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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 08:46

Si l’on regarde les dix années écoulées, trois scrutins régionaux ont eu lieu. Sur ce terme plus long, le PS est le seul parti à la hausse. Sa présence au pouvoir n’est pas si usurpée que certains cherchent à nous le faire croire…

rupo-copie-1.jpgJ’entends ou je lis, ça et là, que le PS est le grand perdant des élections. Le MR en a même fait son cheval de bataille lorsqu’il s’agissait d’influer sur ECOLO et le CDH pour la constitution d’une majorité… «L’électeur à envoyé un signe de changement» répétait, en substance, Didier Reynders, le Président du MR… Sur bien des forums, et notamment sur ceux des quotidiens francophones belges, de nombreuses lamentations s’élèvent – avec une multitude d’horreurs orthographiques et grammaticales – à l’encontre du PS que les écologistes semblent avoir remis sur la selle du pouvoir. Là encore, sur ces forums, on lit que le PS est le grand perdant des élections et que malgré cela on le remet au pouvoir… Mais, finalement, le PS est-il réellement le perdant du scrutin du 7 juin ?

Je l’écrivais déjà au lendemain de l’élection(1), le grand perdant est, pour moi, le MR et, surtout, son Lider maximo, Didier Reynders… Le choix posé par ECOLO et le CDH – on peut le discuter si l’on veut mais il a été posé ! – d’opter pour l’Olivier tant en Wallonie qu’à Bruxelles me conforte dans cette idée de défaite de la coterie libérale. Mais, même si Reynders continue de clamer que le changement réclamé par l’électeur n’a pas été respecté par l’entame des négociations pour l’Olivier, une étude menée par le pôle interuniversitaire sur l’opinion publique et la politique de l’UCL tend à démontrer que le MR n’est, décidément, pas aussi vainqueur que son chef veut nous le faire croire ! Selon cette étude, rapportée par le quotidien Le Soir(2), quelque 91.000 électeurs du MR sont passés au PS par rapport au scrutin législatif de 2007. Ce qui inverse littéralement la tendance précédente puisqu’en 2007 c’étaient, au contraire, 75.000 partisans du PS qui avaient choisi de donner leur voix à l’ennemi politique. 91.000 électeurs traditionnels du MR ont donc préféré voter socialiste le 7 juin dernier ! Si l’on tient compte ceux qui ont fait le contraire, c'est-à-dire des socialistes qui ont voté libéral – soit ± 11.500 personnes -, le PS a donc rafler près de 80.000 voix au MR…

Le schéma ci-dessous, publié dans Le Soir de ce jour(2), nous montre donc que :
- le PS à repris plusieurs dizaines de milliers de voix au MR (79.500)
- ECOLO a pris des voix au PS (17.000), au CDH (8000) et au MR (79.500) ;
- le CDH à grappillé sur l’électorat PS (7000) ;
- le MR a cédé des voix à ECOLO (79.500) et au PS (79.500).

2009-elections02.jpg

L’étude du pôle interuniversitaire de l’UCL confirme, elle aussi, la défaite du Mouvement Réformateur qui cède beaucoup de voix à ses rivaux… C’est le seul des quatre partis traditionnels qui, en solde net, perd des voix au profit des autres partis sans en grappiller nulle part !

Comparons ce qui est comparable…

… diront certains ! En effet, ce comparatif porte sur deux scrutins différents ; les législatives de 2007 et les régionales de 2009. Bien que les politiciens ne se gênent pas pour comparer ce qui n’est pas comparable lorsque ça les arrange, je veux bien accepter de porter mon attention sur les derniers scrutins régionaux pour confronter des pommes avec des pommes… Ceci dit, je ne suis pas partisan des comparaisons à court terme, c'est-à-dire, d’une élection à l’autre. Non, si l’on veut une vue assez large, il convient de l’étendre à dix ans, au moins, soit à trois scrutins régionaux (1999, 2004 et 2009). En effet, la politique est une action qui se mesure aussi sur le long terme et la durée…

Que constate-t-on sur cette décennie ?(3)

2009-elections.jpg

1° Que la courbe du PS (en rouge sur le schéma que j’ai réalisé) part vers le haut : en 1999, les socialistes pointaient à 29,44%, qu’ils sont aujourd’hui à 32,9%. Certes, ils sont montés jusqu’à 36,9 (en 2004) mais c’était là une vague exceptionnelle. Sur le long terme, dix ans donc, la courbe du PS est plutôt montante.

2° Que la courbe du MR (en bleu) est stagnante et même légèrement déclinante : en 1999, les libéraux francophone étaient à 24,69%, ils sont aujourd’hui à 23,50%. Sur le long terme, la courbe du MR est globalement stagnante.

3° Que la courbe d’ECOLO (en vert) est plutôt stagnante aussi : en 1999, les écologistes avaient réussi un très bon score (grâce à la fameuse crise de la dioxine), à 18,22%. Ils sont aujourd’hui à 18,60%, soit un statu quo. Mais le gadin qu’ils avaient essuyé en 2004 (seulement 8,52% à cause de Francorchamps et des vols au dessus de Bruxelles) a été bien gommé par l’excellent score de 2009. Ceci dit, sur le long terme, c’est le statu quo…

4° Que la courbe du CDH (en orange) est également stagnante avec une légère tendance à décroître : En 1999, le parti centriste avait emporté 17,07% des voix, il est à 16,20% en 2009 après une légère pointe à 17,62% en 2004. Sur le long terme, comme le MR, le CDH stagne avec même un léger fléchissement.

Les tendances sur le long terme (1999 – 2009), en résumé :

PS : à la hausse
MR : stagnation légèrement déclinante
ECOLO : stagnation légèrement en hausse
CDH : stagnation légèrement déclinante

Là encore, le long terme montre que le MR est tout sauf un parti qui progresse et que, contrairement à ce qu’ânonne Didier Reynders, le centre de gravité politique wallon est, et reste, bien à gauche !


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(1) lire à ce propos Allez Didier, fais tes valises
(2) Le MR déplumé par ECOLO et… le PS par Olivier Mouton, in Le Soir, 17 juin 2009
(3) Source : CEVIPOL (Centre d’Etude de la Vie Politique)

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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