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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 13:11

Courtauld met en avant la relation créative entre le postimpressionniste de Montmartre et la danseuse du Moulin Rouge; la Tate Modern présente une rétrospective Miro unique. Deux expositions à voir...

TLM.jpgLa capitale anglaise est le paradis de la culture ! Il est impossible de ne pas trouver culture à son goût tant les variations sur des thèmes différents sont multiples à Londres. De musées - gratuits pour la plupart - en spectacles, d'animations de rues en concerts dans des lieux prestigieux, de boites de jazz en excursions historiques... l'offre culturelle est infinie à l'ombre de Big Ben et de la Tour de Londres. Pour l'instant, parmi les nombreuses expositions accessibles, il en est deux qui sont nécessairement à voir, celle consacrée à Joan Miro, le fabuleux peintre surréaliste catalan , et celle consacrée à la relation artistique entre Toulouse-Lautrec et Jane Avril. Alors, pourquoi pas un petit trip à Londres avec, entre un shopping chez Harrods et une balade dans Hyde Park, une visite à la Tate Modern et à la Somerset House ?

Joan Miro... première rétrospective depuis près de 50 ans

Né à Barcelone en 1893, Joan Miro est l'un des artistes les plus emblématiques du 20è siècle. Peintre, graveur, céramiste son oeuvre est totalement imprégnée de trois thèmes : le subconscient, l'esprit de l'enfance et la Catalogne. Après avoir flirter avec l'expressionnisme et le fauvisme à ses débuts, Miro a opéré un virage vers le surréalisme, dans les années '20, lorsqu'il quitta Barcelone pour Paris. A partir des années trente, il abandonne les techniques traditionnelles de la peinture, il casse les codes de l'esthétisme et du surréalisme pour laisser libre court à sa liberté d'expression picturale. Partisan des couleurs flamboyantes, Miro a marqué de son empreinte unique l'art du siècle passé. La Tate Modern consacre donc, jusqu'au 11 septembre prochain, une rétrospective d'envergue au génial peintre catalan à la carrière longue de soixante ans. 150 peintures, dessins, sculptures et gravures sont proposées au public dont de nombreuses réalisations marquants de l'artiste. Une occasion exceptionnelle de (re)découvrir Joan Miro et son oeuvre ! La rétrospective de la Tate Modern met en évidence l'aspect profondément humaniste de Miro ainsi que sa sensibilité catalane; elle retrace aussi les angoisse de l'artiste et son engagement politique à travers ses oeuvres à un moment - celui de la guerre civile espagnole et de la montée du nazisme - particulièrement troublé de l'Histoire du 20è siècle. Joan Miro était un témoin de son époque, c'est aussi cela que tend à montrer l'exposition que lui consacre la Tate Modern.

Miro
du 14 avril au 11 septembre 2011
Tate Modern
Sur Bankside (rive sud de la Tamise)

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Toulouse-Lautrec et Jane La Folle

Paris, fin du 19è siècle, le Bal Bullier est à la mode, le Moulin Rouge ouvre ses portes et s'apprête à devenir un haut-lieu de la capitale. Nini-les-patte-en-l'air, Yvette Guilbert, La Goulue et Jane Avril, à moitié danseuses et à moitié prostituées, sont les vedettes de la nuit parisienne, elles dominent les hauts-lieux de Montmartre où l'on vient s'encanailler. Henri de Toulouse-Lautrec, peintre postimpressionniste né en 1864 dans le Tarn, a croqué à merveille la Bohème parisienne des années 1890. Il était l'âme de Montmartre, son quartier d'adoption, et à travers son oeuvre il a dépeint la vie quotidienne de la Butte ainsi que ses nuits de débauche. Parmi ses modèles privilégiés il y a La Goulue d'abord, Jane Avril ensuite. Celle-ci séduit Toulouse-Lautrec car elle danse sans vulgarité, avec grâce même, et elle fréquente les milieux intellectuels et artistiques. Jane Avril, qui souffre d'épilepsie et de crises d'hystérie, est surnommée Jane la Folle mais elle est captivée par le travail de Toulouse-Lautrec. Aussi l'artiste consacre-t-il son temps, à partir de 1892, à croquer La Folle dans une grande partie de son oeuvre. Il la représente sur plusieurs de ses célèbres affiches mais lui consacre bon nombre de portraits où elle est présentée solitaire, mystérieuse et à mille lieues des paillettes et des frou-frous. C'est cette relation - purement amicale car Toulouse-Lautrec souffrait d'une difformité qui ne permettait pas à Jane Avril d'envisager plus que de l'amitié - entre deux personnages marquants du Montmartre de la fin du 19è siècle que montre l'exposition proposée par le Courtauld Institute of Art jusqu'au 18 septembre prochain. Une exposition remarquable qui trouve sa genèse dans l'idée d'aller plus loin qu'avait eue, en 2009, une historienne de l'art de l'Institute Courtauld. En effet, l'Institut possédait une toile de Toulouse-Lautrec peinte en 1890 sur laquelle était représentée une Jane Avril triste, perdue dans ses pensées et apparaissant plus vieille que son âge réelle de l'époque (22 ans). L'idée était de connaitre un peu plus la vie de La Folle et d'approfondir sa relation avec Toulouse-Lautrec. Il aura fallu près de deux ans de recherches et de démarches auprès de différents musées à travers le monde pour réunir une soixantaine d'objets, de toiles et d'affiches autour de la relation créative entre Jane Avril et Henri de Toulouse-Lautrec. Le travail fut d'ampleur mais le résulat en valait la peine...

Toulouse-Lautrec and Jane Avril beyond The Moulin Rouge
du 16 juin au 18 septembre 2011
Courtauld Institute of Art
Somerset House
Sur le Strand
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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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