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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 15:50

Série de l’été – 1991, l’hommage de Clapton à son gamin mort défenestré…

 

tears01Né Eric Patrick Clapp, le 30 mars 1945, à Ripley, dans le Surrey à une cinquantaine de kilomètres de Londres, Clapton a été élevé par ses grands parents qui lui offrent sa première guitare alors qu'il n'a que 13 ans. C'est seul qu'il entreprend de se former à cet instrument qui le fait déjà rêver. Trois années plus tard, il quitte le domicile pour s'installer à Londres et mener une vie de bohême. Il a 16 ans et découvre le blues par le biais de Muddy Waters, Big Bill Broonzy et Robert Johnson… Il monte, en 1963, un premier groupe - The Roosters - avec la complicité d'un certain Brian Jones(1), déjà guitariste des Rolling stones qui venaient de voir le jour. Mais, l'expérience tourne court et quelques mois plus tard, à l'automne 1963, il rejoint les Yardbirds avec lesquels il reste 17 mois. C'est avec eux que Clapton s'impose comme un guitariste de blues et il acquiert le surnom de Slowhand, la main lente… Eric Clapton manie alors sa Fender Telecaster comme personne et il rencontre le succès avec For your love écrit par Graham Gouldman

Repéré par John Mayall, le leader des BluesBreakers, Clapton rejoint ce groupe en 1966; il a encore gravi un échelon. En effet, il se lance comme chanteur avec le standard Ramblin'on my mind, une reprise de Robert Johnson. Cette chanson sert aussi de déclic à une jeune guitariste noir américain totalement inconnu qui va prendre Clapton comme modèle; un certain Jimi Hendrix(2) ! Eric Clapton progresse encore au contact de génial John Mayall. Il se produisent fréquemment en concert privé, en duo, dans des petites boites londoniennes où ils font un tabac. Virtuose incontestable, Clapton dépasse vite Mayall et devient un maître, un Guitar Hero… Mieux encore, il se mythifie, sur les murs de la capitale anglaise on voit fleurir le slogan "Clapton is God !" ("Clapton est Dieu !")… Il a troqué sa Fender pour une Gibson (modèle Les Paul) et prouve sa virtuosité en passant d'une guitare à l'autre sans aucune appréhension. Donnez n'importe quelle guitare, même mal accordée, à Clapton et il en sortira un son sublime !

Clapton a la bougeotte, il ne sait pas rester dans un groupe. Entre 1967 et 1971, il fonde Cream avant de s'en aller mettre sur pied Blind Faith et ensuite de rejoindre Derek & the Dominoes… Les hits s'enchaînent, on peut noter I feel Free (1966), Sun shine of your love (1967) ou Présence of the Lord (1969), la première chanson écrite par Eric Clapton. En 1970, avec Derek & the Dominoes, il enregistre un album extraordinaire intitulé "Layla and other assorted love songs"… Un bijou qui contient le non moins excellent Layla, 7 minutes et 10 secondes de pur génie musical signé Clapton ! Et pourtant, Layla aurait bien pu être le chant du cygne… En effet, entre 1971 et 1973, il traverse une période noire marquée par un amour inabouti pour Pattie Boyd, la femme de son ami George Harrison et, surtout, par une longue descente aux enfers de la Cocaïne… Aidé par son ami Pete Townshend, le guitariste des Who's un autre groupe de légende, il décide de se reprendre en main, de se soigner et de revenir au premier plan. Par le biais de l'électro-acupuncture, il se débarrasse de son addiction à la drogue. Et comme, souvent il faut descendre très bas pour mieux remonter, Clapton va revenir encore meilleur qu'avant. 1973 marque l'année la plus fabuleuse de Slowhand. Townshend lui a remis le pied à l'étrier alors il repart et enregistre, en solo, "461 Ocean Boulevard" qui contient Get Ready, Please be with me et I shot the sheriff, la seconde chanson de Clapton - après Layla - qui fera le tour du monde… La fin des années '70 voit la parution de quelques titres classiques dont le fameux Sign language (1976) écrit par Bob Dylan pour Clapton ou encore le très biographique Cocaïne, qui lui colle à la peau même s'il n'en n'est pas l'auteur.

Dans les années '80, Eric Clapton se tourne vers la musique de film. Il participe ainsi à la création des bandes originales de films comme "Back to the Futur" (1984, Robert Zemeckis), "The colour of money" (1986, Martin Scorsese) "Homeboy" (1988, Michael Seresin) ou "Lethal Weapon" dont il participe à la bande originale des quatre épisodes entre 1987 et 1998… On se souvient du splendide It's probably me en trio avec Sting et Mickael Kamen pour le troisième opus. Parallèlement, Clapton travaille avec d'autres grands noms comme Ry Cooder, Phil Collins, Jimmy Page, Tina Turner, Dire Straits ou Roger Hawkins. Suprême honneur pour un guitariste, en 1988, Fender baptise un de ses modèles Stratocaster du nom d'Eric Clapton…

Mais le malheur rattrape Clapton ! En mars 1991, quelques jours avant son 46è anniversaire, il perd son fils de manière tragique. Connor à quatre et il tombe accidentellement par la fenêtre du 53è étage d'un building de New York. Terriblement touché, c'est encore une fois grâce à ses ami - et à George Harrison en particulier bien peu rancunier du fait que Clapton lui ait finalement piqué Pattie Boyd… - et au travail que le guitariste remontera, une nouvelle fois, la pente. En hommage à son fils trop tôt disparu, il compose l'extraordinaire Tears in Heaven où il se demande si le paradis existe et s'il y retrouvera Connor un jour ? Fin de l'année 1992, il participe à la célèbre émission "Unplugged" de MTV qui enregistre avec la venue de Clapton probablement la meilleure émission de toute la série. L'album homonyme de la captation du show est sensationnel et se doit de faire partie de la discothèque de tout amateur de vraie musique. Et il faut croire que des amateurs de vraie musique il y en a beaucoup car 14 millions d'exemplaire de "Eric Clapton Unplugged" sont vendus !

 

Tears in heaven

 

Would you know my name if I saw you in heaven?
Would it be the same if I saw you in heaven?
I must be strong and carry on,
'Cause I know I don't belong here in heaven.

Would you hold my hand if I saw you in heaven?
Would you help me stand if I saw you in heaven?
I'll find my way through night and day,
'Cause I know I just can't stay here in heaven.

Time can bring you down, time can bend your knees.
Time can break your heart, have you begging please, begging please.

Beyond the door there's peace I'm sure,
And I know there'll be no more tears in heaven.

 

Would you know my name if I saw you in heaven?
Would it be the same if I saw you in heaven?
I must be strong and carry on,
'Cause I know I don't belong here in heaven.

'Cause I know I don't belong here in heaven.

Traduction


Saurais-tu encore mon nom si je te voyais au paradis ?
Serais-tu encore le même si je te voyais au paradis ?
Je dois être fort et supporter
Parce que je sais que je ne suis pas bien ici, au paradis

Me tiendrais-tu la main si je te voyais au paradis ?
Serait-ce encore la même chose si je te voyais au paradis ?
Je dois être fort et supporter
Car je sais que je ne peux pas rester ici, au paradis

Le temps peut abattre, le temps peut mettre à genoux
Le temps peut briser le coeur, sans demander pardon, demander pardon

Derrière la porte, il y a la paix j'en suis sûr
Alors je sais qu'il n'y aura plus de larmes au paradis...

 

Saurais-tu encore mon nom si je te voyais au paradis ?
Serais-tu encore le même si je te voyais au paradis ?
Je dois être fort et supporter
Parce que je sais que je ne suis pas bien ici, au paradis

Parce que je sais que je ne suis pas bien ici, au paradis



Ecouter Tears in heaven 

Live au Madison Square Garden, en 1999

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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