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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 12:59

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme estime à six mille le nombre de personnes tuées en Syrie depuis le début du Printemps Arabe... Bachar El-Assad porte la responsabilité de ces morts !

 

bae.jpgLorsqu'il succède à son père Hafez El-Assad, en 2000, Bachar El-Assad est perçu par la population syrienne comme un réformateur qui se fixait pour mission de démocratiser le pays. Rapidement, un vent de liberté souffle sur le pays, le nouveau Président libère de nombreux prisonniers politiques et une certaine liberté d'expression s'installe par les voix d'intellectuels trop longtemps réduits au silence. D'aucuns avancent même la fin de l'état d'urgence décrété en 1963 par Amin Al-Hafez suite au coup d'état qu'il mena lors de la grande période d'instabilité politique en Syrie. Mais bientôt, sur pression des Conseillers de son père qui craignent cette libéralisation du pays, Bassar El-Achad met un frein à cet embryon de démocratisation de la Syrie. Il renforce l'interventionnisme de l'état et fait emprisonner plusieurs centaines d'intellectuels qui osent s'exprimer en dehors de la ligne de conduite fixée par le Gouvernement. Lorsqu'éclate, en décembre 2010, la révolte tunisienne qui donna naissance au Printemps Arabe, la population syrienne ne met pas longtemps pour embrayer. Le pays est place sous le joug d'El-Assad et de son Gouvernement, la corruption est érigée en pratique courante, les Droits de l'Homme sont bafoués et la police est ultraprésente. Les manifestations, les rassemblements et les sit-in débutent en février 2011; le revendications populaires sont claires : davantage de liberté et de démocratie, levée de l'état d'urgence, réforme de l'état et départ du Président El-Assad. Immédiatement Bachar El-Assad réprime les différents mouvements par la force et la violence. Les arrestations se multiplient et les Moukhabarat (services secrets) entrent en action, par tous les moyens, afin de tenter de maitriser la situation. Celle-ci se dégrade pourtant très vite. Le pays est au bord du chaos au mois de mars, des bâtiments (dont le siège du parti Baas d'El-Assad) sont incendiés et les manifestations dans plusieurs grandes villes - Damas, Deraa, Homs, Banias... - se transforment en émeutes qui finissent en bain de sang. L'organisation internationale Human Rights Watch, dont la mission est de veiller au respect des Droits de l'Homme s'alarme et évoque un "véritable massacre" mené par les autorités syriennes à l'encotre des populations qui manifestent dans les rues. Les arrestations se multiplient, souvent arbitraires toujours violentes.

Malgré la répression, le mouvement de colère populaire s'étend à l'ensemble du pays. El-Assad a recours à l'aviation militaire pour le bombardement de plusieurs quartiers dans différentes villes du pays. Ces frappes aériennes engendrent des zones totalement privées d'accès, sans possibilités de soins pour les blessés ni acheminement de vivres. Les morts s'accumulent, des civils pour la grande majorité. Dans le même temps, sûr de son fait, Bachar El-Assad clame que son pays est victime de groupes armés soutenu et financé par des pays étrangers dans le but de déstabiliser la Syrie... En août 2011, l'ONU condamne l'utilisation de la force par les autorités syriennes à l'encontre de la population et un Conseil National Syrien est mis en place afin de coordonner les actions à l'encontre du régime d'El-Assad mais ce CNS ne reçoit que peu de crédit aux yeux internationaux. Seuls les Etats-Unis, la France, l'Espagne et la Libye (elle aussi doté d'un Conseil de Transition) apportent leur reconnaissance officielle. Est-ce par "peur" des menaces syriennes de prendre des mesures contre tout état qui reconnaitrait le CNS ou simplement par manque d'intérêt pour la situation de la population syrienne voire encore par intérêt diplomatico-commercial que les autres nations mondiales n'ont pas reconnu le Conseil National Syrien comme légitime ? Pire encore, certaines nations - la Chine, la Russie et le Vénézuela notamment - apportent, directement ou indirectement, leur soutien à Bachar El-Assad alors que la population syrienne vit l'enfer au quotidien.

Il est difficile voire impossible d'établir un compte précis mais le haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme avance le chiffre de 6000 personnes tuées par la répression de Bachar El-Assad, d'autres sources, comme l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, avancent plutôt le chiffre de 7600 morts... Avant-hier encore, 68 civils ont été abattus par l'armée (ndlr dont le chef suprême est Bachar El-Assad promu Général en Chef des Armées syrienne lors de son intronisation à la présidence du pays) alors que hier c'étaient deux journalistes, Remy Ochlik et Marie Colvin qui mourraient dans le bombardement (délibéré selon The Telegraph d'hier) d'un centre de presse à Homs. Selon le journaliste français Jean-Pierre Perrin, les autorités syriennes savaient très bien ce qu'ils visaient, elles savaient qu'en détruisant ce centre de presse elles anéantiraient aussi la sortie d'informations vers les pays étrangers. Dans son dernier reportage pour la BBC, Marie Colvin dénonçait une situation dramatique mettant en exergue la mort d'un enfant de deux ans victime d'une balle militaire. "Cette situation revient quotidiennement" concluait-elle... Ce dernier reportage était parti du centre de presse détruit le lendemain par les frappes militaires d'El-Assad ! A son tour, le Comité International de la Croix Rouge tire le signal d'alarme car il ne peut plus acheminer l'aide utile aux blessés. "La situation actuelle exige qu'une décision soit prise immédiatement pour qu'une pause humanitaire puisse être instaurée"(1) déclare Jacob Kellenberger avant d'ajouter que "A Homs et dans d'autres zones touchées des familles entières sont bloquées chez elles depuis des journées, sans pouvoir sortir pour acheter du pain, d'autres vivres, de l'eau ou accéder à des soins médicaux"(1)...

L'assassinat de plusieurs milliers de civils depuis le mois de février 2011 fait de Bachar El-Assad un meurtrier de masse... un Tueur en Syrie ! Il est temps que la communauté internationale agisse, qu'elle ne se contente plus de paroles de condamnation mais qu'elle organise une intervention pour libérer la Syrie du joug de cette crapule d'El-Assad !

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(1) 68 nouveaux civils morts en Syrie, par AFP, on http://tempsreel.nouvelobs.com/, 22 février 2012

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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