Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 11:41

Série de l'été - 1971, le chef d'oeuvre de Led Zeppelin...

11-stairway-to-heaven.jpegL'année 1971 est une année importante pour le rock, nous l'avons déjà évoquée, notamment à travers le titre des Who Won't get fooled again dans cette série. L'album Led Zeppelin IV est l'une des références incontournables de cette année 1971. Avec quelque 37 millions de copies vendues à travers le monde, il est même le 14è LP le plus vendus de tous les temps. Assez paradoxalement, sa chanson phare - Stairway to Heaven qui est devenu l'un des titre culte de Led zeppelin - n'est jamais sortie en single, en effet Jimmy Page et Robert Plant n'ont jamais voulu isoler cette chanson de son album. Constitué à Londres, en 1968, par John Bonham (batterie), John Paul Jones (basse et claviers), Robert Plant (chant) et Jimmy Page (guitare), Led Zeppelin est considéré comme l'un des pionniers du heavy metal et du hard rock en général. La qualité du quatuor repose sur la qualité de chacun de ses membres et leur complémentarité exceptionnelle, ces quatre là étaient nés pour jouer ensemble ! Plant dispose d'une voix remarquable qui peut grimper des les octaves, Page maitrise les riffs de guitare comme personne et est considéré comme l'un des meilleurs guitaristes anglais, Jones impose un jeu de basse qui forge le respect tandis que Bonham est, assurément, l'un des génies de la batterie avec une approche unique tout en groove avec des solos impressionnants qui pouvaient aller jusqu'à 20 minutes, aux baguettes ou à mains nues. Led Zeppelin s'impose dès son premier album (Led Zeppelin, début 1969) comme une des locomotives d'un hard rock naissant puisant ses racines dans le rock et le blues des années '50. Les prestations scéniques de Led Zep' sont uniques, lors d'une tournée aux USA les groupes qui devaient suivre refusent de monter sur scène après une démonstration époustouflante sur Dazed and Confused qui est transformée en pièce musicale de plus de trente minutes. La prestation est tellement impressionnante que Page, Plant, Jones et Bonham doivent garder la scène pour palier à la démission de deux autres groupes qui refusaient de succéder à ce moment d'anthologie.  

Après un second album, Led Zeppelin II (fin 1969), qui assoit le groupe et qui est considéré par les hard-rockers des années '70 et '80 comme la référence ultime avec des titres comme Whole Lotta Love, Heartbreaker ou Ramble On (qui évoque Le Seigneur des Anneaux de Tolkien), le groupe prépare immédiatement une troisième plaque. Vivre vite, travailler vite pour surfer sur la vague du succès, tel semble être le crédo de Led Zeppelin. En décembre 1969, Plant et Page s'isolent au Pays de Galles pour travailler sur les textes des chansons de Led Zeppelin III qui doit être enregistré au printemps suivant. Travailler vite... un peu trop peut-être car l'album est rapidement conçu et il est enregistré dans différents studios à Londres, à Memphis et dans le Hampshire. Led Zeppelin III ne séduit pas le public habituel car il contient davantage de ballades folks que de heavy metal. Loin d'être mauvais, l'album détonne dans la discographie du groupe londonien et ne cartonne pas autant que ses deux prédécesseurs. Au Pays de Galles, Page avait composé rapidement une mélodie qu'il avait abandonnée car l'album en préparation était complet. Mais cette mélodie lui reste dans la tête et il la ressort lors de la préparation de Led Zeppelin IV. C'est John Bonham qui saisit le premier l'intérêt de la musique écrite par Page, elle peut être retravaillée, améliorée, mais la base est celle d'un grand morceau en devenir. Page et Bonham adaptent la mélodie de base avec une intro lente à la guitare suivi d'un crescendo musical qui se termine en un hard rock pur et dur avec de longs riffs de guitare. Le projet est présenté à John Paul Jones qui y ajoute une ligne de basse. Les trois hommes bossent sans répis toute une nuit, ils décident d'ajouter de la flûte sur l'intro et d'allonger le solo de guitare pour l'amener à quelque cinq minutes (ndlr en live, ce solo montent parfois même jusqu'à 8'30''). Le lendemain matin, ils présentent la compositon musicale à Robert Plant qui est immédiatement séduit. Il ne manque que des paroles... Plant va les écrire en deux heures !

Controverse satanique

Ces paroles se veulent critiques de l'individualisme et du matérialisme d'une société anglaise en plein consumérisme. Plant puise dans la mythologie celtique (La Reine de Mai, déesse celtique du renouveau, l'ouest vers où le narrateur regard est le Pays du Sid où vivent les Dieux et les héros, l'oiseau qui chante qui est le porteur des messages du Pays du Sid, le Monde-Meilleur... ) pour raconter l'histoire de cette femme qui achète un chemin vers un endroit où elle pourra trouver - et posséder - tout ce dont elle a envie. Cet escalier vers le paradis est la porte ouverte vers un consumérisme à outrance que le narrateur tente d'empêcher en ramenant la femme à la raison; il lui demande de suivre le joueur de flûte qui doit la conduire vers la raison, vers un monde sans consommation. La chanson - qui ne comporte pas de refrain - s'achève sur une note désabusée mais réaliste puisque la femme achète son escalier vers le paradis... A noter en fin de texte cette phrase intéressante qui joue sur le terme rock 'n roll lorsque Plant chante To be a rock an not to roll (Pour être un roc qui ne roule pas) et qui pourrait aussi être un clin d'oeil à la chanson Like a rolling Stone de Bob Dylan qui évoque également une femme qui aime l'argent et la possession et qui finit dans la misère.

Cette critique du consumérisme ambiant du Swinging London a pourtant été interprétée par certains comme une ode à Satan inspirée par l'intérêt de Jimmy Page pour les sciences occultes. Des associations religieuses ont même été jusqu'à affirmer que si l'on écoute la chanson à l'envers on y perçoit des messages de dévotion à Satan... Robert Plant a toujours démenti cette perception des paroles qu'il a écrites, quant à Peter Grant, le manager du label Swan Song Records créé par Led Zeppelin pour produire ses album, il se contente de déclarer laconiquement à ce propos : "Nos platines ne tournent que dans un seul sens : à l'endroit !"(1).

Stairway to Heaven fut un tel succès qu'il en est devenu réducteur pour Led Zep', beaucoup associent automatiquement ce titre au groupe sans retenir le reste de la production exceptionnelle de Page, Plant, Jones et Bonham qui, jusqu'en 1980 année du décès de John Bonham et de dissolution du groupe, offrirent huit albums exceptionnels qui, ensemble, collectèrent quelque 87 disques de platines à travers le monde... Plant en arriva a détester cette chanson et à refuser de la jouer lors de certains concert tant elle fut réductrice du travail de Led Zeppelin. Le magazine Rolling Stones classe Stairway to Heaven à la 31è place des plus grandes chansons de tous les temps, Metallica, Frank Zappa, Pat Boone et Mary J. Blige notamment l'ajoutent à leur répertoire tandis que l'Orchestre Symphonique de Londres en propose une version philarmonique.



11-Stairway-to-heaven---parole.jpg


----
(1) in The Hammers of Rock, la saga de Led Zeppelin, par Stephen Davis, William Morrow & Co Editions, 1985

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Moch - dans A découvrir
commenter cet article

commentaires

OmniTech Scam 14/11/2014 06:47

There is very little to be said cause no words would be enough to describe it’s beauty. The song is so well written and also considered one of the best in the top 50 songs till date. You might want to lend you ears to it.