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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 09:53

Le typhon Haiyan vient de ravager les Philippines, cette triste opportunité climatique nous permet de revenir sur ces phénomènes que sont les ouragans et autres tempêtes.

 

tacloban.jpgHaiyan est passé de façon dramatique sur les Philippines avant de foncer sur le Vietnam, Christian a fait onze morts en Europe, fin octobre, Raymond a balayé la cote nord-ouest du Pacifique à peu près au même moment... Les tempêtes dévastatrices font l'actualité de cet automne ! Les ouragans, plus encore que les tempêtes et autres cyclones, sont des phénomènes naturels souvent dévastateurs. Le mot «ouragan» vient de l’espagnol huracan et est dérivé la langue indienne caraïbe dans laquelle Hunraken était le nom donné au dieu des vents et des tempêtes. L’ouragan prend différentes appellations en fonction de l’endroit de la planète où l’on se trouve. Ainsi, s’il est ouragan (où Hurricane en anglais) en Amérique du nord, il devient typhon dans le Pacifique sud-ouest ; cyclone dans l’Océan indien ; willy-willy dans les régions australes ou encore baguias aux Philippines...

L’ouragan est une tempête violente d’origine tropicale qui nécessite trois facteurs simultanés pour se déclencher : une accumulation de chaleur, une accumulation d’humidité et une absence de vent en altitude. Pour devenir ouragan, la tempête doit aussi répondre à des critères de vitesse et de taille. Ainsi, l’ouragan se déplace à une vitesse moyenne de 25 km/h tout en dégageant des vents d’une vitesse minimale de 117 km/h avec des rafales pouvant aller jusqu'à 300 km/h... Le diamètre d’un ouragan varie entre 500 et 1000 kilomètres ! Concrètement l’ouragan se forme consécutivement à une période de forte chaleur au dessus de l’océan. Le soleil réchauffe l’océan pendant plusieurs jours créant ainsi une masse d’air chaud et humide d’au moins 26° celsius. Cette masse s’élève rencontre une masse d’air plus frais ce qui crée une dépression, phénomène météorologique classique, avec formation d’une spirale en son centre. Les vents déplacent la colonne ainsi formée vers les côtes. Sous la colonne, l’eau de l’océan entretient l’instabilité tandis que la rencontre permanente d’airs chaud et froid perturbe davantage la masse engendrant des vents de plus en plus violents. Ce n’est qu’en touchant la terre ferme et en étant privé, par là même, de la masse d’eau chaude qui l’entretient que l’ouragan commence à perdre de sa puissance et de sa vitesse. Cependant, avant de disparaître dans les terres, il peut parcourir plusieurs milliers de kilomètres et provoquer de dégâts incommensurables. Il est à noter que le cœur de l’ouragan, d’un diamètre variant de 20 à 100 kilomètres, peut-être ensoleillé et sans nuage, en tous cas, toujours sans précipitation et avec des vents d’environs 30 km/h...

L’échelle de Saffir-Simpson détermine l’intensité des ouragans. Elle va de la simple dépression tropicale, avec des vents avoisinant 60 km/h mais augurant d’un ouragan à venir car les trois conditions de formation sont réunies, à l’ouragan de catégorie 5 dont les vents dépassent 249 km/h et qui engendre des marées de plus de 5,5 mètres. En terme d’intensité, la tornade avec des vents pouvant aller jusqu'à 760 km/h, est encore supérieure à l’ouragan mais ce dernier est probablement la tempête la plus destructrice qui soit à cause de sa durée (jusqu'à 9 jours) et de son étendue (il peut parcourir plusieurs milliers de kilomètres). En outre, les ouragans n’obéissent à aucune loi précise ce qui rend la prévision de leur point d’impact très difficile à l’avance. Si les spécialistes peuvent prédire qu’il passera sur la Floride, par exemple, il leur est impossible d’être plus précis... La saison des ouragans - qui ne touchent donc que l’Amérique du nord et les Caraïbes - débute en juin pour se terminer fin novembre. On compte, en moyenne, quelque 7 ouragans de diverse intensité par an, avec un record de 21 pour l’année 1993, et la Floride est la région la plus exposée à ce phénomène.

Pourquoi des prénoms ?

Les ouragans et autres tempêtes violentes ont quasiment tous un prénom, longtemps ce furent même des prénoms féminins que les météorologistes utilisèrent pour distinguer ces phénomènes climatiques. Cette habitude est née au 19è siècle quand les scientifiques décidèrent de donner aux ouragans le nom du saint du jour de leur naissance. En 1896, un météorologiste choisit de donner à ces tempêtes violentes le nom d’hommes politiques de l’époque mais des plaintes émanant des politiciens mis à l’honneur aboutirent à l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) qui décida donc d’utiliser pour nommer les ouragans le prénom des femmes de ces politiciens... Par la suite, la nomination fut étendue à l’ensemble des prénoms féminins. Cela dura jusqu’en 1979(1) lorsque l’OMM décida d’établir une liste de prénoms masculins, féminins, francophones, anglophones et hispanophones qu’elle utilise en alternance.

Quelques chiffres relatifs aux tempêtes les plus violentes

C’est en 1993 que l’on comptabilisa le plus d’ouragans et/ou tempêtes tropicales, à savoir 21. Viennent ensuite les années 1995 (19) et 1969 (18) ;

Le typhon Tip, qui se déclara le 12 octobre 1979, dans le sud-ouest du Pacifique détient toujours le record de la plus grande amplitude avec 1100 kilomètres de diamètres ;

La plus longue durée de vie revient à John qui dura 31 jours en août et septembre 1994. Né ouragan dans le Pacifique nord-est, il devient typhon en traversant la démarcation du Pacifique nord-ouest avant de redevenir ouragan en revenant sur ces base initiales... ;

Au Bengladesh, en 1970, un cyclone anonyme tua quelque 300.000 personnes qui furent, pour la plupart, submergées par plusieurs vagues déferlantes gigantesques ;

En 1992, Andrew causa les dégâts matériels les plus importants. L’estimation de ces dégâts se montait à plus de 25 milliards de dollars ;

Le willy-willy de Bathurst Bay généra, en 1889, le plus grand raz de marée jamais recensé avec des vagues de 13 mètres de hauteur...

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(1) sauf entre 1950 et 1952 où il fut décidé d’utilisé l’alphabet phonétique international pour nommer les ouragans

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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