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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 18:16

De l'univers des Schtroumpfs comme une allégorie de la situation politique Belge...

 

ere.jpgOn connait tous ces petits personnages attachants sortis en droite ligne de l'imaginaire fertile de Peyo, les Schtroumpfs. Les petits lutins bleus ont fêté, en 2008, leur cinquantième anniversaire et font partie, au même titre que Gaston Lagaffe, Tintin, Spirou, les Tuniques Bleues, Gil Jourdan, Blake et Mortimer, Ric Hochet, Boulet Bill... de la riche et fabuleuse bande dessinée belge. Lancés en 1958 dans le Journal de Spirou, les Schtroumpfs séduisent rapidement le public, notamment grâce à leur langage particulier. Ce langage, Peyo l'utilisera dans un album, en 1973, Schtroumpf vert et vert Schtroumpf pour parodier et railler les tensions communautaires de notre pays. Les Schtroumpfs parlent... le schtroumpf, une langue unique qui consiste à remplacer certains mots par le terme schtroumpf. Mais Peyo confère une particularité à la langue schtroumpf : il y a le schtroumpf du nord et le schtroumpf du sud... Ainsi, selon qu'ils vivent au nord ou au sud du village, les Schrtoumpfs utilisent le terme schtroumpf de façon différente. Un tire-bouchon, par exemple, se dira tire-bouschtroumpf dans une partie linguistique du pays des Schtroumpfs et Schtroumpf-bouchon dans l'autre partie... Cette divergence linguistique qui n'était qu'anecdote va déboucher sur un véritable conflit communautaire entre les Schtroumpfs du nord et ceux du sud ! A travers ce récit, Peyo chercher à mettre en évidence la stupidité du communautarisme linguistique en Belgique. Il faut dire que, en 1973 à l'époque de la parution de l'album Schtroumpf vert et vert schtroumpf, la Belgique est séparée par une récente frontière linguistique (celle-ci n'a pas dix ans) qui ne respectent pas forcément la séparation linguistique du pays. Ainsi, certains villages francophones se trouvent du côté néerlandophone (Comines-Warneton, par exemple) tandis que d'autres entités, où l'on parle le flamand, sont en territoire francophone (Les Fourons, par exemple). Les politiciens votent des garanties constitutionnelles (les fameuse sonnettes d'alarme ou encore les lois à majorités spéciales) afin de protéger la minorité francophone du pays. Mais les tensions communautaires présentes depuis des années, au lieu d'être appaisées par la création de cette frontière linguistique, sont attisées... La crise de l'Université de Louvain est fraiche et les partis politiques belges jusqu'alors unis se scindent en une aile flamande et une aile wallonne.

Cette allégorie imaginée par Peyo est une satire sociale qui échappa, évidemment, aux petits lecteurs mais elle est aujourd'hui plus que jamais d'actualité. Si Peyo vivait encore, peut-être aurait-il imaginé un nouvel album s'inspirant de la situation tragico-comico-politique de son pays. Un album qu'il aurait pu intituler, par exemple, Zwarte Schroumpf et Schroumpf puant, en référence à cette image de valet puant (zwarte piet en flamand) utilisée lors des négociations pour définir celui qui porterait la responsabilité de l'échec. Le casting de cet album imaginaire était tout trouvé... Et puisque Peyo n'est plus là pour le faire, je vais oser me permettre de vous le dévoiler !

Les Schtroumpfs, en effet, sont 99 à vivre dans leur petit village quelque part en Europe, un village que l'on a du mal à situer sur une carte. Dans leurs aventures, tous ne sont pas mis en avant, une grande part d'entre eux sont juste là pour faire de la figuration. Une grosse poignée de schtroumpfs sont les acteurs principaux des histoires imaginées par Peyo. Il est amusant de constater que l'on peut, sans trop réfléchir, trouver leur pendant dans la situation actuelle de notre pays. C'est parti pour le casting de l'album imaginaire Zwarte Schroumpf et Schroumpf puant...

Le Grand Schtroumpf c'est forcément le Roi Albert II. Il est à la tête du pays, fait office de sage mais ne sait pas toujours contrôler les situations.


La Schtroumpfette c'est évidemment Joëlle Milquet, une femme perdue au milieu des hommes qui tentent de négocier des solutions... Laurette Onkelinx aurait pu revendiquer le rôle mais Milquet est bien le première femme politique du jeu actuel !

Le Schtroumpf à Lunettes c'est Charles Michel. Il joue au moralisateur mais on a souvent envie de lui coller une paire de claques.

Le Schtroumpf Grognon c'est Didier Reynders. Il râle sans cesse de ne pas être consulté ou de n'avoir pas été autour de la table. A force de grogner, il va finir par être entendu...

Le Schtroumpf Coquet c'est Elio Di Rupo qui, en toutes circonstances, garde son élégance.

Le Schtroumpf Costaud c'est Guy Verhoofstadt. C'est lui qui lors de la crise précédente, en 2007, avait réussi à ramener un semblant d'ordre dans le pays en mettant en place un gouvernement. C'était balèze ! On aurait peut-être besoin qu'il gonfle à nouveau ses muscles pour ramener le calme dans le royaume...

Le Schtroumpf Farceur c'est Alexander De Croo. On lui lui doit cette jolie farce d'avoir précipité les choses en faisant tomber le gouvernement alors que des pistes, frêles certes mais tangibles, se dégageaient pour BHV.

Le Schtroumpf Paresseux c'est Wouter Van Besien. Le Président de Groen était censé être partie prenante du groupe des sept pour les négociations institutionnelles, on en l'a quand même pas beaucoup vu !

Le Schtroumpf Bricoleur c'est André Flahaut ou Danny Pieters. Ce sont eux qui se sont vu confié le rôle de Médiation. Ils avaient pour but de bricoler un truc avec des bouts de ficelles, un truc qui évidemment n'a pas tenu la route.

Le Schtroumpf Chétif c'est Johan Vande Lanotte : personne n'en veut vraiment de peur de perdre la partie !

Le Schtroumpf Amoureux c'est Wouter Van Beke. Le Président de CD&V est tellement effacé derrière la N-VA qu'on a l'impression qu'il a, pour De Wever, les yeux de Chième pour Rodrigue.

Le Cosmoschtroumpf c'est Louis Michel. On dirait qu'il suit tout ça de très loin, qu'il gravite autour de la Belgique sans jamais trop s'y poser.

Le Schtroumpf Bêta c'est Olivier Maingain tant on a l'impression qu'il est toujours à côté de la plaque !

Le Schtroumpf Paysan c'est Jean-Michel Javaux... parce qu'il fallait bien le caser quelque part.

Le Schtroumpf Gourmand c'est, sans conteste, Bart de Wever. Il veut tout avaler et ne rien partager avec les autres au risque de faire une indigestion carabinée. A noter que De Wever aurait pu prétendre au rôle du Schtroumpf Crétin, un personnage qui n'existe pas à l'origine mais qui aurait pu être créé, comme Peyo et ses successeurs le firent volontiers, pour cet album imaginaire.

Le Schtroumpf Maladroit ça ne peut être qu'Yves Leterme. Le Premier Ministre toujours en place (même si en affaires courantes) accumule depuis trois ans les maladresses politiques. Est-il opportun de rappeler son manque de diplomatie, son irrespect des Wallons, son manque de connaissance des valeurs du pays, ses sorties médiatiques en dépit du bon sens ou l'affaire de l'hymne national ? 

??? sera l'Apprenti Schtroumpf qui est passionné par la magie. Après l'Informateur, le Formateur, le Démineur, les Médiateurs, le Clarificateur, on aura bien besoin, pour sortir de cette situation, d'un Prestidigitateur !

 

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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commentaires

Jekyll 24/10/2010 11:18


Dubus, le caricaturiste de la Dernière Heure a aussi eut l'idée de comparer la situation politique à l'univers des Schtroumpfs. C'est dans la DH de ce week-end soit dix jours après Acta
Diurna...

pour voir le dessin de Dubus http://galeries.dhnet.be/album/dubus/dubus23102010.jpeg/

Une fois encore ce webzine devancent les médias "normaux".

Bravo mon pote !


ekyll 21/10/2010 22:13


Excellent cette comparaison !
Les politiciens belges sont schrtoumpfement cons