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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 10:19

Le bilan à mi-mandat d'Obama est loin d'être le pire qui soit... et pourtant les sondages prédisent une victoie républicaine importante le 2 novembre prochain !

 

midterm-copie-1.jpgEtats-Unis, terre de contrastes... Des contrastes qui rejaillissent souvent sur la politique nationale. A 15 jours des élections de mi-mandat (Midterm), on nage en plein paradoxe au pays de l'Oncle Sam. Ainis, le Président Obama jouit d'une popularité personnelle qui reste bonne mais tous les sondages montrent qu'il va au devant d'une déconvenue lors du scrutin du 2 novembre. Tous les indicateurs affirment que le renouvellement du Congrès et d'une partie des Gouverneurs tournera à l'avantage des Républicains... et pourtant le Great Old Party n'a jamais paru aussi désuni, aussi faible même car il n'a ni véritable leader ni programme solide !

Les élections de Midterm présentent un enjeu politique important car elles influenceront indéniablement le scrutin présidentiel de 2012 (P2012). Il s'agira, le 2 novembre prochain, d'élire (ou de réélire) les 435 Représentants au Congrès mais aussi un tiers des Sénateurs et 36 des 50 Gouverneurs d'Etats. C'est évidemment le renouvellement du Congrès qui revêt le plus capital des intérêts. Pour l'heure, ce Congrès, où sont votées les lois, est majoritairement Démocrate, ce qui a permis à Barack Obama de faire passer plusieurs réformes, mais si comme l'indique les sondages, il bascule dans le camp des Républicains, la fin de mandat présidentiel sera assurément moins confortable - c'est un euphémisme ! - pour Obama. Pour être clair, un parti qui dispose du Président et de la majorité au Congrès joue sur du velour (c'était le cas de Bush entre 2000 et 2006 mais aussi d'Obama depuis son accession à la présidence en 2008); un parti qui dispose du Président mais pas de la majorité au Congrès jouent en terrain miné (c'était le cas de Bush entre 2006 et 2008). Souvent, lorsque les élections de Midterm dégagent un hiatus entre le pouvoir présidentiel et le pouvoir législatif, le parti du Président n'a pas conservé la Maison Blanche lors du scrutin présidentiel suivant... Les Républicains ont conservé la Présidence des Etats-Unis après avoir perdu les élections de Midterm en 1956 (Eisenhower), en 1972 (Nixon), en 1984 (Reagan) et en 2004 (Bush); les Démocrates ne l'ont fait qu'à trois reprises, en 1944 (Truman), en 1948 (Truman) et en 1996 (Clinton)... Sur les 18 scrutins présidentiels américains qui ont eu lieu après la seconde guerre mondiale, onze fois la présidence a changé de parti après un renversement de majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat. Trois Présidents (Lyndon Johnson, Jimmy Carter et George Bush Sr) ont même été privé d'un second mandat auquel ils auraient pourtant pu prétendre à cause d'un tel changement de majorité...

Paradoxe disais-je à l'orée de cet article car, si l'on fait le bilan à mi-parcours de Barck Obama, on ne peut que constater qu'il est positif. L'actuel sociétaire de la Maison Blanche a mis en place plusieurs de ses promesses de campagne : réforme de la santé, loi sur le régulation financière (la plus grande réforme financière aux Etats-Unis depuis le crash boursier de 1929), décret de fermeture de Guantanamo, relance du processus de dialogue entre Israël et la Palestine, retrait dans les délais annoncés des troupes US d'Irak et même désengagement progressif de l'Oncle Sam d'Afghanistan... Obama tient ses promesses faites aux électeurs, des promesses qui ont influé sur son élection, sa cote de popularité reste légèrement au delà des 50% (après avoir flirter avec les 57% mais aussi avoir plongé sous les 50%) et malgré cela les sondages et les enquêtes promettent une large victoire républicaine le 2 novembre prochain...

 

Pourquoi ?

On peut avancer trois raisons à cette chronique d'une défaite annoncée !

 

L'économie américaine stagne : en dépit du plan de relance économique, la croissance n'a guère dépassé 1% et de plus en plus d'Américains peinent à s'en sortir financièrement. Le nombre de saisies immobilières est en hausse constante, tout comme le chômage qui atteint 9,6% de la population active, du jamais vu depuis le premier mandat de Ronald Reagan, en 1984(1).

La lenteur d'application de réformes prônée par Obama et votées par le Congrès : dans certains domaines, les Américains ne voient rien venir alors que les réformes ont été votées et qu'on leur a garanti que les choses allaient évoluer. Deux exemples frappants : Guantanamo dont la fermeture a été votée en janvier 2009 et qui est toujours opérationnelle car aucune autre prisons du pays ne veut accueillir les derniers prisonniers qui s'y trouvent; l'accès aux soins de santé dont la réforme a été votée en mars 2010 et dont les effets ne se font pas encore sentir sur le terrain. Les Américains sont impatients, on le sait... En même temps, lorsque l'on est au pied du mur, on est pressé de trouver le moyen de passer par-dessus !

La montée en puissance du Tea-Party : né de la crise financière de 2008, le Tea Party est un mouvement populiste et ultra-libéral qui flatte les valeurs anciennes de l'Amérique (moins de taxes, plus d'indépendance par rapport à l'Etat, liberté d'agir et d'entreprendre...). Il gagne en popularité en fustigeant l'élitisme des dirigeants de Washington et en jouant sur la corde du conservatisme qui dispose toujours de nombreux partisans. Le tout est enrobé d'une communication parfaitement maîtrisée qui crée une dynamique positive pour le Tea-Party. En janvier dernier, lors de l'élection sénatoriale anticipée dans l'état du Massachussetts (pour le remplacement du Sénateur Ted Kennedy décédé à l 'été 2009), le Républicain Scott Brown avait largement triomphé, bien soutenu par le Tea-Party, dans cet état de tradition démocrate... Mais attention, fort de cette montée en puissance, le Tea Party envisage, dit-on, de lancer des candidats sous sa propre casaque lors du scrutin du 2 novembre; cela pourrait bien se faire au détriment du Parti Républicain !

Quoi qu'il en soit, il n'est pas exagéré de dire que les Midterm Elections se présentent mal pour Obama et les Démocrates qui devraient abnandonner des sièges tant à la Chambre des Représentants qu'au Sénat. Il est impossible de prévoir, si elle a lieu, l'ampleur de la perte. Sera-t-elle limitée et insuffisante que pour priver Barack Obama des pleins pouvoirs ou sera-t-elle, au contraire, suffisante que pour remettre une partie du pouvoir dans les mains républicaines. Si tel est le cas, Obama aura alors bien du mal à faire passer encore des réformes ou des lois et c'en sera fini du changement qu'il promettait... Le seul changement qui pourrait alors encore y avoir est celui de présidence; une présidence qui, en cas de victoires de Midterm, pourrait bien retomber dans l'escarcelle des Républicains en 2012.

 

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(1) à noter que malgré ce taux de chomage record de près de 10%, Reagan avait été réélu en 1984 !

 

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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