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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 20:30

Trouver une paire de gants par -12 degrés s'apparente à une véritable gageure !

gant.jpgMes vieux gants en laine ont rendu l'âme, ils avaient largement passer le cap des deux lustres, on pouvait voir mes mains au travers, autant dire qu'ils ne les tenaient plus guère au chaud. Aussi ai-je décidé, cet après-midi, d'aller acheter une nouvelle paire de gants. Je suis entré dans une demi-douzaine de boutiques au centre de Liège - Esprit, C&A, H&M, Lee Cooper Shop, Levi's Store et Springfield - qu'elles soient nommées afin d'habiller mon courroux d'images précises - où s'est répétée à chaque fois la même scène :
- "Bonjour Madame, j'aurais souhaité une paire de gants, pouvez-vous me dire où je peux en trouver ?"
- "Mais Monsieur nous n'en n'avons plus ! L'article n'est plus de saison".
- "Plus de saison ? Mais il fait moins douze dehors..."
- "Oui mais après les soldes d'hiver on met en rayon la collection printemps/été".
- "Mais il fait moins douze dehors..."
- "Peut-être mais c'est le moment de sortir la collection printemps/été, c'est comme ça !".

C'est comme ça, c'est le cycle de la mode ! Et si, plutôt que de suivre bêtement un cycle idiot qui propose des t-shirts en février, les commerçants avaient l'intelligence de tenir compte de la réalité. Franchement, il est plus sensé d'acheter une paire de gants, une écharpe ou un bonnet lorsqu'il gèle à pierre-fendre plutôt qu'une chemise en lin, un t-shirt où même un maillot de bain. Mais non, aujourd'hui 4 février en plein coeur de Liège, alors que le mercure est descendu jusqu'à -12, j'ai vu des maillots de bain mais j'ai peiné à trouver des gants... Ainsi va le cycle de la mode ! C'est parfois con un commerçant, car chez C&A, chez Esprit ou chez Levi's il n'y avait pas grand monde ce samedi après-midi; forcément par ce temps on a plus envie d'acheter un cache-nez hivernal qu'un cache-sexe de plage ! A Londres, en plein été 2008, il a plu... Les premières gouttes touchaient à peine le sol que tous les commerçants, depuis la petite échoppe pakistanaise de Kingsway à la boutique chic de Regent Street, ont sorti des parapluies et les proposaient à la vente. Il s'en est écoulé des milliers sur cette pluvieuse après-midi; A Gérardmer, fin juillet 2001, quelques jours avant la fameuse éclipse solaire, il tombait des trombes d'eau, partout en ville on pouvait trouver des k-way, des ponchos imperméables et des grands parapluies... A Liège, par mois douze on ne peut pas trouver de gants dans quantités de boutique parce qu'il faut faire place à la collection printemps/été. Il faut croire que s'adapter aux réalités quotidiennes est un effort cérébral trop important pour certains commerçants liégeois !

Je suis alors entré à l'Inno où je me suis dit que je paierais probablement plus cher mais que je devrais probablement trouver. De fait, à l'étage des vêtements pour hommes, il y avait un large présentoir avec des gants. Ils étaient même, pour la plupart encore soldés quant bien même la période officielle de rabais est terminée depuis quatre jours. Enfin, ne soyons pas plus diabolique que Lucifer, j'allais trouver des gants et peut-être faire une bonne affaire... C'est du moins ce que je croyais ! Après avoir essayé quelques paires qui ne me convenaient pas, j'en trouve une qui m'allait parfaitement - je n'ai pas osé écrire comme un gant l'aviez-vous remarqué ! - et qui me plaisait en sus. Las, il n'y avait pas d'étiquette avec le prix. Qu'à cela ne tienne, je me suis dirigé vers la caisse pour connaitre le montant qu'il me faudrait débourser pour tenir mes mains au chaud pour la fin de cet hiver et pour les prochains.
- "Bonjour Madame, puis-je connaitre le prix de cette paire de gants, il n'y a pas d'étiquette".
- "Il faut regarder sur une autre paire identique, Monsieur".
- "C'est la dernière de ce modèle en rayon".
- "Alors je ne peux rien faire pour vous, Monsieur". 
Si cette dame est tellement ennuyée à l'idée de chercher un prix pour vendre un article, il faut qu'elle cesse le commerce et qu'elle fasse de l'humanitaire... Ah non, plonger ses mains dans l'humanitaire aurait écaillé son vernis à ongles ! C'est ainsi que je suis sorti de l'Inno, toujours sans gants.

J'ai finalement trouvé chez Zara - que je cite aussi pour la gentillesse de la vendeuse, merci Mademoiselle - où il restait quelques paires de gants exposées aux côtés de quelques reliquats de la collection hiver. On a mieux compris, dans ce magasin, que lorsque la température glisse d'une douzaine de degrés sous le zéro, il y a quelques chances de vendre des gants, des écharpes et des bonnets...

Il n'empêche que de faire huit magasins pour trouver une paire de gants au plus fort de l'hiver c'est aberrant ! Aberrant comme un cycle commercial qui contraint des commerçants-moutons à proposer de t-shirts et des chemises d'été en plein mois de février. La mode meurt jeune ! Surtout dans le prêt-à-porter... elle varie à une vitesse importante qui génère un turn-over consumériste qui favorise le futile et oublie le nécessaire. Par moins douze degrés, le nécessaire ce sont les écharpes et les gants; le futile ce sont les maillots de bains et les chemises en lin...

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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