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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 06:33

Série de l'été - 1987, la chanson qu'on a failli ne pas entendre...

 

serieete01---U2.jpgDigne héritiers des groupes de légende des années soixante, U2 est un phénomène de la scène rock internationale. Depuis 1976, la Bande à Bono (oui, je sais elle est facile et éculée, celle-ci) cartonne un peu partout sur la planète. Les tournées du groupe irlandais sont parmi les plus extraordinaires qui soient, la mémoire collective du rock conserve en elle les concerts exceptionnels des Boy Tour, Joshua Tree Tour ou autre Pop Mart Tour… Véritables bêtes de scènes, les quatre gars de Dublin sont aussi de vrais studio men capables de travailler et de retravailler un titre jusqu’à ce qu’il soit parfait. Si U2 connait un petit succès dès 1980, avec l’album Boy, et surtout le titre I will follow, il faut attendre 1983 avec l’excellente plaque War qui contient deux titres qui vont devenir emblématiques - New Year’s Day et Sunday Bloody Sunday - pour obtenir la reconnaissance internationale. Mais c’est en 1985, en juillet, lors du Live Aid de Bob Geldof que U2 va exploser. Le charisme de Bono et la maitrise musicale de ses acolytes impressionnent… A tel point que l’on constate, dans les mois qui suivent une augmentation vertigineuse des ventes des albums, y compris les plus anciens.

U2 a franchi un cap et lorsque le groupe entre en studio, en 1987 après une tournée internationale longue de dix mois, pour l’enregistrement de l’album The Joshua Tree c’est pour frapper un grand coup. Avec l’album précédent, The unforgetable fire, le groupe irlandais avait déjà entamé un virage du rock vers la musique un peu plus folk sous l’égide de Brian Eno et de Daniel Lanois. The Joshua Tree est considéré comme le plus abouti de tous les albums de U2, il s’ouvre sur un triplé romantique (Where the Streets have no name, I still haven’t found what I’m looking for et With ou without you) avant de plonger dans des ambiances plus lourdes, plus glauques et inquiétante avec des titres comme Bullet the blue sky, par exemple.

U2 voulait frapper un grand coup, ce sera un coup de maître ! L’album est une réussite totale et devient certifié platine, en 48h00. The Joshua Tree se classe en tête des ventes dans 22 pays et débouche sur une méga-tournée de 110 dates dans 65 villes de 15 pays. Le cinéaste Phil Joanou met en boite quelque 250 heures d’images qui serviront au montage du film Rattle and Hum qui sortira en 1988, accompagné d’un album éponyme. La plage d’ouverture de The Joshua Tree devient une chanson référence pour les membres du groupe. Where the Streets have no name est même la chanson fétiche de U2. «On peut être au beau milieu du pire concert de notre vie, mais quand on attaque cette chanson, tout change. Le public est debout, chante tout du long. Soudain, c’est comme si Dieu traversait la salle. C’est le moment où le métier s’arrête et où la spiritualité commence» expliquait d’ailleurs Bono, en août 2004, au Los Angeles Times. Et pourtant, cette chanson a bien failli ne jamais voir le jour…

A l’origine, Where the streets have no name est un projet de The Edge, le guitariste du U2. Il a enregistré, tout seul dans son coin, une démo, sur une cassette avec une intro à l’orgue et à la guitare. Le tout est de donner une suite à cette intro. Il existe bien une chanson qui pourrait être étoffée de l’intro mais le travail de studio pour relier l’intro et la chanson sera de longue haleine. Qu’à cela ne tienne, les quatre membres du groupe se jettent dans ce travail avec entrain, même si quelques temps plus tard, Adam Clayton, le bassiste de U2 admettra ne pas avoir, pour sa part, été totalement heureux de devoir accomplir ce travail… U2 passe des heures a essayer de trouver les arrangements parfait pour Where the streets have no name à tel point que le producteur, Brian Eno, s’exaspère de ce temps dépensé au détriment des dix autres titres de l’album. Aussi, après plusieurs rappels à l’ordre sans succès, envisage-t-il un plan draconien : la destruction pure et simple de la maquette en cours de la chanson. Alors qu’il s’apprête à passer à l’action, un assistant de production bien inspiré l’en empêche. Heureusement car il n’est pas sûr que Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen eussent trouvé le courage et l’envie utiles pour recommencer à zéro. Ainsi, sans la vigilance d’un assistant, le public aurait été spolié d’une chanson remarquable et U2 de son titre fétiche…


Where the streets have no name

I wanna run
I want to hide
I want to tear down the walls
That hold me inside
I want to reach out
And touch the flame
Where The Streets Have No Name

I want to feel, sunlight on my face
See that dust cloud disappear without a trace
I want to take shelter from the poison rain
Where The Streets Have No Name

Where The Streets Have No Name
Where The Streets Have No Name
We're still building
Then burning down love, burning down love
And when I go there
I go there with you ....

It's all I can do

The cities a flood
And our love turns to rust
We're beaten and blown by the wind
Trampled in dust
I'll show you a place
High on a desert plain
Where The Streets Have No Name

Where The Streets Have No Name
Where The Streets Have No Name
We're still building
Then burning down love, burning down love
And when I go there
I go there with you …

It's all I can do.

Traduction :

Je veux m’enfuir
Je veux me cacher
Je veux abattre ces murs
Qui me retiennent à l’intérieur
Je veux m’étendre
Et veux toucher la flamme
Où les rues n’ont pas de nom

Je veux sentir les rayons du soleil sur mon visage
Voir ces nuages de poussière disparaître sans laisser de traces
Je eux m’abriter des pluies empoisonnées
Où les rues n’ont pas de nom

Où les rues n’ont pas de nom
Où les rues n’ont pas de nom
On Continue à construire
Puis à réduire l’amour en cendres, réduire l’amour en cendres
J’irais là-bas avec toi…

C’est tout ce que je peux faire

Les villes sont submergées
Et notre amour s’oxyde
Nous sommes battus par le vent qui nous emporte
Changés en poussière
Je te montrerai un endroit
Là-haut sur la plaine déserte
Où les rues n’ont pas de nom

Où les rues n’ont pas de nom
Où les rues n’ont pas de nom
On Continue à construire
Puis à réduire l’amour en cendres, réduire l’amour en cendres
J’irais là-bas avec toi…

C’est tout ce que je peux faire



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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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