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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 13:13

La Présidente du Conseil Général de Poitou-Charentes arrête sa course présidentielle dès le premier tour des primaires... Un échec sévère pour celle qui avait affronté Sarkozy en 2007.

primaires.jpgLa campagne présidentielle de Ségolène Royal, en 2007, n'avait pas été un modèle du genre. Elle avait accumulé les maladresses, notamment verbales, avant d'envisager une ouverture au centre (vers Bayrou) qui n'avait pas plu à quantité de militants de gauche. Au résultat, Royal avait concédé plus de six points à Sarkozy (53,06% - 46,94%). Au soir de sa défaite, elle promettait à tous ses militants de les emmener vers d'autres victoires, peut-être pensait-elle déja au rendez-vous présidentiel de 2012 ? Quoi qu'il en soit, elle fut parmi les premières à annoncer sa candidature à la primaire socialiste, c'était en novembre 2010. En effet, depuis sa défaite contre Sarkozy, Ségolène Royal travaille d'arrache-pied à la mise en place d'un projet présidentiel citoyen. Elle a rencontré des milliers de français lors d'une centaine de déplacements; elle y a ajouté des entrevues avec des personnalités socialistes étrangère comme Lula ou Michelle Bachelet afin de préparer au mieux son projet 2012. Dans les faits, ce projet aurait été assez semblable à celui qu'elle à porté lors de sa réélection à la tête du Conseil Général de Poitou-Charentes, en 2010, c'est à dire un rassemblement de l'extrême gauche au centre humaniste en passant par les écologistes et, évidemment, les socialistes. Mais ce qui fonctionne dans un cadre politique régional ne fonctionne par, pour autant, dans un cadre national présidentiel... Au fil du temps, les sondages donnaient François Hollande et Martine Aubry favoris de la primaire socialiste. Pire encore, un autre sondage prédisait que si Royal remportait la primaire socialiste, elle ne franchirait pas le premier tour du scrutin présidentiel(1) laissant la voie ouverte à Nicolas Sarkozy qui affronterait Marine Le Pen au second tour... avec le spectre de la réélection massive comme ce fut le cas pour Chirac contre Jean-Marie Lepen, en 2002. Ces estimations ont eu pour effet de refroidir certains militants socialistes qui ne veulent pas imaginer le second tour de la présidentielle sans un candidat de gauche. Tout bénéfice pour Hollande et Aubry dont le même sondage laissait entrevoir qu'ils sortiraient tous les deux vainqueurs d'un éventuel premier présidentiel tour devant Sarkozy(1).

Et les sondages ont été confirmés hier ! François Hollande est arrivé en tête du premier tour de la primaire avec 39,2% des voix; il précède Martine Aubry (30,7%) et Arnaud Montebourg (16,8%). Ségolène Royal ne prend même pas la troisième place, elle doit se "contenter" du 4è rang avec, seulement, 6,9% des suffrages. Un véritable camouflet pour l'ancienne candidate à la présidence ! D'ailleurs, hier soir, elle ne pouvait pas cacher ses larmes... des larmes au goût amer de la défaite pour celle qui se promettait tant de remporter cette primaire afin d'aller prendre sa revanche contre Sarkozy.

Hollande ou Aubry, qui sera le candidat socialiste ?

Moins de 7% des suffrages, assurément le coup est rude pour Ségolène Royal ! Il faudra qu'elle se relève de cet échec mais, en attendant, il faut qu'elle dirige ses voix pour le second tour des primaires qui aura lieu dimanche prochain. Vers qui reportera-t-elle ses 7% ? Vers son ancien compagnon qui lui a déja fait un appel du pied ou bien vers Martine Aubry dans un élan de solidarité féminine ? Hier soir, Ségolène Royal refusait de dévoiler ses consignes contrairement à Manuel Valls (5,7%) qui a d'ores et déjà demandé à ses électeurs de voter pour Hollande au second tour. C'est évidemment Arnaud Montebourg qui influencera le plus ce second tour, avec près de 17% des voix du premier tour, il détient la clé qui ouvrira les portes de la candidature socialiste. Son report de voix risque fort d'être décisif...

D'un côté, on a donc François Hollande qui axe son programme sur une réforme fiscale drastique qui reposerait sur la fusion de l'impôt sur le revenus, de la contribution sociale généralisée (CSG), de la prime pour l'emploi et des revenus sur le capital. Selon Hollande, aucune réforme ne peut être envisagée sans cette refonte fiscale préalable. Le Président du Conseil Général de Corrèze soutient aussi une sortie progressive du nucléaire proposant de faire passer la part actuelle de 50 à 25% mais aussi le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui auront cotisé au moins 41 et demi ou encore - et c'est probablement un tantinet démagogique - une baisse de 30% du salaire du Président de la République. De l'autre côté, on a Martine Aubry qui représente une gauche plus radicale et dont le programme prévoit un plan logement pour tous, avec notamment la création de 150.000 logements sociaux, le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travaillé très tôt mais aussi une augmentation importante des budgets alloués à la culture et le droit de vote pour les ressortissants étrangers lors des élections municipales. Deux candidats qui se situent clairement à gauche, au contraire de Royal qui avait tendance à s'éparpiller un peu trop au centre pour les militants socialistes...

Avec un capital de départ de 39,2% et l'apport des 5,7% de Valls, et à condition évidemment que les scores du premier tour se reflètent au second, François Hollande disposent d'un potentiel de voix qui flirte avec les 45%, vraiment pas loin de la majorité utile (50,1%) pour remporter ces primaires. Peut-être sont-ce les voix de son ex-compagne, Ségolène Royal, qui lui ouvriront les portes vers Présidentielle ?

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(1) Primaires PS : Hollande devant Aubry selon un sondage, on lenouvelobservateur.fr, 22 septembre 2011

RF2012

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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