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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 18:06

Aux fins d’un exercice de style et pour rendre hommage à un humaniste profond qui a disparu il y a déjà un quart de siècle, je me suis permis de m’associer à Daniel Balavoine, du moins à ses textes dont la puissance m’a toujours interpellée. Le but : lancer le SOS d’un terrien en détresse… Le 19 mars 1980, au 13H00 d’Antenne 2, Balavoine apostrophait François Mitterrand à propos de l’incompétence du monde politique. Trente ans, plus tard le constat est toujours d’actualité !

balaLa vie ne vous apprend rien ! Malgré le temps qui inlassablement défile vous êtes toujours là, avides de pouvoir, sans idéaux, dans vos belles voitures sombres, toujours acheteur de tout ce qui coûte le plus cher alors que ceux qui vous ont élu n’ont de sombre que leur avenir… Pendant des années je n'ai ramé sans escale que pour rencontrer un jour dans une salle des gens comme vous mais une belle soirée du printemps j’ai compris que cela n’en valait pas la peine, plus la peine… Que les miens d’idéaux s’étaient fait la belle devant vos stratégies et vos coups bas, devant l’hypocrisie d’un monde sans foi ! Vos évangiles ont fait de moi un non-croyant, un athée de la politique. Je ne suis pas un héros, mes faux pas me collent à la peau mais je les assume, libre d’aujourd’hui pouvoir vous dire ma pensée sans devoir penser à mes dires ! Alors, je crache la douleur des mots comme un exutoire à mon désespoir. Mais tous les cris, les SOS, partent dans les airs

Sans distinction de couleurs vos idéologies se confondent ; aujourd’hui de combat il n’est plus question juste de plaire au plus grand nombre, de séduire – agences de communication à l’appui – les masses pour mieux les duper. Une fois au perchoir vous voudriez sous la menace, nous fondre dans la masse, pour nous étouffer et pourtant partout dans la rue vous voulez qu'on parle de vous que l’on vous voit tel de grands hommes au service d’une nation, d’un état. Vous êtes petits hommes à votre seul profit ! Marre de voir la photo d’un peuple qui s’endort alors attention, le vent de la révolte se lève ; il souffle un reste de lueur, l'espoir de voir enfin un jour un monde meilleur. Nous avons compris que vous vous moquiez de nous, c’est à vous désormais de comprendre que nous avons compris ! Il est temps car à vouloir marcher sans comprendre vous serez vite fatigués et nous serons libres de tout voir, nous irons tous au hasard pour vivre libres et courir dans l'espoir… libres de tout voir même si nous savons que l'homme qui travaille ne sera pas de taille en face d'un pouvoir qui a tout prévu pour la bataille.

Dans l’attente, je lance le SOS d’un terrien en détresse perdu dans un univers qui n’est plus le sien. Et je cours, je me raccroche à la vie, je me saoule avec le bruit de vos discours vides, de vos promesses arides et de votre suffisant mépris. Au fond d'un blanc pays j’attends qu'un fou vienne me sauver la vie, me sortir d’un cauchemar dans lequel je suis enfermé. Je suis comme l’enfant assis qui attend la pluie qui lavera la politique de toutes ses vilenies accumulées au fil des années d’une dictature ploutocratique dans laquelle les qualités utiles sont la descendance, la richesse et la position sociale. Tandis que les lois ne font plus les hommes mais quelques hommes font la loi, je rêve de m’envoler, je voudrais voir le monde à l'envers si jamais c'était plus beau, plus beau vu d'en haut… Oui, m’envoler loin de cette médiocrité que vous avez faite vôtre. Et pourtant il faut vivre ou survivre, continuer d’avancer, nourri de l’espoir qu’ici c’est la révolution, que tous les mômes foutent en l’air les poubelles de la région pour crier leur désarroi face à un avenir vide des promesses que vous leur avez faites !

Arrivera le jour de notre jugement dernier, celui prononcé par le tribunal d’un peuple qui aura refusé d’être étouffé. Nous verrons alors Qui fait le mal et le bien, qui sera juge et qui sera assassin, qui sera laid qui sera beau, qui sera serf qui sera vilain, qui sera bas qui sera haut, quels sont vos idéaux ? Enfin ceux qui vous resteront… Ce jour la, je l’attends même si je sais qu’il est encore loin, mais il viendra alors je serai vieux et je pourrai crever je me chercherai un Dieu pour tout me pardonner ; je veux mourir malheureux pour ne rien regretter


En italique, les extraits des textes de Balavoine !

 

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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