Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 08:44

En 1980, Bernard Hinault triomphait des éléments pour remporter Liège-Bastogne-Liège

 

hinault.jpgCe matin, un blanc manteau recouvre le pays et sème la perturbation dans les esprits. La situation était annoncée - et donc prévisible - malgré cela, c'est le chaos sur les routes, ce matin la RTBF annonce quelque 1500 kms de files cumulées. Sur les médias sociaux, les commentaires vont en majorité dans le même sens... la neige qui paralyse l'activité normale. D'aucuns s'étonnent qu'il neige alros que Pâques se profile à l'horizon, ceux-la ont-ils oublié que nous sommes toujours en plein hiver ? En ce jour de neige, j'ai envie de vous raconter une histoire, un récit de sport, un récit de volonté humaine. En avril 1980, alors que Pâques était dépassé depuis deux semaines, la course cycliste Liège-Bastogne-Liège s'est déroulée sous une tempête de neige effroyable qui a décimé 85% du peloton. De cette tempête est sorti un Homme : Bernard Hinault qui a triompjé avec un panache extraordinaire des éléments, repoussant sans cesse les limites de la résistance humaine. Alors quand je lis ou que j'entends que d'aucuns peinent à sortir de chez eux pour aller bosser en ce jour de neige, je ris jaune pour ne pas pleurer. Cette édition de LBL 1980, je m'en rappelle comme si c'était hier tant cette course m'a captivé devant mon écran de télévision. Et il est vrai que ce 20 avril 1980, le Blaireau avait accompli un exploit comme seul le cyclisme est capable de nous en offrir.

Lorsqu’ils ouvrent les yeux ce dimanche 20 avril 1980, les 174 coureurs qui doivent prendre le départ de Liège-Bastogne-Liège n’en croient pas leurs yeux. Le paysage est recouvert d’un important manteau neigeux. Dans la province du Luxembourg, la quasi-totalité des routes que doit emprunter le peloton sont recouvertes d’une dizaine de centimètres de neige. La course aura-t-elle lieu ? Les organisateurs décident que oui et c’est sous un déluge fait de neige et de vent que les coureurs s’élancent du cœur de la Cité Ardente. Le froid est pénétrant et après, à peine, 70 kilomètres de course 114 cyclistes ont déjà renoncé à braver les éléments. Peu avant midi, le temps s’éclaircit un peu et la température repasse par delà le zéro permettant à la neige de fondre. On n’est pas encore entré dans le vif du sujet qu’il ne reste que trente hommes pour prétendre à la victoire, tous les autres ont posé le pied à terre… La course a pris un retard important sur le plus lent des horaires prévus.

C’est Rudy Pevenage (Ijsboerke) qui est le premier à attaquer. Il compte jusqu’à 2’15’’ d’avance avant d’arriver dans la côte de Stockeu, un des juge de paix de l’épreuve situé à quelque 80 bornes de l’arrivée. Dans Stockeu, Bernard Hinault (Renault-Gitanes) passe à l’ofensive alors que la neige se remet à tomber. Il entraine avec lui le Hollandais Luberding (Ti-Raleigh), l’Italien Contini (Bianchi) et l’Allemand Thurau (Puch). Hennie Kuiper, considéré comme l’un des favoris, chute et ne peut suivre le quatuor parti à la poursuite de Pevenage. En haut de Stockeu, Thurau a explosé et laché prise tandis que l’avance de Pevenage a diminué de près des trois quarts. Quelques kilomètres plus loin c’est la Haute-Levée… Pas le temps de récupérer des efforts de Stockeu. A la pédale, Hinault lâche un à un ses rivaux directs pour revenir sur Rudy Pevenage qui ne peut pas s’accrocher. Le Blaireau s’envole, sous une météo dantesque, vers sa seconde victoire dans La Doyenne.

Harnaché comme un alpiniste – passe-montagne, moufles et anorak - mais avec, paradoxalement, les jambes exposées au vent et à la neige, Bernard Hinault avale les cinquante derniers kilomètres en solitaire creusant, mètre après mètre, un écart exceptionnel. Il termine avec 9’24’’ d’avance sur Hennie Kuiper dont certains disent encore que sans sa chute il aurait pu suivre Le Blaireau. Quoiqu’il en soit, Bernard Hinault a accompli un exploit hors du commun, un exploit surhumain dans lequel il laissa la sensibilité de plusieurs de ses doigts «brulés» par le gel. Pour ne pas laisser plus de forces qu’il n’en fallait, Hinault escaladait les côtes à son rythme avant d’accélérer sur les portions de plat. De façon surprenante, le Blaireau déclara, plusieurs années plus tard, que ce ne fut pas sa victoire la plus dure. En effet, la concurrence étant réduite à peau de chagrin, il ne dut pas puiser trop dans ses réserves pour aller au bout. Quant au temps, Hinault dira que lorsqu’un coureur est en forme, il sait faire abstraction de la chaleur ou du froid pour aller au bout. Ce jour-là, seuls 21 coureurs étaient, semble-t-il, en forme puisqu’ils furent les seuls à franchir la ligne d’arrivée.

Affronter la neige c'est un état d'esprit, une attitude, un choix... Bernard Hinault a été au bout de son choix qui était, le matin au départ de la course, de gagner Liège-Bastogne-Liège malgré des conditions climatiques à ne pas mettre un cycliste dehors. Pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde, ce matin aussi c'était un état d'esprit d'affronter la neige; d'aucuns l'ont fait d'autres non !

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Moch - dans Humeurs
commenter cet article

commentaires

microneedle derma roller 02/05/2014 14:10

In snow? It is really crazy! However, I am sure that it is one of the biggest experiences in the life of any rider. I am so delighted to find your share and I would definitely visit your blog again for more info of this kind!