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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 10:05

Les Présidentielles françaises sont jalonnées de surprises…

surprises.jpgLe premier tour de l’élection française n’a pas réservé de surprise ; Sarkozy et Hollande en sont sortis sans la moindre réelle concurrence. Certes Le Pen fait un score (trop) important, le meilleur jamais enregistré par son parti extrémiste, Mélenchon a fait un score honorable mais s’il faut vraiment parler d’une surprise, on évoquera le score médiocre de François Bayrou qui s’est planté en long et en large. Pas de surprise donc au soir du premier tour… Mais pas de surprise, n’est ce pas une surprise ? Par là, j’entends que l’histoire des Présidentielles sous la Vè République nous enseigne que la surprise fait partie intégrante l’élection du chef de l’état français… Petit récapitulatif des précédents scrutins.

Ainsi, si en 1965, le Général de Gaulle triompha de Mitterrand comme cela était prévu, le scrutin de 1969 - avancé suite à la démission du Général – vit une gauche éclatée perdre la face au profit d’un duel entre le Président ad intérim, Alain Poher (Centre Démocrate), et son Premier-Ministre, Georges Pompidou (UDR). Alors que beaucoup pensaient que Poher allait l’emporter, Pompidou bien appuyé par les Républicains Indépendants de Giscard-d’Estaing devenait Président de la République… La surprise : on attendait Poher, c’est Pompidou qui l’emporta !

1974, la encore le scrutin est avancé car le Président Pompidou est décédé durant son mandat. Si la gauche est unie derrière le candidat Mitterrand c’est la droite qui apparaît désunie. Elle présente deux candidats de poids, Valéry Giscard-d’Estaing (RI) et Jacques Chaban-Delmas (UDR). Ancien Premier-Ministre de Pompidou, Chaban semble pouvoir être le candidat de la droite face à Mitterrand au second tour mais durant les dernières semaines, le RPR de Jacques Chirac qui soutenait Chaban-Delmas fait volte-face et apporte son soutien à VGE qui passe aisément (32%)… A noter qu’avec un score de 43,25%, François Mitterrand faillit bien passer dès le premier tour ; ce qui eut été une première ! Au second tour, la droite se réunit et permet à Giscard de triompher de justesse de Mitterrand, (50,8% contre 49,2% soit un différentiel de 424.000 voix seulement). Les surprises : là où on prédisait un second tour Mitterrand/Chaban-Delmas, on eut un duel Mitterrand/Giscard. Au terme du premier tour, on voyait Mitterrand Président, Giscard l’emporta !

 

C’est très confiant, entouré d’une droite plus unie, que Giscard se présente au scrutin de 1981. Il vient de boucler le premier septennat complet de la Vè République depuis celui de Charles de Gaulle (1958-1965). Giscard doit affronter une gauche encore une fois désunie qui présente cinq candidats : Mitterrand (PS), Marchais (PCF), Crépeau (Radicaux de Gauche), Laguiller (LO) et Bouchardeau (PSU) auquel il faut ajouter l’écologiste Brice Lalonde qui ratisse davantage à gauche qu’à droite. Si Giscard doit faire avec la concurrence du Maire de Paris, Jacques Chirac, c’est logiquement qu’il se retrouve au second tour. Mitterrand, qui a bénéficié de l’effet Coluche et des votes qui auraient pu aller au Gros à Rayures, l’y rejoint facilement alors que l’on prédisait un scrutin délicat pour la gauche. La réelle surprise vient du second tour où Mitterrand l’emporte haut la main (51,8%) pour devenir le premier Président socialiste de la Vè République… La surprise : Mitterrand devient Président au détriment du candidat sortant que tout le monde voyait reconduit !

La Présidentielle de 1988 ne réserve de surprise que sur l’adversaire du président sortant. Mitterrand est alors ultra-populaire au terme de son mandat. Les sondages prédisent que son adversaire au second tour sera Raymond Barre (UDF) mais Jacques Chirac (RPR) entreprend une véritable démolition systématique de son adversaire de droite et accède ainsi au second tour où il est aisément balayé par Mitterrand (54,02% contre 45,98%). La surprise : Mitterrand/Chirac au second tour alors que les sondages avançaient Mitterrand/Barre !

Pour aller au scrutin de 1995, la droite est divisée entre deux candidats du RPR, Chirac et Balladur. A gauche, Jospin se présente comme l’héritier de Mitterrand qui a achevé son deuxième mandat rongé par la maladie. Les sondages tendent vers un second tour entièrement à droite Chirac/Balladur avec un avantage pour ce dernier au second tour… Mais Jospin crée la première surprise en arrivant en tête (23,3%) au soir du premier tour ; la seconde surprise est que Balladur est éjecté du sprint final par Chirac qui a bien profité des Guignols de l’Info pour s’assurer une popularité importante. C’est aisément (52,64%) que Chirac s’impose à sa troisième tentative présidentielle… La surprise : l’absence de Balladur au second tour alors que beaucoup voyait en lui le vainqueur final. Jospin priva la France du duel annoncé entre Chirac et Balladur.

La surprise de 2002 est encore dans toutes les mémoires ! Imaginant un second tour naturel entre Jospin et Chirac qu’annoncent d’ailleurs tous les médias, les Français s’abstiennent en masse et JMLP passe au détriment du candidat socialiste. Un appel citoyen pour faire barrage à l’extrême droite permet à Jacques Chirac de devenir le Président le plus plébiscité avec plus de 80% des voix… La surprise : la présence de JMLP au second tour !

Dimanche soir, le premier tour n’a pas réservé de surprise. Il n’y en aura pas vraiment cette année car si Sarkozy l’emporte on dire ‘’c’est normal, il était président sortant’’, si c’est Hollande qui triomphe on dira alors ‘’les sondages l’avaient prédit’’…

 

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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