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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 11:06

Le Happy Slapping, un phénomène qui prend de plus en plus d'importance...

 

happy_slapping_01.jpgNous vivons dans une société violente, de plus en plus violente... Les comportements agressifs se multiplient et certains apparaissent avec la technologie. C'est le cas du Happy Slapping, une pratique aussi idiote qu'irresponsable qui consistent à filmer, avec un téléphone portable, l'agression physique volontaire de quelqu'un. Les premiers épisodes de happy slapping remontent au milieu des années deux mille, à Londres, mais depuis quelques temps le phénomène s'amplifie chez nous mais surtout en France. Le concept stupide consiste à surprendre une personne seule qui ne s'y attend pas, lui tomber dessus à bras raccourci et de la battre plus ou moins violemment pendant qu'un complice filme la scène avec son portable. Le degré de violence s'étale de la giffle aux coups en raffales avec, dans certains cas, des violences sexuelles.

 

Considéré comme un simple jeu par beaucoup qui n'y voient pas l'ampleur du mal, le happy slapping (ndlr que l'on peut traduire par giffler joyeusement) est une véritable agression physique et donc forcément et justement répréhensible légalement. A Londres, en décembre 2005, un jeune homme de 20 ans était même décédé après avoir été victime d'un happy slapping... Récemment, à Liège, les parents de deux adolescents mineurs ont été condamnés par le tribunal civil à verser des dommages et intérêts à la victime de leur progéniture imbécile. Mais il semble que l'épouvantail judiciaire ne soit pas encore assez effrayant puisque les cas de happy slapping sont en hausse. Ainsi, le Ministère de l'Education nationale évoque au moins un cas de happy slapping par semaine dans les écoles françaises(1). Rappelons quand même que le happy slapping est assimilé à la loi sur la délinquance du mars 2007(2) et que les trois acteurs principaux de cet acte de violence - celui ou ceux qui bat(tent), celui qui filme, celui qui diffuse sur le net - sont passible de sanctions lourdes. Ainsi l'agresseur et le filmeur risquent jusqu'à la prison à perpétuité selon la gravité de l'agression; le diffuseur encourt jusqu'à cinq années de prison et une amende de 75.000€. Il s'agit, me semble-t-il, d'être plus répressif avec les auteurs de ce genre de comportement car l'agression physique est souvent dans le cas des happys slapping réalisée avec préméditation ce qui constitute une circonstance aggravante. Et par delà l'agression physique, la victime subit souvent une seconde agression, morale celle-là, avec la diffusion des images sur le net.

 

Agression physique et humiliation publique tels sont, pour ceux qui le pratiquent, les attraits du happy slapping. Un sentiment de puissance et de domination qui génère des bourreaux de plus en plus jeunes qui agissent au mépris de la morale la plus élémentaire et de la loi. Un sentiment d'être intouchable, d'être le "maitre du monde" et d'avoir droit de vie et de mort sur n'importe quel quidam choisi au hasard... Certains sociologues affirment que cette pratique infâme est largement inspirée d'émissions de télévision comme Jackass ou Dirty Sanchez qui ont connu leurs heures de gloire au moment même ou naissait le happy slapping; d'autres expliquent la recrudescence de cette violence filmée et diffusée par un mouvement de masse fondé sur l'idée que des comportements socio-culturels d'une minorité deviennent la norme. En clair puisque quelques-uns le font et n'ont pas d'ennuis, on peut le faire... Allons-y !

 

Le happy slapping peut - et doit - être assimiler, selon moi, à de la violence de rue et doit être poursuivie, jugée et condamnée en tant que telle.

 

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(1) Happy slapping : un cas par semaine à l'école, on Lexpress.fr, mardi 17 juin 2007

(2) législation française car en Belgique le cadre légal reste très flou à propos du happy slapping

 

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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