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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 17:07

Le 16 février 1899, le Président Faure mourrait des suites d'une gâterie prodiguée par sa maitresse à l'Elysée.

faure.jpg1899, la France s'enlise dans l'Affaire Dreyfuss qui divise le pays. Félix Faure, qui a été élu en janvier 1895, est un Président de la République tracassé. A 58 ans, il sort d'une longue campagne de négociations pour le rapprochement franco-russe et la Crise de Fachoda (1898) laisse les relations diplomatiques entre la France et l'Angleterre très tendues. A l'image de beaucoup d'hommes en vue de l'époque, Félix Faure a une maitresse, il s'agit de Marguerite Steinheil, la femme du peintre Adolphe Steinheil que le Président à rencontré lors des séances de pauses pour un portrait commandé à l'artiste. Au fil de ses séances, Faure et Marguerite se sont rapprochés au point de devenir amants. Fréquemment, ils se rencontrent à l'Elysée où Félix Faure n'hésite pas à la faire venir en fin de journée. C'est le cas ce 16 février 1899, où Marguerite est "convoquée" à l'Elysée à 17h00. A peine est-elle introduite dans le bureau de Félix Faure qu'elle se déshabille et lui offre, semble-t-il, une petite gâterie apéritive. Mais rapidement, Félix Faure se sent mal et demande à Marguerite Steinheil d'aller chercher de l'aide, il étouffe et semble perdre la vue. Elle sonne les domestiques et se rhabille en vitesse pour s'éclipser... En entrant dans le bureau, les domestiques découvrent un tableau plutôt ahurissant : le Président Faure étouffant, probablement avec le pantalon sur les chevilles, et Madame Steinheil rajustant son corsage. Cette dernière file par une porte camouflée et parcourt quelques rues pour s'éloigner de l'Elysée avant de héler un fiacre. Dans le bureau présidentiel, des médecins sont appelés au chevet de Félix Faure mais sont totalement impuissant à le sauver. Vers 22h00 la mort du Président de la République est officiellement annoncée; il est décédé d'une congestion cérébrale.

Bientôt la nouvelle circula dans Paris, une fuite laissa entendre que la mort du Président était survenue lors d'une fellation et la moquerie prit le pas sur la tragédie. Le lendemain, plusieurs journaux font leur une sur cet événement tragicomique tandis que les chansonniers sans donnent à coeur-joie. La pauvre Marguerite Steinheil - dont la liaison avec le Président ne fut que secret de polichinelle - fut surnommée "La Pompe Funèbre" eut égard à cette gâterie mortelle tandis que Georges Clémenceau, futur Président du Conseil, qui ne portait pas Faure dans son coeur laissa échapper ce bon mot à double sens : "Il voulut être César, il ne fut que Pompé(e)", jouant sur le goût prononcé du Président pour ce genre de gâteries autant que sur le rôle de sous-fifre de Pompée par rapport à Jules César. Quelques jours plus tard, ce même Clémenceau lâcha cette autre mot reprit par L'Aurore, le quotidien partisan de Dreyfus dans lequel Emile Zola publia son célèbre "J'accuse... !" : "En entrant dans le néant il a du se sentir chez lui". Félix Faure, qui fut pourtant l'artisan du rapprochement de la France et de la Russie, laissa à la postérité les circonstances de sa mort davantage que son action politique; on retient effectivement de lui qu'il fut plus célèbre pour sa mort que pour sa vie... Il est d'ailleurs à ce jour le seul Président de la République mort en fonction dans l'enceinte de l'Elysée.

Le 23 février 1899, l'enterrement de Félix Faure déboucha sur... une tentative de coup d'état menée par le nationaliste Paul Déroulède qui, avec sa Ligue des Patriotes, essaie de renverser la IIIè République décapitée de son Chef suprême. Quant à Marguerite Steinheil, sa réputation sulfureuse lui valut quelques relations intéressées, notamment avec Aristide Briand, un autre futur Président du Conseil, avant de se retrouver devant un tribunal pour le meurtre de son mari et de sa belle-mère... Faute de preuves, elle fut acquittée et émigra vers l'Angleterre. Elle s'installa à Londres où elle rencontra le Baron Abinger qu'elle épousera en 1917. Marguerite Steinheil, Baronne Abinger, meurt en 1954 à Hove... dans le Sussex, ça ne s'invente pas !

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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