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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 20:59

A la découverte du cœur de la Venise du Nord…

bruges-01.jpgJe rentre d'un agréable séjour à Bruges où j'ai emmené ma chérie pour la Saint-Valentin. Cette ville est extraordinaire, je vous propose donc un city-trip virtuel dans la Venise du Nord.  Bruges est une ville remarquable tant pour son architecture flamande typique que pour sa gastronomie et son accueil… Savez-vous qu’au 14è siècle, Bruges était le centre commercial le plus important d’Europe grâce, surtout, aux tisserands. C’est d’ailleurs là que fut créée, à cette époque, la première bourse du monde, elle était un lieu d’échange et de commerce et avait lieu dans l’auberge de Maître Van der Beurs… C’est d’ailleurs lui qui donna son nom(1) à l’institution financière qu’est devenue la Bourse. Mais c’est sous la domination des Ducs de Bourgogne, au siècle suivant, que Bruges se développa davantage, elle se modernisa et son accès à la mer – via le Zwin – lui conféra sa toute puissance. Bruges était l’égale des grandes villes d’Espagne, d’Italie et de France. Cette situation prospère attisa les convoitises et la Venise du Nord passa successivement sous domination espagnole, autrichienne, française et hollandaise. Mais, ces passations de pouvoirs usèrent l’éclat de la ville qui périclita tant qu’elle manqua, à la fin du 19è siècle, le train de la révolution industrielle… Bruges n’était plus que l’ombre d’elle-même, la paupérisation s’installa ! C’est un livre extraordinaire qui chassera l’ombre qui s’était abattue sur la ville ; «Bruges la Morte», publié en 1893 par Georges Rodenbach, un auteur tournaisien dont la famille s’installa à Gand alors qu’il était minot ! Ami d’Emile Verharen et de Stéphane Mallarmé, Rodenbach présente Bruges et sa misère d’une telle manière, si poétique, que le roman connaît un succès international et que la ville assoupie se réveille. Ce déclic salvateur incitera les autorités brugeoises de l’époque à mettre en avant leur patrimoine culturel et artistique et à s’en servir pour replacer leur cité sur le devant de la scène…

Le long des canaux… Religion, culture et chocolat

La première chose qui frappe à Bruges c’est le mélange parfaitement réussi de l’ancien et du moderne. L’urbanisme y est cohérent et lorsqu’une architecture récente jouxte un bâtiment du 15è siècle, il n’y a pas d’agression visuelle tant le respect des formes existantes et du milieu est fort ! Ensuite, on ne peut qu’être marqué par le calme du centre ville ; la circulation s’y fait selon un sens giratoire et à aucun moment – pas même aux spitshuren(2) - les voitures ne s’embouteillent et ne s’activent dans des concerts de klaxons aussi inutiles qu’énervants… Les nombreuses calèches qui emmènent les touristes ralentissent, en outre, fortement cette même circulation participant ainsi activement au calme urbain ! En partant de la Hooistraat où une kyrielle de charmantes maisons d’hôte offrent un logement de courte durée agréable, on a tôt fait de rejoindre, en longeant les canaux, le cœur historique de Bruges.

bruges-02.jpgLe Burg, place administrative où l’on peut voir le superbe hôtel de ville gothique tardif entouré de bâtiments du même acabit mais aussi une superbe fontaine moderne en aluminium, est le point de départ idéal pour une balade pédestre. Une arcade entre deux bâtiments nous appelle et à peine l’a-t-on dépassée que les canaux nous tendent encore les bras. La Wollestraat nous ramène sur la place (ndlr De Markt) où trône l’inévitable Beffroi qui, avec ses 365 marches et son carillon de 47 cloches, est incontestablement l’un des plus beaux d’Europe. Il fait, en tous cas, la fierté des Brugeois…


bruges-04.jpgLes rues pavées nous emmènent vers la très impressionnante église Notre Dame d’Accueil. On a beau ne pas être croyant, il est impossible de ne pas s’ébahir devant la beauté de cet édifice dont la construction remonte au 11è siècle. Sa tour culmine à 120 mètres, elle est la plus haute d’Europe. Sa beauté est aussi intérieure ! On peut y voir les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille Marie de Bourgogne… Et là, au détour d’une allée, la superbe «Vierge à l’Enfant» de Michel-Ange ; une des rares œuvres du maître qui soit visible hors d’Italie. A propos d’enfant, il n’est pas rare d’en voir, le nez collé à une vitrine ! Il faut dire que Bruges est une ville de chocolat… Il est à peine exagéré de dire qu’une maison sur deux est le siège d’un chocolatier et malgré cette multitude, tous rivalisent d’ingéniosité pour proposer un étalage aussi original qu’appétissant. Laissons nos pas nous mener vers la Sint-Jansstraat où l’on peut visiter justement le Musée du Chocolat. Entrons, nous l’avons bien mérité ! Des aztèques aux pralines belges, toute l’histoire du chocolat est passée en revue sur trois étages dans une superbe maison de maître.

bruges 05On constate que deux pays ont joué un rôle capital dans l’éclosion de ce bonheur gustatif : l’Espagne qui, au 17è siècle, l’introduisit en Europe et la Belgique qui le popularisa à partir du 19è siècle. Là on apprend pourquoi le chocolat belge est le meilleur du monde ; il y a une explication physique irréfutable : le broyage ! Le degré de sensibilité le plus fin du palais humain est de 20 microns ; la Belgique est le seul pays au monde où l’on broie le chocolat à 20 microns. En France et en Suisse, il est broyé à 25, en Italie et en Espagne à 30 et aux Etats-Unis à 40… Ce broyage unique exhale les saveurs les plus intimes du chocolat, voilà pourquoi la Belgique peut se targuer d’avoir le meilleur chocolat du monde ! Mais, avant de friser l’indigestion, quittons le musée non sans avoir assisté à la fabrication de pralines et en avoir dégusté une ou l’autre, bien entendu…

Bruges-06.jpgLa gourmandise est un péché alors c’est au Béguinage que nous expieront nos excès chocolatés ! Cet ensemble de maisons, d’église et d’espaces verts est calme bien que des ouvriers procèdent au remplacement du pavage des allées. Les Béguines – des femmes qui dévouaient toute leur vie à Dieu – n’existent plus, elles sont aujourd’hui remplacées par des bénédictines mais le lieu a gardé toute sa couleur mystique. Attention, Bruges n’est pas qu’une cité de religion ou de gourmandise ! Non, la part belle est également faite à la culture. Le Musée Groeninge offre à ses visiteurs une superbe collection de peintures flamandes et hollandaises. Hans Memling et Jan Van Eyck, les deux enfants du cru et chef de file des Primitifs flamands, côtoient des artistes baroques, de la Rennaissance ou modernes ; Jérôme Bosch, James Ensor, Paul Delvaux, René Magritte, Constant Permeke, entre autres sont les hôtes du Groeninge… Le Gruuthuse propose pour sa part de découvrir les objets de la vie courante des brugeois des siècles passés. Evoquons encore le musée de l’hôpital Sint-Jan ; il retrace la vie hospitalière au moyen-âge ainsi que la visite d’une pharmacie du 17è siècle.


Tiens on n’a même pas pris le temps de s’intéresser à la dentelle, véritable spécialité brugeoise… Les bruges-07.jpgdentelières ont largement contribué à la renommée de Bruges au temps de sa splendeur. La dentelle pare les habits de la haute bourgeoisie des 17è et 18è siècle, certains travaux au point dit de fée nécessitent l’utilisation de 700 fuseaux et seules quelques maitresses-dentelières sont capables de les exécuter. Le Centre de la Dentelle offre un véritable historique de cet art brugeois. Mais nous voilà arrivé au terme de cette balade brugeoise; une bien belle promenade assurément. J’avais découvert cette ville adolescent et elle m’avait laissé un souvenir agréable. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, je prends encore davantage de plaisir à déambuler dans cette ville romantique et culturelle ! Car si une chose est sûre c’est que l’on revient toujours à Bruges…


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(1) Beurs signifie en flamand bourse
(2) heures de pointes

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 15:14

Shabby Chic, un style vintage à l’anglaise qui fait la part belle aux ambiances élégantes et romantiques…

shabby.jpgL’Angleterre est terre de contraste, elle l’a toujours été ! A l’aube des années ’80 alors que la New Wave perce sous le punk, l’on se dirige vers un renouvellement musical. A l’opposé, une tendance vintage se dégage dans le design et la décoration. Meubles massifs patinés et délibérément vieillis, bibelots anciens, dentelles, oreillers jetés négligemment sur les canapés, lustres ‘’vieille Angleterre’’ et tissus en toile de Jouy, le tout baignant dans des couleurs claires, blanc, ivoire, beige, gris ou rose pâle… L’idée est de recréer l’ambiance romantique des maisons d’antan, celle que décrit si bien Agatha Christie. Il est dû à la vérité de reconnaitre qu’à l’époque ce style vintage ne dépassa guère le Channel, qu’il ne remonta même pas plus haut que les faubourgs de Leeds. Jusqu’à ce que la styliste londonienne Rachel Ashwell ne franchisse l’Atlantique pour s’installer à Santa Monica, emmenant avec elle ce style vieille Angleterre que le magazine The World of Interiors a baptisé Shabby Chic (usé élégant). Ashwell chine et récolte quantité de meubles anciens qu’elle retravaille pour leur donner un aspect vintage ; aux puces elle amasse des bibelots, de la vaisselle, et des tissus démodés auxquels elle rend une seconde vie. Elle ouvre sa première boutique en 1989 et ouvre la voie à un style alors totalement inconnu en dehors de sa terre natale.

Rapidement, les Etats-Unis accrochent au Shabby Chic, on sait l’importance que les Américaines attachent à leur maison et à sa décoration. Ashwell a trouvé un créneau porteur, elle le développe en animant plusieurs émissions de télévision. En 1992, le New York Times fait du Shabby Chic son produit de l’année… un produit qui ne va pas tarder à franchir l’Atlantique dans l’autre sens pour envahir progressivement l’Europe. De manière discrète d’abord, mais avec plus de présence au début du 21è siècle, le Shabby Chic s’installe en Europe. L’Angleterre voit cette tendance se développer sur le Vieux Continent avec bonheur, c’est en effet sur le sol anglais que l’on trouve les plus belles boutiques Shabby Chic… Aujourd’hui, l’aménagement intérieur est tendance, le style usé élégant a le vent en poupe. Les salons s’habillent de clair, se rehaussent de meubles vieillis et se parachèvent de petites touches romantiques, vases, vieux livres ou autres coussins moelleux. Mais le Shabby Chic gagne aussi d’autres pièces de la maison ; la salle de bain où les vieux lavabos vivent en parfaite harmonie avec les baignoires à pied, les meubles en métal et les flacons anciens ; la chambre aussi où les voilages délicats trouvent place en guise de baldaquins recouvrant de nombreux oreillers et des couvre-lits romantiques…

Dans cet univers de patine, de cire à l’ancienne et de dentelles, l’aspect ‘’vécu’’ est capital. L’objectif est de donner une âme à la pièce en la garnissant de meubles ayant un ou plusieurs vies passées, le Shabby Chic est l’apologie du chinage et des explorations de greniers. Le marché aux puces reste le principal fournisseur d’objets shabby mais pas encore forcément chic. Pour ça, il faut parfois un peu d’huile de coude et de goût pour la décoration afin de retaper un vieux meuble version Shabby Chic. Mais au fond, l’idée force n’est pas de rendre ce meuble parfait, au contraire ses petits défauts, griffures, coups et entailles lui conféreront son charme, ce vécu si cher au Shabby… Il restera à le mettre en valeur dans une pièce claire avec des bibelots old style. Mais attention, il convient de garder à l’esprit les deux indications majeures du Shabby Chic : simple et élégant !

Pipistr'Elle

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 15:06

Quiconque a semé des privilèges doit recueillir des révolutions…

benja.jpgClaude Tillier est un écrivain français du 19è siècle probablement assez peu connu du grand public, il écrivit pourtant un roman qui est passé à la postérité. Mais pour y passer, il dut attendre d’être adapté plus ou moins bien au cinéma par Edouard Molinaro, en 1969. Ce roman s’intitule Mon Oncle Benjamin… Je concède également ne pas connaître Tillier depuis bien longtemps ; bien sûr j’ai moi aussi vu le film de Molinaro à plusieurs reprises et j’en ai apprécié l’ambiance. Beaucoup se sont écriés qu’il ne s’agissait que d’une production paillarde prétexte à mettre en avant ripaille, libation et troussage… Moi j’y ai vu l’âme de Claude Tillier, l’âme d’un homme qui méprisait les privilèges et exécrait ceux qui ne devait leur fortune qu’au fait d’être bien-nés. L’ado anarchiste que j’étais (ndlr et que je suis un peu resté en vieillissant) avait eu envie de lire le roman qui avait inspiré Molinaro. La version originale de Tillier est supérieure au film, évidemment serais-je tenté de dire car il est mal aisé de résumer un bon roman en une heure trente... Mais après cette lecture, Claude Tillier m’était sorti, je le confesse, de l’esprit. Il y est revenu récemment alors que je tombais par hasard, sur le net, sur une de ses pensées qui m’a séduite : «Quiconque a semé des privilèges doit recueillir des révolutions». Cette sentence est extraite de Mon Oncle Benjamin qui reste l’ouvrage de référence de Tillier.

Né à Clamecy, dans la Nièvre, alors que le 19è siècle n’avait qu’un an, Claude Tillier est issu d’un milieu modeste, son père était artisan-serrurier et courrait après le travail mais prédisposé aux études, Tillier obtint une bourse municipale qui lui permit de suivre les cours du lycée de Bourges où il côtoie des élèves issus de la bourgeoisie berruyère. Paradoxalement, c’est de cette bourse qui lui permit de faire des études que naquit son rejet des privilèges et des gens fortunés. Pourquoi lui devait mendier auprès de la municipalité ce droit de faire des études qui était naturel aux bien-nés ? Au terme de ses études, Tillier devint Maître d’étude à Soissons d’abord, à Paris ensuite mais ses positions face aux notables et au nantis le firent renvoyé à chaque fois. Après six années passées dans les rangs militaires, il revient à Clamecy pour occuper un poste d’instituteur. Il écrit, en parallèle, pour le journal local L’Indépendant. Mais une fois encore les écrits dans lesquels il dénonce l’injustice des privilèges lui valent un licenciement de l’école de Clamecy dont il était pourtant, à force de travail, devenu le Directeur.

Alors, puisque c’est la chose qu’il fait le mieux et la seule par laquelle il puisse livrer ses pensées, Claude Tillier écrit ! Ses pamphlets sont d’abord publié dans l’Indépendant avant d’être regroupés et édités sous le titre éponyme. En 1841, Claude Tillier publie son premier roman, Belle Plante et Cornélius qui ne laisse pas, il faut en convenir, un souvenir marquant. Il s’attaque alors à ce roman qu’il veut être celui de sa pensée. Avec Mon Oncle Benjamin, publié en 1843, Tillier entend traduire son rejet des privilèges, son amour de la liberté et de la vie. A travers le personnage de Benjamin Rathery, Tillier transperce… roturier épris de liberté et se considérant l’égal des grands. Claude Tillier n’aura pas le temps d’écrire d’autres pamphlets ou d’autres complaintes car il s’éteignit l’année suivante des suites d’une maladie de poitrine.

Quelques pensées de Claude Tillier

Les valets applaudissent toujours aux orgies des maîtres, quand ceux-ci laissent du vin dans les bouteilles (extrait de Pamphlets)

L'intelligence c'est l'étoffe, l'éducation est la teinture, or quand la teinture est mauvaise, elle gâte l'étoffe (extrait de Pamphlets)

Pourquoi donc, en effet, le riche serait-il plus heureux que le pauvre ? Il ne travaille point ; eh bien ! il n'a pas le plaisir de se reposer (extrait de Mon Oncle Benjamin)

La mort n'est pas seulement la fin de la vie, elle en est le remède (extrait de Mon Oncle Benjamin)

Manger est un besoin de l'estomac ; boire est un besoin de l'âme (extrait de Mon Oncle Benjamin)

Et bien entendu

Quiconque a semé des privilèges doit recueillir des révolutions (extrait de Mon Oncle Benjamin)

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 10:11

L'expo SOS Planet a-t-elle à peine vécu que, déja, les organisateurs pensent à la suivante : une expo sur l'époque dorée des années soixante.

golden-60.jpgLa fabuleuse exposition SOS Planet s'est achevée hier à la Gare des Guillemins, à Liège. Depuis septembre 2010 elle a attiré près de 225.000 personnes pour tenter d'éveiller leur conscience écologique. Le rideau à peine tombé, les organisateurs travaillent déjà à un nouvel événement d'ampleur. Il faut dire que les quelque 6000 mètres carrés disponibles aux Guillemins sont un bel espace utilisable à rentabiliser. L'idée est de monter un exposition sur les années soixante, une décennie qui a marqué le 20è siècle : guerre du Vietnam, assassinat de JFK, révolution culturelle, Mai 68, Woodstock, conquète spatiale, décolonisation de l'Afrique... autant de grands événements qui ont pris place entre 1960 et 1969. C'est cette époque qu'Europa 50 - qui a organisé en plus des SOS Planet des événements comme Tout Hergé, Made in Belgium, Tout Simenon ou encore J'avais 20 en 45 -, entend mettre en lumière dès le mois de mai prochain et pour huit mois (au départ mais les chances de prolongations sont réelles, en cas de succès) dans la Gare des Guillemins. Concrètement, cette nouvelle grande exposition liégeoise se déclinera en six tableaux, six grands décors qui seront installés et dans lesquels les visiteurs pourront déambuler à loisir. Un décor sur la conquète lunaire avec la reproduction du LEM, le véhicule lunaire du programme Apollo, un autre décor représentera l'assassinat de Kennedy à travers la fenêtre depuis laquelle Oswald a tiré tandis que le port de Saint-Tropez, haut-lieu de la vie festive des années '60, sera reconstitué tout comme l'atelier d'Andy Warhol. Par ailleurs, une série impressionnante d'objets sera visible, citons notamment le révolver doré du film Goldfinger (Guy Hamilton, 1964), un maillot d'Eddy Merckx, un manuscrit signé par Dwight Eisenhower ou encore un exemplaire du Petit Livre Rouge de Mao-Zedong... Le tout étant relié en un circuit ludique et éducatif avec de la musique et des extraits de films des sixties comme fil conducteur.

Golden Sixties - J'avais 20 ans en 60
A partir du 3 mai 2012
Gare des Guillemins, Liège

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 17:18

J'ai passé les fêtes de Noël à Londres, je partage ces images d'ambiance avec vous...

covent-04.jpgLondres est la ville la plus attractive d'Europe, elle respire la vie, elle respire la diversité, on peut tout y faire, on peut tout y vivre... En période de fêtes de fin d'année, la capitale anglaise est plus accueillante que jamais, et pourtant elle m'a semblée un peu moins livrée aux touriste qu'à l'accoutumée. Ce n'est pas plus mal ! Entre les préparatifs pour le réveillon, les dernières courses à faire (ndlr sans aucun énervement avec un flegme tout britannique), le calme inouï qui envahit les rues le jour de Noël (quel contraste avec les autres jours de l 'année), la Peter Pan Christmas Day Swim Race dans la Serpentine à Hyde Park, le début des soldes lors du Boxing Day et les décorations merveilleuses des grandes enseignes, Londres est plus que jamais à découvrir lors des fêtes de Noël. Je vous invite sur les traces de Father Christmas - car les Anglais utilisent peu le nom américanisé de Santa Claus - dans les endroits les plus célèbres de Westminster, Camden et Whitechapel qui ont sorti leurs plus beaux atours pour l'occasion.



Bonne Année 2012 à tous les lecteurs d'Acta Diurna

Le petit plus de l'article :

Londres : bons plans
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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 11:11

Hier soir, au Forum, le chanteur bruxellois s'est éclaté sur scène et à plongé la Cité Ardente dans une belle ambiance de Noël jazzy. Un show très agréable !

marka.jpgPunk d'abord, tendance cubana song ensuite, Marka nous revient désormais jazzy swing crooner avec son Blue Orchestra. En 2010, l'excellent album Made in Liège était le premier jalon de l'étape jazz de Marka, le spectacle "Show de Noël" est le second. Marka reprend des standards de la chanson de Noël des années '30 à maintenant dans une ambiance jazzy mâtinée d'un peu de rockabilly, de swing, de scat et même d'une touche de bluegrass... Des très classiques Santa Claus is coming to town (Eddie Cantor, 1934), Winter Wonderland (Richard Himber, 1934) et Rudolph the red-noosed reindeer (Gene Autry, 1949) jusqu'à une version revisitée de Merry Xmas everybody (Slade, 1973), Marka se fait plaisir et, ma foi, cela rend bien ! Dans le rôle du crooner, il est très à l'aise avouant d'ailleurs un faible pour Dean Martin dont il reprend Ain't that a kick in the head, qui s'éloigne un peu de l'esprit de Noël mais qui a toute sa place dans une play-list jazzy. Du crooner, il passe à l'amuseur que l'on connait, revisitant sa propre chanson Les Mondains, version swing, avant de parodier le célèbre Petit Papa Noël de Tino Rossi, le transformant en un savoureux Super Papy Noël... Mention très bien aussi au Blue Orchestra qui accompagne Marka ! Ce sont d'excellents musiciens, l'organiste nous a gratifié de quelques improvisations remarquables pour meubler quelques creux inévitables, notamment un chouette petit ragtime en solo. Le batteur et le contrebassiste ont rythmé la soirée tandis que les cuivres apportaient cette touche essentiel au swing. On sent, par ailleurs, une belle complicité en Marka et ses musiciens.

C'était franchement une très belle soirée, Marka est un homme de scène et quand, en outre, il s'entoure de cadors pour revisiter des standards du jazz et du swing, cela ne peut être qu'un bon moment. Un moment teinté de la pointe d'émotion nécessaire lorsque le chanteur évoqua les sombres événements du 13 décembre dernier, en plein coeur de Liège, à deux pas du Village Noël. Alors, pour les victimes de la Place Saint-Lambert il a dédié le sublime Happy Christmas - The War is over de John Lennon... Il fallait rendre hommage sans tomber dans le pathos, Marka a su le faire avant de relancer l'ambiance par le très célèbre scat de Minnie the Moocher (cab Calloway, 1931)... Gonflé quand même de balancer cette chanson dans un spectacle de Noël ! Un grand classique du jazz, certes, mais une chanson qui évoque une prostituée opiomane qui s'entiche d'un cocainomane peu recommandable... J'avoue que j'ai apprécié le clin d'oeil mais on ne m'ôtera pas de l'idée que peu des nombreux spectateurs présents ont compris le contexte de la chanson. Quoi qu'il en soit avec ses Hidehidehidehi et ses Hodehodehodeho Minnie la Voleuse a rendu à l'ambiance toute sa vivacité.

Dans l'ambiance de Noël qui est maintenant bien implantée, le Show de Noël de Marka prend toute sa saveur. Avec de très bon arrangements, la balade qu'il propose dans les classiques de Noël est savoureuse. Je me dis, aujourd'hui, que si je n'avais pas assisté au concert, mon petit Noël personnel aurait été moins agréable... D'accord, on baigne un peu dans une ambiance de Noël à l'américaine mais, finalement, ne sont-ce pas les Américains qui ont donner leurs lettres de noblesses aux chansons de Noël ? Si, bien entendu... Cab Calloway, Mahalia Jackson, Frank Sinatra, Gene Autry, Nat King Cole et quelques autres ont magnifié ces chansons de circonstances dans les années '30, '40 et '50. Et puis, de façon générale, les Américains gardent pour Noël les yeux de Chimène pour Rodrigue... Plus encore que les Européens, me semble-t-il. Quoi qu'il en soit, le Show de Noël de Marka est un spectacle à voir pour son ambiance et sa qualité. Il n'est pas trop tard mais il est temps car il ne reste que trois dates, à Braine-l'Alleud, demain, à Bruxelles, le 27, et à Rochefort, le 29...

Le Show de Noël de Marka & his Blue Orchestra

Vendredi 23 décembre, au Live Act de Braine-l'Alleud
Mardi 27 décembre, au Viage de Bruxelles
Jeudi 29 décembre, au Centre Culturel des Roches, à Rochefort

Plus d'infos : www.marka.be

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 10:37

Retour sur la formidable épopée européenne du FC Bruges lors de la saison 87-88.

fcb01.jpgHier soir, le Club Brugeois disputait son 250è match européen à Maribor en Slovénie. Une rencontre de prestige qui a bien failli être gâchée puisqu'à un quart d'heure du terme, les Gazelles brugeoises étaient menées trois à zéro. Et puis, elles se sont mises à vraiment jouer pour renverser le score en moins de 15 minutes... 3-4 au coup de sifflet final, un renversement de situation digne de la fabuleuse saison 1987-1988 durant laquelle le FC Brugeois avait réussi à récupérer plusieurs situations désespérées. Certes, dans les années '70, le FC Bruges a disputé deux finales de coupes d'Europe (1976 et 1978, chaque fois perdue contre le FC Liverpool) mais la campagne 87-88 reste l'une des plus belles pages de l'histoire du club flandrien. Sous la houlette de l'entraineur hollandais Henk Houwaart, ancien joueur de la maison et en poste depuis 1984, le FC Bruges entend mener une saison fertile; le titre de champion de Belgique est l'objectif avoué. Il faut dire que ce titre de champion échappe au Club depuis la saison 1979/1980 et que le test-match de 1986, perdu face au rival anderlechtois, reste en travers de la gorge des dirigeants, des joueurs et des supporters. A l'aube de la saison, on note l'arrivée de quelques renforts (Kenneth Brylle, de retour après un passage à l'Olympique de Marseille et à Sabadell, Jan Goyvaerts, du RJ Wavre, et Serge Kimoni, le solide défenseur du RFC Seraing) mais rien d'exceptionnel. Houwaart préfère conserver l'ossature de sa formation qui s'appuie sur des cadres forts tels que les deux gardiens Birger Jensen et Philippe Vandewalle; les défenseurs Franky Van der Elst, Hugo Broos et Alex Querter; les milieux Léo Van der Elst et Luc Beyens et les avants Marc De Grijse et Ronny Rosenthal, tous emmenés par le capitaine inaliénable Jan Ceulemans... Sur le papier, le FC Bruges possède une belle équipe, probablement la plus combative jamais présentée.

Acte 1 - Zenit Leningrad

fcb acte 1Cette saison là, sur la scène européenne, les Blauw en Zwart doivent se contenter de la Coupe UEFA. Leur première rencontre les emmène, le 16 septembre 1987, à Saint-Petersbourg (encore nommée Leningrad à l'époque) où ils jouent contre le Zenit local. Le score est de 2 à 0 mais les Brugeois rentrent optimistes quant à leurs chances lors du match-retour dans leur antre de l'Olympiapark. Ce match-retour a lieu le dernier jour de septembre 1987 et les Brugeois sont portés par leur public. Houwaart choisi un 4-4-2 classique mais il place Franky Van der Elst dans l'entrejeu et confie l'attaque au duo Brylle/De Grijse. Excellent choix puisqu'avant même la 40è minute de jeu, Kenneth Brylle a gommé le handicap brugeois en inscrivant les deux premiers buts de la partie. Jan Ceulemans donne même l'avance au Club, juste avant la mi-temps. Déchainé, Brylle ajoute encore deux buts en seconde mi-temps pour offrir un 5-0 bien tassé aux supporters. Les Gazelles accèdent aux 16è de finale !

Acte 2 : Etoile Rouge de Belgrade

fcb-acte-2.jpgLe tirage au sort offre une nouvelle équipe de l'est au Club Brugeois. Cette fois, le déplacement sera plus court puisque c'est en Yougoslavie (dans la partie serbe du pays qui n'a pas encore éclaté) que se rendent les Blauw en Zwart. A Marakana (ndlr le stade de l'ERB est ainsi baptisé en l'honneur du mythique stade Maracana de Rio de Janeiro), les Brugeois s'attendent à une chaude réception. Il s'agit, avec 100.000 places, de l'un des plus grands stades d'Europe mais, heureusement pour les Belges, il n'est pas plein. Qu'à cela ne tienne, l'ambiance est survoltée, elle devient lourde lorsque Luc Beyens ouvre le score à la 40è minute. En seconde période, Radanovic égalise et l'on semble se diriger vers un match nul, un bon résultat en soi pour le Club Brugeois. Mais à sept minutes du terme, l'international yougoslave Boro Cvetkovic est à la reprise d'un corner parfaitement donné au second poteau pour donner l'avance à Belgrade. Pire, quelques secondes plus tard, un attaquant serbe est accroché dans le rectangle brugeois. Dragan Stojkovic, le numéro 10 vedette de l'Etoile, transforme le pénalty justement accordé. D'un match nul correct, les Brugeois passent à une défaite cuisante. Seul le but inscrit à l'extérieur permet l'optimisme; le FC Bruges devra l'emporter 2 à 0 au retour pour poursuivre l'aventure. Pour cette seconde confrontation, le 4 novembre, Houwaart reconduit exactement la même équipe que pour le match retour du Zenit. Secrètement espère-t-il, peut-être, un scénario similaire... Et c'est ce qui va se produire ! Brylle porte rapidement Bruges aux commandes mais à la pause le 1-0 n'est pas encore synonyme de qualification aussi Houwaart motive-t-il ses troupes. Nouveau coaching remarquable à la 47è Ceulemans concrétise un coup franc donné sur la gauche par Degrijse et dans la minute suivante, Dennis Van Wijck déboule sur la gauche avant de centrer sur le défenseur central Radovanovic qui propulse le ballon dans son but. Bruges mène 3 à 0 et une nouvelle qualification se profile. En fin de match, Luc Beyens assoira la victoire par un quatrième but... Et le FC Bruges accède aux 1/8è de finale !

Acte 3 - Borussia Dortmund

fcb-acte-3.jpgL'honnêteté recommande de dire que le double affrontement contre le Borussia Dortmund laisse les supporters de Bruges heureux. Le Borussia n'est plus vraiment un grand d'Allemagne et sa qualification pour cette coupe UEFA tenait plus du hasard et de la chance que du talent. Le tirage au sort aurait pu être plus mauvais ! Le club rhénan se présente pourtant avec quelques gros calibres comme Frank Pagelsdorf, Michael Zorc ou Frank Mill. Ce dernier sera d'ailleurs le bourreau du Club de Bruges lors du match aller... Car en effet, au Westfallenstadion, la partie s'apparente à tout sauf à une balade de santé pour Bruges. Les supporters optimistes durent vite déchanter, Frank Mill ouvrant la marque tôt dans la partie. Il doublera le score à l'heure de jeu avant qu'Anderbrügge ne le triple à la fin du match. 3 à 0, les Blauw en Zwart devront l'emporter par quatre buts d'écart, au moins, s'ils veulent accéder aux quarts de finale. Petite surprise lors du retour à l'Olympiapark, c'est Philippe Vandewalle qui est dans les buts. Brylle est absent, c'est Rosenthal qui est en pointe avec Degrijse. Après neuf minutes de jeu, Sterke Jan Ceulemans, en valeureux capitaine, place Bruges aux commandes mais jusqu'à la pause, les Gazelles courrent dans le vide et se heurtent au mur défensif rhénan. Cette fois, le parcours des Brugeois est compromis. On s'attend à ce qu'Houwaart modifie son équipe mais, non, il se contente de motiver ses gars et le Club remonte sur le terrain avec un moral d'acier, persuadé qu'il peut renverser la montagne Dortmund. On rejoue depuis trois minutes à peine que Léo Van der Elst inscrit un second but; De Beer, le gardien allemand, repousse des poings un coup de coin mais la balle revient à Van der Elst qui frappe sèchement depuis l'entrée du rectangle, 2-0. L'espoir revient dans le camp brugeois mais les offensives restent stériles. Il ne faut plus qu'un but pour atteindre les prolongations et permettre au rêve de se prolonger. Ce but, il aurait pu tomber sur un pénalty que l'arbitre oublie de siffler pour une faute sur Ceulemans. Cet oubli sera compensé à la 81è minute pour une faute de main légère du défenseur central du Borussia. Quoiqu'il en soit, Léo Van der Elst ne se prive pas de transformer ce coup de réparation en but qui envoie Bruges vers les prolongations. Les images de la joie de Léo Van der Elst renvoient vers le fameux penalty qu'il marqua avec la Belgique contre l'Espagne au Mundial 1986... Ce but change complètement la donne, l'envie est désormais brugeoise, Dortmund doute. Et ce n'est que logiquement que Bruges émerge. Franky Van der Elst sort vainqueur, à la 98è minute, d'un cafouillage devant le but allemand tandis que Léo Van der Elst hérite d'un nouveau pénalty en toute fin de la seconde prolongation... Bruges l'emporte 5-0, réussit l'un de ses plus beau exploit et Léo Van der Elst est le grand artisan de ce succès flamboyant !

Acte 4 - Panathinaikos

fcb-acte-4.jpgLe Pana est le plus grand des clubs grecs, 14 titres de champions, 9 coupes nationales et une finale de Coupes des Champions (1971). L'ambiance du stade Olympique est survoltée, il y a quasiment 70.000 personnes pour accueillir Bruges. L'enjeu est énorme : une place en demi-finale de coupe européenne. Après leurs exploits successifs, les Belges sont confiants. Kenneth Brylle est de retour tandis que Vandewalle reste préféré, comme c'est le cas depuis quelques semaines à Birger Jensen. La première mi-temps est vierge et il faut attendre l'heure de jeu pour que la partie s'emballe. Saravakos, le solide international grec qui est aussi le joueur-phare du Panathinaikos, ouvre la marque mais Jan Ceulemans réplique dans la foulée. Antoniou redonne l'avance aux Grecs à la 67è minute. Alors que l'on se dirige vers une petite victoire athénienne, Marc Degrijse égalise quelques instants avant le coup de sifflet final. 2-2, c'est le meilleur résultat des Brugeois après un match-aller, cette saison. D'aucuns disent que cela signifie la fin de parcours car les Gazelles ne seront pas aussi motivées que lors des autres matches. Le 16 mars 1988, à 20h00, les hommes d'Houwaart montent sur la pelouse pour livrer... le minimum syndical ! 1-0, but de Brylle à la 43è minute; probablement le moins bon match du FC Bruges lors de cette campagne mais, peu importe, l'objectif est atteint : Bruges est en demi-finale de la Coupe UEFA !

Acte 5 - Espanyol Barcelone

FCb-acte-5.jpgLe dernier carré de cette Coupe UEFA 1987-1988 est composé du Werder Breme, du Bayer Leverkussen, de l'Espanyol de Barcelone et du FC Bruges. Certains se mettent à rêver, tous les adversaires sont à la portée des Brugeois, ils ne font pas figure de proie dans ce parterre. Le tirage au sort offre Barcelone avec match aller à l'Olympiapark, c'est la première fois que Bruges reçoit d'abord. Houwaart aligne son équipe-type tandis que le second club catalan, qui voit dans ce match l'occasion de sortir de l'ombre de son rival du FC Barcelone, débarque avec ses deux "vedettes", Miguel Soler et Angel "Pichi" Alonso. L'Espanyol sera malmené durant tout le match mais le Club Brugeois ne marquera qu'à deux reprises, par Ceulemans (42è) et par Brylle (en fait par Gallart contre son camp à la 74è minute). 2-0, pour la première fois, les Brugeois abordent le retour avec un avantage. Mais ils vont être pris à leur propre piège car au stade Sarrià, à Barcelone, les Catalans vont renverser la tendance comme Bruges l'avait fait lors de chaque tour précedent. Dès la 8è minute de jeu, Orejuela insinue le doute chez les Gazelles d'une tête plongeante plutôt molle qui surprend, cependant, Vandewalle. Mais Bruges conserve une certaine maitrise sur la rencontre. A la pause, le score est de 1-0 et Bruges est toujours qualifié pour la finale. Javier Clemente, le coach de l'Espanyol, parvient à motiver ses troupes et les "Perruches" remontent sur le terrain avec la ferme intention d'aller chercher leur ticket pour la finale. La pression s'intensifie sur la défense brugeoise et l'on se rend vite compte qu'elle ne tiendra pas sans rompre. A la 62è minute, Soler déborde sur la droite, adresse un centre parfait vers Sebastian Losada qui, de la tête, double le score. Egalité parfaite sur l'ensemble des deux rencontres mais il reste une petite demi-heure à jouer et l'Espanyol à le vent en pourpe. Bruges tient et ce sont les prolongations, voire les tirs au but, qui vont décider du finaliste. Dans l'autre demi-finale, Leverkussen a pris le meilleur sur Brême. Houwaart va, peut-être, commettre l'erreur de tabler trop sur les tirs au but car, lors de la première prolongation, il remplace un milieu de terrain (Peter Creve) par un défenseur (Alex Querter). On sent que les deux équipes ont peur de commettre une erreur et ces prolongations ne sont pas passionnantes. On joue la 119è minutes, dans moins de 60 secondes l'arbitre Helmut Kohl sifflera la fin et l'on se dirigera vers les tirs au but. Devant ma télé je me rappelle avoir dit à mon père que c'était mal engagé car Vandewalle n'avait pas livré une grande partie, qu'il était peu sûr de lui et que ce n'était pas bon signe... A peine avais-je dit cela que le gardien brugeois me conforta dans ma pensée ! Sur l'ultime montée de l'Espanyol, Losada reçoit le ballon à gauche du rectangle. Son centre arrive sur Vandewalle qui ne peut le maitriser et qui relache le ballon en plein dans les pieds de "Pichi" Alonso qui n'en demandait pas tant. Le buteur catalan envoie donc son équipe en finale sur une bourde de Vandewalle... Déception cruelle car sur l'ensemble des deux parties, le FC Bruges ne méritait pas de perdre !

Ainsi s'achève la fabuleuse campagne européenne du FC Bruges lors de la saison 1987-1988. Cette année-là, les Blauw en Zwart pourront se consoler avec le titre de Champion de Belgique, qui était leur objectif principal, mais jamais plus le Club ne passera aussi près d'un finale européenne et, probablement même, aussi près d'un victoire en Coupe d'Europe. Car elle était là, à portée de crampons, cette Coupe UEFA 1988. A quatre reprises, les Gazelles d'Henk Houwaart ont remonté des situations délicates voire impossible pour parvenir en demi-finale. Le FC Bruges aura fait vibrer toute la Belgique qui s'est passionnée alors pour les exploits des Ceulemans, Brylle, Van der Elst ou autre Degrijse. Nous aurions tous voulu que Bruges atteigne la finale et l'emporte... Mais le terrain en décida autrement ! C'était il y a 23 ans, à une époque où la Belgique comptait encore dans le milieu du football européen. C'était bien avant l'Arrêt Bosman, lorsque le football était encore un sport intéressant et non pas un business, un grand marché financier...

Les Brugeois qui ont participé à l'aventure européenne 1987-1988 : Birger Jensen (G), Philippe Vandewalle (G), Alex Querter (D), Tew Mamadou (D), Hugo Broos (D), Serge Kimoni (D), Dennis Van Wijck (D), Franky Van der Elst (D/M-1 but), Peter Creve (M), Léo Van der Elst (M-3 buts), Jan Ceulemans (M-5 buts), Luc Beyens (M-2 buts) Stefan Vereycken (M), Marc Degrijse (A-1 but), Kenneth Brylle (A-6 buts), Ronny Rosenthal (A).

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 19:59

Rencontre avec Jacques Smits, Directeur des Territoires de la Mémoire.

TDM.jpgIl y a quelques jours, j’ai eu l’opportunité de visiter Les Territoires de la Mémoire, une visite dont on ne sort pas indemne. Il s’agit d’un parcours symbolique puissant à la charge émotionnelle lourde dont certaines images dures et mises en situation ont pour but de rappeler ce qu’était la barbarie nazie. Rappeler aussi que le parti National Socialiste, parti d’extrême droite basant sa doctrine sur la différence des races mais aussi sur les différences sociales, religieuses et physiques, est arrivé au pouvoir par les urnes avant de mettre en place la plus grande extermination qui ait jamais existé. Les camps de concentration imaginés par les Nazis ont contribué à l’extermination de plus de cinq millions de personnes, des Juifs, des Tsiganes, des Témoins de Jéhovah, des opposants politiques, des homosexuels et mêmes des personnes dont le seul défaut était une infirmité physique voire simplement de porter des lunettes… Avec le décès, le 27 octobre dernier, de Paul Brusson, il n’y a plus de témoin oculaire liégeois de ces camps de concentration. Plus que jamais, le devoir de mémoire est essentiel pour éviter que cette barbarie ne s’oublie et ne déferle à nouveau sur le monde… Car, comme le disait très justement Winston Churchill : ‘’Un peuple qui oublie son passé est condamné à la revivre’’. Et pourtant, à l’heure actuelle, lorsque l’on discute avec quantité d’adolescents, ils sont incapables d’appréhender la barbarie nazie, on ne leur apprend pas correctement, ou bien – ce qui serait pire ! – ils l’oublient. Pour cette raison, une visite aux Territoires de la Mémoire devrait être rendue obligatoire dès le début du cursus secondaire, quel que soit le réseau d’enseignement ! Et, comme pour démontrer que Churchill ne se trompait pas, plus encore que cette méconnaissance de la barbarie nazie, c’est à une recrudescence du racisme et du rejet de la différence que l’on doit faire face dans le discours et les comportements de certains ados, probablement nourris au sein de la haine par des parents racistes (ndlr il suffit de lire les commentaires racistes de plus en plus nombreux sous les articles des sites populaires d’informations générales comme ceux de La Meuse ou de La Dernière Heure).

Le devoir de mémoire est fondamental ! On ne peut qu’inciter le plus grand nombre à l’entretenir. En Wallonie, on peut le faire notamment en visitant Les Territoires de la Mémoire. En attendant d’y aller, je vous propose une rencontre avec Jacques Smits, Directeur de l’asbl Les Territoires de la Mémoire qui, en exclusivité pour Acta Diurna, présente ce parcours symbolique ainsi que le projet Mnema Cité Miroir qui, dès 2013, défendra le principe d’égalité des individus et d’émancipation sociale, idéaux démocratiques s’il en est…

Acta Diurna : Les Territoires de la Mémoire, qu'est-ce que c'est au juste ? Quelles sont ces missions ?
Jacques Smits : Fondée en 1993, l’asbl «Les Territoires de la Mémoire» est un Centre d’Education à la Résistance et à la citoyenneté reconnu par la Communauté française de Belgique. Pour effectuer un « Travail de Mémoire » auprès des enfants, des jeunes et des adultes, l’association développe diverses initiatives pour transmettre le passé et encourager l’implication de tous dans la construction d’une société démocratique garante des libertés fondamentales. Les missions  de notre association sont de sensibiliser au travail de Mémoire, éduquer à la citoyenneté, renforcer la démocratie et renforcer Éduquer à l'altérité. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, nombreux furent ceux qui décidèrent de tout faire pour que l’horreur des conflits armés, des massacres de masse et des camps nazis ne se reproduise plus jamais. Nous pensions qu’en Belgique, la bête immonde était définitivement endormie. Elle ne faisait que sommeiller et, au début des années ’90, des partis et des mouvements d’extrême droite ont à nouveau fait leur apparition tant au nord qu’au sud de notre pays. En Europe, le développement du populisme et de l'extrémisme de droite ne cesse de nous interpeller Notre Centre d’Éducation pense que l’évocation du souvenir est indispensable pour éviter les erreurs commises dans le passé et participer à la construction d’une société humaine et solidaire.

Acta Diurna : Quand et comment ont-ils vu le jour ?
Jacques Smits : Le projet des Territoires de la Mémoire est né suite aux résultats électoraux en 1991. En effet, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale et la chute du nazisme des candidats de partis d'extrême droite ont été élus et se sont retrouvés sur les bancs des conseils communaux et provinciaux. Cette résurgence était inacceptable pour d'anciens rescapés des camps de concentrations nazis, déportés politiques et pour le Centre d'Action Laïque de la Province de Liège. Ensemble, ils ont décidé de fonder les Territoires de la Mémoire et avec l'aide des pouvoirs publics ont construit le Centre d'Education à la Résistance et à la Citoyenneté.

Acta Diurna : 65 ans plus tard, le devoir de mémoire cela reste si important ?
Jacques Smits : Le terme travail de mémoire nous paraît plus approprié aux missions que nous voulons assumer. Notre rôle est bien éducatif, il ne relève pas du devoir mais de l'engagement citoyen. Plus qu'il y a 20 ans lorsque l'association a été créée - un 10 décembre, journée symbolique des droits humains - le populisme gagne du terrain partout en Europe et les partis d'extrême droite sont présents aujourd'hui plus qu'hier  développant le triptyque peur-haine-exclusion. Développer le  cordon sanitaire éducatif est donc nécessaire et urgent pour empêcher l'inacceptable.

Acta Diurna : Qui peut visiter Les Territoires de la Mémoire, à quels publics s'adressent-ils en priorité ?
Jacques Smits : Le Parcours symbolique est une expérience empreinte d'émotions et de respect pour toutes les victimes de la barbarie nazie. Au fil des témoignages de rescapés et des extraits du film "Nuit et brouillard" (d’Alain Resnais), il évoque l'itinéraire d'un déporté dans les camps de concentration et d'extermination. De la rue au wagon à bestiaux en passant par le bureau de la Gestapo, les différents espaces présentés permettent d'imaginer les conditions de survie des prisonniers, les traitements inhumains, la violence permanente et la mise en œuvre de la "Solution finale de la question juive". Le visiteur s'interroge : aurais-je été victime ou bourreau? Cette mise en situation symbolique pose la question de la responsabilité de chaque citoyen et de l'implication individuelle. Les actions menées par l'association s'adressent à tous les publics à partir de 12 ans. Les différentes activités proposées sont adaptées en fonction de l'âge des visiteurs et le service pédagogique est particulièrement vigilant à ce sujet.

Acta Diurna : En dehors du parcours symbolique, quelles sont vos activités en tant que Centre d'Education à la Résistance ?
Jacques Smits : L'asbl Les Territoires de la Mémoire a été reconnue comme Centre de ressources relatives à la transmission de la Mémoire et association d'éducation permanente par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les Territoires de la Mémoire développent de nombreuses activités qui touchent par an près de 45.000 personnes. Expositions, colloques, animations, voyages dans les camps de concentration, éditions de livres de références et de documents pédagogiques, rencontres et débats autour de thématiques liées à l'objet de l'association, campagnes de sensibilisation ... Il convient de citer en matière de campagne de sensibilisation et d'adhésion aux valeurs partagées, la campagne Triangle rouge pour lutter contre les idées d'extrême-droite.

Acta Diurna : En 1933, Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes; l'extrême droite a le vent en poupe en Europe... Vaste débat que ma question suivante : faut-il interdire les partis d'extrême droite ?
Jacques Smits : Le débat est nécessaire et parfois urgent Les Territoires de la Mémoire ont à ce sujet publié un ouvrage "Faut-il interdire les partis d'extrême droite ?" de J. Jamin. La liberté d'expression est selon nous fondamentale dans un système démocratique mais doit-on laisser se développer des partis dont la principale vocation est de supprimer les libertés fondamentales et donc de supprimer la démocratie et de la transformer en régime totalitaire. Ma réponse est négative. Des mécanismes doivent être mis en place pour protéger la démocratie tant qu'il est temps. Dans certains pays d'Europe, il est temps !

Acta Diurna : Pouvez-vous nous présenter le projet Mnema ?
Jacques Smits : Le projet Mnema, initié par l'asbl Les Territoires de la Mémoire, consiste en la création au cœur mnema.jpgde la cité liégeoise d'un pôle de culture, de patrimoine et de citoyenneté. Ce projet permet la réhabilitation d'un lieu emblématique, les Bains et Thermes de la Sauvenière. Construits à partir de 1938 et ouverts au public en 1942, les bains de la Sauvenière répondent à l’époque à une véritable nécessité. De style paquebot, architecture moderniste de l’entre-deux-guerres, le bâtiment se distingue par ses belles proportions, son parfait équilibre. La noblesse des matériaux des façades rehausse le caractère monumental de l’édifice : pierre de taille, céramique turquoise, labrador, verre, ornements en bronze, … Les bains de la Sauvenière, considérés comme une des plus importantes réalisations du genre, ont été admirés au point de susciter des imitations, comme par exemple les Bains de Bruxelles (1954). La piscine de la Sauvenière est donc un double symbole. Audacieuse et innovante alors sur le plan de l’architecture, elle fut éminemment sociale en ce qu ‘elle mettait à la disposition de la population, un centre de santé et de régénérescence à la fois collectif et personnel. Ce patrimoine doit être protégé, il est classé depuis mai 2005. Ressusciter la Sauvenière est un acte hautement symbolique, et hautement politique. Y créer un centre de mémoire et de réflexion comme Mnema est aussi particulièrement important pour montrer au public ce qui peut aujourd’hui fonder de nouvelles solidarités. Donner aux citoyens conscience, à la fois de leur diversité et de la profondeur de ce qui les unit, est aujourd’hui une nécessité, voire une urgence. L’Europe qui se cherche, espace voulu de paix et de fraternité, après les désastres des deux guerres mondiales, a besoin de s’interroger. Le site disposera donc d’un lieu imposant pour accueillir huit fonctions différentes :
- les activités d’accueil (renseignements, billetterie, librairie-boutique, café-restaurant)
- les expositions temporaires
- les expositions de références (Les Territoires de la Mémoire, Entre galeries et forges... la solidarité)
- les activités culturelles et éducatives (salles de conférences, auditoriums, ateliers pédagogiques, …) - les réserves et ateliers
- le centre multimédia
- les locaux administratifs
- le centre de recherche.
L'ouverture du site est prévue fin 2013. Le projet est soutenu par le Feder, la Région wallonne, la Province de Liège, la Ville de Liège ainsi que par des partenaires associatifs et privés.

Acta Diurna : Monsieur Smits, merci pour ces réponses.

Interview Olivier Moch

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 10:57

Sherlock Holmes va revivre, le temps d'un roman, sous la plume d'Anthony Horowitz.

holmes soieAnthony Horowitz est un auteur contemporain bien connu des amateurs de littérature britanique. S'il est surtout spécialisé dans le récit fantastique - on lui doit la série Pentagramme - et les histoires pour la jeunesse, il est aussi très actif dans la scénarisation; il a notamment adapté le scénario d'une douzaine d'épisodes de l'excellente série Hercule Poirot qui rend fidèlement l'ambiance des aventures du personnage fétiche d'Agathe Christie. Anthony Horowitz s'est aussi attaqué à un mythe de la littérature : Sherlock Holmes ! En effet, à la demande des ayants-droits de Sir Arthur Conan-Doyle, il fait revivre le détective victorien. La Maison de Soie, qui est disponible depuis ce 3 novembre, est une enquête totalement inédite de Sherlock Holmes qui est née de l'esprit d'Horowitz. Son action se situe en 1890 soit chronologiquement juste après le récit rapporté dans Le Signe des Quatre. Il s'agit, selon un canevas cher à Conan-Doyle (mais fréquemment utilisé aussi par Agatha Christie), d'une enquête passée(1) racontée par le Dr Watson alors que Holmes est mort depuis une année et que le médecin est en maison de retraite. Horowitz choisit donc la narration subjective et en flash-back puisque l'enquête rapportée par Watson se déroule une grosse trentaine d'années avant l'époque où le médecin l'évoque. L'enquête justement, elle entraîne Holmes dans le monde des marchands d'art. Alors qu'un riche marchand londonien craint pour sa vie, il fait appel à Sherlock Holmes. Si l'homme n'est pas assassiné, il est bien victime d'un vol. Par contre, c'est un des Irréguliers de Baker Street (ndlr un des gamins auxquels Holmes sait souvent appel pour de menus services dans ses enquêtes) qui perd la vie alors qu'il était chargé de surveiller la maison du marchand d'art... Holmes et Watson vont enquêter et découvrir des choses sordides qui pourront "déchirer le tissu même de la société" comme l'explique Watson à l'aube du roman, des choses qu'il était préférable de ne pas révéler trop tôt c'est pourquoi le comparse de Holmes attendra si longtemps - trente ans - avant de consigner cette enquête.

Plus de 80 ans après la mort de Conan-Doyle, Sherlock Holmes revient donc sur les rayons des librairies, non pas avec une ènième réédition mais bien avec une aventure totalement inédite. Si cela a été possible c'est parce que la démarche est partie de la Fondation Conan-Doyle. En janvier dernier, les ayants-droit de l'écrivain annonçaient la rédaction de cette aventure ainsi que le nom de l'auteur choisi pour l'écrire. Après avoir hésité - certes pas trop longtemps ! - Anthony Horowitz a accepté de relever le gand et de plonger dans l'univers holmesien pour mettre en forme cette enquête tendue et délicate. Horowitz a relu avec minutie les quatre romans et cinquante-six nouvelles où intervient le détective afin de s'immerger au maximum dans l'ambiance particulière des récits de Conan-Doyle. Au final, il ne lui aura fallu que trois mois pour écrire l'ouvrage qui était tenu secret depuis le mois d'avril chez l'éditeur. Sorti le 1er novembre en Grande-Bretagne, La Maison de Soie est disponible chez nous dès à présent, l'auteur a voulu conserver l'esprit original de l'oeuvre de Conan-Doyle en tenant compte des réalités de la littérature actuelle. Les critiques semblent plutôt positives, il reste aux nombreux fans de Sherlock Holmes à se faire leur propre sentiment sur cette résurrection que d'aucuns se sont permis de comparer au fameux Grand Hiatus. Ca n'a absolument rien à voir avec le Grand Hiatus puisque durant cette période (1891-1894) qui va de la mort présumée de Holmes, voulue par Conan-Doyle dans Le dernier problème, à son retour dans La Maison vide Holmes n'était pas mort mais avait choisi de disparaitre. Cette "mort" de Holmes était souhaitée par Conan-Doyle qui souhaitait se consacrer à d'autres champs d'investigation littéraires, des romans historiques notamment. Dans le cas présent, Holmes ne revient pas à la vie ou ne sort pas d'un isolement salutaire, non La Maison de Soie s'inscrit dans la lignée des enquêtes de Holmes, chronologiquement avant le Grand Hiatus; elle est juste écrite par un autre que Sir Conan-Doyle.

 

La Maison de Soie
D'Anthony Horowitz
Editions Calmann-Lévy


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(1) assez ancienne même puisque Holmes est censé être mort dans les années '20, dans le Sussex où il s'était retiré.


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 15:07

Aux Pays-Bas, le concept de Repair-Cafe est occupé à se développer de façon intéressante...

repair_cafe.jpgDe nos jours, que fait-on lorsqu'une chaise est cassée, lorsque le grille-pain n'éjecte plus les tartines, lorsque le chariot du lecteur DVD est bloqué, lorsque la chemise du printemps dernier à un accroc ou lorsque le pédalier du vélo est foutu ? Et bien on achète du nouveau matériel... c'est le prinicpe même de la société de consommation. "Si vous allez dans le magasin dans lequel vous avez acheté ce matériel, on vous dit que la réparation vous coûtera plus cher que l'achat d'un neuf"(1) explique Koen, un jeune homme qui travaille dans un Repair-Cafe aux Pays-Bas. Un repair-cafe... Kesako ? Simplement un endroit né de l'imagination de quelques personnes qui ont décidé qu'il fallait réintroduire une notion de réparation dans l'esprit des gens plutôt que d'entretenir un tout à la consommation prôné par la société actuelle. Pour nos grands-parents, il était impensable d'acheter quelque chose d'inutile ou de remplacer un outil, un ustensile ou un vêtement si celui-ci n'était pas totalement hors d'usage. Ainsi, ma grand-mère avait toujours de vieilles casseroles en fonte qu'elle avait reçues pour son mariage tandis que mon grand-père utilisait, jusqu'aux derniers moments où sa santé lui permit de le faire, une vieille tondeuse mécanique pour tondre son gazon. Elle en a tondu des kilomètres de gazon cette tondeuse alors que, pourtant, la pelouse chez mes grands-parents s'étirait péniblement sur 30 mètres-carrés... Mais que voulez-vous, il était hors de question pour le "vieux polak" de remplacer un tondeuse qui fauchait encore parfaitement l'herbe, quand bien même une version électrique lui aurait, peut-être, simplifié la vie. Il l'a fait réparer dix ou quinze fois cette machine et il a pesté autant de fois parce que c'était toujours au moment de tondre qu'elle décidait de tomber en rade... forcément, il n'aurait pas pu s'apercevoir d'une panne lorsqu'il ne s'en servait pas ! Mais, cette vieille tondeuse mécanique rouge, elle a tondu son gazon jusqu'au bout... Elle avait bien trente ans lorsqu'on s'en est débarassée, après la mort de mon grand-père ! Quel matériel peut encore se targuer d'avoir une espérance de vie de trente ans aujourd'hui ? Aucun, on remplace bien avant qu'il n'ait le cinquième de cet âge canonique... Réparer, cela n'existe plus, on achète du neuf désormais. Pareil pour les chaussures, qui va encore chez le cordonnier pour faire réparer un trou à la semelle ? Personne, on va chez un discounter en pompes et on achète une nouvelle paire. Ce n'est pas économique, ce n'est pas écologique... c'est dans l'air du temps  !

L'esprit des repair-cafes est d'éduquer la population au fait de ne pas jeter leurs choses lorsqu'elles peuvent être réparées. A l'image des chats, tous ces objets de la vie courante peuvent donc avoir plusieurs vies. C'est le concept imaginé en octobre 2009, à Amsterdam, par Martine Postma et qui s'est développé depuis à travers les Pays-Bas. Concrètement, on y apporte son matériel endommagé - électroménager, outils, vêtements déchirés, vélo... - et sur place un technicien, un bricoleur ou une couturière le répare gratuitement. Pendant le temps de la réparation, le "client" s'installe dans l'estaminet et, s'il en a envie, boit un verre pour patienter. La plupart du temps, les réparations à effectuer sont légères et le temps d'attente n'excède pas la demi-heure. "Le Repair-cafe doit amener à un changement des mentalités, c'est indispensable pour conscientiser les gens à une société durable" peut-on lire sur le site internet des Repair-Cafes. Aujourd'hui, on compte cinq repair-cafes; à Amsterdam, à Utrecht, à La Haye, à Leeuwarden et, depuis peu, un dernier à Maastricht, à la frontière belge. Tous les réparateurs, bricoleurs et autres couturières qui prêtent la main aux repair-cafes sont des bénévoles qui veulent vraiment porter un regard différent sur la société. C'est une manière empirique de lutter contre la société de consommation en rendant service à la population. Le projet de Martine Postma a été remarqué par les autorités hollandaises qui ont trouvé l'idée aussi simple que généreuse et géniale. Dès lors, pour couvrir les frais de fonctionnement, les repair-cafes sont, depuis quelques temps, subsidiés par le Ministère de l'Environnment et par une fondation qui soutient des projets d'amélioration de vie dans les quartiers. Mais comme la solidarité n'est pas un vain mot chez nos voisins bataves, les particuliers peuvent aussi soutenir les repair-cafes par des dons. L'idée de donner une seconde vie aux objet s'inscrit parfaitement dans un  projet de développement durable. Moins de déchets, moins de consommation, moins d'emballage, moins d'argent dépensé... Avec l'arrivée du concept à Maastricht, l'idée se rapproche de chez nous; peut-être y aura-t-il prochainement un repair-café en Belgique ?

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(1) Les "cafés-réparation" : des indignés bricoleurs au grand coeur, par François Louis, on RTBF.be, 31 octobre 2011

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