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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 16:56

78 dates pour voir, revoir ou découvrir The Wall

 

pink.jpgPink Floyd, une véritable institution du rock ! Groupe psychédélique par excellence, novateur et exceptionnel sur scène, Pink Floyd était la référence musicale ultime des années 70, le meilleur de son activité se situant même précisément entre 1968 (après le départ du trop instable Syd Barrett) et 1981 époque à laquelle sont sortis des perles comme More (1969), Atom Heart Mother (1970) qui contient une plage éponyme de 23 minutes d’un rock avant-gardiste, accompagnée par un orchestre symphonique, dans laquelle on retrouve des expérimentations sonores qui ont fait la griffe de Pink Floyd, Meddle (1971), avec le fabuleux titre One of these days, et finalement le carré musical composé de The Dark side of the Moon (1973), Wish you were here (1975), Animals (1977) et The Wall (1979).

The Dark side of the Moon reste dans le top 200 américain des meilleures ventes pendant… 741 semaines consecutives; 14 ans et trois mois de présence c’est inégalé ! Lorsque sort l’album The Wall, à la fin de l’année 1979, la critique est fabuleuse, on crie même au génie… ce n’est pas exagéré ! The Wall raconte, à travers ses 26 titres (c’est un double album) une vraie histoire, celle de Pink et de ses oppressions, mais c’est aussi la vision de Roger Waters et David Gilmour du mur qui sépare l’artiste de ses fans ou encore l’isolement de l’individu par rapport à la société. Alors que l’album est plébiscité tant par la critique que par le public, une tournée est mise sur pied, elle ne compendre finalement que peu des villes différentes (mais dans certaines villes, il y aura beaucoup de dates… 31 à L.A., par exemple !) à cause de la logistique inhérente au show. Véritable opéra-rock, The Wall méritait une tournée hors norme ; les concerts de la tournée mondiales sont surdimensionnés Pink Floyd entre dans la légende. Au fur et à mesure de la tournée, un mur géant se construit sur scène… Gilmour et Waters voulaient que les spectateurs assistent autant à une représentation théâtrale qu’à un concert rock.

The Wall 2010-2011
 
 
 

L’expérience scénique de The Wall avait été rééditée par Pink Floyd, dix ans après la tournée exceptionnelle ; C’était en juillet 1990, sur la Potsdamer Platz de Berlin. Il s’agissait, alors, de commémorer le premier anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Voici quelques jours, Roger Waters annonçait qu’il remontait une tournée The Wall à travers les Etats-Unis et l’Europe. Ce ne sera certainement pas aussi démesuré qu’il y a trente ans mais ce n’en sera pas moins un grand moment de musique, un rendez-vous avec l’histoire du rock. «La musique et les paroles de la nouvelle tournée seront fidèles aux précédentes, mais c’est l’interprétation qui sera différente a précisé Roger Waters lors de la conférence de presse d’annonce de la tournée, à Londres. Une tournée qui débutera en septembre 2010, à Toronto, et parcourra les Etats-Unis jusqu’au 13 décembre avant d’arriver en Europe. 50 dates en Amérique et 28 dates en Europe… 78 dates pour un rendez-vous historique ! Les dates du 27 et du 28 mai 2011 sont d’ores et déjà confirmées pour le Sportpaleis d’Anvers.

Réservations =>
Go for Music

Et si d’aventure les deux concerts d’Anvers sont complets (les places devraient partir comme des petits pains), The Wall Live sera à portée de train, à Londres, du 11 au 17 mai, et à Bercy le 30 mai…

 

Roger Waters avait souhaité réunir Pink Floyd pour ce projet mais le décès, en septembre 2008, de Rick Wright et le refus de David Gilmour ont empêché cette reformation. Waters sera donc accompagné de Garahm Broad (Batterie), Dabe Kilminster, Snowy White et G.E. Smith (guitares), John Carin et Harry Waters (claviers) et Robbie Wyckoff (chant). Je pointerais le regret de ne pas avoir sur scène Nick Mason, le batteur éternel de Pink Floyd, qui est aussi le seul membre présent dans le groupe de son origine à son implosion... Sa présence eut été un plus à cette tournée !

 

Toutes les dates de The Wall Live 2010-2011 


 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 13:15

Liège possède neuf tableaux de maîtres qui font partie de ce que les Nazis ont appelé Art Dégénéré.

iuiu.jpgDans les années trente, après son accession au pouvoir en Allemagne, le parti nazi a décidé de bannir toute forme de peinture qui s’éloignait des canons de la beauté classique. Ainsi, toute toile, tout style pictural qui déviait de la norme prescrite était systématiquement taxé d’art dégénéré. C’est Joseph Goebbels qui inventa ce terme d’art dégénéré pour qualifier les œuvres qui ne correspondaient pas aux critères esthétiques et idéologiques nazis. L’objectif de cette théorie à tout le moins idiote était de défendre l’idée d’une culture européenne déclin et de promulguer une culture raciale. Par opposition à l’art dégénéré, les Nazis vantaient la beauté classique de l’art héroïque qualifié aussi d’art racial pur… Plusieurs expositions d’art dégénéré ont été organisées dans l’Allemagne nazie, parmi les toiles les organisateurs glissaient des dessins faits par des handicapés mentaux afin de démontrer, selon eux, la dégénérescence de l’art moderne.

Parmi les artistes dégénérés, le Troisième Reich pointait, notamment, Picasso, Chagall, Kandinsky, Kokoschka, Munch, Klee, Gauguin, Pascin, Ensor, Nussbaum… De façon générale, tout ce qui émargeait au Cubisme, au Surréalisme, au Dadaïsme, au Fauvisme et même à l’Impressionisme devait être considéré comme dégénéré. Par la suite la politique culturelle nazie s’est étendue à la musique, à la littérature et au cinéma c’est ainsi que des compositeurs comme Bela Bartok ou Arnold Schönberg mais aussi le jazz et le swing naissants en Europe ou encore les cinéastes Fritz Lang, Billy Wilder ou Max Ophuls furent déclarés dégénérés.

Beaucoup de toiles et d’œuvres dites dégénérées ont été brûlées dans des autodafés mais plusieurs toiles ont été conservée par le régime nazi car elles possédaient une valeur marchande intrinsèque importante. En 1938, une Commission chargée de gérer l’exploitation des œuvres dégénérées a même été créée par le Gouvernement d’Hitler. Le 30 juin 1939, le régime nazi organise, à la Galerie Fischer à Lucerne, en Suisse, une vente aux enchères de plusieurs toiles de maîtres au prétexte que cet art dégénéré est incompatible avec l’idéologie et l’esthétique nazies. La motivation réelle est, évidemment, de lever des fonds pour financer les projets d’extension d’Adolf Hitler. En 1938, l’Allemagne a annexé l’Autriche, en mars 1939 c’est la Tchécoslovaquie qui a été envahie alors que la Pologne, début septembre 1939, sera le prochain pays annexé.

De très nombreuses grandes villes européennes font montre d’un réel intérêt pour la vente aux enchères de Lucerne où seront vendues quelque 126 toiles. Xavier Neujean, alors Bourgmestre de Liège, décide de débloquer des fonds pour permettre à la Ville de Liège de participer aux enchères. Grâce à Jules Bosmant, homme de lettres et conservateur de musée, des fonds privés viennent renforcer la somme publique. C’est, au total, un million de francs de l’époque qui sont disponible pour aller à Lucerne. 35% de la somme sont fournis par la Ville de Liège, 30% par l’Etat et 35% par des mécènes privés regroupés sous le nom des Amis des Musées de Liège. «La délégation liégeoise en Suisse est composée d’Auguste Buisseret, de Jacques Ochs, directeur de l’Académie et conservateur du Musée des Beaux-Arts, d’Olympe Gilbart, conseiller communal libéral et professeur d’histoire de l’art à l’Université, et d’Eugène Beaudouin, chef de division à l’administration communale et directeur du Service d’Aide aux Artistes. Ils sont accompagnés d’Emmanuel Fischer, directeur du Contentieux à l’Azote, représentant des mécènes et responsable des sommes avancées» peut-on lire sur le site du
BRAFA

Pour la modique somme de 100.000 francs, dix fois moins que la somme autorisée, la Ville de Liège se porte acquéreur de neuf toiles de maîtres :

La Famille Soler
, de Pablo Picasso, peut-être le plus connu de tous, une huile sur toile de 150 x 200 cm, peinte en 1903, en pleine Période Bleue. Ce tableau représente une riche famille espagnole autour d’un pique-nique champêtre.

La Maison Bleue
, de Marc Chagall, une huile sur toile de 66 x 97 cm, peinte en 1920. Cette toile représente une vue surréaliste de sa ville de naissance Vitebsk.

Le Sorcier d’Hiva Oa
(aussi appelée La Marquise à la Cape Rouge), de Paul Gauguin, une huile sur toile de 92 x 73 cm, peinte en 1902. Dans cette œuvre, Gauguin évoque la capture d’un oiseau, le Porphyrio Papae, un perroquet de Tahiti.

Chevaux aux Pâturages
, de Franz Marc, une tempéra (procédé de peinture utilisant le jaune d'œuf comme médium pour lier les pigments) sur papier, collée sur du carton de 61,5 x 82 cm, peinte en 1910. Dans cette œuvre, Marc tente de montrer l’harmonie entre la nature, l’animal et les tonalités des couleurs.

Le Déjeuner
, de Jules Pascin, un huile sur toile de 81 x 65 cm, peinte en 1923. Issue de la Période Nacrée de Pascin, cette toile illustre le monde des prostituées cher à l’artiste.

Portrait de jeune fille
, de Marie Laurencin, une huile sur toile de 65 x 54 cm, peinte en 1924. Connue surtout pour ses aquarelles, Laurencin s’est attachée à dépeindre la femme tout au long de son œuvre. Cette toile à l’huile repose sur une palette de couleurs restreinte et joue sur les dégradés.

Monte Carlo
, de Oskar Kokoschka, une huile sur toile de 73 x 100 cm, peinte en 1925. Kokoschka offre une vue plongeante de la baie de Monte Carlo où il séjourna durant son périple européen dans les années vingt.

Le Cavalier sur la Plage
, de Max Liebermann, une huile sur toile de 46 x 55 cm, peinte en 1904. Cette toile impressionniste est la première d’une série de quarante autour du même thème de l’homme à cheval sur la plage.

La mort et les masques
, de James Ensor, une huile sur toile de 79 x 100 cm, peinte en 1897. Ensor met en peinture le superbe poème Pierrot de Paul Verlaine qui évoque la mort.

Ces neuf toiles exceptionnelles font partie de la collection permanente du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (MAMAC) de Liège. Leur acquisition serait quasiment impossible financièrement, elle le fut, en 1939, grâce à la bêtise des Nazis qui jugèrent l’art moderne comme dégénéré et qui n’accordaient aucun crédit aux plus grands artistes peintres du 20è siècle ! Le MAMAC envisage d’ailleurs une prochaine exposition sur le thème «Les Poubelles du Troisième Reich» pour lancer le CIAC (Centre International d’Art et de Culture) qui devrait être la future appellation du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain liégeois…

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 09:19

Au British Museum, une approche originale et éducative de la santé en Grande-Bretagne

 

bm.jpgJe rentre de Londres où j’ai passé, comme à chaque fois que je franchis le Chunnel, un excellent moment. Londres est une Cité hétéroclite, véritable régal pour les amateurs de culture et de cultures. Comme chaque fois que je passe par Londres, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller zoner au British Museum. J’adore cet endroit qui abrite l’une des plus belles collections d’art et de culture du monde. Et comme chaque fois que j’y passe je ne comprends que ce musée, parmi les plus prestigieux qui soient au monde, puisse être totalement gratuit et qu’il faille débourser 7 ou 8 euros pour entrer au Louvre, à Orsay, ou au Musée d’Art Moderne de Bruxelles. Les Anglais ont davantage compris l’importance de la culture que nous, la gratuité des musées londoniens en est une belle confirmation.

J’ai donc flâné au premier niveau du British pendant une paire d’heures ce qui m’a permis de découvrir un grand espace intitulé Cradle to grave by pharmacopoeia. Il s’agit d’une exposition permanente qui met en lumière le nombre moyen de médicaments pris par un citoyen britannique du berceau au tombeau (cradle to grave). C’est impressionnant car ce nombre médian de médicaments est effectivement mis sous verre dans une armature d’une dizaine de mètres de long sur un mètre de large. Cradle to grave by pharmacopoeia tente une approche un peu décalée de la santé en Grande-Bretagne. Une double ligne du temps qui symbolise la vie d’une femme et celle d’un homme. Quelque 14.000 pilules, comprimés ou autres cachets se trouvent ainsi exposés sur chacune de ces lignes temporelles… 14.000 c’est le nombre de médicaments divers «consommé» par Anglais, de la naissance à la mort. Cela va de médicaments communs à l’homme et à la femme, des simples vitamines aux antidouleurs en passant par les antibiotiques, jusqu’aux médicaments féminins comme la pilule contraceptive ou les traitements hormonaux liés à la ménopause. Les plaquettes de l’exposition expliquent que la consommation pharmaceutique se divise en deux axes bien distincts : l’axe des médicaments que l’on prend de façon ponctuelle, pour combattre un mal de tête ou pour éliminer une grippe par exemple ; l’axe des médicaments que l’on doit prendre à partir d’un moment donnée et jusqu’à la mort, pour compenser une insuffisance cardiaque ou pour contrer un diabète par exemple. Lorsque les deux axes sont additionnés, on arrive à une moyenne de 14.000 médicaments ingurgités sur une vie.

Pour humaniser cette litanie de médicaments, les lignes du temps sont jalonnées de photographies familiales qui illustrent des événements banals (fête d’anniversaire, repas de famille,…) et d’objets personnels (pacemaker, seringue hypodermique, tigettes diabète…) qui ont une influence directe sur la vie et donc la santé.

A voir si vous passez par Londres
Cradle to grave by pharmacopoeia
Au British Museum
Département Ethnologie, pièce 24 : Vie et Mort
Metro : Tottenham Court Road

NB
: cette visite totalement gratuite peut-être cumulée avec le musée du Royal London Hospital, dans quartier de Whitechapel, qui présente une superbe collection d’objets liés à la pratique de la médecine et à la santé depuis la création de l’hôpital, au 18è siècle, jusqu’à nos jours… Cette visite est elle aussi totalement gratuite.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 10:01

Un documentaire complet et bien ficelé sur The Doors, le mythique groupe des années ’60 et la contre-culture de cette décennie.

 

I2The Doors, un nom qui claque comme une porte au vent de la révolte pacifique des sixties. Jim Morrison, Ray Manzarek, Robby Krieger et John Densmore, quatre noms qui font partie de la légende du rock. A l'origine des Doors, il y a Les portes de la perception, d'Aldous Huxley, un ouvrage dans lequel l’auteur britannique raconte son expérience de la mescaline et d'autres drogues hallucinogènes.

  

 

Tom DiCillo leur consacre un documentaire de qualité qui est sorti hier dans les salles de cinéma. Pourquoi un documentaire sur un groupe, mythique certes, mais qui a disparu depuis bientôt quarante ans ? se sont écriés certains. Etait-ce utile ? Non mais c’est pour ça que c’était une bonne idée… Et puis les légendes sont intemporelles ! Un autre argument de poids pour justifier, si besoin en est, la réalisation de ce document est qu’aujourd’hui une grande part de la population connait les Doors à travers l’œil de la caméra d’Oliver Stone… Un bon film, sans plus, qui a déjà quasiment 20 ans et qui s’attardait trop sur la personnalité charismatique de Jim Morrison. When you’re Strange, le documentaire de DiCillo, est plus nuancé ; il s’attarde davantage sur la personnalité des quatre membres du groupe et sur l’osmose qui existait entre eux. Uniquement bâti sur des images d’archives, dont beaucoup d’inédites qui appartiennent à Manzarek, Krieger et Densmore, le film est aussi un excellent témoignage de la décennie paradoxale des sixties aux Etats-Unis oscillant sans-cesse entre guerre du Vietnam et pacifisme, entre consommation de masse et contre-culture, entre libéralisme et mouvement hippie…

 

 

A travers quantités de documents d’époques reliés entre eux par une narration, Tom DiCillo retrace la fulgurante ascension des Doors, depuis la rencontre de Jim Morrison et Ray Manzarek, en 1965, sur la plage de Venice Beach, jusqu’à la mort du Lizard King dans une baignoire (c’est la version officielle) parisienne, le 3 juillet 1971. Le désert, lieu d’isolement et d’expériences hallucinogènes cher à Morrison, sert de fil conducteur au film. Une grande part repose sur des images privées tournées par Paul Ferrara, un ami de Jim Morrison, dans le désert californien en 1970. Mais DiCillo n’en n’oublie pas pour autant les trois autres membres du groupe. Il ne faut pas oublier, et c’est souvent le cas lorsque l’on parle des Doors, que derrière la personnalité extraordinaire, voire extravagante de Morrison, il y a le professionnalisme de Manzarek, la virtuosité de Krieger qui peut, sur sa Gibson SG bordeaux, tout jouer du flamenco au rock en passant par le blues, le jazz ou la bossa nova, et Densmore, le métronome du groupe qui assure, sur scène, le tempo des phases théâtrales durant lesquelles se succèdent les poèmes et incantations de Jim Morrison… The Doors c’était bien plus que Jim Morrison, c’était l’osmose parfaite de trois musiciens et d’un chanteur faits pour se rencontrer et franchir, ensemble, les portes de la perception d’un réel bien trop ancré dans les mentalités américains du début des années soixante.

 

 

Ajoutons qu’en grand fan des Doors, Johnny Depp a accepté d’être le narrateur du film.

 

When you’re Stange

 De Tom DiCillo

 

Sortie en sale le 9 juin 2010

 

 

 

Site officiel de When you’re strange 

 

 

 

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 09:27

Dictionnaire des personnages populaires de la littérature des XIXè et XXè siècles

 

litte.jpgVoici un recueil intéressant et ludique que tout amateur de littérature se devrait de posséder dans sa bibliothèque. D’aucuns diront qu’un dictionnaire est tout l’inverse de la littérature populaire, le premier est un spicilège de termes froidement alignés dans une enfilade alphabétique tandis que la seconde est une ensemble de mots agencés de façon à construire une histoire passionnante, dramatique et vivante. Mais l’ouvrage imaginé par Stéphanie Delestré et Hagar Desanti, deux Docteur ès-lettres français, parvient à unir ces deux genres. C’est une véritable galerie de portraits des personnages les plus populaires de la littérature des deux derniers siècles écoulés. Ainsi, au fil des pages apprend-on - ou réapprend-on – à connaitre des héros comme Lady Chatterley, Fifi Brindacier, le Capitaine Achab, Sherlock Holmes, Julien Sorel, Zazie, Gatsby, Robin des Bois et une nonantaine de leurs confrères issus de l’imagination fertile d’écrivains tels que Stendhal, Dumas, Verne, Lindgren, Melville, Conan-Doyle, Lawrence, Fitzgerald, Saint-Exupéry, Tolstoï ou Hugo…

Evidemment, la liste est loin d’être exhaustive, elle n’aurait pas pu l’être tant les personnages de la littérature sont nombreux mais avec cette galerie de cent protagonistes parmi les plus populaires, les concepteurs du dictionnaire offrent un panel opportun. L’idée prend encore une dimension supérieure lorsque Delestré et Desanti demande à cent auteurs actuels de brosser ces portraits de personnages littéraires des 19è et 20è siècle. Ainsi, par exemple, Amélie Nothomb évoque la Cosette des Misérables ; l’écrivain congolais Alain Mabanckou présente Tarzan tandis que Jean-Bernard Pouy, plutôt connu pour écrits teintés à l’humour noir, s’attarde sur le portrait de Flicka… «Toute la magie de l'ouvrage tient dans cette association : plutôt que de parcourir des textes universitaires, les personnages prennent vie sous une nouvelle plume, moderne, la souplesse du cadre permettant aux auteurs de prendre quelques libertés stylistiques sans que cela nuise au contenu purement informatif du dictionnaire, qui reste un outil précieux» écrit d’ailleurs Anne Escoffier dans sa critique sur evene.fr. Chaque écrivain forme un couple avec son personnage, pour des raisons variées : traduction, évidence de l’association momentanée, affinité personnelle, curiosité ou défi. Tous s'attachent à faire revivre un personnage romanesque parmi les plus marquants, à rappeler sa genèse et ses aventures, à jauger sa postérité servant, par la même, une passion évidente pour la littérature.

Tous les portraits du Dictionnaire des personnages populaires de la littérature des XIXè et XXè siècles débutent par la date de la première apparition du personnage, un extrait de texte, son portrait par un auteur contemporain et le renvoi éventuel à d’autres notices. Des articles thématiques (sur les aventuriers, les bagnards, les femmes fatales,...) complètent l'ensemble.

Cette ouvrage me rappelle, toute proportion gardée, les fameuse encyclopédies Lagarde et Michard qui regroupaient des biographies et des textes choisis d'auteurs français, accompagnés de notes, de commentaires et de questions et dont nous nous servions à l’école secondaire pour aborder la littérature. Aujourd’hui, le Dictionnaire des personnages populaires de la littérature des XIXè et XXè siècles, tel la Madeleine de Proust, nourrit mes souvenirs littéraires

A l’heure où la littérature tombe en désuétude dans les cursus scolaires, alors que nos adolescents ne savent plus qui sont Victor Hugo, Jean-Paul Sartre, François Villon, Edgard Allan Poe, John Steinbeck, Jean-Jacques Rousseau ou Guillaume Apollinaire, il serait opportun que les enseignants se servent de ce Dictionnaire des personnages populaires de la littérature des XIXè et XXè siècles afin de sauver ce qui peut l’être et d’inculquer à leurs étudiants un minimum de connaissances littéraires sans lesquelles on peut, certes, vivre mais avec lesquelles la vie est tellement plus aboutie !

Dictionnaire des personnages populaires
de la littérature des XIXè et XXè siècles

Sous la direction de Stéphanie Delestré et Hagar Desanti
576 pages
ISBN : 9782020971621
Prix conseillé : 29,00€

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 09:48

En 1979, des amateurs remportaient le championnat de Belgique de football. Une belle histoire qu'on ne risque plus de revoir aujurd'hui dans un sport devenu business...

 

bevereJe ne suis plus fan de foot depuis bien des années, je ne saurais même plus dire depuis quand je n’ai pas vu un match en entier… Je pense que cela devait être la finale de la Coupe du Monde 2006 durant laquelle Zidane à confirmé tout le mal que je pense désormais de ce sport. Depuis l’avènement de la Ligue de s Champions avec sa manne à pognon et depuis l’entrée en vigueur de l’arrêt Bosman qui a été le fossoyeur de bien des petits clubs, je ne trouve plus aucun intérêt à ce sport devenu business. Pourtant j’en ai couvert bien des matches, depuis la provinciale jusqu’à la Coupe d’Europe, lorsque je noircissais les pages sportives de feue La Wallonie. Mais aujourd’hui, je trouve le football gangréné – comme bien d’autres sport-business d’ailleurs – par l’argent , le racisme ou le comportement des supporters et, décidément, je n’y trouve plus aucun attrait !

Je suis, je le concède volontiers, un nostalgique, voire un passéiste, du football. Oui je le dis, le foot c’était mieux avant ! Je garde en mémoire des images d’un sport populaire qui regorgeait de joueurs vraiment doué comme Maradona, Beckenbauer, Pelé évidemment, Charlton, Best, Zico, Eusebio ou, pour moi le plus génial de tous, Cruyff. Aujourd’hui, la Ligue des Champions a transformé en stars du ballon rond des types qui n’ont pas le quart du talent de ceux que je viens d’évoquer. L’exemple de l’équipe nationale belge vient conforter cette réalité. Désormais les Diables Rouges disposent de vedettes internationalement reconnues comme Kompany, Fellaini, Van Buyten, Mirallas ou autre Vandenborre mais ils sont incapables de réussir le moindre bon résultat. Ils ont plus de reconnaissance que leurs aînés et pourtant ils sont loin d’avoir le talent de Ceulemans, Gerets, Vandenbergh, Jurion, Van Himst ou Lambert… Cela résume tout le football actuel.

Je suis un nostalgique disé-je donc et le quotidien La Dernière Heure/Les Sports vient, à travers son supplément sport du week-end, de me replonger dans une histoire remarquable qui remonte à trente ans déjà : le premier titre de champion du SK Beveren. En mai 1979, les Waeslandiens conquéraient le titre au nez et à la barbe d’Anderlecht et du Standard. Qu’un «petit poucet» gagne un championnat national cela arrive parfois, c’est toujours une belle histoire mais le petit plus du sacre beverenois est que cette équipe était composée de joueurs amateurs qui avaient quasiment tous un boulot en activité principale.

Et c’était probablement cela la force du SK Beveren en 1979, on ne s’y prenait pas au sérieux et on savait ce qu’aller au charbon voulait dire. Jean Janssens, le capitaine, était docker au port d’Anvers, d’autres étaient magasiniers ou employé d’administration, le grand Bob Stevens était ingénieur… c’était l’intello de la bande. Seuls le buteur allemand Erwin Albert, l’autre attaquant teuton Karl-Heinz Wissmann et le feu follet hollandais Wim Hofkens étaient des professionnels du ballon rond. Même le gardien de but d’alors, un certain Jean-Marie Pfaff qui allait devenir une vedette internationale (et meilleur gardien du monde en 1987) en défendant les buts du prestigieux Bayern Munich, n’était encore qu’un modeste employé de tri postal. Ces gars faisaient leur journée de boulot et allaient ensuite s’entraîner deux heures le soir avant d’affronter, le dimanche après-midi, les clubs de pointe belges d’où regorgeaient les meilleurs joueurs du pays : Anderlecht (François Van der Elst, Robbie Rensenbrink, Franky Vercauteren, Ludo Coeck, Benny Nielsen…) et le FC Bruges (Jan Ceulemans, Raoul Lambert, Jan Sorensen, Birger Jensen…) qui tutoyaient alors les Grands d’Europe ou le Standard (Eric Gerets, Asgeir Sigurvinsson, Michel Preud’homme…). En cette saison 1978/1979, Beveren parvint même à se mettre sous les feux des projecteurs européens en accédant en demi-finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe où il faudra le FC Barcelone pour sortir les petits Waeslandiens. Avant de tomber face au Barça de Krankl, Rexach et Neeskens, futur vainqueur de l’épreuve, le SK Beveren avait éjecté de la compétition Ballymena, Rijeka et, surtout, l’Inter Milan.

1979 : l’année d’or des prolos du foot


Des prolétaires du foot, sans aucune connotation péjorative, voila ce qu’étaient les joueurs de Beveren à l’époque. Ils formaient un groupe soudé qui allait marquer, pendant deux saisons, le football belge. Le SK Beveren, fondé en 1934, est une équipe moyenne qui végète entre la troisième division et le niveau provincial jusqu’en 1966. Sous la houlette d’un joueur exceptionnel nommé Wilfried Van Moer, qui évoluera ensuite au Standard, Beveren accède à la deuxième division. Un an plus tard, en 1967, l’équipe entrainée par Guy Thys, futur coach des Diables Rouges de la grande époque (1979-1989) accède à la première division et parvient même à se qualifier, en 1969, pour la coupe d’Europe où elle élimina Vienne et Valence avant de chuter contre Arsenal. Hélas, si Beveren brillait sur la scène européenne, il ne put éviter la descente en D2 au terme de la saison 69/70. Il ne faut attendre qu’un seul exercice pour retrouver les Jaune et Bleu parmi l’élite ; en effet grâce à son jeune gardien de but, Jean-Marie Pfaff, notamment, Beveren remonte en 1971.

L’équipe se construit autour de jeunes joueurs de la région comme Pfaff, Baecke, Cluytens, Coninckx, Buyl ou Stevens encadrés par des joueurs plus chevronnés comme Van Genechten et Janssens mais aussi par quelques renforts de poids comme le milieu hollandais Wim Hofkens. Sur le terrain, l’équipe est dirigée de main de maître par un petit joueur allemand totalement inconnu ; Heinz Schönberger qui était ouvrier chez Combori, le sponsor principal du club. En 1978, ce groupe hétéroclite remporte la Coupe de Belgique au détriment de Charleroi grâce à des buts de Coninckx et Stevens. Cette victoire ouvre les portes de la Coupe des Vainqueurs de Coupe à Beveren qui y réussira, en 1979, le parcours que l’on sait.

Le championnat 1978/1979 sera celui du sacre pour le Sport Kring Beveren. L’équipe est restée la même, seuls les deux attaquants allemands Erwin Albert (venu de son pays natal) et Karl-Heinz Wissmann (en provenance du RWDM) renforcent le groupe qui est toujours confié à l’entraîneur Robert Goethals, lui-même enseignant, qui parvient à tirer le meilleur de chacun de ses joueurs. «L'équipe était bien balancée: une réelle touche technique dans le chef de Schönberger par exemple, un physique avéré, le tout baignant dans une ambiance exceptionnelle. Entre toutes les composantes d'un groupe en apparence disparate, l'osmose était totale. Nous n'avions pas de secret sinon que ce Beveren-là illustrait à merveille l'expression courante aujourd'hui de team building(1) se souvenait d’ailleurs le coach beverenois voici quelques années. Au terme de la saison, Beveren remportait son premier titre de champion de Belgique avec quatre points d’avance sur Anderlecht.

Que faisaient-ils en plus de jouer au foot ?


Les principaux artisans du sacre de Beveren, en 1979, étaient donc pour la plupart des amateurs passionnés de foot qui avaient un boulot dans la vie de tous les jours.

- Jean-Marie Pfaff – Gardien : Employé dans un centre de tri postal
- Albert Cluytens – Défenseur : Cantonnier à Anvers
- Eddy Jaspers – Défenseur : Ouvrier du bâtiment
- Freddy Buyl – Défenseur : Gérant d’une société d’informatique
- Paul Van Genecheten : Défenseur : Pompier
- Marc Baecke – Défenseur : Magasinier
- Wim Hofkens – Milieu : Professionnel
- Heinz Schönberger – Milieu : Magasinier
- Johan Coninckx – Milieu : Ouvrier
- Rudy Van Goethem – Milieu : Concierge d’école
- Erwin Albert – Attaquant : Professionnel
- Bob Stevens – Attaquant : Ingénieur chez Electrabel
- Jean Janssens – Attaquant : Docker à Anvers
- Karl-Heinz Wissmann – Attaquant (mais qui ne joua que 9 matches) : Professionnel

Anecdotes


* En tant que pompier, Paul Van Genechten avait des tours de garde de 48h00. Parfois, ces gardes tombaient le week-end et il venait au stade pour jouer le match du dimanche après-midi alors qu’il n’avait pas dormi depuis deux jours…

* En quart de finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe, lors du match aller à l’Inter Milan (0-0), Bob Stevens a du faire l’impasse. Il n’a pas pu accompagner ses équipiers à Milan, non pas qu’il fut sous le coup d’une suspension mais bien parce qu’il avait épuisé son quota de jour de congé chez Electrabel… Lors du match retour, c’est lui qui marqua l’unique but de la partie éliminant ainsi l’Inter.

* En 1979, le SK Beveren devenait champion de Belgique, atteignit les demi-finales de la Coupe d’Europe ; Erwin Albert décrocha le titre de Meilleur Buteur du championnat tandis que Jean Janssens remporta le Soulier d’Or qui récompense le Meilleur Joueur de l’Année.

Sources :
- Site internet du
SK Beveren
- Supplément Sport de La Dernière Heure (16/05/2009)
- Et puis nous avions Zean-Marie, par MD, in La Dernière Heure/Les Sports, 15/09/2004


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(1) Et puis nous avions Zean-Marie, par MD, in La Dernière Heure/Les Sports, 15 septembre 2004.

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 09:45

En 1980, Bernard Hinault triomphait des éléments pour remporter Liège-Bastogne-Liège

 

hinault.jpgLiège-Bastogne-Liège s’est soldé par une victoire de celui que beaucoup ne voulait pas voir gagner, Alexandre Vinokourov. En effet, le coureur kazakh avait été suspendu pour dopage et n’était revenu à la compétition que depuis août dernier. La suspicion du dopage plane au dessus de ce succès. Mais pourquoi planerait davantage au-dessus de Vinokourov que d’un autre ? En effet, Vino s’est dopé et il a été suspendu. Il a purgé l’entièreté de sa peine et revient à la compétition avec une victoire superbe sur la Doyenne. Aujourd’hui et jusqu’à preuve du contraire, il a payé sa dette à la société sportive et a le droit, comme tout coupable qui a purgé sa peine, à se relancer. Mais voila, la victoire du coureur d’Astana fait couler plus de fiel de d’encre journalistique.

La course d’hier contraste sérieusement avec celle de 1980 lorsque la presse était dithyrambique quant à la fabuleuse victoire de Bernard Hinault, sous la neige. Et il est vrai que ce 20 avril 1980, le Blaireau avait accompli un exploit comme seul le cyclisme est capable de nous en offrir.

Lorsqu’ils ouvrent les yeux ce dimanche 20 avril 1980, les 174 coureurs qui doivent prendre le départ de Liège-Bastogne-Liège n’en croient pas leurs yeux. Le paysage est recouvert d’un important manteau neigeux. Dans la province du Luxembourg, la quasi-totalité des routes que doit emprunter le peloton sont recouvertes d’une dizaine de centimètres de neige. La course aura-t-elle lieu ? Les organisateurs décident que oui et c’est sous un déluge fait de neige et de vent que les coureurs s’élancent du cœur de la Cité Ardente. Le froid est pénétrant et après, à peine, 70 kilomètres de course 114 cyclistes ont déjà renoncé à braver les éléments. Peu avant midi, le temps s’éclaircit un peu et la température repasse par delà le zéro permettant à la neige de fondre. On n’est pas encore entré dans le vif du sujet qu’il ne reste que trente hommes pour prétendre à la victoire, tous les autres ont posé le pied à terre… La course a pris un retard important sur le plus lent des horaires prévus.

C’est Rudy Pevenage (Ijsboerke) qui est le premier à attaquer. Il compte jusqu’à 2’15’’ d’avance avant d’arriver dans la côte de Stockeu, un des juge de paix de l’épreuve situé à quelque 80 bornes de l’arrivée. Dans Stockeu, Bernard Hinault (Renault-Gitanes) passe à l’ofensive alors que la neige se remet à tomber. Il entraine avec lui le Hollandais Luberding (Ti-Raleigh), l’Italien Contini (Bianchi) et l’Allemand Thurau (Puch). Hennie Kuiper, considéré comme l’un des favoris, chute et ne peut suivre le quatuor parti à la poursuite de Pevenage. En haut de Stockeu, Thurau a explosé et laché prise tandis que l’avance de Pevenage a diminué de près des trois quarts. Quelques kilomètres plus loin c’est la Haute-Levée… Pas le temps de récupérer des efforts de Stockeu. A la pédale, Hinault lâche un à un ses rivaux directs pour revenir sur Rudy Pevenage qui ne peut pas s’accrocher. Le Blaireau s’envole, sous une météo dantesque, vers sa seconde victoire dans La Doyenne.

Harnaché comme un alpiniste – passe-montagne, moufles et anorak - mais avec, paradoxalement, les jambes exposées au vent et à la neige, Bernard Hinault avale les cinquante derniers kilomètres en solitaire creusant, mètre après mètre, un écart exceptionnel. Il termine avec 9’24’’ d’avance sur Hennie Kuiper dont certains disent encore que sans sa chute il aurait pu suivre Le Blaireau. Quoiqu’il en soit, Bernard Hinault a accompli un exploit hors du commun, un exploit surhumain dans lequel il laissa la sensibilité de plusieurs de ses doigts «brulés» par le gel. Pour ne pas laisser plus de forces qu’il n’en fallait, Hinault escaladait les côtes à son rythme avant d’accélérer sur les portions de plat. De façon surprenant, le Blaireau déclara, plusieurs années plus tard, que ce ne fut pas sa victoire la plus dure. En effet, la concurrence étant réduite à peau de chagrin, il ne dut pas puiser trop dans ses réserves pour aller au bout. Quant au temps, Hinault dira que lorsqu’un coureur est en forme, il sait faire abstraction de la chaleur ou du froid pour aller au bout. Ce jour-là, seuls 21 coureurs étaient, semble-t-il, en forme puisqu’ils furent les seuls à franchir la ligne d’arrivée.

Au terme de la course, les journalistes n’avaient que des éloges à offrir au vainqueur sans aucune arrière pensée liée au dopage. En 1980, c’était la passion qui l’emportait ; en 2010 c’est la suspicion !

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 14:09

Où l’histoire émouvante de Waris Dirie, top-model international, victime à l’âge de cinq ans de l’excision… A voir absolument !

imagesCAR8AW4M.jpgSavez-vous qu’aujourd’hui encore, à travers le monde, il y a chaque jour quelque 6000 fillettes qui sont excisées ? Cela fait quatre à chaque minute qui passe… L'excision est une mutilation génitale féminine qui implique l’ablation de la partie externe du clitoris et de son capuchon, souvent accompagnée de l'ablation des petites lèvres et de la suture des grandes lèvres. Véritable mutilation qui débouche souvent sur la mort de la fillette et toujours sur d’atroces douleurs car pratiquée «artisanalement» avec une vieille lame de rasoir usagée, cette tradition séculaire est, maintenant, interdite dans plusieurs pays mais d’autres, comme le Mali, le Soudan, la Somalie, le Bénin, … elle existe toujours. 28 pays africains la pratiquent encore ouvertement. Mais elle se pratique aussi en Europe ou aux Etats-Unis où l’excision est arrivée avec l’immigration.

Waris Dirie est une femme somalienne qui a eu une vie marquée par l’excision. Fille d’une famille nomade, elle a été excisée, à l’âge de cinq ans, comme le veut la tradition de son ethnie. A treize ans, pour échapper à un mariage forcé, elle fuit sa famille et traverse, à pied et seule, une partie du désert pour arriver à Mogadiscio où elle trouve refuge auprès de sa grand-mère. Au bout d’un an, en 1979, elle est envoyée à Londres pour «travailler» comme domestique chez son oncle qui est ambassadeur de Somalie. Là, elle est exploitée pendant quatre années jusqu’à ce que l’oncle ne soit rappelé au pays. Waris Dirie décide de rester dans la capitale britannique où elle tente de se créer une meilleure vie. Sa cousine, le mannequin Imam, a réussi à s’imposer sur les catwalks du monde entier et a défilé pour les plus grands couturiers, c’est ce qui la motive à rester à Londres. De pensions de famille en jobs précaires, de coups du sort en coups de chance, Waris Dirie parvient au sommet en devenant top-model international. Elle est repérée dans le fast-food où elle travaillait comme femme de ménage par le photographe Terrence Donaldson qui a immortalisé les plus grandes rock stars sur pellicule. Celui-ci lance la carrière de Waris Dirie en la faisant, notamment, poser pour le calendrier Pirelli en 1987.

Connue et reconnue, Waris Dirie sera la première femme, au milieu des années nonante, à oser parler ouvertement dans des articles publiés dans Marie-Claire et Vogue de l’excision qu’elle a subie et ainsi attirer l’attention internationale sur cette pratique mutilatrice. Nommée Ambassadrice de bonne volonté par l’ONU, elle va se battre pendant plusieurs années pour faire cesser cette pratique ancestrale barbare. Durant son mandat honorifique de l’ONU, elle parviendra à force d’abnégation à faire interdire l’excision dans une vingtaine de pays. Depuis 2003 Waris Dirie à créer sa fondation afin de poursuivre son combat. Car Waris Dirie refuse de parler d’évolution en ce qui concerne l’excision : «D’évolution, je n’en vois aucune. Je vois seulement des changements qui vont dans la bonne direction, mais ce n’est pas suffisant parce que le problème demeure partout dans le monde. […]Cette pratique doit tout simplement cesser. […] C’est une torture inimaginable. Les femmes en souffrent tout au long de leur vie. Cela me fait mal au cœur d’être encore là à essayer de convaincre la planète que cette terrible pratique a toujours cours alors qu’on devrait y mettre un terme. Immédiatement ! Pas demain, ni après ! Maintenant. Qu’y-a-t-il de si difficile à comprendre dans la souffrance d’une petite fille, d’un bébé mutilé ?»(1)…

C’est l’histoire peu banale et courageuse de Waris Dirie que rapporte l’excellent film Fleur du Désert de Sherry Hormann. Ce film est remarquable d’émotion, il montre, tout en finesse, le dramatique phénomène de l’excision à travers le vécu d’une femme forte qui a eu la chance – c’en est une ! – de survivre à l’excision avant de se hisser au plus haut niveau pour pouvoir attirer l’opinion publique sur cette mutilation génitale féminine. J’ai eu la chance de voir Fleur du Désert, hier soir, en avant-première au cinéma Le Parc, dans le cadre de l’ouverture du Festival ImagéSanté. Je ne peux que vous recommander de le voir ! C’est un moment cinématographique poignant, bouleversant même, qui traite d’un sujet grave que l’on pourrait croire d’une autre époque mais qui est toujours hélas bien d’actualité. Fleur du Désert ne bénéficie pas d’un casting de star mais c’est aussi ce qui en fait sa force, tout comme la manière tout en finesse dont il est tourné. Certes, le montage n’est pas exceptionnel et certaines scènes tirent en longueur. Mais la photographie est superbe et le scénario alterne avec bonheur les moments d’émotion et d’humour. Le plus important restant, sans conteste, le message que Fleur du Désert fait passer, un véritable cri d’alarme sur une pratique qui est loin d’avoir disparu.

Savez-vous qu’aujourd’hui encore, à travers le monde, il y a chaque jour quelque 6000 fillettes qui sont excisées ?

Fleur du Désert
De Sherry Hormann
D’après le roman autobiographique de Waris Dirie
Avec Liya Kebede, Sally Hawkins, Timothy Spall
Sortie belge : 17 mars 2010
Sortie française : 10 mars 2010

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(1) Waris Dirie, la rebelle on Afrik.com , 9 mars 2010

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 11:29

Quand Naranjito racontait l’Histoire de la Coupe du Monde.

11.jpgJe suis – vous l’aviez deviné si vous êtes un assidu d’Acta Diurna – un nostalgique de la télévision. Je le concède et le revendique, oui la télé c’était mieux avant ! Quand elle avait encore quelque chose de magique qui a, aujourd’hui, totalement disparu au profit (c’es le mot juste) d’une commercialisation outrancière. Nous avions déjà évoqué une émission qui a bercé la jeunesse de bien des quadras actuels, Croque-Vacances, qui fit les beaux jours des vacances scolaire sur TF1, entre 1980 et 1987. Aujourd’hui c’est une autre émission de télévision qui est revenue à la surface de mes souvenirs grâce à une chanson, celle du générique, devenue en 2010 un véritable nanar musical… Onze pour une coupe, ce dessin animé vous dit-il quelque chose ? Il s’agit d’un programme qui avait été créé par la télévision espagnole, TVE, à l’occasion de la Coupe du Monde de football, en 1982. L’idée était géniale et reposait sur les aventures de Naranjito - Zeste en français -, la mascotte officielle de la Coupe du Monde. Le concept : Naranjito (Zeste), une orange, accompagné de ses amis Yamatélé (un robot en forme de télévision), Citronnet et Clémentine, jouent au football et simulent une compétition pour la Coupe du Monde en affrontant leur adversaire Fiellock. Celui-ci s'empare alors des documents relatifs aux coupes du monde de football passées, avec l'aide de ses clones. Pour récupérer ces archives officielles de la Coupe du Monde, Naranjito et ses amis, vont voyager dans les divers lieux où eurent lieu les Coupes du Monde de football depuis 1930.

Une idée remarquable, imaginée par Fumio Kurokawa et Maca Recabero, qui permettait aux plus jeunes de découvrir la Coupe du Monde de 1982, en Espagne, mais aussi les onze éditions précédentes à travers un dessin animé mêlé d’images d’archives. Ainsi, au fil des 26 épisodes de Onze pour une Coupe, diffusé sur FR3, avions-nous pu découvrir, notamment, les exploits de Guillermo Stabile, en Uruguay (1930), l’annexion de joueurs autrichiens par l’équipe de l’Allemagne nazie, en France (1938), la défaite de la fabuleuse équipe de Hongrie, en Suisse (1954), la naissance du phénomène Pelé, en Suède (1958), les controverses autour de l’arbitrage pro-Angleterre dont le fameux «but» de Hurst, en finale, qui reste toujours le but le plus contesté de l’histoire du football, en Angleterre (1966), l’extraordinaire finale Brésil – Italie, au Mexique (1970), les dribbles de Johan Cruyff, en Allemagne (1974) ou encore le contexte militaire dictatorial qui entourait l’édition argentine (1978)… Onze pour une coupe fut diffusée à partir de mars 1982 jusqu’en août de la même année pour entourer la Coupe du Monde espagnole qui eut lieu du 13 juin au 11 juillet 1982. La série a été programmée dans plusieurs pays et avait un côté didactique et ludique intéressant. Je dois dire que c’est grâce à Naranjito que j’ai commencé à m’intéresser au football (ndlr et à cause de l’avènement de la Champion’s League que j’ai commencé à m’en désintéressé !). J’ai appris à connaître le foot, ses règles (qui étaient aussi expliquées dans le dessin animé), son histoire et ses grands noms par le biais de Onze pour une Coupe. Mais la série m’a aussi permis de prendre conscience de certains événements du 20è siècle – le nazisme ou la junte militaire argentine, par exemple – qui ont influés sur l’organisation de certaines Coupes du Monde. C’était un programme remarquable qui n’a pourtant jamais eu de suite. Aucun pays organisateur n’a repris l’idée qui pourtant aurait pu être approfondie, affinée et documentée au fil des éditions de cette compétition. Dommage… En cette année de Coupe du Monde, je me dis qu’il eut été bien de faire connaître aux gosses le football, le vrai, celui d’avant la Champion’S League et du business.

Ce matin, en entendant sur je ne sais quelle radio Eric Charden chanter la chanson du générique de cette émission, j’ai replongé dans mon enfance. C’est vrai que la chanson de Charden à mal vieilli, mais heureusement mes souvenirs, eux, n’ont pas pris une ride !

Pour voir ou revoir le générique de Onze pour une Coupe

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 11:00

Les séries médicales sont-elles crédibles ? Avis d'une étudiante en deuxième cycle de médecine.

house.jpgLes séries médicales fleurissent sur le petit écran et elles ont le vent en poupe. De House à Grey’s Anatomy en passant par Private Practice ou Urgences, elles squattent nos salons depuis plusieurs années. Ce n’est pas un phénomène nouveau, comme certains le pensent, non les séries médicales cartonnent depuis cinq décennies. Ainsi, les années ’60 ont vu naître : Marcus Welby, M.D., Days of our lives, DR Kildare ou encore Hôpital Central. Les années ’70 nous offrent l’excellent M.A.S.H. tiré du film éponyme d’Altman. Dans les années ’80 on a eu droit à la série australienne A cœur ouvert mais aussi les américaines Hôpital Saint-Elsewhere, Docteur Doogie ou à l’allemande Clinique de la Forêt Noire. Urgences, La vie à tout prix – Chicago Hope, Docteur Quinn, femme-médecin ont vu le jour dans les années ’90, aux Etats-Unis, tandis que Docteur Sylvestre et La Kiné apparaissaient en France. La décennie en cours surfe sur une vague qui roule depuis plus de 40 ans avec House, Grey’s Anatomy, La vie avant tout, NIP/Tuck ou Private Practice pour ne citer que celles-là. Ce ne sont là que quelques exemples d’une liste non-exhaustive de feuilletons médicaux diffusés chez nous depuis 40 ans.

Mais aujourd’hui, l’Association Américaine de Neurologie déplore la qualité de ces séries. Elle regrette qu’elles n’aient pour seule vocation que d’être divertissantes sans être pédagogique. Il semble, selon plusieurs articles qui sont parus sur le sujet, que ce soit la série Urgences qui soit la plus crédible de toutes. Mais, finalement, une série télé doit-elle être pédagogique ? La question a été posée à Valérie, étudiante en deuxième cycle de médecine à l’ULg qui a déjà fait ses stages en chirurgie et en médecine interne et qui est amatrice de séries médicales.

Acta Diurna : Valérie, allons droit au but, une série médicale doit-elle être pédagogique ?
Valérie : Je vous réponds tout aussi directement : non ! Personne n’apprendra la médecine à travers Urgences ou La vie à tout prix. Par contre, cela peut, je crois, déclencher des vocations, amener des jeunes vers les études de médecins. Mais avant tout, une série ou un film doit faire rêver.

Acta Diurna : On peut rêver grâce la médecine ?
Valérie : Bien sûr, le médecin, et surtout le chirurgien, fait rêver. Il a une sorte de pouvoir sur la vie et la mort et cela fait rêver certaines personnes. L’univers médical n’est pas, sur base de ce que j’en vois, aussi clean et aussi romancé que ne le montre les séries. Et les médecins pas aussi sexys que le Dr Mamour ou le Dr House… Pourtant, on en rêve toutes d’un médecin sexy !

Acta Diurna : Les cas présentés dans les séries sont-ils réalistes ?
Valérie : Ce qui n’est pas réaliste c’est le laps de temps dans lequel les cas sont traités. Je sais qu’il faut condenser pour entrer dans le format de 50 minutes mais, par exemple, dans la série House on tombe sur des cas toujours rares qui sont toujours résolus dans un espace de quelques jours au maximum. On peut aussi dire que les gestes posés ne sont pas toujours crédibles quant aux cas, à proprement parlé, cela dépend des séries. Certaines tablent plus sur la romance que sur le réalisme, d’autres allient les deux. De plus en plus de séries s’entourent de conseillers médicaux pour être crédibles justement. C’est Urgences qui a commencé par avoir recours à cette forme de supervision par des professionnels. Les cas rencontrés aux urgences dans cette série s’apparentent à la réalité de ce que l’on peut croiser aux vraies urgences mais on y voit rarement des cas bénins… Il faut se rendre compte que beaucoup de cas que l’on rencontre aux vraies urgences ne relèvent pas vraiment des urgences. Evidemment, pour romancer une série et la rendre attrayante, les scénaristes ne vont pas forcément évoquer un patient qui vient aux urgences pour un rhume… C’est pourtant parfois le cas ! Non, en fait, pour résumer la situation, je dirais que ces séries montrent des cas réalistes mais rares, c’est plus des cas inhérents à une médecine d’exception qu’à la pratique quotidienne.

Acta Diurna : Les séries médicales ont-elles changé le rapport médecin/patient ?
Valérie : Les patients savent maintenant de quoi on parle lorsqu’on leur dit qu’ils doivent subir une IRM… Mais globalement, je n’ai pas l’impression que les patients se prennent plus pour des médecins parce qu’ils regardent des séries médicales. Le jargon médical continue de les déstabiliser et il reste cette «peur de la blouse blanche», celle qui fait qu’on n’est jamais vraiment tout à fait à l’aise chez le médecin ou à l’hôpital. Par contre, je crois que les séries contribuent à rendre le médecin un peu plus humain pour les patients qui voient, à travers l’écran, des personnes avec une vie derrière leur job.

Acta Diurna : Ces séries ne révèlent-elles pas davantage d’hypocondriaques ?
Valérie : Non, je ne crois pas ! Les hypocondriaques ont toujours existés depuis que la médecine est reconnue.

Acta Diurna : Quel est votre sérié médicale préférée ?
Valérie : House, sans hésiter ! J’aime l’ambiance de la série et l’humour qui s’en dégage. Et puis, House est le médecin que tous les médecins rêvent d’être ! Cynique, envoyant paître certains patients mais tellement incontournable qu’il peut se le permettre…

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