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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 15:37

Série de l'été - 1968, la provocation diabolique de Jagger...

 

serieete15---The-Rolling-stones.jpg1968, en Angleterre, les Beatles sont au sommet, mais de plus en plus pointe à l’horizon un groupe qui rêve de les détrôner, The Rolling Stones. Après cinq albums de bonnes factures mais d’où n’ont véritablement explosé que deux titres, Satisfaction et Ruby Tuesday, les Stones sortent, en 1967, la plaque Their satanies majesties request qui parodie ouvertement l’album Sergent pepper’s lonely hearts club band. Il faut d’ailleurs noter l’autodérision de John Lennon et Paul McCartney qui font les chœurs sur le titre d’ouverture de l’album, Sing this all together, un joli clin d’œil mais qui tendrait aussi à démontrer que la rivalité entre les Fab Four et les Stones était surtout médiatique et/ou commerciale. L’album n’est pas une réussite commerciale et l’opprobre est jeté sur Jagger et sa bande car plusieurs titres évoquent ouvertement le diable ou des rites sataniques… En fait, on parle davantage de ses allusions que de la qualité musicale des chanson. Un peu par provocation, Jagger travaille donc sur une chanson qui parle ouvertement du diable. Puisque les allusions dérangent, alors il l’évoquera sans fard ! Pour écrire son texte, Mick Jagger s’inspire du roman classique de la littérature russe, Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov. Jagger positionne le chanteur de ce titre comme le narrateur d’une histoire; ce narrateur est le Diable en personne qui évoque ses exploits tout au long de l’histoire humaine. Mais on s’aperçoit en fait, au long du texte, que ces exploits diaboliques ne sont en fait que de tristes comportements humains.

A l’origine, la chanson est composée pour être un morceau folk, Jagger confesse d’ailleurs s’être inspiré de Bob Dylan pour la construire mais Keith Richards propose de lui donner du poids en accélérant le tempo, en y ajoutant des percussions ainsi qu’un long solo de guitare qui porte sa griffe. La chanson devient donc un rock mâtiné de samba allant crescendo. Clairement, Mick Jagger affiche de la provocation jusque dans le titre puisqu’il baptise la chanson Sympathy for the DevilDe la sympathie pour le Diable ! Il fallait oser alors que qu’on finissait de reprocher aux Rolling Stones d’user d’allusions au Malin. Et évidemment, lorsque la chanson parait, en décembre 1968 sur l’album Beggars Banquet, l’avalanche de critiques nourries par la peur s’abat sur les Stones qui sont accusé de dévotion à Satan mais aussi d’être source d’influence néfaste sur la jeunesse anglaise trop allaitée aux chansons policées des premiers albums des Beatles. Il est clair que Beatles et Rolling Stones ne boxent pas dans la même catégorie et que des clans se forment au sein des couches adolescentes de sa très gracieuse majesté. On est fan des Beatles ou l’on s’affiche pour les Stones, mais on ne peut pas se ranger des deux côtés. Quoi qu’il en soit, Mick Jagger a réussi son pari, avec l’album Beggars Banquet (qui contient quelques perles comme Street Fighting Man, No expectation et, bien sûr Sympathy for the Devil), de faire des Rolling Stones un groupe fort, un groupe qui, bien qu’il existe depuis six ans, est à l’aube d’une carrière exceptionnelle qui dure encore aujourd’hui, plus de quarante ans après cette provocation notoire…

Sympathy for the Devil évoque clairement de grands événements tragico-historiques comme la Révolution russe, l’assassinat du Tsar et de sa famille, la seconde guerre mondiale ou l’assassinat de JFK, des événements que le Diable narrateur s’imputent comme pour mieux exorciser l’idée que tous ces actes barbares ont été posés par des Hommes… Mais le passage qui heurta surtout la moralité bien-pensante de l’Angleterre des années ’60 se trouve en début de chanson, lorsque qu’est évoquée la crucifixion de Jésus-Christ sur l’ordre de Ponce Pilate. Alors que la chanson fut enregistrée, en juin 1968, dans les studios Olympic de Londres, c’est à Los Angeles, quelques semaines plus tard alors que Jagger, Richards et le producteur Jimmy Miller s’occupent de la postproduction de l’album que l’idée d’ajouter les fameux whoo whoo qui renforcent le côté envoutant de l’ensemble…

Aujourd’hui, plus de quatre décennies après la sortie de Sympathy for the Devil, les historiens du rock s’accordent à dire qu’il s’agit de la chanson la mieux construite du 20è siècle, un savant mélange de tam-tam, de samba, de rock agrémenté d’un riff de guitare phénoménal pour accompagné un texte puissant servi par des chœurs qui apportent réellement un plus à l’ensemble… Comme c’est souvent le cas, les œuvres d’art – Sympathy for the Devil en est une ! – elle a failli ne jamais voir le jour. En effet, la version première de Jagger (baptisée Devil is my name à l’origine) ne devait pas prendre place sur un album, c’était un coup de sang du leader des Stones à l’encontre des critiques émises sur l’album Their satanies majesties request. Mais il était risqué, commercialement parlant, d’insérer cette chanson sur une plaque. C’est un peu à Jean-Luc Goddard qu’on doit la naissance de ce chef d’œuvre car, pour son documentaire One + One, parfois d’ailleurs rebaptisé Sympathy for the Devil par la suite, il voulait mettre en boite les Rolling Stones dans un processus de création d’une chanson mais l’album Beggars Banquet était complet. C’est alors que Mick Jagger et Keith Richards ont retravaillé Devil is my name pour en faire Sympathy for the Devil


Sympathy for the devil

Please allow me to introduce myself
I'm a man of wealth and taste
I've been around for a long, long year
Stole many a man's soul and faith

And I was 'round when Jesus Christ
Had his moment of doubt and pain
Made damn sure that Pilate
Washed his hands and sealed his fate

Pleased to meet you
Hope you guess my name
But what's puzzling you
Is the nature of my game

I stuck around Saint-Petersburg
When I saw it was a time for a change
Killed the Czar and his ministers
Anastasia screamed in vain

I rode a tank
Held a general's rank
When the Blitzkrieg raged
And the bodies stank

Pleased to meet you
Hope you guess my name, oh yeah
Ah, what's puzzling you
Is the nature of my game, oh yeah
(woo woo, woo woo)

I watched with glee
While your kings and queens
Fought for ten decades
For the gods they made
(woo woo, woo woo)

I shouted out,
"Who killed the Kennedys?"
When after all
It was you and me
(who who, who who)

Let me please introduce myself
I'm a man of wealth and taste
And I laid traps for troubadours
Who get killed before they reached Bombay
(woo woo, who who)

Pleased to meet you
Hope you guessed my name, oh yeah
(who who)
But what's puzzling you
Is the nature of my game, oh yeah, get down, baby
(who who, who who)

Pleased to meet you
Hope you guessed my name, oh yeah
But what's confusing you
Is just the nature of my game
(woo woo, who who)

Just as every cop is a criminal
And all the sinners saints
As heads is tails
Just call me Lucifer
'Cause I'm in need of some restraint
(who who, who who)

So if you meet me
Have some courtesy
Have some sympathy, have some taste
(woo woo)
Use all your well-learned politesse
Or I'll lay your soul to waste, mmm yeah
(woo woo, woo woo)

Pleased to meet you
Hope you guessed my name, mmm yeah
(who who)
But what's puzzling you
Is the nature of my game, mmm mean it, get down
(woo woo, woo woo)

Woo, who
Oh yeah, get on down
Oh yeah
Oh yeah!
(woo woo)

Tell me baby, what's my name
Tell me honey, can ya guess my name
Tell me baby, what's my name
I tell you one time, you're to blame

Oh, who
woo, woo
Woo, who
Woo, woo
Woo, who, who
Woo, who, who
Oh, yeah

What's my name
Tell me, baby, what's my name
Tell me, sweetie, what's my name

Woo, who, who
Woo, who, who
Woo, who, who
Woo, who, who
Woo, who, who
Woo, who, who
Oh, yeah
Woo woo
Woo woo

Traduction :

Permettez-moi de me présenter
Je suis un homme de goût et fortuné
Je suis là depuis très très longtemps
J’ai volé à beaucoup d’hommes leur âme et leur foi

J’étais là quand Jésus Christ
A connu le doute et la douleur
Je me suis assuré que Pilate
S’en lave les mains et scelle son sort

Ravi de vous rencontrer
J’espère que vous devinez mon nom
Mais ce qui vous intrigue
C’est la nature de mon jeu

Je trainais à Saint-Pétersbourg
Quand j’ai vu que c’était le temps du changement
J’ai tué le Tsar et ses Ministres
Et Anastasia hurla en vain

J’ai conduit un tank
Obtenu le titre de général
Alors que la guerre-éclair faisait rage
Et que les cadavres puaient

Ravi de vous rencontrer
J’espère que vous devinez mon nom
Mais ce qui vous intrigue
C’est la nature de mon jeu
(woo woo, woo wo)

J’ai regardé avec allégresse
Pendant que vos rois et vos reines
Se sont battus pendant dix décennies
Pour des Dieux qu’ils ont créés

Je me suis écrié
Qui a tué les Kennedy
Alors qu’après tout
C’était vous et moi
(woo woo, woo woo)

Permettez-moi de me présenter
Je suis un homme de goût et fortuné
J’ai tendu des pièges aux troubadours
Qui ont été tués avant d’atteindre Bombay
(woo woo, woo woo)

Ravi de vous rencontrer
J’espère que vous devinez mon nom, oh oui
(woo woo, woo woo)
Mais ce qui vous intrigue
C’est la nature de mon jeu, oh oui à genou bébé
(woo woo, woo woo)

Ravi de vous rencontrer
J’espère que vous devinez mon nom, oh oui
(woo woo, woo woo)
Mais ce qui vous perturbe
C’est la nature de mon jeu,
(woo woo, woo woo)

Les flics sont des criminels
Les pêcheurs des saints
Ainsi que pile est face
Appelez-moi simplement Lucifer
J’ai juste besoin de reconnaissance
(qui qui, qui qui)

Alors si vous me rencontrez
Ayez un peu de courtoisie
Ayez un peu de sympathie et de bon goût
(woo woo, woo woo)
Usez de la politesse qu’on vous a apprise
Ou je balancerais votre âme aux ordures

Ravi de vous rencontrer
J’espère que vous devinez mon nom, oh oui
(woo woo, woo woo)
Mais ce qui vous intrigue
C’est la nature de mon jeu, mmm cela signifie à genou
(woo woo, woo woo)

Woo, who
Oh oui, à genou
Oh oui
Oh oui
(woo woo)

Dis moi, bébé quel est mon nom ?
Dis moi chérie peux-tu te rappeler de mon nom
Dis moi, bébé quel est mon nom ?
Je te l’ai dit une fois, tu es à blâmer

Oh, who
woo, woo
Woo, qui
Woo, woo
Woo, qui, qui
Woo, qui, qui
Oh, oui

Quel est mon nom
Dis moi, bébé quel est mon nom
Dis mois, ma douce quel est mon nom

Woo, qui, qui
Woo, qui, qui
Woo, qui, qui
Woo, qui, qui
Woo, qui, qui
Woo, qui, qui
Oh, ouiiiii

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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