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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 10:47

A propos du temps qui passe et qui ne m’effraie plus.

 

temps.jpgAlors que le cap de la trentaine a été l’un des pires moments de mon existence parce que je voyais fuir à longues enjambées l’insouciance de mes vingt ans, la quarantaine, pourtant déjà bien entamée, ne m’effraient pas le moins du monde… Autant vieillir me faisait peur voila une paire de lustres, autant les jours qui défilent et me rapprochent – à longue échéance osé-je espérer – de la fin inéluctable qui nous attend tous m’apparaissent comme l’évolution logique et sereine de la vie. Le temps qui passe n’est pas forcément synonyme de désagréments ! Certes il m’arrive de m’essouffler davantage aujourd’hui dans des escaliers trop raides ou dans des relations trop molles et parfois de croire que je m’approche d’une sagesse qui ne viendra de toutes manières jamais, mais au décompte – pas encore à l’autopsie, seulement au décompte ! – je m’aperçois que vieillir n’est pas désagréable ! Il s’éloigne ce temps où, jouvenceau inconscient, je courrais de relations humaines en amours futiles et éphémères ; il se rapproche ce temps où je m’étendrais au coin de l’âtre avec, pour unique compagnon, mon vieux chat sur les genoux. Finalement, cela n’est pas fait pour me déplaire car avec le temps qui passe, je m’aperçois aussi que je tire souvent bien plus de joies de mon chat que des humains… Avec le temps la misanthropie s’installe semble-t-il ! Je m’aperçois que ce temps qui fuit emporte avec lui des comportements pour laisser place à d’autres. Oui, les actes, les pensées et la vision des choses évoluent avec les rides… Même s’il reste un vieux fond de personnalité commun, qui ne changera jamais je pense, je ne suis plus aujourd’hui comme j’étais à 20 ans…

J’exultais à l’idée d’une soirée estudiantine savant mélange de libations et de bruit ; je me complais, dans le silence de ma cave, à regarder vieillir mes Châteauneuf, mes Saint-Amour et mes Juliénas.

Je trépignais devant un cinéma ou un stade ; je rechigne à franchir les portes de ces endroits qui ont mal évolué leur préférant, je le confesse, le confort douillet de mon nid.


Je savourais les doux moments de mes plages estivales et espagnoles ; je me délecte des musées londonniens, de la tépidance de cette ville somptueuse.

Je dévorais Sartre, Camus et Vian ; je leur préfère Christie, Conan-Doyle, Steinbeck et Huxley.

Je n’imaginais pas vivre sans m’activer ; je découvre avec ravissement les joies de la paresse.

Je pouvais enchaîner les nuits blanches sans avoir d’idées noires ; il me faut la nuit noire pour dormir et éviter les affres de la page blanche.

J’aimais le froid piquant et sec de l’hiver ; la douce torpeur des soirées d’été me convient davantage.

A l’inconscience des gestes fous que je posais je substitue, quitte à y perdre en spontanéité ce que je gagne en maturité, la réflexion d’actions plus étudiées.

Quarante-cinq ans, c’est demain ! Enfin après demain… dans quelques mois. Mais force m’est de constater que mon corps et mon esprit s’accommodent bien mieux de ce carré de décennies qu’ils ne le firent de cette vingtaine où l’on se croit pourtant invincible ! Dans les livres, de la vie, de mes expériences, de mes erreurs et de mes succès j’ai appris ! J’ai construit la personnalité de l’homme que je suis aujourd’hui ; imparfait, têtu, souvent bougon et toujours impertinent. Je confesse, non sans une pointe de fausse modestie, que cet homme me plait assez. Futur quadra ardent aux plaisirs, ayant tous les goûts pour jouir, faisant tous les efforts pour vivre dans une société immonde ; insolent par obligation pour faire face à la morgue des grands ; libre ici, muselé là selon qu’il plait au destin ; laborieux par nécessité mais paresseux avec délices ; photographe par délassement ; musicien raté par déception ; écriveur par folles bouffées… Tel est l’homme que je suis devenu au gré du temps qui passe. Et si vous voyez une analogie avec le Figaro de Beaumarchais, ne cherchez pas c’est volontaire ! Encore que les plus littéraires auront remarqué que j’ai cessé l’analogie juste avant le désabusement de Figaro, et pourtant…

Vieillir ne présente pas que des désagréments ! Cette réalité acquise, il m’apparait urgent de vieillir tout doucement sans me prendre la tête mais en profitant de chaque jour qui passe, de toutes manières, beaucoup trop vite… Carpe Diem !

 

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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