées sous les ordres du Général Leman. Cette résistance héroïque des Belges à Liège a offert 17 jours à la France pour préparer sa défense et regrouper ses troupes aux frontières franco-belge et franco-allemande, en Lorraine, dans les Ardennes et dans la Marne pour protéger Paris. La capitale française est épargnée par les combats, tout juste subit-elle quelques bombardements mais jamais elle ne sera occupée par l'Empire allemand. La station de métro Berlin est fermée le 2 août 1914 tant à cause de son appellation qui rappelle l'ennemi que par la réorganisation des transports en commun suite à la guerre qui s'annonce. Elle sera rouverte le 1er décembre 1914 et rebaptisée, en même temps que la rue de Berlin, station Liège en hommage aux nombreux soldats qui ont perdu la vie lors de la Bataille de Liège qui permit de préserver Paris.

C'est à l'aube du second conflit mondial que l'histoire de la station Liège bascule à nouveau. Pour des raisons socio-économiques liées à la guerre, le gouvernement français prévoit une réduction drastique des services métropolitains. Seules 85 stations sont maintenues en service, à peine un tiers de l'ensemble du réseau. Liège fait partie des stations fermées... La situation restera similaire durant toute l'Occupation de Paris. Après la guerre, les stations rouvrent les unes après les autres, cette réouverture dure 24 ans entre août 1994, la Libération de Paris, et septembre 1968. Liège est la dernière station à rouvrir au public, le 16 septembre 1968, elle sera restée station-fantôme(1) pendant 29 ans. Mais l'évolution démographique de Paris intra-muros étant à la baisse depuis les années '50(2), elle ne rouvre cependant que selon le principe des horaires restreints adaptés à sa fréquentation. Au début des années '80, un lifting de Liège est prévu par la RATP. Dans le contexte d'échanges culturels entre la France et la Belgique, l'idée d'orner les murs de fresques à l'effigie de la Province de Liège est émise et acceptée. Dix-huit fresques représentant des paysages et des monuments liégeois sont comandées à des artistes de Liège, Marie-Claire Van Vuchelen et Daniel Hichter. On y trouve, notamment, le Château de Colonster, le Palais des Princes-Evêques, le circuit automobile de Spa-Francorchamps, le Perron ou le Barage de la Gileppe. Les céramiques qui constituent ces immenses tableaux viennent de Welkenraedt, une localité située au nord-est de la Province de Liège. Les fresques, en couleurs côté nord et en bichromie bleue côté sud, sont inaugurées en 1982. La nouvelle décoration de la station est complétée par l'ajout, à l'entrée de chaque quai, d'un blason de la Province de Liège.

Si Paris connait une importante chute démographique à partir des années '50, le Quartier de l'Europe, où se trouve la rue de Liège, voit sa population augmenter. Les espaces de bureaux sont progressivement remplacés par des espaces d'habitations. Cela entraine une forte augmentation des déplacements (surtout professionnels, les gens quittent leur habitations pour aller travailler dans d'autres quartiers) qui se répercute sur l'utilisation des stations de métro alentours, Clichy, Europe et, bien entendu, Liège. Celle-ci est l'ultime station qui applique les horaires restreints au grand dam des habitants du Quartier de l'Europe qui, à grands coups de pétitions et de manifestations, obtiennent la fin de cette pratique désuète le 4 décembre 2006...

Depuis hier, la station Liège connait une nouvelle évolution. Les deux artistes qui ont réalisé les fresques sontt mis en évidence, ils avaient curieusement été oubliés en 1982, mais un espace encore non décoré de la station a servi aussi de champs artistique à un autre artiste, Patrick Corillon qui vit entre Liège et Paris. Ce dernier a imaginé deux scènes qui invitent au voayge Paris-Liège. Enfin, un blason de la Province de Liège a été installé dans la salle des billets et un éclairage led a été mis en place.

Le petit plus de l'article


La station Liège et le Café Liégeois... même Bataille !

Je suis toujours amusé de voir les touristes se précipiter, à Liège dans ma bone Cité Ardente, sur le fameux Café Liégeois, ce dessert à base de glace à la vanille ou au moka et de café expresso. Je ris aussi lorsque je vois inscrit sur certaines vitrines de restaurant "Ici véritable Café Liégeois"... Je ris à l'idée de ces gens qui sont persuadés de déguster une spécialité typique, inventée à Liège, et qui n'est, en fait, qu'un Café Viennois rebaptisé. Lors de la première guerre mondiale, Vienne était la capitale de l'Empire Austro-Hongrois qui faisait partie de la Triple Alliance aux côtés de l'Empire Allemand, de l'Empire Ottoman et de la Bulgarie. Vienne était donc une ville ennemie de Paris où le Café Viennois était très à la mode au début du vingtième siècle. Le Café Viennois fut donc débaptisé en 1914 et renommé Café Liégeois en hommage à la résistance du front liégeois. Le Café Liégeois tient donc son nom de son homologue viennois qui était en vogue à Paris à un mauvais moment de l'histoire contemporaine... un peu, finalement, comme la rue de Liège et sa station de métro !

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(1) ndlr c'est ainsi que l'on nommaient les stations fermées au public entre 1939 et 1968
(2) Paris comptait 2,7 millions d'habitants en 1900; 2,9 millions en 1920; 2,85 millions en 1955; 2,3 millions en 1975 (on constate donc la perte de 500.000 habitants entre 1955 et 1975) et 2,2 millions en 2008 (source INSEE 2008)

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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