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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 12:57

Le 8 août 1956… le Bois du Cazier !

Tutti cadaveri

On commémore aujourd’hui un événement tragique de l’histoire belge. La tragédie du charbonnage du Bois du Cazier, à Marcinelle près de Charleroi, est en effet l’un des jours les plus noirs du 20è siècle en Belgique… Mercredi 8 août 1956, une erreur humaine plonge la mine du Bois du Cazier dans le chaos le plus total. Rapidement, un incendie gagne les galeries de mine... 262 hommes de 12 nationalités différentes (avec une majorité d'Italiens, 136 au total) y perdront la vie ! Ce sont deux wagonnets mal positionné sur l’élévateur qui permet de remonter le charbon à la surface qui déclenchent la catastrophe. Dépassant de chaque côté, un des wagonnet frappe, durant la remontée, une poutrelle qui, à cause du choc, bouge violemment et arrache les câbles du téléphone, un câble à haute-tension et un tuyau d’air comprimé…
Un arc électrique s’échappe du câble à haute-tension ;
il enflamme de l’huile ;
l’air comprimé active les flammes ;
le feu est aspiré, à cause du système de ventilation, vers le fond et se propage dans les galeries…

C’est ainsi que bientôt, les entrailles de la terre carolo sont en flamme, une épaisse fumée monte vers le ciel et l’air libre, elle témoigne de l’importance du drame qui se déroule en dessous du carreau ! Une poignée d’hommes a pu sortir, six dans un premier temps ! Mais déjà la foule se presse sur les lieux ; il faut dire que le Bois du Cazier fait vivre une grande part des familles de la région, toutes veulent avoir des nouvelles d’un père, d’un frère, d’un oncle, d’un cousin ou d’un ami… Parmi les 275 mineurs qui descendent tous les jours, bon nombre d’italiens qui proviennent du même village (Manopello, dans les Abruzzes où une stèle commémorative a été érigée) et qui sont venus en Belgique échanger leur maigre condition contre ce qu’ils espèrent être un eldorado minier… Les secours tentent de se frayer un passage et d’accéder à la mine mais ils ne peuvent s’enfoncer que de 200 mètres car la chaleur est trop forte. A cet instant précis, ils savent que l’espoir de remonter des survivants est infime ! Des ingénieurs imaginent alors passer par un puits en construction. Las, ils tombent sur un mur de brique qui empêchent l’accès à un niveau où, selon les registres et les plans de la mine, il devrait y avoir une trentaine d’hommes qui travaillait et qui pourrait avoir échappé à a fournaise. Qu’à cela ne tienne, on perce le mur pour accéder à ce niveau… De fait, il reste quelques survivants ; six encore… L’entreprise de sauvetage se poursuit toute la journée et toute la nuit suivante. Il fait nuit noire lorsqu’un dernier homme est remonté ; il est vivant mais décédera quelques heures plus tard à l’hôpital. Ce matin là, 275 mineurs sont descendus, seuls 13 sont remontés…

Aujourd'hui, le site est devenu un lieu de souvenir où viennent encore se recueillir des centaines de personnes. Un musée de l'Industrie a ouvert ses portes et un "Espace 8 Août 1956" propose au visiteur de se rendre compte de la catastrophe grâce à des films d'actualité de l'époque, des témoignages photographiques et humains... Heure par heure, jour par jour, le visiteur peut suivre l'évolution de la tragédie jusqu'à son épilogue et la fameuse phrase d'un sauveteur remontant de l'Enfer : "Tutti cadaveri" qui, tel un couperet, tomba net signifiant la fin de l'espoir pour plusieurs dizaines de femmes, devenues à cet instant veuves, et d'enfants...

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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