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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 13:36

Aux élections locales, le PSOE a été balayé... Les socialistes espagnols payent cash la crise économique !

spain2011.jpgA moins d'un an des législatives, El Señor Z a du mouron à se faire, le parti socialiste espagnol vient de subir son plus sérieux revers politique depuis l'accession de Zapatero au pouvoir en 2004. Certes, le revers est local puisqu'il s'agissait d'un scrutin municipal et régional (partiel car quatre régions voteront plus tard) mais c'est toute l'Espagne qui est en colère. Depuis une semaine, une véritable révolution sociale amène les jeunes Espagnols dans la rue; ces indignados protestent contre la précarité grandissante et le taux de chômage qui explose au delà des vingt pourcents. Ce Printemps espagnol comme certains le nomment déja symbolise l'envie de changement d'un peuple qui en a assez de l'impuissance du PSOE face à la crise économique. Et ce ras-le-bol de la rue s'est imprimé sur les bulletins électoraux dans les urnes ce dimanche 22 mai... Le Parti Populaire (PP) de Mariano Rajoy s'est imposé avec près de dix points d'avance : 37,34% contre 27,81% au PSOE, soit un différentiel de quelque deux millions de voix. Par rapport au scrutin municipal précédent, en 2007, le PSOE a perdu 7,1% de ses voix. Cette défaite était-elle prévisible ? Assurément oui, la population espagnole le fait sentir au dirigeants du pays depuis plusieurs mois. Le Pays de Cervantes détient le triste privilège d'avoir le taux de chômage le plus élevé de l'Union Européenne; plus d'un Espagnol actif sur cinq est sans emploi ! La moyenne européenne oscille autour de 10%, allez faire comprendre aux Espagnols que dans leur pays le taux de chomage est deux fois plus important qu'ailleurs... En septembre dernier, une grève générale avait paralysé le pays, la première depuis 2002, la première de l'ère Zapatero... C'était un premier coup de semonce. Depuis le 14 mai dernier, la Puerta del Sol, haut lieu madrilène s'il en est, est couverte de bâches bleues, symboles de la création d'un village alternatif imaginé par la jeunesse en guise de protestation. Si le PSOE a eu, un seul instant, l'idée qu'il allait émerger de ces élections municipales, alors il se compose de grands rêveurs !

Barcelone, comme un symbole...

Barcelone est la ville qui symbolise le mieux cet échec socialiste, pour la première fois depuis la chute du Franquisme, la capitale catalane est tombée aux mains de la droite. En effet, depuis le scrutin municipal de 1979, le premier post-franquiste, Barcelone était dirigée par la gauche. Désormais, la coalition nationaliste conservatrice CiU (Convergencia i Unio) a fait main basse sur la ville. Et comme le PSOE a aussi perdu Valence, ce sont désormais les cinq plus grandes ville d'Espagne - Madrid, Barcelone, Valence, Séville et Malaga - qui sont dirigées par la droite conservatrice, voire nationaliste dans certaines coalitions. Au niveau régional, en terme de Communautés autonomes devrais-je plutôt écrire, dès ce lundi le PSOE ne dirigera plus que deux des dix-sept Communautés, l'Andalousie et le Pays-Basque... et encore cela pourrait changer car ces deux régions n'ont pas voté ce dimanche et seront appelées aux urnes dans quelques mois...

Vers des élections législatives anticipées ?

José-Luis Zapatero, leader du PSOE et chef de fil du gouvernement actuel a reconnu la défaite cinglante de son parti. Il se retrouve désormais dans une situation délicate où les autres niveaux de pouvoirs sont à droite. Malgré cela, il a refusé d'évoquer la possibilité d'élections législatives anticipées arguant du fait qu'il faille poursuivre les réformes entamées pour redresser le pays. Mais, il est déja acquis que Zapatero ne se présentera pas aux Législatives de 2012; par ailleurs les réformes qu'il entend continuer à mener, dirigées par les injonctions à l'austérité dictées par le FMI et l'Union Européenne, sont justement les éléments essentiels de la défaite d'hier... Il est donc légitime de se demander si la démission du gouvernement et la tenue d'élections législative anticipée ne seraient pas la conséquence normale du scrutin municipal et régional de ce 22 mai ! Clairement, le PP ne croit plus - le contraire eut été étonnant - en la légitimité de Zapatero pour sortir l'Espagne du marasme économique dans lequel elle baigne. Même si Mariano Rajoy n'a pas appelé à la tenue d'élections législatives anticipées, le Parti Populaire a le vent en poupe et se place en position idéale pour reprendre le pouvoir en 2012. Si cela arrive, l'Espagne aura basculé complètement à droite !

A noter, pour conclure, que le scrutin d'hier a bousculé l'adage qui, en Espagne, veut qu'en cas de forte abstention le vote profite à la droite et en cas de forte participation le vote profite à la gauche. Avec un taux de participation de 66,23% (qui laisse rêveur certains pays !), c'est la droite qui l'a largement emporté...


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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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