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22 novembre 2004 1 22 /11 /novembre /2004 14:58

Le cinéma français dispose d’une richesse que n’a pas, à mon sens, son homologue américain : les seconds rôles.

 

dynam.jpgLe décès, voici quelques jours, du comédien français Jacques Dynam pour lequel j’ai toujours eu, je le concède, un petit faible rappelle combien le cinéma hexagonal est riche de ses acteurs de second plan qui apportent un poids incontestable aux films. Souvent, leur curriculum cinématographique et/ou théâtral est fourni mais ils n’ont pas, ou très peu, inscrit leur nom tout en haut de l’affiche. Ainsi Jacques Dynam fut-il le souffre-douleur de Louis de Funès dans la série des Fantomas mais on avait pu le voir aussi dans d’autres classiques du cinéma français comme Le Comte de Monte-Christo (Claude Autant-Lara - 1961), Clair de Femme (Costa-Gavras - 1979), L’été meurtrier Jean Becker - 1983) ou, plus proche de nous, Fanfan la Tulipe (Gérard Krawczyk - 2003)... Mais Dynam avait aussi une autre corde à son arc, celle du doublage. Il fut notamment durant les années ’50 et ’60 le doubleur officiel de Jerry Lewis ; cette voix un peu nasillarde c’était celle de Jacques Dynam.

Le second rôle a pour vocation de servir la star du film, de mettre en valeur le personnage principal de l’histoire narrée. Il campe souvent des personnages hauts en couleur, cocasses, caricaturaux ou un peu naïfs mais il apporte du crédit ou de l’humour au récit, il lui est indispensable ! Plus importants que les figurants ou personnages subalternes mais moins que les vedettes, le second rôle peut être un personnage récurrent (à l’image de Commissaire Bertrand joué par Dynam dans la série des Fantomas) mais c’est en tous les cas un personnage-clé de la narration. Parmi les seconds rôles célèbres, on peut retenir de manière non-exhaustive Michel Beaune qui servit le potage à Belmondo et à Delon dans une multitude de films ; Ticky Holgado dont la trogne particulière faisait sourire dès avant qu’il n’ouvre la bouche ; Bernard Fresson fidèle à ses rôles de personnages bourrus, François Berléand qui obtint un César en 2000 pour son rôle d’un assureur ringard dans Ma petite entreprise (Pierre Jolivet - 1999) ; Daniel Prévost, notamment irrésistible en contrôleur d’impôt fan de foot dans Le dîner de Cons (Jacques Veber - 1998) ; Maurice Biraud qui, avec sa bonhomie et son physique de français moyen, s’intégrait à merveille dans n’importe quel scénario et qui servit plus d’une fois Gabin, Robert Dalban, Georges Géret... sans oublier, bien entendu, le plus célèbre d’entre tous : Jean Carmet qui donna toute sa mesure dans plus de 160 films et qui apporta cette touche de réalisme à bien des scénarios. Carmet était un acteur exceptionnel qui avait choisi volontairement de restreindre sa carrière à des rôles de moindre envergure car il avait une multitude d’autres passions, dont l’œnologie, pour lesquelles il souhaitait conserver du temps... Ce qui ne l’empêcha pas d’être sublime, en premier rôle, dans Dupont-Lajoie (Yves Boisset - 1975).

Contrairement au cinéma hollywoodien qui fait la part belle aux héros souvent solitaires, la méthode hexagonale repose plus sur l’importance des personnages annexes. Leur présence est essentielle à l’équilibre du film.

 

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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