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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 10:12

Roosevelt2012, quinze réformes pour changer l'économie néolibérale en déliquescence.

roosevelt2012.jpgRoosevelt2012 est un collectif d'écrivains, de philosophes, de politiques et autres acteurs intellectuels et culturels français alertés par la situation économique actuelle qui repose sur des préceptes néolibéraux usés et arrivés au bout de leurs limites. Aujourd'hui, les états n'ont plus la capacité de secourir le système financier lorsqu'il subit un choc violent comme ce fut le cas, en 2008, avec la crise des subprimes qui fut le déclencheur de la crise économique actuelle, une crise aussi dure que celle des années '30 selon Rooselvelt2012. La situation est d'urgence car un nouveau choc économique signifierait le drame pour des millions de "petites gens" à travers le monde... ce choc il est en préparation et viendra encore une fois des Etats-Unis où la dette publique atteint 358% du PIB. L'an passé, le PIB américain augmentait de 260 milliards de dollars tandis que la dette publique s'envolait de 1300 milliards de dollars; une telle disproportion ne peut perdurer sans risque majeur. Le système capitaliste néolibéral a clairement atteint ses limites ! Poser le constat est une chose, proposer des solutions en est une autre... aussi Roosevelt2012 a-t-il réfléchi à des pistes qui permettraient de changer la donne économique, une forme de New Deal du 21è siècle inspiré de la politique interventionniste de Frankllin D. Roosevelt en 1933. En effet, à l'image de la situation aux Etats-Unis au lendemain du krach financier de 1929, l'économie est dans l'urgence et réclame une action à court terme (comme Les Cent Jours de Roosevelt) qui devra permettre de stabiliser les bases avant d'entrevoir une relance. Le collectif Roosevelt2012 entrevoit donc trois chantiers prioritaires et dégage quinze réformes urgentes à mettre en place dans les délais les plus brefs possibles.

Chantier 1 : Eviter l'effondrement

Proposition 01 - redonner de l'oxygène aux états en diminuant très fortement les taux d'intérêt de la vieille dette.
Proposition 02 - dégager de nouvelles marges de manoeuvres financières en créant un impôt européen sur les bénéfices des entreprises.
Proposition 03 - mettre fin au sabordage fiscal national en annulant une bonne partie des baisses d'impôts octroyées aux grandes entreprises et aux citoyens les plus riches.
Proposition 04 - boycotter les paradis fiscaux qui provoquent, rien qu'en France une perte sèche de 20 à 30 milliards d'euros chaque année.
Proposition 05 - limiter au maximum les licenciements afin de conserver dans les entreprises le maximum de talents à l'image de ce que fit l'Allemagne en 2009.
Proposition 06 - sécuriser les précaires en prolongeant les indemnités de chômages et en améliorant l'accès à la formation car ils sont les premières victimes des crises économiques.
Proposition 07 - interdire aux banques de spéculer avec l'argent des citoyens afin de protéger leur épargne et de ne pas faire courir de risques aux finances publiques. L'idée est de séparer les banques de dépôts des banques d'affaires.
Proposition 08 - créer une vraie taxes sur les transactions financières afin de mettre les marchés financiers à contribution pour abonder le fonds européen de stabilité.
Proposition 09 - lutter contre les délocalisations et imposer le respect des normes sociales et environnementales dans le commerce mondial

Chantier 2 : Contrer le chômage, construire une nouvelle société

Proposition 10 - investir dans une vraie politique de logement en construisant, sur cinq ans, davantage de logement afin de créer de l'emploi et de faire baisser les loyers.
Proposition 11 - déclarer la guerre au dérèglement climatique en agissant vraiment dans un domaine où les enjeux sont majeurs et urgents.
Proposition 12 - développer l'economie sociale et solidaire afin de mettre en place un modèle économique et social au service des citoyens et de répartir plus équitablement les richesses.
Proposition 13 - négocier un autre partage du temps de travail.

Chantier 3 - Construire enfin une Europe démocratique

Proposition 14 - faire éclore la démocratie en Europe en changeant radicalement les institutions et adopter un système parlementaire plutôt qu'un système dans lequel seuls des chefs d'états et de gouvernements sont autour de la table des décisions.
Proposition 15 - négocier un vrai traité d'Europe sociale

Les quinze propositions plus en détails

Un véritable contrat social et économique d'urgence qui repose sur une révolution fiscale et une sécurisation des salariés et des précaires. L'Europe est dans une crise économique grave, aussi grave que celle des années 30 aux Etats-Unis. La sortie de crise est obligatoirement conditionnée à une remise en question radicale et rapide des pratiques socio-économiques qui ont généré la crise. C'est ce que propose Roosevelt2012 avec ses quinze mesures qui sont à la disposition de tous les chefs d'états européens.

En 1933, alors que les Etats-Unis étaient plongés dans une crise économique sans précédent, que le taux de chômage atteignait des plafonds jamais atteints et que l'économie était au point mort, le New Deal de Franklin Roosevelt avait permis de relancer l'économie en quelques années. Pour cela, le Président Américain avait remis en cause les principes d'une économie américaine ultralibérale et n'avait pas hésité à renverser des dogmes établis pour imposer une nouvelle donne économique. La même remise en cause est fondamentale en Europe en 2012 afin que sortir l'Union Européenne du marasme économique dans lequel elle est plongée depuis 2008 et qui a déjà coûté très cher à ses états-membres...

Roosevelt2012
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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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commentaires

click this link 24/06/2014 09:47

Contracts like these are ideal to bring in a new dimension to the European economy. Recession has created a large crisis in the member countries and only by such economic reforms, you can overcome the crisis. Thank for a read pointing out the importance of these reforms.

Le Webzine de l'Histoire 09/07/2012 21:55

La Grèce qui paye 14 mois à ses fonctionnaires ? La grèce qui accorde des primes pour des personnels ayant su porter une liasse de papiers à l'étage supérieur ? La Grèce qui triche sur ses comptes
publics depuis des années ? L'Espagne qui finance des projets immobiliers ultra coûteux qui ne servent pas (donc ne sont pas rentables) ? C'est du laisser-faire ça ? Si les Etats sont en faillite
c'est qu'ils ont emprunté sur les marchés : s'ils savaient gérer leur budget, ils n'auraient pas besoin d'emprunter. Ou alors seulement pour des dépenses exceptionnelles.
Par ailleurs, je ne surestime pas la capacité des marchés financiers à s'autoréguler. D'ailleurs, ce qui a fait défaut dans la crise de 2008, c'est l'ABSENCE d'infrastructures de marchés,
c'est-à-dire des institutions, des organismes de surveillance, etc. ... chargé d'organiser et d'encadrer les marchés. On constate en effet que les marchés financiers régis organisés ont fonctionné
normalement et ne se sont pas effondrés en 2008. Ce sont les marchés de produits dits "toxiques" notamment qui, en raison d'une absence totale d'encadrement, sont entrés en crise.
J'ajoute que l'Etat américain porte une lourde responsabilité dans les origines de la crise des subprimes dans la mesure où il a incité les marchés à prêter à des ménages pas solvables : les
organisations para-publiques Fannie Mae et Freddy Mac ont acheté les crédits puis les ont titrisés, c'est-à-dire ont répandu un peu partout dans le monde de la finance des produits toxiques. Or,
ces entités étaient les bras armés de l'administration pour développer l'accès à la propriété. La création de ces entités a encouraga une prise de risque incontrôlée parce qu'elles étaient,
implicitement soutenues par l'Etat : dès lors, pourquoi se gêner quand on sait que c'est l'Etat qui paiera en dernier recours ? D'ailleurs, l'Etat, en 2008, s'est porté au secours de Freddie Mac et
Fannie Mae. C'était une situation dangereuse pleine d'aléa moral.
Et les Etats venus au secours de leurs banques ont aggravé leur situation financière, ce qui a amené la crise des dettes PUBLIQUES.
Une économie libérale connaît certes des ratés et des imperfections. Mais il faut analyser l'ensemble des causes et des acteurs en jeu pour comprendre ce qui s'est passé et ainsi trouver des
solutions adéquates.

Le Webzine de l'Histoire 30/06/2012 07:40

Tu écris : "L'an passé, le PIB américain augmentait de 260 milliards de dollars tandis que la dette publique s'envolait de 1300 milliards de dollars ; une telle disproportion ne peut perdurer sans
risque majeur. Le système capitaliste néolibéral a clairement atteint ses limites !"
Pour voir du libéralisme dans une situation de crise de la dette PUBLIQUE il faut vraiment en avoir une étrange vision... Assimiler un ETAT incapable de gérer son budget à une crise du secteur
privé, c'est comique. Si seulement les Etats avaient les mêmes obligations que les entreprises, ils mettraient la clef sous la porte : aucune entreprise ne pourrait continuer à vivre à un
endettement et un déficit aussi gigantesques. Tu as bien écrit "dette publique" pourtant : alors pourquoi accabler le libéralisme ?
Je ne comprends pas.

Olivier Moch 09/07/2012 14:05



C'est surtout le capitalisme néolibéral qui est à accabler. Il vante les vertus des marchés financiers mais ce système montre clairement ses limites. Les état se sont engouffrés, dans
l'immédiate après-guerre, dans ce système capitaliste néolibéral qui montra pourtant ses limites dès les années '70. Le néolibéralisme s'est intégré dans la gestion des états avec les
conséquences économiques que l'on peut voir en Grèce, en Espagne, en Italie et même aux Etats-Unis.



Le Webzine de l'Histoire 26/06/2012 22:47

Parler de Roosevelt 2012 et de New Deal pour sortir de la crise dans laquelle les ETATS se trouvent (j'ai bien dit les ETATS et non les entreprises privées : parlons d'ultralibéralisme après ça...)
me laisse perplexe : le New Deal n'a jamais réussi à vaincre la crise, il a été un échec économique éclatant. Par exemple, en 1938, le PNB qui valait un indice 100 en 1929 était de 95, soit 5
points en dessous. Pour l'emploi, le taux de chômage était de 19 % en 1938 contre 3 % en 1929.
Par ailleurs, avec toutes les réglementations existant dans l'économie, je ne vois comment on peut parler d'ultralibéralisme. Et si je ne me trompe, ce sont bien les ETATS qui ont volé au secours
des banques en 2008, préparant ainsi leur crise actuelle car ils ne sont même pas capables de faire en sorte que leurs dépenses soient inférieures aux recettes.
Taxer les riches, on ne sait faire que ça : il y en a plein qui s'installent en Suisse ou dans les paradis fiscaux (appellation qui signifie, en creux, que nos Etats sont des enfers fiscaux). Et
pas que des riches : j'ai entendu un reportage sur France Inter qui évoquait un couple d'ouvriers à la retraite (des ouvriers, oui !) qui s'inquiétait pour leur patrimoine si F Hollande était élu
et projetait d'aller en Suisse.
Ce qu'on peut tirer du New Deal c'est l'idée d'un Etat providence (une protection sociale pour tous et l'aide pour ceux qui en ont besoin). Mais prétendre augmenter la place de l'Etat dans la
société et l'économie ne me convainc aucunement. Je dirais même que ça m'inquiète...