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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 13:03

Série de l'été - 1991, la chanson testamentaire de Freddie Mercury...

07-the-show-mus-go-on.jpegEn février 1990, lorsqu'il apparait à la cérémonie des Brits(1) où Queen reçoit le titre de Meilleur Groupe Anglais de la Décénnie 80, Freddie Mercury est fortement marqué. Il a les traits tirés, est faible et livide. Ce sera sa dernière vraie apparition publique et dès le lendemain des rumeurs circulent faisant état que le chanteur de Queen serait atteint du Sida. Sa vie dissolue, sa bisexualité avouée et les folles nuits londonienne auxquelles il participe renforcent les bruits autour de sa maladie. La rumeur est avérée, Mercury sait qu'il est porteur du VIH depuis 1987(2), mais n'est pas officielle, elle ne le sera que la veille de sa mort, le 24 novembre 1991. D'ailleurs, fin février 1990, par voie de communiqué de presse Queen dément la maladie de son leader. Mais cette putain de maladie, elle est bien là et, depuis plusieurs mois, elle affaiblit énormément Freddie Mercury qui, malgré tout, a enregistré plusieurs chansons dans l'optique d'un nouvel album. These are de days of our lives, Innuendo, Headlong, I'm going slightly  mad et The Show must go on sont enregistrées, péniblement, entre septembre et décembre 1990. Ces chansons et quelques autres composeront le magnifique album Innuendo, qui sort en février 1991, quelques jours avant la fameuse cérémonie des Brits. Mother Love aurait également du être sur l'album mais totalement épuisé, Freddie Mercury n'aura pas la force d'enregistrer le dernier couplet. C'est Brian May qui le fera pour inclure le titre sur un album posthume, Made in Heaven, qui sortira en 1995.

The show must go on a failli ne pas être sur Innuendo pour les mêmes raisons mais Mercury voulait a tout prix qu'elle y fut, il entrevoyait probablement cette chanson, dont le texte et la musique sont de Brian May, comme son testament musical. Alors, il a puisé dans ses réserves pour enregistrer la chanson à la fin de l'année 1990. Les paroles écrites par Brian May sont pleines d'allusions à la fin proche de son ami (I'll top the bill, I'll overkill/Je tiendrai l'affiche, ça me tuera - I'll soon be turning the corner/Je prendrai bientôt le virage - My make-up may be flaking/Mon maquillage s'écaille peut-être - in the dark I'm aching to be free/dans le noir je me réjouis d'être libre) mais elles se veulent aussi réconfortantes afin de laisser une image positive du chanteur (But my smile stays on/Mais mon sourire demeure - I'm never giging in/Je n'abandonne jamais). La construction musicale repose sur un échange permanent, comme un dialogue, entre la guitare de Brian May et la voix de Freddie Mercury. La structure est un long crescendo qui demande à Mercury d'aller puiser énormément d'énergie dans ses réserves. May racontera d'ailleurs par la suite qu'il a cru, le jour de l'enregistrement, que Freddie Mercury n'aurait pas assez de forces pour mettre la chanson en boite. Mercury avala un verre de vodka d'un trait et répondit "I'll fuckint do it, Darling" ("Bordel, je vais le faire, mon Chéri")... avant d'enregistrer la chanson en une seule prise et de s'écrouler, terrassé par l'epuisement.

Jusqu'en juin 1991, Freddie Mercury profite du moindre répit que lui offre la maladie pour travailler avec Queen, notamment sur la mise en boite des clips de plusieurs chansons qui doivent être diffusée en télé. La vidéo de These are the days of our lives est la dernière qu'il peut mettre en boite, elle est tournée en noir et blanc car cela permet de masquer au maximum les ravages de la maladies sur le visage de Mercury. Les prises de vues dans lesquelles apparait le chanteur sont bouclées le 31 mai 1991, dès le lendemain Mercury se retire dans sa maison de Kensington; il n'en sortira plus ! 

Le clip de The show must go on sort en octobre 1991 alors que Freddie Mercury est à l'article de la mort. Réalisé avec des images d'archives et d'autres clips, il se veut rétrospectif de la carrière du groupe appuyant ainsi la volonté de chanson testamentaire de Freddie Mercury. Innuendo, l'utltime album de Queen du vivant de son chanteur est une plaque remarquable, beaucoup s'accordent à dire qu'elle est parmi les plus aboutiesdu groupe. Quoi qu'il en soit, pour parvenir à la proposer au public, malgré la maladie, Mercury aura travailler comme un forçat, allant au bout de lui-même et parfois plus loin pendant dix mois, entre enregistrement studio et réalisation de clips, pour laisser un album aux frontières de l'opéra et du rock dans la plus pure veine de Queen...

Freddie Mercury s'éteint chez lui, à Kensington, le dimanche 24 novembre 1991 des suites d'une pneumonie. Il avait 45 ans et avait annoncé officiellement souffrir du Sida la veille...



07-The-show-must-go-on---paroles.jpg



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(1) British Awards, souvent raccourcis en Brits,les récompenses décernées chaque années par l'Industrie du Disque Britannique
(2) voire peut-être depuis 1986 car un article du Tabloid The Sun évoquait déjà le sida après que Freddie Mercury ait passé des tests dans une clinique de Harley Street en octobre.

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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