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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 13:31

P2012 : le rendez-vous capital du 6 mars...

super-tuesday.jpgLes premiers caucus et les premières primaires ont eu lieu dans une dizaine d’états depuis le début du mois de janvier dernier, on ne peut pas dire qu’ils aient réellement dégagé de grandes tendances. Hier, Mitt Romney a remporté les élections primaires de l’Arizona et du Michigan mais plusieurs sondages continuent de donner Rick Santorum favori, notamment dans les gros états comme le Texas. L’aile droite conservatrice du Parti Républicain affiche clairement sa position anti-Romney tandis que l’aile moins conservatrice juge Santorum trop… conservateur ! Ron Paul et Newt Gingrich semblent un peu en retrait mais dans cette course à l’investiture à rebondissements, il est trop tôt pour les écarter complètement. Aucun candidat n’arrive à fédérer autour de sa personnalité ! Aujourd’hui, il n’est pas exagéré d’écrire que l’investiture républicaine c’est la bouteille à l’encre. A un point tel que l’on évoque, à propos même pas voilés, la possibilité d’une Brokered Convention pour désigner le challenger de Barack Obama. Plus que jamais, le Président actuel entrevoit favorablement ses chances de réélection. ‘’Ma présidence n’est pas finie, il me reste cinq ans’’(1) a déclaré Obama à plusieurs reprises lors de ses interventions, notamment dans le cadre des réformes sur l’immigration. Certains y voient une forme d’arrogance du Président actuel mais comment ne pas lui donner raison alors que onze états se sont déjà prononcés, que plus de 30 millions de dollars en publicité ont été dépensés par les quatre candidats à l’investiture républicaine et que ceux-ci se sont affrontés dans vingt débats télévisés sans qu’aucune tendance ne se dégage réellement. A huit mois des élections, le Parti Républicain n’est guère plus avancé qu’il ne l’était avant le début des caucus et des primaires. Dans cette optique, le Super Tuesday du 6 mars revêt une importance capitale. D’aucuns avaient affirmé qu’en 2012 ce rendez-vous traditionnel de la campagne présidentielle américaine serait moins déterminant parce que seuls dix états se prononcent et que ces états étaient moins importants en nombre de Délégués que lors de certaines élections précédentes… Mais, au vu de la situation troublée dans laquelle se trouve le Grand Old Party, le Super Tuesday pourrait s’avérer déterminant ; il devrait permettre à tout le moins d’y voir plus clair.

Pour Newt Gingrich et Ron Paul, qui avaient tous les deux choisis de ne pas faire campagne dans le Michigan et l’Arizona pour mieux se concentrer sur le rendez-vous du 6 mars, le Super Tuesday orientera la suite de leur candidature. S’ils ne remportent aucun des dix états mis en jeu, ils devront alors envisager de se retirer et de se positionner derrière l’un des deux candidats forts, Romney ou Santorum. Pour ces deux là, le Super Tuesday sera l’occasion de frapper un très grand coup et d’asseoir une position dominante par rapport à l’autre. Dix états en jeu c’est, en une seule journée, quasiment le même nombre d’états que ceux qui se sont prononcés jusqu’à présent ; c’est donc la possibilité de créer un vrai écart, de mettre en place cette tendance qui tarde à se dessiner…

Ce fameux Super Tuesday (ndlr le Super Mardi) est la première très grande étape de la campagne présidentielle américaine. Traditionnellement, il a lieu le premier ou le deuxième mardi du mois de mars des années électorales présidentielles. Le Super Tuesday est donc le jour où les militants de chaque parti votent dans le plus grand nombre d’états simultanément pour désigner leur candidat à la présidentielle. Généralement, le parti qui dispose du Président sortant qui se représente n’est pas concerné puisqu’aucun rival ne se dresse sur sa route. C’est le cas du Parti Démocrate, avec Barack Obama, cette année. En 2008, alors que les deux grands partis devaient se choisir un candidat (ndlr Bush ayant achevé les deux mandats légalement permis), le Super Tuesday revêtait une importance fondamentale ; 24 états étaient amenés à se prononcer et, si chez les Démocrates Barack Obama n’avait pas réussi à se débarrasser d’Hillary Rodham-Clinton, chez les Républicains John McCain avait assis confortablement son statut de candidat en remportant 400 Délégués de plus que Mitt Romney. En 2004, seuls onze états s’étaient prononcés ; en 2000 ils étaient seize à voter lors du Super Tuesday avec, qui plus est, les états plus grands et les plus peuplés (comme le Texas, la Californie ou New York, par exemple) donc ceux qui fournissent le plus de Délégués…

C’est en 1988, l’année de l’élection de Bush père, que l’expression Super Tuesday a été utilisée pour la première fois lorsque les Démocrates décidèrent d’organiser leur élection primaire le même jour dans neuf états sudistes afin de porter un homme ayant le vent en poupe, Michael Dukakis, en bonne position pour l’investiture. La stratégie consistait à profiter du vent favorable au candidat qui était censé représenter le mieux le parti pour organiser au plus tôt – et pourquoi pas le même jour ? - le plus grand nombre possible de primaires et de caucus… Grâce à ce Super Tuesday démocrate, Dukakis obtint effectivement l’investiture de son parti mais il ne put, en novembre suivant, devenir Président des Etats-Unis… Depuis, les deux grands partis organisent leur Super Tuesday à chaque rendez-vous électoral.

Le point sur la course à l’investiture républicaine

Le 6 mars prochain, le Parti Républicain organise donc des élections primaires et des caucus en Alaska (27 Délégués), en Géorgie (76), dans l’Idaho (32), dans le Massachussetts (41), dans l’Ohio (66), dans le Nord-Dakota (28), en Oklahoma (43), dans le Tennessee (58), en Virginie (17) et dans le Vermont (49). Une étape réellement importante de la course à l’investiture se profile donc à l’horizon. Cependant, la course sera longue puisque pour obtenir l’investiture il s’agit de capitaliser 1144 Délégués. Le 6 mars, dans les dix états concernés, 437 Délégués seront en jeu ! A l’heure actuelle, Mitt Romney dispose d’un avantage de 63 Délégués sur Santorum… Clairement, au soir du Super Tuesday, les jeux ne seront pas faits mais avec plus d’un tiers des Délégués nécessaires à l’investiture mis en jeu, on pourrait avoir des orientations significatives, des retraits de candidats qui s’apercevraient qu’ils ne sont plus en ordre utile voire une redistribution plus claires des cartes. Il est de l’intérêt du GOP de clarifier la situation !

 

La situation actuelle au Grand Old Party

Après les caucus et les primaires des onze premiers états, la situation est la suivante :

Mitt Romney : 6 états remportés (New Hampshire, Floride, Nevada, Maine, Arizona et Michigan) pour un total de 145 Délégués acquis

Rick Santorum : 4 états remportés (Iowa, Colorado, Minnesota et Missouri) pour un total de 82 Délégués acquis

Newt Gingrich : 1 état remporté (Caroline du Sud) pour un total de 29 Délégués acquis

Ron Paul : 0 état remporté pour un total de 18 Délégués acquis

rdc2012

NB : certains états répartissent les Délégués en jeu à la proportionnelle des voix de préférence, d’autres pratiquent le système du winner takes it all, c'est-à-dire que le candidat qui remporte la primaire ou le caucus de l’état remporte tous les Délégués de l’état. La proportionnelle explique que Ron Paul ait quand même engrangé 18 Délégués sans avoir remporté le moindre état.


Le 6 mars prochain ce sera plus d’un tiers des Délégués républicains qui se prononcera. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre l’importance de cette journée… L’histoire récente nous enseigne que le grand vainqueur du Super Tuesdayest aussi celui qui obtient finalement l’investiture de son parti, même en 2008, chez les Démocrates, où Obama ne l’avait emporté que d’une très courte tête (847 Délégués remportés au total contre 834 à Rodham-Clinton) avant d’être désigné candidat lors de la Convention nationale de son parti… Le Super Tuesday 2008 n’avait pas dégagé définitivement le candidat démocrate mais, en définitive, le vainqueur fut quand même le candidat officiel et même le futur Président.

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(1) Another five year : Is Obama getting cocky ?, on theweek.com, 24 février 2012


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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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