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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 13:40

A 17 ans, Hadrien va marcher 1200 bornes, avec une vache, pour donner un sens à sa vie...

vache.jpgVendredi, un adolescent de 17 ans quittera son domicile dans le Maine-et-Loire, en Anjou du côté ouest de la France, pour un périple de 1200 kilomètres à travers l’Hexagone et avec pour seule compagne de voyage… une vache nommée Camomille. Le but de ce voyage est d’étudier les nombreuses variétés de plantes qui foisonnent le long des chemins. Fils d’agriculteurs bio, Hadrien a été élevé dans cet esprit et son projet va aussi dans ce même sens. Tout au long du trajet, qui durera quatre mois au moins, il se nourrira de plantes qu’il trouvera. Pour ce tout frais bachelier, section scientifique, le périple s’apparente surtout à un voyage initiatique à travers lequel il souhaite réfléchir à son avenir tout en voyant et en découvrant des choses. Hadrien – qui porte le prénom d’un empereur romain humaniste – s’intéresse fortement aux vieux métiers et s’arrêtera en cours de route, notamment, chez un forgeron du Clos-Lucé, là où Léonard De Vinci finît sa vie. Il prendra aussi le temps de faire une halte spirituelle de quelques jours dans le Lot-et-Garonne, à Villeneuve-sur-Lot, chez un vieil ermite-philosophe qui a choisi de vivre en dehors du modernisme et de la société. Pendant un tiers d’année, le jeune homme de 17 ans va donc partir à la découverte de la France et tenter de trouver un mode de vie alternatif qui lui convienne mieux que ce que la société actuelle ne lui propose. Une bien belle idée !

S’il a choisi prendre une vache pour compagne de route ce n’est pas en référence au fameux film d’Henri Verneuil, La Vache et le Prisonnier, qu’il confesse d’ailleurs ne pas avoir vu mais simplement parce que Camomille devrait, selon lui, faciliter les contacts humains. Nul doute que, avec sa vache, on le reconnaîtra vite sur les routes de France. Mais voyager avec une vache ne s’improvise pas car cet animal n’est pas habitué aux longues transhumances. Aussi Hadrien la prépare-t-il depuis plusieurs mois. Il l’a choisie dans le troupeau de ses parents en septembre 2007 avant de lui apprendre à marcher en longe et à porter des provisions sur le dos. Il a aussi fallu – et ce n’était pas là le moindre des défis – lui apprendre que l’homme est gentil et qu’elle n’avait rien à craindre de lui. Par respect pour sa bovine compagne de route, Hadrien a décidé de ne pas faire plus de 20 kilomètres par jour et de prendre un jour complet, au moins, de repos par semaine.

En route, Hadrien dormira soit sous tente soit chez l’habitant, en fonction des rencontres qu’il fera. Quelques haltes plus longues sont également prévues chez des agriculteurs amis de ses parents où chez des personnes rencontrées via internet. Enfin, Hadrien a obtenu deux bourses qui lui permettent de financer son périple en échange d’un compte-rendu sur les noms vernaculaires(1) des plantes et ce qu'ils nous apprennent sur leurs vertus et leurs utilités… L’initiative d’Hadrien mérite d’être mise en exergue et saluée. Ce genre de voyage initiatique devrait être un passage obligé dans la vie… Surtout à une époque aussi perturbée que celle dans laquelle nous vivons !

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(1) le nom vernaculaire d’une plante est son nom usuel par opposition à son appellation scientifique. Par exemple le Mûrier est le nom vernaculaire du rubus fruticosus

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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